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lobby - Page 2263

  • Le communautarisme selon Costanzo Preve par Georges FELTIN-TRACOL

     

    Né en Italie en 1943 de parents italo-arméniens, Costanzo Preve est très tôt attiré par la philosophie et l’histoire. Étudiant à Paris, il suit les cours de Louis Althusser et fréquente Gilbert Mury et Roger Garaudy. Le jeune Preve ne cache pas sa sensibilité marxiste. Enseignant la philosophie au lycée de 1967 à 2002, il prend sa carte au P.C.I. en 1973 avant de rejoindre en 1975 la mouvance gauchiste (Lotta Continua, Democrazia Proletaria), puis, ensuite, le Parti de la Refondation communiste. il abandonne tout militantisme à partir de 1991. Les prises de position de certains de ses « camarades » révolutionnaires en faveur de l’intervention occidentale contre l’Irak l’invitent à réfléchir si bien qu’en 2004, il adhère le Camp anti-impérialiste et collabore à des revues d’opinions très variées, de Comunismo e Comunità à Italicum en passant par Krisis, Eurasia, Comunità e Resistenza ou Bandiera rossa

    Auteur prolifique, Costanzo Preve n’a pour l’heure que deux ouvrages traduits en français dont l’un, effectué par son ami Yves Branca qui en assume aussi la présentation, est un Éloge du communautarisme. Bien que préfacé par Michel Maffesoli, l’observateur attentif des nouvelles tribus, des communautés spontanées du temps de la Toile numérique et de la « post-modernité » exubérante, il ne faut pas se méprendre sur son sens. Homme de « gauche » (les guillemets ont leur importance), Costanzo Preve n’est pas un théoricien communautarien, ni un communautariste comme l’entendent les vierges effarouchées décaties de la République hexagonale outragée (qui le mérite bien d’ailleurs)… Son point de vue ne se confond pas « avec les partisans de ces quatre formes pathologiques de communautarisme, qui sont à rejeter résolument et sans remords (p. 27) », à savoir les communautés locales et provinciales, le « communautarisme organiciste », le nationalisme et le fascisme, et le communautarisme ethnique fossoyeur des États-nations. Cet Éloge se veut principalement une réflexion philosophique et historique sur la notion de communauté à l’heure du triomphe du libéralisme. Sa démarche s’appuie sur de solides références intellectuelles : Aristote, Hegel et Marx. D’après ce dernier, « son affirmation de la “ lutte des classes ” est indéniable, mais à ses yeux, la lutte des classes n’était qu’un moyen pour arriver à une fin : la communauté précisément (p. 28) ».

    Avec la modernité et la fin de la société holiste, comment l’individu peut-il s’insérer dans des communautés sans que celles-ci ne deviennent pour lui des cadres d’aliénation ? Telle est la problématique que pose l’auteur avec une évidente sincérité. « Tout éloge véritable qui n’est pas une adulation hypocrite ne doit pas dissimuler les défauts de son propre objet; c’est, au contraire, s’il les met en évidence qu’il mérite le titre d’ “ éloge ” (p. 29). »

    Communautés natales contre communautarisme artificiel

    Après bien d’autres, Costanzo Preve affirme que « l’homme est par nature un être social et communautaire, ou plus précisément un être naturel générique (p. 212) ». Or, « dans la tradition occidentale, l’idée de communauté (ou plus exactement de communauté politique démocratique) naît avec l’élément potentiellement dissolvant qui lui est conjoint, c’est-à-dire l’individu libre et pensant, lequel pense souvent à l’encontre des membres de sa communauté même (p. 30) ». Il précise même : « Si nous entendons sortir d’un enfermement provincial et voulons adhérer à un processus historique d’universalisation humaine qui soit autre chose que son actuelle parodie, laquelle universalise uniquement la forme-marchandise qui uniformise tous les êtres humains selon le seul modèle du producteur et du consommateur manipulé, nous ne pouvons éviter la question cruciale de ce qui peut être le meilleur point de départ d’un dialogue entre les communautés et les civilisations du monde. Ce ne saurait être l’individu isolé, l’individu – atome, qualifié quelquefois tout simplement de “ multiculturel ”, comme si un atome multiculturel pouvait cesser d’être un atome; mais seulement un individu social, ce qui signifie : un individu dans une communauté. Dès lors, je ne vois pas pourquoi l’on ne pourrait appeler “ communautarisme ” le point de vue de l’individu situé dans une communauté, fût-ce, cela va de soi, d’une manière critique et anticonformiste (p. 29). » En dépit de ses défauts, « la communauté est le seul lieu où l’homme contemporain puisse réaliser conjointement sa double nature rationnelle et sociale (p. 239) », d’où son souhait d’un communautarisme universaliste et progressif, car « la solidarité et la liberté sont l’une et l’autre nécessaires (p. 240) ». L’auteur relève toutefois que le processus de modernité n’arrive pas à éliminer la forme communautaire en tant que donnée permanente. Il peut l’écarter, l’exclure, la contenir, mais pas l’effacer. C’est la raison pour laquelle « le capitalisme tend à détruire et à dissoudre les communautés souveraines, pour créer à la place des communautés factices (p. 225) ». Le Système vomit l’enracinement tout en encensant simultanément une soi-disant culture gay élaborée par d’une nouvelle communauté dont la consistance historique serait tout aussi probante que celles des Bretons, des Basques ou des Corses.

    Si le Système valorise des communautés nouvelles à l’appartenance subjective incertaine (à quand des quotas légaux aux élections pour les philatélistes, les ramasseurs de champignons ou les porteurs de lunettes ?), il n’hésite pas, le cas échéant, à fomenter « l’ethnicisation et la régionalisation des conflits [qui] forment par conséquent des terrains d’intervention et d’intrusion contre les peuples et les nations (p. 50) ». Contre ce dévoiement pernicieux, Costanzo Preve qui juge vaines les recherches en faveur d’une troisième voie sérieuse, lie son « communautarisme » à l’idéal communiste. « On peut définir le communisme, brièvement, comme une forme radicale et extrême de communautarisme (p. 73). » Mieux, ce communisme s’épanouit au sein d’un ensemble collectif d’ordre civique. « La politique est une propriété indivise de la communauté toute entière (p. 68). » Un marxisme bien compris devient de la sorte un facteur d’épanouissement. Par conséquent, « oubliez tout ce que vous avez cru savoir sur Marx et le marxisme ! (p. 154) », car « Marx s’est trouvé incorporé dans un appareil idéologique qui ne fut d’abord que politique et syndical, mais qui devint ensuite véritablement étatique et géopolitique (p. 154) ». L’auteur réhabilite la conception marxiste de la nation et mentionne Otto Bauer, les austro-marxistes ainsi que Staline. « L’idée de nation faisait partie intégrante de la tradition marxiste et socialiste (p. 198). »

    Costanzo Preve témoigne son attachement à la nation qui lui paraît la communauté la plus appropriée pour le partage d’un destin commun. Le Système agresse sans cesse l’idée nationale. L’auteur note que « le nouveau cycle de guerres qui s’est ouvert par la honteuse dissolution du communisme historique réel du XXe siècle (qu’il faut appeler ainsi pour le distinguer du communisme utopico-scientifique de Marx – cet oxymore étant évidemment volontaire) a pour logique la formation d’un Nouvel Ordre Mondial (pp. 38 – 39) ». Pis, « le monde actuel, qui se présente sous le mensonge d’une démocratie libérale fondée sur la religion universaliste des droits de l’homme, est en réalité un totalitarisme de l’économie, géré par une oligarchie politique qui se légitime moyennant des référendums périodiques, lesquels supposent la totale impuissance des opposants en fait de projet. La dictature de l’économie ne se présente plus sous la forme de celle, ridiculement faible et instable, de personnages politiques solitaires et charismatiques comme Mussolini, Hitler, Franco, Peron, Staline ou Tito, mais désormais sous la forme infiniment plus puissante de la dictature de forces et de grandeurs rigoureusement anonymes et impersonnelles, et partant invincibles : les “ marchés ”, la “ productivité ”, la “ concurrence internationale ”, le “ vieillissement de la population ”, l’« impossibilité de sauvegarder le système de la sécurité sociale et des retraites », etc. Si la forme personnelle et dilettante des vieilles dictatures politiques charismatiques s’est révélée une espèce fragile d’un point de vue darwiniste, la nouvelle forme “ professionnelle ” de la dictature systémique et impersonnelle de quantités économiques affranchies de tout “ anthropomorphisme ” paraît plus stable (p. 55) ».

