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Des militants expliquent à un migrant la bonne nouvelle : ii n'est plus possible de rentrer en France, le Col de l'Echelle étant désormais fermé.
Après une ascension commencée après 9 heures, en raquettes sur la neige, les militants de Génération Identitaire ont matérialisé une « frontière symbolique » à l’aide de grillage en plastique de chantier et prévoient de passer la nuit au col. Il s’agit d’« expliquer aux migrants éventuels que ce qui n’est pas humain, c’est de faire croire à ces gens qui traversent la Méditerranée ou les Alpes enneigées que ces parcours ne présentent aucun risque. C’est faux », a déclaré Romain Espino, le porte-parole de GI. « Ils ne vont pas trouver l’Eldorado, c’est immoral. Ceux qui en paient les frais, ce sont les Français », a-t-il ajouté.
Depuis un an, les Hautes-Alpes connaissent une augmentation exponentielle d’arrivées de jeunes, majoritairement de Guinée (Conakry) et de Côte d’Ivoire (pourtant première puissance économique d’Afrique de l’Ouest). Ces nationalités arrivent loin devant celles des autres migrants, très majoritairement ouest-africains. Selon la préfecture, 315 personnes en situation irrégulière ont été refoulées vers l’Italie en 2016 et 1 900 en 2017.
Intervention de Marie-Christine Arnautu au Parlement européen de Strasbourg le 17 avril 2018 sur le pacte de l’ONU sur l’immigration. Non au grand Remplacement au détriment des identités et de la sécurité et de la pérennité des peuples européens.
À l’occasion du cinquième anniversaire de La Manif Pour Tous, L'Incorrect a interrogé sa présidente, Ludovine de La Rochère. Extrait.
Dans une tribune libre accordée à Libération, Guillaume Lecaplain juge que La Manif Pour Tous « a eu raison sur tout », c’est-à-dire qu’elle aurait su anticiper les suites de la légalisation du mariage entre couples de même sexe, soit la PMA ouverte aux femmes homosexuelles en chantier ou l’autorisation de l’adoption pour des couples homosexuels. Avez-vous le même avis ?
Cette tribune est très intéressante parce qu’elle reconnaît ce que tous les partisans de la loi Taubira n’ont cessé de nier, à savoir, d’abord, que le mariage de deux hommes ou de deux femmes est effectivement lié à l’idéologie du genre, ensuite que l’adoption était bien concernée ainsi que la PMA sans père et la GPA et enfin qu’il s’agit bien d’enjeux de civilisation. En revanche, l’auteur prétend qu’il ne s’agit pas d’aller vers l’instauration d’un « droit à l’enfant », ce qui est faux : sans doute attend-il encore pour reconnaître la vérité de cette analyse ! Par ailleurs, il n’évoque pas la redéfinition de la filiation, qui est pourtant bien au cœur du sujet aussi. Or la filiation, c’est le lien charnel entre un enfant et son père ou sa mère. Autrement dit, elle est ou elle n’est pas : la filiation ne se décrète pas et ne saurait donc être fondé sur « l’engagement parental », nouveau concept fumeux ! Il est d’ailleurs fascinant de constater que lorsque l’on nie la réalité, on invente alors tout et n’importe puisqu’on s’est dégagé de la contrainte du réel !
Si vous aviez effectivement « raison sur tout », pourquoi n’avez-vous pas pu stopper cette marche en avant ?
En réalité, si la loi Taubira a été malheureusement votée, cette « marche en avant » a bien été stoppée. D’ailleurs Erwann Binet, le député rapporteur de la loi à l’Assemblée nationale a déclaré lui-même au printemps 2016 dans une interview à l’hebdomadaire Marianne : « La victoire de La Manif Pour Tous est d’avoir congelé les ambitions sociétales de la gauche ». En effet, de nombreuses victoires législatives ont été obtenues, et c’est véritablement historique dans le domaine sociétal ! Les plus importantes sont les reculs successifs sur la légalisation de la PMA sans père, le retrait du délétère projet de loi « familles » de la ministre Dominique Bertinotti le lendemain de la manifestation du 2 février 2014, le retournement de position de Manuel Valls sur la GPA la veille de la manifestation du 5 octobre 2014, le retrait du projet d’ouverture de l’adoption pour les couples pacsés et concubins en 2015, l’abandon de la proposition de loi APIE (« autorité parentale et intérêt de l’enfant »). Cette proposition visait la mise en place du statut du beau-parent. François Hollande avait promis aux associations LGBT à l’été 2016 qu’il allait relancer le processus parlementaire… mais il y a eu la manifestation du 16 octobre 2016 !
