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Le dernier rapport du Conseil d'Orientation des Retraites, publié en janvier, laisse craindre que la réforme systémique, programmée en 2013 par la loi Woerth, ne soit pas mise en train avant longtemps.
Le dernier rapport du Conseil d'Orientation des Retraites (COR), publié le 22 janvier, laisse à penser que l'article 16 de la loi Woerth du 9 novembre 2010 portant sur la réforme des retraites restera lettre morte.
Cet article prévoit notamment qu' « À compter du premier semestre 2013, le Comité de pilotage des régimes de retraite organise une réflexion nationale sur les objectifs et les caractéristiques d'une réforme systémique de la prise en charge collective du risque vieillesse. »
En d'autres termes, la loi Woerth, qui nous avait été présentée par Nicolas Sarkozy et son gouvernement comme une réforme de grande ampleur, loin d'assurer le financement des retraites, a surtout reporté jusqu'après l'élection présidentielle de 2012 la réforme en profondeur du système. L'article 16 en précisait néanmoins les pistes de travail, en recherchant : premièrement, « les conditions d'une plus grande équité entre les régimes de retraite légalement obligatoires ». La loi prend donc acte des injustices flagrantes qui prévalent au sein du système français, notamment entre les régimes spéciaux (fonctions publiques, RATP, SNCF, industries électriques et gazières...) et les autres.
Deuxièmement, « les conditions de mise en place d'un régime universel par points ou en comptes notionnels, dans le respect du principe de répartition au cœur du pacte social qui unit les générations » : une vaste blague, puisque les jeunes générations sont d'ores et déjà sacrifiées sur l'autel de la répartition.
Troisièmement, « les moyens de faciliter le libre choix par les assurés du moment des conditions de leur cessation d'activité ». C'est l'idée de la retraite à la carte, qui n'est pas absurde à condition que le montant de la pension dépende des cotisations effectivement versée.
La loi précise qu'en s'appuyant sur un rapport préparé par le Conseil d'Orientation des Retraites, le Comité de pilotage des régimes de retraite (Copilor) soumettra au Parlement et au gouvernement le fruit de ses cogitations, dans le respect, entre autres, des principes de « pérennité financière », « d'équité intergénérationnelle » et de « solidarité intragénérationnelle ». C'est beau comme un rêve.
Des partenaires sociaux campés sur la conservation du système
Le rapport du COR publié le 22 janvier doit donc servir de base de réflexion au Copilor. Précisons d'emblée que le COR est un outil servi par des experts placés sous la houlette des « partenaires sociaux » (syndicats et patronat) et des représentants de l’État. Quant au Copilor, créé par la loi Woerth pour surveiller la situation financière des régimes et les conditions dans lesquelles est supposé s'effectuer le retour à l'équilibre, il est aussi entre les mains des mêmes « partenaires sociaux » et représentants de l’État. Lesdits partenaires sociaux vivant largement sur la bête, on peut douter que la réforme « systémique » soit très audacieuse.
C'est d'ailleurs ce qui apparaît à la lecture du rapport du COR, dont le principal intérêt est de souligner l'impasse financière dans laquelle est engagé le système de retraite français : « En 2011, les besoins de financement du système de retraite s'élèvent à 14 milliards d'euros. » Le chiffre est considérable, mais le plus inquiétant tient à une situation générale où se cumulent les effets de la crise économique et les déficits structurels liés à l'arrivée à l'âge de la retraite des générations du « baby boom » et à l'allongement continu de l'espérance de vie. Autrement dit, les retraités sont plus nombreux et vivent plus longtemps à la retraite, alors que les actifs, dont les cotisations alimentent les caisses de retraites, sont moins nombreux et subissent les effets de la crise.
Notons au passage que les générations qui arrivent à la retraite sont celles qui avaient 20 ans dans les années qui ont suivi 68 et qui n'ont pas fait d'enfants. L'espérance de vie progressant, les jeunes actifs sont invités, au nom de l’« équité intergénérationnelle » et de la répartition, à financer leur « deuxième vie », autrement dit à payer de grandes vacances à ces sexagénaires en pleine forme, tandis que la dépendance, qui est la vraie vieillesse, n'est toujours pas financée...
