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l'information nationaliste - Page 7699

  • France : La christianophobie d’Etat en progression

    Ces derniers jours, le gouvernement et le président de la République se sont à nouveau distingués par leur ignorance délibérée de la religion chrétienne.

    Le récent communiqué de l’Elysée suite à une vidéo montrant l’égorgement de 21 coptes égyptiens par l’Etat islamique est particulièrement révélateur de cet état d’esprit. Le communiqué condamne : « Un assassinat sauvage », en éludant le motif de leur religion, faisant seulement mention de « ressortissants égyptiens ». Le texte évoque « la haine religieuse des terroristes », sans préciser que celle‑ci est d’origine islamique et antichrétienne.

    Il s’agit d’un exemple typique de langue de bois socialiste.

    Il est vrai que les actes antichrétiens n’attirent jamais l’attention des pouvoirs publics contrairement aux actes antisémites ou islamophobes

    Dernièrement, des crucifix ont été vandalisés dans le Calvados sans que cela émeuve le gouvernement. Pourtant, les actes anti‑religieux frappent bien plus souvent les Chrétiens que les Juifs et les Musulmans.

    Le dernier recensement des profanations de sépultures sur l’année 2014 montre que les profanations de cimetières musulmans s’élèvent ainsi à 4, de cimetières juifs à 6, contre 206 profanations dans les cimetières municipaux, où l’on compte une grande majorité de tombes chrétiennes.

    Précisons que les cimetières réservés aux Juifs ou aux Musulmans ne respectent pas l’obligation républicaine d’être enterrés au cimetière municipal, où les défunts sont enterrés toutes confessions confondues. Les Chrétiens, contrairement aux Juifs et Musulmans, acceptent cette loi et montrent jusqu’en leur dernière demeure qu’il n’y a pas de différence entre les hommes. Un message de paix qui semble pourtant attirer la haine et l’hostilité, y compris en France.

     

    N’est‑il tout de même pas exagéré de parler d’un antichristianisme d’Etat ?

    C’est un fait : les déclarations officielles et les actes symboliques se multiplient, qui dénotent la volonté gouvernementale de couper la France de ses racines chrétiennes. Un exemple : mercredi, les Chrétiens fêtaient le mercredi des cendres, qui marque le début des 40 jours de Carême avant Pâques. Pourquoi François Hollande ni son gouvernement ne s’affichent‑ils pas en une telle occasion, alors qu’ils ne manquent aucune occasion de se montrer lors des grandes fêtes musulmanes et juives ?

    L’extension du travail du dimanche et la suppression des jours fériés catholiques dans les territoires et départements d’Outre‑mer contenus dans le projet de loi Macron témoignent également de cette ostracisation.

    La conférence des évêques de France a contesté la suppression des jours fériés dans les DOM, dénonçant une « attaque forte contre la religion catholique. (…) Il est illusoire de penser que cela resterait demain cantonné à l’outre‑mer ».

    http://fr.novopress.info/182808/france-christianophobie-detat-en-progression/#more-182808

  • Massacres terroristes: genèse et horizon probable...

    Ex: http://metapoinfos.hautetfort.com

    Nous reproduisons ci-dessous une analyse de Xavier Raufer, cueillie dans Le nouvel Économiste et consacrée au terreau qui favorise l'éclosion du gangsterrorisme à la façon des Merah, Kouachi et autres Coulibaly...

    Massacres terroristes : genèse et horizon probable

    D'emblée, ces évidences : la génération spontanée n'existe pas. Ni en criminologie, ni en en biologie. De ce fait, les Kouachi, Coulibaly & co ne tombent pas du ciel et forcément, les tragédies type Charlie hebdo et Hyper-casher ont une genèse. Et faute de remonter aux origines, aux racines d'un événement tragique, un risque majeur existe qu'il réitère, puisqu'incompris.

    L'autopsie de cette tragédie est d'autant plus cruciale qu'une opportune et émotive "unité nationale" fait qu'il n'y aura pas de commission d'enquête parlementaire sur le sujet précis des attaques du début janvier 2015, ayant pourtant coûté la vie à 17 personnes.

    Cette autopsie, c'est donc un criminologue qui l'entreprend - à juste titre car, on le verra, l'enchainement qui débute en 2012 à Toulouse et Montauban avec Mohamed Merah, et s'achève (pour l'instant) dans la région parisienne avec les Kouachi et Coulibaly, est clairement criminel.

    Car voici la commune caractéristique de Merah, Nemmouche, du"Bilal" de Joué-les-Tours, des Kouachi et de Coulibaly, plus essentielle encore que leur dérive salafiste-terroriste : tous sont des bandits endurcis. Non de "petits délinquants" comme le dit gentiment la presse, mais des criminels au sens judiciaire (malfaiteurs dont les infractions relèvent de la Cour d'assises) et d'abord l'initial et prototype des autres, Mohamed Merah, braqueur en série, 18 condamnations au casier judiciaire à sa mort. Idem pour Coulibaly au "lourd passé de braqueur", dit Libération. Les autres ne valent pas mieux.

    Or au delà même du profil des terroristes, ces tragédies n'adviennent pas par hasard. Il y a toujours un climat, une ambiance. Dans la France de 2015, ce climat est celui d'une dégradation de la sécurité publique. Aujourd'hui, les criminels et parmi eux, les bombes humaines ré-islamisées à la Kouachi-Coulibaly n'ont plus peur de la police - bien moins encore, de la justice. Ils se sentent à l'aise pour agir. Ils flairent l'enivrant fumet de l'impunité.

    Commençons donc par regarder la France criminelle d'aujourd'hui, d'où proviennent tous les vrais terroristes ayant vraiment tué de 2012 à 2015.

    • Dans la France de 2015, les armes de guerre abondent

    Un exemple, parmi d'autres. Fin 2014 à Créteil, un automobiliste échappe à un contrôle routier, blessant au passage deux policiers avec son véhicule. Au logis de ce petit dealer local, on trouve un pistolet-mitrailleur Uzi, deux pistolets automatiques 9mm, un Colt 357 magnum et des munitions en abondance. On comprend avec quelle aisance les gangsters-jihadis Kouachi-Coulibaly vont acquérir de mortelles armes de guerre auprès du premier "collègue" venu.