Ainsi, contrairement à ce que beaucoup croient, les victoires sont bien réelles, ce que savent d’ailleurs très bien les médias et les associations LGBT. C’est pourquoi ils évoquent tous les jours dans leurs propos et leurs colonnes La Manif Pour Tous. Je pourrais aussi évoquer les multiples initiatives nées de La Manif Pour Tous ou encore le fait que l’exemple français a boosté la résistance de nombreux pays contre la déconstruction de la filiation et de la famille, avec de beaux succès comme la constitutionnalisation du mariage homme-femme en Croatie ou le retrait de l’adoption dans le projet de loi d’union civile en Italie. Vous me demandiez donc « pourquoi nous n’avons pas pu stopper cette marche en avant », mais le fait est qu’elle a été stoppée. Evidemment, nous aurions souhaité la stopper avant le vote de la loi Taubira et par ailleurs, l’ouvrage est toujours à recommencer puisque le mariage entraîne la filiation et donc ces revendications de PMA sans père et de GPA sont toujours aussi pressantes. Néanmoins, tous les Français qui se mobilisent peuvent être fiers de ce qu’ils ont accompli grâce à leur persévérance malgré le vote de la loi Taubira.
Croyez-vous que LMPT a été respectée par l’exécutif Hollande ? Cela se passe-t-il mieux avec Emmanuel Macron ?
La Manif Pour Tous a été évidemment mal traitée par Hollande qui a utilisé tous les moyens les plus malhonnêtes. De fait, « qui veut noyer son chien l’accuse de la rage », d’où les accusations stupéfiantes de mauvaise foi à l’encontre des manifestants, réitérées d’ailleurs dans cette tribune de Libération. Facile, quand la plupart des médias sont partisans ! Néanmoins, François Hollande n’a pas tué La Manif Pour Tous, bien au contraire ! Quant à Emmanuel Macron, sa crainte de nouvelles mobilisations est connue. Il a de fait vécu de l’intérieur, à l’Elysée puis comme ministre, l’impact du mouvement social et le coût politique de telles transgressions. Il multiplie donc les précautions pour essayer de les éviter tout en essayant d’avancer vers la légalisation de la PMA sans père. Cela prouve que, malgré sa grande habileté, il n’a pas compris les ressorts profonds qui font que, évidemment, si besoin, il y aura à nouveau des centaines de milliers de Français dans la rue !
Quel bilan dressez-vous après cinq ans de lutte et de militantisme ? Reviendra-t-on un jour en arrière ? Ou, considérez-vous que le mariage pour les couples de même sexe, l’adoption « pour tous », ou encore la PMA « pour toutes » (en projet) soient désormais gravés dans le marbre pour plusieurs décennies, suivant un mouvement parti de l’Occident et s’exportant présentement en Amérique du Sud et en Asie ?
Permettez-moi d’abord de redire que la PMA sans père (n’employons pas les slogans de ses partisans !) est toujours interdite en France, contrairement à ce que prévoyait François Hollande et ses partisans. Et j’insiste sur le fait que la partie n’est pas perdue, bien au contraire. Emmanuel Macron a posé pour condition l’existence d’un « large consensus » : à nous de montrer qu’il n’existe pas et n’existera pas ! Il serait dramatique et irresponsable pour l’avenir de baisser les bras, et surtout au moment où les états généraux de la bioéthique montrent incontestablement que l’opposition à la PMA sans père est immense. Tous les observateurs, y compris les médias régionaux et nationaux en témoignent eux-mêmes. Et j’ajoute que le consensus n’existe pas plus chez les politiques, les scientifiques, les juristes, etc.
