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France et politique française - Page 4328

  • La France prend conscience du phénomène des djihadistes français en Syrie

    Alors que le problème est depuis longtemps évoqué ouvertement en Belgique, la France semble avoir pris, ces jours-ci, un peu plus conscience de la menace que sont les djihadistes français partis en Syrie. Leur nombre serait de 700 et ce serait une estimation approximative qu’il faudrait plutôt voir à la hausse. Selon une vidéo, il y aurait même un ancien militaire mais à ce stade il est difficile de dire si c’est vrai et de vérifier les dires de ce djihadiste. Une mère témoignait sur RTL, disant que son adolescente catholique était en train de basculer et qu’elle craignait qu’elle ne parte en Syrie. Ce n’est pas la première à appeler à l’aide l’État. Des parents se sentent impuissants. D’autres ont appris le départ de leurs enfants, une fois que ces derniers furent arrivés en Syrie. Il est alors trop tard.

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  • Bonnets rouges : l’heure de la répression

    Le Système a attendu que l’ambiance se calme un peu pour sévir contre les « Bonnets rouges », ces révoltés bretons, dont les manifestations ont coïncidé avec la série de destruction des portiques écotaxes.

    Onze militants sont ainsi jugés ce mardi au tribunal correctionnel de Rennes pour « association de malfaiteurs » et « destruction » d’un portique écotaxe.
    Huit d’entre eux ont été écroués dans l’attente de leur comparution, a annoncé le parquet dimanche. Ils risquent dix années d’emprisonnement. Une manifestation de soutien s’est déroulée lundi 21 avril 2014 devant le palais de justice de Rennes.
    Toucher le Système n’aime pas qu’on le touche au porte-feuille.

    http://www.contre-info.com/bonnets-rouges-lheure-de-la-repression

  • La France, parc d’attractions « muslim-friendly » ?

    Le château de La Roche-Tinard, ancienne propriété des sœurs franciscaines, vous propose des chambres d'hôtes halal.   

    Vous en avez marre des destinations exotiques ? Les longues files d’attente à l’enregistrement de Roissy ont fini par vous donner des crises d’urticaire ? Vous êtes accro à l’apéro pastis ? Vous ne voulez pas vous priver des joies du « vivre ensemble » mais vous avez envie d’ailleurs à deux pas de chez vous ?

    Ne cherchez plus, nous avons ce qu’il vous faut !

    Dans un parc verdoyant de 4 hectares, le château de La Roche-Tinard, ancienne propriété des sœurs franciscaines, vous propose des chambres d’hôtes halal – « muslim-friendly » – et, que vous soyez musulman ou non, un particulier ou un professionnel, vous y serez le bienvenu.

    On nous le dit, on nous le répète, on nous le rabâche : « Vivre ensemble, c’est merveilleux. » La preuve par le château : « Une terre d’accueil pour des gens qui pourraient ne pas se sentir à l’aise ailleurs », annonce benoîtement la propriétaire.

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  • Européennes 2014: comment le FN espère remporter l'élection

    Le Front national a déjà eu des députés à l'Assemblée nationale, il est déjà parvenu au second tour de la présidentielle, et il a déjà remporté plusieurs mairies lors des élections municipales. Prochaine étape pour le parti de Marine Le Pen: arriver en tête à un scrutin à l'échelle national.

    C'est justement l'objectif que la dirigeante frontiste s'est donné pour les élections européennes du 25 mai. La présidente du FN l'a affirmé le 19 avril lors d'un meeting de soutien à Bernard Monot, tête de liste dans la région Centre-Massif central. Elle le répètera à tous ses candidats, qu'elle réunit ce mardi 22 avril à Paris pour un séminaire de travail qui lancera officiellement la campagne du parti d'extrême-droite.

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  • Laurence Rossignol sort Frigide Barjot du placard

    Lundi soir, Laurence Rossignol, nouvelle secrétaire d’Etat à la Famille, était l’invitée de Ruth Elkrief sur BFM TV. La politicienne socialiste (ex-LCR) restée dans les mémoires pour avoir déclaré que « les enfants n’appartiennent pas à leurs parents » a annoncé son intention de recevoir dans les dix ou quinze jours les représentants de l’UNAF, de la Manif pour tous (LMPT) et de l’Avenir pour tous.

    L’Avenir pour tous ? Cet intitulé pompeux correspond au groupuscule inconnu du grand public dans lequel milite aujourd’hui Frigide Barjot et ses inséparables compagnons Laurence Tcheng et Xavier Bongibault.

