Les princes qui ne peuvent avoir raison de leurs adversaires politiques par le poids de leurs arguments et qui n'osent user directement de la force sont tentés de se servir de la justice pour les éliminer. Ce fut le cas du Second Empire, régime issu d'un coup d'État, et, plus récemment, de l'Épuration qui profita, elle aussi, d'un changement de régime brutal. C'est dire si les procès politiques d'aujourd'hui entrent dans une logique de guerre civile.
Le procès de Versailles n'est pas une procédure isolée dans notre France contemporaine. Les avatars de la loi Pleven revue à la hausse par le communiste Gayssot entraînent en effet chaque année des cohortes de journalistes et de quidams réputés mal pensants devant les tribunaux : et ce pour des motifs toujours plus subjectifs. Le but, on peut le craindre, étant de légitimer à terme les procès d'intention fondés sur le seul délit d'opinion.
Cela, pour autant, est-il nouveau dans notre beau pays ? Non. Nous comptons quelques précédents historiques dus à ces alliances réputées pourtant contre nature entre le pouvoir et les juges; c'est toute l'histoire de l'hypocrisie politique, celle des régimes prétendument démocratiques et libéraux qui s'arrangent toujours pour tripatouiller la loi et la justice afin de se débarrasser des adversaires gênants, surtout lorsqu'il paraît évident qu'on ne peut les combattre par les urnes.
Nous avons ainsi, dans notre passé proche, une période qui peut servir de référence : c'est l'immédiat après-guerre. Double référence, car, d'une part, ce qui s'est alors passé semble tenir lieu de modèle à nos réformateurs sur le plan technique, d'autre part nous avions de sérieuses leçons à en tirer quant aux conséquences. François Brigneau a traité cela avec tout le talent qu'on lui connaît dans son cahier consacré au Racisme judiciaire. Il y détaille minutieusement la mise en place par le général de Gaulle et son ministre de la Justice, le communiste Marcel Willard, de toutes ces nouvelles structures - les Chambres civiques, notamment - appelées à constituer « une appréciable amélioration de notre arsenal répressif ». Couvert par l'urgence de la nécessité et la nécessité de l'urgence, le premier gouvernement gaulliste accouche de cette petite merveille qu'est l'ordonnance du 29 août 1944. Il faut rappeler ici le parcours du ministre Willard : avocat, communiste pur et dur depuis l'adolescence, ardent défenseur du pacte germano-soviétique en 1939 et même défenseur des députés communistes déchus de la nationalité française et traduits devant le Tribunal militaire début de l'année 1940, il est donc intronisé par de Gaulle « patron de la nouvelle justice ».
Légalité républicaine
C'est ainsi que Willard a l'idée d'instituer un délit sans délit à caractère rétroactif. L'ordonnance stipule : « Tout Français qui, même sans enfreindre une loi pénale existante, s'est rendu coupable d'une activité antinationale caractérisée s'est déclassé : il est devenu un citoyen indigne dont les droits doivent être restreints dans la mesure où il a méconnu ses devoirs ». C'est l'ouverture de la voie royale vers l'épuration et la guerre civile par la légalisation de l'arbitraire. Willard ne s'en biche pas qui écrit : « le système de l'indignité nationale ne trouve pas sa place sur le terrain de l'ordre pénal proprement dit : il s'introduit délibérément sur celui de la justice politique où le législateur retrouve son entière liberté et plus particulièrement celle de tirer, à tout moment, les conséquences de droit que comporte un état de fait. » Cela, et il n'en est pas fait mystère, vise purement et simplement à éloigner les gêneurs : « ce principe d'égalité devant la loi ne s'oppose pas à ce que la nation fasse le partage des bons et des mauvais citoyens, à l'effet d'éloigner des postes de commandement et d'influence ceux des Français qui ont méconnu l'idéal et l'intérêt de la France au cours de l'épreuve la plus douloureuse de son histoire ».
En vertu de quoi furent écartés tous les adversaires gênants (il y en avait d'ailleurs de tous bords politiques). Citons Paul Faure de la SFIO (Section française de l'internationale ouvrière), Jean-Louis Tixier-Vignancour, ancien monarchiste ou Clamamus, le député communiste de la Seine, trois noms parmi la centaine de parlementaires rendus inéligibles pour avoir voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain (les sept-huitièmes de la Chambre avaient voté oui).
