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France et politique française - Page 5135

  • Au Parlement européen, Barroso annonce la fin des nations (arch 2010)

    Le discours de José Manuel Barroso sur l'état de l'Union européenne sonnait le glas des souverainetés nationales. Un vœu impie ?
    Parodiant l'Amérique - et Barack Obama -, José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a, pour la rentrée, tenté un discours sur l'état de l'Union devant le Parlement européen. Exercice périlleux, puisqu'on n'avait rien imaginé de mieux que de punir l'absentéisme prévisible des eurodéputés par quelque retenue sur l'indemnité sonnante et trébuchante qui ponctue indifféremment leur présence et leur absence. Devant le hourvari provoqué par cette attitude de petit pion, les élus furent finalement rendus à la possibilité de faire le Parlement buissonnier...
    Néanmoins, Barroso parla. Pour se féliciter - nul n'en pouvait douter... - de la situation. Et traça à grands traits, sinon l'avenir, du moins le devenir de l'Europe « que nous voulons ». Ce « nous » est superbe, car il désigne bien sûr les Européens. Nos responsables politiques n'ayant pas cru utile de nous demander notre avis sur le traité de Lisbonne - avis dont ils auraient d'ailleurs fait fi s'ils s'y étaient risqués -, il n'y a guère de raisons qu'ils ne nous englobent pas aujourd'hui dans leurs hasardeuses spéculations. Car c'est bien de cela qu'il s'agit... Écoutons Barroso évoquer le traitement de la crise qui secoue l'Europe : « Quand je vois, rétrospectivement, comment nous avons réagi, je pense que nous avons surmonté cette épreuve. Nous avons apporté une grande partie des solutions requises - accorder une assistance financière aux États membres confrontés à des circonstances exceptionnelles, améliorer la gouvernance économique, approfondir la régulation financière, promouvoir la croissance et l'emploi - et nous avons réussi à construire une base solide à partir de laquelle lancer la modernisation de nos économies. L'Europe a montré qu'elle avait la volonté de répondre présent. Ceux qui prédisaient la débâcle de l'Union européenne ont été démentis. Les institutions européennes et les États membres ont pris des initiatives courageuses. J'adresse à chaque Européen le message suivant : ayez la certitude que l'Europe fera le nécessaire pour assurer votre avenir. »
    Une certitude ? Fondée sur quoi ? Il y a, dans le discours du président de la Commission européenne, bien des affirmations, mais aucun fait.
    « Les perspectives économiques dans l'Union européenne sont aujourd'hui meilleures qu'il y a un an, grâce, en grande partie, à l'action déterminée que nous avons menée », poursuit-il. Mais des réformes sont nécessaires, ajoute-t-il. C'est exactement ce que dit aussi ces derniers jours le FMI, par la voix de DSK. Un FMI dont Barroso a oublié de mentionner l'apport important, en dollars bien sûr, pour le traitement de la crise...
    Il n'en annonce pas moins « l'heure de vérité pour l'Europe », qui ne serait possible que par une avancée toujours plus rapide de l'intégration européenne, qu'il s'agisse de l'économie, de la sécurité ou du défi démographique (qui sera réglé par la gestion de l'immigration légale, et non par une politique familiale).
    La France menacée de sanctions
    Sur le plan économique notamment, Barroso note avec une satisfaction non dissimulée : « Je constate aujourd'hui que les gouvernements nationaux sont prêts à accepter une surveillance plus étroite, assortie d'incitations au respect des règles, ainsi que de sanctions plus précoces. La Commission renforcera son propre rôle d'arbitre indépendant et de garant du respect des nouvelles règles. » Ce qui se traduit ainsi : « Nous ferons de l'union monétaire une véritable union économique. »
    Ce jeu de surveillance, de contrôle et de sanctions est le signe que la souveraineté des États qui composent l'union sera réduite davantage encore, si c'est possible. y compris dans les domaines qui sont censés relever encore de la compétence nationale. Piochons un exemple parmi d'autres dans le discours de Barroso : « Les États membres conservent la plupart des compétences en matière de politique de l'emploi. Mais nous ne resterons pas sur la touche. Je veux une Union européenne qui aide ses citoyens à saisir les occasions nouvelles, et je veux une Union qui soit à la fois sociale et inclusive. C'est cette Europe-là que nous construirons si les États membres, les institutions européennes et les partenaires sociaux avancent dans la voie de notre programme commun de réformes. »
    L'actualité offre d'autres exemples : le 12 septembre, la Turquie a donné par référendum (58 %) un blanc-seing au gouvernement islamo-conservateur contre le camp laïque. On nous assure que cela renforce la démocratie (si ! si !), et favorise les procédures d'adhésion d'Ankara à l'Union européenne. Tant pis si les Européens osent encore dire qu'ils ne sont pas d'accord...
    De même, le 14 septembre, la Commission européenne a menacé la France de poursuites en justice pour sanctionner les expulsions de Roms. Viviane Reding, commissaire en charge de la Justice et des droits fondamentaux, l'a durement souligné : « J'ai été personnellement interpellée par des circonstances qui donnent l'impression que des personnes sont renvoyées d'un État membre, juste parce qu'elles appartiennent à une certaine minorité ethnique. Je pensais que l'Europe ne serait plus le témoin de ce genre de situation après la Deuxième Guerre mondiale. (...) Personnellement, je suis convaincue que la Commission ne va pas avoir d'autre choix que de lancer une procédure d'infraction contre la France. »
    Si les Européens n'ont pas compris que, pour la Commission, l'heure des Nations est révolue, Barroso met les points sur les i : « Nos partenaires nous observent et veulent nous voir agir en tant qu'entité européenne, pas simplement comme 27 pays distincts. Si nous n'œuvrons pas de concert, l'Europe ne sera pas une puissance mondiale et nos partenaires iront de l'avant sans nous : sans l'Europe et sans ses États membres. »
    Le président de la Commission européenne prétend avoir « exposé des arguments », mais en réalité il ne procède que par assertions. Ainsi « le secret de la réussite européenne, assène-t-il, réside dans son modèle communautaire, qui est unique ». Cette réussite, Barroso le saurait s'il consentait à sortir dans les rues de nos villes, est cependant difficilement perceptible. Comme le dit Molière, « on cherche ce qu'il dit après qu'il a parlé ».
    Olivier Figueras monde & vie. 20 septembre 2010

