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France et politique française - Page 5037

  • Aurore nationale ? Il serait temps !

    Les présidents se suivent, les formules toutes faites aussi. Pour son premier discours devant  le parlement européen hier, François Hollande  a affiché un euromondialisme  en béton martelant son souhait  de « faire resurgir l’envie d’Europe », car  « ce qui nous menace aujourd’hui n’est plus la défiance des marchés, mais c’est celle des peuples. L’intérêt national est en train de prendre le pas sur l’intérêt européen ». Intérêt européen qui serait certainement plus fédérateur s’il n’était pas justement perçu, a contrario,  comme le faux nez d’un  totalitarisme du marché,  ouvert  à tous les mauvais vents de la mondialisation, et qui ne défend en rien les Etats et les peuples de l’Union. Le  chef de l’Etat  a également dénoncé comme Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy avant lui «  l’euro fort »  qui plomberait nos exportations  et partant notre économie… M. Hollande omet  de préciser que le déficit de notre balance commerciale – plus de 66 milliards d’euros - est aussi la conséquence de tares structurelles propres à la société française, qui pénalisent notre économie et auxquelles les gouvernements successifs n’ont jamais su ou voulu  s’attaquer. En effet, la plupart de nos échanges commerciaux se  font avec nos voisins  européens qui eux aussi ont adopté l’euro… Cela n’empêche pas l’Allemagne, forte de  ses grands groupes et  de son  formidable tissu de PME, de jouir d’une balance commerciale fortement  excédentaire – plus de 200 milliards d’euros,  devant la Chine – tandis que des pays comme l’Italie ou la Belgique ont également  un solde positif, notamment dans  leurs échanges avec la France. Mais il est  tellement facile et tentant de refiler l’ardoise de ses lâchetés, de ses erreurs, de ses insuffisances, à une Europe bruxelloise à laquelle on abandonne toujours plus avant les décisions engageant  notre avenir .

     Dans ces conditions,  il revient  plus que jamais au FN de défendre une autre politique et de parler un langage de vérité aux Français. Il importe aussi que le Mouvement national gagne en crédibilité et sache engager une stratégie encore plus efficace pour convaincre les Français du bien fondé de son programme.  Selon le baromètre annuel de TNS-Sofres pour France Info/Le Monde/Canal+,   renouant avec le poucentage  « record »  de 1991,  32% de Français se disent « tout à fait » (6%) ou « assez » (26%) d’accord avec les idées du Front National et de Marine Le Pen , (63% sont en désaccord). Passant pour la première fois sous la barre des 50% seuls 47% des sondés (39% chez les  sympathisants de l’UMP) estiment que   le FN  « représente un danger pour la démocratie »  (-6 points). De même, 35% des sondés -40% des sympathisants  UMP — jugent désormais que le FN « est un parti qui a la capacité de participer à un gouvernement », en hausse de 10 points sur deux ans. Autre signe  de cette normalisation ( ?),  27% des personnes interrogées souhaitent des alliances locales, « au cas par cas », entre l’UMP et le FN, aux municipales de mars 2014 (37% chez les sympathisants UMP) et 25% sont favorables à un « accord national » FN-UMP  (37% des sympathisants UMP) à ces élections.

     Emmanuel Rivière, directeur du département Opinion chez TNS-Sofres, affirme que l’image du FN s’est améliorée sous l’impulsion de Marine , mais que la « banalisation » n’est pas pour autant  acquise  puisque , 63% des sondés n’ont « jamais voté » et « n’envisagent pas de voter FN à l’avenir », tandis que   81% des personnes interrogées  n’adhèrent pas aux « solutions » préconisées par  Mouvement national,  même si  35% d’entre eux adhèrent aux  « constats ».

     Il est à noter que c’est au sein  de la jeunesse que le FN séduit le plus,   mais aussi   les différences très sensibles d’appréciation entre les grandes idées défendues par le FN. Ainsi  le rétablissement de la peine de mort poursuit son recul et n’est souhaité que par  32% des  sondés, tout comme l’idée de supprimer l’euro et de revenir au franc, à 29%. 24% (en progression  de deux points) estiment qu’ « en matière d’emploi », « on doit donner la priorité à un Français sur un immigré en situation régulière » .

     C’est sur les questions  touchant à l’identité française au sens large que le niveau d’adhésion est de loin le plus élevé : 54% (+3 points) trouvent qu’ « on accorde trop de droits à l’islam et aux musulmans en France » -71% chez les sympathisants UMP –  54% (+3 points) jugent qu’ « il y a trop d’immigrés en France » – 74% chez les sympathisants UMP. Il se vérifie encore que c’est pour son combat en faveur de la  défense des « valeurs »  de notre civilisation que le FN est le plus plébiscité. Conséquence certainement  de l’offensive du lobby LGBT en faveur  du mariage et de l’adoption pour les couples homosexuels,     72% des personnes interrogées (+9 points ) sont d’accord  avec  l’idée selon laquelle « on ne défend pas assez les valeurs traditionnelles en France. »

     Lors d’une rencontre régionale  samedi de l’Azione Catolica en Italie, et commentant l’adoption par l’Assemblée nationale française de l’article de loi qui ouvre le mariage aux couples de même sexe, le cardinal Angelo Bagnasco a déclaré que  « nous sommes au bord du gouffre ». « L’Europe a oublié ses propres racines chrétiennes, les racines de sa propre culture et de la civilisation elle-même. En cherchant à éliminer systématiquement la religion de son propre horizon elle croit conquérir de nouvelles libertés, une autonomie inconnue à ce jour. (Mais) les pays européens qui ont validé ces lois dévoyées sur la vie, sur la famille, sur la liberté, sont en train d’apporter la preuve qu’ils n’ont pas accédé, au bout du compte, à une civilisation plus humaine ou solidaire, mais au contraire toujours plus individualiste et plus régressive. » « La famille, fondée sur l’union d’un homme et d’une femme liés par un pacte d’amour à travers le mariage et ouverts à la vie, est la cellule fondatrice de la société car c’est là qu’est assuré l’avenir des générations, et que l’on trouve la première cellule d’exercice de l’éducation et de la formation de la personne. »

     Un constat qui est partagé par beaucoup,  et ce rappel de l’importance de la famille, pilier de nos sociétés, et sur le délitement de laquelle prospère bien des drames,   n’est pas pour déplaire aux Français, croyants ou non constate Bruno Gollnisch. Tout juste peut on regretter avec Dominique Venner  que  « l’Église n’a jamais engagé son influence toujours grande dans le rejet de l’immigration de peuplement extra-européenne ». « Enjeu pour l’avenir autrement plus grave et lourd de conséquences estime M. Venner  que les lubies et revendications de la petite minorité homosexuelle ?  Sur la question de l’immigration, contrairement à celle du mariage, l’Église n’a rien à objecter. Bien au contraire, elle prêche le devoir d’accueil de l’Autre. Un  Autre , fut-il musulman, qui présente l’avantage de se référer à l’interprétation biblique de la transcendance (l’au-delà) face à l’immanence implicite d’une société européenne largement déchristianisée. »

    Si l’explication  mériterait d’être nuancée, il est en tout cas évident qu’il ne faudra pas compter sur les partis de droite dits libéraux  pour revenir sur les mauvaises lois édictées par la gauche . Ainsi, si  le  parti populaire espagnol revenu au pouvoir après la défaite du parti du Premier ministre  Zapatero,  dont la majorité parlementaire  avait légalisé le mariage gay en 2005, n’a pas aboli  cette loi,  le retour au  pouvoir de l’UMP  se solderait par la même inertie. Jamais la droite  libérale ne revient sur les réformes dites  « sociétales » après les avoir combattues de manière  aussi  théâtrale que véhémente,  comme nous le constatons   avec les actuels  débats à l’Assemblée.

     Ce qui est vrai pour ce projet de loi en faveur du mariage et  de l’adoption pour tous, le sera aussi demain le droit de vote des immigrés pour peu que  celui soit promulgué dans notre pays. C’est aussi la raison pour laquelle notre pays  a  besoin d’un FN fort et puissant, un vœu partagé par un nombre croissant de Français comme le poruve le sondage cité plus haut.

