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France et politique française - Page 4785

  • Démocratie représentative ou démocratie organique

     

    Ma dernière chronique avait brossé un schéma des causes et des conséquences de la situation actuelle et proposé des réformes fondamentales pour sortir du régime des partis politiques et de la principale cause du désastre : le libéralisme économique, instauré en 1789, qui a cassé les structures naturelles de la société. Je voudrais approfondir quelques points évoqués à propos du concept GaucheDroite, de Simone Weil et des partis politiques, de Sieyès et Rousseau face au mandat représentatif, enfin de Pétain et de Gaulle.

     

    Tout le monde se rend bien compte que les concepts de gauche et de droite n’ont plus de sens. Et cependant inconsciemment, on se positionne toujours dans un de ces camps, qui correspondent à deux idéologies : le libéralisme et son antidote, le socialisme, classification qui correspond aux partis politiques. On n’imagine pas de se situer autrement.

     

    J’entendais dans un débat récent, l’un des participants reprocher à l’autre qui présentait une candidature de droite, hors des partis, de diviser la droite. Certains rêvent encore d’une union des droites. La politique devient ainsi un jeu d’opposition permanente entre deux idéologies qui ont accompagné la naissance des partis et leurs conséquences : l’abolition des États et des frontières, des monnaies, la libre circulation des hommes et des marchandises, le dogme du marché avec la concurrence et le prêt à intérêt comme principes directeurs, la dette généralisée, l’industrialisation de tous les secteurs de productions, de l’agriculture au commerce, l’emprise de l’État, la croissance sans règles, la financiarisation de l’économie, le chômage, la pauvreté…

     

    Or, devant les désastres de la mondialisation, on assiste à la résurgence de concepts qui ont débouché sur des totalitarismes. J’entendais récemment des hommes politiques de la droite populaire envisager comme remède un nationalisme libéral, qui ne manquera pas de susciter la réaction d’un national socialisme aux multiples visages.

     

    Alors, je vous en supplie, sortez de ce classement gauche/droite. Ce n’est pas notre famille. C’est un concept diviseur qui contient les germes de la guerre, de l’opposition systématique entre citoyens, alors que la vie sociale, la vraie vie de tous les jours est beaucoup plus complexe. Sortez de ce système des partis politiques, dont la nocivité était déjà bien perçue sous la IIIe République. On s’est souvent gaussé de la formule « Travail, Famille, Patrie ». On trouve cette référence dans une directive de Jules Ferry aux enseignants. Ce sont les trois valeurs fondamentales de l’organisation sociale et la base de tout un programme. On en débattait dans des cercles républicains, dans des clubs de réflexion, dès avant le désastre de 1940. La grande crise des années 30 avait engendré de tels ravages avec la lutte des classes, le chômage, le prolétariat, qu’il fallait retrouver un régime qui unit et non qui divise. La doctrine sociale de l’Église allait dans ce sens de l’union des classes

     

    Le débat allait continuer à Londres, comme à Vichy. D’autant plus que le Président Albert Lebrun avait confié au Maréchal Pétain, président par intérim, la mission de rédiger une nouvelle constitution par l’article unique de la loi constitutionnelle du 10 juillet 1940, qui fut votée par 569 députés et sénateurs réunis :

     

    « L’Assemblée Nationale donne tous pouvoirs au gouvernement de la République, sous l’autorité et la signature du Maréchal Pétain à l’effet de promulguer par un ou plusieurs actes une nouvelle Constitution de l’État français. Cette nouvelle constitution devra garantir les droits du Travail, de la Famille et de la Patrie.

     

    Elle sera ratifiée par la nation et appliquée par les Assemblées qu’elle aura créées. »

     

    Ainsi, le Maréchal, dépositaire temporaire du pouvoir légitime, confia cette rédaction à des juristes, qui mirent en valeur ces trois fondamentaux naturels de la société. Le projet regroupait le Sénat avec le Conseil économique et social. Il donnait ainsi des pouvoirs aux professions face à une Assemblée des partis qu’ils maintenaient cependant. Ce dont on peut en discuter.

     

    Pour la petite histoire, il rédigea un préambule, qui énonce en 116 articles les Principes de communauté, dont le premier stipule :                  «  L’homme tient de la nature ses droits fondamentaux, mais ils ne lui sont garantis que par les communautés qui l’entourent : la Famille qui l’élève, la Profession qui le nourrit, la Nation qui le protège. »

     

    C’est l’esprit de la doctrine sociale de l’Église, qui avait inspiré les auteurs du projet. Le Maréchal sollicita l’avis du pape Pie XII, qui l’amena à modifier ce texte en remplaçant « la » par « sa » nature.

     

    Ce projet devait être présenté aux Chambres à nouveau réunies, ce qu’il fit le 19 août 1944, en adressant le projet 8 bis aux deux présidents Jeanneney et Herriot. Des éléments gaullistes emprisonnèrent le général Brécard, Grand-Chancelier de la Légion d’Honneur, second personnage de l’État, chargé par le Maréchal de faire la transition et de restituer la légitimité aux Chambres.

     

    Et le Général de Gaulle, malgré son discours de Bayeux, hostile aux partis, engagea la France sur une autre voie. Il ne put représenter son projet qu’en 1969, sans succès d’ailleurs.

     

    Mais je reviens aux cercles de Londres qui, en 1942 – 1943, réfléchissaient à une profonde réforme de nos institutions; remettant en cause les partis politiques, nés après la suppression des corps intermédiaires professionnels. Simone Weil, la philosophe, rédige en cinquante pages une Note sur la suppression des partis politiques, qu’André Breton préfacera et qu’avec Alain, ils qualifièrent comme une des plus pénétrantes analyses de l’auteur. Elle ne paraîtra qu’à Paris en 1950; les éditions Climats l’ont rééditée en 2009, mais on en a peu parlé dans une classe politique dominée justement par les partis.