    La démocratie subvertie par le mondialisme

    L’auteur souligne enfin que « la démocratie ne garantit pas la justesse de la décision; bien au contraire, avalisant de son autorité des choix criminels, elle est pire encore que la tyrannie, parce que celle-ci, en tant qu’origine constante de décisions arbitraires et criminelles, est au moins facile à démasquer, tandis qu’en démocratie, le style “ vertueux ” et légal des décisions prises à la majorité réussit le plus souvent à cacher la nature homicide de certains choix sous le rideau de fumée des formes institutionnellement corrects (p. 67) ». La célébration irréfléchie de la démocratie moderne individuelle, voire individualiste, bouleverse l’agencement géopolitique planétaire. « Le monde précédent, qu’il s’agit de détruire, est celui du droit international des relations entre États souverains, celui de la négociation entre sphères d’intérêts et d’influence, le monde du droit de chaque nation, peuple et civilisation à choisir souverainement ses propres formes de développement économique et civil (p. 39). » Le Nouvel Ordre Mondial prépare désormais « l’inclusion subalterne de tous les peuples et nations du monde dans un unique modèle de capitalisme libéral, où ce qui sera le plus défendu, même et surtout par les armes, sera moins l’entrée que, justement, la sortie (p. 39) ». Il favorise l’éclatement des États en privilégiant les communautarismes subjectifs, volontaires ou par affinité. « Cent ou cent cinquante États souverains dans le monde sont à la fois trop, et trop peu, pour la construction d’un Nouvel Ordre Mondial. Trop, parce qu’il y en a au moins une trentaine qui sont pourvus d’une certaine consistance et autonomie économique et militaire, ce qui complique les manèges pour arriver au contrôle géostratégique de la planète. Mais en même temps peu, parce que si l’on vise un contrôle géopolitique et militaire plus commode, l’idéal n’est pas le nombre actuel des États; ce serait un panorama de mille ou deux mille États plus petits, et donc plus faibles militairement, plus vulnérables au chantage économique, formés par la désagrégation programmée et militairement accélérée des anciens États nationaux divisés comme une mosaïque selon l’autonomie de toutes les prétendues “ ethnies ” qui sont présentes sur leur territoire (pp. 49 – 50). »

    Dans cette nouvelle configuration pré-totalitaire apparaît la figure utilitaire du terroriste qui « représente un ennemi idéal, parce qu’étant par nature sans territoire propre, il semble avoir été fait exprès pour les forces qui veulent précisément “ déterritorialiser ” le monde entier, en ruinant l’indépendance des peuples et des nations et la souveraineté des États. Pour ces forces, le monde doit être transformé en une sorte d’« espace lisse », sans frontières, adéquat à la rapide fluidité des investissements des capitaux et de la spéculation financière, il faut donc qu’il n’y ait plus de “ territoires ” pourvus d’une souveraineté nationale et économique indépendante (p. 47) ».

    Il existe bien entendu d’autres formes de pression totalitaires. Par exemple, « l’agitation permanente de la bannière de l’antifascisme en l’absence complète de fascisme, ou de celle de l’anticommunisme sans plus de communisme, doit être interprété comme le symptôme d’un déficit de légitimation idéale de la société contemporaine (p. 91) ». Attention quand même aux contresens éventuels. Costanzo Preve ne se rallie pas à l’« extrême droite ». Il affirme plutôt que « l’antifascisme ne fut pas seulement un phénomène historiquement légitime, ce qui est évidente, mais un moment lumineux de l’histoire européenne et internationale (p. 190) ». Il souligne que « Auschwitz est injustifiable, mais l’extermination technologique de la population d’Hiroshima et de Nagasaki l’est tout autant, tout comme l’anéantissement de Dresde, à quelques semaines de la fin de la guerre, dont les auteurs furent récompensés par des médailles, au lieu d’être enfermés dans des prisons spéciales. Treize millions d’Allemands furent déportés par des décisions prises à froid et sans aucune raison stratégique, la guerre étant terminée, à partir de terres allemandes comme la Prusse et la Silésie. Au cours de leur transfert, il y eut plus de deux millions de morts, auxquels s’ajoutèrent un million sept cent mille Allemands qu’après la fin de la guerre, en pleine reprise de la surproduction alimentaire, on laissera mourir de faim dans les camps de concentration français et américains (pp. 192 – 193) ».

    Un communautarisme des Lumières ?

    Sous les coups violents du Nouvel Ordre Mondial, la société européenne se transforme, contrainte et forcée. Dénigrées, contestées, méprisées, les vieilles communautés traditionnelles sont remplacées par des communautés artificielles de production et de consommation marchande. Costanzo Preve décrit avec minutie les ravages planétaires de l’hybris capitaliste. Si « le capitalisme aime habiller les jeunes gens et à leur imposer par là, au travers de nouvelles modes factices, des profils d’identification pseudo-communautaire. Cela se fait surtout par le phénomène du branding, c’est-à-dire du lancement de marques. […] Il est de règle que le capitalisme, non content d’habiller le corps des jeunes déshabille celui des femmes. D’où sa frénésie contre l’islam, dont l’hostilité s’étend jusqu’au foulard le plus discret, mais aussi son irrésistible pulsion vers les minijupes et les showgirls très dévêtues des jeux télévisés (pp. 216 – 217) ». Il perçoit en outre que « le capitalisme ne vise […] pas à faire de vieillards une communauté séparée, mais cherche plutôt à réaliser leur complète ségrégation (p. 219) » parce que « dans l’imaginaire capitaliste, la mort elle-même paraît obscène, parce qu’elle interrompt définitivement la consommation (p. 218) ». Le Système fait assimiler implicitement le vieillissement, la vieillesse avec la disparition physique… Quant à une métastase de ce capitalisme mortifère, le féminisme, ses revendications font que « pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la figure asexuée de l’entrepreneur réalise le rêve (ou plutôt le cauchemar) du pur androgyne (p. 224) ». Le capitalisme illimité dévalue tout, y compris et surtout les valeurs. Favorise-t-il donc un état complet d’anarchie globale ? Nullement ! Le champ de ruines spirituel, moral et sociologique assure le renforcement de la caste dirigeante parmi laquelle le « peuple juif qui de fait est aujourd’hui investi du sacerdoce lévitique globalisé du monde impérial américain, dans lequel la Shoah devra remplacer (ce n’est qu’une question de temps) la Croix comme le Croissant, l’une et l’autre peu adaptés à l’intégrale libéralisation des mœurs que comporte l’absolue souveraineté de la marchandise (p. 194) ».

    Preve n’est pas négationniste. Il observe cependant que dans le Nouvel Ordre Mondial, « la sacralisation de ce droit absolu à la possession de tous est obtenue par une nouvelle religion, qui se substitue à la Croix comme au Croissant, la religion de la Shoah, dans laquelle Auschwitz, détaché de son contexte historique, est érigé en principe universel abstrait exigeant d’abolir le droit international “ de sorte que cela ne puisse plus jamais arriver dans l’avenir ” – tandis que Hiroshima, et ce n’est pas un hasard, a seulement été “ déploré ”, et non pas criminalisé comme Auschwitz, et continue d’être brandi comme une menace toujours possible contre les “ nouveaux Hitler ”… (pp. 116 – 117) ».