    • "Vivre ensemble", mais criminalité étrangère

    Nous abreuvant du "vivre ensemble", l'effusion médiatique élude - et ceci est un élément objectif de l'autopsie en cours - que tous les vrais terroristes ayant vraiment tué de 2012 à 2015, sont indéniablement issus de l'immigration, et que, de 2008 à 2013 :

    - 33% d'étrangers en plus, ont été mis en cause pour toutes les infractions non routières commises sur la sol français,

    - + 60% pour les atteintes aux biens (vols, etc.), par des étrangers, sur les mêmes années.

    Si bien entendu, on ajoutait à ces données les citoyens français récemment issus de l'immigration, la proportion des infractions commises en France par des étrangers d'origine, licites ou clandestins, serait écrasante, pour la criminalité "des rues", agressions, vols à main armée, cambriolages, vols divers, etc.

    • Une criminalité "stable" ? C'est faux

    Le ministère de l'Intérieur et les médias et agences proches disent que la "délinquance" est stable en France. Or c'est faux. La France des cités hors-contrôle et quartiers dangereux est bien plutôt prise dans une spirale criminelle - et là se trouvent le terreau et les repaires du jihadisme à la Merah & co. C'est dans ces "ghettos" qu'ils s'enhardissent et pas en Syrie ; là qu'ils s'aguerrissent et non en Irak ; là qu'ils se procurent des armes de guerre et non au Yémen.

    Ainsi, quelle est la réalité criminelle de cette France dangereuse ?

    Dès 2011, Stéphane Gatignon, maire Europe-Ecologie Les Verts de Sevran (93), décrivait (Le Monde 12/04/2011), des "affrontements violents entre bandes criminelles rivales... Nous vivons dans un état d'exception avec des bandes qui se tirent dessus pour le marché de la drogue". C'est dans de telles zones de guerre banlieusardes que les Merah & co apprennent à tirer et à cibler la police ; qu'ils acquièrent, pour de futurs attentats, le "calme des vieilles troupes".

    Dans cette France dangereuse (en "zone police", urbanisée), les séquestrations criminelles - accompagnées, de tortures, sévices et autres "actes de barbarie" - ont bondi de 33% en 2014. Or accomplir et gérer un enlèvement est une opération complexe, organisée. C'est déjà du proto-terrorisme - voir Ilan Halimi et la récente affaire de Créteil où une famille était attaquée à domicile car "Les Juifs, ça met pas l'argent à la banque".

    Dans cette France dangereuse, s'agissant des faits de violence "la barre du demi-million de faits par an est franchie en mai 2014" (+ de 500 000 cas connus). Les "règlements de comptes entre malfaiteurs" bondissant, eux, de + 20% de juin 2013 à mai 2014. Pire encore (8e enquête de victimation de l'ONDRP, décembre 2014) les vols avec violence visant les femmes (arrachages de sacs, agression aux distributeurs de billets, vols de portables...) explosent de + 28%.

    Dans cette France dangereuse, les professionnels sont toujours plus victimes de sévices et d'agressions (dernières données disponibles, fin 2013) :

    Médecins : + 15 %

    Policiers : + 5,6 %

    Gendarmes : + 17 %

    Pompiers en exercice : + 27 %

    Douaniers : + 55 %

    Pour les agents de transports (conducteurs de bus, etc.), on atteint "un record en 2013".

    Souvent, les urgentistes visitant de nuit les cités hors-contrôle sont roués de coups et dépouillés. En décembre 2014 dans le Val de Marne, un médecin "venu secourir une vieille dame", subit sa 4e agression en deux ans.

    Comment les Kouachi-Coulibaly & co financent-ils leurs voyages, leur terrorisme? De discrets donateurs de la péninsule arabe les inondent-ils de pétrodollars ? Non : leur argent provient de cambriolages et de braquages. Qu'en est-il aujourd'hui de ces deux types d'infractions ?

    En juin 2014, la Fédération française des sociétés d'assurances signale une "explosion du nombre des cambriolages depuis 2008" : + 50 % ! Indéniable, leur analyse repose sur 38 millions de contrats Multi Risque Habitation.

    Autre type d'agression permettant d'aguerrir de jeunes malfaiteurs : les vols à la portière, sorte de micro-opération commando. Dans la seule Seine Saint-Denis, on en recense "un millier, entre le 1e janvier et le 20 décembre 2014".

    Le pire maintenant : les "Vols à main armée", familièrement dits "braquages", car au delà du crime même, ils constituent de longue date, de l'Italie des Brigades rouges à l'Ulster de l'Ira en passant par l'ETA basque, l'entraînement-roi des commandos terroristes en formation. Double bénéfice ! Car en prime, ça permet de financer la cause.

    Bien entendu, il s'agit de "braquages de proximité", sans grands risques, plutôt que d'attaquer des banques, chambres fortes, etc. Tous les tueurs de 2012 à 2015, Merah, Nemmouche, "Bilal", les Kouachi, Coulibaly sont passés par cette cruciale case "braquage". Sans l'expérience alors acquise, leur passage à l'acte terroriste devenait problématique - voire impossible.

    Qu'en est-il de ces braquages de proximité dans la France d'aujourd'hui ? Le ministère de l'Intérieur dit qu'ils baissent - une affirmation ni sérieuse, ni crédible. Les outils scientifiques offerts par la criminologie permettent à l'auteur d'affirmer qu'au contraire, ces braquages sont plus nombreux, plus violents et touchent des cibles plus diverses que par le passé.

    Ajoutons que le braquage est indéniable, car forcément repéré de divers côtés : police ou gendarmerie locales, mairies, médias locaux, assurances, syndicats professionnels ou de salariés, etc. Donc, en matière de vols à mains armées, pas de "chiffre noir" (différence entre l'infraction vécue et l'infraction connue).
    Qu'en est-il donc de ces authentiques "centres d'apprentissages" pour bandits et terroristes ?