     

    Pour Simone Weil, le système des partis (la démocratie représentative) aboutit inéluctablement au totalitarisme : « L’idée de parti n’était pas inscrit dans la conception politique de 1789 [tiens ! tiens !], sinon comme mal à éviter… Mais il y eut le Club des Jacobins… C’est l’aspiration du parti à rester seul, à éliminer les autres partis, en détenant la majorité… (p. 23) ». Une voix suffit.

     

    Déjà Jean-Jacques Rousseau avait émis quatre conditions très strictes au bon fonctionnement de la démocratie : la taille, la simplicité des mœurs, l’égalité dans les rangs et les fortunes, la renonciation au luxe.

     

    Simone Weil explique (p. 29) : « Le véritable esprit de 89 consiste à penser, non pas qu’une chose est juste, parce que le peuple le veut, mais qu’à certaines conditions le pouvoir du peuple a plus de chances qu’aucun autre vouloir d’être conforme à la justice ». Et elle y met de suite deux conditions : « la première, c’est qu’au moment où le peuple exprime son vouloir, il n’ait aucune passion collective. La seconde c’est que le peuple s’exprime sur les problèmes de la vie publique et non sur le choix d’une personne, d’un candidat (pp. 30 – 32) ».

     

    Simone Weil constate que depuis 1789, nous n’avons jamais eu rien de tel : « On peut énumérer trois caractères essentiels du parti politique : c’est une machine à fabriquer de la passion collective. C’est une organisation construite de manière à exercer une pression collective sur la pensée de chaque membre. L’unique fin de tout parti est sa propre croissance (p. 35) ». Tout est dit.

     

    Il est surprenant qu’aucun historien ou philosophe – à droite ou à gauche – ne se soit appesanti sur ce document.

     

    Quant à Jean-Jacques Rousseau, il avait déjà formulé, deux siècles auparavant, de sérieuses réserves sur la délégation de pouvoir avec le mandat représentatif émis par l’électeur. Sieyès, qui en était un ardent partisan, était catégorique sur le mécanisme du mandat représentatif dans le système révolutionnaire des partis : « les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet état représentatif, ce serait un état démocratique. Le peuple, dans un pays qui n’est pas une démocratie, (et la France ne saurait l’être) ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants ».

     

    Dès lors, « tout mandat impératif, est nul » (art. 27 de la Constitution de 1958).

     

    Jean-Jacques Rousseau a bien vu tous les défauts du système. On lui a attribué à tort la paternité du mandat représentatif et de la souveraineté nationale. Pour lui, ce qui approche le plus de la volonté générale est le vote direct qui se pratique de façon idéale dans de petits États.

     

    Certes, il a condamné les régimes absolus et les verrous qui doivent sauter, comme 1) la monarchie de droit divin, – car pour lui le pouvoir vient de l’homme et du citoyen – ainsi que 2) le pouvoir individuel et le régime parlementaire représentatif qui donne un blanc-seing au député : le peuple ne donne, dit-il, ni ambassades, ni charges,  ni pensions (Contrat social, chapitre II,3). »

     

    Mais c’est Olivier Kraft, qui, dans La Politique de Rousseau (Godefroy de Bouillon, 1998) cite Rousseau qui est d’une clarté éblouissante : « La souveraineté ne peut être représentée… les députés ne sont donc pas et ne peuvent être ses représentants; ils ne sont que ses commissionnaires : ils ne peuvent rien conclure définitivement ».

     

    Le régime parlementaire est ainsi une spoliation du pouvoir du citoyen : « À l’instant qu’un peuple se donne des représentants, il n’est plus libre, il n’est plus (Contrat social, chapitre III,15) ». Pour faire bonne mesure, il explique : « Cela [la députation] a son mal et son bien, mais le mal l’emporte. Le législateur en corps est impossible à corrompre, mais facile à tromper. Ses représentants sont difficilement trompés, mais aisément corrompus et il arrive rarement qu’ils ne le soient pas (Gouvernement de Pologne, ch. 7). » C’est à l’occasion de l’envoi d’une délégation  en Pologne que Rousseau va préciser ce qu’il pense du mandat impératif qu’il préconise : « Les nonces doivent à leur retour rendre compte de leur conduite ».

     

    Et Rousseau en arrive à l’instauration d’un pourcentage de voix pour créer la loi selon l’objet de cette loi. « Il n’y a qu’une seule loi qui par sa nature exige un consentement unanime : c’est le pacte social. Plus les délibérations sont importantes et graves, plus l’avis qui l’emporte doit approcher de l’unanimité; l’autre, que plus l’affaire exige de célérité, plus on doit resserrer la différence prescrite dans le partage des voix. [Jean-Jacques serait outré de voir le traité de Maastricht ratifié à 1% de majorité.] Quant au vote de la constitution, tout abandon de souveraineté nécessite près de 100 %, en réalité 90, 80, 75 %… »

     

    Rousseau est le seul philosophe à avoir inclus cette étude des majorités dans son système politique. Il tempère le régime représentatif par le mandat impératif et l’établissement de quora de pourcentage dans le compte des voix.

     

    En conclusion, le choix à faire n’est pas entre libéralisme et socialisme, qui sont deux faces d’un même système. Ceux qui se classent dans un de ces camps adoptent, qu’ils le veuillent ou non, les principes de ce système. Le choix à faire aujourd’hui est entre cette fausse démocratie représentative avec son mandat représentatif de même nature et une démocratie organique directe fondée sur les corps intermédiaires avec le mandat impératif.

     

    C’est ce qu’avaient proposé le Maréchal Pétain en 1944 et le Général de Gaulle en 1969 en référendum : une constitution reflétant ces structures selon la mission dictée par le Président Albert Lebrun. Il faudra bien un jour y arriver.

