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économie et finance - Page 773

  • Remise à plat de la fiscalité : grand soir fiscal ou longue nuit ?

    Plus de 90% des Français attendent avant tout une remise à plat… des dépenses publiques.
    Comme le quotidien « Le Monde » l’écrit dans sa livraison des 24 et 25 novembre 2011, qui « aurait anticipé le coup de poker qu’a joué le premier ministre, en annonçant dans un entretien aux “Echos” une “remise à plat de la fiscalité” »? Certainement aucun de ses ministres qui le jugeaient dans une situation désespérée, pas plus que le président Hollande – en cours de visite de grande courtoisie chez son ami Natanyahu – qui n’apprit qu’au tout dernier moment cette contre-offensive de son chef de gouvernement. Cette annonce mérite réflexion : le chantier est immense. A partir des hypothèses de travail lancées par le premier ministre, la Fondation iFRAP  pose un certain nombre de questions qui demanderont temps et travail pour y répondre et les résoudre, avec le risque éminent d’une occultation de la réduction des dépenses publiques. Nous reproduisons ci-après son analyse.
    Polémia

    Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé une remise à plat mais à taux de prélèvements obligatoires constant de la fiscalité française. Cette refonte aboutirait, afin de correspondre au programme présidentiel de François Hollande, à une fusion de l’IR et de la CSG. Les questions qui se posent sur ce projet de remise à plat de la fiscalité sont les suivantes :

    • Fusionner IR et CSG veut-il dire rendre progressive la CSG ?

     

    • L’IR-CSG serait-il retenu à la source ?

     

    • Les ménages non assujettis à l’IR seront-ils exonérés du paiement de la CSG nouvelle version et si oui, qui paiera à leur place les recettes en moins ?

     

    • Les niches fiscales seraient-elles alors toutes supprimées (la CSG n’en compte pas…) ?

     

    • Quid de la réforme de l’IS et de la TVA

     

    Autant de question qui chacune peut demander des mois de débats et des années de mise en œuvre alors que les présidentielles sont dans trois ans. Autant de débats sur la fiscalité qui risquent bien d’occulter le seul vrai sujet : la remise à plat des dépenses publiques, sujet sur lequel le gouvernement manque encore d’idées innovantes.

     

    1) La question relative à la fusion IR/CSG :

     

    Fusionner l’IR et la CSG c’est rapprocher deux taxes que tout oppose : d’un côté un impôt devenu fortement progressif touchant moins de 50% des foyers fiscaux pour des recettes anticipées de 75,3 milliards d’euros, quand la CSG, imposition proportionnelle au taux moyen de 8% sur l’ensemble des contribuables personnes physiques dispose d’un rendement de 92,5 milliards d’euros en 2014. Par ailleurs, alors que le produit de la CSG est fortement étalé, celui de l’IR est très concentré, 1,6% des contribuables en paie près de 40% du produit. On comprend donc que dans ces conditions toute « progressivisation » de la CSG risque de très fortement peser sur les redevables IR les plus fortunés.

     

    Il existe en effet plusieurs manières de concevoir une « fusion IR/CSG » :

     

    •  Il y a d’abord l’approche visant à rendre plus progressive la CSG : c’est sans doute ce qui motive actuellement la gauche et explique le besoin de se concerter avec les partenaires sociaux. Rendre plus progressive la CSG cela veut dire baisser la CSG qui frappe à l’heure actuelle les plus modestes au taux proche de 7,5% (pour les revenus d’activité) pour offrir au contraire un taux sinon nul, du moins sans doute proche des 1 à 2% dès le premier euro. On imagine dans ces conditions et pour travailler à recettes constantes qu’il faudrait pour cela déplacer fortement le curseur en direction des classes moyennes et aisées (puisqu’afin de ne pas être confiscatoire, il faudra nécessairement s’adresser à une assiette populeuse, donc aux classes moyennes/supérieures). Par ailleurs, il faudra neutraliser la déductibilité actuelle de la CSG (soit 5,1% du montant de la CSG).