    Le PS souhaite-t-il réactiver la fameuse Frigide Barjot jetée par la LMPT ? Laurence Rossignol va de la sorte reconnaître à nouveau Barjot comme une interlocutrice potentielle durant les prochains débats sur la politique (anti)familiale. Faut-il y voir une tactique pour affaiblir Ludovine de La Rochère dont l’absence de charisme la rend fragile à la tête de la LMPT. D’autant que la Manif pour Tous connaît quelques discordes en ce moment, tant concernant ses connivences avec l’UMP qu’à propos de l’intervention de Ludovine de La Rochère au congrès de l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) ce week-end.

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  • Les techniques secrètes pour contrôler les forums et l’opinion publique

    Le 12 juillet dernier, le site Cryptome, sorte d’ancêtre à Wikileaks, qui publie des documents que les gouvernements et les sociétés n’aimeraient pas voir sur le net, a mis en ligne le témoignage et les explications techniques d’un ex-agent de Cointelpro. Cointelpro est une organisation US liée au FBI dont la mission était de faire de la désinformation et de foutre le bordel parmi les groupes d’activistes. Officiellement, Cointelpro a disparu en 71, mais l’organisation a juste changé de noms. Maintenant en plus d’infiltrer de manière classique des groupes d’activistes, cette ou ces organisations gouvernementales officient sur Internet pour enterrer les bad buzz et noyer le poisson sur les forums d’activistes.

    Le 18 juillet, ce témoignage sur Cryptome a été mis en avant sur Slashdot par un contributeur de longue date. Et chose étrange, le post a été censuré. C’est ce qui a attiré mon attention sur le sujet.

    Ce document met au jour toutes les techniques employées par les gouvernements, les désinformateurs, les politiques, etc. sur le net mais aussi dans la vraie vie pour décrédibiliser leurs adversaires et enterrer les sujets sensibles. C’est très orienté US mais ce serait une erreur de croire que ce genre de pratiques n’a pas lieu en France. C’est riche d’enseignement et au fur et à mesure que je lisais le document, je me rendais compte que j’avais déjà été le témoin de ces manipulations. À la télé dans les débats politiques, dans les interviews dans les journaux, mais chose plus troublante dans les commentaires sur mon site ou d’autres ou sur Twitter. Sans tomber dans la parano, je me demande maintenant si certaines personnes qui viennent poster et semer le doute dans certains de mes articles un peu « sensibles » sont juste des trolls qui s’emmerdent ou des agents désinformateurs.

    Suite sur korben.info

    http://www.altermedia.info/france-belgique/

  • Les réalités de la vie en société

    Nous vivons en état de dépendance. Nous dépendons de toutes sortes de conditions particulières – conditions de pays, de race, de famille, de milieu, d’éducation, de santé, d’intelligence, de fortune, car il n’y a pas d’hommes libres et c’est la grande égalité. En outre, dans le cours de notre existence, nous dépendrons de circonstances que nous n’aurons pu ni prévoir ni éviter. Cette dépendance, il importe de l’accepter résolument.

    C’est le premier des héroïsmes…

    Mais si nous sommes, pour une part, en état de dépendance, une autre part de notre vie dépend, au contraire, de nous. Là, notre volonté, notre énergie peuvent, doivent intervenir. Il leur appartient d’augmenter en richesse, en importance, en mérite, le patrimoine de notre vie, comme la culture accroît la fécondité naturelle de la terre.

    Toute vie réclame l’effort, aucune n’est exempte de douleur, bien peu ignorent l’insuccès. L’effort, la douleur, l’insuccès, autant de rencontres où manifester l’étendue de notre valeur.

    HENRY BORDEAUX

    Préface de La Peur de Vivre Plon, 1905

    L’homme est un héritier La première partie de ces extraits montre d’une manière saisissante la dépendance de l’être humain, qu’il soit né dans une chaumière ou sur les marches du trône : « Il n’y a pas d’hommes libres et c’est la grande égalité. » Et en lisant Henry Bordeaux qui insiste sur les contingences qui nous lient, on ne peut que penser à la célèbre définition de Joseph de Maistre : « La patrie est une association, sur le même sol, des vivants avec les morts et ceux qui naîtront. »

    Une société ne peut exister

    sans liens avec son passé.