     Ancien responsable de SOS racisme et actuel député PS de l’Essonne,  Malek Boutih a déclaré mardi sur RMC que l’arrivée au pouvoir  de la droite nationale populaire et sociale  n’était plus dans le domaine du fantasme : « Je vois les idées du Front National pénétrer toutes les couches de la population, y compris dans les banlieues, dans les cités. Aucune catégorie sociale ou culturelle n’est à l’abri des idées de l’extrême droite (sic) ». «On est dans nos débats techniques, nos débats juridiques, nos débats sur le mariage pour tous, mais moi je vois les queues devant les caisses d’allocations familiales, les personnes qui couchent dans la rue… ». « Toutes les conditions sont en train de se réunir pour que (le FN, ndlr)  prenne le pouvoir en France » affirme M. Boutih.  Il serait temps !

    http://www.gollnisch.com

  • [Tribune libre] L’Europe de la Défense sera continentale ou ne sera pas ! – par Marc Rousset

    PARIS (NOVOpress) - Accaparés depuis plus de trois ans par la crise de l’euro, les dirigeants de l’Union européenne (UE )ont voulu montrer lors du dernier sommet européen en décembre 2012 qu’ils avaient aussi d’autres ambitions. Ils ont ainsi décidé de relancer le débat sur la défense européenne, à laquelle ils consacreront un sommet fin 2013. Au-delà de la dimension politique, il s’agit surtout de renforcer la coopération en faisant des économies à l’heure des restrictions budgétaires. Mais ce n’est là que le petit côté de la lorgnette cher aux technocrates et aux incapables droit de l’hommistes, libre-échangistes et immigrationnistes qui nous dirigent ! Il manque à l’Europe de la Défense une vision gaullienne à long terme, une vision stratégique !

     

    Il faut quitter l’OTAN alors qu’aucun pays européen n’est véritablement prêt à l’envisager !
    La triste réalité, c’est que nous sommes revenus à l’ère pré-gaullienne ! Il ne se trouve aujourd’hui aucun pays en Europe pour envisager un format exclusivement européen dans le domaine de la défense mutuelle. Principal partenaire et allié de la France à l’intérieur de l’UE, l’Allemagne est sur une ligne d’affirmation géo-économique. Elle néglige les questions militaires avec un budget ridicule de la défense (1,3% du PIB) et privilégie l’appartenance à l’OTAN qui lui permet de contrebalancer son partenariat commercial et énergétique avec la Russie. L’UE constitue un vaste et distendu Commonwealth paneuropéen dont on peine à imaginer la transformation en une unité politico-militaire. La construction européenne a d’autres priorités que les questions de défense (1).

    La dissolution de l’OTAN mettrait cependant l’Europe devant ses responsabilités, suite à la nécessité de constituer une défense crédible avec un niveau plus ou moins grand d’intégration.IL faudrait commencer par mettre en commun tout ce que l’on peut sans perdre son autonomie de décision puis, ensuite, aller vers des regroupements industriels ou nationaux. Mais tant que l’OTAN existera, rien ne se passera et l’Europe restera une vassale des Etats-Unis.

    Par ailleurs, la Russie considère l’OTAN comme une menace et sa dissolution permettrait un rapprochement avec ce pays dont la place est maintenant dans le concert européen tant nous avons d’intérêts économiques et politiques communs (2).

    Une Défense française qui part à vau-l’eau avec un budget en peau de chagrin
    Lors de son audition le 11 Juillet 2012 devant la commission de la Défense de l’Assemblée nationale l’amiral Edouard Guillaud, chef d’état -major des Armées, a souligné que la Force océane stratégique (FOST) est mise en œuvre par 3.200 marins(effectif équivalent à celui des agents municipaux d’une ville comme Montpellier). L’effectif de l’armée de l’Air est équivalent à celui de la RATP. Le Groupe PSA pèse en effectifs deux fois plus que l’armée de terre. L’Allemagne consacre à la défense un budget comparable alors qu’elle ne dispose pas de dissuasion nucléaire et qu’elle est moins impliquée que la France sur la scène internationale. L’armée britannique, armée jumelle de la France, dispose d’un budget supérieur de 40%.

    A l’époque du général De Gaulle, le budget de la Défense représentait près de 5% de la richesse nationale ; le budget de l’Etat était en équilibre et les dettes contractées pendant et après la guerre en cours de remboursement. Avec une part du PIB de 1,6% consacrée à la Défense, soit 10% du budget de l’Etat, la France a divisé par 3 son effort de défense depuis 50 ans. Les intérêts de la dette qui n’ont cessé de gonfler depuis 35 ans, malgré des taux nominaux anormalement bas, représentent une fois et demie le budget de la Défense !

    Jamais l’Armée française n’aura connu un volume de forces aussi faible dans son histoire depuis la Révolution. Le budget de la Défense devient une variable annuelle d’ajustement alors qu’il importe d’avoir une vision cohérente à long terme. On assiste en fait à un effondrement radical des moyens matériels et humains ; un démantèlement est en cours. Les politiques de l’UMPS savent qu’ils n’ont pas de syndicats à affronter, de grève à craindre d’un corps où la discipline et le sens de la mission priment sur tout. Le moral est en chute libre comme l’atteste la diminution des renouvellements de contrat. Voilà plus de soixante ans, le général De Gaulle avertissait déjà dans un discours fameux : « La Défense ? C’est la première raison d’être de l’Etat. Il ne peut y manquer sans se détruire lui-même ! » La France se doit cependant de concevoir une force militaire plurivalente pouvant s’opposer à des menaces polymorphes et à un ennemi protéiforme.

    Dès les premiers jours de l’intervention française au Mali apparaissent les insuffisances de nos armées en moyens de transport, ravitaillement, matériel (Transall pour acheminer les troupes à bout de souffle, 2 drones Harfang en bout de course après 3 ans de service et 5.000 heures de vol en Afghanistan….). Paris a dû demander l’aide des Etats-Unis et de ses partenaires européens, comme cela avait été déjà le cas en Libye. La France, au-delà des rodomontades de François Hollande, est incapable d’intervenir d’une façon sérieuse en Syrie, car elle n’en a pas les moyens militaires. L’Armée française devient de plus en plus une équipe de démonstration de vente de matériel militaire à l’exportation sur échantillons. Berlin fait comprendre à Paris que l’ «on ne peut pas voyager éternellement en 1ère classe avec un billet de seconde » !

    Si nous ne voulons pas aller droit dans le mur, ce n’est pas 30 milliards d’impôts en plus par an qu’il fallait lever sur les ménages, mais réaliser 160 milliards de diminution des dépenses publiques (2 millions de fonctionnaires en trop par rapport à l’Allemagne), tout en augmentant le budget et les effectifs des armées !

    Il faut sauver l’industrie française technologique de l’armement
    Il n’y a pas de défense sans industries de défense. La France possède une industrie capable de fabriquer l’ensemble de ses armements et matériels, soit 4.000 entreprises de haute technologie qui exportent annuellement pour 6 milliards d’euros : programme Scorpion de modernisation de l’armée de terre, poursuite du déploiement de Félin, tenue haute technologie du fantassin, drones, missiles de moyenne portée, hélicoptères, etc. Thalès, dont Dassault Aviation est l’actionnaire de référence au côté de l’Etat, est devenu le pivot de l’industrie militaire française en montant de 25 % à 35 % au capital de DCNS (porte-avions, sous-marins, frégates, leader européen du naval militaire).

    Les Etats-Unis, tout en s’appuyant davantage sur les budgets européens à l’OTAN, souhaitent conserver pour eux le rôle central, en tant que maîtres des fonctions « hautes » (puissance aérienne, défense antimissile) dont dépendront toutes les autres, celles des « niches » ; ce qui remettrait en cause l’autonomie stratégique de la France et de l’Europe.

