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lobby - Page 1766

  • La fronde contre Bruxelles s’intensifie grâce à deux hommes : David Cameron et Viktor Orbán

    À quand des dirigeants français capables de tenir tête à l’eurocratie totalitaire ?

     

    La Commission européenne agace les dirigeants les plus soucieux des intérêts de leurs peuples. Cet organisme supranational, dénué de légitimité démocratique et électorale, entend dicter ses volontés à l’Europe tout entière. Mais des voix s’élèvent enfin contre ce mode de fonctionnement peu soucieux des nations européennes.

    Récemment, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a grondé contre le projet de la Commission européenne visant à établir des quotas de migrants, pour répondre à l’afflux incontrôlé de réfugiés et de demandeurs d’asile aux frontières maritimes de l’Europe. Dans une déclaration qui devrait rester dans l’Histoire, le dirigeant magyar a tenu ces propos : « Nous voulons que l’Europe reste le continent des Européens et que la Hongrie appartienne aux Hongrois : c’est notre droit. » En effet, et c’est tout à l’honneur de la Hongrie que de réaffirmer son droit à rester souveraine.

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  • La destruction du mariage et le suicide de l’Occident

    « Ce qui arrive aujourd’hui est pire que l’atteinte aux droits de l’homme : c’est la disparition même de l’homme dans ce qui fait son essence et assure sa dignité. C’est la vocation de l’homme de devenir pleinement homme, beau et bon (kaloskagathos en grec ancien) qui est remise en cause au profit d’une vie ludique de divertissement. »

    Première remarque :

    Les forces de la mort viennent de marquer un point en Irlande. Ce 23 mai 2015, un référendum décidé par le gouvernement a donné 62% des voix en faveur du mariage homosexuel. Mais il y a eu presque 40% d’abstentions. Beaucoup de personnes hostiles ont préféré ne pas voter, pensant que le résultat était déjà acquis comme les médias l’annonçaient sans cesse. Toute l’oligarchie politique était pour le « oui ». En fait, 1,2 million de personnes ont voté pour le « oui » sur 3,2 millions d’électeurs inscrits. On est donc loin de la majorité absolue ! La victoire du mariage gay est relative et un autre référendum, avec une participation plus grande, pourrait défaire ce qu’a fait celui-ci.

    Deuxième remarque :

    En séparant le mariage de sa cause finale (avoir des enfants), on détruit son essence. Le mariage devient un simple caprice au service des instincts du cerveau reptilien. Les animaux ne se « marient » pas car ils ne connaissent pas l’existence au sens humain du terme. Le mariage homosexuel est une contrefaçon totale du mariage authentique, qui puise, certes, ses racines dans la nature, mais qu’il transfigure par la tradition culturelle et spirituelle qui en Europe repose sur le christianisme, même pour les athées.

    Troisième remarque :

    Le cerveau humain est composé de trois parties : une partie reptilienne qui exprime les instincts (chaotiques chez l’homme), une partie mammifère qui dirige la vie sentimentale (c’est le « cœur » dont parlent les pères de l’église) et une partie propre à l’homme et qui permet le calcul et le langage abstrait. La civilisation consiste à allier ces deux derniers cerveaux, cœur et intellect, pour discipliner le cerveau reptilien capable de tous les caprices et de tous les excès. Le mariage homosexuel donne ses lettres de noblesse au cerveau reptilien. Avec des arguments de logique abstraite tirés de l’idéologie égalitaire, il légitime tous les caprices chaotiques du cerveau reptilien en faisant des « choix ». C’est la victoire du reptile sur la personne humaine qui, elle, est une notion chrétienne qui élève l’homme vers la divinité.

    Quatrième remarque :

    Ces réformes lancées par une oligarchie mondialiste antichrétienne vont couper le monde occidental de tout le reste du monde qui reste attaché aux traditions humanistes, chrétiennes mais aussi reconnues par d’autres religions traditionnelles. Ces réformes vont renforcer l’islamisme le plus radical qui va dénoncer de plus en plus violemment la « bestialité » occidentale car c’est ainsi que l’Occident sera perçu.