    Prenons d'abord les médias tu terrain. Les lire systématiquement (ce que nous faisons) révèle que les braquages persistent sur des cibles "classiques" : stations-services, pharmacies, supérettes et commerces (boulangeries, jouets, articles de sport...), bar-tabacs, restauration rapide, etc. Chacune de ces attaques rapporte quelques centaines d'euros, guère plus. En outre, toujours plus de camions sont braqués (fret, cigarettes, colis, cosmétiques, informatique, etc.).

    Or désormais, de nouvelles cibles sont touchées : rien qu'en novembre et décembre 2014, des braquages ont visé (un ou plusieurs) : poissonnerie, salon de coiffure, grossiste en volailles, caserne de pompiers (!), mercerie, camion à pizza, jardinerie, caviste, cinéma, centre de thalassothérapie et le plus beau... Le Tribunal de Grande Instance de Nancy !! - au passage, une preuve flagrante du respect qu'inspire aux racailles la justice façon Taubira.

    Et les professionnels ? Que constatent les magistrats, policiers et gendarmes de terrain ? L'auteur en compte beaucoup dans ses anciens étudiants (trente ans entre l'Institut de criminologie et le département MCC...). Tous confirment ce qu'écrit l'un d'eux, début 2015 : "Les braquages de proximité se multiplient au préjudice des supérettes, bureaux de poste, pharmacies et autres boulangeries, c'est incontestable. Dans mon ressort, pas une semaine sans un ou plusieurs faits de ce type".

    Deux points importants maintenant : toujours plus, ces braquages de proximité sont violents et toujours plus, ils adviennent en série, voire par rafales.

    • Les braquages violents

    Là aussi, les témoignages abondent. Les recueillir demande juste de savoir lire. Novembre et décembre 2014, toujours : "Uckange, braquage d'une rare violence... Commerçants "braqués à domicile et violemment frappés"... A Margnac-sur-Touvre "Le braqueur frappe le vendeuse à coups de pieds et de poing"... A Issy-les-Moulineaux, un distributeur de billets attaqué à l'explosif "A 8h30 du matin, quand la fréquentation des lieux est intense"... Les bandits "ont lancé le véhicule en feu sur l'atelier"... Lyon "Braquage à la kalachnikov dans une rue pleine de monde"... Metz "Commerçant blessé par balles lors d'un braquage"... A Courcelles-les-Lens "la caissière est gravement blessées par balles". Ainsi de suite, parmi cent cas traumatisants. A l'œuvre bien sûr, des voyous - demain, des émules de Kouachi-Coulibaly ?

    • Les braquages en série

    L'énumération est incessante : Lyon "Le supermarché Aldi est braqué une nouvelle fois (la 4e depuis 2012)... "Les vols à main armée se multiplient en Seine-Maritime"... Val-de-Marne "Une soirée, trois braquages"... Angers "La série des braquages de boulangerie continue"... Fouquière-les-Lens "Enième braquage chez Aldi (un autre)... Toulouse "Cinq vols à main armée en cinq jours"... Le responsable sécurité des Carrefour de Nantes et sa région "Le nombre de VMA constatés dans nos magasins a doublé sur l'an dernier"... Presqu'île de Guérande "La vague de braquages ne faiblit pas"... Marseille "trois braquages en une nuit"... Second braquage récent à la Poste de Compiègne, dans une boulangerie et un tabac de Torcy. Nantes-Rézé "Tous les débits de tabac y ont eu droit"... Antibes-Vallauris "Braquages en série"... Saint Nazaire "Rythme inquiétant... Le 14e braquage depuis le début de l'année"... Essonne "deux commerces braqués coup sur coup"... Ainsi de suite, par dizaines de cas, chaque semaine.

    • Des braqueurs toujours plus jeunes

    "Essonne, RER D "six ados de quinze ans interpellés pour un vol violent"... Région toulousaine "trois ados braqueurs de 12, 15 et 16 ans". 12 ans, vous avez bien lu. Les chouchous Mme Taubira, "victimes de l'exclusion et du racisme" à ne surtout pas contrarier - dans les faits, de potentiels émules de Kouachi-Coulibaly après dérive dans l'islam fanatique.

    D'où provient alors la baisse de 15% des braquages annoncée par l'Intérieur et ses séides ? De subtiles manipulations sur la qualification pénale des faits. Le journal local constate un braquage, car c'en est un, mais ensuite, le "vol avec arme" ou "vol en réunion" s'édulcore en "vol avec violence". Le crime devient un délit. Niveau justice, le braquage arrive au Parquet, selon sa "nature d'affaire" (NATAF). Mais au sortir du Parquet, "maquillage" aidant, la "nature d'infraction" (NATIF) gomme le braquage. A quel rythme ce bonneteau judiciaire opère-t-il ? Assez, en fin de compte, pour que baissent statistiquement des crimes qui en fait, augmentent.

    • Quelles populations souffrent le plus de cette criminalité proto-terroriste ?

    Cette criminalité ravage d'abord la France périphérique, les faubourgs, le domaine périurbain, les villes satellites des métropoles et les campagnes proches. Là, vit 60% de la population métropolitaine et 80% des catégories populaires : ouvriers, employés, petits paysans ou artisans, patrons de TPE.

    Cette France-là souffre d'une triple insécurité :

    - Physique (la criminalité),

    - Économique (la crise),

    - Culturelle (l'immigration).

    Cette population là se sent reléguée et oubliée par les bourgeois officiels - seule face aux prédateurs aujourd'hui et peut-être, face aux terroristes, demain.

    Cette population sait ce qu'elle vit et voit ce qu'elle voit. Les contes de fée sur le "vivre ensemble", les "maquillages" sur la sécurité, soulagent sans doute aujourd'hui les gouvernants - mais à terme, tout cela est ravageur. Car la réalité existe. Notamment, la réalité criminelle. Or comme le dit si bien le philosophe Clément Rosset, cette dernière "est insupportable, mais irrémédiable".

    Dans la population périurbaine, enfle donc chaque jour le sentiment - toujours explosif en France - d'un énorme et croissant déni de justice. Sentiment qui, dans les siècles écoulés, a provoqué jusqu'à des révolutions.