La « décivilisation », la réification de la personne comme la logique transhumaniste, qui caractérisent la PMA sans père, la GPA et autres pratiques du même acabit (PMA post-mortem, vente d’embryons sur étagères, eugénisme, etc) sont si délétères pour l’humanité que je crois vraiment possible un retournement spectaculaire. Et quel que soit le temps que cela prendra, cela entraînera la remise en cause du mariage de deux hommes ou de deux femmes puisqu’il fonde la filiation. Mais évidemment, cela ne se fera pas tout seul. Imaginer qu’on atteindra « le fond » et que de là « on remontera », comme je l’entends parfois, est une illusion. D’abord, comme je le disais, une fois déconnecté du réel, il n’y a plus de limites, le fond est donc sans fin. Ensuite, « on ne remontera pas tout seul ». Et, naturellement, plus on intervient tôt dans cette déconstruction, plus les difficultés seront surmontables. [...]"
Xenia Fedorova, la patronne de Russia Today France, janvier 2018. SIPA. AP22151430_000001
La chaîne de télévision est peut-être surtout coupable de sa différence par Martin Pimentel
En commençant à émettre ses programmes en français en décembre dernier, la chaîne d’information en continu Russia Today (RT) se lançait dans un paysage audiovisuel saturé. Sa diffusion est pour l’instant confidentielle et elle ne communique pas ses audiences : on ne peut la recevoir que sur Free ou via son site internet. Dans ces conditions, on aurait presque envie de dire ironiquement aux Russes : « Bonne chance… » C’était sans compter sur la « macronie » et ses médias !
Toulouse en feu ! Depuis dimanche 15 avril, la Ville rose est le théâtre d’émeutes, avec des dizaines de voitures incendiées dans plusieurs quartiers de la ville, dont le fameux Mirail, émeutes qui, dans la foulée, se sont propagées à Colomiers et Blagnac. « Il est vrai que ce sont des quartiers taraudés par l’islamisme. Mais est-ce le cœur du problème ? » Dans une interview au Point, le maire de la ville avoue qu’il « ne sai[t] pas » !
Ce ne sont pourtant pas les raisons de savoir qui lui manquent, à Jean-Luc Moudenc, lui qui administre 471.941 habitants (enquête de l’INSEE publiée en décembre 2017), dont 50.000 musulmans, chiffre en pleine expansion selon une enquête de La Dépêche de 2015, qui parle d’« une évidente pression musulmane »… Interviewé par Le Point, le 18 avril, il en énumère, d’ailleurs, clairement trois.
D’abord, c’est à cause d’une rumeur selon laquelle un détenu de la maison d’arrêt de Seysses ne se serait pas pendu mais aurait « été assassiné par des gardiens ». Il n’en fallait donc pas plus pour mettre le feu aux poudres au Mirail – le détenu n’était donc pas bouddhiste -, un quartier « qui pose problème depuis des années », lui rappelle le journaliste. Eh bien, grâce au dispositif voulu par le gouvernement, cela va changer car ce quartier va, à partir de septembre, servir de test à « la reconquête républicaine », annonce l’édile. Waouah, ça claque comme la cravache sur le flanc de la jument ! On piaffe d’impatience…
Ensuite, c’est à cause de l’interpellation d’une femme affublée d’un niqab, qui a provoqué « beaucoup d’émoi ». La faute aux policiers, en somme, qui ont insisté parce que la dame refusait de montrer sa bobine. Incroyable, n’est-ce-pas, de ne pas être autorisée à ne pas respecter la loi ! La dame en question rameute immédiatement une trentaine d’individus qui attaquent les policiers à coups de projectiles divers et variés. Et, exactement comme en temps de guerre, ces « jeunes » s’organisent et érigent une barricade.
Enfin, la troisième raison de cette furie, c’est, en quelque sorte, encore la faute aux policiers. En effet, le maire de Toulouse révèle que « la police avait effectué ces derniers jours beaucoup de saisies de drogue sur place, et asséché ainsi le trafic ». Ah, c’est donc cela ! Et, donc, pour retrouver l’apaisement, on va laisser les trafics reprendre ?
Peut-être bien un mélange des trois, la cause de ce désordre, le maire n’est pas sûr.
Et l’islamisme, alors, en rapport avec ces scènes de guérilla urbaine ? Non, monsieur le maire ne sait pas, donc. En revanche, il a ses obsessions. Ramener à tout prix la paix dans ces quartiers qui, la veille encore – grâce à la reprise tranquille d’activités lucratives ? -, étaient sages comme des images. Mais, surtout, « il faut faire attention aux amalgames et éviter les généralités ». Et, surtout, il faut dia-lo-guer. « Dialogue avec les habitants », « situation d’apaisement », « rencontres avec la population sujette à beaucoup de désarroi, d’incompréhension, de manipulations », « rétablir le dialogue » : notre notable LR connaît ses éléments de langage par cœur.