Quant à la « solidarité intragénérationnelle », quelques chiffres tirés du rapport du COR en disent plus qu'un long discours : le déficit du régime général (CNAV) s'élève en 2011 à 6 milliards d'euros, celui des complémentaires du privé (Agric-Arrco) à 3,7 milliards d'euros, tandis que celui des régimes spéciaux ne dépasse pas 0,2 million d'euros.
Or le financement de la CNAV repose à 63 % sur les cotisations sociales (à 10 % sur les impôts et taxes et 25 % sur des transferts), tandis que « de nombreux régimes spéciaux, dont celui de la fonction publique d'Etat (FPE) sont équilibrés in une par des subventions d'équilibre et des contributions d'équilibre des employeurs. » En réalité, dans le cas de la fonction publique d’État, les retraites sont en réalité financées par les contribuables, les « cotisations » se résumant à des jeux d'écritures.
Pourtant, on cherche en vain, dans le chapitre du rapport du COR consacré aux « Différentes dimensions de l'équité du système de retraite au sein d'une génération », un axe de réforme concernant cette différence de traitement flagrante entre la masse des salariés et retraités dépendant du régime général et ceux qui bénéficient des régimes spéciaux. Tout au plus le COR note-t-il que « l'existence de règles différentes contribue à un sentiment, justifié ou non, d'inégalité de traitement voire d'absence d'équité, ce qui est préjudiciable à la confiance dans le système de retraite et à la capacité à accepter des réformes des droits à-retraite. »
Ce silence laisse à penser que les politiques et « partenaires sociaux » qui président aux destinées du COR n'ont pas souhaité que le sujet soit abordé et restent campés sur la défense et la conservation du système actuel, dont ils tirent leur subsistance. Autant dire que la grande réforme n'est sans doute pas pour demain.
Jean-Pierre Nomen Monde&Vie
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PARIS (NOVOpress) — La campagne électorale en vue des élections municipales de mars 2014 est l’occasion de s’interroger sur l’état de santé de l’ex Union pour la majorité présidentielle. Deux constats s’imposent : d’un côté, une base qui a soutenu la ligne “identitaire” impulsée par Patrick Buisson lors de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2012 puis la ligne de “droite décomplexée” conduite par Jean-François Copé. La même base militante s’est clairement prononcée en faveur d’alliances locales avec le Front National, et aura fourni le gros des troupes de la Manif pour tous contre l’adoption d’enfants par les homosexuels. D’un autre côté, des prises de position de responsables UMP aux antipodes de ce virage “droitier”. Sans prédire une explosion en plein vol, il y a de quoi s’interroger sur le devenir de cette formation politique, alors que FN et Bloc Identitaire appellent à des unions sacrées à droite.
Nous relations il y a peu la véritable armée mexicaine dont Jean-François Copé s’est doté, avec la création de plus de 50 postes de conseillers politiques, parmi lesquels certains peuvent surprendre.
Il en est ainsi d’Aurore Bergé. Chargée de mission auprès de Valérie Pecresse, Aurore Bergé, en couple avec le député PS Nicolas Bays, s’est illustrée dernièrement en faveur du “mariage” pour tous ; elle a par ailleurs vivement dénoncé l’aide que Génération Solidaire (émanation des identitaires) apporte aux SDF. Plus récemment encore, elle a fait l’apologie de Daniel Cohn Bendit. Aurore Bergé a toutes les chances d’obtenir la tête de liste UMP dans la commune de Magny-Les-Hameaux (Yvelines).
Cela ne s’arrange pas lorsque l’on monte dans l’échelle des responsabilités au sein du parti.
C’est le cas de responsables départementaux comme Stéphane Beaudet, maire de Courcouronnes et Secrétaire départemental adjoint de l’UMP dans l’Essonne, qui déclarait sur son blog dans un article intitulé « Mal à ma droite » le 8 octobre 2012 s’être : « senti bien des fois mal à l’aise au cours de la dernière campagne présidentielle et plus particulièrement dans l’entre-deux tours ».
D’anciens ministres, comme Benoist Apparu, se sont par ailleurs inquiétés de voir le centre de gravité de l’UMP « bouger vers la droite ».