    Suite à ses propos qu’on peut sciemment mal interpréter, Costanzo Preve pourrait faire l’objet d’attaques perfides alors qu’il se réclame de l’héritage des Lumières. Pour lui, « l’État est en fait l’organe qui réalise le programme de la modernité des Lumières, mais selon une interprétation communautaire et non point individualiste (p. 145) ». L’« idéologie des Lumières » ne forme pas un bloc monolithique. Si, en France, elle est progressiste, on ignore souvent qu’en Allemagne ou en Angleterre, elle présente un important versant conservateur. Preve cherche-t-il soit une nouvelle synthèse post-moderne, soit une réactivation d’un « conservatisme lumineux » ? Il se déclare ainsi « favorable au mariage des prêtes catholiques (dont le mariage des popes orthodoxes et des pasteurs protestants constitueraient des précédents historiques), à l’ordination sacerdotale des femmes dans la confession catholique et à de pleins droits civils pour les gays et lesbiennes (mais dans les formes du P.A.C.S., non dans celle du “ mariage ”, qui est inutilement provocatrice) (p. 124) ». Il approuve dans le même temps la place historique de l’Église catholique même s’il ignore le rôle majeur joué par le christianisme celtique dans la réévangélisation de l’Europe de l’Ouest au Haut – Moyen Âge. Mutatis mutandis, le christianisme celtique, s’il s’était maintenu, fortifié et développé, aurait été probablement le pendant occidental de l’Orthodoxie et permis la constitution à terme d’Églises catholiques européennes autocéphales aptes à résister aux assauts de la modernité. Au contraire, du fait d’une centralisation romaine continue, l’Église catholique a accepté sa sécularisation.

    Pour preuve irréfragable, Costanzo Preve rappelle que « le théologien Joseph Ratzinger, qui est devenu pape, a du reste posé lui-même d’une manière extrêmement intelligente la question du bilan de la pensée des Lumières dans son débat avec Jürgen Habermas, où il a soutenu que les Lumières n’avaient pas été seulement bonnes, mais providentielles, parce que leur intervention historique avait “ corrigé ” les erreurs et même, dans certains cas, les crimes de l’Église. […] Il […] semble [à Preve] qu’il serait encore plus sot d’être plus traditionaliste et catholique que Joseph Ratzinger (p. 131) ». De pareils propos confirment l’argumentaire sédévacantiste.

    Son appréciation sur Ratzinger est-elle vraiment sérieuse et fondée ? Catholique, Benoît XVI peut l’être dans l’acception d’« universel ». L’Église romaine a toujours cherché à au moins superviser les pouvoirs temporels. Au XXe siècle, un penseur catholique de renom, Jacques Maritain, défend une supranationalité papiste de dimension européenne, occidentale, voire atlantiste. On retrouve cette influence dans l’encyclique Caritas in veritate du 7 juillet 2009. Se référant à une conception dévoyée de la subsidiarité, le souverain pontife énonce que « le développement intégral des peuples et la collaboration internationale exigent que soit institué un degré supérieur d’organisation à l’échelle internationale de type subsidiaire pour la gouvernance de la mondialisation (paragraphe 67) ». Il ajoute qu’« il est urgent que soit mise en place une véritable Autorité politique mondiale […]. Cette Autorité devra […] être reconnue par tous, jouir d’un pouvoir effectif pour assurer à chacun la sécurité, le respect de la justice et des droits. Elle devra évidemment posséder la faculté de faire respecter ses décisions par les différentes parties, ainsi que les mesures coordonnées adoptées par les divers forums internationaux (paragraphe 67) ». Il apparaît clairement que le Vatican est dorénavant un relais sûr du Nouvel Ordre Mondial. À la décharge de Costanzo Preve, son Éloge a été publié en 2007 et il ne pouvait pas deviner la portée mondialiste de ce texte. Benoît XVI n’est pas traditionaliste. N’oublions jamais que le véritable catholicisme traditionnel, communautaire et sacral qui rayonnait à l’époque médiévale fut assassiné par l’incurie pontificale, la Réforme protestante et sa consœur honteuse, la Contre-Réforme catholique !

    Nonobstant ces quelques critiques, cet Éloge du communautarisme demeure une belle réflexion sur une question déterminante pour les prochaines décennies : les communautés humaines natives résisteront-elles au XXIe siècle ?

    Georges Feltin-Tracol http://www.europemaxima.com/?p=3289

    • Costanzo Preve, Éloge du communautarisme. Aristote – Hegel – Marx, préface de Michel Maffesoli, Krisis, 2012, 267 p., 23 €.

  • Monsanto, du transgène au transgenre par Pierre BÉRARD

     

    Madame, Mademoiselle, Monsieur, Chers Amis et Lecteurs du site,

     

    Les prochaines semaines vont être riches en manifestations qu’il importe de soutenir en y assistant.

     

    • Le 26 octobre se tiendra la 6e Journée de la réinformation organisée par Polémia consacrée à « Faire face à la désinformation publicitaire » de 9 h 15 à 17 h 30, salle Dosnes – Thiers, Place Saint-Georges (Paris IXe), métro : Saint-Georges. Participation : 10 €. Le programme est en ligne sur le site de Polémia.

     

    Pour s’inscrire : polemia1@gmail.com

     

    • Toujours le 26 octobre aura lieu un colloque de l’Alliance sociale des peuples et des pays de France qui traitera de « L’Europe, implosion ou refondation ? » au F.I.A.P. Jean-Monnet (Salle Oslo), 30, rue Cabanis (Paris XIVe) entre 14 h 00 et 18 h 30, métro : Glacière. Participation : 5 €.

     

    Les intervenants seront :

    — Alexis Arette « Ici et maintenant »,

    — Georges Tartaret « Une approche macro-économique de l’Europe » et « La démographie et l’âme européenne »,

    — Bruno Lemaire « Sortir de l’euro : le pour et le contre »,

    — Janpier Dutrieux « Les déséquilibres extérieurs contre l’Europe et l’incontournable réforme bancaire et monétaire » ainsi que « Quel  avenir pour les  P.M.E. et T.P.E. françaises ? »,

    — Rémi Bonnevialle « L’apprentissage : un dispositif particulier de l’alternance »,

    — Yves Morel « Quel modèle éducatif pour l’Europe ? »,

    — Arnaud de Ledinghen « Europe et relations sociales en milieu professionnel »,

    — Loeiz Laurent « Six leçons sur le territoire ».

    Chaque intervention sera suivie d’un échange avec la salle.

     

    • Le 11 novembre prochain se déroulera la 7e journée nationale et identitaire de Synthèse nationale sur « Face à la répression socialiste : défendons la liberté ! » de 11 h 00 à 18 h 00 à l’Espace Jean-Monnet, 47, rue des Solets, SILIC, à Rungis (R.E.R. C Rungis – La Fraternelle, autoroute A6, sortie Rungis, place de stationnement prévu). Entrée : 10 €.

     

    Il y aura des tables rondes, des conférences, des comptoirs de libraires, d’associations, de mouvements amis, de quoi se restaurer sur place.

     

    Pour tout contact : Synthèse nationale, 116, rue de Charenton, 75012 Paris ou synthesenationale@club-internet.fr

     

    Venez nombreux !

     

    La rédaction d’Europe Maxima

     

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    Monsanto, célèbre multinationale des O.G.M. a reçu récemment la médaille de platine de la « firme la plus L.G.B.T. » (« lesbian – gay -bisexual – transgender »). Un honneur pour la compagnie qui lui a été décerné par la Human Rights Campaign (H.R.C.), relais du lobby gay américain dont le programme communautariste est de déconstruire toutes les normes sociales afin de les abolir. La H.R.C. dispose de puissants sponsors, Monsanto bien sûr, mais aussi Coca-Cola, Starbucks, British Petroleum, Chevron, Shell, American Airlines, Dell, Microsoft, Google, Nike, Booz – Allen – Hamilton, Deloitte, Morgan Stanley, Bank of America, J.P. Morgan, etc. Le fleuron de ces géants de la finance est la mégabanque Goldman Sachs, tellement « too big to fail » qu’elle s’est emparée du pouvoir réel en Europe après l’avoir capté aux États-Unis même. Elle est présidée par Lloyd Blankstein, l’homme qui se prend pour Dieu et qui déclarait tout de go que « gay is good business ».

    Fin mai se déroulait sur toute la planète la « Journée internationale contre Monsanto ». Partout des foules se sont rassemblées contre la mainmise de la multinationale de Saint-Louis, Missouri, sur l’agriculture mondiale et la véritable mise en esclavage des paysans convertis en nouveaux serfs. En effet, les semences Monsanto, produites grâce au génie génétique, sont rendues stériles à la deuxième génération et contraignent leurs utilisateurs à l’abonnement obligatoire constituant pour Monsanto une clientèle captive.

