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France et politique française - Page 5041

  • La gauche institutionnelle et son combat contre les valeurs

    Avec une constance idéologique qui n’a d’égal que son aptitude à dissimuler ses intentions véritables, la gauche a décidé d’anéantir les fondements séculaires qui structurent en profondeur la société française.

    Au fil de réformes ‘‘sociétales’’ habilement programmées, une puissante offensive souterraine est à l’œuvre : celle-ci demeure dès lors bien peu perceptible par une opinion publique largement anesthésiée par la propagande libertaire du système politico-médiatique en place. Les signes récents qui se multiplient ici ou là nous persuadent en tous les cas de la détermination des activistes de la gauche institutionnelle, aujourd’hui solidement installée à la tête de l’Etat, à bouleverser patiemment tous nos repères ancestraux au nom d’une conception dévoyée de la modernité, en réalité toute acquise aux dogmes permissifs du matérialisme ambiant. Au cœur de ce projet politique subversif, un objectif domine : la destruction méthodique du cadre anthropologique qui configurait depuis toujours la conception universelle de l’homme, dans le but inavoué de promouvoir l’émergence d’un homme nouveau qui serait dépouillé des attributs de son irréductible dignité.

    Contre l’avis de la majorité silencieuse des Français, le pouvoir socialiste s’apprête à adopter la loi autorisant le ‘’mariage’’ entre personnes homosexuelles, en attendant de faire inscrire dans notre droit ses inévitables prolongements législatifs, de la procréation médicale assistée à la gestation pour autrui : après avoir fait son entrée discrète dans les manuels scolaires dès la rentrée 2011, la théorie anglo-saxonne du gender, - qui récuse la différence naturelle des sexes pour mieux promouvoir une conception déstructurée de la sexualité - trouve ici une formidable consécration normative. Pour convertir les esprits, surtout les plus vulnérables, les prosélytes ne manquent pas à l’appel : appliquant par avance les consignes de son collègue au gouvernement, Vincent Peillon, ministre de l’Education nationale, qui invitait début janvier 2013 les recteurs d’académies à « s’appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités », Najat Vallaud-Belkacem n’a-t-elle pas su, en ministre zélée, porter la bonne parole dans l’enceinte des établissements scolaires dès octobre 2012 pour y vanter les mérites du ‘‘mariage’’ homosexuel auprès de nos chères têtes blondes !

    Puisque que le terme de parent remplacera sous peu celui, beaucoup moins neutre, de père et mère, - non sans ce séisme législatif ne bouleverse par ailleurs les règles de la filiation - pourquoi, dans la foulée, ne pas profiter de cet effet d’aubaine, au nom de la « lutte contre les stéréotypes », pour débaptiser l’école maternelle et remplacer cette appellation, comme le suggère Sandrine Mazetier, député PS, par la dénomination de « première école » ou celle d’« école élémentaire » qui neutraliserait enfin toute « charge affective maternelle » ! Témoignant d’une volonté sournoise d’abolir toutes les différences y compris et surtout dans le champ sémantique, cette proposition passablement surréaliste a pour elle malheureusement d’être en cohérence avec l’esprit du temps présent : n’est-ce pas en effet sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy que l’usage administratif du mot « mademoiselle », au parfum si suranné, fit les frais de cette détestable « novlangue » à raison de son caractère jugé « discriminatoire ». Georges Orwell, encore et toujours….

    Pour nos gouvernants socialistes, la mutation anthropologique doit s’accompagner d’une révolution toponymique qui épouserait une mémoire historique ‘‘revisitée’’, exclusive autant que possible de toute allusion à l’histoire de l’Ancien régime ou au passé colonial de la France. La refonte controversée de nos manuels scolaires, expurgés ces dernières années des références traditionnelles aux évènements marquants de l’Histoire de France ou de toute lecture chronologique de notre passé, encourage bien des municipalités socialistes à normaliser leurs toponymie, à l’exemple de la municipalité de Rouen qui a débaptisé récemment le ‘‘Salon Louis XVI’’ de l’hôtel de ville pour le renommer "Salon République", postérité révolutionnaire oblige ; car nul ne doit ignorer que la France est bien née sous X en 1789 ! Sous le prétexte commode d’attribuer le nom du poète Aimé Césaire, alors disparu, à un lieu de la ville de Gonesse, n’a-t-on pas vu dans le même esprit les édiles socialistes de cette commune du Val d’Oise, quelques années plus tôt, profiter de la circonstance pour débaptiser au passage la place Maréchal Lyautey dont le nom est assurément beaucoup moins conforme au politiquement correct ?

    En relançant récemment la question du droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales, le pouvoir socialiste exhume enfin, dans un dessein purement électoraliste, une promesse de campagne présidentielle qui heurte profondément les traditions républicaines de la France. Sur cette question éminemment symbolique, on oublie trop souvent que le droit de vote a toujours été, en France, indissociable de la citoyenneté que seule confère, en droit, la qualité de ressortissant français. Alors que, sous l’effet anxiogène d’une immigration devenue incontrôlable, la population de notre pays se recompose en profondeur, - altérant par là-même l’homogénéité des traits culturels d’une civilisation encore marquée par sa dimension catholique traditionnelle - le maintien légitime du lien indissoluble entre le droit de vote et la nationalité demeure vital : concevoir autrement le droit de vote serait donc porté ouvertement atteinte aux ressorts d’un ‘‘pacte républicain’’ depuis toujours ordonné au bien commun.

    De fractures anthropologiques en ruptures consommées avec les traits authentiques de notre civilisation, jusqu’où ira donc la frénésie dogmatique d’une oligarchie socialiste qui se sait cependant bien peu soutenue par une base militante davantage préoccupée par les questions économiques et sociales ? Nul ne le sait encore mais, avec une droite parlementaire frileuse, qui peine à tenir un discours véritablement décomplexé sur toutes ces questions capitales, il y a urgence à réagir intensément pour ceux qui, refusant pareilles dérives mortifères, entendent ne pas se soumettre à la dictature du relativisme absolu : les partisans résolus d’un conservatisme éclairé doivent désormais prendre le maquis, dans l’action politique comme dans le débat des idées, en demeurant fidèlement attachés au credo des valeurs spirituelles et morales de la France.

    L’AF 2857  http://www.actionfrancaise.net

    * Karim Ouchikh est président exécutif de Souveraineté, indépendances et libertés

  • Culture de mort : les bien-pensants dénoncent les propositions d’alternatives à l’avortement

    Un article du Monde s’en prend aux sites d’information sur l’IVG tenus par des associations pro-vie, tels que EcouteIVG.org, ou bien SOSbébé. Ce que dénonce le Monde ? Le manque de neutralité des sites en question. Mais peut-on être neutre face aux questions relatives à la transmission de la vie et au sort de l’embryon humain ? Et en quoi consisterait alors une telle neutralité ? Le planning familial, par exemple, est-il neutre sur la question de l’avortement ?

    Quoiqu’il en soit, Le Monde déplore que la vérité soit dite sur les dangers physiques et psychologiques de l’avortement, il déplore surtout que les sites en questions puissent offrir des alternatives à un acte dont personne ne nie pourtant le caractère dramatique. N’est-ce pas là non plus la preuve d’un regard proprement idéologique porté sur l’avortement, considéré alors comme l’étendard symbolique d’une bataille menée au nom du féminisme ? Car qu’est-ce qui est en cause finalement : que l’on puisse proposer une autre solution que l’avortement aux femmes en détresse ? Que l’on puisse trouver une alternative à cela ?

    Preuve de la grille de lecture idéologique de ces pseudos-journalistes : aucun mot sur la validité des informations, en tant que telles, portées à la connaissance des visiteurs sur les sites pro-vie ! Et pour cause, le sérieux des sites en question, derrière lesquels travaillent des médecins et du personnel spécialisé, ne peut être mis en cause. Ce qui anime donc les journaleux, ce n’est pas la recherche de la vérité, c’est simplement que des sites relatifs à l’avortement puissent être tenus par des personnes qui ne partagent pas leur point de vue sur l’IVG !

    http://www.contre-info.com/

  • Les failles du Système : les repérer, les analyser, les exploiter

    (1re partie) Intervention de Michel Geoffroy

    Lors de la Troisième Journée d’étude de la réinformation, organisée par Polémia, le 16 octobre 2010, à Paris, Michel Geoffroy s’est attaché à analyser les failles du système mondialiste, condamné à disparaître comme a disparu le système communiste. Mais l’histoire est comme l’herbe, on ne la voit pas… pousser. Il faut donc apprendre à détecter les signaux faibles ce qui procède de la réinformation.
    Par définition les signaux faibles ne figurent pas dans les gros titres des quotidiens et ne passent pas au « Journal de 20h ». Il faut donc apprendre à les découvrir car ils sont souvent cachés sous le fatras de « l’information » sidérante. En outre, les signes faibles ne bénéficient pas de l'effet d'orchestration, à la différence des faits politiquement corrects. Il faut donc une mise en perspective pour comprendre leur signification et leur dimension.
    Pour une simplification de lecture, le texte de l’intervention de Michel Geoffroy sera présenté en cinq parties sous les titres suivants :
       1. Les trois murs du système mondialiste
       2. Les similitudes entre le système mondialiste et le système soviétique
       3. L’ébranlement du mur médiatique : apprendre à détecter les signaux faibles
       4. Les fissures du mur médiatique : la montée de nouvelles dissidences
       5. Les fissures du mur médiatique : l’apparition de nouvelles lignes de fracture sociale

    1er Partie : Les trois murs du système mondialiste

     La première partie de l’intervention de Michel Geoffroy est consacrée à la description des « trois murs » sur lesquels s’appuie le système mondialiste : le mur des intérêts économiques, le mur du politiquement correct, le mur médiatique.
    Le Système qui s'est imposé dans les pays occidentaux s'appuie donc sur trois murs :
    - le mur des intérêts économiques : c'est à dire celui des entreprises transnationales et des banques qui sont les seules vraies bénéficiaires du libre – échangisme mondialiste ;
    - le mur du politiquement correct ;
    - le mur médiatique : c'est le plus nouveau par rapport aux anciennes tyrannies car il se présente sous les apparences de la liberté, de la transparence et d'un bien de consommation.
    Ces trois murs se renforcent mutuellement: ainsi l'appareil médiatique occidental, principal vecteur du politiquement correct, est largement de nos jours dans les mains des puissances d’argent.
    On s'attachera plus particulièrement au mur médiatique.
    Le mur médiatique est idéologique : il se présente sous les dehors de l'objectivité (de « l'information ») mais il véhicule une vue du monde particulière qui est celle de la super-classe dirigeante et qui s'articule autour des principaux tabous suivants :
         L'idéologie des droits de l'homme ;
       La promotion du déracinement et du cosmopolitisme c'est à dire de l'homme réduit à un atome social et sans obligations vis à vis de sa communauté ;
       L'égalitarisme et la négation des différences humaines ; Le libre échangisme mondialiste (et les bienfaits de la disparition des frontières et des Etats) ;
         La culpabilisation des européens.
    Le mur médiatique repose sur un décalage entre le monde réel et celui qui est construit et idéalisé par l'appareil des médias c’est à dire des écrans. Au début (années 1990), ce décalage était relativement limité, mais aujourd'hui il s’est accentué.
    Le monde des médias comme celui de la publicité est différent du monde réel.
    Le mur médiatique est enfin un filtre qui présente positivement la mise en œuvre de cette idéologie, qui ne donne la parole qu'à ses partisans, qui passe sous silence ses effets déplaisants et qui diabolise ceux qui la contestent.
    Les failles du Système : les repérer, les analyser, les exploiter (2e partie) Intervention de Michel Geoffroy
    Polémia poursuit la mise en ligne da la communication de Michel Geoffroy à la Troisième Journée d’étude de la réinformation, organisée par Polémia, le 16 octobre 2010, sur : « Les failles du système, les repérer, les analyser, les exploiter.» Michel Geoffroy souligne ici les similitudes avec le système soviétique.