Se flattant de rétablir la légalité républicaine, de Gaulle fit de l'arbitraire la norme légale et prit donc prétexte du changement de régime pour faire le ménage. Aujourd'hui, sans changement de régime - à moins qu'on n'ait omis de nous en avertir - on prononce l"'indignité nationale" pour des faits qui, au pire, relèvent de la simple contravention. À l'évidence, l'ordonnance de 1944 - « tout Français qui, sans même enfreindre une loi pénale existante », etc - est encore en application. À cette nuance près qu'il convient de remplacer l'expression « coupable d'une activité antinationale » par « coupable d'une activité nationaliste ». Pour autant, les censeurs n'ont pas changé : militants de l'internationale communiste avant la guerre, ils étaient devenus, après la guerre, épurateurs au nom de la nation. Cinquante ans après, ils combattent le nationalisme au nom du mondialisme ... Les mots changent mais les méthodes demeurent.
Marie-Claire ROY National Hebdo du 19 au 25 novembre 1998
France et politique française - Page 4782
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Vers l'indignité nationale ? (arch 1998)
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Selon un journal suisse Manuel Valls aurait des comptes en Suisse
alterinfo.net: Selon le journal suisse La Côte (www.lacote.ch/fr, article payant), le ministre de l’Intérieur français Manuel Valls et futur premier ministrable déclaré et déjà adoubé par tous les médias de l’hexagone aurait un ou plusieurs comptes bancaires dans des banques helvétiques. Manuel Valls (de mère Suisse italienne) aurait plusieurs comptes bancaires en Suisse selon des anciens de la diplomatie américaine ayant travaillé à l’ambassade américaine de Genève sous l’ère Mitterand (je donne ce détail car il est très important, les rapports de la DGSE sur le bureau de Hollande en attestent). Maintenant on comprend mieux pourquoi Valls a ordonné de mettre le feu aux banlieues parisiennes avec ses équipes de “crânes rasés” de la LDJ-extrême droite juive sioniste à la mode b’nai b’rith.
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Journal hebdomadaire de Voix de la Russie — 12 aout 2013
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Emmanuel Ratier Les citoyens français payent le prix de la politique anti-iranienne de Paris
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Abolir la pénurie planifiée des taxis
C'est faire beaucoup d'honneur à la situation de contrôle étatique et de limitation malthusienne de la profession de taxis que de la qualifier de "corporatiste".
En effet la rente de situation conférée par l'octroi au compte-gouttes des licences profite d'abord à quelques grosses compagnies qui en détiennent le maximum. Elle semble convenir à la CGT qui en contrôle quelques attributions. Ce syndicat s'oppose à l'augmentation du nombre de professionnels, et réclame simplement la requalification du contrat de "location" et l'application des lois sur la durée du travail incorporant le temps d'attente du salarié qu'elle n'obtiendra jamais, et qui n'aboutirait qu'à aggraver encore la situation.
Celle-ci perdure surtout au détriment des chauffeurs en général et des artisans en particulier, et bien évidemment du consommateur qui paye trop cher un service trop rare.
Dès 1959 le rapport Rueff s'indignait déjà de ce que "la limitation réglementaire du nombre des taxis nuit à la satisfaction de la demande et entraîne la création de situations acquises, dont le transfert payant des autorisations de circulation est la manifestation la plus critiquable".
Depuis, pratiquement rien n'a vraiment changé malgré de nombreuses propositions. La crise la plus spectaculaire vint de la commission Attali en 2008. La réforme alors envisagée, maladroitement proposée, provoqua une protestation et une grève qui aboutit à la première reculade de la présidence Sarkozy.
En mai 2008 un accord entre le ministère de l'intérieur et les organisations de taxis fixait de façon officielle un numérus clausus à moins de 52 000 sur toute la France. À peine allait-on en créer 300 supplémentaires par an à Paris, où le nombre prévu pour 2012 soit 20 000 resterait inférieur à celui de 1920, soit 25 000. Entre-temps l'agglomération desservie et les fonctions même du métier ont évidemment accru les besoins, notamment les liaisons avec les aéroports et le transport des malades, objet d'un conflit avec la sécurité sociale.