    Henri Brémond traduisit en 1911 une nouvelle de l’écrivain britannique Margaret Oliphant (1828-1897) A beleaguered City, 1880, sous le titre La Ville enchantée. Les habitants d’une petite ville ont négligé leurs morts jusqu’à les oublier complètement. Une nuit, ces derniers s'emparent de la cité, un sentiment insurmontable oblige les vivants à abandonner leurs maisons et à sortir hors des murs. Les portes de la ville se referment derrière eux et ils ne pourront y rentrer qu’après avoir composé avec leurs ancêtres et avoir accepté leurs commandements. Et Maurice Barrès, dans la préface qu’il donna au travail de l’abbé Brémond, commente le symbole en ces termes : « Gloire à ceux qui demeurent dans la tombe les gardiens et les régulateurs de la cité ! »

    Ne rejoint-on pas ici la pensée d’Auguste Comte ? « Les vivants sont toujours, et de plus en plus, dominés par les morts » (Système de politique positive). Il écrit dans le même ouvrage : « nul ne possède d'autre droit que celui de toujours faire son devoir » et « la soumission est la base du perfectionnement ».

    La vie est un combat

    Mais il faut éviter l’erreur d’un traditionalisme pour qui la complaisance dans le passé ne représente qu’un agréable refuge. « Malgré soi, on est de son siècle », dit Auguste Comte (Plan des travaux scientifiques nécessaires pour réorganiser la société) et il engage l’homme à l’action réfléchie et éclairée : « Régler le présent d'après l'avenir déduit du passé » (Système de politique positive). Henry Bordeaux avait, pour sa part, employé les mots volonté, énergie, effort.

    Nous revenons sans cesse à la conception classique de la vie qu’on retrouve dans les premières pages de Mes Idées politiques : l’homme est un animal politique, un débiteur, un être de devoir qui doit lutter d’émulation au sein de la société comme le poète grec Hésiode le disait au VIIIe siècle avant notre ère dans Les Travaux et les Jours. Victime des idées funestes de Rousseau et du romantisme, l’homme démocratique se réfugie dans l’utopie par peur de vivre.

    GÉRARD BAUDIN L’Action Française 2000 n° 2745 – du 3 au 16 avril 2008

  • Penser le Politique avec Julien Freund (1921-1993)

    Pour Carl Schmitt, « il n’y a pas de politique libérale, il n’y a qu’une critique libérale de la politique ». C’est pourtant un libéral conservateur français qui a été le plus loin dans l’analyse du phénomène politique dans la pensée philosophique contemporaine. Injustement oublié quinze ans après sa mort, Julien Freund, brillant élève de Raymond Aron et de Carl Schmitt, vient de faire l’objet d’une étude de l’historien des idées Pierre-André Taguieff, qui avait antérieurement postfacé la réédition de la thèse et maître livre de Freund : L’Essence du politique.

    Qui est donc ce Julien Freund qui effrayait tant les universitaires bien pensants ? Avant tout un professeur de philosophie politique de l’université de Strasbourg, né en 1921 dans un village mosellan et fondateur de l’Institut de polémologie. Son centre d’intérêt principal : la politique, vue sous l’angle du conflit. Mais cet esprit libre a également parcouru d’autres champs de la philosophie politique : celui de l’étude de la décadence ou celui de la critique de l’égalitarisme, tout comme il a parcouru avec passion les oeuvres de Max Weber, de Nicolas Machiavel et de Vilfredo Pareto.

    Ancien des Groupes francs de Combat animés par Jacques Renouvin, il se délivre progressivement de l’idéalisme allemand par la lecture d’Aristote à la fin des années 1940.

    Politique naturelle

    Défendant une « essence du politique », Julien Freund est comme Charles Maurras (voir la préface de ce dernier à Mes Idées politiques) un tenant d’une politique naturelle dans la grande tradition aristotélicienne et contre les thèses rousseauistes 1. Pour Taguieff, Julien Freund « s’inscrit, à sa manière, dans la tradition originellement aristotélicienne du réalisme politique, à laquelle Weber et Schmitt, puis Aron, ont donné une nouvelle impulsion ». Si Freund s’inscrit dans un sillon intellectuel, c’est bien celui de l’empirisme du Stagirite qui s’oppose à toutes les tentations idéologiques, mères des totalitarismes.

    S’il critique fortement les ravages de l’égalitarisme, Julien Freund s’en prend également légitimement au racisme, « doctrine » qui, selon lui, « ne pouvait voir le jour que dans le contexte idéologique moderne », tout en le distinguant expressément de la xénophobie.

    Qu’est-ce que la politique ?