     2e Partie : Les similitudes entre le système mondialiste et le système soviétique

    Bien qu’il ait été mis en place après la chute du communisme en Europe, le Système présente un certain nombre de similitudes avec le système soviétique :
       1. une oligarchie dominante : la super classe mondiale ;
       2. une concentration des pouvoirs : politiques, économiques, culturels et médiatiques ;
       3. une idéologisation omniprésente de la réalité : au travers du filtre médiatique ;
       4. un système qui repose sur la contrainte (mais non physique) :
         - la censure politiquement correcte des opinions, la réduction de la souveraineté des Etats ;
       - la peur de perdre son emploi pour un nombre croissant d'occidentaux, c'est à dire la menace de la mort économique ;
         - le développement du contrôle social au nom de la sécurité (« lutte contre le terrorisme ») ;
       - la menace économique et militaire (ex. le chantage des multinationales en cas de second vote négatif des Islandais, faire revoter quand le résultat ne convient pas).
    Un système utopique
    La principale similitude tient au fait que ce système repose sur l'utopie.
    L'accent mis sur la rationalité économique ne doit pas faire oublier que ce Système repose sur l'utopie (hérésie) du gouvernement mondial et de l'unification du genre humain : c'est-à-dire sur une dérivée de l'utopie égalitaire et comme telle condamnée par le mouvement de la vie et par l'épreuve des faits. Il repose aussi sur l'utopie du contrôle total (par une petite minorité éclairée: la super classe mondiale).
    Au surplus l'utopie du système est incohérente entre ses différentes composantes, à la différence du marxisme qui était un bloc.
    Exemples :
         – elle prône la négation des races mais veut le métissage et elle reconnaît l’identité noire ;
       – elle diabolise la promotion de l’identité européenne sous le nom de racisme, mais elle favorise tous les autres communautarismes ;
        – elle adopte une attitude incohérente vis à vis de l'Islam : elle l'instrumente dans l'immigration comme moyen d'affaiblir les Européens (après l'avoir instrumenté contre l'Union Soviétique). Mais elle prétend aussi le combattre sous le nom d'intégrisme (alors que beaucoup de musulmans perçoivent la mise en cause de l'intégrisme avant tout comme une atteinte contre leur religion).
    Enfin cette utopie est d’autant plus fragile qu’à la différence de l'URSS le Système ne peut se fonder sur des succès visibles (comme la victoire sur l'Allemagne, l'industrialisation, la puissance militaire, la sécurité sociale ou la conquête spatiale pour l’URSS) qui contribueraient à le conforter dans le cœur de la population.
    Son seul succès est négatif : il découle justement de l'échec du communisme comme alternative au capitalisme (c'est la fin de l'histoire selon Fukuyama : le libéralisme vainqueur par KO).
    Mais en fait le Système a hérité de l'abondance matérielle qui a été construite antérieurement à sa mise en place et fondée sur des principes différents du sien. En outre il ne peut pas vraiment la garantir dans la durée pour les Européens.
    Parce qu'il repose sur l'utopie comme l'Union soviétique, le Système est condamné, comme elle, à disparaître. Le Mur médiatique tombera comme est tombé le mur de Berlin et pour les mêmes raisons : les réalités viendront à bout de l'idéologie !
    Un système contredit par les faits
    Le Système est donc susceptible d'être contredit en permanence par les faits, comme le marxisme.
    Nous vivons justement dans une période où les promesses et les mensonges du Système apparaissent de plus en plus sous leur vrai jour. Nous vivons en effet aujourd'hui à l'âge des conséquences : c'est à dire de la découverte par le plus grand nombre des conséquences fatales, et surtout de plus en plus désagréables, des politiques qui ont été mises en œuvre au cours du dernier quart du XXème siècle dans le monde occidental et qui ont justement donné naissance au Système dans lequel nous vivons et dont les effets pervers apparaissent de plus en plus. C'est ce qu'en langage médiatique on nomme une « crise ».
    L'âge des conséquences est donc l'âge des crises, c'est à dire la découverte des différentes impasses dans lesquelles on nous a conduits et dont nous ne pourrons plus sortir que dans la douleur et sans doute aussi dans l’affrontement. L'âge des crises est donc aussi l'âge de La violence qui vient, (Eric Pougin de La Maisonneuve, Général de division, Arléa, 1997), c'est à dire celui de l'histoire dont les occidentaux avaient oublié un peu vite le côté tragique et conflictuel.
    Cinq impasses majeures qui sont aussi cinq crises :
         – l'impasse de la dénatalité européenne ;
         – l'impasse de l'immigration africaine et musulmane de peuplement en Europe ;
         – l'impasse de la supranationalité européenne et de la prétendue gouvernance mondiale ;
         – l'impasse du libre–échangisme mondialiste ;
         – l’impasse de l’idéologie compassionnelle des droits de l’homme ; mais il y en d'autres !
    L’âge des conséquences L'âge des conséquences (des « crises ») contribue donc à ébranler de plus en plus le mur médiatique sur lequel repose le Système.
    Il est très difficile de lutter contre les croyances idéologiques car elles ne reposent pas sur la raison.
    Les faits historiques et sociaux sont rarement perceptibles au plus grand nombre (qui se préoccupe avant tout du court terme).
    Des échecs n'affaiblissent pas enfin immédiatement une idéologie : ils peuvent au contraire conduire
      – à sa radicalisation : exemple l'échec de la doctrine de « l'intégration » des immigrés débouche sur « la discrimination positive » c'est à dire encore plus d'intégration ;   
      – au phénomène de la NEP (Nouvelle politique économique, un système économique établi par Lénine en 1921, NDLR) : admettre provisoirement une entorse au dogme pour survivre politiquement et continuer de plus belle ensuite.
    C'est en réalité l'expérience personnelle contraire qui conduit à remettre en cause une idéologie, qui est une croyance : comme circuler en Trabant sur les autoroutes allemandes et se faire dépasser par les BMW et les Mercedes, conduit à douter de la supériorité du socialisme !
    L’information existentielle dément l’information mimétique
    Le discours dominant pouvait avoir une certaine crédibilité tant que ses effets collatéraux restaient d'une ampleur limitée (les chiffres de l'immigration, du chômage et de l’insécurité en 1981 sont sans commune mesure avec ceux d'aujourd'hui), tant que ceux qui les subissaient restaient peu nombreux au regard de la population et tant qu'il était possible d'occulter certains faits.
    Mais aujourd'hui ce n’est plus le cas : les commandements de l'idéologie dominante se trouvent contredits par l'expérience personnelle d'un nombre croissant de personnes.
    Ainsi par exemple, la présentation compassionnelle de l’immigration, qui est le discours de l’oligarchie, est de plus en plus décalée par rapport à l’expérience personnelle des Européens de souche :
      – il suffit de sortir dans les rues, de mener ses enfants à l'école publique, de fréquenter l'hôpital ou la sécurité sociale, d'aller dans une grande surface (produits hallal) ou de prendre les transports en commun pour mesurer la progression rapide de l'africanisation et de l'islamisation ;
        – un nombre croissant de français ont donc le sentiment de ne plus vivre dans le même pays tout simplement parce que le nombre d'immigrés a cru très sensiblement (et bien au delà du discours officiel). Les violences et dégradation urbaines sont aussi plus visibles car tout simplement plus massives (ex émeutes du ramadan 2005). De même l'islam devient plus visible à mesure que la population musulmane augmente.
    Ces expériences journalières frappent de contradiction l'idéologie compassionnelle de l'immigration ; elles montrent :
      – qu'il y de plus en plus d'endroits où les « minorités » sont en majorité ; – que toutes les personnes d'origine immigrée ne sont pas animées d'un amour sans borne pour la France et les Français ;  
      – que des Noirs revendiquent dans l'espace public leur négritude (CRAN) et que les musulmans leur islam, au lieu de chercher à se fondre dans l'identité française.
    Il s'agit là d’un phénomène de longue durée: il y a accumulation de perceptions qui finissent par créer une conviction contraire au dogme dominant.
    Les failles du Système : les repérer, les analyser, les exploiter (3e partie) Intervention de Michel Geoffroy
    Polémia poursuit la mise en ligne da la communication de Michel Geoffroy sur : « Les failles du système, les repérer, les analyser, les exploiter. ». Michel Geoffroy traite ici de l’ébranlement du mur médiatique. Et des signaux faibles qu’il convient de détecter.