Le cadre législatif et réglementaire actuel fixé par une loi de 1995 crée pourtant un principe juste et sain, conforme aux principes du marché unique : le certificat de capacité professionnelle ouvert, après un stage d'adaptation ou épreuve d'aptitude, aux ressortissants des États membres de l'Union européenne.
Mais ce diplôme reste complètement marginalisé par rapport à la "licence" : ce dernier document, purement administratif et arbitraire, n'est en droit qu'une autorisation de stationnement. Instrument de la pénurie planifiée, elle est délivrée pour chaque ville par le préfet du Département, représentant du pouvoir central.
Cette limitation engendre :
- l'insupportable situation des "locataires", contraints de verser 100 euros par jour aux détenteurs de licence. Salariés de fait, ils ne bénéficient en droit d'aucune protection. Leurs charges se répercutent ainsi sur le prix de la course.
- la revente à des prix exorbitants : les spécialiste mentionnent une "valeur" de 240 000 euros à Paris, de 400 000 dans certaines villes du Sud de la France.
- l'apparition, dans presque toutes les villes, de "faux taxis", les uns tout simplement clandestins, les autres attributaires du statut de VTC "véhicules de tourisme avec chauffeur" privés du droit de stationnement.
- le développement de modes concurrentiels comme le taxi moto, le vélotaxi, en attendant l'avènement du pousse-pousse.
Cette anarchie vient de l'État : les municipalités doivent prendre la liberté d'y mettre un terme en abolissant, en rachetant éventuellement sur une base raisonnable, ces rentes de situation nuisibles à la vie urbaine.
JG Malliarakis http://www.insolent.fr/
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Un an ça suffit !
Il a été élu par seulement 32% des Français en âge de voter,
Il est incapable de résoudre les problèmes de notre pays,
Il est devenu le champion du chômage,
Il n’a pas le commencement d’un début de solution pour résoudre la crise économique sans précédent qui s’abat sur notre pays,
Il pense faire des économies en nous accablants d’impôts,
Il ridiculise la France et les Français dans tous ses voyages à l’étranger et reçoit la palme d’or de la Gaffe,
Il préfère imposer aux Français des réformes de société idéologiques comme le mariage homosexuel que d’attaquer de front les vrais problèmes,
Il n’hésite pas à employer la force pour faire taire l’opposition,
Il espère réduire l’insécurité en laissant les criminels de toutes sortes en liberté,
Il croule, lui et son gouvernement, sous les scandales et la corruption,
Il fait entretenir sa maîtresse aux frais des Français qui tombent de plus en plus dans la précarité,
Il se fiche totalement des Français et ne songe qu’à assurer sa place au pouvoir en accordant le droit de vote aux étrangers,
Il s’est fait huer par une majorité de spectateurs lors de sa parade sur les Champs Elysées,
Il n’a que 2% des Français qui lui sont très favorables, après seulement un an de pouvoir,
http://fr.altermedia.info/atteinte-aux-libertes/un-an-ca-suffit_50159.html
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François Duprat par Emmanuel Ratier - Méridien zero
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Reprise économique ? Une hirondelle ne fait pas le printemps !
COMMUNIQUÉ de presse de Jacques MYARD, Député UMP, Président du Cercle Nation et RépubliqueL'annonce d'une croissance de 0, 5 % au 2ème trimestre est une bonne nouvelle pour notre pays, personne ne peut le regretter. Toutefois gardons-nous de chanter victoire car il apparait clairement que ce sursaut n'est que conjoncturel et le résultat d'une reprise de la consommation des ménages.Le beau temps a poussé la consommation et les ménages ont puisé sur leur épargne mais leur pouvoir d'achat est en baisse constante ; mais surtout le niveau toujours atone des investissements est inquiétant et traduit la réalité de l'économie victime de la politique d'austérité de Bruxelles et Francfort.La réalité est bien là et n'a rien à voir avec la méthode Coué entonnée à l'envie par le gouvernement. L’annonce d'une nouvelle augmentation des cotisations sociales va doucher l'optimisme béat de Bercy.Et Godot attend toujours les réformes de structures !Il n'y aura pas de reprise sans changement radical de politique économique qui privilégie les investissements y compris grâce à des avances directes des banques centrales aux États pour investir et grâce à une baisse durable de l'euro via à vis du dollar et du yen pour pousser nos exportations !En attendant le chômage ne fera que croître et embellir les troubles sociaux... -
L'Europe est-elle possible ? (2010)
LE MESSAGE UNIVERSEL DE LA FRANCE ET CELUI NON-UNIVERSEL DE L'ALLEMAGNE
Deux pays en Europe ont, à travers leurs histoires respectives, produit deux messages très différents destinés au reste du monde : la France et l'Allemagne. Quels sont-ils ?