    Cinquième remarque :

    L’adoption du mariage homosexuel s’ajoute à toute une panoplie idéologique qui a pour but la non-reproduction et donc la mort de l’Occident qui est fasciné par son propre suicide. L’idélogie « childfree » joue un rôle mortifère : childfree ne veut pas dire « sans enfants » mais « libre de ce fardeau qu’est l’enfant » (free veut dire libre). La liberté est de ne pas avoir d’enfants pour travailler plus et consommer plus : l’homme est considéré comme une matière première du système techno-économique, comme l’avait prédit le philosophe Heidegger. L’idéologie « childfree » est narcissique, et sans amour ; c’est la mort de l’humanisme classique et chrétien.

    L’histoire montre que les sociétés qui méprisent les enfants, le mariage authentique, la propriété et le droit à la vie (malmené par l’avortement et l’euthanasie) sont des sociétés qui disparaissent. Les sociétés qui survivent respectent la vie, l’enfant, le couple hommeLfemme, et le droit de propriété ainsi que les racines culturelles nationales. C’est ce qu’a fort bien montré le prix Nobel Friedrich Hayek dans son livre sur « La Présomption fatale ».

    Comme l’a dit le président de la Russie Vladimir Poutine à la session du Club de Valdai de 2013, en reniant leurs traditions les peuples occidentaux se suicident peu à peu.

    Si aucune réaction n’apparaît, ils seront remplacés par d’autres peuples qui, eux, sont restés fidèles à leurs traditions.

    Ce qui arrive aujourd’hui est pire que l’atteinte aux droits de l’homme : c’est la disparition même de l’homme dans ce qui fait son essence et assure sa dignité. C’est la vocation de l’homme de devenir pleinement homme, beau et bon (kaloskagathos en grec ancien) qui est remise en cause au profit d’une vie ludique de divertissement. Shakespeare décrit cette vie comme une « histoire absurde dite par un idiot, pleine de bruit et de fureur, et n’ayant aucun sens ». Or la « vocation » de l’homme à être lui-même passe avant ses « droits ». Le droit n’est rien sans le socle de la métaphysique.

    Les mots « foi » et « fidélité » ont la même racine. L’homme sans foi est prêt à trahir sa lignée et son pays et son essence existentielle propre. L’homme sans espérance est prêt à déserter car, sans espérance, il n’a pas de courage pour combattre. L’homme sans charité, donc sans amour, est atteint de stérilité et n’aura ni enfants ni postérité spirituelle. Trahison, désertion et stérilité sont le lot des hommes qui rejettent les vertus de la tradition.

    C’est pourquoi l’Occident ne survivra et n’existera comme civilisation, élevant l’homme de la bête vers le Divin, que s’il retrouve ces trois vertus de la tradition chrétienne : foi, espérance et charité !

    Ivan Blot, 23/05/2015

    http://www.polemia.com/la-destruction-du-mariage-et-le-suicide-de-loccident/

  • Éric Zemmour Réforme du collège "Nous sommes au bord du précipice" Chronique du 19/05/2015

  • Réforme du collège : une prise de conscience comparable à La Manif Pour Tous

    Pierre Nora est interrogé dans Le Figarovox. Extrait :

    "Le débat sur la réforme du collège a été très tendu. Que révèle-t-il de notre société?

    Ce qui frappe, c'est l'emballement progressif à partir d'une mesure qui paraissait un simple ajustement à la société déjà décidé de longue date. En fait, cette réforme du collège a été une étincelle qui a mis le feu aux poudres. Un peu comme la décision du mariage pour tous (qui paraissait aussi une mesure «évidente») a réveillé un volcan dans les profondeurs de la société. Entre ces deux épisodes du quinquennat de François Hollande, il y a quelque chose de semblable. Le mariage pour tous concerne la famille, la réforme du collège a fait prendre conscience aux Français du naufrage où plongeaient l'école et l'enseignement depuis vingt ou trente ans. Or la famille et l'école sont ce qui reste quand il n'y a plus rien. Malgré la décision d'application destinée à couper court, le problème demeure. C'est la grande vertu de cette réforme du collège et de la polémique qu'elle a déclenchée: une prise de conscience collective."