    On ne peut donc que se réjouir du succès du drone de combat Neuron en décembre 2012, conçu par Dassault Aviation en coopération avec six industriels européens. C’est le premier avion de combat furtif qui préserve l’autonomie européenne dans ce domaine. Neuron est le plus important programme de recherche et de technologie européens sous la direction d’un unique maître d’œuvre.

    Même pour les souverainistes purs et durs, l’Europe de la Défense est incontournable
    En 15 ans, la part des dépenses militaires de l’Europe dans le monde est passée de 31 % à 19 %, pendant que les Etats-Unis continuaient à représenter 44 % de ceux de la planète et que les pays émergents montaient en puissance à une vitesse impressionnante, notamment dans le domaine naval. L’Europe ne consacre plus que 1,6 % de son PIB à sa défense contre 5 % pour les Etats-Unis. En 2011, les dépenses militaires sont tombées dans l’UE à environ 180 milliards d’euros contre plus de 200 milliards il y a cinq ans. En 2011, les dépenses militaires des Etats-Unis ont été de 739 milliards de dollars, celles de la Chine de 90 milliards de dollars, celles du Royaume-Uni de 63 milliards de dollars, celles de la France de 59 milliards de dollars. Quant à la soi -disant puissance impérialiste russe , son budget était seulement de 53 milliards de dollars, c’est-à-dire un quinzième du budget de l’Amérique, et la pacifique Allemagne ferme le ban avec un budget de seulement 44 milliards de dollars. Une coopération des pays européens pour survivre s’impose donc.

    L’Europe constitue encore un marché important pour l’industrie de l’armement. La concurrence actuelle pour le marché de l’avion multi-rôles profite exclusivement à l’industrie américaine. IL faudrait une véritable Agence européenne de l’armement. Les militaires des différents pays devraient apprendre à travailler ensemble sans la tutelle américaine. Survivre ensemble ou disparaître séparément, tel est le dilemme !

    Le groupement français de PME Eden qui se présente comme le premier cluster de défense, de sécurité et de sûreté à vocation européenne a signé le 12 juin 2012 une convention avec Renault Trucks Défense, son parrain à l’exportation. Parallèlement, Eden a noué une alliance avec un cluster qui lui ressemble, l’allemand GSV, basé à Düsseldorf qui, a lui, pour parrain le géant allemand du matériel terrestre Rheinmetall.

    Pour la première fois, la Corée a vendu en 2011 un sous-marin à l’Indonésie. Les Européens en ordre dispersé sont contraints aux alliances. Pour les sous-marins l’allié naturel du français DCNS est l’allemand TKMS. Pour les bâtiments de surface, le jeu est plus ouvert avec l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et la Grande-Bretagne.

    L’armement terrestre européen est très émietté ; il compte dix acteurs, dont trois en France : Nexter, Panhard et Renault Trucks Défense (Groupe Volvo). Des alliances et regroupements vont donc bientôt s’effectuer par le biais de Thales, EADS et Rheinmetall. Troisième exportateur mondial d’armement en 2011 grâce à l’exportation de ses blindés Leopard, l’Allemagne cultive de grandes ambitions dans le secteur des drones où elle voudrait jouer un rôle de leader.

    L’Europe de la Défense sera continentale ou ne sera pas
    Après la monnaie, l’Europe doit s’attaquer aux problèmes de l’énergie, des institutions, de la défense. Tant qu’il n’y aura pas d’union politique, totale ou partielle, l’organisation d’une défense européenne intégrée n’est pas envisageable. L’opération Atalante qui regroupe un certain nombre de bateaux de l’Union pour la lutte contre la piraterie montre que les moyens de plusieurs pays européens peuvent être mis en commun efficacement.

    Le véritable projet mobilisateur, plus qu’un souverainisme étroit, irréaliste, enfantin, nous parait être celui d’une Europe carolingienne qui se libérerait du protectorat de l’OTAN et des Etats-Unis ! C’est ce que souhaite l’Allemagne à très long terme avec un noyau dur de pays européens prêts à franchir le pas ; elle ne fait que reprendre à sa façon, avec une Europe à plusieurs vitesses, le projet gaullien.

    Contrairement aux apparences, l’échec de la fusion EADS/BAE n’est pas une catastrophe pour l’Europe de la Défense ! BAE souhaitait en fait écouler tout son matériel conçu pour le marché américain au détriment des principaux programmes de défense français et surtout allemand (Cassidian). Le paradoxe, comme le remarque Alexandre Adler (3), est que c’est Berlin qui aura opposé en définitive à cette ultime ambition britannique sur le Continent, un nein, certes très allemand dans la forme peu enveloppée, mais très gaullien sur le fonds substantiel. Il s’agit en fait de maintenir coûte que coûte EADS comme le cœur technologique d’un projet de défense européenne indépendante.

    L’attitude nouvelle de l’Angleterre est une chance pour l’Europe continentale de la Défense
    L’Angleterre a rejoint la CEE afin d’empêcher de l’intérieur la construction d’une « Europe puissance ». C’est d’ailleurs ce qu’ont fait depuis avec brio, accords de Saint-Malo inclus, tous les gouvernements britanniques successifs. Plus l’Europe se rapproche d’une quelconque unité, plus la Grande-Bretagne cherche à s’en détacher. Il n’est pas impossible, même si cela est peu probable que, suite à un référendum, l’Angleterre quitte l’Union Européenne. 50 % des Britanniques disent vouloir quitter l’UE. Le Royaume-Uni, d’instinct, comme l’avait déjà fait remarquer Winston Churchill avec l’appel du Grand Large, préfère penser global plutôt européen.

    L’élément nouveau, c’est que l’Angleterre eurosceptique accepte la naissance d’un fédéralisme européen à base franco-allemande et donc la création d’une Europe à deux vitesses. La perfide Albion maintiendrait certaines positions mais cesserait de paralyser les efforts des autres. « Nous n’entendons pas nous opposer à une intégration politique plus poussée des pays de la zone euro qu’exige la solution à la crise », a pu même dire le ministre des Finances britannique George Osborne.

    Rien n’empêchera cependant de continuer d’envisager à terme une coopération militaire pragmatique, au cas par cas, avec l’Angleterre qui sera prise à terme entre le marteau des Etats -Unis et l’enclume de l’Europe continentale carolingienne. C’est dans ce contexte que Jean-Yves Le Drian et son homologue britannique Philip Hammond, ont signé en 2012 deux importants accords cadres qui concernent les drones.

    Le premier porte sur un contrat d’études de 13 millions d’euros attribué à BAE Systems et Dassault Aviation pour lancer les premiers travaux du Système de combat aérien du futur (Scaf) à l’horizon 2030. BAE avec son Taranis tout comme Dassault Aviation avec le Neuron ont déjà acquis un précieux savoir-faire. Le second accord est un prélude à la constitution d’une task force franco-britannique dans les drones tactiques aux alentours de 2014-2015. L’armée de terre française qui doit remplacer ses drones Sperwear, testera pendant un an le Watchkeeper, un drone de reconnaissance développé par le français Thales pour l’armée britannique.

    Alliance continentale avec la Russie et renégociation du Traité de l’Alliance atlantique après le retrait des pays européens de l’OTAN
    Une révolution culturelle de type gaullien s’imposera un jour en matière militaire à l’Europe ! La Russie est le chien de garde de l’Europe à l’Est face à la Chine et au danger islamique dans le Caucase et en Asie Centrale. En soutenant des mouvements de contestation internes, l’Europe valet des Etats-Unis joue contre son propre camp. Ni la Sainte Russie ni son Président ne représentent un quelconque danger pour l’Europe. La France et l’Allemagne doivent s’opposer avec force au sein de l’OTAN au système de défense anti-missile, arme anti-russe de Washington.