  • Arnaud de Lassus : le droit et les droits de l’homme

    Voici une conférence d’Arnaud de Lassus, sur le thème du droit et des droits de l’homme, tenue en novembre 2012 :

  • La démocratie à la française : l’inversion accusatoire encore une fois à l’œuvre

     

    La démocratie à la française : l’inversion accusatoire encore une fois à l’œuvre
    PARIS (NOVOpress via le Kiosque Courtois) – L’un des participants à la manifestation du 18 novembre dernier organisée par l’Institut Civitas contre ledit “mariage pour tous”, est victime du “deux poids, deux mesures”…

    Il se nomme Aurélien. Aurélien doit utiliser un média libre, “La Voix de la Russie”, pour faire entendre sa version des faits… Nous le citons : “Le 28 novembre à 6 heures [du matin], j’ai été réveillé par les forces de l’ordre (…) qui m’ont menotté dans mon lit, une arme à feu braquée sur ma tempe. J’ai ensuite fait 48 heures de garde à vue et 15 heures de dépôt (…) et je suis désormais sous contrôle judiciaire avec interdiction de sortir du territoire français, et l’obligation de pointer tous les 15 jours au commissariat de ma ville (…) J’ai été traité comme un terroriste, alors que c’est nous qui avons été agressés !

     

    Aurélien dénonce les pressions politiques sur les policiers et l’inversion accusatoire dont il est la victime, ainsi que plusieurs de ses camarades

    Il précise en effet : “La police a expliqué notre « arrestation musclée » comme étant liée à des ordres venant « d’en haut » car cette affaire était devenue trop médiatique (…) Nous risquons 45 000 € d’amende et 3 ans de prison, sans compter les dommages et intérêts“.