     

    Face à ce modèle de capitalisme prédateur se côtoyaient au sit-in de Paris, écolos, altermondialistes et de jeunes partisans de la « Manif pour tous » qui allaient manifester le lendemain, 26 mai, pour la défense de la famille traditionnelle et les droits de l’enfant, contre la gestation pour autrui (G.P.A.) autre manière d’aliéner les pauvres (mais comme l’a soutenu le financier Pierre Bergé, louer son ventre ou louer ses bras, quelle différence ?).

     

    Ce curieux tohu-bohu d’apparence contradictoire étonna beaucoup les manifestants qui ne percevaient guère la logique profonde de leur combat. En effet, les protestataires de la « Manif pour tous » et les protestataires d’un capitalisme devenu plus prédateur que jamais se sont-ils rendus compte qu’ils luttaient contre un « progressisme » qui ne connaît plus de limites et qui veut l’abolition nihiliste de toute norme d’une part, et la renforcement du système de l’argent d’autre part ? comme le montrent bien les parrains de la H.R.C. qui ont attribué à Monsanto une médaille de platine. De toute évidence ceux qui étaient présents à la manif ont continué à se regarder en chiens de faïence, tous voués à leur combat spécifique et incapables de concevoir l’aspect unitaire qu’il recouvrait.

     

    Le système avance sur deux jambes. L’une est le marché, l’autre est la déconstruction de toute les norme commune. La logique du capital se fraie d’autant plus facilement son chemin que les peuples qu’elle conquiert sont déracinés et ont perdu toute mémoire. Jean-Claude Michéa l’a amplement démontré après Marx lui-même. Tant que nous en resterons à une contestation partielle du Système, les uns approuvant la loi d’airain du marché mondial et critiquant la déconstruction, les autres saluant toute déconstruction comme une victoire alors qu’ils contestent la logique du marché, Warren Buffett l’un des hommes les plus riches du monde et l’un des V.I.P. de l’oligarchie  pourra continuer à se prévaloir d’une guerre de classes que seule sa classe gagne puisque les autres ne la pratiquent pas, inconscients qu’ils sont des enjeux colossaux que comporte son issu.

    Il faut sortir de cette hémiplégie. Et le temps presse !

     

    Pierre Bérard http://www.europemaxima.com/

     

    • D’abord mis en ligne sur La Droite strasbourgeoise, le 23 juillet 2013.

  • La caisse noire de l’UIMM servait à financer des syndicats “par tradition”

    Certains des retraits en liquide inexpliqués de la caisse noire de l’UIMM ont bien servi à financer des syndicats. Denis Gautier-Sauvagnac, l’ancien patron de l’organisation, l’a confirmé à la justice ce 14 octobre.

    Denis Gautier-Sauvagnac va-t-il enfin parler? A l’ouverture de cette deuxième semaine de procès des caisses noires de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), son ex-patron a commencé à dévoiler des informations, ce 14 octobre.

    Le prédécesseur de Frédéric Saint-Geours à la tête de la plus puissante fédération du Medef a confirmé devant le tribunal correctionnel de Paris que les syndicats étaient bien les bénéficiaires des enveloppes d’argent liquide.

    Le nom des bénéficiaires reste un mystère
    La justice s’intéresse à des retraits en liquide entre 2000 et 2007, de plus de 16 millions de la caisse de l’UIMM, dotée de centaines de milliers d’euros grâce aux cotisations des entreprises adhérentes et censée servir à leur apporter “un appui moral et matériel” en cas de conflit du travail.

    Le juge d’instruction chargé de l’enquête présume que des enveloppes ont été distribuées à certains syndicats. Denis Gauthier-Sauvagnac a bien évoqué une “tradition de l’UIMM depuis des décennies d’apporter son concours financier à des organismes qui participent à notre vie sociale“. Mais il refuse toujours de dévoiler les noms des bénéficiaires de ces dons.

    BFM

     http://fortune.fdesouche.com/328151-la-caisse-noire-de-luimm-servait-a-financer-des-syndicats-par-tradition#more-328151

  • Jacques Bompard interpelle par l'absurde le ministère des droits des femmes

    BLes méfaits de la théorie du genre gagneraient aujourd'hui à être davantage exposés au grand public. C'est fort de cette certitude et conscient du temps et des fonds publics alloués par les locataires du pouvoir que Jacques Bompard député maire d'Orange a voulu interpeller le ministère public.

    Dans ses questions 29006, 29011 29012 et 29013 il a ainsi voulu montrer à Mme le ministre délégué au droit des femmes combien cette action excluait le sens commun de son analyse. Ainsi il rappelait que 90,7% des aides-soignants sont des femmes. Comme 86,6% des sages-femmes et plus généralement 76,6% du personnel hospitalier. De là à considérer que les descendantes d'Eve possèdent quelque prédispositions à l'empathie il n'y a qu'un pas. Le ministre délégué ne semble ainsi pas comprendre l'ironie du président de la ligue du Sud quand il déclare:

    "Il lui demande si le Gouvernement entend changer le nom réactionnaire et rétrograde de la profession de sage-femme et prendre des mesures pour y favoriser la parité."

    Un pas que Mme Najat Vallaud-Belkacem refuse totalement, prisonnière qu'elle est de la théorie du genre puisque sa réponse du 23 juillet nous indiquait : "La lutte contre les stéréotypes genrés, dès l'école, est une priorité de la ministre des droits des femmes." Elle ajoute, comble du ridicule vue les situations évoquées: "La mixité, dans l'ensemble des métiers, et à tous les niveaux hiérarchiques reflète l'égalité des sexes." Pire dans la page 7831 du Journal Officiel elle nous apprend que le gouvernement déconstruit la réalité:

    "La suppression des connotations genrées dans l'ensemble des fiches métiers est en cours."

    Mais rassurez-vous, la théorie du genre n'existe pas. Monsieur Jacques Bompard attend également une réponse du gouvernement suite à sa question 39571 concernant la composition du Conseil Consultatif national d'éthique.

    M. Jacques Bompard attire l'attention de Mme la ministre des affaires sociales et de la santé sur le renouvellement du Comité consultatif national d'éthique. Les dernières nominations du CCNE voient la disparition de ses membres religieux. L'ensemble des autorités religieuses, comme toutes les personnes soucieuses de pluralisme, de démocratie et de libertés sont non seulement surprises mais furieuses de la mise à l'écart du monde religieux. En effet, il est partie prenante de la notion même d'éthique. Des personnalités proches de la gauche ont été nommées. Consulter ses amis ne nécessite pas l'existence ou la maintenance de structures onéreuses et permanentes. Il lui demande d'arrêter de croire que les Français peuvent se laisser manipuler par de tels procédés.

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Echec aux ronchons ! La France, le pays qui donne du sens