     

    Benjamin Guillemaind http://www.europemaxima.com/?p=2312

  • Le devoir d’objection de conscience

    Mgr Jacques Suaudeau, docteur en médecine et directeur scientifique de l’Académie pontificale pour la Vie, a rédigé un petit ouvrage fort à propos sur L’objection de conscience ou le devoir de désobéir. S’appuyant sur les Saintes Ecritures et l’Histoire de l’Eglise, l’auteur écrit :

    O« Le témoignage des Apôtres devant le Sanhédrin, et leur défense au nom de la loi divine qui prime sur la loi humaine, fournissent la structure de l’objection de conscience spécifique qui conduira certains au martyre. Elle s’articule sur les points suivants :

    1. Les lois divines priment sur les lois humaines.
    2. Le croyant doit obéir aux lois humaines, fondements de la cité, garantes de la solidarité et de la paix sociale, et aux autorités qui ont été placées par la providence divine aux postes qu’elles occupent (Rm 13, 1-7). Les martyrs ne mettent pas directement en question les institutions impériales ; ils acceptent les décisions des tribunaux ; ils ne se dérobent pas s’ils sont arrêtés ; ils ne désertent pas.
    3. Ce n’est que lorsque la loi humaine contredit  formellement la loi divine que le croyant peut se trouver dans la situation de désobéir. Ce revirement possible implique l’autonomie de la religion, en tant qu’office de Dieu, par rapport à l’Etat et à l’office du législateur. Or cette autonomie des offices divins et de l’Etat l’un par rapport à l’autre est une notion absolument étrangère à la mentalité de l’antiquité païenne où le service de la Cité (pour les Grecs) ou de la Res publica (pour les Romains) sont un tout. […]
    4. En choisissant d’obéir à Dieu plutôt qu’aux lois des empereurs, les disciples du Christ, non seulement obéissent à leur conscience en manifestant leur liberté d’enfants de Dieu (base religieuse et personnelle de l’objection de conscience), mais encore transmettent la vérité précise sur Dieu (ils enseignent le nom de Jésus), devoir évangélique et impératif moral de proclamer la vérité contre les errances du paganisme. Ils portent témoignage (marturein) devant les tribunaux, ce qui :
      • Renforce la valeur de l’enseignement qu’ils ont pu donner avant d’être arrêtés (on ne croit que les témoins) ;
      • Est un mode d’évangélisation actuel des païens qui assistent au procès et se trouvent édifiés par l’attitude cohérente des accusés ;
      • Conforte dans leur foi les autres chrétiens qui auraient été décontenancés si les accusés avaient profité des offres compatissantes des juges qui leur permettaient de sauver leur vie sans renier formellement le Christ, en effectuant par exemple une pseudo offrande (et l’on retrouve ici la responsabilité pour autrui précédemment notée dans le martyr d’Eléazar, et qui est une composante non négligeable de l’acte de désobéissance civile).
    5. Ce témoignage est rendu possible par la force et l’aide de l’Esprit Saint. […]
    6. Le croyant ne peut se dérober à ce devoir de conscience, justement parce que le don de l’Esprit Saint lui est fait lorsqu’il comparaît devant ses juges, selon les promesses faite à ses disciples par le Seigneur lui-même, de son vivant terrestre. »

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Egypte : les amis islamistes de l’Etat français font la chasse aux chrétiens

    « Les chrétiens d’Egypte sont devenus la cible des Frères musulmans. Ceux-ci les accusent d’être responsables de la chute de Mohamed Morsi. De chrétiens, ils sont devenus « Nazaréens » et aujourd’hui « les adorateurs de la croix ». Un qualificatif qui identifie les chrétiens aux « mécréants » adorateurs d’idoles auxquels les tags rappellent que leur « heure viendra ». En Haute Egypte, ce sont des drapeaux noirs d’al-Qaïda qui ont été plantés sur les clochers de certaines églises quand elles n’étaient pas attaquées au cocktail Molotov.

    Dans des villages de Minieh, à 300 kilomètres au sud du Caire, des maisons et des boutiques ont été incendiées et les chrétiens chassés de deux villages. Des chrétiens qui sont aussi menacés de mort s’ils ne quittaient pas Marsa Matrouh à 300 kilomètres à l’Ouest d’Alexandrie, tandis que le nord-Sinaï s’est pratiquement vidé de ses chrétiens après trois assassinats.

    Sur le podium de la place Rabaa al-Adawiya au Caire plusieurs membres de la confrérie ont accusé les chrétiens d’être « à l’origine de la conspiration qui a amené au renversement du président Morsi ». Des chrétiens qui se sentent abandonnés même par le pouvoir intérimaire qui les sacrifie sur l’autel des négociations avec les salafistes tandis que l’Occident oublie jusqu’à leur existence. »