    Il y a certes le double drame de Charlie-Hebdo et de l'Hyper-Casher. Mais en dessous et en profondeur, grandit le trouble à propos de "gangsterroristes" à la Merah qu'à cinq reprises déjà, le Renseignement intérieur n'a su ni cibler, ni neutraliser à temps. Cette inquiétude, les actuels gouvernants feraient bien de la prendre sérieusement en compte, au lieu d'uniquement gérer l'effusion et le théâtre politicien.

    Xavier Raufer (Nouvel Économiste, 26 janvier 2015)

    http://euro-synergies.hautetfort.com/

  • L’arme de l’information « Made in USA » contre les dirigeants européens

    L’Europe est, paraît-il, un modèle de liberté. Pourtant, ses dirigeants sont tenus en laisse par Washington. Toute voix discordante est vite sanctionnée et priée de se remettre au pas. La plupart du temps les choses se font à l’abri des regards. Parfois, le grand frère états-unien est « contraint » au contraire de prendre les opinions publiques à témoin. Georgy Voskresensky nous rappelle les derniers exemples.

    onymous est apparu pour la première fois sur la toile d’Internet en 2003 comme un groupe de hackers activistes défendant la liberté d’expression et opérant comme un « cerveau digital global anarchiste. » Il s’agit d’un instrument, ou plutôt d’une arme destinée à être utilisée dans la guerre de l’information. Et cette arme a un avantage considérable : il s’est bien souvent avéré difficile de savoir qui l’utilisait vraiment. Pourtant, le problème ne se posait pas lorsqu’Anonymous publiait en 1993 une photo d’Angela Merkel rendant visite au Club Elbterrassen pour y rencontrer quelques skinheads et quelques autres personnages dont l’un exécutait un salut nazi [1]

    Berlin s’était alors fendu d’explications circonstanciées, mais ce n’est pas là le problème. Une photo vieille de plus de 12 ans vient d’être publiée le 9 février dernier, juste avant la visite d’Angela Merkel à Washington, et après sa rencontre avec le président français François Hollande et le président russe Vladimir Poutine à Moscou, une réunion qui a duré plusieurs heures.

    En publiant cette photo, Anonymous demandait si, pour diriger l’Allemagne, on pouvait vraiment faire confiance à une femme politique qui fut membre de l’Organisation de la Jeunesse socialiste en Allemagne de l’Est, qui était une espionne de Berlin Est, et qui fricotait avec les nazis [2].

    L’attaque médiatique a été précédée par un événement notable : la chancelière s’est opposée à l’idée de fournir des armes létales à l’Ukraine. Angela Merkel a pris la parole lors d’une conférence sur la Sécurité à Munich le 7 février pour dire que « la situation de l’Ukraine ne s’améliorera pas en fournissant plus d’armes. » Et elle a réitéré cette affirmation un certain nombre de fois lors de ses récents voyages aux États-Unis et au Canada. Aux USA, ce sont le sénateur John McCain et la secrétaire d’État adjointe aux Affaires européennes et asiatiques, Victoria Nuland, qui ont répondu en premier. Le sénateur a comparé les tractations entre Merkel, Hollande et Poutine à la réunion d’apaisement entre Neville Chamberlin et Adolf Hitler. Mme Nuland a, comme à son habitude, utilisé un langage particulièrement obscène pour qualifier la dirigeante du principal État européen.

    Il faut se rappeler aussi que depuis un certain temps, les services secrets états-uniens ont abondamment collecté toute sorte d’informations, par différents moyens, dans le but de pouvoir les utiliser contre la chancelière allemande. On a appris par exemple en octobre 2013 que la NSA (National Security Agency) avait mis sur écoute le téléphone personnel de Mme Merkel, et l’information selon laquelle l’Agence états-unienne maintenait depuis plus de 10 ans la chancelière sous surveillance a provoqué un énorme scandale. Mme Merkel a expliqué qu’elle n’attendait ni n’exigeait aucune excuse particulière, mais cette affaire a ouvert une importante brèche dans la confiance mutuelle et il a fallu des efforts importants pour tenter de la restaurer. Les promesses n’ont pas suffi, et la situation imposait des changements. Dans ces circonstances, la chancelière pouvait difficilement calmer l’indignation générale, mais Washington a fait la sourde oreille sur ce qu’elle disait. L’histoire des enregistrements a finalement été étouffée et il n’y a eu aucun réel changement.

    Angela Merkel n’est pas la seule dirigeante européenne à avoir fait l’expérience des pratiques de Washington concernant toute « liberté de pensée » des leaders européens, en particulier quand il s’agit de la Russie. Les exemples ne manquent pas.

    La Hongrie, emmenée par son Premier ministre Viktor Orbán, a signé avec la Russie un contrat pour achever la construction de deux centrales nucléaires situées à 100 km de Budapest. Les États-Unis ont [immédiatement] imposé des sanctions contre la Hongrie. Le sénateur McCain, toujours aussi prompt à dégainer, a qualifié le Premier ministre hongrois de « dictateur fasciste ». [Dans le même temps], le président Poutine était attendu à Budapest le 17 février.

    L’administration US est aussi insatisfaite de la position de Miloš Zeman, le président de la République tchèque, qui a osé demander des preuves que les troupes russes ont bien envahi l’Ukraine, et a appelé les États-Unis et l’Union européenne à mettre fin aux sanctions. Les USA ont alors utilisé leurs réseaux dans le pays pour lancer une vaste campagne discréditant le Président.

    Alors qu’il était Premier ministre de l’Italie, Silvio Berlusconi n’hésita pas à affirmer que la compréhension mutuelle entre la Russie et les États-Unis était une exigence pour la stabilité en Europe. Il a déclaré que les USA avaient agi de façon irresponsable en déployant des missiles « de défense » en Pologne et en République tchèque, en reconnaissant l’indépendance du Kosovo, et en poussant la Géorgie et l’Ukraine dans l’Otan.

    Dominique Strauss-Kahn, ex-directeur du Fonds monétaire international, a été victime d’une provocation planifiée longtemps à l’avance et organisée contre lui aux États-Unis où il a été accusé d’avoir violé une femme de chambre noire lors de son séjour à New York [3]. Il a dû faire face à un procès aux États-Unis. On a su par la suite que la femme de chambre avait menti, mais cela est passé totalement inaperçu. Strauss-Kahn a perdu son poste au FMI et n’a pas pu se présenter aux élections présidentielles en France.