    La thèse soutenue par Julien Freund en Sorbonne en 1965 sous la direction de Raymond Aron s’intitule comme on l’a dit L’Essence du politique. Selon Freund, il existe trois couples antagonistes qui fondent le politique : la relation commandement-obéissance, la distinction des sphères public-privé et surtout la distinction qu’il emprunte à Carl Schmitt entre l’ami et l’ennemi (entendu comme hostis et non comme inimicus pour reprendre une distinction latine). Freund adhère comme Schmitt au précepte de Clausewitz qui veut que la guerre soit une continuation de la politique par d’autres moyens : « La possibilité, note-t-il dans L’Essence du politique, de trancher en dernier ressort les conflits par la guerre définit justement l’existence politique d’une société. »

    Ces antagonismes permettent à Freund de formuler une définition claire de cette essence du politique : « savoir envisager le pire pour empêcher que celui-ci ne se produise ». Une définition simple qu’il savait pourtant difficile à envisager pour nos contemporains : « Je l’avoue, peu de lecteurs ont essayé de comprendre la portée de ce principe fondamental. La société actuelle est devenue tellement molle qu’elle n’est même plus capable de faire la politique du pire. Tout ce qu’elle me paraît encore de taille à faire, c’est de se laisser porter par le courant. » 2

    La politique ne saurait donc être confondue avec la morale ou l’économie. Elle est une sphère humaine autonome. Là encore, sur ce sujet, Freund se rapproche des conclusions de Maurras, même si son inspiration sur le sujet lui vient de Carl Schmitt.

    Dans les pas de Carl Schmitt

    Julien Freund découvre par hasard l’oeuvre de Carl Schmitt en 1952. Schmitt (1888-1985) vit alors dans une sorte d’exil intérieur, écarté qu’il est de l’université allemande pour ses compromissions avec les nazis entre 1933 et 1942. Julien Freund le rencontre à Colmar en juin 1959. Rencontre décisive comme le montre bien Pierre-André Taguieff qui fait de leur relation intellectuelle l’un des fils conducteurs de son essai.

    Carl Schmitt, c’est le penseur juridique et politique de l’ordre concret (cela convient mieux que l’étiquette de « décisionniste » que lui accole Pierre-André Taguieff) face à la doctrine libérale de son confrère et contemporain autrichien Hans Kelsen. Pour ce dernier, c’est la norme qui prime et fonde une souveraineté de la loi et de la constitution. Pour Schmitt, qui récuse fermement cet « impérialisme du droit », c’est au contraire la décision politique qui est première. « Est souverain celui qui décide de la situation d’exception », écrit-il dans sa Théologie politique.

    En 1972, Julien Freund préfacera la traduction française d’un des textes fondamentaux de Carl Schmitt, La Notion de politique, où le juriste allemand affirme que cette distinction entre l’ami et l’ennemi est le critère du politique, constat qui a tant influencé, on l’a vu, son disciple français.

    Polémologie

    L’oeuvre de Julien Freund met, on l’a dit, l’accent sur la dimension conflictuelle de la sphère politique. Sa lecture attentive du sociologue des conflits Georg Simmel (1858-1918) l’a conduit à s’intéresser de près à la polémologie, dont il donne la définition suivante : « J’entends par polémologie non point la science de la guerre et de la paix, mais la science générale du conflit, au sens du polemos héraclitéen. » Cette prise en compte du conflit comme élément inséparable des phénomènes politiques l’a amené à rejeter le pacifisme comme la négation même du politique et comme un angélisme mortel pour les sociétés humaines.

    Pour Freund, Georg Simmel est celui qui a le mieux « mis en évidence l’apport positif des conflits dans la vie sociale, au sein de laquelle ils renaissent sans cesse sous d’autres formes avec une intensité plus ou moins ravageuse ».

    Totalitarisme

    Pour Freund, le totalitarisme est une forme de domination plus qu’une forme d’État, il s’en est expliqué dans un entretien accordé à Réaction : « Le totalitarisme ne désigne pas une forme d’État mais une forme de domination au sens de la Herschaft de Max Weber. Il vaut donc mieux parler de domination totalitaire que d’État totalitaire. Le totalitarisme n’est pas simplement politique, il est une structure générale de l’État qui contamine non seulement la politique mais aussi l’économique, la religion, l’art, toutes les activités humaines. C’est cela qui permet de définir et de comprendre l’innovation qu’il constitue au XXe siècle. Auparavant il n’y avait pas de forme de totalitarisme sauf, à la limite, l’Islam. » 3

    Plus que dans l’oeuvre de Hobbes, c’est dans celles de Rousseau, d’Hegel et de Karl Marx que Julien Freund voit les prémisses de la pensée totalitaire. Il n’hésitait pas à parler de l’existence d’un « germe totalitaire » dans la démocratie.