Valérie Pecresse, nommée Secrétaire Générale déléguée à l’UMP par Jean-François Copé, a déclaré récemment qu’il « valait mieux perdre une ville que son âme » en refusant toute alliance, même locale, avec le FN. La même Valérie Pécresse s’était illustrée pendant la campagne interne dans un article où elle s’inquiétait des positions “à droite” de Jean-François Copé, qui risquaient selon elle de provoquer clivages et divisions…
La palme revient sans doute à Nathalie Kosciusko-Morizet, députée-maire de Longjumeau (Essonne) et apprentie parachutiste, puisqu’elle est désormais candidate UMP pour la Mairie de Paris. Rappelons qu’elle ne pourra pas voter aux primaires car elle n’est même pas inscrite sur les listes parisiennes. Il faut également rappeler que NKM avait déclaré un mois avant le premier tour de l’élection présidentielle, alors qu’elle était porte parole de la campagne de Nicolas Sarkozy, qu’en cas de duel PS-FN, elle voterait pour le candidat socialiste.
Après la défaite de l’UMP aux présidentielles, puis aux législatives, elle a même enfoncé le clou encore un peu plus en déclarant : « Le principal reproche que je fais à Patrick Buisson c’est que son objectif, à mon avis, n’était pas de faire gagner Nicolas Sarkozy, il était de faire gagner Charles Maurras ». Référence subtile mais ô combien maladroite au théoricien du nationalisme français. Comme cela ne suffisait pas, elle a trouvé bon de s’abstenir, tout comme Bruno Le Maire, lors du vote sur le mariage homosexuel à l’Assemblée.
Il en va de même du député-maire de Nice, le fervent fillonniste (après avoir hésité à soutenir Jean-François Copé, et tout en se plaçant en bonne position dans l’association des amis de Nicolas Sarkozy) Christian Estrosi. Après avoir commencé sa carrière comme conseiller municipal du très droitier Jacques Médecin, Christian Estrosi n’en finit plus de dériver vers sa gauche. Fervent opposant au PACS lors de son adoption, il le célèbre aujourd’hui dans la salle des mariages de la mairie et finance sur les deniers municipaux un centre LGBT. Dans une ville où le FN réalise toujours de gros scores malgré sa faiblesse structurelle, et où les identitaires sont très bien implantés et pèsent 5 à 10% des électeurs, Christian Estrosi passe plus de temps à combattre les patriotes que les fondamentalistes musulmans de l’UOIF avec qui il collabore pour l’ouverture et la gestion de nouvelles mosquées.
Jean-François Copé aurait-il décidé d’alléger le pain au chocolat en nommant des personnes qui mèneront l’UMP vers une succession de défaites ? Alors que François Bayrou (MoDem), un temps présenté comme troisième homme potentiel, s’est déclaré prêt à voter une seconde fois pour François Hollande, l’alternative reste mince pour les militants et électeurs qui ne se reconnaissent pas dans ces prises de position.
Que l’on évoque l’échelle locale (à l’approche des municipales de 2014, mais aussi des régionales de 2015) ou nationale, seule l’émergence d’un “pôle populaire” à vocation majoritaire, axe “des droites” allant des identitaires à l’aile buissonnière de l’UMP en passant – bien entendu – par un FN cessant de lorgner vers une gauche souverainiste sans existence réelle (qu’il s’agisse des urnes ou de l’opinion), sera à même de reprendre le pouvoir à la gauche sociétale… pour le rendre au peuple.
Le discours à contre-courant que tient l’Église sur la famille ou sur la sexualité n'a pas l'heur de plaire au lobby homosexuel, auquel l'hédonisme tient lieu de religion.
« une Vierge + un Saint-Esprit + une opération = la première PMA » ; « Célibat des prêtres, pédophilie dans l’Église, Immaculée conception, c'est contre nature »; « Marie 1re mère porteuse »; « Benoît tu te trompes de Fallope » ; « Benedict XVI, queen of homophobia » ; et bien sûr, le classique « Le cléricalisme, voilà l'ennemi » : voilà quelques-une des inscriptions que l'on pouvait lire sur les banderoles et panonceaux brandis par les manifestants favorables au « mariage » inverti et à l'adoption par les homosexuels, le 27 janvier. Pourquoi tant de haine ? D'abord, parce que les participants à ce cortège n'ignoraient pas la part prise par l’Église de France et par les paroisses catholiques au succès de la manif monstre organisée deux semaines auparavant par les adversaires du projet de loi. Mais aussi et peut-être surtout parce que l’Église catholique représente un obstacle considérable à la volonté du lobby de « normaliser » les pratiques homosexuelles en les mettant sur un pied d'égalité avec « l'hétérosexualité ». Il suffit de se souvenir de la polémique qui avaient suivi la déclaration du député Christian Vanneste, aux yeux duquel l'homosexualité était « inférieure à l'hétérosexualité » (puisqu'elle n'est pas féconde), pour comprendre l'exécration que vouent ces militants à une Église qui enseigne que la pratique homosexuelle est un péché.