     

    • Il y a ensuite l’approche visant à rendre plus proportionnelle l’IR : cela conduirait nécessairement à réviser les taux de l’IR qui culminent à l’heure actuelle à un taux marginal de près de 45%, en le réduisant par exemple à 40%. La perte qui pourrait en résulter (500 millions d’euros environ), nécessiterait un report en direction de la CSG, un report minime puisqu’un point de CSG représente environ 11 milliards d’euros. Ainsi à recettes constantes, araser le taux marginal de l’IR ne conduirait à augmenter la CSG que de 0,04 point. On comprend donc la puissance d’une « proportionnalisation » de l’IR, mais ce n’est sans doute pas la démarche actuellement suivie.

     

    Par ailleurs une seconde vague de réflexion peut exister sur la morphologie de la nouvelle taxe :

     

    •  Va-t-on vers des taux synthétiques (= aux taux effectifs) ou conservera-t-on des tranches : derrière cette réflexion il y a la question de la comparabilité de la nouvelle taxe : la tentation est forte (cf l’approche de Thomas Piketty) d’individualiser totalement la nouvelle taxe (suppression des quotients conjugaux et familiaux). Cette réflexion aboutirait à supprimer la notion de barème en tranches pour lui opposer l’application de taux synthétiques correspondant à la progressivité et à la productivité retenue [1]. Cependant, si le dispositif supprimait tout effet de seuil, il perdrait en revanche nécessairement en intelligibilité. Par ailleurs, il faudrait nécessairement aligner véritablement l’imposition du capital sur celle du travail et non plus la surexposer aux prélèvements fiscaux comme actuellement (la CSG serait fixée sur les dividendes et revenus de capitaux mobiliers à près de 8,2% soit la nécessité d’une réfaction de 0,22% et tenir compte également de la neutralisation de la CSG déductible des revenus d’activité).

     

    Au contraire, la conservation de barèmes permettant une « prévisibilité » de l’impôt aboutirait à une meilleure visibilité de la pression fiscale, mais conduirait également à rendre beaucoup plus perceptibles les effets de franchissement de seuils, ce qui ne pourrait être combattu que par la multiplication des tranches et la réintroduction d’abattements (enfants à charges etc.) dont les montants seront inévitablement âprement renégociés.

     

    2) Question sous-jacente : l’imposition à la source :

     

    En réalité, la mise en place d’une « fusion IR/CSG » pousse la question de l’imposition à la source du nouvel impôt. En effet, la CSG est déjà imposée à la source. La « fusion » de la cotisation et de l’impôt sur le revenu permettrait de progresser dans la transition d’une imposition de rôle vers une imposition par l’intermédiaire d’un tiers payeur (généralement les entreprises ou les administrations) qui liquideraient ainsi la taxe. Cette approche permettrait en outre de neutraliser les problèmes actuels de « petite rétroactivité » et de basculer progressivement par le biais du prélèvement « mensualisé » par l’intermédiaire de l’IRCA (l’imposition sur les revenus courants de l’année), mais aussi celle de la modulation des revenus entre deux années (à l’heure actuelle on paie en n+1 sur les revenus de l’année n pour l’IR, ce qui occasionne des risques intertemporels de trésorerie pour les ménages en cas de changement d’activité entre deux exercices). Un récent rapport de la Cour des comptes a mis en exergue les économies en matière de coût de gestion de l’impôt que cette modification introduirait [2].

     

    Cependant l’introduction d’une telle mesure demeure problématique :

     

    • En effet, elle pose la question de la sensibilité à la pression fiscale. L’effet Laffer serait plus long à se déclencher en cas d’imposition à la source, la pression fiscale étant ressentie dans la durée. Il y aurait donc une habituation plus grande à l’impôt.
    • Par ailleurs, du strict point de vue légal, l’imposition à la source permettait au contribuable de « sécuriser » ses requêtes fiscales ; la possibilité d’effectuer des recours serait facilitée pour autant que l’intelligibilité des modes de calcul du nouvel impôt soient suffisamment clairs et transparents pour être perçus et ses modalités de mise en œuvre contestés.
    • Enfin, la « responsabilité fiscale » du tiers payeur ferait son entrée dans le domaine de l’IR, elle se surajouterait et ferait partiellement écran (sauf pour les revenus de capitaux mobiliers, fonciers et d’autres sources d’activité) à celle du contribuable par rapport à sa déclaration fiscale vérificative à remplir en fin d’année.