    Dénigrer la France est un sport anglo-saxon… que beaucoup de Français pratiquent. Ce qui leur vaut un coup de gueule de Jean-Yves Le Gallou qui montre dans cet article cueilli sur Nouvelles de France que la France est le pays qui donne du sens en entrant en dissidence contre l’idéologie unique : exception culturelle, contestation du « mariage gay », naissance et essor du premier mouvement populiste européen, critique de la mondialisation, intensité des débats ; la France est le pays idéologique par excellence. C’est ici plus qu’ailleurs que le présent est mis en examen et que le futur se construit.
    Polémia
    Halte au « french bashing » ! La France, le pays qui donne du sens
    Le  French bashing  est à la mode : chez les Anglo-Saxons, bien sûr, mais aussi parmi les élites libérales françaises qui déplorent, non sans raison, les excès réglementaires et fiscaux de notre pays. Mais il ne faut pas oublier que la France, si irritante soit-elle parfois, c’est aussi le pays qui donne du sens.
    Le vote de la loi sur le « mariage gay », imposé dans tout l’Occident par les officines politiquement correctes et Hollywood, cela a pris trois heures au parlement néo-zélandais ; guère davantage à Bruxelles et à Amsterdam. Pas si simple à Paris ! Un an de débats philosophiques, six mois de débats parlementaires, plus d’un million de manifestants dans les rues et une mobilisation qui ne faiblit pas. En France on ne change pas de civilisation en catimini !
    Et pour les Français l’ouverture des magasins le dimanche ce n’est pas seulement une question économique. C’est aussi un choix de société. D’autres valeurs que les intérêts marchands doivent être mis dans la balance. Là aussi on débat, là aussi on cherche le sens.
    C’est aussi la raison pour laquelle la construction d’éoliennes et la prospection des gisements de gaz de schiste se heurtent à de fortes oppositions. La singularité et la richesse de la France, c’est la beauté séculaire de ses paysages qu’il convient de protéger des dévastations contemporaines.
    Ce rapport à la nature, à la terre, aux paysages se trouve aussi dans la persistance, là aussi très française, du monde de la chasse : plus de 1.200.000 licenciés, record d’Europe, mais aussi et surtout plus de 40 modes de chasse différents, toujours vivants, toujours pratiqués, singulière alliance, de nature, de culture et de tradition.
    « Il ne faut pas oublier que la France, si irritante soit-elle parfois, c’est aussi le pays qui donne du sens. »
    La France c’est aussi la volonté de sauvegarder son exception culturelle. Non sans un certain humour (involontaire), artistes et acteurs défendent pour eux une préférence nationale qu’ils refusent aux autres… Mais l’exception culturelle, c’est plus que cela, c’est, depuis les accords Blum/Byrnes de 1946, une volonté française de résistance à l’ordre hollywoodien du monde.
    La France, c’est aussi une terre de dissidence pour le meilleur et/ou pour le pire selon les points de vue. Dissidence historique, avec le courant révisionniste de Robert Faurisson poussant la France, d’abord, puis à sa suite tous les pays européens, à se doter de législations répressives conduisant à poser la question – cruciale – de la liberté d’expression et de ses limites.
    Dans un tout autre domaine, dissidence religieuse cette fois, avec la contestation de Vatican II et la défense de la tradition catholique avec Monseigneur Lefebvre. Un vif débat théologique, là encore, né en France et qui n’est pas près de s’éteindre.
    Enfin, en matière politique, la France a aussi innové en disposant depuis trente ans du premier et souvent du plus puissant parti populiste d’Europe : un Front national qui, quoi qu’on en dise, a aussi présenté dès l’origine le populisme le plus intellectuellement construit : sur l’immigration, dès 1983/1985, avec la promotion de la préférence nationale et l’élaboration d’un discours identitaire ; sur l’indépendance nationale et la souveraineté, dès 1990/1992, avec le refus de la guerre du Golfe et l’opposition au Traité de Maastricht ; sur la critique de la mondialisation – dans la lignée du Prix Nobel Maurice Allais – avec, dès 1993, la condamnation des accords libre-échangistes du GATT.
    De Gaulle est mort. Ceux qui s’en prétendent ses héritiers l’ont trahi. Mais la France reste plus que d’autres pays réfractaire à l’américanisation du monde. Mieux que d’autres, elle résiste au bulldozer de la globalisation. Pays idéologique par excellence, c’est dans ses chaudrons intellectuels et politiques que se cristallise le non à la mondialisation et à l’indifférenciation et que se dessine le monde qui vient.
    Jean-Yves Le Gallou, 9/10/2013
    http://www.polemia.com/echec-aux-ronchons-la-france-le-pays-qui-donne-du-sens/

    Nouvelles de France – Halte au French bashing ! La France, le pays qui donne du sens

  • Journée du sweat à Saint-Raphaël

     

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    L'équipe de Saint Raphaël (Var) pour la journée du port du sweat de La Manif Pour Tous samedi 12 octobre 2013, devant le palais des Congrès où se déroulait une réunion de la 5 ème circonscription UMP du Var !

     

    Les veilleurs de Fréjus- Saint Raphaël, se réunissent désormais le vendredi de 20h30 à 22h, square de Provence (sur le pont bord de mer, limite Fréjus Saint Raphaël, à côté du manège) tous les 15 jours, à partir du 25 octobre 2013.

    Michel Janva

  • Marseille, et demain ?

    Marseille fait bien souvent la une de l’actualité, alimentant souvent la rubrique que l’on a un peu trop facilement coutume d’appeler « faits divers » : en quoi un meurtre est-il fait divers ? L’utilisation des armes de guerre se fait désormais là bas de plus en plus fréquente, permettant l’élimination au sein des gangs des rivaux sérieux.
    Marseille n’est aujourd’hui pas plus ethniquement arabe que blanche ou noire : elle est tout cela en même temps et parce que c’est de melting pot dont il s’agit, Marseille est peut être devenue la plus américaine de nos grandes villes françaises.
    Durant les années 70, le Front National – déjà – pointait du doigt le danger de l’immigration et le fait que les travailleurs étrangers n’étaient nullement venus aider à construire la France ou à dynamiser l’économie locale. Dans les faits, le Front National insistait sur l’aspect économique, montrant que ces travailleurs envoyaient la grande majorité de leur rémunération dans leur pays d’origine, ce afin de faire vivre leur famille, là bas restée. Bien évidemment, et en cela nos gouvernants sont constants en matière de mauvaise foi et de mensonges, le Front National était dès alors fustigé pour avoir simplement dit la vérité. Si on connait la prise de position de la droite alors à l’époque au pouvoir, on ne peut écarter la gauche oppositionnelle de la critique : en effet, celle-ci se faisait le chantre de la grande convivialité entre autochtones et immigrés, au nom d’un droitdelhommisme bêlant, benoit, et dégagé de tout lien avec la réalité. Bien sur, les gouvernements de droite de l’époque savaient pertinemment que le Front National avait – déjà – à l’époque raison et que par voie de conséquence c’était un fait que ces immigrés envoyaient bel et bien la majorité de leur argent en métropole. Si, utilisant la terminologie de René Rémond (1) droite légitimiste et bonapartiste étaient, à défaut d’idéales, idéelles, la droite orléaniste (entendez à l’époque la révélatrice alliance giscard-chirac) s’est toujours trouvée dans l’histoire complice du monde de l’argent et du progressisme. Constatant donc que l’argent gagné en France se voyait, parce qu’envoyé en Afrique du Nord, perdu de notre économie, ils décidèrent de faire venir chez nous, les familles étrangères, justement afin que la rémunération des ces travailleurs immigrés profite à une économie dite nationale. Bien sur, les raisons de cette décisions furent occultées et cachées au peuple français et ce fut au nom de l’humanisme béat et benoit, que le passage de l’importation de travailleurs étrangers à l’importation de toutes les familles fut annoncée : façon de se présenter comme humaniste mais aussi de se situer dans le sillage de la gauche qui exerçait à l’époque – elle est morte aujourd’hui – son magistère intellectuel.
    C’est donc en fonction d’un choix économique que l’immigration de masse fut favorisée en France. Le problème majeur est que les immigrés ne peuvent être réduits à une simple force de travail ainsi qu’à un compte en banque. Dans les deux cas, la réduction de la qualité à la quantité s’avère une erreur majeure. Les immigrés venus s’installer en France, à cause de la droite ET de la gauche, importèrent aussi leurs « valeurs ». D’où les mosquées, voiles, djellabas et autres, auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui. La gauche s’est trompée en considérant, via notamment sos racisme et le clochard décérébré qui lui tenait lieu de leader Harlem Désir, que tout se valait : le problème majeur n’est pas celui de la couleur de peau, sur lequel on insista bien à tort durant les années 80, mais ce qui se trouve dessous : croyant au nom de la démocratie, de la république surtout, importer simplement des couleurs de peaux différentes, ils s’aperçoivent bien tardivement aujourd’hui que c’est le communautarisme l’intégrisme, tout sauf républicain, qu’ils ont favorisés.

    Childéric Fonteney http://www.voxnr.com/cc/politique/EFlEVZuElZFdIsfGVe.shtml

  • Manuel Valls, le « Scud anti-Marine » du système

    PARIS (NOVOpress/Kiosque Courtois) – Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls s’est rendu mardi à Forbach où Florian Philippot, vice-président du Front national, est candidat aux élections municipales de 2014. Si l’on en croit le dernier sondage du Figaro magazine sur les personnalités politiques que les Français souhaitent voir exercer des responsabilités au sommet de l’Etat, Valls apparaît comme « l’arme anti‑FN du système ».

    Il faut dire que ce système a bien besoin d’un Scud (photo) anti-Marine, après en particulier un autre sondage, celui-ci Ifop pour le Nouvel Observateur, publié mercredi, dans lequel le parti de Marine Le Pen recueille 24 % d’intentions de vote pour les européennes, contre 22 % pour l’UMP et 19 % pour le PS.