Le Catéchisme de l’Église catholique rappelle en effet que « S'appuyant sur la Sainte Ecriture, qui les présente comme des dépravations graves, la Tradition a toujours déclaré que "les actes d'homosexualité sont intrinsèquement désordonnés" (...) Ils ne sauraient recevoir d'approbation en aucun cas. »
Quant aux personnes homosexuelles, le Catéchisme souligne qu'« un nombre non négligeable d'hommes et de femmes présentent des tendances homosexuelles foncières. Ils ne choisissent pas leur condition homosexuelle ; elle constitue pour la plupart d'entre eux une épreuve. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. (...) Ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie, et si elles sont chrétiennes, à unir au sacrifice de la Croix du Seigneur les difficultés qu 'elles peuvent rencontrer du fait de leur condition. » Reste qu'elles « sont appelées à la chasteté » et que le chemin vers la sainteté auquel les convie l’Église est d'autant moins facile à emprunter qu'il rompt radicalement avec l'hédonisme triomphant de notre société.
C'est ce qui explique les procès à répétition que le lobby dresse à l’Église à propos du préservatif, qui a acquis une dimension symbolique depuis l'apparition du sida puisqu'il permet de conserver un mode de vie hédoniste. C'est ici que se noue la lutte entre deux systèmes de valeurs que tout oppose, et c'est en définitive une guerre de religion qui ne dit pas son nom.
C'est sur ce thème du préservatif que l'association Act-up, par exemple, se montre la plus offensive. C'est aussi l'un des chevaux de bataille préféré du réseau Voltaire, que dirige dans les années quatre-vingt-dix Thierry Meyssan, un ancien du mouvement charismatique revendiquant son homosexualité et devenu violemment anticatholique. Le réseau Voltaire, porté sur des fonts tout sauf baptismaux par Act-up, l'association homosexuelle Ornicar, le journal « gay » Illico et le lobby du minitel rose, est alors financé par Michel Sitbon, un magnat du minitel rose qui lancera un éphémère mensuel d'extrême-gauche, Maintenant, très anticlérical. Faisait alors partie du bureau du Réseau Voltaire un certain Christian Terras, patron du journal « catholique » Golias, spécialisé dans la dénonciation « interne » à l'Eglise de tout ce qui n'était pas estampillé progressiste. À la pointe du combat contre la venue en France du pape Jean Paul II pour le 15e centenaire du baptême de Clovis, Meyssan se discrédita au début des années 2000 en adoptant une position « révisionniste » à propos des attentats du 11 septembre. Hors l’Église, il est des péchés qui ne se pardonnent pas...
L'anticléricalisme du lobby homosexuel n'en est pas désarmé pour autant. Act-up relaie le Réseau Voltaire, avec encore plus de violence. Le 5 juin, une vingtaine de militants de ce groupuscule, au nombre desquels se compte le président d'Act-up Paris, pénètre dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, moleste son recteur, le père Patrick Jacquin et « célèbre » une parodie de mariage entre deux lesbiennes. En 2006, c'est encore Act-up, qui, avec l'appui de militants « écologistes », perturbe l'inauguration par Bertrand Delanoë du parvis Jean Paul II, devant Notre-Dame.
Benoît XVI est encore plus mal traité que son prédécesseur, en particulier lors de sa visite en Afrique, en mars 2009, au cours de laquelle il déclare que les distributions de préservatifs ne régleront pas le problème du Sida dans ce continent. Le magazine homosexuel Têtu l'attaque - pas plus violemment, il est vrai, que la plupart des magazines français - et les politiques s'en donnent à cœur joie, à l'image de Jean-Luc Roméro, homosexuel déclaré et président de l'association Elus locaux contre le sida, qui parle d' « un message de mort adressé aux Africains » et qualifie le discours du Saint-Père d'« inacceptable et irresponsable ». Ses propos ne passent pas non plus en violence ceux de Roselyne Bachelot, alors ministre de la Santé de Nicolas Sarkozy, ou d'Alain Juppé.