Mais, au fait, « dialoguer » avec qui ? Avec des femmes en burqa et des « jeunes » qui mettent le feu, caillassent et, derrière leurs barricades, hurlent « Vous êtes chez nous ! » ?
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La manifestation du 19 avril, se voulant interprofessionnelle, s'est traduite par un fiasco. On ne doit, certes, ni la confondre avec l'ensemble, disparate, des mécontentements, ni en déduire des pronostics pour les jours prochains.
En particulier il semble bien que, dans le ferroviaire, la tension ne recule pas à la base et que la grève de la SNCF peut continuer. Et même on peut se demander pourquoi la réforme de filialisation du fret, jetant de l'huile sur le feu, a été annoncée au moment même où l'on pouvait espérer que la CFDT et l'UNSA se désolidariseraient de la CGT et de Sud-Rail.
Mais le fait objectif s'impose : avec 15 000 manifestants à Paris et 6 000 à Marseille, le chantage de Martinez n'impressionne plus personne. Ayant misé sur la convergence des luttes, le secrétaire général de la vieille centrale a perdu(1)⇓
À peine les gauchistes bloqueurs de facs, les inévitables black blocks et les marcheurs impénitents de toutes les manifs se sont joints aux apparatchiks. Avec 133 rassemblements sur tout le territoire, reflets du maillage très ancien de l'organisation, ils ont été comptés pour quelque 120 000 personnes, selon les évaluations objectives, lesquelles désormais apparaissent et démentent les affirmations souvent fantaisistes des organisateurs(2)⇓
Enfermés dans des luttes minoritaires et retardataires, les dirigeants actuels de la CGT, formés à l'école sclérosée du PCF, se sont voués au déclin. Ils ne parviennent à surnager qu'en surenchérissant dans le registre des contre-vérités. Celles-ci restent crachées à l'envi par les pseudo-économistes du marxisme tardif. L'idéologie qu'on espérait défunte continue hélas à fonctionner. Elle sert même de viatique dans les discours de tous les défenseurs du prétendu modèle social français. C’est pourquoi on ne doit pas s'étonner de la survie d'une petite frange gauchiste, réapparaissant à chaque génération, et à laquelle on ne se préoccupe guère de répondre. À moins qu'on se préoccupe de ne se surtout pas lui répondre. Les utiles idiots serviront toujours d'indispensables ingrédients pour les cuisines politiciennes.
Reste qu'après la longue série des mobilisations contre la loi El Khomri et le gouvernement Valls de mars à juillet 2016, puis après le fiasco et l'isolement de fait en septembre 2017 contre la réforme du Code du travail, ce nouvel échec de la mobilisation de la CGT du 19 avril pourra très difficilement rester sans conséquences.
La date du 19 avait été fixée unilatéralement par Martinez. Es lors, les autres centrales, à l'exception des gauchistes de Sud-Solidaires, s'en étaient écartées. Le renfort des politiques, de Besancenot, de la France insoumise, des activistes d'extrême gauche, des anciens de NuitDebout, et bien entendu de Pierre Laurent du PCF, n'aura fait que souligner la division, et renforcer la méfiance de ceux qui refusent de confondre syndicalisme et politique.
Une prochaine échéance se situera le 1er mai, date à laquelle la CFDT ne veut pas défiler avec les cégétistes, préférant se joindre aux autres syndicats réformistes, CFTC et UNSA. À noter que les microcombats d'appareils ne cessent pas : ainsi, le congrès de FO semble avoir vocation, du 23 au 27 avril, à désavouer la ligne, jugée par certains trop modérée, de Jean-Claude Mailly dont le mandat s'achève après 14 ans de bons et loyaux services. Il se pourrait ainsi que la faculté de manœuvre de la CGT y gagne.