    Fort heureusement pour le système le ministre de l’Intérieur caracole en tête du sondage du Figaro magazine sur les personnalités politiques que les Français souhaitent voir exercer des responsabilités au sommet de l’Etat avec 43% d’opinions positives, à dix points de la présidente du Front national, 33%. Encore faut-il remarquer que Valls ne doit sa popularité qu’en singeant le discours de fermeté du Front sur une question qui préoccupe massivement l’opinion publique depuis quelques mois, celle des Roms, mais en trompant délibérément les Français. Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne, n’a pas manqué de rappeler à Valls les engagements qui lient la France à Bruxelles en matière de libre circulation des personnes dans l’espace européen. Des engagements que Valls-le-cosmopolite n’entend évidemment pas dénoncer, contrairement au Front national.

    Prétendre réguler l’immigration, c’est bien, mais lorsqu’il s’agit de passer aux actes, Manuel Valls éprouve subitement quelques difficultés. De cent étrangers en situation irrégulière éloignés par jour, nous sommes ainsi passés à soixante sous le pouvoir socialiste. Le total est donc de près de 14.800 éloignements en métropole, ce qui fait pâle figure par rapport aux 37.000 éloignements de 2012. Que M. Valls n’hésite surtout pas à prendre des leçons de fermeté auprès de Vladimir Poutine. Un porte-parole du Service fédéral russe des migrations vient en effet de déclarer « Qu’au cours des neuf premiers mois de 2013, plus de 30.000 ressortissants étrangers ont été expulsés de Russie ». Parallèlement, plus de 250.000 étrangers se sont vus interdire l’entrée du territoire russe. C’est sans doute toute la différence entre une simple posture tauromachique et une véritable stature d’homme d’Etat…

    Mais comme les choses sont curieuses… A la suite des virils propos de M. Valls sur les Roms, une plainte va être déposée à son encontre par le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (le MRAP) devant la Cour de justice de la République, pour incitation à la haine raciale. En marge d’un déplacement jeudi à Lyon, le ministre a critiqué ce dépôt de plainte. « Tout le monde connaît mes convictions républicaines, mes engagements et je n’ai pas envie de rentrer dans ces débats », a-t-il plaidé. Reste naturellement à savoir si cette plainte, venant de la part d’une association passablement discréditée dans l’opinion publique, n’est pas destinée à servir la soupe au ministre, en accroissant artificiellement son capital de sympathie auprès des Français…

    http://fr.novopress.info/142145/manuel-valls-le-scud-anti-marine-du-systeme/#more-142145

  • Le lobby israélien aux États-Unis- Deuxième partie

    Le Lobby ne veut pas de débat public, naturellement, parce que cela pourrait mener les Américains à remettre en cause le niveau de soutien qu’ils fournissent. En conséquence, les organisations pro-israéliennes travaillent dur pour influencer les institutions, qui font tout ce qu’elles peuvent pour façonner l’opinion populaire.

    La perspective du Lobby règne dans les médias traditionnels : « Le débat parmi les experts du Moyen-Orient, écrit le journaliste Eric Alterman, est dominé par des gens qui ne peuvent pas imaginer critiquer Israël. » Il énumère soixante et un « chroniqueurs et commentateurs sur lesquels on peut compter pour soutenir Israël par réflexe et sans qualification ». En revanche, il a trouvé seulement cinq experts qui critiquent uniformément les actions israéliennes ou approuvent les positions arabes. Les journaux publient de temps en temps des articles d’invités critiquant la politique israélienne, mais l’équilibre de l’opinion favorise clairement l’autre côté. Il est difficile d’imaginer un média traditionnel aux États-Unis publier un article comme celui-ci.

    « Shamir, Sharon, Bibi – tout ce que veulent ces types me semble très bien », a un jour remarqué Robert Bartley. Il n’est pas étonnant que, son journal, le Wall Street Journal, ainsi que d’autres journaux importants comme le Chicago Sun-Times et le Washington Times, publient régulièrement des éditoriaux qui soutiennent fortement Israël. Des magazines comme le Commentary, le New Republic et le Weekly Standard défendent Israël à chaque fois.

    On trouve également des éditoriaux partiaux dans des journaux comme le New York Times, qui critique de temps en temps la politique israélienne et concède parfois que les Palestiniens ont des revendications légitimes, sans pour autant être équitable. Dans ses mémoires, l’ancien directeur de la rédaction du journal, Max Frankel, reconnaît l’impact que sa propre attitude a eu sur ses décisions éditoriales :

    « J’ai été bien plus profondément dévoué à Israël que je n’ai osé l’affirmer.. Enrichi par ma connaissance d’Israël et de mes amitiés là-bas, j’ai moi-même écrit la plupart de nos commentaires sur le Moyen-Orient. Comme l’ont reconnu plus de lecteurs arabes que de juifs, je les ai écrits d’une perspective pro-israélienne. »

    Les nouveaux reportages sont plus équitables, en partie parce que les journalistes tâchent d’être objectifs, mais également parce qu’il est difficile de couvrir des événements dans les territoires occupés sans reconnaître les actions d’Israël sur le terrain. Pour décourager les reportages défavorables, le Lobby organise des campagnes d’écriture de lettres, des manifestations et des boycotts des nouvelles publications dont le contenu est considéré comme anti-israélien. Un directeur de CNN a dit qu’il reçoit parfois 6 000 courriels en une seule journée pour se plaindre d’une histoire. En mai 2003, le pro-israélien Committee for Accurate Middle East Reporting in America (CAMERA) a organisé des manifestations à l’extérieur des stations de National Public Radio dans trente-trois villes ; il a également essayé de persuader les donateurs de suspendre le soutien au NPR jusqu’à ce que sa couverture moyen-orientale devienne plus sympathique à Israël. La station du NPR de Boston, WBUR, aurait perdu plus d’un million de dollars de contributions suite à ces efforts. D’autres pressions sur la NPR sont venues des amis d’Israël au Congrès, qui ont demandé un audit interne de sa couverture moyen-orientale ainsi que plus de surveillance.

    Le côté israélien domine également les think tanks qui jouent un rôle important dans le façonnage du débat public ainsi que dans la politique actuelle. Le Lobby a créé son propre think tank en 1985, quand Martin Indyk a aidé à créer le WINEP. Bien que le WINEP garde secret ses liens avec Israël, en affirmant qu’il fournit une perspective « équilibrée et réaliste » sur les questions du Moyen-Orient, il est financé et dirigé par des individus profondément engagés dans la progression de l’agenda d’Israël.

    Cependant, l’influence du Lobby se prolonge bien au delà du WINEP. Au cours des 25 dernières années, les forces pro-israéliennes ont installé une présence dominante à l’American Enterprise Institute, au Brookings Institution, au Center for Security Policy, au Foreign Policy Research Institute, à l’Heritage Foundation, à l’Hudson Institute, à l’Institute for Foreign Policy Analysis et au Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA). Ces think tanks formulent peu de critiques du soutien américain à Israël, voire aucune.

    Prenons le Brookings Institution. Pendant de nombreuses années, son principal expert sur le Moyen-Orient était William Quandt, un ancien fonctionnaire du NSC avec une réputation bien méritée d’impartialité. Aujourd’hui, la couverture de Brookings est menée par le Saban Center for Middle East Studies, qui est financé par Haim Saban, un homme d’affaires israélo-américain et sioniste ardent. Le directeur du centre est l’omniprésent Martin Indyk. Ce qui était par le passé un institut de politique indépendant fait maintenant partie du chœur pro-israélien.

    Là où le Lobby a eu la plus grosse difficulté, c’est dans l’étouffement du débat sur les campus d’université. Dans les années 90, quand le processus de paix d’Oslo était en cours, il y avait seulement une légère critique d’Israël, mais elle s’est développée avec l’effondrement d’Oslo et l’accès au pouvoir de Sharon, devenant tonitruante quand Tsahal a réoccupé la Cisjordanie au printemps 2002 et qu’elle a utilisé une force énorme pour maitriser le Deuxième Intifada.