     3e Partie : L’ébranlement du mur médiatique : apprendre à détecter les signaux faibles

    L’histoire est comme l’herbe, on ne la voit pas …pousser
    L'ébranlement du mur médiatique produit pour le moment des « signaux faibles » Il s'agit encore de « signaux faibles », parce qu'ils sont soit
    – dénaturés par le système médiatique quand ils ne sont pas purement et simplement censurés
    – les prodromes d'un mouvement qui va s’amplifier. Ce n'est souvent que rétroactivement que l'on peut se rendre compte de leur existence et de leur importance. Car l’histoire est comme l’herbe : on ne la voit pas pousser…
    Mais néanmoins ces signaux sont visibles et audibles pour peu qu'on s'efforce de les détecter. Tenter de repérer les signaux faibles procède de la réinformation.
    Apprendre à détecter les signaux faibles :
    Par définition les signaux faibles ne figurent pas dans les gros titres des quotidiens et ne passent pas au « journal de 20h ». Il faut donc apprendre à les découvrir car ils sont souvent cachés sous le fatras de « l’information » sidérante.
    Quelques suggestions
    a) Diversifier au maximum les sources d’information :
    Comme ces faits sont en général occultés ou dénaturés dans les médias nationaux (qui suivent la ligne fixée par la dépêche de l’AFP et les journaux radiophoniques du matin, qui sont chargés de donner le ton chaque jour), on ne peut les trouver qu’en multipliant les sources.
    Exemples :
     – Internet : d’après le MRAP le site Fde souche est plus fréquenté que les sites du PS et de l’UMP (Le Monde du 10/3/2010). Voir aussi dans l’affaire Bettencourt le rôle joué par internet (Mediapart) dans la diffusion de certains documents mis en ligne ;   
     – Les médias étrangers, en général moins censurés qu’en France ;  
      – Les médias professionnels/ spécialisés, parfois plus prolixes sur certains faits occultés.
    b) Apprendre à lire les entrefilets :
    C’est généralement là que se trouvent les signaux faibles, puisque ceux ci ne figurent pas dans les gros titres.
    Ils comportent souvent des informations intéressantes, en particulier quand elles sont l’écho d’informations étrangères (se reporter alors aux sources qui sont citées dans la dépêche).
    On peut se hasarder d’ailleurs à une loi plus générale : la qualité de l’information écrite est inversement proportionnelle à sa longueur.
    Souvent certains faits intéressants sont volontairement noyés en effet dans des commentaires longs et contradictoires (c’est d’ailleurs une technique de désinformation). Dans le domaine audio-visuel c’est plutôt la loi inverse qui s’applique : plus c’est court plus le risque de déformation est grand (images choc, interview coupées, petites phrases etc.)
    c) Savoir utiliser la boussole à indiquer le sud :
    Certaines informations doivent en effet être lues à l'envers pour trouver la vérité, comme en Union soviétique ! Cela implique de savoir décoder le langage médiatique ;
    Exemples :
      – un vocabulaire dévalorisant/inquiétant pour désigner un mouvement, une manifestation ou des idées (populiste, xénophobe, islamophobe, raciste, extrémiste, ultra nationaliste, dangereux, dérapage, tollé, etc...). Ce vocabulaire signifie au contraire que ces idées/mouvements/actions ne sont pas extrémistes mais populaires; c'est à dire qu'ils rencontrent un écho certain dans la population autochtone. Il s’agit de faits dénaturés par le système médiatique pour leur donner une autre signification plus conforme à l'idéologie dominante : en général leur polarité est donc inversée puisque le système repose sur le renversement des valeurs. 
     – a contrario, quand la tonalité est positive, c’est vraisemblablement qu’on est en présence de comportements ou d’idées politiquement corrects : ce sont donc des informations suspectes (mises en scène) ; Exemple : la façon très souvent positive dont les délits commis par des personnes d'origine immigrée ou de religion musulmane sont généralement traités dans les médias (pour qu'ils restent toujours dans le statut de victime) ; en fait ces informations respectent un code médiatique que l’on peut aisément décrypter ; 
     – idem quand les médias mettent en scène des informations sur un mode spectaculaire/émotionnel. Exemple : David Pujadas recommandant sur France 2 d’écarter les enfants lors de la diffusion d'un reportage censé représenter la répression en Iran par de… fausses images du Honduras en décembre 2009) ; c’est le signe d’un emballement médiatique, c’est à dire en général d’une manipulation
    d) Savoir détecter les faits qui n’en sont pas
    Dire que Nicolas Sarkozy « veut » ceci ou cela, c’est une intention qui n'est pas une action ; une action ne produit pas nécessairement le résultat escompté ou ne débouche pas nécessairement
    Exemples :
      – une loi peut ne pas être appliquée (s'il n'y a pas de décret, ou de circulaire) ; 
     – voir aussi la promotion bruyante des Etats généraux et Assises les plus divers qui, en général, ne conduisent à aucune révolution… ; 
      – la mise en scène de la volition gouvernementale doit se lire en creux : il y a donc bien une « crise » (que l'on ne parvient pas à résoudre) de l’insécurité, du chômage, de la précarité, de l’immigration etc.
    e) Mettre les faits en perspective
    Il suffit d’un papier et d’un crayon (ou d’un micro ordinateur !)
    Le système médiatique repose sur la succession incessante des informations et l'orchestration du spectaculaire à court terme. C'est en faisant un arrêt sur image à chaque fois et des comparaisons temporelles que l'on voit apparaître des choses que le système veut cacher. Car le système use de la méthode de « la grenouille ébouillantée ». Les signes faibles ne bénéficient pas en outre de l'effet d'orchestration, à la différence des faits politiquement corrects : il faut donc une mise en perspective pour comprendre leur signification et leur dimension
    Exemples :
      – la mise en perspective des chiffres : les chiffres successifs des prévisions de croissance revus à la baisse montrent la dégradation de la conjoncture ou la succession des crises « maîtrisées », les bons résultats en matière de sécurité ou les chiffres d'expulsions… un mois donné ;   
     – la mise en perspective des mots ; voir, par exemple, la façon dont on rend compte du terrorisme islamique en Russie et en Occident ou, plus simplement les commentaires sur le chômage : « le chômage reculera dans les semaines ou les mois qui viennent » ( N.Sarkozy, les Echos du 26/1/10), « le chômage va continuer d’augmenter au moins jusqu’à mi-2010 » (F.Fillon le BQ du 26/2/10), « pas de baisse du chômage avant 2012 selon pôle emploi » (Les Echos du 24/3/10) ;   
     – la mise en perspective des données : c’est elle qui permet de se rendre compte du renforcement permanent de l’arsenal répressif en France depuis 20 ans.
    Cette mise en perspective permet :
    – de mettre en lumière des évolutions ;
    – de faire apparaître des contradictions dans le discours dominant (c'est donc le signe d’un malaise au sein du Système).
    Les failles du Système : les repérer, les analyser, les exploiter (4e partie) Intervention de Michel Geoffroy
    Polémia poursuit la mise en ligne da la communication de Michel Geoffroy sur : « Les failles du système, les repérer, les analyser, les exploiter ». Michel Geoffroy traite ici des fissures du monde médiatique Et de l'apparition d'une dissidence politique et sociale croissante en Occident et notamment en Europe