Martinez et ses camarades resteront toutefois dans l'erreur s'ils peristent à sous-estimer l'aspiration très majoritaire des Français à des réformes indispensables du prétendu modèle social français. Celles-ci n'ont que trop attendu. En votant unanimement en faveur de lois qu'elle juge globalement positives, la droite, elle qui en avait différé pendant si longtemps la mise en œuvre, ne s'y est pas trompée.
C’était il y a tout juste 50 ans, alors que l’Angleterre et l’Europe ne subissaient que les tous premiers assauts d’une crise migratoire qui culmine aujourd’hui avec l’arrivée massive d’extra-européens sur le continent européen.
Le 20 avril 1968, Enoch Powell, brillant homme politique britannique promis aux plus hautes fonctions, avait décidé d’évoquer ses craintes avec les citoyens de son pays. Dans un discours passé à la postérité, il les avertissait des conséquences néfastes d’une ouverture à l’immigration extra-européenne :
Si je regarde vers l’avenir, je suis empli de sombres présages ; tel le poète romain, il me semble voir le Tibre écumer d’un sang abondant.
Celui qui était alors député de Birmingham aura payé de sa carrière politique ce discours résolument visionnaire. Aujourd’hui, le Royaume-Uni est attaqué par les terroristes islamistes et miné par un changement de population qui modifie en profondeur son identité et provoque de nombreux drames.
Enoch Powell avait raison. Honneur au diabolisé.
Il y a 1 à 2 semaines, je discutais dans ma circonscription avec un homme d’une quarantaine d’années qui travaille dans l’une de nos entreprises nationalisées. Après quelques mots sur la pluie et le beau temps, il me dit soudainement : « Si j’avais les moyens, je quitterais le pays. » Je lui fis quelques reproches, lui faisant remarquer que le gouvernement actuel ne durerait pas éternellement. Mais il n’y prêta pas attention et poursuivit : « J’ai trois enfants. Ils ont tous le bac [grammar school], deux d’entre eux sont mariés et ont une famille. Mais je ne serai heureux que lorsque je les aurai tous vu partir à l’étranger. Dans ce pays, dans 15 à 20 ans, les noirs domineront les blancs. »
Le feu couvait. Il prend. À Toulouse, bien sûr, où l’on en est à la quatrième nuit d’émeutes ou de violences urbaines : voitures brûlées, police prise pour cible par des caillassages. Jusque-là, on se dit : bon, c’est le Mirail. Après tout, les premières émeutes, c’était il y a vingt ans. Pas étonnant que ça prenne cette dimension. Et puis, mercredi, préfecture et mairie nous disaient que la situation était « sous contrôle ». Sauf que, dans la nuit de mercredi à jeudi, des émeutiers ont remis ça : selon une source policière, une quinzaine de voitures auraient encore été brûlées, et plusieurs personnes arrêtées. Le maire de Toulouse, M. Moudenc, s’est sans doute réjoui un peu vite, dans Le Point.
Mais l’onde semble désormais dépasser quelques barres d’immeuble d’un quartier sensible de Toulouse. En effet, depuis quelques jours, on dénombre le même type de violences urbaines dans des villes plus petites de la région. À Agen, dans les quartiers Montanou et Rodrigues, un bus a été caillassé, une voiture brûlée et des conteneurs poubelle incendiés. À Auch aussi, dans le Gers, des conteneurs ont également été incendiés. Il faut dire que ces préfectures des départements limitrophes de la Haute-Garonne constituent le réseau secondaire des trafics toulousains.
Mais on a aussi constaté que le feu se propageait à des villes plus petites encore. Et à petite ville, petit feu. Mercredi soir, à Villeneuve-sur-Lot, près de l’ancien hôtel de ville, tout près de la sous-préfecture et de la rue des Cieutats, un matelas a été incendié. Petit feu sans gravité, certes. Mais dans un quartier qui a vu, cet hiver, une dizaine de voitures incendiées. Et ce n’était pas un incendie accidentel car une grande inscription hostile à la police était taguée sur un rideau de fer voisin. Il est vrai que, tous les soirs, cette rue est « tenue » par de jeunes trafiquants en liaison avec leurs collègues du Mirail.
