
La tribune publiée par Sylvie Laurent dans Libération, le 27 janvier 2026, dans la rubrique Idées, entend démontrer que les opérations de la police fédérale américaine de l’immigration à Minneapolis relèveraient d’un « script néofasciste ». L’intention n’est pas d’informer mais de cadrer moralement le réel. Tout, dans le texte, procède d’un renversement méthodique, le verdict précède l’enquête, la morale supplante le droit, l’émotion tient lieu de preuve. Le vocabulaire est immédiatement disqualifiant. ICE n’est jamais décrite comme une administration fédérale agissant dans un cadre légal discuté mais réel, elle est qualifiée de milice. Le terme agit comme une sentence. À partir de là, la démonstration devient inutile. Les analogies historiques, fascisme, Gestapo, pogroms, ne visent pas à éclairer mais à interdire toute contradiction. Comme l’avait montré Julien Freund, le langage politique n’est jamais neutre, il désigne l’ennemi avant de l’analyser.
Balbino Katz
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