     4e Partie : Les fissures du mur médiatique : La montée de nouvelles dissidences

     La dissidence « passive »
    Il s'agit de signes « passifs », puisque ces manifestations de dissidence n'ont pas réussi à infléchir durablement le système pour le moment, même si elles traduisent une évolution en profondeur de l'opinion. C’était la plus ancienne forme de dissidence :
    – le vote pour les mouvements et partis qualifiés de « populistes », d' « extrême-droite », donc de partis qui se posent en rupture avec le système : il concerne désormais la plupart des pays européens, avec des résultats tangibles au plan municipal ou provincial (exemple à Vienne avec 27% pour le FPÖ lors des élections du 10/10/10, soit plus 12 points par rapport à 2005) ;
    – la progression de l'abstention aux élections (exemple les élections européennes où le taux d’abstention est passé de 39 à 57% en 30 ans)
    – le décalage entre les opinions exprimées dans les sondages et les positions de la super-classe dirigeante (« majorité silencieuse) (2)
    La dissidence « active »
    Le fait nouveau est que la dissidence passive cède de plus en plus la place à des manifestations plus « actives » désormais.
    D’abord les partis populistes finissent par exercer une influence politique directe au plan national:  c’est par exemple le cas au Pays Bas, après l’Italie (intégration de la Ligue du nord et de l’alliance nationale dans Forza italia) ; au Danemark avec une participation au gouvernement libéral conservateur; en Suède où la présence de « l'extrême droite » empêche la droite institutionnelle de constituer une majorité sans elle (ou alors avec la gauche).
    Ensuite, on assiste à les actes de révolte populaire directe contre l'établissement politique qui se multiplient :
    Exemples :
       – les manifestations pro-vie en France (censurées par les médias) ;
      – les apéros saucisson en France (réprimés....) ;   
      – la révolte des habitants de Stuttgart contre les projets de reconstruction de la gare ou de modification de la durée de la scolarité dans le primaire ;  
      – la votation suisse contre les minarets de novembre 2009 ;  
      – la mobilisation contre la construction d'une mosquée au « ground zero » à New york (manifestations aussi contre la construction de mosquées en Allemagne) ;  
      – le mouvement des tea party aux Etats Unis qui bouscule autant les caciques du parti républicain que les démocrates   
       – la crise belge et le développement du discours séparatiste (concernait avant l'Europe du sud principalement)   
      – la montée des préoccupations écologistes traduit aussi en partie un phénomène de révolte populaire des primo-occupants contre le bouleversement de leur environnement : mais c'est d'ailleurs pourquoi elle a été récupérée en partie par le Système et instrumentée pour contrer le vote « populiste »
    La revanche asymétrique des « petits » et des mal-pensants
    Ce type de dissidence présente un certain nombre de caractères remarquables :          
    a) Auparavant ces phénomènes de dissidence étaient cantonnés à l'univers idéologique de la gauche et de l'extrême gauche (exemples: les appels en faveur des immigrés en situation irrégulière, mouvements contestataires divers, squats etc.…). Le fait nouveau est qu'il exprime désormais des préoccupations dites « de droite » : identitaires, conservatrices, chrétiennes ou reprises à la « gauche », régionalistes et localistes (en Italie la Ligue du Nord ou en Belgique les partisans de la partition) ;           
    b) Dans beaucoup de ces cas il s'agit d'une mobilisation des autochtones ;          
    c) Elle prend l’établissement à contrepied car elle ne s'effectue pas sur le registre institutionnel habituel (syndical par exemple). Elle utilise aussi des outils nouveaux de mobilisation (internet, réunions surprises). En outre elle aboutit souvent à faire reculer les pouvoirs établis (qui en général se sont prononcés, eux, favorablement pour les projets contestés). Des résultats sont obtenus, malgré une mobilisation hostile des médias et d’une façon générale des pouvoirs institués, c'est à dire de l'oligarchie dominante ;          
    d) Cette contestation contribue à dépasser les classifications politiques traditionnelles ;         
    e) Il s'agit de la revanche asymétrique des petits contre le Système, de la périphérie contre le centre. On ne reviendra pas sur le fait que la mobilisation via internet a permis plusieurs fois de contourner le carcan médiatique et de faire reculer le Système en France (exemple : la nomination de Jean Sarkozy à l'EPAD ou les révélations sur l'affaire Betancourt) : cet outil asymétrique redonne donc du pouvoir et de l'initiative aux "petits" , aux exclus du système médiatique, à ceux qui sont en bas (cf. A Touraine : « Les grands mouvements qui peuvent changer notre vie collective viennent d’en bas ». Le Monde des 5 et 6 septembre 2010)
    Voir aussi l'effet de la « menace » du pasteur Terry Jones de « brûler le coran » comme moyen de faire pression sur le gouvernement américain contre le projet de Mosquée à « Ground Zero » Ce sont les réponses à la super classe mondiale qui voulait au contraire révolutionner la société par le haut, grâce à la concentration de tous les pouvoirs ;         
    f) Ces réponses sont souvent associées à un discours « de classe » visant spécifiquement la nouvelle classe dirigeante qui ne comprend pas les préoccupations de la population autochtone et qui vit dans un monde privilégié ;
    Exemples en France : la contestation du bling-bling et la mise en lumière des liens entre politiciens et affairistes ;         
    g) Elles ont tendance à se multiplier. Le caractère assez général de ces manifestations donne à penser qu'elles peuvent déboucher un jour sur un bouleversement politique durable
    L’usure rapide de l'image des équipes politiques mises en place par le Système :
    – Le cas emblématique de Nicolas.Sarkozy : une dégradation très rapide (2 ans ) et pour la première fois le Premier ministre a eu une image plus favorable que celle du président. Phénomène inconnu jusqu'à présent.
    – L'usure de l'image du messie Obama (selon un sondage Gallup les républicains bénéficieraient d'un avantage de 10 points devant les démocrates aux prochaines législatives : un écart jamais vu à mi-mandat depuis 1942, Bulletin quotidien du 2/9/10).
    – Le dégonflement de l'image du libéral-démocrate Nick Klegg en Angleterre (12% de sympathies en aout soit la moitié par rapport à celles des élections du 6 mai 2010 : Bulletin quotidien du 2/8/10)
    Ces phénomènes expriment le fait que l'hyper médiatisation ne suffit plus à assurer le soutien de la population : ce qui veut dire que le spectacle ne suffit plus à contenir la réalité ; l'opinion est de plus en plus sensible aux faits .
    La libération de la parole à l'encontre des commandements de l'idéologie dominante
    Ce phénomène est remarquable car il touche les fondements idéologiques du Système et alors que ce dernier a mis en place ces dernières années un appareil répressif très développé : mais manifestement cela ne suffit plus. Bien sûr il est encore limité : tous les tabous ne sont pas remis en cause mais ce qui frappe, c'est le fait qu'il touche aussi des membres de l'oligarchie et non pas seulement des « extrémistes » déjà diabolisés par le système:
    Exemples :
      – Les propos de Eric Zemmour sur la délinquance des personnes d'origine étrangère (non sanctionné mais a failli l'être) ; voir aussi les propos de l’avocat général de la cour d’appel de Paris Philippe BILGER – également rappelé à l’ordre – (Bulletin quotidien du 26/3/10) ;  
     – Les propos du Préfet Girod de Langlade sur l'africanisation de l'aéroport de Roissy (sanctionné) ;  
      – Les propos du ministre de l'Intérieur sur la délinquance des « roms » ; 
      – Les propos de Thilo Sarrazin (de la Bundesbank) sur l'islamisation en Allemagne (sanctionné). Il a reçu de nombreuses manifestations de soutien : 18% des allemands déclarent être prêts à voter pour un parti dont il serait le chef (Les Echos du 6/910). Ses propos ont été repris en partie par la CSU de Bavière (Horst Seehofer, Le Monde du 12/10/10) ;  
      – Les récentes publications de M.Triballat sur l'immigration ;   
      – Les travaux de Hugues Lagrange (Le déni des cultures, éditeur : Seuil 16 septembre 2010, 350p..) qui note la sur-représentation des jeunes issus de l’Afrique sahélienne dans les affaires de délinquance  
      – Les propos du cardinal Kasper (l’aéroport de Londres donne le sentiment que l’on arrive dans un pays du tiers monde)
    Ces propos montrent qu'il est de plus en plus difficile de cacher certaines réalités (exemple : la progression de l'immigration africaine), même les privilégiés les constatent !
    Les failles du Système : les repérer, les analyser, les exploiter (5e partie et conclusion) Intervention de Michel Geoffroy
    Polémia met cette fois en ligne la 5e et dernière partie de l'importante communication de Michel Geoffroy sur : « Les failles du système, les repérer, les analyser, les exploiter », prononcée lors de la Troisième Journée d’étude de la réinformation organisée par Polémia le 16 octobre 2010. Michel Geoffroy traite ici de l’apparition de nouvelles lignes de fracture sociale : jeunes/seniors, jeunes autochtones et jeunes allogènes, paupérisation des classes moyennes salariées en Europe.
     
    5e Partie et Conclusion Les fissures du mur médiatique : l’apparition de nouvelles lignes de fracture sociale

     La fracture jeunes/seniors :
    Entre la France qui travaille et celle qui profite des transferts sociaux :
     * – les jeunes seront moins riches que leurs aînés du fait de la crise des systèmes de retraite et de la désindustrialisation ;  
     * – les adultes de 25/54 ans assurent en France 79% des emplois, alors qu’ils représentent 41% de la population.
    On mesure cette fracture dans les sondages : les seniors ont par exemple une opinion beaucoup plus positive de Nicolas Sarkozy que le reste de la population (ex. sondage IFOP/Paris match : 49% des français reconnaissent l'action du président en matière de lutte contre l'insécurité , mais 69 % des seniors : le Bulletin Quotidien du 9/9/2010). Même si sa bonne image chez les seniors tend à diminuer.
    La fracture entre jeunes autochtones et jeunes allogènes
    Exemples :
     – les phénomènes d'émeutes et de violences contre les jeunes blancs (ex manif du CPE de mars 2006) ;   
     – la fracture entre les bénéficiaires de la discrimination positive et ses victimes ;
     – les jeunes issus de l’immigration ont un taux d'activité inférieur à celui des jeunes  autochtones.
    cf. les sondages :
      – la majorité des jeunes Italiens se déclarent hostiles aux étrangers (étude de la Chambre des députés Les Echos du 19/2/10);   
     – 54% des Russes soutiennent le slogan « la Russie aux Russes » (Sondage Levada AFP du 25/2/10);  
     – 45,8% des jeunes français de 18 à 29 ans expriment une forme d’hostilité envers les étrangers selon l’institut SWG (AFP du 18/2/10);   
     – les 16/18 ans ont voté à plus de 50% pour les partis populistes en Autriche en 2008.
    Cela traduit le fait que les Européens de souche découvrent qu'ils sont en réalité les victimes et non les bénéficiaires du Système.
    Le Système se heurte aussi à l'Islam qui est une religion qui produit des effets comparables à ceux d'une idéologie, car elle ignore la distinction entre le temporel et le spirituel. C'est aussi une religion à vocation universaliste mais qui repose sur des principes différents de ceux du Système. Le développement de l'immigration musulmane contribue ainsi à accentuer les oppositions au Système en Europe, car l'islamisation renouvelle la question de l'immigration.
    On notera que ce virage de la jeunesse européenne est occulté par le Système qui continue de véhiculer une image « soixante-huitarde » et « touche pas à mon pote » des jeunes.
    La paupérisation des classes moyennes salariées en Europe :
    Le déclassement de la classe moyenne autochtone (phénomène déjà rencontré dans les pays anglo-saxons, alors que les « minorités » bénéficient d'une attention privilégiée de la part des pouvoirs publics) est encore plus ressenti dans les jeunes générations.
    Car les riches sont devenus plus riches du fait de la mondialisation (par exemple, de 2004 à 2007 le nombre de personnes gagnant plus de 500 000€ a augmenté de 70% (Les Echos du 2/4/2010) et les « défavorisés » ont changé de nature : soit ils se sont enfermés dans des trappes d'inactivité, soit ce sont avant tout des immigrés extra-européens bénéficiaires de prestations sociales qui ne sont donc pas dutout « défavorisés ».
    Il y a de nombreux signaux faibles de la paupérisation : la multiplication des magasins discount, les « petits pleins » aux stations-service, le déclassement relatif des enfants par rapport à leurs parents, l’accession à la propriété plus difficile, la progression du surendettement (+ 20% en 2 ans), les fermetures de commerces autochtones.
    A relever également que dans un certain nombre de pays touchés par la crise financière les manifestations – souvent violentes – des victimes autochtones, contre les représentants de l’oligarchie ; c’est le cas de la Grèce, de l’Islande… (pourtant traditionnellement tranquille).
    C’est le grand retournement par rapport à ce qui s’est produit dans la seconde partie du XXème siècle où l’éventail des revenus s’est réduit.
    C'est aussi un signe manifeste de l'échec de l'oligarchie dominante à assurer l'abondance matérielle pour tous (comme le communisme n'a pu assurer le règne de l'égalité et le dépérissement de l'Etat).
    Cet échec atteint le cœur du Système.
    Conclusion
    Aujourd’hui l’expérience directe du plus grand nombre montre :     
      – que l'adhésion au Système et à son idéologie est loin d'être totale dans les pays occidentaux. Cela veut dire que ceux qui s’opposent au Système ne sont plus des marginaux, mais une majorité en formation ;  
      – que le monde dans lequel nous vivons est loin d'être parfait Cela fait apparaître encore plus insupportable ou ridicule le « monde parallèle » du système médiatique ;  
      – que la super-lasse mondiale maîtrise de moins en moins la situation Cela veut dire qu’elle perd progressivement sa légitimité de classe super-compétente (son seul atout).
    Ces différentes prises de conscience sont susceptibles d'avoir des effets politiques à long terme en Europe même s'il est difficile de prévoir quand le Système implosera ni quelle forme cela prendra.
    Mais contrairement à ce que prétendent les historiens, les bouleversements politiques sont en général imprévisibles. Ce n'est qu'a posteriori que l'on reconstruit le caractère prétendument « inéluctable » des événements.
    L’histoire est le lieu de l’imprévisible comme l’écrit Dominique Venner !
    Michel Geoffroy  Troisième Journée d'étude de la réinformation
    Polémia 26/10/2010

  • Révision des lois bioéthiques : Michael Lonsdale donne sa voix à l'embryon (arch 2011)