Ce petit « acte d’incivilité » a été commis quasiment en face de la permanence du député LREM de la circonscription, M. Damaisin. Quand il l’a inaugurée, il expliquait son choix par « une réelle volonté d’installer ma permanence en plein cœur de ville ». Mais hier soir, sa petite ville avait elle aussi son petit incendie, comme au Mirail…
Emmanuel Macron l’avait suggéré à demi-mots dans ses vœux 2018. Le gouvernement vient d’annoncer la création d’un tout nouvel organe d’État : Le Ministère de la Vérité Vraie. Celui-ci sera doté d’une milice à la répression des fakes-news. Objectif : surveiller et filtrer les publications des médias non-officiels pour préserver la démocratie.
Le président en est persuadé, l’élection de Donald Trump à la tête de la première puissance mondiale n’est pas la bêtise, le manque d’éducation ou l’expression d’une frustration populaire, mais la conséquence de fausses informations répandues sur les réseaux sociaux, ce lieu dangereux et incontrôlé où n’importe quel terroriste intellectuel peut s’exprimer. Panique à l’Élysée alors que Jupiter prépare déjà les prochaines élections : « Nous allons faire évoluer notre dispositif juridique pour protéger la vie démocratique de ces fausses nouvelles », déclarait Emmanuel Macron lors de ses vœux à la presse sous un tonnerre d’applaudissement. L’idée a peu à peu germé dans l’esprit de la majorité au pouvoir. Seule solution : distinguer ce qu’il est autorisé de dire de ce qu’il est interdit de dire sur internet.
Ce matin, après trois mois de vifs débats entre les membres de la majorité, était inauguré le Ministère de la Vérité Vraie. La nouvelle administration publique, dont les fonds alloués seront de 60 millions d’euros par an, sera chargée de garantir l’ordre et la paix publique à travers le prisme de l’information. Pour se faire, sera établi un grand livre de la Vérité Vraie numérique qui distinguera la vraie vérité de la non-vérité. Comme rien n’est gratuit et que l’État doit lutter contre la dette publique, les acteurs privés pourront payer une redevance pour y inscrire une nouvelle vérité vraie. « Le système sera directement financé par les multinationales pour éviter tout endettement de l’État » a ajouté le président.
Par exemple, si une entreprise comme Bayer publie une nouvelle étude sur les bienfaits des pesticides pétrochimiques sur l’environnement, garantissant la croissance économique de la France, l’entreprise pourra payer une redevance pour rentrer l’information dans le grand livre de la Vérité Vraie. Ensuite, le MVV, chapeauté par l’animateur Cyril Hanouna devra s’assurer qu’aucun média n’affirme une opinion contraire sous peine de sanction. Pour le plus grand bonheur des consommateurs, les contre-expertises de petites associations gauchistes ou écolo-bobo disparaîtront du web et leurs pages seront bloquées pour garantir la stabilité de la corpocratie. La milice se chargera enfin de détruire les ordinateurs des crypto-anarcho-communistes dans leur yourte. Et tout le monde Marchera heureux dans une seule et même direction jusqu’à la fin des temps.
La signature de l’ordonnance. Un moment d’une grande émotion. (Annika Haas (EU2017EE))
Stop, ceci n’a rien de drôle (à partir d’ici, en vert, tout est vrai)
On aurait aimé pouvoir rédiger ce « poisson » jusqu’au bout. Délirer en ce premier avril sur une société qui dériverait en mode Orwell, cet enfer technocratique où un quelconque politicien dicterait ce qu’il faut lire ou pas en France. Mais nous n’en avons pas le goût. De trop nombreuses informations récentes rendent cette fiction beaucoup trop plausible pour pouvoir en rire. L’heure est réellement grave pour les médias alternatifs, la liberté d’informer et par conséquent le sens même de la démocratie, ou ce qu’il en reste. En effet, s’il n’existe pas encore de ministère de la Vérité au sens propre, la liberté d’informer est lourdement menacée. Mais nous sommes en 2018, et cette dérive liberticide se réalise de manière bien plus pernicieuse, loin des regards et de la compréhension de la population, à grand renfort de confusion, de peur et de discours séduisants.