    Vladimir Poutine a annoncé que la Russie consacrerait 600 milliards d’euros à l’industrie de défense dans les dix ans à venir. Après l’humiliation de la désagrégation générale du pays à l’ère Eltsine, Poutine rend aux Russes leur fierté de citoyens d’un grand pays. La Russie s’oppose à un universalisme (jus gentium) qui fournit des prétextes intéressés à l’interventionnisme occidental, ne respecte pas le droit souverain des nations (jus intergentes) et attise les conflits plus qu’il ne les apaise. Même s’il représentera environ un dixième du budget militaire des Etats-Unis et la moitié de celui de la Chine, le budget militaire de la Russie devrait s’élever à 54 milliards d’euros en 2013 , contre 47 pour la France et la Grande-Bretagne et seulement 35 milliards d’euros pour l’Allemagne.

    Si le Kremlin a gagné en Tchétchénie et plus récemment en Géorgie, il le doit surtout à la vaillance de ses soldats qui a permis de compenser un profond retard technologique. La Chine n’a pas oublié qu’un territoire vaste comme deux fois la France, le Primorié et le sud du Kraï de Khabarovsk , lui appartenait jusqu’aux fameux traités inégaux de 1858-1860. Et Moscou n’en a pas fini avec le fondamentalisme sunnite d’Asie Centrale et du Caucase, le retour probable des Talibans après la défaite inéluctable de l’OTAN et des Etats-Unis en Afghanistan, attentats suicide. Comme disait Trotsky : « La guerre ne vous intéresse peut-être pas, mais elle s’intéresse à vous » (4).

    Une Europe carolingienne devrait donc envisager une alliance militaire et non plus seulement une simple coopération industrielle, énergétique avec la Russie. La présente coopération technologique en matière aéronautique et spatiale devrait être bien évidemment renforcée. Après le retrait de l’organisation militaire intégrée de l’OTAN, le Traité de l’Alliance Atlantique, signé à Washington dans un contexte tout à fait différent (4 avril 1949) , devrait être renégocié sur une base égalitaire avec les Etats-Unis tandis qu’un traité d’alliance continentale serait signé avec la Russie, où l’on pourrait remplacer schématiquement le mot Etats-Unis par Russie.
    L’Europe européenne se retrouverait ainsi libre et équidistante de la Russie et des Etats-Unis.

    Le problème à terme de la langue européenne de commandement
    Quitte à faire sourire les irréalistes qui se croient réalistes et qualifient les défenseurs de la langue française et les espérantistes d’utopistes, sans avoir approfondi et réfléchi véritablement à la question, à terme la langue de commandement des forces armées européennes continentales ne pourra être, à défaut du français, que l’espéranto. Cette langue éthique, neutre, sept fois plus facile à apprendre que l’anglo-américain, est la seule langue capable de se substituer au basic english pour nous défendre culturellement contre le soft power des Etats-Unis. L’introduction de cette langue ne peut correspondre qu’ à une volonté politique européenne, de la même façon que le système métrique, introduit par Talleyrand en 1792 lors d’un simple discours à la Convention, s’est progressivement et naturellement imposé à tous les pays européens

    Dans les armées, le multilinguisme a ses limites ; il faut une langue commune. A terme, de la même façon que les armées de Byzance étaient commandées en latin, les Armées de l’Europe devraient donc être commandées en français ou beaucoup plus probablement en espéranto !

    Conclusion
    Rien ne se fera en matière d’Europe de la défense tant que la France et l’Allemagne ne seront pas persuadées de leur « communauté de destins » (Schicksalgemeinschaft) (5) dans ce monde du XXIème siècle qui n’est plus celui de l’Europe du Congrès de Vienne en 1815. Suite au laxisme chiraquien et à l’incompétence socialiste, le cinquantenaire du traité signé le 22 janvier 1963 à l’Elysée par Charles De Gaulle et Konrad Adenauer est malheureusement une occasion ratée ; la France actuelle ne s’attirant à juste titre qu’un mépris mérité par les Allemands. Le paradoxe est que c’est l’Allemagne qui reprend à sa façon le projet gaullien, sans le dire !

    La France avait déjà fait preuve d’une suffisance stupide, d’un orgueil non justifié en 1994, en refusant l’union politique proposée par le rapport Schäuble-Lamers sous forme d’un noyau dur de l’Union. Les Allemands ont même considéré l’abandon du DM demandé par la France et l’introduction de l’euro , qu’ils ont accepté avec reluctance, comme une sorte de paiement anticipé pour réaliser une union politique. Les Français qui se plaignent aujourd’hui de l’euro allemand ne sont vraiment pas à une inconséquence près de leur légèreté et n’ont qu’une cervelle indigne de moineau !

    Valéry Giscard d’Estaing dans son plaidoyer pour l’Europe unie (6) exprime le vœu que le président français, la chancelière allemande, et deux ou trois autres grands dirigeants se mettent autour d’une table pour rédiger le projet d’une Europe unie monétaire, budgétaire et fiscale. Il remarque que la compétence monétaire est réalisée, la compétence budgétaire est en train de voir le jour et que la compétence fiscale reste à faire. Il passe sous silence et ne dit pas un mot de l’Europe de la Défense qui ,dans son esprit, ne pourra sans doute venir qu’ensuite. Le défi  selon Giscard d’Estaing : « Comment organiser une puissance européenne que les autres puissances respectent ; sa réponse : faire l’Europe-Unie pour 2030 ! »

    N’oublions pas que demain le monde unipolaire américain aura disparu avec la montée en puissance de la Chine, de l’Asie, du Brésil, de l’Inde, des pays émergents, de la Russie, de la démographie africaine ! IL importera alors au pôle européen de pouvoir se défendre seul avec ses propres moyens! Cela est d’autant plus vrai que les Etats-Unis commencent déjà à se redéployer vers le Pacifique tandis que le reste du monde, l’Europe exceptée, réarme !

    Marc Rousset, http://fr.novopress.info
    économiste, écrivain, auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »

    (1) Philippe Maze-Sencier et Jean-Sylvestre Mongrenier, “Conforter la présence française dans l’OTAN”, Le Figaro du 19 mai 2012
    (2) François Jourdier-Officier contre Amiral (2S), article Revue de la Défense Nationale, publié par Magistro, 2 décembre 2012
    (3) Alexandre Adler, “Cameron ouvre la voie à un fédéralisme européen”, Le Figaro du 13 octobre 2012
    (4) Philippe Migault, chercheur à l’Iris, “Réarmement Légitime”, La Russie d’aujourd’hui, 2012
    (5) Concept du sociologue allemand Max Weber (1864-1920)
    (6) Valéry Giscard d’Estaing, “Plaidoyer pour l’Europe unie”, Le Figaro du samedi 19 Janvier 2013

  • L’adoption/PMA/PGA ouverte au mariage homosexuel est un automatisme lié à l’absence de différence de statut juridique entre le mariage homosexuel et hétérosexuel

    Dans le cadre du débat français sur l’ouverture du mariage civil aux unions de personnes de même sexe, la question a été posée de savoir si les mariages dits "homosexuels" bénéficiaient automatiquement du droit à l’adoption, de la PMA et de la GPA, ou s’il était possible de distinguer l’obtention du droit au mariage homosexuel de celui de l’adoption (voire ensuite de celui à la GPA) pour les mariages homosexuels.

    Cette crainte est fondée : Le droit à l’adoption pour les mariages homosexuels est lié au statut du "mariage" en droit civil, et constitue donc un corollaire juridique inhérent et indissociable au statut de "mariage" civil.

    Dès lors que le statut juridique du mariage aura été amendé (ouverture du mariage aux personnes de même sexe), l’adoption par les couples mariés homosexuels leur sera automatiquement ouverte par voie juridique. Rien ni personne ne pourra s’y opposer. En effet, si l’adoption est reconnue aux couples mariés hétérosexuels, elle ne saurait être refusée aux couples mariés homosexuels (en raison de l’impossible discrimination fondée sur le sexe et/ou sur l’orientation sexuelle) ; le critère juridique reposant sur l’identité des statuts juridiques.

    Puisque l’objectif politique est d’ouvrir le statut juridique du "mariage" aux unions homosexuelles, mariage homosexuel et mariage hétérosexuel sont reconnus identiques, comparables, substituables. Ces statuts sont juridiquement indifférenciés et bénéficient donc de tous les droits attachés au mariage et en particulier de celui de l’adoption.