    Michael Lonsdale répond à "Présent"
    À la veille de l'examen du projet de loi de révision des lois bioéthiques, l'initiateur de la pétition en ligne pour un moratoire sur la recherche embryonnaire, les2ailes.com, a remis devant l'Assemblée nationale les 11 000 signatures récoltées en quelques semaines. Stanislas de Larminat n'avait l'appui d'aucune association ; il n'avait pas de fichier d'adresses ; pas d'appareil. Il a simplement estimé que devant la perspective d'une autorisation de principe de la recherche, ou de la prorogation du régime dérogatoire qui tout en interdisant la recherche la rend possible depuis les lois bioéthiques de 2004, il était impossible de ne rien faire.
    Sa pétition, on pourrait la qualifier d'artisanale. Elle s'est propagée comme une traînée de poudre, de personne à personne. Elle est, de ce fait, éminemment représentative d'une réelle inquiétude des Français, à qui l'ensemble des gros médias fait pourtant avaler quotidiennement une ration d'arguments en faveur de la culture de mort.
    Lundi matin, c'est Michael Lonsdale qui, aux côtés de Stanislas de Larminat, a présenté la pétition à la presse, avant d'accompagner un modeste cortège de 2CV vers l'Assemblée. Les deux hommes ne se connaissaient pas. L'acteur - le « Frère Luc » des Hommes et dieux et qui a touché 3,5 millions de cœurs - s'est associé avec enthousiasme à la démarche au nom de son amour pour la vie. Parce que les choses doivent être claires. Parce qu'en l'état actuel de la science, qui détruit des embryons au nom de sa « liberté », on peut craindre, demain, la création d'embryons artificiels.
    Parenthèse pateline. On se souviendra de l'arrivée des 2CV bleu-blanc-rouge amenant Lonsdale, Larminat, la pétition... Les voitures grimpent sur le trottoir devant la façade « Seine » du Palais-Bourbon. S'y garent insolemment devant les policiers de garde. Elles y resteront - petit miracle ! - tout le temps de la petite cérémonie qui voit la remise symbolique d'une des 570 enveloppes destinées aux députés à Xavier Breton, élu UMP de Bourg-en-Bresse, qui anime un petit groupe parlementaire soucieux de limiter les dégâts de la loi bioéthique.
    Celui-ci a déposé un amendement d'interdiction pure et simple de toute recherche sur l'embryon, et des amendements « de repli » pour obtenir au moins son arrêt provisoire par un moratoire, et à tout le moins le régime d'interdiction de principe.
    Il faut lire la pétition de Stanislas de Larminat sur son site, où elle reste active. Elle dénonce ces députés qui, en votant la possibilité de considérer l'embryon - « être humain », incontestablement - comme un « matériau de laboratoire », se rendraient « coupables d'être irresponsables ».
    L'objectif est parcellaire : s'opposer, sur un point précis, à une nouvelle dérive de la culture de mort tout en limitant les dégâts dans la situation existante. Pourrait-on obtenir davantage ? J'ai entendu un député de la majorité, la semaine dernière, expliquer que la remise en cause de l'avortement à l'Assemblée nationale était aujourd'hui totalement « taboue ». C'était « off », bien sûr. Devant l'urgence de la révision des lois bioéthiques, il faut bien en tenir compte. Mais il ne fait pas de doute que la démarche de Larminat s'inscrit dans un cadre clair de respect de la vie de tout être humain conçu : « N'est-ce pas le refus d'engager ce débat - et donc celui du statut de l'embryon - qui conduit le parlement à envisager la libéralisation totale de la recherche embryonnaire ? »
    J'ai demandé à Michael Lonsdale, connu pour son engagement catholique et sa foi affirmée, s'il était venu là en tant que chrétien.
    —Je suis venu parce que je crois à la vie et que c'est infiniment précieux, et qu'il faut la protéger. Ne pas laisser faire tous ces projets de recherche scientifique qui sont proprement hallucinants - quand on pense qu'on va laisser trifouiller la vie à son départ, il faut être très présent dans ce débat. Il s'agit de la vie, de la vie honnête, et de la vie belle ! Il ne faut pas que ces embryons soient soumis à des manipulations... Dieu sait pour quoi ! Parce qu'il y a toujours le Mauvais qui est là-dedans.
    —    Qu'est-ce qu'un embryon, donc, Michael Lonsdale ?
    —Oh là là ! Ne me demandez pas de précisions scientifiques ! C'est un petit bout de machin de truc-chose, mais c'est toute la vie qui est incluse là-dedans !
    Xavier Breton, aussi
    Le député de Bourg-en-Bresse a également répondu à une question de Présent.
    —    Peut-on défendre une « exception française » en matière de bioéthique par rapport à beaucoup d'autres pays qui autorisent ce genre de recherches ?
    —    Nous  pouvons  être  fiers,  en France, d'avoir des lois de bioéthique qui montrent que nous ne sommes pas dans un vide complet. Il y a aujourd'hui des pays qui sont dans une logique d'ultralibéralisme très dangereux en matière éthique. Je crois que la France, depuis les lois de 1994 révisées en 2004, a su se doter de lois faites d'équilibre dont on peut être satisfait en partie, ou complètement, mais c'est en tout cas tout à notre honneur d'avoir un débat comme celui-là, qui, je l'espère, continuera à affermir les positions de notre pays.
    De fait, il y a beaucoup de choses plus que contestables dans la loi, mais tout de même une volonté de ne pas tout laisser faire.
    L'Alliance pour les droits de la Vie, la Fondation Jérôme-Lejeune, Frigide Barjot qui sur appelalaverite.com a lancé tout récemment une autre pétition contre la recherche embryonnaire, et Chrétienté-Solidarité étaient présents à la conférence de presse de lundi pour apporter leur soutien et dire leur solidarité avec la pétition de Stanislas de Larminat.

    
J.S. Présent 9 FÉVRIER 2011

  • Sciences éco ? Non : pensée unique !

    La réforme du lycée se met doucettement en place dans la plus grande impréparation. Il faudra parler plus à fond de cette initiative du gouvernement de Sarkozy visant à moderniser l'enseignement sur fond de technologies nouvelles et d'abandon de plus en plus appuyé de la culture littéraire. En attendant, je viens de découvrir le programme de « sciences économiques et sociales » sur lequel nous allons nous arrêter aujourd'hui. La grande nouveauté de la classe de seconde par laquelle la réforme commence est la mise en place d'« enseignements d'exploration » (où l'on a casé le latin et le grec, objets d'une précédente chronique) qui sont au libre choix des élèves, pourvu qu'ils optent pour au moins une matière économique. Si le programme est assez succinct, les nouveaux manuels de sciences économiques et sociales ne le sont pas moins... À quoi s'ajoute un fort penchant idéologique qui mériterait (une fois de plus) une levée de boucliers des parents.
    Le voici donc, le tout nouveau manuel à peine sorti des presses des éditions scolaires Belin, trop tard pour coïncider avec la rentrée scolaire et bien trop tard pour que les professeurs affectés à cette nouvelle matière aient eu le temps de préparer leur cours... Comme tant de manuels actuels, sa surface est occupée au bas mot au tiers (un tiers qui se rapproche de la moitié) d'illustrations, de bulles, de schémas envahissants ; quant aux textes, une belle part en est puisée dans la presse quotidienne et magazine. Courts, surtout, les textes. Dès qu'il y a plus de deux ou trois paragraphes, comment attendre de nos jeunes lycéens qu'ils s'attellent à la lecture ?
    C'est pourquoi, sans doute, le manuel est visuellement conçu comme un site Internet, avec ses mots-clefs et sa mise en page incitative au zapping.
    Je ne vous parle même pas du goût des illustrations qui varient du moche au banal en passant par la photo digne de figurer à l'examen de passage du code de la route ici, c'est pour faire dire à l'élève qu'un radar est un « bien public » qui « produit un service » sur les routes.
    L'idée du programme est de fournir à tous les élèves de seconde des notions d'économie et de sociologie aptes à les aider à bien choisir leur orientation future dans des études qui « débouchent sur des postes d'encadrements nombreux et variés aussi bien dans la fonction publique que dans le secteur privé » (Bulletin officiel de l'Education nationale, numéro spécial du 29 avril 2010). Mais point trop n'en faut... « Les objectifs d'apprentissage retenus pour cet enseignement d'exploration sont volontairement limités et ne doivent pas conduire à une étude exhaustive des notions et des outils figurant dans le programme », assure le même numéro du BOEN.
    Le résultat ? Une série de « thèmes » qui seront effleurés tout au long de l'année et où l'accent est mis - c'était à prévoir - non sur l'esprit d'entreprise et le rôle social et humain du travail ; mais, comme on le voit dans la traduction en manuel des exigences du programme, sur les inégalités, le réchauffement climatique, et même l'idéologie de genre. La discrimination positive affleure, la tarte à la crème est partout.
    Idéologie de genre, mais oui : au chapitre de la « socialisation » (page 148 du manuel Belin), on apprend « comment la famille "fabrique" filles et garçons ». On laisse la parole à Christian Baudelot et Roger Establet, sociologues de gauche et grands pourfendeurs de « l'école capitaliste en France ». Ils expliquent comment, par la description pleine de préjugés des garçons et des filles, les exigences différentes, les encouragements à l'autonomie réservés à ces messieurs plutôt qu'à ces demoiselles, les « jouets sexués », on « fabrique » les sexes. « Bref tout cet ensemble de comportements différenciés, de stimulations, d'attentes, d'injonctions, de récompenses ou de désapprobations contribuent à forger peu à peu des identités de genre qui, pour n'avoir rien de naturel, finissent par coller à la peau des garçons et des filles comme une seconde nature. »
    Comme si c'était la chose la plus normale du monde, voilà donc niée la fondamentale différence et la bienfaisante complémentarité entre l'homme et Ia femme. Au détour d'un manuel proposé aux gamins de 15 ou 16 ans, on explose ainsi la notion du réel. Il faut bien voir que ces imbécillités assénées avec tout le sérieux apparent d'un manuel scolaire s'adressent à des jeunes dont le sens critique n'est pas des plus développés (quand ils savent lire). Et l'affaire est d'autant plus pernicieuse que, par ailleurs, le propos des auteurs semble être de mettre en garde les lycéens contre le poids des marques et du consumérisme : il y a donc un fort moralisme dans la présentation qui se traduit aussi par la constante référence au réchauffement climatique. Il faut croire ce que le programme et le manuel enseignent.
    S'agissant de l'idéologie du genre, cette seule page, ce seul article véritablement révolutionnaire devrait disqualifier le manuel Belin, mais on suppose que les autres sont pareils...
    Ce qui est sûr, toutefois, c'est que le programme de sciences économiques et sociales permettra aux jeunes de jargonner à qui mieux mieux. Ils sauront dire « élasticités-revenu » (pas forcément en sachant ce que cela veut dire) et, avec un peu de chance, comprendre en quoi la photo d'un automate de vente de tickets de métro et celle d'une file de passagers attendant de recharger leur pass-navigo au guichet « illustrent la substituabilité de deux facteurs », et même de dire lesquels.
    Nos chers adolescents apprendront pourquoi il faut une taxe carbone, combien peu l'arrivée de l'euro a poussé les prix à la hausse depuis 2001 (lesquels ? en France ? dans l'UE ? mystère !), ils sauront que les délocalisations sont relativement moins dangereuses pour l'emploi qu'on ne pourrait le croire. Amusant : dans le graphique sur les coûts du travail dans le monde, le manuel Belin ne présente que ceux de l'OCDE (où la France caracole en tête) et point ceux de la Chine ou de l'Inde ou du Vietnam, dont, il est vrai, le salaire de base risquerait d'être invisible à l'échelle retenue.
    Chapitre après chapitre, les jeunes sont invités à découvrir comment leur origine sociale influe sur leurs choix, leurs goûts, leur réussite future. À voir que des gens de petite naissance (ce n'est pas dit comme cela !) ont réussi : ainsi les auteurs rendent-ils leur hommage de caste à Pierre Bourdieu, porté aux nues et plusieurs fois cité par ailleurs, et leur hommage démagogique à Mohamed Dia, « gosse de Sarcelles », « créateur franco-malien de vêtements de sport et de tenues de ville (sportswar et streetwear) ». L'article cité est de Libération, vous aurez compris que la « tenue de ville » n'est pas celle à laquelle on pense d'emblée. Nos jeunes ont-ils vraiment besoin d'apprendre que des « genres musicaux hybrides nés dans les grandes mégapoles » s'appellent le « baile funk », le « coupé décalé », le « cumbia digital »? Et est-ce si étonnant, ensuite, de les faire constater que dans les familles les plus riches ou les mieux instruites on va plus au théâtre ou au concert classique que dans les autres - alors même que l'école pourrait, théoriquement, leur donner le goût du beau ?
    Je vous laisse pour finir méditer sur cet « exercice », où il s'agit de trouver « les agents participant à la socialisation de Grégoire » et le « mode de transmission des normes et des valeurs (par inculcation ou par imprégnation) ». Voici le texte Dure journée pour Grégoire : « Fichue "'panne" de réveil (...). Une fois remis de ses émotions, il envoie un sms à sa copine pour lui signaler qu'il passe sous la fenêtre de sa classe, dans la cour. Quel romantique ! Un surveillant le regarde gesticuler en fronçant les sourcils. Grégoire le salut (sic) poliment et rejoint sa classe. (...) Enfin la récréation, l'occasion de serrer la main à ses potes, ils forment ensemble le noyau de l'équipe de basket du lycée. Mais aujourd'hui ils vont se retrouver après les cours pour jouer à la Wii ... Ben quoi, c'est du sport, non ? Ils se sont organisés hier soir sur Msn... Pour l'heure, on se raconte le dernier sketch de Gad Elmaleh, on se moque des "bouffons" qui s'assoient toujours au premier rang... »
    Nul ne saura jamais l'auteur de ce texte immortel. On sait seulement qu'il n'emmènera pas les lycéens bien haut.
    JEANNE SMITS PRÉSENT  Vendredi 15 octobre 2010