Le véritable projet de loi signé Macron sur les fakes
C’est début 2018 qu’Emmanuel Macron a fait savoir lors de ses vœux à la presse que le gouvernement travaillait à la mise en place d’une loi contre les « fake news ». Quelques semaines plus tard, la ministre de la culture, Françoise Nyssen, en divulguait les premiers éléments. En périodes de scrutin, le juge pourra être saisi en urgence et ordonner « le déréférencement d’un site ou le retrait des contenus, s’il estime qu’il s’agit d’une « fausse-nouvelle ». Il pourrait également être ordonné de fermer des comptes Twitter et Facebook. Enfin, les réseaux sociaux seront également visés par une « obligation de coopération », notamment pour empêcher que des contenus sponsorisés servent à répandre de fausses nouvelles. Reste qu’il appartiendra aux juges de déterminer ce qu’est vraiment une fausse nouvelle et ce qui ne l’est pas.
Ces éléments laissent présager de nouvelles formes de censure politique et économique sur les réseaux sociaux. Certains contenus seront-ils interdits a priori par Facebook, de peur de se faire condamner ? Il est légitime de le penser. De fait, les principales plateformes de fact-checking se disent inquiètes des mesures annoncées, notamment parce qu’elles pourraient, si elles entrent en application, être utilisées à des fins partisanes. L’univers des combats politiques (et de la lutte des classes) étant avant tout basé sur des valeurs et des idéaux, ne va-t-on pas vider, notamment par l’auto-censure, le débat des positions contraires à l’establishment ?
Le contrôle de l’espace médiatique
Emmanuel Macron a su, pendant ces derniers mois, soigner son image médiatique et mettre certains journalistes dans ses propres rangs. Tout d’abord en s’entourant de membres de la profession, comme Bruno Roger-Petit, nommé ensuite porte-parole de l’Élysée. Une nomination qui pose problème parce que la même personne était auparavant journaliste politique, commentant le profil des candidats pendant la présidentielle de 2017, a priori, de manière neutre. En réalité, avait-il un parti pris pour le futur président et déjà des contacts avec celui-ci à cette époque là ? Le fait n’est pas isolé, puisque qu’il concerne également par exemple l’ancienne journaliste Laurence Haim. Par ailleurs, entre Konbini, Paris Match, et Laurent Delahouse, le Président a également réussi d’importantes opérations de communication aux cours d’interviews policées jugées« complaisantes ». Mais si le Président fait tout pour exposer le meilleur de lui-même dans les médias, s’arrachant la première page de très nombreux magazines, il est apparu à plusieurs reprises que pendant et après la campagne présidentielle les équipes d’Emmanuel Macron avaient mis une pression importante sur les rédactions de presse dont le story telling ne plaisait pas, ne correspondait pas à l’histoire que Macron voulait raconter de lui même. Certains journalistes témoignent même avoir été blacklistés après avoir tenu des propos jugés trop critiques. Des pratiques qui font écho aux écrits de Noam Chomsky sur la Fabrique du Consentement.
Les injonctions du gouvernement concernant la Syrie
Le récent communiqué du gouvernement demandant aux journalistes d’éviter certaines zones de conflit aura fait bondir certains syndicats. Dans une note envoyée à toutes les rédactions courant mars, le Quay D’Orsay demandait en effet de renoncer à l’envoi de journalistes dans la Ghouta orientale et le district d’Afrin, en Syrie. Mais outre la demande “de bien vouloir renoncer à tout projet éventuel de [se] rendre dans ce pays”, le document contient également la recommandation de vigilance lors de « l’acquisition de reportages de journalistes indépendants ».
Selon les syndicats de journaliste SNJ, SNJ-CGT et CFDT exigence « consiste en réalité à inciter les rédactions à rester à distance, et pire, à les inciter à ne pas acquérir et diffuser les reportages des journalistes indépendants qui couvrent le conflit sur place » ou, en d’autres termes, à ne plus évoquer le conflit, qui est pourtant au cœur d’une bataille géostratégique mondiale. Une demande vraiment inhabituelle sachant que les médias sont, en principe, libres de couvrir les sujets qu’ils décident de couvrir sans se soucier des injonctions d’un quelconque gouvernement.
Ces accords malsains entre « grands médias » et les GAFAM
Que ce soit par l’intermédiaire de fondations ou de contrats privés, de grands médias, comme « Le Monde » et « Libération », sont liés financièrement à Facebook et à Google. Que ce soit le fond pour l’innovation de Google ou Facebook qui réclame de l’aide pour la « chasse aux fakes news », les sommes allouées se comptent en centaines de milliers d’euros. À titre d’exemple, Google a respectivement versé 256 408 et 192 900 euros à « Le Monde » et « Libération » ce qui met une fois encore en question leur totale indépendance.