    Il suffit pour s’en persuader d’étudier l’acquis communautaire de l’Union européenne (c.f. reconnaissance mutuelle des documents de statut civil, problématique de la reconnaissance mutuelle des mariages et adoptions conclus dans un Etat Membre) ainsi que les arrêts de la Cour européenne des droits de l’Homme du Conseil de l’Europe sous l’angle de l’identité juridique des situations dès lors que les parties en cause se trouvent dans une situation juridique comparable à celle des couples mariés, indépendamment du sexe ou de l’orientation sexuelle (cf. l’arrêt "Gas Dubois" (requête no 25951/07) de la CEDH).

    Par conséquent, même si le gouvernement ou l’Assemblée parlementaire retirait de la proposition législative le droit à l’adoption pour les mariages homosexuels, ce droit serait, de toutes les manières, automatiquement reconnu par la jurisprudence européenne sur base de l’identité juridique des mariages homosexuels et hétérosexuels.

    Démonstration :
    - 1. L’arrêt "Gas Dubois" de la CEDH dit en résumé : les deux femmes plaignantes ne pouvaient faire valoir leur droit à l’adoption et donc à la discrimination car, en 2012, le mariage n’était ouvert qu’au couple homme-femme. L’argumentation est fondée sur l’identité différente des deux statuts juridiques.
    - 2. La loi Taubira passe, avec ou sans adoption mais hors PMA. Le gouvernement déclare que la PMA n’est pas à l’ordre du jour.
    - 3. Les Etats généraux sur la Famille et l’Ethique sont lancés sur la PMA
    - 4. Dès l’entrée en vigueur de la loi Taubira, la CEDH sera saisie et condamnera immanquablement la France puisque les deux mariages homosexuel et hétérosexuel seront reconnus identiques.
    - 5. La CEDH prime le droit français, elle retiendra la discrimination (pour les couples mariés homosexuels de ne pas pouvoir adopter) car en droit européen les mêmes droits sont applicables quels que soient les types de couple (non discrimination fondée sur le sexe et/ou l’orientation sexuelle) face aux situations juridiques identiques.
    - 6. L’adoption et la PMA seront donc imposées par la CEDH à la France.
    - 7. Le gouvernement peut se cacher derrière la jurisprudence européenne, et l’adoption pour les mariages homosexuels est assurée.

    Conclusion : On ne peut s’opposer à l’adoption par les couples homosexuels qu’en s’opposant au mariage pour tous, dès l’origine, car tout est lié.

    Tobias Teuscher. Parlement Européen.

    Martha Thès Institut de Politique Familiale France www.ipfe.org

    http://www.actionfrancaise.net

  • Vers la révolution médiévale à la française (I)

    Le premier des bienfaits dont nous soyons,
    positivement, redevables à la Science, est d’avoir placé
    les choses simples essentielles et "naturelles" de la vie
    HORS DE LA PORTEE DES PAUVRES.

    Villiers de l’Isle-Adam

    Il ne faut rien attendre des politiques. La crise qui frappe la France frappe partout, parfois plus fort, parfois moins fort. On sait qui est Hollande, on sait qui est Copé ou le suivant, on sait que la candidate en liquette n’a pas daigné se rendre à la manif cardinale, celle qui défendait la famille, la seule importante qui soit, puisque comme le dit Chesterton la famille est le seul état qui crée et qui aime ses citoyens. Les Etats en occident aujourd’hui ne rêvant que de les détruire ou de les polluer, leurs citoyens.

    Mes lecteurs savent que j’insiste beaucoup sur les leçons de l’histoire et des grands esprits ; si l’on peut appliquer Juvénal, La Boétie, Montesquieu ou bien Tocqueville à notre époque, c’est qu’il y a bien peu de chances d’améliorer les choses ! On aurait pu, dans la première moitié du siècle dernier, aux temps de Péguy et Bernanos, et l’on a complètement échoué, se contentant de la mécanisation et des guerres du Péloponnèse, comme dit Stoddard, qui ont exterminé l’élite guerrière et spirituelle de la race blanche et préparé une fin du monde molle et interminable, grise et polluée, flasque et fainéante. On ne l’emportera pas au paradis. De toute manière les temps heureux n’existent pas et les temps brillants sont bien courts ; la Grèce, le siècle de saint Louis, la renaissance italienne, l’époque romantique ? Mais assez de tourisme historique. Et assez de pensée globale et de commentaire creux sur l’actualité et sur ce monde soi-disant devenu fou.

    Pour se sauver, il faut commencer à se sauver soi-même, c’est ce que fait Noé avec sa famille et ses meilleurs animaux. Le système l’a compris et propose des milliers de bouquins aux damnés de la crise, entre deux salles d’attente, ces métaphores du purgatoire où nous passons nos vies. Mais il faut penser une révolution personnelle, immédiate, médiévale et pratique. Les outils sont déjà là, modestes solutions, depuis longtemps : on a Céline et le rigodon, Tolstoï et son mir russe, Tolkien et les Hobbits, William Morris et le socialisme artisanal du règne victorien. Une forme de retour à l’ancienne, une manière chic et étrange de se mettre en marge du monde en recomposant peut-être un passé hybride puisé aux bonnes idées de tous les passés... Cette mise en marge du monde mérite bien sûr un livre que j’écrirai peut-être, et qui s’articulera sur les points fondateurs suivants.

    - La famille et la communauté : il ne faut pas repenser à fonder la grosse société, elle est foutue et je dirai même qu’elle est une abstraction. Il faut penser à sauver les siens, et je dirai non pas tant chercher à sauver leurs corps (on vivra vieux de toute manière, car pour l’instant cela arrange la matrice) que toute leur âme. Le village est aussi à reconstituer avec son espace sacré, toujours attaqué par les médias, y compris et surtout par le prisonnier ; il est vrai qu’on a eu les villages de vacances et la tradition parodiée par la prostitution touristique. Mais Giono ou bien Pagnol y tenaient, à leur regain villageois, et ils avaient raison. On verra les cités médiévales après. Voyez le curieux film de Shyamalan sur Le Village.

    - La mise en colère. On ne se pose qu’en s’opposant. C’est ce qui manque aux chrétiens d’aujourd’hui, on les a rendus tristes et fatigués en interdisant la juste colère. Les pères de l’Eglise défendent la colère, et le Christ se met en colère, et saint Paul défend la colère. « Que le soleil ne se couche pas sur votre colère, et ne donnez pas votre entrée au démon »... Tocqueville l’a dit, que la démocratie vise les âmes. Je dirai en tombant parfois la télé qu’elle cherche à remplir l’enfer, la démocratie, et qu’elle y arrive peut-être, vu le tonnage d’abjections ahuries et vu surtout l’absence de réaction en face : les gens sont désensibilisés comme les zombis. La guerre que nous livre la brutalité technologique, la guerre que nous livre la salauderie médiatique, elle est métaphysique, elle est démiurgique pour qui sait la voir en face. Essayez une nuit de télé ou un jour de dessins animés pour voir. Et pensez au suicide pontifical de Tony Scott, le cinéaste luciférien.

    - Il faut donc fuir la matrice et les médias, comme dit déjà Thoreau en 1840, et je dirai aussi qu’il faut diaboliser ces outils matriciels et technologiques, parce que c’est en diabolisant que l’on crée une civilisation et c’est en diabolisant que l’on ne finit pas en enfer. Tout simplement. Lisez les pères de l’Eglise, ils ne disent pas autre chose, j’en parlerai un jour, mes preuves à l’appui, des pères de l’Eglise. On n’a pas besoin d’un psychiatre ou d’un diététicien ou bien d’un sexologue quand on est un chrétien. On a besoin de s’en tenir aux péchés capitaux. La technophilie est une addiction, une techno-syphilis et il faut s’en soigner avant. Je vois les effets dévastateurs sur l’enfance et sur l’adolescence mais sur la sénescence aussi. Mais je vois aussi que la jeunesse n’était pas très bien avant Internet et avant la télé : il faut donc en tenir compte, apprendre aussi à s’en passer et parfois bien l’utiliser, cette technique, et moins longtemps. Et proposer des vraies activités. Le petit monde fuit dans son iPad parce que le monde s’ennuie et crève à petit feu de sa petite vie. Il faut lui redonner une réalité à tolérer et à aimer. Il faut aussi qu’il se la donne et la vive. Car sinon gare aux vierges folles.