    Rappelons que lors de cette manifestation, les Femen, une bande de furies violemment antichrétiennes, ont agressé les familles présentes en scandant des slogans orduriers, seins nus avec peint sur leurs poitrines « J’encule l’Église » ou encore, « J’encule Dieu » , et en répandant le contenu d’extincteurs sur la foule pacifique, dont de nombreux enfants. Ces activistes, qui ont reçu le soutien des médias du système, sont grassement entretenues entre autres par le “philanthrope” Helmut Geier ou encore le “philanthrope” Jed Sunden. Un milieu interlope où l’on retrouve le “philanthrope” George Soros, connu pour sa part pour financer philanthropiquement les Pussy Riots. Les deux groupes partagent d’ailleurs la même conception cosmopolite du monde.

    Les Femen tombent sous le coup d’« exhibitions sexuelles », de « diffusion de message à caractère violent », de « violences en réunion et avec armes », d’« entrave concertée à la liberté de manifestation » et d’« injures ». Délits qui vaudraient à leurs auteurs plusieurs dizaines de milliers d’euros d’amendes et des peines de prison ferme. Mais qu’on se rassure, le ministère public, aux ordres, devrait classer l’affaire sans suite. Sauf pour Aurélien et ses camarades qui ont le tort de ne pas être dans le bon camp…

    http://fr.novopress.info

  • Christianophobie qatari ... en France : ça suffit !

    Les propriétaires qataris du PSG exigent la suppression de la référence au Roi Très Chrétien dans le logo du club de football !

    Halte à la main-mise du Qatar sur la France !

    Une lectrice, que je remercie, vient de me signaler une information qu’elle a entendue ce matin dans la revue de presse de RTL, diffusée vers 8 h 30. Le journaliste, reprenant une information du Parisien, indiquait que les propriétaires qataris du PSG – le club de football Paris Saint-Germain – avaient exigé la modification de son logo que voici dans son état présent…

    Les propriétaires qataris demandent à ce que « Paris » et l’image de la Tour Eiffel soient agrandis, que la mention « Saint-Germain » soit diminuée en taille et que disparaisse la petite image située sous la Tour Eiffel. C’est image est la reprise du blason de la ville de Saint-Germain. Ce blason montre un berceau fleurdelisé surmonté d’une grande fleur de lis, sous lequel on peut lire « 5 7bre 1638 ». C’est en fait la date de la naissance à Saint-Germain-en-Laye le 5 septembre 1638, de Louis-Dieudonné, c’est-à-dire du futur Roi Très-Chrétien Louis XIV. C’est un nouvel attentat contre nos traditions et les racines chrétiennes de la France. Mais enfin, comme on le sait « qui paie l’orchestre choisit la musique » et dès lors que la France est vendue en tranches à l’étranger, et notamment, au Qatar, il ne faut pas jouer au surpris. Tout cela ne fait que commencer. Le proche avenir nous promet d’autres mauvaises surprises.

    Observatoire de la Christianophobie  via http://www.actionfrancaise.net

  • Le cri d’alarme de Natacha Polony pour la France et son école par Pierre LE VIGAN

     On a reproché à Natacha Polony de s’inquiéter de la France et même pour la France dans son dernier livre intitulé Le pire est de plus en plus sûr (Mille et une nuits). « La France ne doit pas disparaître », écrit Natacha Polony. Aimer la France : voilà ce qui est suspect en nos temps. Mauvais procès que celui-ci. Et voici pourquoi. Il y a deux manières d’aimer son pays. L’une consiste à le croire meilleur que les autres. Il y a ainsi des gens qui aiment la France parce que c’est la « fille aînée de l’Église », ou à cause des « quarante rois qui… etc. ». Ceux-là sont des réactionnaires qui aiment la France en ne la comprenant pas. D’autres, des progressistes, aiment la France parce qu’elle aurait inventé les « droits de l‘homme ». Et parce qu’elle a fait « la Révolution ». Ceux-là ne comprennent pas plus la France que les précédents. Tous deux, réactionnaires et progressistes, aiment mal la France parce qu’ils la comprennent mal.