En effet, un pays ou un peuple représente une idée au sens hégélien du terme, donc aussi un message.
Celui de la France se veut universel : « nous sommes tous égaux », issu de la Révolution, basé en reprenant le vocabulaire nietzschéen sur le ressentiment de celui qui a été considéré comme inférieur par une noblesse française qui fut l'incarnation même de la morgue, du mépris, de la distance et de la différenciation ; noblesse qui par son mode de, vie, son raffinement donna le ton au reste de l'Europe. Le Tiers-État français décréta de façon juridique l'égalité entre les hommes, comme le peuple juif pendant sa période d'esclavage avait créé une religion où les hommes étaient égaux devant un Dieu miséricordieux. Les Français y crurent d'autant plus qu'en France on considère ce qui est défini juridiquement comme le vrai. Ce message, au départ fondé sur une égalité sociale dans un même pays ou une même nation, se prolongea pour aboutir à une égalité universelle entre les hommes. Après la parenthèse de la période coloniale (temps pendant lequel la France avait cessé de se penser en Europe après la défaite des armées de Napoléon 1er et celle de Sedan en 1870), où l'idée de la supériorité de l'homme blanc sur l'indigène semblait aller de soi, on assista à un renforcement du discours égalitaire sur l'homme, fondé en grande partie sur un complexe de culpabilité issu d'une décolonisation mal vécue.
Comme le Tiers-État français, pour des raisons évidentes fut réceptif à ce discours, les peuples du tiers-monde considérés comme inférieurs pour des raisons diverses, ne purent qu'accueillir avec enthousiasme cette idée qui existait déjà dans certaines religions faites pour les malheureux, mais formulée ici de façon laïque. La force du nombre, qui est celle des masses, a donc donné à la France ce rayonnement à bon compte, qui ne pouvait d'ailleurs que réussir par sa démagogie.
Comme corollaire, l'aboutissement de ce message universel est la destruction du peuple français, puisqu'il rejette en lui-même toute différenciation entre les hommes.
Pour la gauche française qui se veut la plus porteuse de cette idéologie, la finalité de la France est sa propre destruction (illustrée artistiquement par le défilé de J.C. Goude sur les Champs-Elysées pendant le bicentenaire de la Révolution). Nous avons là un raisonnement purement ethnocentrique puisque, si le peuple français est détruit, rien n'implique la destruction des autres peuples, ceci en dépit d'un nombrilisme inhérent à certains Français de gauche, pour qui l'Histoire du monde se fait à Paris.
Cette destruction de nos jours s'opère à deux niveaux. Par le haut : l'intégration européenne, donc la perte de souveraineté nationale sur le plan institutionnel et par le bas : une immigration massive de populations allogènes.
À l'inverse, le message qu'a produit l'histoire et la culture allemande est tout autre : « nous sommes les meilleurs ». Ce discours est celui de l'aristocratie. Il s'est mué au niveau d'un peuple. Il est, par nature, non démagogique et ne peut que déplaire au reste du monde. Le National-Socialisme a représenté sa forme la plus extrême puisqu'un simple ouvrier allemand pouvait se considérer supérieur en s'identifiant intégralement à son peuple par essence supérieure aux autres. Cette idéologie de la différenciation conduit à une sur protection de son peuple vis-à-vis de l'inférieur et l'Allemagne même aujourd'hui, possède une véritable forteresse institutionnelle de préservation.
La France, par sa politique auto-destructrice, peut devenir un danger, non seulement pour l'Allemagne, mais aussi pour l'Europe toute entière. Elle risque d'être un îlot d'Afrique, de l'Islam ou du tiers-monde sur le continent européen. Ces questions actuellement non abordées, encore moins élucidées, vont un jour être au coeur des problèmes entre pays européens.