    Pour tenter d'éviter une nouvelle flambée de manifestations, le gouvernement a donc essayé d'aller très vite en publiant rapidement le décret d'application de cette réforme, qui n'a pas été discutée à l'Assemblée.

    Michel Janva

  • La laïcité n’est plus ce qu’elle était

    Le débat autour de la laïcité empoisonne la vie politique française depuis trente ans et, de l’étranger, on a peine à reconnaître la patrie de Voltaire. Comment peut-on exclure une élève de l’école pour une histoire de longueur de jupe au motif du respect de la laïcité et, en même temps, affirmer que cette laïcité est une des vertus cardinales de la République. C’est proprement incompréhensible, sauf si on accepte l’idée que ce qu’on appelle aujourd’hui laïcité n’a plus rien à voir avec le principe d’origine énoncé en 1789 puis renforcé en 1905.

    « Cette hypocrisie patente autour du concept de laïcité résulte de la volonté de ne pas traiter la question taboue de l’immigration. »


    Au risque de surprendre le lecteur, la laïcité est un principe qui s’applique à l’Etat, et à l’Etat seul ; il le contraint à la neutralité et le protège contre l’influence de la religion. Jamais dans l’esprit des défenseurs d’une république laïque – hormis pendant la sinistre période de la Convention – il n’a été question d’empêcher le simple citoyen de pratiquer ni même d’affirmer ostensiblement son appartenance à une religion, ni en privé bien évidemment, ni dans la sphère publique. Incontestablement, cette laïcité-là fut un progrès sur l’obscurantisme religieux et un exemple de tolérance pour le monde entier. Après la crise de 1905, la question de la laïcité semblait réglée une fois pour toutes et pendant plus d’un demi-siècle avait totalement déserté le débat politique. Elle a resurgi dans les années 1980 pour une seule et unique raison : l’immigration maghrébine avec l’irruption de l’islam dans la société française.

    Aujourd’hui, la laïcité n’est plus seulement une contrainte pour l’Etat, mais aussi pour les citoyens, et plus précisément pour les musulmans, et pour les musulmans seuls. Une vérité qui dérange mais incontestable. Comment en sommes-nous arrivés là ? Par l’union improbable entre deux courants de pensée antagonistes qui traversent la société française depuis deux siècles : la gauche laïcarde, hier farouchement anticatholique, aujourd’hui islamophobe (de François Hollande à Caroline Fourest), et la droite conservatrice majoritairement de souche catholique, disons judéo-chrétienne (de Nicolas Sarkozy à Alain Finkielkraut). Leur terrain d’entente ? La première, qui n’a de cesse d’achever la déchristianisation de la société française, encourage l’immigration mais s’emploie à ce que la pratique de l’islam soit réduite a minima avant de lui faire subir plus tard le sort de la religion catholique. La seconde, qui doit subir l’immigration contre son gré, pour se donner bonne conscience ou encore par intérêt économique, exige que celle-ci soit la moins visible possible. Dans un cas comme dans l’autre, la laïcité n’est plus une vertu mais une arme, offensive pour les uns, défensive pour les autres.

    Cette hypocrisie patente autour du concept de laïcité résulte de la volonté de ne pas traiter la question taboue de l’immigration. Dans sa version d’origine, la laïcité, définie à la fois comme neutralité et tolérance, est tout bonnement incompatible avec l’islam, et cette incompatibilité que personne ne veut reconnaître ne peut être résolue que de deux façons : soit l’arrêt total de l’immigration et l’assimilation forcée des étrangers, soit la désislamisation rampante des populations musulmanes sous couvert d’une laïcité dont le sens a été totalement dénaturé.

    Christophe Servan
    16/05/2015

    Source : Boulevard Voltaire.fr

    http://www.polemia.com/la-laicite-nest-plus-ce-quelle-etait/

  • Calais : face aux clandestins, les policiers n’en peuvent plus

    Tandis qu’un montage vidéo incrimine les violences policières, les forces de l’ordre sont au bord de la rupture, coincées entre des clandestins de plus en plus agressifs et le pouvoir politique qui ordonne de ne rien faire.