     

    Il y a une autre façon d’aimer la France, qui est celle de Natacha Polony et qui paraît la seule raisonnable. Il faut aimer la France malgré ses défauts, malgré ses limites, et dans ces limites. Il faut aimer la France parce que c’est la porte d’entrée vers l’universel qui nous est donnée (et si nous étions Turcs, ce serait la Turquie, Argentin, ce serait l’Argentine, etc.), parce que c’est la forme de civilisation qui est à notre portée si on veut aimer la civilisation. Aussi parce que c’est une des incarnations de la civilisation européenne. Et surtout, parce que si l’on n’aime pas son pays on peut encore moins aimer les autres pays. Parce que l’alternative n’est pas entre aimer son pays et être internationaliste mais entre aimer son pays et être nihiliste.

     

    Or c’est bien là que se situe le choix. On peut ne pas aimer son pays parce que son histoire n’est pas sans tâches mais, si on n‘aime pas son pays, on n’aime pas l’histoire des hommes et on tombe dans le nihilisme, on n’a plus d’autres solutions que d’en appeler au réensauvagement du monde (ou de l’attendre et de ce point de vue il n’y a pas trop à s’inquiéter car il arrive et même il est déjà là). Sans amour de son pays, du pays dans lequel on vit et vivra il ne peut y avoir de regard critique et d’exigence vis-à-vis de lui. L’amour de son pays ne consiste pas à l’idéaliser, il consiste à vouloir lui donner un horizon, une hauteur, un idéal.

     

    On a le droit, bien entendu, d’être nihiliste, mais alors il ne faut plus nous raconter d’histoires, il ne faut plus nous parler de « droits de  l’homme ». Et il faut abandonner toute ambition éducative. Or c’est bien de cela qu’il s’agit et c’est ce que montre Natacha Polony en revenant sur la grande question de l’éducation dans notre pays.

     

    Depuis les années 75, les « pédagogistes » « de gauche » et  libertaires ont marché séparément des libéraux « de droite » ou des partisans réactionnaires du chèque scolaire soit de la monétarisation de l’école. Mais, bien que marchant séparément, et même s’ignorant, ils ont frappé ensemble. Les pédagogues libertaires ont en effet concouru au même résultat que les modernisateurs libéraux qu’ils prétendent détester. En d’autres termes, les libertaires ont gagné la bataille idéologique et leur victoire a permis en fait la victoire sociologique des libéraux, à savoir une école de plus en plus inégalitaire, mettant hors service l’ascenseur social et favorable uniquement à la super-classe mondiale. Et cela sous le nom de la fumeuse « économie de la connaissance » et sur fond d’ethnicisation de l‘école et de la société, ethnicisation dont le nom pudique est « diversité ». Utilitaristes libéraux ne voyant que l’économie et ce qui sert à l’économie et libertaires partisans des autonomies en tous genres et des expérimentations multiples ont abouti conjointement au résultat d’une éducation publique ex-nationale ayant perdu son unité et sa capacité de faire émerger en son sein de nouvelles élites issues de toutes les classes de la société. C’est le mouvement analysé par Mark Lilla comme une « double révolution libérale ». Libérale-libertaire en vérité.