  • Montebourg / Poutine : Deux façons différentes de défendre les intérêts de son pays...

  • Delanoë ridiculisé par les défenseurs du mariage

    Après ses déclarations sur les dégâts occasionnés à la pelouse du Champ de Mars par la manifestation contre le « mariage » pour (tan)tous(es), et sa demande d’une indemnisation, le maire de Paris a reçu des milliers de chèques de 10 centimes d’euro en moyenne.
    Delanoë réclamait 100.000 euros au collectif de la Manif pour tous, le voici aujourd’hui submergé de chèques :
    « J’ai reçu un certain nombre de milliers de chèques de 10 centimes d’euros, ce qui fait à peu près 3000 euros en tout, a indiqué Bertrand Delanoë lundi matin, sur France Bleu. Je ne sais même pas comment je vais faire parce qu’il faut, selon la loi, que je leur envoie un récépissé, ça va me coûter plus cher en timbres que ce qu’ils ont envoyé. »
    La mairie de Paris a reçu en tout 9000 courriers.

    Lors de précédents événements sur le Champ-de-Mars, qui avaient causé «beaucoup plus de dégradations», se souvient Bernard Loing, président de l’Association des amis du Champ-de-Mars, la Mairie de Paris ne s’était pas montrée si tatillonne. La facture de 73.640 euros adressée à SOS Racisme après le concert de l’association, le 11 juillet 2011, s’était, elle, volatilisée. Avant que le Canard Enchaîné ne la retrouve, impayée.

    http://www.contre-info.com/

  • Ensauvagement et décivilisation

    Il n’est peut être pas impossible que mon lecteur se souvienne de la polémique déclenchée par Jean-Pierre Chevènement en 1998 suite à sa déclaration effectuée dans le cadre de l’assemblée nationale. Evoquant les délinquants de l’époque, il les avait alors qualifiés de sauvageons, entrainant de facto un tollé quasi général au sein de la classe politique. Le souvenir de cet incident m’est revenu en mémoire suite à la publication récente de l’ouvrage à succès de Laurent Obertone intitulé « La France orange mécanique ».

    Le terme de sauvageon évoque bien évidemment la sauvagerie et donc l’absence de civilisation. Il est d’ailleurs une distinction effectuée en zoologie entre animaux domestiques ou familiers et animaux sauvages. Le problème est d’actualité puisque très récemment, Marine le Pen a évoquer l’ensauvagement croissant de toute une partie de la société française. Je ne sais si le terme a fait écho pour mon lecteur, raison pour laquelle je rappelle que la notion est issue des recherches effectuées par l’historien George Mosse (1918,1999) caractérisant une mue dans l’état d’esprit des combattants ayant connu l’enfer des tranchées. Que l’on qualifie cette mue de brutalisation (brutalization) ou d’ensauvagement, la notion reste approximativement la même puisque dans les deux cas, c’est un processus que nous pouvons qualifier de décivilisation dont il est question.

    Cette décivilisation d’une partie de la société française appert durant la second partie des années soixante dix et coïncide avec l’avènement de la postmodernité. Le fait est qu’à l’époque, aussi bien Michel Poniatowski que Christian Bonnet, chacun successivement ministre de l’intérieur, malgré leur réputation de durs, ne sont pas parvenus à enrayer la montée en puissance du processus. Il est peut être utile de rappeler qu’à cette époque, c’est à dire voilà plus de trente ans, le fait migratoire n’était pas encore, loin s’en faut, devenu ce qu’il est aujourd’hui. Le processus d’involution caractérisant la modification des comportements, aussi bien des délinquants que de l’homme de la rue, ne sont bien sur pas la conséquence de décisions rationnelles issues des uns et des autres : c’est l’évolution de la société française voulue par les dirigeants politiques de l’époque, avec pour chef de file Valery Giscard d’Estaing, qui déclencha progressivement un autre rapport au monde et à autrui chez les Français. Bien évidemment, à lui seul, le chef de l’exécutif de l’époque n’eut pu faire autant de mal: le processus est à replacer dans le cadre de la postmodernité naissante mais aussi dans celui du grand vent libéral initié aussi bien par Margarett Thatcher que Ronald Reagan. C’est ainsi que nous sommes passés de l’influence majeure du marxo-stalinisme où l’Etat était tout (« le zéro et l’infini ») au libéralisme éhonté où l’individu quelconque est devenu roi. On peut remarquer d’ailleurs que l’histoire est souvent faite de grands mouvements de balancier, oscillant d’un extrême à un autre.

    Revenons maintenant à nos sauvageons et analysons sans préjugés le terme. Il est une spécialité intellectuelle étudiant le parallèle entre comportements animal et humain: l’éthologie, puisque c’est son nom, a eu pour fondateur majeur Konrad Lorenz (1903,1989) même si cette discipline est déjà latente chez un penseur comme Schopenhauer (1788,1860). Je constate :

    - Les jeunes dont il est question qui vivent au sein de ce que l’on appelle désormais et de façon très péjorative « cités », vivent en bandes : pour caractériser cet aspect dans le cadre animal, on évoque le terme de « meute ». Dans les deux cas d’ailleurs, la structure est très hiérarchisée et toute modification de l’édifice se fait par grande violence. Qui ignore l’exécution de temps à autres de certains chefs de bande ?

    - Ces jeunes, on le sait, disposent d’un vocabulaire particulièrement restreint. Or, on sait justement que l’un des modes de différenciation entre homme et animal, est justement le langage. En cela, nos jeunes sont très proches de l’animalité.

    - Les jeunes dont il est question ont un sens aigu du territoire au point que tout individu non identifié comme membre de la cité se voit abordé, voire agressé. Ce sens très particulier du territoire renvoie directement à la notion de niche environnementale qui est essentielle chez les animaux, y compris chez les moins évolués comme c’est le cas des reptiles. On sait que les animaux défendent avec beaucoup de détermination leur territoire : malheur à l’intrus.

    - Le rapport qu’entretiennent ces jeunes de sexe le plus souvent masculin avec les femmes est lui aussi emblématique ; ou la femme est perçue comme instrument de plaisir et l’on voit poindre le principe des tournantes, viols collectifs effectués par la bande. Ou la femme est réduite à la maternité ; l’idée par exemple d’une autonomie intellectuelle ou sociale féminine disparait donc, la femme n’ayant pour seule vocation que l’enfantement : bien évidemment, ce n’est certainement au sein du monde animal qu’un statut favorable serait octroyé puisqu’il n’est alors question que de mâles et de femelles, principalement préoccupés par les besoins primaires.

    Bien évidemment cet article pourrait être une propédeutique à l’élaboration d’un ouvrage traitant du phénomène de désociabilisation (décivilisation) ou d’un livre explorant plus en détail l’animalité croissante dans certains segments sociétaux de la France contemporaine. Je ne pense pas qu’en 1998, Jean-Pierre Chevènement avait réfléchi en détail à la problématique qu’il a initiée en utilisant le terme de « sauvageon ». Pour autant, au vu des arguments précités, difficile de ne pas lui octroyer un satisfecit.

    Philippe Delbauvre http://www.voxnr.com

  • Traité de « l’intérêt national » ! Sur le recours à la force (2008)

     

    Réflexions sur les textes de l’amiral Gaucherand, du Général Derenne et de la présidence du Büso, diffusés par M. Henri Fouquereau.