L'anticatholicisme est donc loin d'avoir désarmé au sein du petit lobby homosexuel. En témoignait encore, le 18 décembre 2012, l'agression perpétrée par le groupe des Femen contre la manifestation organisée par Civitas, avec l'active complicité de Caroline Fourest, lesbienne et anticatholique notoire. Les assaillantes presque nues avaient la tête couverte d'un voile de religieuse catholique et portaient, peintes sur le torse, des inscriptions qui se voulaient blasphématoires. Depuis 2000 ans, l’Église en a vu d'autres.
Hervé Bizien monde & vie 5 février 2013
François Hollande prépare l'opinion avant de faire marche arrière sur son objectif d'inverser la courbe du chômage en 2013. Il doit effectivement prendre en compte les prévisions de croissance de la Commission européenne de vendredi.
Mais certains membres du gouvernement veulent toujours y croire. « 2013 va jusqu'au 31 décembre », indique Jérôme Cahuzac, ministre du Budget. Son collègue Michel Sapin, ministre du Travail et de l'emploi assure que le président François Hollande ne renonce pas à sa promesse. « Même avec une croissance plus faible, les mesures prises par le gouvernement permettront d’y parvenir », affirme le ministre.
Cette fois, Frédéric Malaval se penche sur la Modernité. Il voit dans la période que nous vivons actuellement depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale un nouvel Age d’or pour aboutir à la mondialisation, étape ultime de la colonisation américaine.
Polémia
Des trois étapes essentielles installant la Modernité nous éluderons le XIIIe siècle et le XVIe siècle en relevant toutefois que ces deux époques sont des Ages d’or succédant à des périodes troublées. Ainsi, le XVIe siècle conclut une période dominée par les grandes pestes qui décimèrent la population européenne. La période que nous vivons depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale est aussi un Age d’or. Aucune guerre, épidémie ou famine n’est venue dévaster l’Europe. Les hécatombes de la guerre de 1914-1945, les épidémies comme la grippe espagnole de 1919 ou la crise économique de 1929 relèvent de l’Histoire pour l’immense majorité d’entre nous qui n’a connu que la prospérité. Nous laisserons aux historiens le soin d’exposer pourquoi le XIIIe siècle et le XVIe siècle sont à ranger dans la catégorie des Ages d’or. Concentrons-nous sur la deuxième moitié du XXe siècle. Cette prospérité commence dans des conditions politiques où l’Europe est dominée par les deux porteurs de la Modernité : les USA capitalistes à l’ouest, l’URSS socialiste à l’est.
Le 14 juin 1940, le général allemand Rommel, à la tête de ses chars, faisait près de 260 km en une journée en Normandie. En face, il n’y avait plus rien. Le 10 juillet 1940, l’Assemblée nationale à l’origine du Front populaire de 1936 confiait les pleins pouvoirs au maréchal Pétain pour gérer la débâcle. La classe dirigeante française fut ébranlée par ce séisme, elle qui avait participé à la régence du monde après 1918.
Le 6 juin 1944, le débarquement américain en Normandie eut comme conséquence de décapiter définitivement ce qui en restait après la débâcle de 1940. L’Epuration et la diffusion de listes d’infamie créèrent des vides au sommet de la hiérarchie sociale. Ceux-ci furent comblés à l’issue d’un processus méritocratique encadré par des protagonistes ayant fait allégeance au vainqueur. Puis, ce furent les Trente Glorieuses au cours desquelles le territoire français connut un bouleversement sans précédent. Géographique, avec la fin d’une France millénaire structurée par la paysannerie. L’exode rural vida les campagnes ; de rurale, la France devint urbaine. Social, avec un baby-boom entre 1945 et 1955. Ce sont ces enfants qui rompirent avec la France traditionnelle pour l’engager dans le matérialisme bourgeois. Le modèle politique qui s’impose repose sur la reconstruction, puis le développement. C’est au nom de ce développement que fut organisée l’arrivée massive de populations allogènes en Europe de l’Ouest, particulièrement en France et au Royaume-Uni dont les réservoirs issus de leurs empires éclatés ne cessaient de croître. Jusqu’alors les migrations ne concernaient que des peuples européens. L’américanisation est depuis irrépressible. Seule l’Europe de l’Est, dominée par l’URSS, échappa à cette politique. Depuis sa disparition, l’américanisation de l’Europe s’étend vers l’Est. Portée par toutes les institutions créées depuis, cette américanisation a assuré la paix et la prospérité dans un espace européen chroniquement affecté par la guerre et la misère. Chacun y succombe et accepte volontiers cette tutelle car, pour l’immense majorité, « on vit bien ».