     

    3) Et son corolaire, la réduction des niches fiscales

     

    Les niches fiscales sont actuellement de 80 milliards d’euros (surtout IR et IS) pour 2014 si l’on y inclut l’impact (compensé) du CICE. La tentation est forte que la mise en place d’une fusion IR/CSG se fasse sur le dos des niches que la majorité actuelle conçoit, pas toujours à raison, comme les moins efficaces (par exemple celle des emplois à domicile ou des dons…). Cette démarche serait évidemment une erreur. Elle pourrait même s’accompagner d’une conversion des mécanismes d’abattements et de quotients en niches comme dans de nombreux pays déjà passés à la retenue à la source, sous la forme de crédits et/ou de réductions d’impôt. On imagine cependant assez aisément que la « refonte » fiscale pourrait très bien constituer une « nuit du 4 août » des niches. Ce qui permettrait au gouvernement de rompre facialement avec la technique du rabot, tout en produisant exactement les mêmes effets.

     

    4) Enfin, pour quel modèle de protection sociale : Bismarckien ou Beveridgien ?

     

    Sans le dire, la fusion IR-CSG, même étalée sur l’ensemble des trois prochaines années du mandat de François Hollande, pose en réalité la question du financement de la protection sociale et de façon subsidiaire celle de la répartition de la nouvelle taxe créée.

     

    En effet, à l’heure actuelle, le fléchage est simple : la CSG établie en 1991 sert à financer les différentes branches de la Sécurité sociale respectivement la branche famille (taux 1,08% sur les revenus salariaux et allocations chômage et 1,1% sur les autres revenus), le fonds de solidarité vieillesse (suivant la répartition 1,03% revenus salariaux et 1,05 autres revenus), la branche maladie (sur des taux variables allant de 3,95% à 7,25% s’agissant des revenus des jeux) et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (financement de la dépendance à hauteur de 0,10% de l’ensemble des revenus). De son côté, l’IRPP vient naturellement abonder le budget général de l’État.

     

    La fusion de la cotisation et de l’impôt va immédiatement poser la question de la nature juridique du nouveau prélèvement et trancher définitivement le contentieux sur la nature de la CSG (opposition Conseil d’État et Conseil constitutionnel qui définissent la CSG en tant qu’impôt et la Cour de cassation et la CJUE qui la définissent comme une cotisation). Tout laisse à penser que c’est l’impôt qui l’emportera ce qui inévitablement aura des conséquences sur le paritarisme. On passerait alors d’une logique de cotisation fléchée (modèle Bismarckien) vers celle de prélèvements sur recettes, à la manière de ce qui se pratique déjà s’agissant des collectivités territoriales (modèle Beveridgien de protection sociale financée par l’impôt) en direction des branches de la Sécurité sociale. On assisterait donc sur le plan financier à une recentralisation financière partielle de la Sécurité sociale et à la création d’une protection sociale hybride. Si les conséquences en étaient tirées jusqu’au bout, il faudrait sans doute modifier à terme la séparation opérée depuis la LOLFSS du 22 juillet 1996 instituant les lois de financement de la sécurité sociale, en poursuivant le mouvement de « fiscalisation » de la sécurité sociale débouchant sur un examen consolidé et unique des budgets de l’État et de la Sécurité sociale [3].

     

    5) Il faudra sans doute poser aussi la question du niveau de l’IS :

     

    En effet, nous avons mis en évidence pour l’année 2011 le montant des taxes assises sur la production [4] pour un coût estimé à près de 72 milliards d’euros. Le CICE [5] a tenté un report de charge de 10 milliards d’euros en 2014 + 10 milliards en 2015 sous la forme d’un crédit d’impôt gagé par des recettes perçues sur les particuliers (sous la forme de 6 milliards de TVA, le reste provenant de baisses de dépenses). L’équation est donc la suivante : 20 milliards d’euros en régime de croisière, 6 milliards d’euros de TVA financés par le passage du taux intermédiaire de 7% à 10% et du taux marginal de 19,6 à 20%. Confirmation du mauvais classement de la France dans le dernier baromètre de PwC (PriceWaterhaouseCooper), Global Worldwide Tax Summaries Corporate Taxes 2013/14 (voir infographie ci-jointe [6])

     

    2 graphique

     