    Source   http://www.contre-info.com/

  • Front Populaire : un bilan très médiocre

    On sait sur quels mythes repose la légende du Front populaire : les congés payés, la loi des 40 heures, l’’amélioration de la vie de la classe ouvrière et la baisse du chômage. Tout cela fut magnifié par la suite. Pour en juger aussi impartialement que possible, nous nous appuierons sur l’’ouvrage fondamental en la matière, celui d’Alfred Sauvy : Histoire économique de la France entre les deux guerres (1), ouvrage d’’autant plus précieux que son auteur était de tendance socialiste.
    Les premières mesures
    L’’expérience sociale et économique menée par le Front populaire est d’autant plus importante que c’’est la première fois qu’’un gouvernement à majorité socialiste était amené à diriger la France et que son programme, assez flou au départ mais bousculé par les grèves, fut appliqué intégralement, et cela dès son arrivée au pouvoir.
    Il ne faut pas oublier, en effet, qu’’avant même que le nouveau gouvernement ne soit formé, éclatèrent, le 24 mai, les premières grèves dans la métallurgie parisienne. Elles s’’étendirent rapidement dans toute la France avec occupations d’’usines. Le 6 juin, Blum se présenta devant la Chambre en prenant l’’engagement solennel de ne pas dévaluer, ce qui était bien imprudent. Il annonça surtout toute une série de mesures concernant les conventions collectives, l’’établissement de deux semaines de congés payés et la loi des 40 heures. En outre, syndicats et patronat furent invités à se rencontrer à Matignon où ils se mirent d’’accord pour une augmentation dégressive des salaires allant de 15 % pour les salaires les moins élevés à 7 % pour les salaires les plus élevés.
    Incidences économiques
    Si l’’on ne retient que la revalorisation des salaires décidée à la suite des accords de Matignon afin de faire cesser les grèves, celle-ci semble très raisonnable. Mais pour avoir une vue exacte des choses, il faut y ajouter le coût des congés payés et surtout celui des 40 heures. Hausse des accords Matignon : 15 % ; hausse due aux congés payés : 4 % ; hausse attendue de la semaine des 40 heures : 20 %. Total (par multiplication) : 43,5 %.
    Le coût total que devait supporter l’’économie française était énorme même si la réduction à la semaine des 40 heures n’’entrait en application qu’’au premier trimestre 1937. Les prix de gros augmentèrent de plus de 10 % et ceux de détail de 7 à 9 % mais, curieusement la balance commerciale s’’améliora en passant de -797 millions de francs en mai à 669 en septembre. Cette amélioration résultait de la baisse des achats de matières premières (-140 millions), signe de récession industrielle ce qui se traduisit par une augmentation du chômage, 34 000 chômeurs de plus qu’’un an auparavant. Bref, les belles promesses commencèrent à s’’envoler avec les feuilles de l’’automne, l’’échec pointait à l’’horizon.
    Le 26 septembre 1936, sous l’’euphémisme d’’”alignement général des monnaies”, le franc fut dévalué de 25 à 34 % puisque la définition de la monnaie était comprise à l’’intérieur d’une fourchette allant de 43 à 49 milligrammes d’’or.
    Dévaluation
    En fait, pour rester compétitive, la France aurait dû dévaluer deux ans plus tôt. La mesure fut malgré tout bénéfique puisque la production industrielle remonta de 81 (2) en septembre à 91 en décembre. Les autres indices d’’activité allèrent dans le même sens, l’’indice des wagons chargés passa de 67 en septembre à 74,7 en décembre et le trafic dans les ports évolué de 130 à 139 pendant la même période.
    De son côté le chômage baissa de 174 en septembre à 158 en décembre. Le nombre des chômeurs conjoncturels passait de 756 000 à 598 000 pendant cette période. Comme l’’écrit Alfred Sauvy : « Jamais une pareille baisse n’’a été encore enregistrée. »
    En dépit de la hausse des prix de détail à la consommation (mai 1936 : 100 ; septembre : 104,6 ; décembre : 117,8), la dévaluation permit de faire passer les prix français en-dessous des prix anglais pour la première fois depuis 1931 (septembre 1936 : 1,15 ; octobre : 0,86 ; novembre : 0,90 ; décembre : 0,92).
    La dévaluation française produisit donc les mêmes effets qu’’à l’’étranger, c’’est-à-dire une reprise de la production : en 1931, en Angleterre, en 1933 aux États-Unis, en 1935 en Belgique. De brillantes perspectives s’ouvraient à l’’économie française. La production rattrapait le niveau 100, c’’est-à-dire le niveau de 1929 à toute allure.
    La reprise cassée
    Cependant, du 1er novembre 1936 au 30 avril 1937, en fonction de la parution des décrets par profession, s’’appliqua brutalement la loi des 40 heures.
    Alors qu’’en 1919, la journée de 8 heures avait été l’objet d’’un consensus international et qu’’elle avait été appliquée progressivement, ici comme pour les 35 heures, la gauche fit comme si la France n’’avait pas à tenir compte de l’’environnement international menaçant. Or, la semaine de 40 heures, en termes de production, revenait à donner deux mois de congés supplémentaires, en plus des deux semaines légales. La production industrielle, qui culminait à l’’indice 94 en mars 1937, recula à 89 en juin. L’’essor économique était brisé. Le déficit de la balance commerciale en mai-juin 1937 était le double de celui qui existait un an plus tôt. Ainsi, comme dans le cas des 35 heures, les mesures socialo-communistes eurent pour effet de transférer le travail à l’’étranger et le chômage qui avait diminué de 158 000 en trois mois, de septembre à décembre 1936, ne diminua que de 156 000 en six mois, de janvier à juin 1937.
    Chute de Blum
    Le 13 février 1937, prévoyant l’’échec, Blum réclame une “pause” mais il était trop tard. Le recul de l’’économie se traduisait par des baisses de rentrées fiscales. L’’or fuyait. Le 15 juin 1937, le gouvernement demanda les pleins pouvoirs financiers. Ceux-ci accordés à la Chambre, lui furent refusés au Sénat. Le 22 juin le gouvernement démissionnait. Se succédèrent alors deux gouvernements Chautemps et un deuxième gouvernement Blum. On assista à une légère reprise de l’’activité au deuxième semestre de 1937 due à une nouvelle dévaluation du franc, mais cette amélioration fut très provisoire. Au début de 1938 se produisit une rechute de l’’économie. La production industrielle baissa de 92 à 83, le trafic ferroviaire de 75,5 à 65,6 tandis que l’’indice du chômage montait de 145 à 151.
    Ces mauvais résultats étaient dus à l’’effet second de la loi des 40 heures. Les industries les plus performantes dont la production était limitée par cette loi achetaient moins aux autres qu’’elles ne l’’auraient fait sans cette limitation. La loi des 40 heures obligeait donc les industries les plus dynamiques à s’’aligner sur les moins dynamiques.
    Le 10 mars 1938 Chautemps se retirait et Blum formait un deuxième gouvernement qui avalisa sans coup férir l’’Anchluss par lequel Hitler annexait l’Autriche. En avril Blum abandonna la partie. Cela marquait la fin du Front populaire dont il faut examiner les résultats.
    Deux ans de démagogie
    L’’indice de la production industrielle était de 82 en mai 1938 contre 87 en mai 1936. Les deux ans de Front populaire furent donc plus défavorables dans ce domaine que la précédente politique de déflation de Laval. Les investissements, qui sont les gages de l’’avenir, reculèrent de 11 % et la consommation de 1,5 %.
    Dans certains domaines, mines de charbon, chemins de fer, la productivité s’’effondra. La diminution du chômage total a été de 150 000. Elle résulta presque entièrement des effets des deux dévaluations et pratiquement pas de l’’application de la loi des 40 heures qui eut des conséquences maléfiques sur le chômage partiel, lequel, après avoir diminué, est remonté à partir de 1937 : mai 1936, 35,4 % ; septembre 1936, 26,8 % ; décembre 1936, 12,1 % ; mai 1938, 20,1 %.
    Le pouvoir d’’achat des travailleurs, qui est une donnée essentielle puisque c’’est avec des promesses fallacieuses d’’augmentation des revenus que la gauche a fait voter pour elle en 1936, n’a pratiquement pas bougé. Il était à 118,5 en mai 1936, il est à 119,2 en mai 1938. Normalement les progrès de la productivité auraient dû assurer une augmentation de 4 %. Le Front populaire a donc escroqué les ouvriers ainsi que les autres couches sociales à l’’exception des chômeurs qui ont retrouvé du travail.
    Le pouvoir d’’achat des retraités s’’est effondré. De 1936 à 1938, il a baissé de 20 %. Il en alla de même pour les fonctionnaires dont la baisse du pouvoir d’achat fut de 18 % pour les traitements les plus bas, 20 % pour les traitements moyens et 14 % pour les traitements supérieurs.
    On peut dire que la politique du Front populaire s’est faite au détriment des plus faibles : les traitements féminins ont été moins augmentés que les traitements masculins, les salaires provinciaux moins que ceux des Parisiens, les allocations familiales et les retraites ont été négligées.
    En conclusion, le Front populaire a fait baisser la production industrielle française de 4 à 5 % tandis que celle de l’’Allemagne augmentait pendant la même période de 17 %. À cet égard, Léon Blum et les socialo-communistes ont été des alliés objectifs d’’Hitler.
    Yves Lenormand L’’Action Française 2000 du 1er au 14 juin 2006
    (1) Alfred Sauvy : Histoire économique de la France entre les deux guerres, tome II, Éd. Fayard, Paris, 1972.
    (2) La base 100 est fournie, généralement, par les chiffres de 1929, dernière année d’’activité « normale » avant la crise.