    Orbán, Zeman, Berlusconi, Strauss-Kahn, et maintenant Merkel : tous sont devenus des cibles pour les frappes chirurgicales des armes de l’information US contre les politiciens européens montrant de bien trop grandes velléités d’indépendance en matière de politique étrangère, au goût de Washington.

    L’establishment états-unien pense que l’Europe doit rester sur sa ligne et suivre la politique étrangère US sans aucune variante possible. Selon eux, c’est comme cela que s’obtient la quintessence de la coopération transatlantique. Juste après sa rencontre avec Angela Merkel, le président Obama a expliqué lors d’une interview à Vox.com, que les États-Unis étaient obligés d’avoir « la plus puissante armée du monde. » Et il a ajouté « nous devons parfois tordre un peu le bras de certains pays qui ne veulent pas faire ce qu’on leur demande. » [4]. La brutalité de cette déclaration ne laisse aucun doute sur le fait que les États-Unis sont prêts à « tordre le bras » de n’importe quel allié qui n’aurait pas les mêmes vues qu’eux sur les différents problèmes dans le monde.

    Les alliés (vassaux ?) européens, ou asiatiques peuvent être certains de cela. Le président turc Erdoğan est très certainement le prochain sur la liste. On ne lui pardonne pas d’avoir signé avec Poutine l’accord sur le gazoduc « Turkish Stream » [5]. Et on entend clairement le tic-tac de l’horloge.

    Traduction : IlFattoQutidiano.fr

    Source : Strategic Culture Foundation (Russie) RSS

     

    [1] „Turbulent past bundeskantslera“, Truth in Ukraine, 9. Februar 2015.

    [2] « Angela Merkel, une néo-conservatrice à la présidence de l’Union européenne », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 janvier 2007.

    [3] « Obama, la guerre financière et l’élimination de DSK », par Thierry Meyssan, Komsomolskaïa Pravda, Réseau Voltaire, 26 mai 2011.

    [4] „The Vox Conversation“, Vox.

    [5] « Comment Vladimir Poutine a renversé la stratégie de l’Otan », par Thierry Meyssan, Оdnako (Russie), Réseau Voltaire, 8 décembre 2014.

    http://www.voltairenet.org/article186789.html

  • Italie : la Ligue du Nord dénonce le Grand Remplacement

    « Il faut faire attention car, parmi les centaines de milliers de personnes qui arrivent et qui débarquent, il est facile que s’infiltre quelqu’un qui vient pour se faire sauter. Mais, même si ce n’était pas le cas, l’immigration est une bombe sociale car ce qui est en cours est un changement de peuple ». Et « cette tentative de changement de peuple qui est en cours, nous la combattrons par tous les moyens possibles ». Voilà ce qu’a déclaré Matteo Salvini, secrétaire de la Ligue du Nord, dans un entretien exclusif, jeudi 19 février, avec le quotidien en ligne Il Primato Nazionale (proche de Casapound), en réponse à une question sur le Grand Remplacement (Grande Sostituzione) [vidéo de l'entretien en fin de notre article].

    Une semaine plus tôt, Matteo Salvini avait commenté sur sa page facebook les derniers chiffres désastreux de la natalité italienne : « En 2014 seulement 509.000 enfants sont nés en Italie, le chiffre le plus bas depuis 150 ans. Une société qui ne fait plus d’enfants est une société qui risque de mourir. […] À moins que certains pensent à nous remplacer par des milliers d’immigrés. Moi, je ne me rends pas et je combats ? Et vous ? »

     

    Dans un intéressant article, Adriano Scianca, responsable pour la culture à Casapound, avait alors reconnu en arrière-plan de ces propos « la thèse du Grand Remplacement », c’est-à-dire celle « qui interprète l’immigration de masse comme un phénomène qui va plus ou moins délibérément remplacer un peuple par un autre », et dont la formulation revient en France à Renaud Camus, « personnage original et à sa manière génial ». En Italie, avait souligné Adriano Scianca, pour partie en raison d’une immigration beaucoup plus tardive que de l’autre côté des Alpes, « le concept est encore nouveau », mais Matteo Salvini l’a employé de manière répétée ces derniers mois.
    « La gauche, au niveau mondial, a planifié une invasion, un changement de peuple. Moi je ne me rends pas, moi je ne suis pas d’accord », a ainsi twitté Matteo Salvini en novembre 2014. Peu après, au commencement de décembre, il a déclaré sur Rai Radio 1, à l’émission Radio Anch’io : « L’introduction du droit du sol en Italie, je ne l’accepte pas : c’est un changement de peuple, une immigration programmée ». Et encore, quelques jours après, sur les réseaux sociaux : « 82.000 Italiens, l’an dernier, sont partis à l’étranger pour travailler, un record. Dans le même temps, ont débarqué presque 150.000 immigrés sans travail. Une tentative de changement de peuple est en cours, mais moi je ne me résigne pas ».

    Adriano Scianca note que ces références insistantes de Matteo Salvini au Grand Remplacement datent « surtout d’après l’intensification des contacts entre le Front National et la Lega Nord ». Affirmant que « le concept est monnaie courante au Front National », il cite un « entretien récent de Jean-Marie Le Pen au quotidien italienLibero, où, interrogé explicitement sur la question, il a répété : “Je le disais bien avant M. Camus. Je le dis depuis 40 ans, en criant dans le désert” ». Des figures du Front National comme Bruno Gollnisch, Julien Rochedy, Philippe Martel ou Fabien Engelmann « ont manifesté leur adhésion en substance » à cette thèse.

    Adriano Scianca ne semble pas connaître les voix discordantes qui se sont récemment fait entendre au Front National, de Gaëtan Dussausaye, nouveau président du FNJ (« Le “grand remplacement” relève davantage d’un fantasme racialiste que d’une réalité ») à Marine Le Pen elle-même (« Le concept de grand remplacement suppose un plan établi. Je ne participe pas de cette vision complotiste »), en passant par Florian Philippot (« Certains y verront une conception racialiste que nous ne partageons pas »). Le visage du FN que l’on connaît et que l’on admire en Italie n’est pas celui-là.