    La question a été envisagée pour le gouvernement de transformer à terme ce crédit d’impôt en baisses de charges (question qui serait évoquée au printemps dans le cadre des assises de la fiscalité). La question pourrait être plus triviale : pourquoi ne pas baisser de 10 milliards les taxes sur la production (nous les évaluions pour 2011 à 72,8 milliards d’euros), tandis que le taux d’IS serait lui-même réduit de sorte à atteindre une économie pour les entreprises à nouveau de 10 milliards. Le taux de l’IS serait alors porté largement en dessous des 30%, sans doute vers 25% environ, ce qui permettrait de converger vers les taux envisagés par la Suède (22%) et la Grande-Bretagne (24%). Ce mouvement aurait une certaine élégance, il permettrait de supprimer une niche fiscale tout en baissant l’imposition sur les entreprises. Il faut cependant sans doute aller plus loin encore dans le transfert de la fiscalité pesant sur les entreprises vers celles pesant sur les ménages.

     

    6) Enfin quid de la TVA :

     

    Si l’on veut conserver comme axiome qu’une fiscalité productive est d’abord et avant tout une fiscalité à taux faibles et à assiette large, l’outil de la TVA doit encore être privilégié. C’est d’ailleurs la voie qu’à présent ont suivi tous les pays d’Europe. Malgré le passage de la TVA de 19,6 à 20% de taux marginal au 1er janvier 2014 et la création d’un taux intermédiaire à 10%, la grogne fiscale est venue quelque peu ébranler les ailes de cette réforme. En réalité c’est avant tout parce que le gouvernement n’a pas produit un séquençage adéquat de la réforme. Il a en effet privilégié la majoration d’impositions à taux déjà importants et à bases étroites (75%, ISF…), ce qui psychologiquement, en termes d’acceptabilité de l’impôt, s’est révélé une stratégie ruineuse à moyen terme. Pour que cette acceptabilité de l’impôt soit renversée, il faudrait exactement inverser la dynamique actuelle et donc baisser par exemple, comme nous le proposions plus haut, le taux facial de l’IS. Il serait alors possible de proposer dans un second temps une majoration de la TVA qui, sans atteindre son maximum de Laffer, pourrait augmenter jusqu’à 22,5% d’après une récente étude portugaise qui a cherché à déterminer le Laffer moyen en matière de TVA pour l’ensemble des pays de l’UE [7] et l’a fixé à ce point. L’augmentation ainsi réalisée pourrait d’ailleurs permettre de « gager » un taux intermédiaire plus modeste que celui actuellement retenu de 10% et qui semble déstabiliser un certain nombre de secteurs (rénovation, centres équestres etc.).

     

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    Source : Commission européenne 2013, Fondation iFRAP pour la France.

     

    Conclusion : la réforme fiscale arrivera-t-elle jusqu’au bout ?

     

    Réformer notre système fiscal est à terme une évidence mais il aurait fallu s’en apercevoir dès le début du quinquennat et avant d’engager des hausses d’impôts tous azimuts. Simplifier notre fiscalité en la débarrassant des niches superfétatoires mais aussi des micro-taxes [8] l’est tout autant. Cependant, il faudrait au moins que les pouvoirs publics tracent explicitement les fins avant de s’attaquer aux moyens. En inversant la problématique et en posant les moyens (aujourd’hui la fusion IR/CSG) en premiers, les incertitudes s’accumulent sur les intentions du gouvernement :

     

    Veut-on améliorer le rendement de l’impôt et faire baisser ses coûts d’administration ? Dans le cadre de la MAP (modernisation de l’action publique) cette attitude a du sens, encore faut-il explicitement parler de la retenue à la source, mais il faut alors assumer une certaine « désensibilisation » fiscale du contribuable.

     

    Veut-on rendre l’impôt plus simple et plus lisible : dans ce cas, il faut s’interroger sur la mise en place de taux synthétiques, sur la conservation de tranches au sein du barème et sur la conservation d’un équivalent du quotient familial et conjugal (sous la forme d’abattement ou de crédit d’impôt), passera-t-on à l’individualisation du contribuable (en écartant le principe du foyer fiscal ?). Mais cela suppose alors auparavant de trancher sur l’universalité ou le fléchage de la solidarité dans le cadre de la politique familiale et de la représentation fiscale du couple. Il faudrait là aussi l’exposer clairement.