    La vidéo fait le buzz sur internet : on y voit un montage de violences policières, entrecoupées de déclarations lénifiantes de Bernard Cazeneuve. Les images auraient été tournées le lendemain de la visite du ministre de l’Intérieur à Calais, « une journée ordinaire », selon les sous-titres du document.
    Les forces de l’ordre sont ulcérées par le procédé visant à les discréditer. Selon Gilles Debove, d’Unité-SGP-Police-FO, ce jour-là, « une demi-compagnie de CRS a dû être rappelée en urgence en renfort, car ça partait de tous les côtés. »

    « Une nouvelle fois, on n’y voit que des bribes de vidéos, estime Ludovic Hochart, d’UNSA-police. En général, quand on les voit au complet, la légitimité des interventions est démontrée. »

    L’examen des images montre d’ailleurs que les mêmes séquences sont utilisées à plusieurs moments du clip. Mais au delà de cette manip, les forces de l’ordre veulent voir dans leurs réponses musclées aux clandestins la preuve « que les migrants n’ont plus peur des policiers », rendant leur travail de plus en plus difficile.
    Les clandestins seraient « plus nombreux et plus agressifs », et les incidents au Tunnel « plus fréquents qu’avant ». L’émeute qui vient de se dérouler dans un camp de clandestins, faisant 14 blessés, ou le pillage de camions témoignent d’ailleurs de la violence de plus en plus grande qui règne parmi cette population. De plus, des chauffeurs poids-lours anglais ont décidé de boycotter Calais, de peur que l’un d’entre eux soit un jour tué par un clandestin.
    Délégué régional d’UNSA-Police, Denis Hurth pointe aussi l’insuffisance des effectifs : « entre 35 et 70 hommes à l’instant T, face à près de 2 000 migrants ».
    Cerise sur le gâteau, les CRS ont reçu depuis la diffusion de ce clip l’instruction de ne plus rien faire, pour éviter les vagues.

    On ne fait plus notre boulot de flic, on fait de la politique !, déclare un CRS. Depuis la vidéo, on nous demande d’être soft et de ne rien faire.

    Naturellement, il est plus simple d’incriminer les policiers que de tenter de résoudre le problème. Une fois de plus, c’est la stratégie du thermomètre cassé qui prévaut pour résoudre les accès de fièvre. Les clandestins seront eux contents de savoir que l’on doit les laisser tranquilles et que de plus, le Défenseur des droits Jacques Toubon a pris fait et cause pour eux. Selo lui, ils doivent pouvoir bénéficier du droit d’asile en France : « Ils ont aussi un certain nombre de droits lorsqu’ils séjournent sur notre territoire », notamment le droit à l’hébergement.

    http://fr.novopress.info/

  • Peut-on détruire l’identité française ?

    Nos gouvernants - fausse droite et vraie gauche confondues – ne se posent plus la question depuis très longtemps et s’y emploient avec un zèle inégalé.

    Assurément, oui.

    Nos gouvernants – fausse droite et vraie gauche confondues – ne se posent plus la question depuis très longtemps et s’y emploient avec un zèle inégalé, chaque gouvernement prenant le relais du précédent afin de poursuivre et amplifier pour mener jusqu’à son terme, une politique ségrégationniste en faveur des banlieues.

    Comment s’y prennent-ils ?

    Tout simplement en s’en prenant à l’Ecole.

    Jean Macé, fondateur de la ligue de l’enseignement, disait : « Qui tient les écoles, tient la France ». Ceux qui sont censés nous gouverner l’ont bien compris.

    Ainsi, depuis le début des années 2000, deux systèmes éducatifs parallèles sont à l’œuvre et dont les objectifs se croisent dangereusement, mettant gravement en péril l’avenir de la société française.

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  • Najat Vallaud-Belkacem compare l'école de la République à une famille nombreuse

    NVB se déploie tous azimuts pour tenter de faire accepter sa conception de l'école. Elle était samedi à Reims au congrès de l'organisation de parents d'élèves, où elle s'est voulue rassurante et a défendu une nouvelle fois sa réforme du collège après la journée d'action de mardi.