     

    Ce qu’ « ils » – libéraux et libertaires – ont frappé ensemble et avec un triste succès, c’est bien la conception républicaine de l’école publique.  Pour les « pédagogistes », les savoirs sont moins importants que le savoir-être, que l’éveil des capacités, que la « construction de ses propres savoirs » par le jeune – d’où le nom de « pédagogie constructiviste » qui leur est appliqués – ils croient au fond en un état de nature qu’il suffirait de réveiller au lieu d’éduquer et de travailler pour s’élever. Pour les libéraux et le milieu des grandes entreprises, l’école doit former aux métiers, elle doit former à l’entreprise, être « ouverte » sur l’entreprise, comme si le milieu de l’entreprise n’était pas d’abord une fermeture sur tout ce qui n’est pas efficacité immédiate et compétitivité, et comme si les jeunes n’auraient pas plus que de besoin l’occasion de passer le reste de leur vie dans le milieu de l’entreprise. L’idéologie dominante venue des libéraux obsédés par la croissance économique, c’est l’idéologie d’une école qui doit permettre de « s’adapter à la société moderne » (Natacha Polony). Paradoxe : quand l’école était totalement séparée du monde de l’entreprise soit dans les années cinquante et soixante, tous les diplômés trouvaient du travail, et depuis que l’école est obsédée par l’idée de « préparer au monde du travail », les diplômés ne trouvent justement plus de travail. Ce n’est pas seulement parce qu’il y a du chômage, c’est parce que quand on veut courir après les métiers, et courir après les besoins économiques, on raisonne à court terme et on est toujours en retard. L’école doit d’abord former des citoyens, elle doit d’abord apprendre à penser librement, et non à avoir des gestes « éco-citoyens », à être « conscientisés » contre le « racisme », celui-ci sorti de toute rationalité analytique et devenu un ogre de la pensée, ouvert à la théorie du « gender », ouvert à la diversité, déterminés à agir pour une « planète propre » et autres actions dites moralisantes qui sont l’inverse du vrai souci moral, de la vraie éducation à la fierté, de l’authentique sens de l’honneur. Pour former des citoyens l’école doit partir du principe qu’il y a bel et bien des savoirs à acquérir, et non des intuitions intimes à réveiller, sorte de rousseauisme primaire prégnant  dans l’idéologie dominante.

     

    Ces savoirs et ces grands récits n’ont bien entendu pas une valeur absolue, ils permettent de se construire et ensuite d’aller plus loin. Pourquoi pas d’aller vers d’autres grands récits. Prenons un exemple : une éducation chrétienne a-t-elle jamais empêché quelqu’un de se découvrir athée ultérieurement ? Bien entendu non. Mais elle permet au moins de savoir ce qu’est la croyance et ce qu’est l’incroyance. Il en est de même pour les grands récits nationaux ou sociétaux. Ils sont nécessaires pour qu’existe un savoir commun, à partir duquel il puisse y avoir consensus ou dissensus mais en tout cas un nécessaire recul, recul par rapport aux pulsions immédiates, par rapport au désir de « tout tout de suite » fort bien analysé par Morgan Sportès dans son livre éponyme. Si nous ne réhabilitons pas l’école républicaine et méritocratique, c’est la France elle-même comme notre maison commune qui sera morte. Sans éducation, il n’y a pas de République, sans République, la démocratie n’est qu’un leurre, ou la tyrannie des imbéciles. Cela devrait réveiller les énergies.

     

    Pierre Le Vigan http://www.europemaxima.com

     

    • Natacha Polony, Le pire est de plus en plus sûr. Enquête sur l’école de demain, Mille et une nuits, 2011, 110 p., 9 €.

  • Pétrole, gaz de schiste, peut-on dire non ? - 21/09

  • Le discours clivant, dernier refuge du politique / Faux conflits, vraies fractures (édito 12/2012)

    En guise d’éditorial de notre Lettre de décembre 2012, nous reproduisons (une fois n’est pas coutume) ci-dessous un point de vue de Christophe Boutin, professeur des universités à l’Université de Caen et auteur de nombreux ouvrages, fruits de ses recherches sur les comportements électoraux, la question de la décentralisation et celle des partis politiques. Il a notamment publié chez Stock en 2009, Les grands discours du XXe siècle.
    Dans l’article présenté ci-dessous (prélevé sur le site Causeur.fr), Christophe Boutin se livre à une explication sinon à une exégèse du sens du verbe « cliver » conjugué sous tous les modes et utilisé à bon ou mauvais escient par les commentateurs politiques qui lui donnent généralement une connotation négative.
    Polémia