  • Ni pardon, ni oubli

    Jérémie avait 22 ans, l’âge de tous les espoirs et de tous les rêves. D'après les premiers éléments de l'enquête, il aurait payé du prix de sa vie le fait d’avoir eu le malheur de croiser un prétendu déséquilibré, Ali Hamadou, connu des services de police, c'est-à-dire ayant déjà un casier judiciaire bien fourni pour de véritables actes crapuleux, pas pour avoir roulé à 92 km/h sur une route nationale, participé aux Veilleurs ou fait de l’affichage sauvage.

    Chaque fois qu’un jeune Français meurt sous les coups d’un voyou « déjà connu des services de police », notre sang se glace, car n’importe qui pourrait être à la place de Jérémie et n’importe quelle famille pourrait avoir à vivre la perte d’un enfant. La liste de ces français innocents ne fait que s’allonger chaque jour un peu plus. Et les chiffres de vente de « La France Orange Mécanique » ou les scores d’audience de Fdesouche démontrent que de plus en plus de Français en sont bien conscients.

    Chaque fois qu’un jeune français est tué par un délinquant, les politiques appellent à « la retenue », à « refuser les amalgames » et à « se méfier des discours populistes ». La même « retenue », le même « refus des amalgames » et la même « méfiance des discours populistes » qu’après la mort accidentelle de Clément Méric ? Lorsque toute la putasserie politico-médiatique s’est étalée dans les rues de Paris, à l'Assemblée Nationale, sur nos écrans de télé et les unes de nos journaux?

    Chaque fois qu’un jeune français meurt dans de telles conditions, c’est la France qu’on assassine un peu plus. Jérémie devrait être le mort de trop. Le mort de trop à Marseille, ville « la plus malhonnête de France » d’après Lucien Rebatet et qui ne se bonifie pas avec le temps, le mort de trop de tous ces français, honnêtes, qui n’aspirent qu’à pouvoir se rendre chez une amie sans risquer de trouver la mort aux abords de ses gares toujours mal fréquentées.

    La mémoire de Jérémie doit vivre, comme celle des autres victimes de la « violence ordinaire », pour se souvenir qu’en France, on trouve des excuses aux criminels, on fait une minute de silence pour un militant de la gauche radicale à l’Assemblée Nationale, on moleste des mères de familles catholiques, on gaze des gosses, on vient chercher de pseudo-terroristes chez eux à 6h30 du mat’ sans preuve, on met des pays étrangers à feu et à sang pour des contrats pétroliers et qu'on ne fait rien contre le grand remplacement, la destruction de notre économie et toutes les formes d’insécurités qui en découlent.

    Pour le peuple français aussi, c’est ni pardon, ni oubli.

    Le Cercle Non Conforme 

    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/archive/2013/08/14/ni-pardon-ni-oubli-5140240.html

  • Act Up pris au piège de la provocation

    Des Hommen ont versé hier soir du faux sang et collé des affiches sur un bâtiment hébergeant les locaux d'Act Up, en réplique à l'action similaire de l'association visant la Fondation Jérôme-Lejeune. Intitulés des affiches : "Act Up pornophile", "Act Up handiphobe", "Act Up s'attaque toujours aux plus faibles". Dans un communiqué, les Hommen expliquent :

    "Aujourd'hui, les extrémistes lâches d'Act Up s'en prennent aux enfants handicapés. Désormais, les Hommen ne laisseront plus les handiphobes d'Act Up agir impunément".