    Comparant l'école de la République à une famille nombreuse, elle a expliqué que les parents d'une telle famille répartissaient leurs efforts pour permettre à ceux qui sont le plus en difficulté de s'élever et à ceux qui sont en avance d'aller plus loin. Dans l'idée, très bien.

    Ce sont juste les moyens choisis qui sont mauvais. Car il est évident que l'égalitarisme à tous crins n'est pas un but en soi, et si votre petit dernier est plutôt doué pour la mécanique, il est abusif de la part de maman de vouloir en faire un polytechnicien, et plus abusif encore de baisser le niveau de Polytechnique pour y parvenir. Décidément, pas sûr que NVB soit une très bonne mère de famille nombreuse. En fait, son école pourrait bien ressembler à ça :

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    Marie Bethanie

  • L’ Europe, première mafia institutionnelle, premier continent musulman

    Il est des évidences tellement flagrantes qu’elles échappent à l’attention des politologues et des journalistes les plus brillants. En voilà deux par exemple :

    1) L’Europe, première mafia institutionnelle :

    Il doit s’édifier en ce moment de belles fortunes sur les côtes libyennes et grâce à qui ? A l’Europe ! Pourquoi ? Parce qu’à partir du moment où l’Europe accueille les migrants, les sauve de naufrages et va jusqu’à prévoir des quotas de répartition entre ses différents pays, elle enrichit la mafia des passeurs et surtout, elle établit une complicité avec eux. Sa relation relève ni plus ni moins de la même nature que celle qui définit le producteur de drogue avec son trafiquant. Or, elle est une institution politique et en ce sens, on peut donc dire qu’elle est la première mafia institutionnelle au monde. Allant au bout de sa logique, elle serait sans doute mieux inspirée si elle organisait une navette quotidienne entre ses côtes italiennes et la limite des eaux territoriales libyennes. Elle ferait alors l’économie de ses grosses larmes de crocodile devant les nombreux naufrages de migrants à qui d’ailleurs elle ferait gagner un peu d’argent car les passeurs ainsi ne seraient plus fondés à exiger de la part de ces malheureux de grosses sommes d’argent.

    2) L’Europe, premier continent musulman :

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  • Laurent Garnier : « Subversion générale des programmes et fin du latin »

    Laurent Garnier est professeur de latin dans un grand lycée parisien. Concerné au premier chef par les réformes de l'enseignement, il donne cet entretien à Monde et Vie en toute liberté, en n'hésitant pas à remettre dans un contexte plus large et encore plus inquiétant la dernière attaque contre le latin à l'Ecole.

    Claire Thomas : Est-il exact qu'avec la nouvelle réforme, le latin et le grec ne seront plus enseignés dans les collèges ?

    Laurent Garnier : Si vous écoutez les médias, le Ministère avait d'abord supprimé cet enseignement, mais il l'aurait ensuite rétabli face au tollé suscité par cette mesure. Madame Belkacem, de son côté, assure qu'il n'a jamais été supprimé : c'est une simple « rumeur », et on « baigne dans la désinformation la plus complète » (chez Jean-Jacques Bourdin, le 13 avril dernier). Pour tirer cette affaire au clair, il faut se reporter aux textes officiels. Première constatation le projet de réforme a fait l'objet de plusieurs versions successives, et dans l'une au moins de ces versions, l'enseignement des langues anciennes avait en effet disparu. Ce n'est pas une "rumeur", c'est un fait.

    CT : Mais maintenant ? Cet enseignement est-il rétabli ?

    LG : Les mots « langues et cultures de l'antiquité » et « latin » (mais non « grec ») figurent bel et bien dans la version actuelle, ce qui semble donner raison à Najat Vallaud-Belkacem. Mais c'est une illusion, car ces mots n'ont aucun contenu réel. La supercherie consiste en effet à intégrer le latin aux EPI.

    CT : Qu'entendez-vous par "EPI" ?

