
Dans le train qui me ramenait de Rennes, j’avais achevé la lecture de Libération lorsque j’ouvris Le Figaro. Passer de l’un à l’autre est une manière assez plaisante de parcourir les deux provinces morales de la bourgeoisie française. Libération demeure le bréviaire de la bourgeoisie bien-pensante, celle qui rêve encore au « vivre-ensemble » alors même que celui-ci, bien souvent, n’existe plus que sur les affiches municipales. Le Figaro s’adresse plutôt à la bourgeoisie satisfaite, raisonnablement conservatrice, abondamment pourvue en biens de ce monde et peu désireuse qu’un désordre extérieur vienne troubler sa consommation, ses vacances ou la cote de son portefeuille.