    Le phénomène européen du Grand Remplacement, d’abord vécu, constaté et formulé en France, devient d’une telle évidence en Italie aussi, Mare nostrum et « Triton » aidant, que l’allié italien du Front National le met désormais au centre de son discours. Si vraiment, au même moment, le Front National choisissait de ne plus en parler, ce ne serait pas seulement paradoxal : ce serait à désespérer.

    Flavien Blanchon

    L’entretien exclusif de Salvini : “Arrêtons l’immigration. Ils veulent remplacer notre peuple.”

  • Les deux faces du gauchisme grec

    Par deux fois cette semaine le gouvernement de Tsipras, a pu éviter le pire. Ses négociateurs ont réussi à gagner in extremis, le 20 février dans la soirée, quatre mois de répit. Cela n'est encore arrêté que sur le principe. Car la négociation "concours financiers contre réformes intérieures" continuera face aux poids lourds des institutions européennes.

    L'avant-veille, 18 février, plus durable, il avait réussi un joli tour de passe-passe sur le plan intérieur. La coalition gouvernementale est parvenue à élire un président de la république de droite, en la personne de Prokopis Pavlopoulos, désigné avec l'assentiment du parti de la nouvelle démocratie.

    Ne nous y trompons pas cependant. Tout reste à faire, y compris quant à l'adoption des mesures sociales présentées à Athènes pour les plus urgentes, et considérées dans le nord de l'Europe comme les moins pertinentes. Si le gouvernement de Syriza ne fait pas, en partie, machine arrière l'accord esquissé à Bruxelles ne se concrétisera pas.

    La crise la plus médiatisée en France reste celle du maintien de ce pays dans la zone euro. Le ministre en pointe dans ce dossier l'arrogant Varoufakis passe pour un économiste. En réalité, il s'agit surtout d'un spécialiste de la théorie des jeux. D'un tel point de vue il gagnerait à réétudier le point de vue de ses interlocuteurs.

    Car, au bout de 5 ans, si les plus dogmatiques des intégrationnistes d'entre eux continuent encore de professer la doctrine initiale de Maastricht, selon laquelle l'union monétaire devait être tenue pour irrévocable, les pays sérieux y ont discrètement renoncé. Et ceci change considérablement la donne sur laquelle on travaille depuis 2010.

    Pour beaucoup d'intervenants désormais, le "Grexit" ne constituerait pas pour l'Europe une catastrophe mais un soulagement. Depuis que Draghi a succédé à Trichet, on ne considère plus, à Francfort, qu'on viole les statuts européens : on les fait évoluer. Toute la politique monétaire de la banque centrale va désormais dans ce sens. La marginalisation du premier pays, comme celle des suivants, qui sortiront de la zone euro, entraînera, peut-être, – nul ne peut le prévoir vraiment, – des conséquences négatives pour lui, mais beaucoup moins pour les autres.

    Champ d'expérimentation de la gouvernance internationale depuis un siècle et demi la Grèce payera le prix de la faiblesse de sa classe politique. Elle en a pris l'habitude. (1)⇓

     

    À leur manière les gauchistes français ne s'y trompent pas. Une entrevue avait été demandée par Mélenchon à Hollande, le 4 février. Elle s'est déroulé le 17. À entendre le chef du front de gauche, l'entretien aurait conduit en partie le chef de l'État français à infléchir sa position. Le 16 février notre trotskiste national déclarait à ce sujet : « Je n'ai pas d'autres moyens que celui de la discussion, de convaincre » le président de la République « qu'il ne peut pas accepter que la Banque centrale européenne (BCE) coupe les vivres à ceux qui n'obéissent pas à la troïka, car demain c'est notre tour. » (2)⇓

     

    Sur ce point essentiel, et tout en suggérant une tout autre sortie de crise, j'avoue ne pas écrire autre chose.

    Derrière la crise grecque, se profile, et s'est toujours profilée, en effet une crise française. Les autorités parisiennes ont toujours voulu le dissimuler à l'opinion hexagonale, qui s'y laisse prendre d'ailleurs de moins en moins.

    Il ne faut pas s'étonner ici de la convergence franco-grecque. La destruction de la Grèce a été fondamentalement accomplie, durant les années 1980-1990, à l'époque du PASOK d'Andréas Papandréou.

    Cette pollution historique a transformé, artificiellement et provisoirement, un peuple de marins, d'esprits libres et d'entrepreneurs en une population de fonctionnaires, d'assistés et de subventionnaires. Ce parti socialiste a largement été formé à l'école parisienne dans les années d'exil, quand les colonels régnaient à Athènes. Ce fut le retour au pouvoir du PASOK vainqueur des élections législatives de 2009, sous la conduite du fils du fondateur, Georges Papandréou, ami (politique) de Strauss-Kahn, qui a déclenché la crise, aggréve par deux séries de mesures démagogiques, dès son arrivée au pouvoir en 2009, puis, en 2010 après un premier soutien financier international inconsidéré.

    À partir de 2012 l'appareil gauchiste rassemblé autour de Tsipras, lui-même de formation communiste, sous l'étiquette de Syriza est parvenu à siphonner l'électorat du PASOK. Les restes de celui-ci, Evangelos Venizelos (3)⇓

    ayant succédé fin 2011 à Georges Papandréou, s'étaient ralliés à l'union nationale. Le discours de Syriza n'a fait que prendre le relais des socialistes des années 1980. (4)⇓

     

     

    Disons-le bien : les propositions démagogiques clamées par Mélenchon en France, Die Linke en Allemagne, Podemos en Espagne et Syriza en Grèce doivent être dénoncées comme ruineuses, d'abord pour les pays qui les appliqueraient, et en premier lieu pour les plus pauvres de leurs ressortissants.

    Le seul espoir raisonnable résiderait malheureusement dans un accident de parcours assez rapide, mais pas trop catastrophique, pour que l'équipe Samaras puisse reprendre pacifiquement, avec l'assentiment d'une opinion beaucoup moins acquise à la gauche que ce que l'on nous assène, un programme de réformes allégeant aussi bien le marché du travail que les finances publiques. Ce chantier, dans l'intérêt de la nation et du peuple, ressemble fort à ce que les bons esprits présentent pour "humiliation", "ultra-libéralisme" voire, plus diabolique encore : "mondialisation néo-libérale".