    - Il faut aussi fuir l’argent et penser moins à en gagner qu’à en dépenser peu. Il faut fuir l’idée de l’argent plus encore que l’argent. J’ai un ami millionnaire qui dit que maintenant la vie est tellement chère pour lui le riche qu’il se considère comme faisant partie de la classe moyenne supérieure. Ce n’est pas une blague : le fait que des centaines de millions vivent confortablement maintenant sur la terre retire au gain d’argent une bonne part de sa crédibilité. L’argent offre de moins en moins d’avantages. Pour vivre comme un bourgeois de jadis il leur faut des milliards. Il faut penser aux coins où d’être homme d’honneur on ait sa liberté, et utiliser la technologie pour économiser les transports : le système pas fou s’est bien gardé de le faire !

    - Je continue sur l’argent. Si ce système ne trichait pas, il éclaterait ce soir. La conspiration maintient la fiction d’un demi-million de milliards de dollars de dette planétaire ! lisez bien ce chiffre, car c’est le bon ! Les banques centrales ne cessent de fabriquer des billets pour racheter des dettes et sauver les marchés ! l’argent n’a jamais été à ce point une illusion, une matrice au sens du film. Bernanke, Draghi et les Goldman Guys ont dé-sublimé l’argent pour parler comme Marcuse (à propos du sexe, de l’art et de la culture). Il ne sert plus à grand-chose dans un monde saturé, bourré, obèse et trente mille fois revisité (je pense aux voyages les pauvres : qui est encore assez con pour voyager, comme disait Beckett ?). Je vois aussi que les gens se méfient avec raison du virtuel : ils veulent à nouveau de l’or, ils veulent même cultiver de la terre, revenir au concret, cultiver leur jardin. Personne ne se fie vraiment plus du dollar ou de l’euro, on ne sait à quelle sauce les gars de Goldman nous mangeront quand ils auront tout épuisé. Oublier l’argent, revenez au solide. Ce mot vient de sou d’ailleurs. Cultiver son jardin : l’avenir, disait Audiard, est au kolkhoze fleuri.

    - Il faut aussi fuir les transports. Celui qui ne se déplace pas passe pour un fou, mais il liquide vraiment le système. Rien ne rend plus triste que le métro, les embouteillages, rien n’aliène plus, rien n’ahurit plus à part le centre commercial. Il faut se débarrasser aussi des aéroports, ce monde repose sur les transports ce qui en termes raciniens désigne un mal-être suprême. Pour les transports on aura toutes les guerres que vous voulez, en Irak, Syrie, Libye ou bien ailleurs. C’est l’outil fou qui a détruit le monde, voyez Gautier : « Quand tout sera pareil, les voyages deviendront complètement inutiles, et c’est précisément alors, heureuse coïncidence, que les chemins de fer seront en pleine activité. »

    - Il faut fuir la médecine. A court grâce à Dieu de somnifères j’ai récemment retrouvé la liberté d’un sommeil plus léger, éthéré, moins abruti, plus vivace ; la liberté de mes songes aussi. J’étais aussi idiot que Diogène avec son écuelle. 80 % des dépenses et des gestes médicaux sont de la farce moliéresque. Il faut se libérer de la dictature médicale qui a ruiné l’occident, ajoute des cauchemars inutiles et nous a transformés en petits pleutres et en robots trans-humains. La médecine a couvert la déshumanisation de l’homme en permettant le conséquent recyclage des foetus avortés pour tout type d’industries et d’activités. Un individu qui meurt gâteux à l’hôpital n’est pas un chrétien qui meurt dans sa chambre : quelqu’un aura dévoré son âme avant, le suçant par les tubes.

    - En fuyant la médecine on se libère, et je crois que Molière l’avait très bien compris. On peut aussi se libérer de la drogue, de l’alcool, du tabac, du vin même qui na plus de vin que le nom. C’est ce que j’ai fait et sans être devenu musulman pour autant j’ai retrouvé une acuité et un dynamisme que j’avais perdus. Il faut libérer les enfants et même les adultes de tout type d’addiction en se rappelant que le mal est ancien maintenant (les mémés aimaient les Beatles, les papis dansaient le jerk, ce n’étaient pas des modèles d’ados, déjà, n’oublions pas).

    - Il faut aussi fuir l’université et même l’école. Elles ne servent plus à rien, sauf à la minorité cooptée qui mène le monde à l’abîme. Plus on a de diplômés, plus on a de bons à rien et de chômeurs, de mal payés, de mécontents. 80 % de nos diplômés des grandes écoles doivent s’expatrier : pourquoi avons-nous alors de grandes écoles ? la moitié des diplômés en Espagne sont au chômage ! De qui se moque-ton ? En Amérique, on est couvert de dettes en sortant de la fac. Mais de qui se fiche-ton ? Le chômage frappera ailleurs demain, les pays émergents et tout le monde : c’est la logique du capital, l’irrationalité acceptable du système. Il faut au contraire apprendre un travail, ou en effectuer un. Il faut oublier dans bien des cas le leurre universitaire, la farce planétaire du diplôme. La mondialisation c’est gagner trois fois plus pour payer dix fois plus, je l’ai bien vu partout où j’ai pu voyager. Et les diplômes de finance et autres ont tué l’humanisme. La culture générale n’est plus qu’un souvenir pour jeu télé ou dîner de cons.

    - Au niveau culturel, je dirai qu’il ne faut plus en consommer. Marcuse rejoint ici Tolstoï : la salle de concert, la salle de musique, le grand stade culturel, c’est déjà de la désublimation, c’est déjà de la mort, du consommer de surgelé, du Picard en pixels et décibels. La culture actuelle, elle, est nulle, satanique ou bien recyclée : tapez-vous MTV la journée ou même la soirée pour bien voir. Il faut plutôt en créer une, de culture et à usage interne. Là je retrouve les socialistes médiévaux anglais du règne de Victoria qui ont accompagné Morris et inspiré Tolkien. Pour le reste la liste des livres à lire des grands classiques s’entend, est vite établie. On laissera Peter Pan et les histoires pour enfants aux Illuminati ! Redécouvrir une vraie culture chrétienne, le chant par exemple qui vous enseigne le pourquoi d’une église médiévale, le pourquoi aussi de notre corps : « Puisque l’homme était un vivant apte à la parole, il fallait que l’instrument de son corps fût construit en rapport avec les besoins du langage », écrit Grégoire de Nysse de son style sublime. Elle est là, la culture réelle, pas dans le Pariscope et les listings.

    - La cuisine. Je la découvre depuis mon mariage et je découvre donc qu’elle est une clé, y compris pour comprendre la Cène ou les noces de Cana. Trouvez quelqu’un sachant cuisiner, ou apprenez-vous-même. Sinon... Il faut pratiquer la musique, créer son orchestre familial comme faisaient les Irlandais il y a encore deux générations, il faut peindre, filmer, composer ses poèmes, sculpter, bricoler, et surtout cuisiner, chacun s’exerçant et chacun pratiquant le domaine dans lequel il excelle. La cuisine est la maison dans la maison, c’est le foyer sacré, ne gâchez pas votre cuisine. Et évitez le restaurant surtout le soir.

    Les Français, nous dit-on, adorent le bricolage, ils n’ont de toute manière plus le choix, et c’est très bien. Retrouver la vraie maçonnerie, la médiévale, l’opérative, pas la spéculative. Il faut travailler de ses mains. Celui qui le fera comme Celui qui était charpentier pourra même en vivre, ce qui lui évitera de prendre sa voiture ou le métro pour aller gagner un salaire dévoré par l’Etat, le stress et les impôts. Qui est assez riche pour travailler ou pour donner du travail encore dans cette France exsangue ?