    Claude GAUCHERAND Contre – Amiral (2S), alors le  capitaine de frégate Claude Gaucherand…
    Petit Encart
    Lire :
    http://www.forumpourlafrance.org

     

    Lire :

    La question du recours à la force – du moins pour la France qui ne peut être l’objet que de toutes nos préoccupations – devrait être étudié dans le cadre du monde tel qu’il se présente à nous pour au moins le prochain siècle. Il est, semble-t-il caractérisé par les données suivantes :

    1° D’abord, en dépit de la mondialisation des échanges et des vastes mouvements migratoires, le grand et durable affrontement des peuples producteurs à bas salaires, à ceux dans lesquels le travail est beaucoup plus largement rémunéré. Il s’agit d’un affrontement socio-économique qui ne risque pas d’aboutir à l’épreuve de force militaire, l’existence – partagée – du nucléaire interdisant l’escalade au paroxysme de la violence. En revanche, la production des peuples milliardaires en vies humaines use peu à peu le modèle socio-économique des « anciennement industrialisés » amenuisant leur potentiel industriel et réduisant les niveaux de vie.

    Il en résultera un malaise social, les gouvernements privilégiant alors l’assistance économique afin d’atténuer les rigueurs des restrictions ainsi imposées aux populations hier favorisées.

    2° Ensuite, il faut prendre en considération la quête – forcenée – de ressources en énergies fossiles, cause de rivalités, de querelles, voire de combats menés avec des armes traditionnelles, le recours à l’atome étant exclu. La raréfaction programmée a inversé la complémentarité de jadis entre producteurs et consommateurs, les premiers cherchant  à tirer un profit maximum des richesses de leur sous-sol,  et les seconds passant parfois pour des prédateurs en usant de la force des armes (traditionnelles) pour s’assurer un ravitaillement suffisant.

    Le renchérissement qui accompagne la raréfaction des hydrocarbures crée de nouvelles conditions financières, économiques et sociales qui pèsent sur la politique des Etats.

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    C’est que, cherchant à remplacer la rente pétrolière en voie d’extinction,  les pays producteurs utilisent les vastes ressources que leur procure le renchérissement pour s’industrialiser et pour intervenir dans les économies des « anciennement industrialisés ». D’où l’influence croissante qu’ils y exercent qui pourrait caractériser la « troisième expansion » de l’Islam d’autant que ces « industrialisés » de longue date sont déjà mis à mal par la production à bas prix de la zone Asie-Pacifique et qu’en compensation, ils accueillent à la fois la présence sur leur sol des entreprises et des capitaux des futurs ex-pétroliers. Ce qui détermine une certaine subordination des pays d’accueil et compromet leur indépendance politique.

    « Des investisseurs de plus en plus présents... et  embarrassants »
    Lire : http://www.investir.fr

    3° La quête de l’hydrocarbure n’est pas étrangère à la naissance et à l’extension de l’arme du terrorisme, apparemment seul recours à la coercition pour les peuples non industrialisés face à ceux qui le sont. L’addition aux panoplies militaires de l’arme nucléaire – du moins pour les neuf pays qui la détiennent officiellement – donnait à penser que, désormais il n’existerait plus de commune mesure entre les risques inhérents à un échange nucléaire et l’enjeu d’un différend et qu’ainsi cette arme suprême gendarmerait une large fraction de l’humanité. Force est de constater que le terrorisme contourne le nucléaire
    militarisé, faute de constituer une cible vulnérable aux représailles atomiques, les sources du terrorisme pouvant agir à la fois partout et de nulle part. C’est là une situation nouvelle.

    Carte des Points Chauds dans le monde – 2006 -

     L’armement nucléaire se trouve confiné à une seule mission : décourager une agression décisive visant les œuvres vives de la nation,  tandis que celle-ci est devenue vulnérable aux effets – relativement limités comparativement – du terrorisme. Or, celui-ci individualise les périls mettant à mal tout système de dépense collective, chaque Etat membre de ce système cherchant en sous-main, sinon officiellement, des compromis afin d’écarter le terrorisme de son territoire. Le soutien des musulmans de Bosnie par les Etats-Unis visait aussi à équilibrer les liens de Washington avec Tel Aviv. Même démarche de Paris lors de l’attaque de l’Irak. D’où une politique nationale empreinte de suggestivité.

    4° Sur le recours à la force, il faut, enfin, tenir compte de la politique conduite par les gouvernements français successifs depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cette politique vise – plus ou moins confusément – la marche vers la transformation d’une expression géographique, l’Europe, en entité politique. Ce qui implique la fin des souverainetés nationales, les Etats formant cette Europe devenant des divisions administratives gérées fédéralement, à l’instar des Etats-Unis d’Amérique. En effet, il n’existe que deux partis possibles : ou bien l’Etat-nation tel que l’Histoire l’a peu à peu forgé, ou bien l’Etat fédéral.

    Les constructions politiques intermédiaires, telle la confédération, se sont révélées trop faibles pour durer et rivaliser avec les deux autres formes d’Institutions. Révélateur, à cet égard, a été le comportement des jeunes Etats-Unis. En 1781, ils adoptèrent dans le cadre d’une « ligne d’amitiés », un texte constitutionnel intitulé les « Articles de la Confédération » qui prouva ses carences, aboutissant à de nombreux antagonismes « nationaux » aux désordres, faute d’un réel gouvernement central. D’où le recours au fédéralisme pur et dur et à la constitution de 1787 toujours en vigueur outre-atlantique.

    A Rome, Maastricht, Dublin, Nice, Lisbonne, la France a pris des engagements qui, les uns après les autres, entament la souveraineté des Français sur eux-mêmes, s’en prennent à l’idée de nation, aliènent la notion d’indépendance et, en ce qui nous concerne ici, confiant au supranational la politique étrangère et celle de la sécurité, donc le recours à la force n’étant plus au service des Français, mais de l’entité européenne en gestation. La démarche semble d’autant moins réversible qu’en majorité la population française souscrit à l’idée européenne. Elle adhère à l’effet de taille, impressionnée par les grands Etats, Chine, Inde, Etats-Unis, Russie et souhaite appartenir à une entité politique de quelque quatre cent ou cinq cents millions de citoyens, s’imaginant retenir, en même temps, le privilège de se gouverner, ce qui est contradictoire et même absurde.

    Dans un tel contexte, le recours à la force relèvera du gouvernement fédéral, la France, comme chacun de ses partenaires, fournissant une contribution à un appareil militaire qui n’agirait qu’aux ordres supranationaux éventuellement au service d’intérêts autres que les siens.

    5° La France – et plus généralement l’ensemble des pays membres de l’Union – vont avoir à s’accommoder de deux phénomènes politiques et économiques contradictoires :

    - D’une part, la quasi continuité de la politique des Etats-Unis et de la Russie. A un semestre près, les gouvernements respectifs de ces deux puissances changent, mais pour pratiquer la même politique parce qu’elle est conforme à leur intérêt national. En  somme, ces deux pays hier adversaires forment maintenant un ensemble relativement constant.

    Lire :
    http://blog-elections-americaines-tf1.lci.fr/

    - D’autre part, Chine et Inde portées par un gigantesque potentiel de production vont constituer les puissantes variables du monde de demain et inscrire ainsi l’imprévisible dans la vie internationale.

    Redressée par Vladimir Poutine, la Russie va poursuivre la politique qui a si bien réussi au cours des toutes dernières années. A savoir :

    - Tirer parti, politiquement et financièrement, des richesses énergétiques (gaz naturel et, pour quelques décennies encore, pétrole). Forts consommateurs, Europe à l’ouest, Chine et Inde à l’est forment un marché rémunérateur.

    Lire : http://www.iran-resist.org/article3318

    Du gaz russe pour la Chine

    Lire : http://www.rfi.fr

    - A l’instar des pétroliers arabes cherchant de nouvelles activités pour remplacer la rente pétrolière bientôt défaillante, Moscou, particulièrement riche en ressources  indispensables au développement, le sien et celui des autres, va accroître sa production industrielle et chercher à s’installer dans le gigantesque marché des peuples milliardaires en vies humaine afin de répondre à ses immenses besoins.

    - Accroître encore le potentiel scientifique et technique du pays afin d’être en mesure de fournir des équipements dits « de pointe » que ne conçoivent ni ne produisent les pays moins « avancés ». (A condition que le commerce du gaz ne valorise pas trop le rouble).

    - Augmenter le potentiel militaire du pays pour être en mesure de tenir en respect à la fois l’ouest vacillant et l’est montant vers la puissance, y compris celle que procurent les armes.

    . Pour les pays de l’Union européenne cela signifie qu’ils se trouvent au centre de la rivalité Est-Ouest, en l’occurrence Etats-Unis et Russie et que celle-ci détient un argument puissant : la fourniture de gaz naturel, avantage qu’est loin d’avoir l’Amérique. Nouvelle servitude pour cette Europe qui devra composer avec son puissant voisin de l’est bien que s’étant rangée dans le camp occidental tel que le conçoivent les Etats-Unis. Cette double dépendance doit accroître encore les charges qui pèsent sur l’Europe et contribuer à réduire encore le niveau de vie de ses habitants réduits au rôle de consommateurs aux faibles ressources, voire de quémandeurs pour avoir progressivement tari sa production.

    . La politique des Etats-Unis vise et visera le même objectif : demeurer aussi longtemps que possible l’unique superpuissance bien que ce privilège soit maintenant – et demain davantage encore – menacé par les peuples milliardaires en vies humaines et aussi quelque peu mis à mal mondialement par les ambitions pétrolières et les guerres qu’elles suscitent. Washington, en effet, persiste à tenir le recours à la force des armes comme le plus solide instrument de sa puissance. Il s’aliène ainsi une large fraction du monde. Quel que soit le futur président  des Etats-Unis, il ne manquera pas de reprendre à son compte les fondamentaux de la nation :
    - Obtenir et conserver la primauté en matière scientifique et technique, conditions du rayonnement économique et de l’afflux des investissements étrangers.
    - Assurer aux Etats-Unis la suprématie militaire que les peuples milliardaires en vies humaines pourraient, un jour, mettre en question.

     

    Avec les rodomontades des Etats-Unis en direction du Venezuela qui ont désormais atteint un sommet, le Pentagone a décidé de réactiver la quatrième flotte de la Navy dans les Caraïbes, l'Amérique Centrale et l'Amérique du Sud.
    http://questionscritiques.free.fr

    - Toujours fonder l’économie nationale sur le libéralisme mondialisé et la faculté d’imprimer autant de monnaie que nécessaire, la masse monétaire étant, sans commune mesure avec les biens qu’elle est censée représenter. Essayer de rétablir le dollar au rang de monnaie mondiale face à l’euro et peut-être un jour au yuan chinois. Pierre Leconte avance même l’hypothèse d’une fusion euro-dollar, créant une monnaie fondée sur le passé et  sur l’économie du monde atlantique en déclin afin de tenir tête à la future monnaie triomphante de la zone Asie-Pacifique : deux mondes, deux monnaies rivales. Celles représentant, en fait l’ensemble des « anciennement industrialisés » d’une part, et les pays à salaires bas, ou modérés, capables  d’une production de masse à relativement bon compte, d’autre part.