    On peut plutôt faire confiance aux gauchistes grecs pour échouer.

    Ils ont réussi à tromper leur monde en présentant le visage, parfois souriant, faussement sympathique, de leur jeune chef. Déjà la démarche provocatrice du nouveau ministre des Finances fait mieux comprendre à qui on a affaire. Bientôt on reparlera de ce que représente l'insubmersible Manolis Glezos qui, certes en 1941, arracha le drapeau à Croix gammée de l'Acropole, bel exploit, mais qui, depuis n'a cessé d'incarner la cause communiste. Doyen de l'assemblée à l'âge de 92 ans il imagine rallumer un antagonisme intra-européen prolongeant les affrontements haineux de la guerre civile : ses premiers grognements ont porté contre l'élection du président de la république, trop unanimiste à ses yeux. 30 ans après la mort de son ami Enver Hodja il maintiendra donc jusqu’au bout, sous la casaque de Syriza, le flambeau destructeur du stalinisme dans les Balkans.

    JG Malliarakis

    Apostilles

    1.  cf. l'article "Jean-Luc Mélenchon à l’Élysée pour soutenir la Grèce" in Le Monde en ligne le 17 février.
    2.  Quand j'étais jeune je pensais qu'elle était dirigée par des sots. Je sais désormais que la plupart de ses maîtres sont des crapules ou des traîtres à la remorque des puissances étrangères.
    3.  Originaire de Théssalonique, aucune parenté avec l'homme d'État crétois Elefthéros Venizelos (1864-1936).
    4.  Y compris dans leur apparence "nationaliste". N'oublions pas qu'en 1981 le slogan du PASOK était "la Grèce aux Grecs".

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  • Un jour, un texte ! les Français dans la guerre, Père courage par Dominique JAMET (22)

    « La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. » Georges Bernanos, La France contre les robots.

    Notre premier ministre a déclaré que la France est en guerre. Mais l'ennemi est chez nous, au sein même de la population française. Il ne s'agit plus d'envoyer des professionnels, formés et aguerris combattre loin de nos terres, mais de se battre contre un ennemi sournois et impitoyable, qui use pour ses attaques de toutes nos libertés et des droits des citoyens français. Avant de faire une telle déclaration, encore eût-il fallu cultiver au sein du peuple français les valeurs qui font la force morale des nations. Cette nouvelle rubrique sur la guerre a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, elle est un peu modifiée pour montrer : les Français dans la guerre, Père courage par Dominique Jamet (22)

    L'éditorial du Père Bruckberger paru dans Le Figaro, le 6 mai 1985, entraîne le lendemain un autre éditorial, de Dominique Jamet, dans le Quotidien de Paris. Nous avons gardé l'ensemble des deux textes pour que les propos tenus ne soient pas sortis de leur contexte.

    « Au-delà des cris du ressentiment et de la passion, bien plus haut que les pâquerettes, les gerbes, les couronnes, les prises de becs et les prises d'armes, une voix sereine s'est élevée hier au milieu de l'effarante controverse déchaînée depuis dix jours d'un bout à l'autre du monde libre par la visite du Président Reagan au cimetière militaire de Bitburg. Il n'est pas dit que cette voix se fera entendre dans le tumulte médiatisé qui a éclipsé la véritable signification au sommet des Sept plus spectaculairement encore que la Terre a éclipsé la Lune dans le ciel nuageux, samedi dernier. Juchés sur les stèles et les croix que la piété humaine érige en souvenir des morts, les corbeaux et les charognards croassent.

    Au moins cette hirondelle-là peut-elle faire croire au printemps.

    Des millions de braves gens, n'écoutant que leur douleur toujours renouvelée et leur juste indignation, blessure jamais cicatrisée, contre l'abominable holocauste où se sont englouties tant de vies et un peu de la dignité humaine ont donné tête baissée dans les panneaux largement ouverts par une habile campagne de propagande dont le but n'était assurément pas d'abattre pour la deuxième fois le nazisme vaincu et les nazis morts il y a quarante ans- on ne tire pas sur une ambulance, à plus forte raison sur un corbillard - que de faire un carton sur un président américain bien vivant.

    Des manipulateurs, des menteurs, des coquins, des conformistes et des lâches, ont exploité le filon toujours rémunérateur de l'antifascisme pour détourner de son sens le geste symbolique du représentant de la plus grande démocratie du monde, lui-même ancien combattant de la dernière guerre, président de cette république sans laquelle nous serions morts ou vivrions en esclaves, du totalitarisme brun ou du totalitarisme rouge.

    A-t-il été question à aucun moment, dans l'esprit de Reagan, de réhabiliter les valeurs, les buts de guerre, les chefs du IIIème Reich, et d'honorer les bourreaux triomphants de l'Ordre noir ? A-t-il jamais été question d'autre chose que d'aller s'incliner sur les tombes de soldats morts au combat, victimes d'une horreur qui les a engloutis ?

    Il s'est trouvé que dans le cimetière militaire de Bitburg, à côté des sépultures de deux mille combattants de la Wehrmacht, et un peu à l'écart, il y avait quarante-neuf pierres tombales, certaines surmontées d'une grossière croix de granit, à la mémoire d'autant de soldats des Waffen-SS. C'est l'image même de la place qu'occupent ces enfants perdus, jamais reniés, dans un enclos discret de la mémoire allemande.

    Les caméras de la télévision se sont à plusieurs reprises attardées sur ces tombes. Sur la plupart d'entre elles s'inscrivait le parcours d'une vie brève, brutalement fauchée par la mitraille. Quoi qu'ils aient pu faire, ces adolescents de dix-sept ans, ces jeunes gens de vingt ans n'étaient pas les pères mais les fils du régime nazi.