    - En redécouvrant la culture on peut aussi redécouvrir une donnée importante : penser à réussir sa journée plutôt qu’à réussir sa carrière, ce qui me semble à la fois plus dur et plus audacieux. Voyez et revoyez ce film US incroyable, le Jour de la marmotte en anglais, cette journée qui recommence sans cesse jusqu’au moment où Bill Muray (un monsieur météo d’ailleurs) comprend qu’il peut réussir sa vie en saisissant l’essence d’une journée. Ce n’est pas le meilleur film de tous les temps, c’est le meilleur film de tout le temps.

    - Evidemment, le problème important est celui de l’espace, d’où ma notion de catholique parc. Le premier rêve pour restaurer le monde serait de se passer de voiture. Imaginez un département, une province sans voiture. L’Amérique du Sud me fascine pour cela, on y vit à part plus facilement, la terre est parfois moins chère (même si l’éthanol est passé par-là...), et l’on pourrait s’y rassembler plus facilement en faisant un choix de civilisation comme les monastères chrétiens ou les communautés érémitiques égyptiennes à la fin de l’empire romain. Tout est possible en France dans le centre ou l’Auvergne, en s’organisant mieux même en région parisienne, ce Valois où depuis plus de mille ans bat le coeur de la France (Nerval). On reconnaît les siens à leur mouvement, pas à leur couleur, dit aussi McGoohan. On verra vite la différence. Il y a ceux qui auront été dévorés par la technique, aspirés par leur bouffe, et il y a ceux qui auront gardé la vraie vitalité.

    - Et se faire accuser de secte ? Ce serait presque un compliment. Les premiers chrétiens étaient traités de sectes par tout le monde, relisez Celte. Mais ils ont tenu bon et ont assisté à l’auto-liquidation de l’impériale et dégénérée population d’alors. Au réveil il était midi, à dit Rimbaud, au réveil il n’y aura plus que des chrétiens.

    Ce texte n’est pas un manifeste ; je l’écrirai plus tard, et mieux bien sûr. Mais je développerai tous les points indiqués ci-dessus. Le plus dur n’est pas de vaincre la Bête, le plus dur est de lui survivre. Un père de l’Eglise, encore, Basile, je crois, et j’en termine pour cette fois :

    « La colère est comme le ressort de l’âme ; elle lui donne de la force pour entreprendre et soutenir les bonnes actions. »

    Nicolas Bonnal http://www.france-courtoise.info

  • Regard écologique sur la dette souveraine (2/2)

     

    Financiers, Agences de notation et Marché : levez-vous !

    De tout temps le métier du financier a été de trouver des ressources monétaires pour les affecter à des activités lucratives dont il tirerait un revenu partagé avec celui ayant fourni la ressource. Il en est ainsi de l'assurance-vie dédiée à financer nos retraites et dont le support principal est l'emprunt obligataire. Elle permet de faire vivre les assureurs – mais pas seulement ! – c'est un fait. Mais cela couvre aussi les besoins des Etats qui empruntent. La promesse faite aux épargnants est de disposer de cet argent plus tard. Se pose alors pour les collecteurs non pas seulement la question du revenu issu de ces placements, mais tout simplement celui de leur valeur actualisée sur des durées longues. Si l'emprunteur défaille, les engagements peuvent ne pas être tenus. Le collecteur défaille alors. L’épargnant pleure.

    Si les financiers durent inventer des techniques de plus en plus acrobatiques, c'est que la société leur demandait de le faire pour financer ses ambitions par la dette. Rappelons que tout ceci a commencé avec la crise des subprimes aux Etats-Unis. Les emprunteurs étaient des ménages à faible revenu, ayant déjà connu des défauts de paiement par le passé. Tout banquier sensé se serait normalement défié de cette population. Mais la pression politique fut forte. La réaction des banquiers de mutualiser le risque fut une attitude saine. Mais, en 2008, boum… Et l’on connaît la suite.

    Pour calmer l’opinion, il a fallu rapidement trouver un coupable très symptomatique. Bernard Madoff a fait l’affaire et il est aujourd'hui en prison pour le reste de sa vie. Il avait réalisé une escroquerie de type « chaîne de Ponzi », d'un montant de 65 milliards de dollars américains. Qu'est-ce qu'une chaîne Ponzi ? C'est un montage financier (très) simple par lequel les promesses faites aux uns sont honorées par les versements des suivants… qui ont reçu la même promesse, et ainsi de suite ; c’est un peu comme les régimes d'assurance retraite par répartition qui fonctionnent en payant les rentes des uns par les versements des suivants. Dans l'un et l'autre cas, il n'y a pas d'actifs immobilisés (ou pas beaucoup) en représentation des engagements. Cela fonctionne tant que la promesse attire de nouveaux adeptes, volontaires ou forcés. Tant que ça marche, tout le monde est content. Encore faut-il avoir des garanties sur la solidité des protagonistes.

    Depuis toujours, les prêteurs ont voulu avoir des renseignements sur ceux à qui ils prêtaient. La Banque de France le fait depuis des lustres. L'interdit bancaire est un signal fort pour alerter sur la solvabilité d'un emprunteur. Les agences de notation Moody's, Standard and Poor's et Fitch se font payer pour donner un avis sur la capacité des Etats à payer leurs dettes et voilà qu'elles se retrouvent responsables de la crise financière et accusées de ne pas avoir su anticiper la crise des subprimes ou la situation de la Grèce. Crime de lèse-majesté, elles osent même envisager que la Ve République française et les Etats-Unis seraient potentiellement insolvables. Peut-on accuser le thermomètre d'être responsable de la maladie ? Ces agences sont pourtant sous contrôle de la Securities and Exchange Commission (SEC), l'organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers : le gendarme de la Bourse américain.

    On accuse aussi le Marché. On parle de dictature du marché. Or, un marché est un lieu d'échanges dont la dynamique échappe à ses constituants. Si le marché ne veut plus financer la dette, c'est que chaque opérateur craint de ne jamais être remboursé. C'est tout. Il n'y a pas de volonté de nuire. L’immense majorité des actifs est détenue par des banques ou des sociétés d’assurances. Or, ce sont nos sous qu’elles gèrent. Imagine-t-on un maraîcher, par exemple, proposant sa production sur un marché comme il en existe des milliers en France et acceptant que les clients repartent avec leur achat sans payer, sans même avoir donné la moindre certitude de payer dans le futur ?

    Financiers et agences de notation ne sont donc pour rien dans la crise actuelle, le marché encore moins. Leurs désordres et réactions ne sont que la conséquence de choix politiques et sociaux que l'on n'interroge pas. La réponse doit donc être politique. Augmenter les impôts ne servirait à rien. Cela retardera sans doute un peu les échéances mais ne résorbera pas les causes structurelles des cycles vicieux de l'endettement souverain. La situation des pays concernés est d'ailleurs fort contrastée : alors que les Etats-Unis disposent de réserves fiscales importantes, n'attendant qu'une décision politique pour les utiliser, l'essentiel de leur budget étant consacré à l'armée, la France a sans doute atteint le taquet avec plus de 50% de prélèvements obligatoires.

    On n'évoquera pas la situation de la Grèce. En 2003, dans un entretien privé, un journaliste grec avait exposé les circonstances et les conséquences de l'entrée de son pays dans l'euro. Personne n'était dupe, mais la pression sociale fut forte. Pas de chance : les Grecs étaient nombreux en Allemagne. Comment expliquer à un jardinier grec qui gagnait 200 euros par mois que son homologue allemand en avait, lui, plus de 2.000 ?

    Cessons donc de stigmatiser les banques, les agences de notation, le marché et peut-être d’autres demain. Sans doute y a-t-il quelques aménagements à faire et quelques excès à supprimer, mais l'immense majorité de ces protagonistes a tenté de répondre aux demandes sociales avec ses pratiques, bonnes ou contestables, en espérant se faire un petit billet au passage. Ce qu'il faut donc interroger, c'est la demande sociale.