     

    Veut-on plus largement réduire l’imposition des entreprises et faire basculer la fiscalité sur les ménages et sur la consommation. La « productivité » de la nouvelle taxe qui est annoncée comme constante pourrait cependant déboucher sur des hausses microscopiques permettant de lentement opérer le basculent souhaité. Encore faudra-il prendre en compte la répartition de la masse taxable sur l’ensemble de l’assiette.

     

    Veut-on opérer une plus grande proportionnalité ou progressivité de l’impôt. Pour le gouvernement actuel la réponse coule de source, mais la morphologie des assiettes actuelles est tellement dissemblable qu’il faudra bien se garder de tout report de trop grande ampleur, sous peine de produire des transferts de charges insupportables aux classes moyennes et supérieurs. Un report partiel de la fiscalité sur cette nouvelle taxe ainsi que sur une hausse de TVA ne pourrait se faire quant à la première que sur les plus bas taux afin d’avoir une incidence vraiment significative.

     

    Enfin, quel mode de financement de la protection sociale voulons-nous ? Entre équation Bismarckienne et Beveridgienne voir mixte comme actuellement mais avec fiscalisation rampante, le modèle à suivre n’est pas clairement explicité, ni défini. Il mériterait de l’être. Autant d’éléments qui militent pour que le gouvernement consulte les partenaires sociaux, mais cela ne sera pas suffisant. Il faudra d’abord légitimer la réforme aux yeux des Français qui devront percevoir une amélioration tangible en termes de productivité, de simplicité et de citoyenneté. Les trois ans restant suffiront-ils ? Rien n’est moins sûr. D’autant plus qu’à plus de 90% d’entre eux ils attendent avant tout une remise à plat… des dépenses publiques.

     

     Samuel-Frédéric Servière et Agnès Verdier-Molinié, Fondation iFRAP  21/11/2013

     

    Notes :

     

    [1] Cela permettrait graphiquement de passer d’une représentation progressive en espaliers à celle d’une droite affine progressive par morceaux.
    [2] Voir en particulier CPO, précisons que les coûts de gestion des services fiscaux sur l’ensemble des taxes directes permettant de définir les taux d’intervention (par rapport aux montants collectés) ont été explicités p.94 du rapport particulier de l’IG relatif à la transition d’un modèle de rôle à un modèle à la source.
    [3] Voir, Pascal Penaud et alii, Politiques sociales, 2ème édition revue et augmentée, Presses de Sciences-Po Dalloz, Paris, 2013, p.147, ainsi que l’opinion d’Alain Lambert co-rapporteur de la LOLF, plus son dernier ouvrage, Déficits publics. La démocratie en danger, Armand Colin, Paris, oct. 2013.
    [4] Voir p18. de notre dossier, Compétitivité des entreprises, et si on commençait par la fiscalité ?.
    [5] Voir le rapport 2013, Comité de suivi du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi.
    [6] Quant à l’analyse et aux précautions méthodologiques de l’étude dont l’absence de prise en compte du CICE, voir Les Échos, Elsa Conesa, Fiscalité des entreprises, la France avant-dernière du palmarès européen, 21/11/2013.
    [7] Voir à ce sujet, F.Guedes de Oliveira, L. Costa, The VAT Laffer curve and the business cycle, n°02/2013, Working Paper, Universidade Catolica Portuguesa (Porto), 19 juillet 2013.
    [8] Très sectorielles aux coûts d’administration élevés pour des produits médiocres

    http://www.polemia.com/remise-a-plat-de-la-fiscalite-grand-soir-fiscal-ou-longue-nuit/

     

  • L’éolien c’était génial : Un exemple de pensée unique

    L’éolien, c’est génial ! c’est ce que criaient les professionnels du gaz, dans une de leur convention annuelle. Ceux-ci comptaient en effet accompagner le déploiement de l’éolien avec leurs centrales flexibles et avalisées par les antinucléaires. Seulement, entre temps, le gaz européen a suivi le cours du pétrole et a été évincé par le charbon américain. Ainsi va le monde de l’énergie, qui mobilise des investissements de long terme dans l’Europe libérale.