    Lors de l’élection présidentielle puis pendant la double campagne interne à l’UMP (pour la présidence et l’organisation du parti en courants), un terme est revenu sous la plume des commentateurs, celui de « discours clivant ». Une expression régulièrement invoquée pour dénigrer, car le discours clivant serait politiquement irresponsable et peu à même de proposer des éléments de réponse aux maux dont nous souffrons. Il jetterait au contraire de l’huile sur le feu de nos conflits sociaux, rendant impossible toute « réconciliation » entre les forces en présence. En stigmatisant par exemple telle ou telle catégorie d’une population dont les différences ne font qu’enrichir la France, il séparerait artificiellement des communautés qui ne demandent qu’à vivre en paix. Bref, que l’on se place au niveau politique ou social, le discours clivant serait à l’opposé des règles de fonctionnement d’une « démocratie apaisée », le consensus et la gouvernance, et totalement décalé par rapport aux impératifs du monde moderne.

    Une fois cette constatation faite, la question se pose de savoir qui décide qu’un discours est clivant, et pourquoi.

    Qui ? Essentiellement la classe politico-médiatique majoritaire, puisqu’il s’agit d’une hétéro-définition. Et c’est d’ailleurs le premier élément du « pourquoi » : un discours est décrété clivant dès lors qu’il émerge nettement du bruit de fond médiatique ambiant. Il rompt ce faisant avec un accord tacite censé exister sur ce qui sépare, d’une part, ce qui peut « librement » se dire ou s’écrire et, d’autre part, ce que l’on ne devrait jamais s’autoriser à formuler – et sans doute même pas à penser. Il brise ce pseudo-consensus qui est garanti, en dehors même de toute sanction pénale – même si celle-ci est de plus en plus fréquente -, par une sanction sociale qui interdit l’expression de toute pensée originale. C’est ce qu’avait parfaitement décrit Alexis de Tocqueville évoquant la démocratie américaine : « la majorité trace un cercle formidable autour de la pensée. Au-dedans de ces limites, l’écrivain est libre ; mais malheur à lui s’il ose en sortir » (1). C’est ainsi que dans la France de 2012 on a parfaitement le droit d’être à droite… sous réserve de penser comme la gauche et de le dire haut et fort.

    Pourtant, au vu de l’efficacité de ce type de discours (remontées spectaculaires de Nicolas Sarkozy et de Jean-François Copé, place de la motion de la « Droite forte » à l’UMP ou, de l’autre côté de l’échiquier politique, relatif succès de Jean-Luc Mélenchon), on peut penser que nombre de nos concitoyens ne se sentent plus concernés par le village Potemkine médiatique censé représenter les réalités françaises. La majorité ne serait peut-être pas là où on la prétend et le fameux « consensus » bien fragile. C’est d’autant plus vrai que la mièvrerie qui dégouline à longueur d’éditoriaux cache en fait une agression permanente clairement ressentie comme telle par une part grandissante de la population. Ce discours résolument « moderne » est en effet à l’opposé des valeurs traditionnelles du corps social, niant par exemple son histoire ou sa culture. Il n’est certes pas « clivant » par rapport au bruit de fond médiatique, puisqu’il le génère ou s’y complaît, mais il l’est par rapport à un sentiment identitaire sans lequel toute construction politique est impensable, et qu’il n’a pas réussi à éradiquer malgré la tentative de déculturation de notre société.

    L’autre élément de définition du discours clivant vient de ce qu’il précise clairement ce que désire son auteur, mais aussi ce qu’il ne veut pas. Il ose présenter un Autre, c’est-à-dire un choix politique différent, opposé, inconciliable même. L’une de ses caractéristiques essentielles est donc de remplir pleinement le rôle premier du politique selon Carl Schmitt : la distinction de l’ami et de l’ennemi. Or un politique qui se déroberait à cette tâche nierait ce qui fait l’essence même de sa fonction : sa capacité à présenter un vouloir-vivre ensemble qui ne peut s’adresser qu’à un groupe clairement défini et délimité – sauf à être totalement inopérant, réduit à un plus petit dénominateur commun qui ne peut « faire société ». Définir un « ennemi » permet de se construire et d’assumer des choix. Et la démocratie repose sur la nécessaire ritualisation d’un conflit par définition « clivé », et non dans un débat édulcoré entre le même et le même.