    On a beaucoup écrit, que les États-unis et l'Allemagne auraient pu faire le choix d'un autre site plus heureux que Bitburg, ville pourtant aussi américaine que germanique. Mais existe-t-il beaucoup de cimetières allemands où les ossements des Waffen-SS ne sont pas mêlés à ceux de soldats d'autres armes ? Existe-t-il beaucoup de familles allemandes qui ne portent pas dans leur chair et dans leur cœur la trace d'hommes, – père, oncle, cousin, mari, fiancé – qui portaient l'uniforme noir à collet vert ? Certains voudraient faire croire que le seul choix qui nous est offert est entre la haine et l'oubli, comme s'il ne pouvait y avoir place dans un cœur humain pour la mémoire et le pardon. Et que serait un pardon, dont seraient exclus précisément ceux qui en ont besoin, non pas les fils démocrates des pères égarés, mais ces pères eux-mêmes ?

    Enfin, une fois de plus, qu'est ce que ces cris d'orfraie dans un monde qui s'accommode de la présence du Cambodge à l'ONU, de la visite du nouveau tsar rouge à la Pologne satellisée, insulte à quarante millions de Polonais vivants et à quelques millions de Polonais morts, ou des gerbes que des chefs d'État capitalistes déposent pieusement, sur le mausolée de Lénine, qui n'était pas que je sache, un sous-ordre, Unterscharführer ou Sturmbannführer de la dictature en activité – comme on dit d'un volcan – la plus sanglante du monde ? Souffler ainsi sur les cendres tièdes d'un foyer éteint, c'est à coup sûr faire le lit des incendiaires d'aujourd'hui.

    Telles sont quelques-unes des vérités qu'a rappelées ou plutôt assénées, pour ainsi dire à coup de crosse, la crosse des évêques d'autrefois, pasteurs du troupeau et soldats du Christ, le père Bruckberger, dans un admirable éditorial paru hier [dans Le Figaro]. Il pouvait se permettre de tresser le thème politique et profane de la réconciliation avec le thème chrétien du pardon parce qu'il est insoupçonnable, parce qu'il fut en son temps le plus médaillé des prêtres combattants, sinon le plus religieux et le plus discipliné des soldats. Mais combien d'autres, laïques ou religieux qui pensaient de même, ont mieux aimé se taire ou hurler avec les loups ? Rares sont ceux qui unissent comme ce dominicain scandaleux le courage physique et le courage civique.

    Oui, c'est bien le même homme, par delà les années, qui accompagnait jusqu'au poteau d'exécution Joseph Darnand, son ancien des Corps francs, devenu chef de la Milice, et l'homme le plus haï de France. Un criminel ? Sans doute. Mais si le plus grand criminel n'a pas droit à un avocat, à un juge, à un médecin et à un prêtre, que reste-t-il de la civilisation ? Bertolt Brecht a dressé au-dessus des horreurs de la guerre de Trente ans la légendaire figure de Mère Courage. Et nous, nous avons notre Père Courage, après une paix de quarante ans. »

    Dominique Jamet

    Éditorial du journal "Le Quotidien de Paris", 7 mai 1985.

    Lois Spalwer http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html 

  • Ultimatum de la zone euro : un « Grexit » n’est pas du tout à exclure

    L’Eurogroupe du 16 février s’est achevé par un ultimatum qui laisse à la Grèce jusqu’à la fin de la semaine pour accepter la prolongation du plan d’aide. Coralie Delaume analyse les causes et conséquences potentielles de cette intransigeance européenne.

    L’Eurogroupe s’est achevé lundi 16 février à Bruxelles par un clash entre le ministre grec des finances et ses homologues de la zone euro. Que cela vous inspire-t-il ?

    Ce que l’on sait de l’enchaînement des choses est un peu étrange. À priori, un accord provisoire était proche d’être trouvé, un premier texte ayant été soumis à Yanis Varoufakis et ayant obtenu son aval. Chaque partie y faisait des concessions, et l’on se donnait quatre mois pour parvenir à un accord plus abouti, tout en laissant à la Grèce un peu de marge de manœuvre budgétaire pendant ce laps de temps, pour qu’elle puisse commencer à mettre en œuvre le programme sur lequel Tsipras a été élu.

    Mais il semble qu’en dernière minute, le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem ait substitué un autre texte à celui initialement présenté, comme l’a dit Varoufakis en conférence de presse et comme semble le confirmer un journaliste britannique ici. Dans cet autre texte, plus aucune concession n’était faite à la Grèce. Il était donc exclu qu’elle l’accepte.

    Au bout du compte, l’Eurogroupe s’est donc achevé sur un échec, et sur un ultimatum laissant une semaine à Athènes pour accepter sans discuter la prolongation du « mémorandum » en vertu duquel elle doit poursuivre les coupes budgétaires, les privatisations, et tout ce que le gouvernement Samaras avait avalisé précédemment. Bref, il s’agissait de faire exactement comme s’il n’y avait pas eu d’élections en Grèce…

    L’Eurogroupe a adressé à la Grèce un ultimatum. Celle-ci a jusqu’à la fin de la semaine pour accepter le prolongation du plan d’aide. Que peut-il se passer si aucune solution n’est trouvée avant expiration de ce délai ? Ce scénario est-il envisageable ?

    J’ignore si c’est envisageable. Il est possible que chacune des deux parties simule l’intransigeante pour montrer à l’autre qu’elle est déterminée. Mais déterminée à quoi ? Là est la question !

    Quant au gouvernement grec, on sait à peu près ce qu’il veut. Il veut pouvoir appliquer le programme économique qui lui a ouvert les portes du pouvoir et qui consiste à alléger le poids d’une austérité qui a imposé aux Grecs des souffrances inouïes -et inutiles. Pour cela, il ne propose rien de déraisonnable. Quoiqu’en disent certains, Syriza n’est pas un parti de dangereux révolutionnaires. Ils ne demandent même pas qu’on efface la dette hellène. Simplement qu’on aménage les modalités de son remboursement, de manière à ce que l’intégralité des excédents budgétaires désormais dégagés par le pays ne soit pas consacré au paiement des intérêts de la dette, mais qu’une partie puisse être dédiée à une petite relance. A mes yeux, non seulement il est invraisemblable qu’on puisse refuser de considérer les propositions d’Athènes. Mais il est plus invraisemblable encore qu’on les qualifie de « radicales ». [....]

    La suite sur le Figarovox

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Ultimatum-de-la-zone-euro-un