    Le déploiement de l’éolien en France a vraiment démarré dans les années 2003-2005. Présenté comme une énergie nouvelle, l’éolien fût pourtant à la mode chez EDF dans les années cinquante comme en témoigne le prototype de Nogent le Roi. Étrangement, des décennies après, des éoliennes blanches sous un ciel d’azur vinrent couvrir, calendriers, cahiers, magazines.

    Au départ l’éolien fût présenté comme une énergie locale et décentralisée. Il est vrai que les puissances d’un parc éolien sont tellement faibles par rapport à la surface occupée que l’électricité peut ne pas être consommée très loin. Lorsqu’on fit remarquer que parfois les éoliennes étaient à l’arrêt, fût opposé l’argument qui contredisait le précédent : il y a toujours du vent quelque part : c’était le foisonnement.

    La pensée unique s’imposa et on continua à monter les mats. La puissance éolienne devenant non négligeable, des physiciens comme Hubert Flocard et Jean-Pierre Pervès par un patient travail de mesures non seulement en France, mais aussi en Europe recueillirent les productions électriques heures par heures. (Les premières courbes sont dues à Jean-Paul Hulot d’après RTE, les secondes sont tirées de l’analyse du champ éolien de Robin Rigg par Hubert Flocard. On trouvera sur le site de Sauvons le climat, les courbes de production éoliennes que le syndicat des énergies renouvelables n’ose pas publier)

    Pour un parc terrestre, il existe un certain foisonnement pour un tiers de la production qui maintient presque toujours, 7% de la puissance installée. Par exemple les 3.000 éoliennes installées sur un milliers de kilomètres carrés (plus que la zone d’exclusion de Fukushima) se comportent presque comme un demi réacteur nucléaire (0,5 gigawatt).
    Un autre tiers de la production fluctue entre 0,5 et 1 gigawatt et peut être régulé par l’hydraulique, le problème inhérent à l’éolien qui par sa nature même privilégie les vents forts et peu fréquents, se situe dans le dernier tiers de la production qui se concentre 10% du temps dans des pointes entre 1 et 4 GW.

    Les éoliennes étant fabriquées à l’étranger, le coût d’importation de l’électricité éolienne est comparable au coût d’importation de l’électricité produite à partir de gaz. En ayant créé une centaines d’associations de défense de l’environnement et un surcoût raisonnable, l’éolien régulé par l’hydraulique de barrage arrive à contribuer à 2% de la production électrique.

    Une contribution sans grand intérêt puisque l’éolien est en déphasage avec les pointes de consommation. On pourrait penser que l’expérience a assez duré , mais le gouvernement s’enferme dans son objectif de 8.000 éoliennes terrestres, à ce niveau de puissance, une partie de la production éolienne sera ingérable, il faudra arrêter des parcs ou laisser filer l’eau des barrages sans turbiner comme se fut le cas en juin 2011.

    Pour se libérer de l’emprise foncière, l’éolien se développe en mer, d’autres problèmes apparaissent alors : les coûts explosent d’une part, le surcoût de l’éolien offshore sera de 2 à 3 milliards d’euros par an, mais en plus la production est concentrée est de plus en plus difficile à gérer. Un parc d’un millier d’éoliennes se comporte comme un réacteur nucléaire qu’on s’amuserait à mettre en marche et à arrêter. Le coût d’importation est comparable à l’électricité produite à partir du charbon.

    Le potentiel de l’éolien offshore n’est pas infini

    Il faut des fonds peu profonds et l’énergie produite par unité de surface reste faible : La production de Fessenheim correspondrait à 600 km2 de champ offshore sans compter la régulation. Au regard des courbes de productions, de l’occupation spatiale et de la balance du commerce extérieur on peut se demander ce qui a conduit nos élus à accepter de tels programmes.

    L’acceptabilité serait atteinte par de l’éolien flottant: la construction pourrait avoir lieu à quai par des entreprises et des brevets français, le coût rejoindrait celui de l’éolien terrestre, reste la régulation électrique à envisager: stockage thermique par les ballons d’eau chaude sanitaire, véhicules électriques en charge, pompage de l’eau pourraient absorber les pointes éoliennes.