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Mariage gay : lettre ouverte d’Alain Dubrulle à François Hollande

    Alain Dubrulle, Principal honoraire du Collège Gambetta à Cahors, opposé à la dénaturation du mariage a écrit une « Lettre ouverte » à François Hollande. Le bon sens près de chez nous. La voici dans son intégralité.
    Il y a cinquante-trois ans et demi, lorsque mon épouse et moi-même nous sommes mariés, nous avons souscrit aux termes d’un contrat parfaitement clair, qui ne laissait place à aucune ambiguïté, et qui était prévu pour durer jusqu’à la fin de nos jours. Aussi, aujourd’hui – six enfants, dix-neuf petits enfants et quatre arrière-petits-enfants plus tard – sommes-nous surpris d’apprendre que, sans nous consulter, les termes du contrat ont été complètement modifiés, et ses objectifs totalement dénaturés. Nous avons donc décidé, mon épouse et moi-même, d’un commun accord, d’entamer une procédure de divorce, le mariage civil ayant perdu pour nous toute signification. Notre mariage religieux, qui conserve, lui, tout son sens pour l’éternité, suffira à assurer notre bonheur et celui de notre famille.
    En tant qu’ancien membre de l’enseignement public, professeur de philosophie, puis pendant trente ans chef d’établissement, commandeur des Palmes Académiques, je suis personnellement très attaché aux principes de la laïcité – la vraie -, et je déplore que par votre projet du « mariage pour tous » un coup fatal soit porté à l’une des institutions les plus représentatives de notre code civil, laïque et républicain. Le mariage civil perdant, par cette tromperie, beaucoup de sa valeur, c’est le mariage religieux qui sera revalorisé aux yeux de nombreux citoyens. Sans doute est-ce d’ailleurs pour cette raison que vos partisans se sont opposés à la suppression de l’obligation du mariage civil avant tout mariage religieux : laisser le choix serait peut-être trop dangereux !
    On peut comprendre, Monsieur le Président, que vos échecs personnels en ce domaine vous conduisent à attacher peu d’importance et de considération au mariage. Mais en arriver à modifier le code civil contre l’avis d’une majorité des citoyens et à imposer au pays, comme première dame de France, une concubine ou une maîtresse – on ne sait pas trop quel terme choisir – n’est pas, pour moi, le fait d’un Président normal.
    N’espérant pas vous avoir convaincu, mais la conscience libérée d’un grand poids, le respect n’interdisant pas, mais supposant au contraire la franchise, j’ai l’honneur de vous prier, Monsieur le Président de la République, de bien vouloir agréer l’expression de mon plus profond respect.¢

  • La sénatrice Rossignol fait connaissance avec le pays réel

    Robert Albarèdes, ancien maire PCF, écrit à la sénatrice PS Laurence Rossignol (ancienne de la LCR), qui a été agressée :

    "Vous avez, le 14 juillet dernier, subi une agression que vous relatez dans Le Courrier picard.

    À 14 heures, devant un distributeur, à Compiègne, un homme vous a volé, en pleine rue et devant témoins, l’argent que vous veniez de retirer. Vous l’avez vainement poursuivi, et vous avez déclaré en déplorant le fait que personne ne vous ait aidée : « Le premier problème de l’insécurité, c’est la lâcheté collective. » Non, madame…

    Le premier problème de l’insécurité, c’est votre politique d’immigration massive légale et illégale depuis trente ans, et la “libre passoire” instaurée, avec votre aval, par les accords de Schengen.

    Le deuxième, c’est le laxisme politique et judiciaire de votre parti fusionné UMPS envers les voyous.

    Le troisième, c’est votre ministre de l’Intérieur, petit matamore et pantin articulé qui gesticule et ânonne autant qu’il est inefficace (il ne faut pas froisser votre nouvel électorat d’origine maghrébine et de confession musulmane).

    Le quatrième, c’est votre ministre supposée de la Justice dont le laxisme n’a d’égal que l’ignorance historique et la haine de notre pays…

    Le cinquième, c’est que dans cette propension à protéger les voyous, si je m’attaque à l’un d’eux pour défendre une victime et que par malchance, je lui occasionne de graves blessures, « votre justice » me conduira en garde à vue et en prison où l’on me dénichera, à moi, simple citoyen, une place que l’on ne trouve pas aux vrais voyous.

    Chère madame Rossignol, vous venez donc de goûter, à l’instar de millions de Français agressés (et souvent avec des conséquences bien plus graves que celles que vous avez subies), aux joies du « vivre ensemble » que vous prônez depuis des décennies et à celles de l’insécurité que votre politique promeut en cajolant tous ceux qui prennent notre pays pour une poubelle."

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Le Colonel François de La Rocque : du Héros à la Victoire

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    « Ils méprisaient les partis et ne voulaient plus s’en souvenir. Ils avaient fondé entre eux l’union des classes, des religions, des origines dans une volonté commune de sauver le pays ».

    Service Public, 1934.

    Né en 1885, le lieutenant-colonel François de La Rocque combat lors de la Première Guerre mondiale. Grièvement blessé en 1916 et rapatrié en France à cette occasion, il repart néanmoins volontairement au front dans les tranchées de la Somme où il y commande un bataillon. Par la suite démissionnaire de l’armée, il rejoint dès 1929 le Mouvement Croix-de-Feu – sorte d’amicale d’anciens décorés de la croix de guerre – dont il devient le Président en 1931, qu’il politise avec une  orientation patriotique et nationaliste. Critiquant tant « les capitalistes prolétaires » que « les rouges exportateurs de capitaux », il y développe une vision de la France se situant résolument par-delà droite et gauche. S’y joindront les Briscards, combattants non décorés, ainsi que les Volontaires Nationaux, génération plus jeune n’ayant pas fait la guerre mais profondément patriote et désireuse d’œuvrer pour le redressement de la France.