Pour savoir où tout cela nous conduit et comment cela s’organise, regardons l’Amérique. Le déploiement de son modèle politique à l’ensemble du monde s’appelle désormais « la Mondialisation ». Le stade ultime de la Modernité, telle qu’elle est envisagée aujourd’hui, est une ploutocratie mondialisée garante de l’optimisation du bonheur collectif. La Mondialisation est le terme nuancé pour décrire l’américanisation de l’écosphère.
Alors que la crise financière de l’automne 2008 commençait, le président de la Banque centrale européenne, interrogé sur son origine, reconnaissait, sûr de lui, que le monde que lui et ses semblables cherchaient à édifier souffrait encore de quelques imperfections. Cette crise allait contribuer à les révéler et à les résoudre. Quel monde est-il donc envisagé ? Qui le construit ? Cette opacité sur la finalité du processus engendre rumeurs et fantasmes incessants, pourtant le but apparaît de plus en plus évident pour une multitude. Nous assistons à un processus d’américanisation du Monde uni par un même modèle politique, relayé par les bourgeoisies locales que les Etats-Unis ont promues. Le développement est le but et le moyen d’accéder au stade ultime.
Plusieurs références sont indiscutables. Deux ont déjà été évoquées : le Paradis, les USA. Se pose alors la question de l’identité et des motivations des protagonistes les plus actifs et de leur vision du monde. Une certitude s’impose alors : l’ambition ultime de la Modernité est d’artificialiser les écosystèmes, c’est-à-dire sortir l’Homme, conçu comme Unité, des contingences imposées par l’état naturel. La production de biens, matériels ou immatériels, est donc le but absolu. Cela s’appelle le Développement ; hier, la Civilisation. L’artificialisation de l’écosphère permet alors le découplage de l’Homme et de la Nature. Capitalistes et socialistes s’accordent sur la dissociation Homme/Nature, mais il y a divergence sur le mode d’appropriation des moyens de subsistance. Au nom de l’efficacité, pour les capitalistes, tout doit être fait pour favoriser le triomphe des intérêts privés ; pour les socialistes, ces moyens d’existence doivent être collectivisés. Les premiers ont gagné. Le pôle socialiste a implosé en 1991, les plus radicaux des capitalistes envisageant une Fin de l’Histoire (Fukuyama) par la réalisation d’un Nouvel Ordre mondial (George H.W. Bush). Tout ce qui s’oppose à cette promesse de l’Eden est alors éliminé. La certitude de participer à l’augmentation du bonheur collectif est ancrée dans leurs esprits. Les capitalistes se conçoivent, sous la protection armée des Etats-Unis, comme la classe dirigeante de nos sociétés ploutocratiques. Le triomphe du marché comme espace d’arbitrage des conflits est le but et le moyen de réaliser ce Paradis où les antagonismes de classes, de races, de nations, etc., auront disparu au profit du bien-être matériel garanti par cette élite capitaliste dans un monde unifié par une gouvernance mondiale. L’espérance du profit, donc l’enrichissement, est la ruse de l’Histoire pour amener des individus à réaliser cette entreprise collective. La Mondialisation est alors le but de toute politique. La combattre est un crime assimilable à ceux commis par les plus réactionnaires des ennemis du peuple. Tout ceci est fait et pensé au nom de la Modernité envisagée comme le paradigme inaliénable de la noosphère. Aussi, ce n’est plus le bonheur ou la prospérité de tel ou tel peuple qui importe, mais l’augmentation générale de la quantité de biens et de services accessibles au plus grand nombre. C’est l’esprit guidant une mondialisation heureuse, sacrifiant parfois un peu de confort chez les uns pour l’augmenter sensiblement chez les autres. (…). L’augmentation du bonheur collectif en est la justification.
