
Le Gouvernement est confronté, sur les retraites, à un mouvement de contestation qui ne semble pas près de fléchir, tandis que les mises en examen qui s’accumulent sapent la confiance que la macronie était censée inspirer aux Français en matière de moralisation de la vie politique – un des premiers textes que la nouvelle majorité s’était attelée à faire passer. Mais le nouveau monde élitaire étant surtout constitué de pièces rapportées de l’ancien, il n’est guère étonnant que les affaires s’accumulent. Les événements prennent désormais une tournure défavorable à une majorité dont les relations avec les Français n’en finissent pas de se déliter.

La séquence que nous vivons ces jours-ci peut hélas se prolonger. En cette fin d'année, nos géniaux technocrates et stratèges gouvernementaux auraient quand même pu noter certains points de détail de terrain. Par exemple, le 13e mois des salariés de la SNCF leur étant versé le 15 de ce mois de décembre, ils pourront tenir sans trop souffrir leur perte de rémunération. À la RATP, en cette période hivernale, les frimas rendent tout à fait plausibles des arrêts maladies, techniquement plus pénalisants pour l'organisation du travail que les grèves déclarées 48 heures à l'avance.

Si l'on en croit les déclarations du Premier ministre publiées par le Journal du Dimanche de ce 8 décembre, son gouvernement ne se montre pas encore disposé à faire évoluer son projet toujours flou et contradictoire. Ainsi, dans la nuit où ces lignes sont écrites, et alors qu'on n'a rien su de la réunion interministérielle précipitée par l'Élysée, le pouvoir semble s'accrocher à son concept hyperétatiste de régime universel de retraites. Que celui-ci soit conçu comme plus monopoliste encore que les 42 systèmes cloisonnés qu'il se propose d'abolir, ne devrait échapper à personne.