En France, on n'a jamais autant parlé d'Europe, au fur et à mesure qu'elle se peuple de non-Européens à la différence d'autres pays et surtout de ceux de l'Europe de l'Est avec une population et un nationalisme intacts.
La plupart des autres pays d'Europe, sans passé colonial, n'ont aucune raison objective d'accepter le comportement suicidaire qui est celui de la France.
Il ne pourra en résulter qu'une fausse union européenne ou alors on reviendra à l'Europe des Nations du XIXème siècle où les pays européens (en dehors de la France) chercheront leur préservation et leur intérêt national avant tout.
Patrice Gros-Suaudeau -
Et maintenant voici la crème anti-rides, produit des fœtus avortés ! (2010)
Avec l'allongement de la durée de la vie, le laboratoire Neocutis et sa nouvelle crème anti-rides ont de beaux jours devant eux. Malgré la concurrence, car cette crème utilise un composant à l'efficacité redoutable (nous dit-on) : une protéine provenant de cellules de peau fœtale. Des chercheurs du service gynécologie-obstétrique du CHU de Lausanne avaient en effet constaté que les fœtus opérés in utero naissaient ensuite sans aucune cicatrice. La peau des fœtus a donc des propriétés régénératrices - encore une merveille de la nature qui ne pouvait laisser les chercheurs indifférents. C'est ainsi qu'une mère fut convaincue de faire don à la science du fœtus dont elle voulait se débarrasser. Il ne s'agissait ; après tout, que de donner son « contenu utérin » (qui a dit bébé ?), destiné aux poubelles d'une clinique, à un laboratoire spécialisé dans les soins pour les graves affections cutanées... et accessoirement, les crèmes de beauté. C'est bien là le hic. Car utiliser des cellules de peau prélevées sur le fœtus avorté, puis cultivées et multipliées, afin de guérir des grands brûlés par exemple, beaucoup n'y trouveront rien à redire. Mais faire de telles recherches pour créer un produit miracle, voilà qui passe moins bien. La nouvelle crème de la société Neocutis est donc en butte à l'opposition virulente des associations pro-vie américaines, notamment Children of God for Life, qui tente d'organiser un boycottage de tous les produits Neocutis, et propose notamment aux laboratoires n'utilisant pas le morbide composant de leur faire une publicité gratuite.
Bien évidemment, l'homme à l'origine de ce projet, Patrick Hohlfeld, annonce que les bénéfices liés à la vente de sa crème serviront à des recherches plus nobles, ce qui suffit à couper la chique à d'éventuels détracteurs français. La France est pourtant le pays où l'on s'attend le moins à ce que l'utilisation mercantile de cellules humaines ne provoque pas de réaction, puisque officiellement tout don d'organe ou de cellule doit être gratuit. C'est le cas du don d'ovocytes par exemple. Mais ce don d'ovocytes rémunéré dans d'autres pays européens est approuvé officieusement par le gouvernement. Roselyne Bachelot elle-même reconnaissait sur le plateau d'une émission d'information de M6 que la Sécurité sociale remboursait bien les voyages à l'étranger et les soins reçus par des femmes désirant un don d'ovocyte, difficile à obtenir en France... L'hypocrisie est patente.
L'hypocrisie, en somme, est à tous les étages, car même ceux qui peuvent être un peu titillés par l'aspect commercial de l'affaire ne trouvent en général rien à redire quant à la provenance de la protéine régénératrice miracle. Pourtant, c'est un pas de plus qui est fait dans les avortoirs avec ce recyclage des déchets. C'est une façon de banaliser encore davantage l'avortement et de le rendre juteux puisqu'il devient source de profit pour des laboratoires conduisant des recherches à visée prétendument humanitaire. L'hypocrisie, ou l'inconscience, vient de ce que le seul principe plus ou moins universel, dans une société sans repères moraux, soit que la fin justifie les moyens, ce qui est radicalement contraire à tout ce qu'enseigne la morale traditionnelle. On autorise donc un « mal pour un bien », en l'occurrence l'utilisation d'un fœtus qui transforme un avortement en aubaine, pour créer des crèmes médicaments. Mais quand le même procédé permet un commerce, force est de constater que le mal nécessaire ne débouche que sur un autre mal.
Fabienne BALLARIN. Rivarol du 30 avril 2010