Bien évidemment, les critiques fusent pour contester cette suprématie politique autoproclamée vertueuse. Ecologistes, philosophes, nationalistes, religieux, etc., sont en embuscade pour sortir du bois le jour où la fatuité de ces promesses s’imposera à tous. Déjà les premières failles ne cessent de s’agrandir. Tradition et PostModernité s’associent alors pour construire un discours alternatif. L’Ecologie comme science politique s’impose à l’interface de ces deux courants.
Frédéric Malaval http://www.polemia.com
22/02/2013
Ecoracialisme (5) - La réalisation politique de la Modernité en France
À lire :
Écoracialisme (1) / Introduction
Écoracialisme (2) / Un homme, une femme ; un homme/femme, une femme/homme
Écoracialisme (3) / L’Âge d’or
Écoracialisme (4) / L’insondabilité de l’origine des peuples
C’est aujourd’hui que devrait se dérouler, avec le soutien des familles, une « marche blanche », -mal vu par Manuel Valls…- à la mémoire des deux policiers tués le 21 février dans leur véhicule sur le périphérique parisien, Cyrille Genest et Boris Voelkel, tous deux mariés et pères de famille. Un troisième policier, Fred Kremer, a été gravement blessé. Ils ont été percutés à pleine vitesse par la voiture de grosse cylindrée qu’ils tentaient de ralentir, conduite par le délinquant multirécidiviste Malamine Traoré, qui roulait sans permis, avec à ses côtés le dénommé Mehdi Bensassou qui devait être jugé fin février pour son implication présumée dans un trafic de stupéfiants. C’est aujourd’hui également que le gouvernement, comme ce fut le cas également sous le tandem Sarkozy-Fillon, réuni un « comité interministériel de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, au cours duquel les ministres vont réfléchir aux moyens de lutter contre les préjugés liés à l’origine ou la religion » explique Libération. La Lettre A nous informe également que pour traquer les comportements discriminatoires, Christiane Taubira vient de s’adjoindre les services de Sihem Souid, fonctionnaire et journaliste gravitant dans l’orbite du PS. En 2010, Mme Souid dénonçait dans un livre très controversé, « Omerta dans la Police », le racisme qui régnerait en son sein. Le site fdesouche souligne que cette femme fut sanctionnée en 2011 « pour avoir participé au Jury des Ya bon Awards ! et se (vengea) en accusant des policiers de viols, avant d’être elle-même accusée de vol... ». Le CV adéquat pour travailler auprès du ministre de la Justice ?
C’est aussi dans ce contexte que vient d’être publié, dans le quotidien gratuit 20 minutes, un sondage Harris commandé par le Club Averroès portant sur la « diversité en politique ». Un club présidé par Amirouche Laïdi, adjoint au maire UMP de Suresnes, lequel a bénéficié notamment , comme Hakim El Karoui, fondateur du Club XXIe siècle, Karim Zeribi, président de la Régie des transports de Marseille ou encore Sihem Habchi, la présidente de Ni putes ni soumises, des programmes de recrutement développés par le gouvernement américain et relayés par son ambassade à Paris. Ils sont destinés à repérer dans les quartiers pluriels et à former de futurs «leaders français issus des minorités » favorables à Washington.
Au terme de cette enquête rapporte Libération, «deux tiers des Français (66%) ne voient aucune amélioration en matière d’égalité des chances depuis l’élection de François Hollande » ; « 61 % des Français considèrent que la société discrimine les citoyens selon des critères de sexe, d’âge, d’origine géographique ou de couleur de peau ». Toutefois, la majorité des Français se contrefiche d’une « amélioration » de ladite diversité.