    Le Lobby a agi immédiatement pour « reprendre les campus ». Des nouveaux groupes ont pris naissance, comme la Caravan for Democracy, qui a fait venir des intervenants israéliens dans les universités américaines. Des groupes établis comme le Jewish Council for Public Affairs et Hillel s’y sont joints, et un nouveau groupe, l’Israël on Campus Coalition, a été constitué pour coordonner les nombreux organismes qui cherchent maintenant à aborder le cas d’Israël. Enfin, l’AIPAC a plus que triplé ses dépenses dans des programmes pour surveiller les actions dans les universités et pour former de jeunes avocats, dans le but « d’augmenter énormément le nombre d’étudiants impliqués sur les campus... dans le cadre de l’effort national pro-israélien ».

    Le Lobby surveille également ce que les professeurs écrivent et enseignent. En septembre 2002, Martin Kramer et Daniel Pipes, deux néo-conservateurs passionnément pro-israéliens, ont créé un site internet (Campus Watch) qui affiche des dossiers sur des universitaires suspects et encourage les étudiants à relater les remarques ou les comportements qui pourraient être considérés comme hostiles à Israël. Cette tentative transparente de mettre sur une liste noire et d’intimider les professeurs a provoqué une sévère réaction et Pipes et Kramer ont plus tard enlevé les dossiers, mais le site Internet invite toujours les étudiants à rapporter toute activité « anti-israélienne ».

    Des groupes du Lobby ont fait pression sur des universitaires et des universités particuliers. Columbia a été une cible fréquente, sans aucun doute en raison de la présence du défunt Edward Said dans son corps enseignant. « On pouvait être sûr que toute déclaration publique en soutien aux Palestiniens faite par l’éminent critique littéraire Edward Said récolterait des centaines d’e-mails, de lettres et de compte-rendus journalistiques nous invitant à dénoncer Said et soit à le sanctionner soit à le renvoyer », rapportait Jonathan Cole, son ancien principal. Quand Columbia a recruté l’historien Rashid Khalidi de Chicago, la même chose s’est produite. Ce fut un problème que Princeton a également affronté quelques années plus tard quand il a envisagé de courtiser Khalidi pour qu’il parte de Columbia.

    Une illustration classique de l’effort pour maintenir l’ordre dans le milieu universitaire s’est produite vers la fin 2004, quand le Projet David a produit un film alléguant que les membres du corps enseignant du programme d’études moyen-orientales de Columbia étaient antisémites et intimidaient les étudiants juifs qui se positionnaient pour Israël. Columbia a été sur des charbons ardents, mais un comité du corps enseignant qui a été assigné pour enquêter sur les accusations n’a trouvé aucune preuve d’antisémitisme et le seul incident éventuellement notable était qu’un professeur avait « répondu âprement » à la question d’un étudiant. Le comité a également découvert que les universitaires en question avaient été eux-mêmes la cible d’une campagne manifeste d’intimidation.

    L’aspect peut-être le plus inquiétant dans tout cela, ce sont les efforts faits par les groupes juifs pour pousser le Congrès à établir des mécanismes pour surveiller ce que disent les professeurs. S’ils parviennent à le faire voter, des universités considérées comme ayant une tendance anti-israélienne pourraient se voir refuser un financement fédéral. Leurs efforts n’ont pas encore abouti, mais cela indique l’importance placée sur le contrôle du débat.

    Un certain nombre de philanthropes juifs ont récemment créé des programmes d’études d’Israël (en plus des quelque 130 programmes d’études juifs existant déjà) afin d’augmenter le nombre d’élèves amis d’Israël sur les campus. En mai 2003, l’université de New York (NYU) a annoncé la création du Taub Center for Israël Studies ; des programmes semblables ont été créés à Berkeley, Brandeis et Emory. Les administrateurs universitaires soulignent leur valeur pédagogique, mais la vérité est qu’ils ont en grande partie pour objectif de favoriser l’image d’Israël. Fred Laffer, directeur de la Taub Foundation, indique clairement que sa fondation a financé le centre de NYU pour aider à contrer « le point de vue [sic] arabe » qu’il pense être répandu dans les programmes moyen-orientaux de NYU.

    Aucune discussion sur le Lobby ne serait complète sans examen d’une de ses armes plus puissantes : l’accusation d’antisémitisme. Toute personne qui critique les actions d’Israel ou argue du fait que les groupes pro-Israéliens ont une influence significative sur la politique moyen-orientale des États-Unis – un hommage à l’influence de l’AIPAC – a une forte chance d’être traitée d’antisémite. En effet, toute personne qui affirme simplement qu’il y a un lobby israélien court le risque d’être accusée d’antisémitisme, bien que les médias israéliens fassent référence au « lobby juif » en Amérique. En d’autres termes, le Lobby se vante d’abord de son influence et attaque ensuite toute personne qui attire l’attention sur lui. C’est une stratégie très efficace : l’antisémitisme est quelque chose dont personne ne veut être accusé.

    Les Européens ont été plus disposés que les Américains à critiquer la politique israélienne, ce que certains attribuent à une réapparition de l’antisémitisme en Europe. « Nous arrivons à un point, déclarait l’ambassadeur américain auprès de l’Union Européenne début 2004, qui est aussi abominable que ce qui se passait dans les années 30. » Mesurer l’antisémitisme est une chose compliquée, mais le poids des preuves montrent la direction opposée. Au printemps 2004, quand les accusations d’antisémitisme européen se sont répandues en Amérique, différents sondages d’opinion publique européenne menés par l’Anti-Defamation League basée aux États-Unis et le Pew Research Center for the People and the Press ont constaté qu’en fait il diminuait. Dans les années 30, en revanche, l’antisémitisme était non seulement répandu parmi les Européens de toutes classes, mais était considéré comme tout à fait acceptable.

    Le Lobby et ses amis dépeignent souvent la France comme le pays le plus antisémite d’Europe. Mais en 2003, le chef de la communauté juive française a déclaré que « la France n’était pas plus antisémite que l’Amérique ». Selon un article récent paru dans Ha’aretz, la police française a rapporté que les incidents antisémites avaient diminué de près de 50 % en 2005 ; et cela bien que la France ait la plus grande population musulmane d’Europe. Enfin, quand un juif français a été assassiné à Paris le mois dernier par un gang musulman, des dizaines de milliers de manifestants sont descendus dans les rues pour condamner l’antisémitisme. Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont tous les deux assisté à l’office commémoratif de la victime pour montrer leur solidarité.

    Personne ne nierait qu’il y a de l’antisémitisme parmi les musulmans européens, en partie provoquée par la conduite d’Israël envers les Palestiniens et une partie parce qu’il y a tout simplement du racisme. Mais c’est une question distincte de celle consistant à savoir si oui ou non l’Europe est aujourd’hui comme l’Europe des années 30. Personne ne nierait qu’il reste quelques antisémites autochtones virulents en Europe (comme il y en a aux États-Unis) mais ils ne sont pas nombreux et leurs opinions sont rejetées par la grande majorité des Européens.

    Quand ils sont pressés d’aller au delà de la seule affirmation, les avocats d’Israël prétendent qu’il y a un « nouvel antisémitisme », qui équivaut à une critique d’Israël. En d’autres termes, critiquez la politique israélienne et vous êtes par définition un antisémite. Quand le synode de l’Église anglicane a récemment voté pour désinvestir de Caterpillar Inc. parce qu’il fabrique des bulldozers utilisés par les Israéliens pour démolir les maisons palestiniennes, le Grand Rabbin s’est plaint que cela « aurait des répercussions les plus défavorables sur... les relations entre les Juifs et les Chrétiens en Grande-Bretagne », tandis que le rabbin Tony Bayfield,à la tête du Mouvement de Réforme, disait : « Il y a un net problème d’attitudes antisionistes – à la limite de l’antisémitisme – émergeant de la base et même des catégories au centre de l’Église ». Mais l’Église était simplement coupable de protestation contre la politique du gouvernement israélien.

    Des critiques sont également accusés de mésestimer Israël à un niveau injustifié ou de remettre en cause son droit à exister. Mais ce sont de fausses accusations aussi. Les critiques occidentaux d’Israël ne remettent presque jamais en cause son droit à exister : ils remettent en cause son comportement envers les Palestiniens, tout comme les Israéliens eux-mêmes. Israël n’est pas non plus jugé injustement. Le traitement des Palestiniens par les Israéliens attire la critique parce qu’il est contraire aux notions largement admises des droits de l’homme, au droit international et au principe de l’autodétermination nationale. Et c’est difficilement le seul État à avoir affronté de vives critiques pour ces raisons.