    Comment la gouvernance définit et impose ses diktats

    Or la gouvernance actuelle édulcore la confrontation politique quand elle ne l’exclut pas. Loin de permettre au peuple souverain de trancher entre les choix présentés, elle justifie ses diktats par une pseudo nécessité de la modernité, perceptible seulement par quelques rares élites qui auraient dès lors un droit naturel à l’imposer à tous. Et pour faciliter les choses le discours médiatique dominant exclut sans autre procès que d’intention, soit en les niant soit en les caricaturant, les « clivants » et les « politiques » au profit des « modérés » et des « gestionnaires ». Pour souterraine qu’elle soit, cette violence est bien plus dangereuse pour ses victimes potentielles que celle qui peut résulter de l’affirmation politique d’identités contraires. Benjamin Constant avait parfaitement décrit au XIXe siècle le fonctionnement de nos clercs modernes : « Ils discutent, comme s’il était question de convaincre ; ils s’emportent, comme s’il y avait de l’opposition ; ils insultent, comme si l’on possédait la faculté de répondre. Leurs diffamations absurdes précèdent des condamnations barbares ; leurs plaisanteries féroces préludent à d’illégales condamnations » (2).

    Parce que le discours clivant retrouve une nécessité de l’action politique, et parce qu’il rejoint des valeurs qui n’ont pas totalement été éradiquées du corps social, il continuera à séduire une part grandissante de l’électorat… si du moins celui-ci souhaite prendre en main son destin et affirmer ses valeurs. « Se faire des amis, écrivait Montherlant, c’est un devoir de commerçant. Se faire des ennemis, c’est un plaisir d’aristocrate. » Quoi qu’on en dise, la guerre entre les deux visions du monde n’est pas prête de se terminer.

    Christophe Boutin http://www.polemia.com
    Causeur.fr
    11 décembre 2012 

    Les intertitres sont de la rédaction

    Notes :

    1. Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique.
    2. Benjamin Constant,
    De l’esprit de conquête et de l’usurpatio

  • [Vidéo] Frigide Barjot dénonce la violence et la haine du lobby homosexuel

    Affirmant avoir « l’écoute » du ministère de l’Intérieur suite à sa demande de protection, Frigide Barjot a dénoncé ce vendredi sur I>Télé des « menaces de plus en plus importantes » proférées contre elle.

    L’humoriste catholique a insisté sur le cas de Xavier Bongibault, un jeune homosexuel qui préside le collectif « Plus gay sans mariage » : « il en est à 15 menaces d’agression, une menace de viol plus des agressions véritables » suite auxquelles « il a porté » plainte.

    « Nous portons plainte à chaque fois », explique-t-elle. « Nos meetings ne peuvent pas être tenus correctement », se plaint Frigide Barjot (qui s’estime également « diffamée sur Internet ») : « il y a sans arrêt des interruptions avec des gens qui viennent crierUn hétéro, une balle, une famille, une rafale… »

    http://www.ndf.fr

  • Tous unis contre l’impérialisme : manifestation samedi 2 février 2013

  • Tant qu’il y aura des corsaires…

     Le visage écrasé contre le bitume, les mains solidement maintenues dans le dos sur lesquelles glissait déjà le métal des menottes, Alexandre goûtait une nouvelle fois les bons traitements des forces de l’ordre mandatées par la République française, démocratique et humaniste. Coupable d’avoir déployé une banderole et craqué quelques fumigènes sur le toit d’un édifice public, il allait, une fois encore, connaître de longues heures de garde vue, parqué au milieu des dealers et des détrousseurs de vieilles dames, soumis au mille petites vexations d’une flicaille rendue encore plus odieuse par la conscience vaguement honteuse des basses-oeuvres politiques auxquelles on l’employait.