    Décadence

    En 1984, Julien Freund publie La Décadence. Loin de se limiter à une étude des pensées de la décadence, il s’attachait à relever les indices mêmes de ce phénomène dans notre société (fruits de la technique et de l’effritement du lien social) : « Nous observons une perpétuelle migration des peuples, une dislocation des familles, la glorification de tous les confusionnismes, la montée d’un individualisme exacerbé, une multiplication des rencontres informelles des gens qui se croisent sur les routes, dans les rues des mégalopoles et sur les stades. » 4 Il s’inquiétait volontiers de l’absence de lucidité de nos concitoyens en la matière : « Le processus de décadence est aussi peu perçu par les contemporains que le déclin de l’antiquité par les générations victimes des invasions barbares. La décadence n’est donc pas comparable à la formation d’un trou noir. C’est plutôt le déclin de structures séculaires au profit de nouvelles structures qui vont apparaître dans un temps indéterminé. » 5 Il se rapproche ici de l’affirmation de Schmitt selon laquelle « le concept d’État présuppose le concept de politique ». L’État nation, la cité antique ou l’empire ne sont pour eux que des structures politiques liées à un temps de l’histoire.

    Postérité

    Julien Freund a creusé un sillon d’esprits libéraux conservateurs au premier rang desquels celui de Chantal Delsol, qui a édité l’étude de Taguieff dans la collection Contretemps qu’elle dirige à la Table ronde. « J’ai admiré chez lui, a-t-elle pu écrire dans Le Figaro, une pensée capable d’accepter avec bravoure la réalité humaine, à une époque où tant de grands cerveaux la fuyaient dans l’espoir insane de devenir des dieux. » 6. Il a de même marqué un autre de ses élèves, l’inclassable Michel Maffesoli. Le GRECE d’Alain de Benoist a tôt saisi l’intérêt de la pensée de Freund, mais l’école d’Action française n’est pas en reste : en témoignent les deux entretiens accordés peu de temps avant sa mort par l’auteur de L’Essence du politique à la revue maurrassienne Réaction, entretiens que mentionne Taguieff dans son essai.

    Pour Taguieff, qui partage les idées de Freund sur la mort de l’idée de Progrès (sauf dans la bouche de nos hommes politiques) et sur l’effacement de l’avenir, celui-ci a « bien aperçu, dès les années 1970, que si les penseurs réalistes du politique étaient redécouverts à la fin du XXe siècle, c’était sur les ruines des utopies de "l’homme nouveau", de la société parfaite et de "l’avenir radieux". Bref, sur les ruines des croyances progressistes. » Freund, père des "nouveaux réactionnaires" ? Freund, terreur des intellectuels droits-de-l’hommistes ? Dans un certain sens c’est probable. Pour Taguieff, en tout cas, il y a du Bernanos en Freund, ne serait-ce que cette commune volonté de « scandaliser les imbéciles ».

    Pour sa critique de l’égalitarisme, du pacifisme et du totalitarisme, il est donc urgent de relire Julien Freund, comme il faut continuer à lire Michel Villey, Marcel De Corte, Jacques Ellul ou François Furet. Ces esprits de premier ordre ont sauvé, par temps de marxisme triomphant, l’honneur de l’université. Leur fréquentation régulière est autrement plus intéressante que les petits maîtres kantiens qui polluent la Sorbonne et parfois les ministères.

    PIERRE LAFARGE L’Action Française 2000 n° 2745 – du 3 au 16 avril 2008

    * Pierre-André Taguieff : Julien Freund – Au coeur du politique. La Table ronde, 158 p., 18 euros.

    1 À noter à ce sujet la récente publication du Contre Rousseau de Joseph de Maistre (Mille et une nuits, 96 pages, 3 euros).

    2 Entretien avec Jean-Pierre Deschodt in Réaction n°12, hiver 1994.

    3 Entretien avec François Huguenin

    et Philippe Mesnard in Réaction n°4, hiver 1992.

    4 Entretien avec J.-P. Deschodt.

    5 Idem.

    6 « Un philosophe contre l’angélisme », Le Figaro, 19 février 2004.