Ainsi à la question « la diversité (terme qui renvoie aux citoyens issus de l’immigration est-il précisé) de la population devrait elle être plus, moins ou ni plus ni moins représentée qu’aujourd’hui ? », que ce soit « au gouvernement, à l’Assemblée nationale, au Sénat » ou « dans les organes de direction des partis politiques », 53% des sondés répondent « ni plus ni moins qu’aujourd’hui ». Environ une personne interrogée sur cinq souhaite une représentation de la diversité plus importante « qu’aujourd’hui » ; à l’inverse 22% à 23% des Français interrogées souhaitent à l’avenir une représentation de la diversité « moins présente qu’aujourd’hui. »
Ce sondage tend à prouver implicitement, constate Bruno Gollnisch, le rejet par nos compatriotes de la mise en place de quotas artificiels ou de toute autre forme de « discrimination positive », les Français restant attachés à la méritocratie. Il est d’ailleurs intéressant de relever, et 20 minutes le souligne, que «les personnes dont au moins l’un des deux parents était de nationalité étrangère à leur naissance sont à peine plus nombreuses que la moyenne à revendiquer une meilleure représentation de la diversité : 53 % se disent favorables au statu quo au gouvernement et au Parlement et 54 % au sein des partis politiques. »
Le vrai clivage sur cette question de la diversité est bien d’ordre politique : «La pression de l’opinion publique n’est pas forte sur ce sujet-là, constate Jean-Daniel Lévy, directeur du département opinion d’Harris Interactive. Mais l’opinion est en réalité très polarisée. En effet, près de 48 % des sympathisants de gauche estiment que la diversité devrait être plus représentée au gouvernement ou au Parlement (45 % en ce qui concerne les organes de direction des partis politiques), contre à peine 9 % des sympathisants de droite. »
Autre exemple, nous l’avons vu, si « 61 % des Français estiment que l’égalité des chances (…) ne correspond pas à une réalité en France aujourd’hui (contre 35 % qui pensent le contraire), les sympathisants de gauche se montrent plus pessimistes. 79 % d’entre eux estiment que l’égalité des chances n’est pas effective, alors qu’à droite, une majorité des sympathisants (57 %) pensent qu’elle est une réalité. « Cette perception de la société permet d’expliquer que les gens de droite se satisfont davantage de la représentation de la diversité en politique, décrypte Jean-Daniel Lévy. Mais c’est aussi leur regard sur les personnes immigrées qui est différent. »
Amirouche Laïdi, questionné dans ce même quotidien, a dit son souhait de « commander d’autres sondages deux fois par an environ tout au long du quinquennat et au-delà. Et nous nous attendons à ce que l’attente de l’opinion vis-à-vis de la diversité progresse ». Nous ne pouvons pas reprocher à M. Laïdi, une certaine logique, celle de prêcher pour sa vision du monde américanomorphe et obamaniaque, il serait plus intéressant d’entendre sur ce sujet les dirigeants de l’UMP…
D’un égalitarisme l’autre, l’Assemblée nationale a adopté le 20 février, malgré l’opposition de l’UMP, de l’UDI, d’EELV, des communistes, du FN, un projet de loi sur les élections locales voulu et défendu âprement par Manuel Valls. Soit la création du scrutin majoritaire paritaire pour les départements, avec deux candidats par canton, un homme et une femme. Ubu pas mort… L’article 3 prévoit la réduction de moitié du nombre de cantons, afin de garder le même nombre d’élus départementaux. Ce projet avait été rejeté par le Sénat en janvier. Les élections cantonales, au terme de cette réforme, seront rebaptisées élections départementales.
A l’évidence remarque Bruno Gollnisch, M. Valls prône la diversité ethnique, mais certainement pas la diversité politique dans les assemblées! Il entend en effet par cette réforme verrouiller à l’avance cette élection pour préserver le Système du danger d’une poussée du FN. Cette réforme sert en effet à asseoir la domination du bipartisme, du PS et de l’UMP. Le parti de MM. Copé et Fillon, a d’ailleurs joué pleinement son rôle de figurant en mimant l’opposition. Or, dans les faits, les avantages pour l’UMPS l’emportent grandement sur les inconvénients – la colère des supplétifs des petits partis servant de forces d’appoints. Faut-il rappeler encore que le mode de scrutin majoritaire en vigueur aux élections cantonales («départementales») donne en effet beaucoup plus de chance aux deux écuries qui se partagent le pouvoir de rafler des cantons. Espérons que ces tripatouillages se retournent rapidement contre leurs auteurs, en cas de tsunami électoral tricolore, la condition nécessaire au redressement de notre pays.