    En automne 2001, et particulièrement au printemps 2002, l’administration Bush a tenté de réduire le sentiment anti-américain dans le monde arabe et de saper le soutien aux groupes terroristes comme Al-Qaida en stoppant la politique expansionniste d’Israël dans les territoires occupés et en préconisant la création d’un État palestinien. Bush avait à sa disposition des moyens de persuasion très significatifs. Il aurait pu menacer de réduire le soutien économique et diplomatique à Israël, et les Américains l’auraient presque certainement soutenu. Un sondage de mai 2003 indiquait que plus de 60 % des Américains étaient disposés à retenir l’aide si Israël résistait à la pression des États-Unis pour régler le conflit, et que le nombre atteignait 70 % parmi « les politiquement actifs ». En effet, 73 % ont dit que les États-Unis ne devraient pas favoriser l’une ou l’autre partie.

    Pourtant, l’Administration n’a pas changé la politique israélienne, et Washington a fini par la soutenir. Avec le temps, l’Administration a également adopté les propres justifications d’Israël sur sa position, de sorte que la rhétorique des États-Unis a commencé à imiter la rhétorique israélienne. En février 2003, un titre du Washington Post résumait la situation : « Bush et Sharon presque identiques sur la politique du Moyen-Orient. » La raison principale de ce changement était le Lobby.

    L’histoire commence en septembre 2001, quand Bush a commencé à inviter Sharon pour qu’il montre de la retenue dans les territoires occupés. Il l’a également pressé de permettre au ministre des Affaires étrangères israélien, Shimon Peres, de rencontrer Yasser Arafat, quoiqu’il (Bush) ait fortement critiqué le leadership d’Arafat. Bush a même dit publiquement qu’il soutenait la création d’un État palestinien. Alarmé, Sharon l’a accusé de tenter « d’apaiser les Arabes à nos frais », en avertissant qu’Israël « ne sera pas la Tchécoslovaquie ».

    Bush était soi-disant furieux d’avoir été comparé à Chamberlain, et le secrétaire de presse de la Maison Blanche a qualifié les remarques de Sharon d’« inacceptables ». Sharon a présenté des excuses, mais il a rapidement réuni ses forces à celles du Lobby pour persuader l’Administration et les Américains que les États-Unis et Israël affrontaient une menace terroriste commune. Des responsables israéliens et des représentants du Lobby ont insisté sur le fait qu’il n’y avait aucune véritable différence entre Arafat et Oussama Ben Laden : les États-Unis et Israël, ont-ils dit, devraient isoler le chef élu des Palestiniens et ne rien avoir à faire avec lui.

    Le Lobby est également allé travailler au Congrès. Le 16 novembre, 89 sénateurs ont envoyé une lettre à Bush en le félicitant d’avoir refusé de rencontrer Arafat, mais en demandant également que les États-Unis ne retiennent pas Israël de représailles contre les Palestiniens ; l’administration, écrivaient-ils, doit déclarer publiquement qu’elle se tient derrière Israël. Selon le New York Times, la lettre « provenait » d’une réunion qui s’était déroulée deux semaines auparavant entre les « responsables de la communauté juive américaine et les principaux sénateurs », en ajoutant que l’AIPAC avait été « particulièrement actif en fournissant des conseils au sujet de la lettre ».

    Fin novembre, les relations entre Tel Aviv et Washington s’étaient considérablement améliorées. C’était grâce en partie aux efforts du Lobby, mais également grâce à la victoire initiale de l’Amérique en Afghanistan, qui a réduit le besoin détecté d’un soutien arabe dans l’affrontement avec Al-Qaida. Sharon s’est rendu à la Maison Blanche début décembre et a eu une réunion amicale avec Bush.

    En avril 2002, des problèmes ont encore éclaté, après que Tsahal a lancé l’opération Bouclier Défensif et qu’il ait repris le contrôle de pratiquement tous les principaux secteurs palestiniens de Cisjordanie. Bush savait que les actions d’Israël endommageraient l’image de l’Amérique dans le monde islamique et mineraient la guerre contre le terrorisme, donc il a exigé que Sharon « cesse les incursions et commence le retrait ». Il a souligné ce message deux jours plus tard, en disant qu’il voulait qu’Israël « se retire sans tarder ». Le 7 avril, Condoleezza Rice, conseiller à la Sécurité nationale de Bush à l’époque, a déclaré aux journalistes : « “Sans tarder” signifie sans tarder. Cela signifie maintenant. » Le même jour, Colin Powell partait pour le Moyen-Orient afin de persuader toutes les parties de cesser de combattre et de commencer à négocier.

    Israël et le Lobby sont entrés en action. Les membres pro-israéliens du bureau du vice-président et du Pentagone, ainsi que des experts néo-conservateurs tels que Robert Kagan et William Kristol, ont mis la pression sur Powell. Ils l’ont même accusé d’avoir « pratiquement effacé la distinction entre des terroristes et ceux qui combattent les terroriste ». Bush lui-même était pressé par des leaders juifs et des évangélistes chrétiens. Tom DeLay et Dick Armey étaient particulièrement francs sur la nécessité de soutenir Israël, et DeLay et le chef de la minorité au Sénat, Trent Lott, se sont rendus à la Maison Blanche pour avertir Bush de ne pas insister.

    Le premier signe que Bush cédait est survenu le 11 avril – une semaine après qu’il ait dit à Sharon de retirer ses forces – quand le secrétaire de presse de la Maison Blanche a dit que le président pensait que Sharon était « un homme de paix ». Bush a répété cette déclaration publiquement au retour de Powell de sa mission ratée, et a indiqué aux journalistes que Sharon avait répondu d’une manière satisfaisante à son appel pour un retrait total et immédiat. Sharon n’avait jamais fait une telle chose, mais Bush ne voulait plus en faire un problème.

    Pendant ce temps, le Congrès se préparait également à soutenir Sharon. Le 2 mai, il a passé outre les objections de l’Administration et a voté deux résolutions réaffirmant un soutien à Israël. (Le vote du Sénat était de 94 contre 2 ; la version de la Chambre des Représentants a été votée par 352 contre 21.) Les deux résolutions affirmaient que les États-Unis « se positionnent comme solidaires d’Israël » et que les deux pays étaient, pour citer la résolution de la Chambre, « maintenant engagés dans une lutte commune contre le terrorisme ». La version de la Chambre condamnait également « le soutien continu et la coordination du terrorisme par Yasser Arafat », qui a été dépeint comme une partie centrale du problème du terrorisme. Les deux résolutions ont été élaborées avec l’aide du Lobby. Quelques jours plus tard, la délégation bipartite du Congrès d’une mission exploratoire sur Israël a déclaré que Sharon devrait résister à la pression américaine pour négocier avec Arafat. Le 9 mai, un sous-comité de dotation de la Chambre s’est réuni pour envisager de donner à Israël 200 millions de dollars supplémentaires pour combattre le terrorisme. Powell s’y est opposé mais le Lobby a soutenu le sous-comité et Powell a perdu.

    En bref, Sharon et le Lobby s’en sont pris au président des États-Unis et ont triomphé. Hemi Shalev, un journaliste du journal israélien Ma’ariv, a rapporté que les collaborateurs de Sharon « ne pouvaient pas cacher leur satisfaction en raison de l’échec de Powell. Sharon a regardé le Président Bush dans le blanc des yeux, se sont-ils vantés, et le président a baissé les yeux le premier. » Mais c’étaient les champions d’Israël aux États-Unis, non Sharon ou Israël, qui ont joué un rôle clé dans la défaite de Bush.

    [Fin de la deuxième partie]  [Lire la première partie]

    Source originale en anglais : lrb.co.uk

    Traduction : ism-france.org

    John Mearsheimer est professeur émérite de sciences politiques à l’université de Chicago et est l’auteur de The Tragedy of Great Power Politics.
    Stephen Walt est professeur émérite des relations internationales à la Kennedy School of Government d’Harvard et est l’auteur du livre intitulé
    Taming American Power : The Global Response to US Primacy.

    http://www.egaliteetreconciliation.fr/Le-lobby-israelien-aux-Etats-Unis-20685.html