    - Outre-Atlantique, justifier ces démarches en se proclamant champion de la démocratie et en laissant entendre que tel est la finalité de la politique des Etats-Unis. La formule présente d’évidents avantages moraux d’abord à l’extérieur, mais surtout en politique intérieure, la population des Etats-Unis croyant fermement à cette mission généreuse. Elle permet, de surcroît, nombre de débordements tenus pour être les conditions du succès final  de la généralisation de l’idéal américain. Ainsi se perpétue le Manifest Destiny.

    A ces constantes de la politique américaine se superpose, maintenant, l’émergence de la Chine et de l’Inde et aussi celle des économies en expansion telle la Russie et le Brésil. Aussi demeure-t-elle en position de combat face à de nouveaux rivaux. Avec l’URSS, les Etats-Unis avaient un puissant adversaire que les armements – partagés – tenaient à distance. Aujourd’hui, c’est avec la production de masse à bon compte que la superpuissance, en contraction , doit rivaliser…. avec la volonté évidente de l’emporter.

    Quelles pourraient être les conséquences, pour l’Union européenne, et particulièrement pour la France, de cette situation nouvelle ?

    - L’épreuve commande à Washington d’agrandir et de renforcer son camp, celui dit de l’Occident, à commencer par l’Europe de l’ouest, allié séculaire. L’alliance atlantique et l’OTAN les bras armés sont, pour cela, de précieux auxiliaires.

    - Le même défi conduit les Etats-Unis à disputer à l’Extrême-Orient ses visées politiques, et surtout économiques sur le continent noir et l’Amérique latine dans le cadre de la « guerre » des matières premières.

    - Enfin, Washington édifie des positions géostratégiques classiques avec l’encerclement politique et militaire du grand adversaire de demain : la Chine. Face à l’URSS, les forces armées de l’OTAN stationnaient, grosso modo sur le méridien de Berlin. Aujourd’hui, face à la Chine et plus généralement aux nouvelles économies de la zone Asie-Pacifique, les forces des Etats-Unis ici encore embryonnaires, se trouvent 5.000 kilomètres plus à l’est, au méridien de Tachkent, c’est-à-dire bien proche des frontières occidentales de la Chine.

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    En force, elles occupent la Corée du sud et les îles méridionales de l’archipel japonais. Washington s’intéresse à la Mongolie, aux musulmans de l’ouest chinois, tandis que la puissante VIIème flotte témoigne de l’hégémonie maritime américaine sur le Pacifique assurent, indirectement, la sécurité du Japon et de Taïwan. Il est donc légitime que Pékin, sans le proclamer officiellement, évoque l’encerclement.

    Zone de responsabilité des flottes américaines en 2007.

    Pour la France – et plus généralement les pays de l’Union embrigadés dans l’OTAN – ces dispositions politico-militaires arrêtées par les Etats-Unis visent à créer un vaste ensemble, militairement  puissant afin de l’emporter dans une future confrontation économique avec les pays producteurs à bas salaires. A la France de rentrer dans le rang. Elle compte,  parce que encore modeste puissance atomique, elle a mené longtemps nombre d’expéditions extérieures…

    Afin d’aider Paris à revenir sur les décisions du général De Gaulle et la politique suivie pendant quarante ans en demeurant dans l’Alliance, mais hors de l’OTAN, Washington présente le nouveau ralliement sous un jour favorable, du moins selon Paris.

    C’est ainsi qu’en février dernier, l’ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’Alliance, madame Victoria Nuland a déclaré, à Paris et à Londres que son pays reconnaît que l’Europe doit pouvoir « agir de manière indépendante en conservant son autonomie de décisions ».

     

    Déclaration qui n’égare que les nigauds, car les Etats-Unis détiennent à la fois le monopole du renseignement et celui de la logistique, c’est-à-dire la mise en œuvre du matériel nécessaire au combat, ce matériel lui-même, son transport, son entretien et son renouvellement. Dans ces conditions, parler d’autonomie de décisions est un leurre. Les carences européennes justifient cette tromperie.

    Les habitants des nations européennes, membres de l’Union ont eu le temps, à l’usage, de mesurer les avantages et aussi les méfaits du processus de « construction européenne » auquel, majoritairement, ils ont souscrit. Mais ils ne se sont pas rendu compte des effets désastreux de cette « construction » à la fois en matière de politique étrangère et d’indépendance d’une part, et en ce qui concerne leurs appareils militaires respectifs dépendant désormais de la volonté  politique étrangère à l’Europe, d’autre part.

    C’est la France, plus particulièrement, qui paie le prix élevé en tombant du premier rang des puissances militaires aux dernières places avec les « petites puissances moyennes ». Les nocives Institutions de la Vème République dévoyée ont permis aux pouvoirs successifs de détruire l’appareil national de production d’armement qui, il y a 40 ans encore faisait prime sur le marché mondial et contribuait au prestige de la nation et à son indépendance.

    Mais, voici peu, un sondage général de l’opinion montrait que 6 % des Français s’intéressaient à la politique étrangère de leur pays et 1 % seulement à ses armes. En Vème République le premier objectif du pouvoir – ou des candidats au pouvoir – est de racoler des voix si bien que ces questions ne présentent aucun intérêt électoral. D’où leur saccage par le pouvoir.

    Dans le domaine qui nous occupe ici c’est, en effet, le désastre : gestion chaotique du projet « Galileo » et plus généralement carence européenne en matière d’espace, fiasco d’EADS, perte de contrôle de « l’Airbus » au profit des Allemands, dislocation de la société nationale « Aérospatiale », retard de l’A 400 M de transport destiné à succéder aux « Transall » quinquagénaires perte – complète – du marché des avions de combat au profit des anglo-saxons, tristes pérégrinations du GIAT devenu « Nexter » après la fermeture de nombre des ses usines et la réduction du personnel des trois quarts.

    Enfin, pour couronner cette faillite quasi générale, la tragédie-comédie du 2ème porte-avions tenu un jour pour « indispensable » et le lendemain retardé au prochain mandat présidentiel. L’échec n’est pas seulement français, il est aussi celui de la « construction européenne ».

    Mis à part les rêveurs et, surtout les quelques centaines de milliers de fonctionnaires – ou assimilés – qui vivent confortablement de « l’Europe », les populations et quelques gouvernements ne voient dans cette « construction » que le moyen de profiter de la manne communautaire tout en renonçant à de coûteuses attributions régaliennes confiées aux puissants Etats-Unis. Ils s’accommoderaient d’en former le prolongement sur le vieux continent en s’épargnant toutes les charges de la souveraineté et de l’indépendance. D’où un premier renoncement : la charge de leur sécurité nationale, l’OTAN y pourvoyant. Ce n’est pas exactement ce que recherchent les Etats-Unis visant à ajouter à leurs forces celles, certes modestes, des alliés européens rangés dans le même camp et se préparant à un éventuel combat, si Washington le juge conforme à ses intérêts.

    Dans ce grand renoncement des pays européens à demeurer eux-mêmes, tels que des siècles d’Histoire les ont formés, la France a une grande  part de responsabilité en raison des initiatives qu’elle prit pour transformer, un jour, un continent – expression géographique – en entité politique.

    La principale cause de son déclin précipité réside dans la décision –approuvée par référendum en 1962 – d’élire le président de la République au suffrage universel (comme en 1848 avec les tristes résultats que l’Histoire rapporte). Le bon sens populaire n’est pas en question et il est normal, et même salutaire, que la gestion des affaires de chaque citoyen vise d’abord – et même uniquement – l’immédiat, au maximum le très court terme. Dépendant d’un tel électorat, le pouvoir n’a de cesse que de le courtiser en accédant à ses humeurs moyennes quasi quotidiennement perçues, ou encore d’être en constante démagogie. Or, un pays ne se gouverne pas au jour le jour. Il gouverne pour le peuple mais il n’a pas à être « gouverné » par lui.

    De la tyrannie des sondages…

    C’est le cas en France. Ainsi, le pouvoir est-il en campagne électorale permanente, pour récolter le maximum de suffrage et durer, si bien que ses préoccupations sont celles de la vie quotidienne du citoyen moyen : pouvoir d’achat, déplacements, sécurité des personnes et des biens, emploi, loisirs, sports… Durant toute la durée du mandat la campagne se poursuit, distrayant le citoyen qui y voit une sorte de match entre partis et leurs représentants dont-il s’amuse à compter les coups. Enfin, le pouvoir de l’image télévisée est tel qu’il joue un rôle politique décisif, le faciès des candidats au pouvoir escamotant le vide de la pensée.

    Après quarante ans d’un tel régime, l’idée européenne tenant lieu d’objectif politique, la France entame le nouveau millénaire dans une position intermédiaire. Elle n’est plus un Etat-nation souverain et elle n’est pas encore une simple division administrative d’une Europe-Etat. Et en passe d’être vassale, diplomatiquement et militairement. Aussi, la réduction de son appareil militaire est-elle logique et sa subordination à l’OTAN un facile recours. Ainsi, s’évanouissent les nations et s’effacent les identités nationales. Le monumental l’évoque encore mais il est, au moins partiellement, à vendre, l’entretien du patrimoine n’étant pas payant électoralement s’entend, si bien qu’il n’y a guère de crédits pour l’entretenir. Qu’importe, il s’agit d’en finir avec la France souveraine, indépendante et, par conséquent, d’effacer son passé.

    Depuis la fin des années 60, les dirigeants de ce pays se sont comportés comme s’ils recherchaient le rapetissement de la France afin de l’insérer plus aisément dans un plus vaste ensemble politique, cela afin de plaire à l’électorat.  Les Français, en majorité, souscrivent à « l’effet de taille ». Un aphorisme « l’Union fait la force » tient lieu de politique à long terme. Ils évoquent les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, la Russie, sans tenir compte, par exemple, du Canada (30 millions) ou de la Corée du Sud (47 millions) indépendants et souverains. Ainsi, comme les civilisations, les Etats nations meurent. Les Institutions de la Vème République dévoyée ont porté au pays le coup de grâce.

    Pierre M. Gallois mars 2008 - juin 2008 http://www.lesmanantsduroi.com