Bien que les principaux intéressés nient en bloc le danger de tels accords économiques, il est évident que ces contrats financiers mettent ces médias dans une situation de dépendance financière vis-à-vis de certaines des entreprises les plus influentes au monde. Bien que les journalistes des journaux restent à ce jour relativement libres, les rédactions respectives ne pourront à l’avenir empêcher que Google et Facebook fassent pression sur eux, brandissant peut-être un jour la menace de mettre fin à tel ou tel accord financier. La situation est dangereuse et malsaine, car c’est bien l’indépendance des journalistes qui est en cause.
La censure n’est pas un signe de bonne santé démocratique
De manière générale, le recours à la censure institutionnalisée, fake-news ou non, montre la difficulté des gouvernements à conserver un monopole de « la vérité », de « leur vérité ». D’autant qu’en principe, la France dispose déjà, avec la loi de 1881 sur la liberté de la presse, des outils nécessaires pour faire condamner les personnes qui répandent des rumeurs ou des informations calomnieuses. Mais ces outils vont plus loin, en ouvrant la possibilité de fermer et interdire l’accès à un média en particulier par Internet.
Tant de débats sur les fake-news sont-ils légitimes ? Jusqu’à ce jour, les études réalisées par différents chercheurs relativisent fortement l’impact des fausses informations sur les électeurs. En réalité, le débat sur les fake-news apparaît à un moment où les lectures du monde et des grands faits sociaux diffèrent de plus en plus, non seulement sur fond de crise sociale et écologique, mais également avec le développement d’une géopolitique multi-polaire qui prêtent forcément à des interprétations différentes (éventuellement alimentées par des fausses informations). L’information a toujours été un jeu d’influence au sein des sphères de pouvoir.Avec les réseaux sociaux, les sources d’information se sont multipliées et les puissants en perdent le contrôle. Blogueurs et citoyens peuvent s’informer à leur manière pendant que certaines vidéos publiées en live font le tour du monde en quelques minutes. Médias traditionnels et politiques rencontrent des difficultés croissantes à s’adapter à cette nouvelle réalité, car ces nouvelles sources sont difficilement contrôlables par définition. Et, comme face à toute évolution qui met en péril un pouvoir, ces institutions rivalisent d’ingéniosité pour maintenir le statuquo.
Le ministère de la Vérité Vraie est déjà là mais ne dit pas son nom
Aujourd’hui, il existe une méfiance de principe à l’encontre de ceux qui ont un message déviant, contraire à l’ordre socio-économique et politique en place. De manière générale, les évolutions décrites plus haut laissent entrevoir comment l’information est progressivement « mise sous pression » pour corroborer une certaine vision du monde et de l’économie. Sortir des chemins battus, faire de l’investigation (parfois au prix de poursuites juridiques), devient déjà en soit un acte périlleux. Il n’y a donc pas de Ministère de la vérité : mais des structures économiques et sociales qui rendent difficile de faire entendre des messages discordants et des structures dominantes qui défendent leurs propres intérêts. Dans ce contexte la loi sur les fakes news est l’aboutissement de ces dérives.
À toutes ces inquiétudes politiques s’ajoutent nombre de problématiques structurelles et économiques. Par exemple, le fait que la majorité des médias classiques aient été rachetés par de grands industriels, vendeurs d’armes ou grandes fortunes dont les intérêts économiques sont tentaculaires. Mais également ces mécanismes sociologiques invisibles qui rendent les organisations conservatrices par nature, avec une soumission systématique de tous les éléments à des hiérarchies verticales. Parlons également de ces millions d’euros de subvention que reçoivent les grands médias, alors que la plupart des petites mains rédactrices vivent dans la précarité, payés au lance-pierre. Évoquons enfin l’assassinat tragique de trop nombreux journalistes d’investigation et blogueurs au cœur même de l’Europe, dont Daphné Caruana Galizia ou Jan Kuciak. Alors, en effet, nous n’avons pas le cœur à en rire. Le monde de l’information est en crise. Une seule question nous anime : ce type d’article sera-t-il encore autorisé longtemps au royaume du monde libre ?