    LG : C'est une des principales innovations de la réforme : les EPI sont des « Enseignements Pratiques interdisciplinaires », réunissant les professeurs de plusieurs disciplines, pour faire travailler les élèves en équipes sur des applications « pratiques ». Il y a huit EPI en tout, parmi lesquels : « développement durable », « monde économique et professionnel », « corps, santé et sécurité », « information, communication et citoyenneté ». Sur l'utilité pédagogique de ces nouvelles EPI, voici des exemples fournis par le Ministère : dans un EPI physique/SVT, les élèves réaliseront des maquettes d'éoliennes et produiront un reportage vidéo qui sera diffusé sur le blog du collège. Autre exemple, déjà expérimenté celui-là dans un collège de Bordeaux. les professeurs d'espagnol et de géographie demandent à leurs élèves de rédiger en espagnol un tract destiné aux floriculteurs du Kenya. Je n'invente rien : c'est un reportage de France 2, disponible sur Internet.

    CT : Soit, mais quel est le problème, à partir du moment où le latin continue à être enseigné ?

    LG : Mais comment pourrait-il l'être ? Ce qu'il faut savoir, c'est que ces EPI ne bénéficient pas d'horaires spécifiques les heures qui leur sont consacrées sont empruntées aux disciplines concernées (aux heures d'espagnol et d'histoire-géographie, dans le dernier exemple cité). Or - et c'est le point capital - d'après les documents officiels eux-mêmes, aucune heure d'enseignement n'est prévue pour le latin (ou le grec), je dis bien aucune. Cela veut dire que, dans le cas d'un EPI « langues et cultures de l'antiquité », il faudrait prendre des heures à d'autres disciplines. Lesquelles les mathématiques ? la physique ? l'EPS ? Absurde. Le français ? Mais il ne dispose que de 4 heures ou 4 h 30 selon les niveaux. Et il en faut 3 pour enseigner le latin dans les conditions actuelles. Le Ministère prétend que ces heures seront maintenues, mais il ne nous explique pas de quel chapeau on les sortira. Autre mystère : si vous consultez les nouveaux programmes, vous ne trouvez rien sur les langues anciennes. Etrange enseignement, qui n'a d'existence ni dans les horaires, ni dans les programmes officiels ! En réalité, tout se passe comme si l'on avait voulu court-circuiter toute opposition en ajoutant aux EPI déjà existants un intitulé bidon, qui n'a manifestement rien à voir avec eux... Vous avez dit désinformation ?

    CT : Quelle est donc la logique d'ensemble de cette réforme ?

    LG : Celle du sabotage : on réduit de 20% les horaires des cours traditionnels (au profit des EPI et autres), on ne cesse de restreindre la part des « savoirs fondamentaux » tout en prétendant les renforcer (le français perd encore une heure d'enseignement au collège, alors que, selon certains calculs, un élève en a déjà perdu 300 au cours de sa scolarité !), on supprime tout ce qui pourrait viser à l'excellence (cours de langues anciennes, classes européennes, et, pour une grande part, classes « bilangues »), on amuse la galerie avec des gadgets (EPI, etc.), on masque l'effondrement du niveau en supprimant les redoublements, les notes chiffrées, les objectifs annuels, et on augmente le bourrage de crâne idéologique par le biais des enseignements « transdisciplinaires », dont c'est la fonction explicite, selon Vincent Peillon lui-même. L'Ecole devient une gigantesque garderie, doublée d'une invraisemblable usine à gaz. Sommé de travailler toujours plus « en équipe », l'individu doit se dissoudre dans la masse. Le professeur, pris dans toutes sortes de contraintes, perd sa liberté, et l'élève se voit privé des moyens de devenir un sujet autonome, capable de réflexion et d'esprit critique.

    CT : C'est donc l'aboutissement d'un Mai 68 pédagogique comme on ne l'avait jamais cauchemardé ?

    LG : Un Mai 68, oui, mais qui a la particularité d'être imposé d'en haut, et de se poursuivre depuis des décennies, selon un plan de toute évidence conçu de longue date (déjà formulé en 1947 avec Langevin-Wallon).

    CT : Un plan conçu dans quel but ?

    LG : A qui profite le crime, sinon au système, qui entend disposer ainsi d'une masse d'abrutis qu'il pourra manipuler à sa guise ?

     

    Propos recueillis par Claire Thomas, monde&vie avril 2015