    Dans un contexte de dérives au sommet de l’Etat, de crise économique et de concussion – notamment l’affaire Stavisky, La Rocque opte pour un délaissement des luttes partisanes propres aux partis politiques. Adoptant avec ses Croix-de-Feu une démarche de « non-parti », loin de l’opinion publique et de la flatterie clientéliste, des promesses démagogiques et des programmes miraculeux, il fait acte de présence quotidienne sur le terrain, dans chaque secteur constitutif de la société française, démarche pragmatique pour lui indissociable d’une compréhension efficiente des problèmes sociaux. Cohérent dans sa démarche, républicain et légaliste loyal, il refuse d’entrer de force au Palais-Bourbon lors de la manifestation du 6 février 1934 à laquelle participe notamment l’Action française.

    La même année, l’association des Croix-de-Feu prenant de l’ampleur, La Rocque publie Service Public, ouvrage dans lequel il expose sa vision de la concorde nationale et où, se refusant à céder à la démagogie électoraliste qu’il dénonce, n’expose pas de programme mais jette les bases d’un plan d’action. Ce dernier comprend quelques principes : « relèvement et continuation de la France, unité politique, géographique, spirituelle, traditionnelle », s’appuyant sur ce qu’il nomme une « Mystique française », faite de volontarisme et d’abnégation, où tous les Français feraient corps en oeuvrant au bien national, le Service Public, par « une sorte de réflexe éminent venu du fond de l’âme française ». S’inscrivant en faux face à la théorie marxiste de la lutte des classes, La Rocque prône l’union de celles-ci, leur complémentarité nécessaire dans le bon fonctionnement de la France. L’exemple en est donné au sein des Croix-de-Feu, où âges, classes et sexes s’y confondent pour concourir à l’effort national.

    « Rien ne passionne un cœur de Croix-de-Feu plus que le progrès social »

    Précurseur sur certains sujets (droit de vote des femmes), soucieux d’adoucir le quotidien (extension des loisirs populaires), c’est toutefois dans sa volonté de transformer le monde du travail que le Colonel se distingue le plus. Partisan d’un rapprochement patronat / salariés, La Rocque dispose l’impératif de création d’une profession organisée, divisée en corporations – par régions selon les catégories de production et réunissant les travailleurs par branches. Par sa vision sociale de l’entreprise (« Les chefs sans cœur et sans générosité sont les agents de la subversion »), il reste favorable à la tradition française des syndicats, toutefois dépolitisés pour réellement servir le travailleur; professionnels et régionaux, leur base serait l’entreprise. Le salaire – avec un minimum obligatoire – serait calculé sur des indices locaux (nature des métiers, régularité du travail), et l’intéressement salarial une condition impérieuse du fonctionnement de l’entreprise, outre le droit de regard de l’ouvrier sur la gestion de celle-ci : « Il serait stupide et inhumain que le travailleur, resté fidèle à son entreprise, ne soit intéressé à sa prospérité autant qu’il est menacé de chômage par ses revers ». Toujours dans un souci de progrès social, le travailleur doit avoir des congés payés, une hygiène correcte doit lui être assurée sur son lieu de travail – à une époque encore majoritairement industrielle –, et une assurance financière mise en place pour veuve et orphelin en cas de décès du chef de famille.

    Lucide sur les manœuvres patronales, il appelle à la revalorisation des métiers manuels, et constate que l’appel à la main d’œuvre étrangère, présenté comme nécessaire, fait en réalité pression sur les bas-salaires aux dépens de l’ouvrier Français. Enraciné mais universaliste, La Rocque critique les conséquences de cette immigration sur le plan économique et social pour les Français, mais aussi pour les étrangers, « déracinés sur le sol métropolitain ». Ni xénophobe ni raciste, La Rocque expose que « la qualité, la dévotion françaises seules importent, à condition qu’elles soient sincères, éprouvées, confirmées ». Seuls sont ici critiqués les afflux massifs et incontrôlés d’immigrés – en préconisant l’expulsion de ceux sans contrat de travail – et « l’excessive facilité des naturalisations sans période suffisante d’épreuve », qui fabriquerait des Français de papier et non de cœur, risquant de porter atteinte à la concorde nationale.

    Après la dissolution des Croix-de-Feu par le Front Populaire en 1936, La Rocque fonde le Parti Social Français (PSF), plus grand parti de masse Français avec plus d’un million d’adhérents; mais la guerre interrompt son action politique. Prônant un loyalisme passif à Pétain par légalisme, il refuse cependant la collaboration. Fondateur du Réseau Klan, réseau de résistance intérieure spécialisé dans le renseignement, le Colonel est arrêté par la Gestapo et déporté en 1943. De retour en mai 1945, il est placé en internement administratif par le gouvernement jusqu’en décembre de la même année. Il ne pourra donc pas prendre part aux affaires politiques, ni participer à l’œuvre du CNR. Par la suite assigné à résidence, il décède le 28 avril 1946. Il est décoré à titre posthume en 1961 de la médaille des déportés et reçoit la carte de la résistance qui lui avait été refusée de son vivant.