    La génération dorée, la civilisation des loisirs et le mythe du développement

    Pour le moment, tout est organisé par la génération dorée. Elle aura dominé nos sociétés de 1945-1960 à 2020-2035. En France, elle est associée au baby-boom, à Mai-68, à la génération Mitterrand, à la société libérale-libertaire d'aujourd'hui et au papy-boom qui commencera bientôt. Cette génération dorée qui s'est épanouie dans un âge d'or de notre civilisation européenne a imaginé toutes les utopies et tenté d'en réaliser pas mal. C’est elle qui aura écrit l’histoire de notre temps. Or, maintenant, le réel rappelle, encore modérément, qu'il est incontournable. Pourtant, tout va encore très bien. Les magasins sont pleins. Mais les crises ne sont jamais progressives : il y a des signes prémonitoires, plus ou moins bien interprétés, jusqu'à ce qu’elles s'imposent brutalement. En URSS, les magasins furent vides du jour au lendemain : pas progressivement.

    L’égocentrisme de la génération dorée sera certainement la caractéristique la plus significative que l’on retiendra d’elle. Aucune génération avant, et sans doute après elle, ne l’aura poussé à un tel paroxysme. Accrochés à leurs rentes comme des moules vissées sur leur rocher, même leurs héritiers commencent à trouver qu'ils occupent beaucoup de place. Ainsi, Arnaud Montebourg, du Parti socialiste, pourtant proche de 50 ans à l'heure où ces lignes ont été écrites, fut proprement dénoncé d'avoir osé demander de fixer à 67 ans l'âge limite des candidats PS aux prochaines élections législatives. Jack Lang, 72 ans, ancien ministre sous l’ère Mitterrand, s'insurgea contre cette demande vitupérant que la vraie jeunesse est dans les têtes.

    Cette génération a déjà reçu beaucoup de coups. Mais elle s'en moque car c'est elle qui impose sa partition. Jean Chakir, en 1973, dans Drôle de siècle, avait pointé les manifestations et les conséquences d’une de ses inventions : la civilisation des loisirs. Dans cette bande dessinée très drôle, on y voit des hippies qualifiés de précurseurs, des Africains vendus dans un supermarché, des machines énormes produisant de petits paquets, etc. Le cœur de la population ne travaille plus. Elle s'occupe à ses loisirs. Ce monde vu avec humour n'est pas tout à fait le nôtre, mais une société générant de plus en plus de personnes et de catégories sociales stériles d'un point de vue écosystémique est une réalité bien concrète. Parmi les mythes qui alimentent son inconscient collectif, cette civilisation des loisirs est sans doute celui ayant les conséquences les plus fortes aujourd'hui.

    L'idée est simple : vivre, ou plutôt jouir, sans entraves et sans travailler. Le travail ne doit pas être aliénant mais enrichissant. Machines et immigrés sont là pour assumer les tâches fastidieuses. Bien sûr, d'innombrables personnes ne sont guère concernées par cette utopie. Levées à 6 heures chaque matin, elles restent entre trois et quatre heures dans les transports, puis environ huit à dix heures sur leur lieu de travail pour terminer la journée épuisées. Le métro-boulot-dodo dénoncé dans les années 1970 est encore le quotidien d'une majorité d'Européens en France. Mais à 7 heures, dans le métro parisien, les visages pâles sont rares. Cette idéologie anime encore la génération dorée, celle des hippies précurseurs de Charik qui ont entre 55 et 65 ans aujourd'hui.

    La crainte de manquer de ressources pour financer cette civilisation des loisirs a, depuis, engendré un autre mythe indéboulonnable : le mythe du développement ou de la croissance infinie. Les écologues ont beau ressasser que les croissances infinies n'existent qu'en mathématique, aucun politicien n'ose envisager une autre perspective. Une croissance de 0,1% en plus ou en moins fait passer de l'euphorie à la dépression. C'est à une véritable schizophrénie collective que nous sommes confrontés. La civilisation des loisirs et le mythe de la croissance infinie engendrent des pratiques dont la stérilité écosystémique est la conséquence la plus inquiétante. Depuis trente ans, celle-ci est financée par des dettes dont on décale le remboursement vers d'autres générations. Voudront-elles assumer ?

    Conclusion

    A la différence des écosystèmes naturels, les écosystèmes artificiels, c'est-à-dire ceux organisés par des êtres humains, ont des composantes stériles plus ou moins importantes. Tant que celles-ci restent contenues dans des limites supportables, l'impact sur le fonctionnement de l’écosystème reste modéré. Cependant, quand le seuil critique est atteint, l'écosystème réagit car sa fragilisation met en péril l'existence de tous.

    Transposer ce modèle aux pratiques de nos sociétés modernes permettrait d'identifier les risques et de les résorber. Mais ce travail reste à faire. Interroger au préalable le réductionnisme monétaire contemporain est un premier pas dans cette voie. Avec tout l'humour qui le caractérisait, John K. Galbraith écrivait dans L'Argent (1975) : « On discutera longtemps de savoir si l'amour de l'argent est la racine de tout le mal. Adam Smith (…) parvenait quant à lui en 1776 à la conclusion que, de toutes les activités auxquelles l'homme s'était jusqu'alors essayé – guerre, politique, religion, jeux violents, sadisme (…) –, faire de l'argent restait socialement la moins dommageable. Ce qui ne saurait être mis en doute, c'est que la poursuite de l'argent ou toute association prolongée avec lui sont susceptibles d'induire des attitudes et des conduites non seulement étranges, mais parfois pleinement perverses. »

    Les pistes proposées dans ce court article tentent de fonder une nouvelle approche subsumant le réductionnisme monétaire. L'Ecologie en est la matrice. Elles appellent de nombreux développements et commentaires.

    Frédéric Malaval  15/12/2011 Polemia

  • non à la grâce du multirécidiviste philippe el Chennawy

    http://petitions.institutpourlajustice.com/el-shennawy/petition.html

  • [DERNIÈRE MINUTE] MARIAGE GAY : LA TRAHISON DE CHRISTIAN JACOB ET DE L’UMP

    Christian Jacob vient de l’avouer sur France Inter à 8 heures 40, ce mardi 5 février 2013, en réponse à une question posée par un auditeur : si la droite revient au pouvoir, elle ne remettra en cause ni le mariage homo ni l’adoption homo. La seule ligne rouge, ce sont la PMA et la GPA... Pour l’instant !

    Pour l’instant, puisque en cas d’adoption du mariage homo, l’Europe, à laquelle l’UMPS nous a soumise, nous imposera le PMA et la GPA !

    Bref, l’UMP est à terme favorable au mariage homo, à l’adoption homo, à la GPA et à la PMA  !...

    ...puisque la ligne fixée par François Fillon est bien la ligne officielle de l’UMP. Celle-ci trahit donc déjà ceux qui lui font confiance sur les questions dites « sociétales ». Comme Rajoy en Espagne.

    Dans ces conditions pourquoi font-ils mine de s’opposer aujourd’hui à une loi qu’ils sont décidés à conserver, AVEC TOUTES SES CONSÉQUENCES, en cas de retour au pouvoir ?

    DÉCIDÉMENT, IL N’Y A RIEN À ATTENDRE DE CE RÉGIME NI DE SON PERSONNEL.

    POUR CEUX QUI S’INTERROGEAIENT SUR LA SINCÉRITÉ DE L’OPPOSITION DES LIBÉRAUX-CONSERVATEURS FRANÇAIS !

    http://www.actionfrancaise.net

  • Olivier Delamarche : « Nous sommes tombés dans un modèle à la japonaise »

    Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 05 février 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Guillaume Sommerer et Cédric Decoeur.

    « On injecte de l’argent, ça ne fait pas de croissance mais on continue à s’endetter. Nous serons bientôt dans une joyeuse coalition de pays endettés à 300%. A chaque fois qu’une entreprise annonce ses résultats, elle annonce en même temps un plan de licenciements. »

  • Etienne Chouard sur la dette publique et le projet de Constituante (23 février 2012)

  • Marine Le Pen/banksters : « Vous les défendez Monsieur Cohn-Bendit, ça ne m’étonne pas »