    Les pinces métalliques volontairement trop serrées, les côtes martelées de petits coups de poings et de coudes, Alexandre eut une pensée amère pour ses « nationaux » qui continuent à brayer « la police avec nous ! » à la moindre occasion et rêvent de képis et de bottes au moment de s’endormir.

    Entouré d’une armada digne de l’exfiltration d’un chef maffieux sicilien, il fut conduit vers le fourgon grillagé, première étape d’un parcours désormais bien connu. Demain matin, à l’aube, on allait sonner chez ses parents pour retourner la chambre dans laquelle il ne vivait plus depuis des mois, puis on irait saccager pour la forme son studio sous les toits, bien convaincus pourtant de n’y trouver rien de plus que la dernière fois, à savoir rien. Le scénario était bien huilé. Malgré la force de l’habitude, Alexandre ne put contenir un accès d’émoi à l’idée du voisinage de ses parents, sans doute persuadé que ceux-ci avaient engendré un dangereux criminel alors qu’il n’avait ni sang, ni drogue ou argent sale sur les mains mais simplement un drapeau tricolore et un trop grand amour pour celui-ci. Si seulement il avait pu se contenter d’être un « bon fils » comme les autres, un brave garçon qui joue à la playstation, fume du shit, se branle sur youporn et prépare une école de commerce… Mais non, il avait hérité du sang d’une race française qui se bat et se révolte, qui abhorre la tiédeur et la médiocrité et pense que son passage sur terre a d’autre finalité que la jouissance et la consommation. C’était presque plus fort que lui… C’était d’ailleurs cela, bien plus que la portée ou teneur d’actions militantes au fond assez modestes, qui irritait et insupportait tant le pouvoir : son acharnement entêté à les reproduire, à les multiplier. En face de ce jeune homme à la mâchoire carrée et aux larges épaules qui s’était jeté dans la voie où il y tout à perdre avec la même énergie que mettent tous les autres à l’éviter, les sentinelles et les domestiques du système avaient compris qu’ils avaient à faire avec quelqu’un qui ne renoncerait pas, qui ne transigerait pas, qui ne se soumettrait pas… C’était son caractère, peut-être même davantage que ses idées, qui inquiétait les fonctionnaires de la bien pensance et de la résignation aboulique. Un fanatique ? Oui, peut-être… sans doute même, mais de l’espèce la plus dangereuse, celle qui n’est pas mue par la haine mais par l’amour, amour d’une terre et d’un peuple dont son activisme débridé risquait de troubler le sommeil bienheureux gavé de drogues et de mauvaises graisses. En dehors de l’élimination physique ou de l’écrasement socio-économique, on peinait à trouver de solution pour se débarrasser de cette teigne qui, sans cesse, revenait à l’assaut….

    Cette persévérance si peu raisonnable, cette abnégation jusqu’au-boutiste tellement anachronique suscitaient une détestation épidermique d’une rare virulence chez tous ceux qui s’étaient vendus, reniés, trahis pour quelques piécettes et une place au chaud… « Sale merdeux ! » glapissaient les folliculaires, « Petit con ! » reprenaient les élus du bon peuple, « Provocateur ! » rajoutaient les radicaux assagis… Des bordées de noms d’oiseaux venant de toutes parts qui ne pouvaient que le rendre sympathique à tous les coeurs libres et rebelles, même ceux qui peinaient à suivre son positionnement idéologique et regrettaient ses références poussiéreuses et ses slogans parfois simplistes. Car au delà des contingences politiques se crée une confrérie des flibustiers, des insoumis, des idéalistes et des rêveurs qui savent reconnaître sinon LA vérité du moins une parcelle de celle-ci au nombre et à la force des coups que le mensonge lui porte…

    http://zentropaville.tumblr.com/post/37827262274/tant-qui...