    Après avoir été pour beaucoup une incarnation de l’héroïsme, La Rocque devient celle de la victoire politique lorsqu’un général résistant, de racines maurassiennes mais de cœur Croix-de-Feu, entreprend en 1958 de copier avec réussite sa doctrine pour redresser le pays. Fait fort peu commenté, et pour cause, le Général de Gaulle a en effet mené une politique digne du PSF, sans son fondateur évidemment mais s’inspirant de lui pour la Constitution de la Vème République, allant jusqu’à appliquer en parti les préceptes du Colonel - préceptes grâce auxquels, sans doute, la France connaît pendant les « Trente Glorieuses » une prospérité remarquable, même pour l’époque, et le peuple expérimente une amélioration substantielle de son quotidien. Une évolution positive qui s’interrompt, comme par hasard, peu après l’irruption du libéralisme libertaire appelé gauchisme, en 68…

    Plus qu’un héros de tous les combats et qu’un incorruptible légaliste, La Rocque transmet au travers de De Gaulle le vrai visage du nationalisme au pouvoir : l’incarnation du peuple, le souci de son bien, l’intégrité  morale – et la démocratie plébiscitaire, le Général ayant par deux fois rendu le pouvoir après s’y être engagé, les deux fois laissant la France debout. La Rocque reste ainsi aujourd’hui plus que jamais le symbole vivant de la démocratie réelle, de la démocratie directe que nous, nationalistes, défendons, face à la démocratie détournée des puissants et de la finance – une « démocratie » détournée qui concoure à l’exploitation des Français et à la destruction de notre Nation.

    Enfin, d’un point de vue métapolitique, La Rocque correspond à la figure du héros européen, celui dont l’œuvre survit à la mort et qui connaît sa victoire, sa véritable vie, dans la postérité.

    http://www.scriptoblog.com/index.php/blog/histoire/432-le-colonel-francois-de-la-rocque-du-heros-a-la-victoire

  • Quand ces dames les ministres écrivent, par ALCESTE

    Certaines lectures font rire, quand bien même  on devrait en pleurer : « On voit donc que l'U.E. occupe une place centrale dans les échangismes internationaux »... « En 1792 la France a déclaré la guerre à plusieurs pays pour leur apporter la paix »... « Le langage corporel devient un outil de survie quand il s'agit de la reproduction de l'espèce »...
    Des "ministres" qui feraient
    mieux de... se taire
    Bourdes de la presse écrite ? Non, extraits de copies  de candidats au baccalauréat 2013, qualifié de « cru exceptionnel » par les medias. Pour la quantité des reçus, assurément.
    Pour la qualité, mieux vaut s’en référer à Alain Finkielkraut, qui dénonçait récemment sur un grand écran  « la mascarade du baccalauréat ». Mais son propos n'est que rappel indigné d'avertissements antérieurs : « La civilisation demande à la langue... le scrupule, la précision, la nuance et la courtoisie. C'est très exactement la raison pour laquelle l'apprentissage de la langue passait jusqu'à une date récente, par l'apprentissage des grands textes » (Le Monde, juin 2008). 
    Il n'est pas le seul: Gilles de Robien s'était fait des ennemis des idéologues en recommandant pour la rentrée 2006 des mesures de bon sens, mais honnies par les inspecteurs de l'E.N., sérail de gauche. Directives  supprimées par  Xavier Darcos, ministre nommé en 2007, renouant ainsi avec la calamiteuse réforme Haby de 1975, dont voici un  produit, relevé par « Valeurs Actuelles » du 8 aout.
    « Soutien total à Fréderic Haziza dont les attaques ont des relents abjects d’avant-guerre » (tweet d'Aurélie Filipetti, le contre-sens surpasse  les fautes de frappe).
    Mais, dernière et consternante  minute, autre  contre-sens, de la « garde » des Sceaux dans sa réplique à M.Valls : « Ce document comporte des propositions de réforme du  droit de la peine, domaine qui ressort d'aucune façon aux compétences du Ministre de l'Intérieur ».
    Conseillons lui la lecture du Littré :  :ressortir(se conjugue comme finir) : être du ressort d'une juridiction. Exemples: ces affaires ressortissent au juge de paix ; l'affaire a ressorti à ce tribunal.
    Cela  donne la mesure  du déclin de notre  langue, véhicule du savoir prostitué  en verbiage de téléréalité, qui entraîne celui de notre culture toute entière, puisque ces exemples de confusion intellectuelle ou lexicale, historique ou chronologique,  les ont écrits ceux qui occuperont  des emplois, ou des fonctions, par défaut ?  Ou pire,  qui les occupent déjà.
    Peut-on imaginer les fautes qu'ils pourront commettre, ou faire commettre, quand ils devront donner des ordres  à des gens  peu alphabétisés, si eux-mêmes sont illettrés ?
    À quoi ressemblera notre pays dans cette carence généralisée ? De quelle capacité de réaction, ou de simple résistance disposeront le petit nombre de titulaires de diplômes non dévalués qui tenteront d'assurer l’ordre, ou un minimum d'ordre ?
    Il est vrai que ceux qu'on désigne aujourd'hui par « élite » ne réunissent que peu des qualités correspondant au mot... Car « élire », ce n'est pas tomber juste, désormais ce serait plutôt donner sa voix à qui vous ressemble...
    Nos boites de réception débordent de messages de correspondants effarés, ou effrayés par ce que certains désignent par « le grand remplacement », l'asséchement de nos racines, l'amenuisement du savoir vivre et du savoir-faire français, au sens noble du terme.
    Dans leur quête éperdue de remèdes, ils confondent le mal et sa  cause. Notre identité  fut perdue quand nous avons, pendant les trente glorieuses, déposé au profit de divertissements faciles l’effort et la rigueur nécessaires à l'enrichissement de  notre esprit  par « la substantique moelle » chère à François  Rabelais. Quand nous avons accepté -qui ne dit mot consent- la dictature de la bien-pensance et de la prétendue modernité, dans l'euphorie de la prospérité.
    Oui, il y  a « grand remplacement », de tout , de tous et partout.
    Lorsque Cassandre vit approcher le cheval que les Grecs offraient aux Troyens, elle fut prise d'effroi et tenta de s'y opposer ; mais Apollon, qui lui avait donné le don de prophétie, lui avait aussi retiré le pouvoir de persuasion, et l'ennemi fut dans la place.
    Notre cheval de Troie a depuis longtemps ouvert ses flancs.
    Comment affrontez-vous ceux qui en sortent, armes à la main ?