    Des puits de courant forcément limités, aujourd’hui les pointes éoliennes de l’Allemagne du nord perturbent le réseau slovaque. Par son profil de production même, ou par sa consommation d’espace la contribution de l’éolien est limité à 10% de la production électrique globale.

    Le programme éolien révèle combien le nucléaire est bien supérieur : c’est une production électrique programmable, il est renouvelable comme l’a démontré Phénix, son coût d’importation est dix fois moindre que celui de l’éolien et est couvert par les exportations d’électricité. Dans les deux techniques il faut la même masse de minerai pour faire un kilowattheure électrique, le nucléaire émet moins de CO2 sur le cycle de vie, il nécessite cent fois moins de surface pour sa production, il laisse moins de masse de déchets aussi, même s’ils font peur.

    Comme la folie internet de la fin des années quatre-vingt-dix, l’éolien révèle un phénomène d’abrutissement collectif: comment a-t-on pu accepter une telle production électrique ? Il y a parfois des éclairs de lucidité : un élu du Conseil régional de Bretagne fit remarquer que dans le Pacte électrique breton , on avait prévu 85% de sources électriques fluctuantes , un autre s’est alors levé pour s’étonner qu’on l’ait voté à l’unanimité.

    On remarque que deux commissaires européens, celui de l’énergie et celui du climat, proviennent de deux pays exportateurs d’éoliennes, mais l’hypothèse du complot extérieur est peu réaliste. Au Royaume-Uni, il y a un consensus favorable sur le nucléaire et le gouvernement se réjouit que les EPR évitent des dizaines de milliers d’éoliennes terrestres.

    L’explication repose sur le pouvoir des écologistes officiels dans les médias et dans l’appareil politique: ils ont pu faire interdire les OGM sans débat scientifique et empêcher rapidement l’exploration du gaz de roche mère ; alors que les associations anti-éoliennes dont l’action a pour origine des préjudices réels comme la dévaluation des biens immobiliers, n’a pas eu pratiquement accès au champ médiatique.

    Cet aveuglement conjugué à une gestion à court terme des investissements dans le secteur électrique se traduira par des pannes électriques en Europe, espérons qu’on saura alors désigner les vrais coupables.

    Metamag

    http://fortune.fdesouche.com/334273-leolien-cetait-genial-un-exemple-de-pensee-unique#more-334273

  • Trop de banques ont survécu à la crise financière, estime le président de l’Autorité Bancaire Européenne !

    “Trop peu de banques européennes ont été démantelées et ont disparu du marché”. Ces paroles n’ont pas été prononcées par un révolutionnaire voulant mettre à bas le capitalisme, mais par Andrea Enria qui n’est autre que le président de l’Autorité Bancaire Européenne (European Banking Authority), lors d’un entretien au Frankfurter Allgemeine Zeitung.

    Il poursuit en donnant des chiffres éclairants : “seules 40 banques européennes ont disparu depuis la crise financière de 2008, contre près de 500 aux Etats-Unis. Les gouvernements ont voulu maintenir en vie leurs banques, et cela a freiné le processus de convalescence”.

    L’Autorité Bancaire Européenne n’a pas toujours fait preuve de clairvoyance, on l’a même accusé, à juste titre, de négligence et de déni de la réalité lorsqu’elle a réalisé des stress-tests en 2011 pour en conclure que seulement 9 banques européennes avaient besoin de renforcer leurs fonds propres, et ce pour un montant total de 2,5 milliards d’euros. Un chiffre ridicule, qu’elle dément donc aujourd’hui sans le reconnaître. Mieux vaut tard que jamais.

    Cette déclaration signifie que trop de banques-zombies existent encore en Europe, que trop de créances douteuses n’ont pas été purgées, que la crise rode encore dans les bilans bancaires. Elle dit aussi que les Etats soutiennent des banques contre toute raison économique, c’est-à-dire uniquement pour des raisons politiques.

    Et le président de l’Autorité Bancaire Européenne veut mettre fin à cette complaisance coupable en expliquant que l’Europe, dans le cadre de l’union bancaire, doit mettre en place des mécanismes de restructuration et démantèlement des banques, mais qu’à ce jour les dirigeants européens n’ont pas réussi à s’entendre sur la forme que prendra cette “résolution”, à qui sera confié le pouvoir de décision et qui en assurera le financement. Voilà qui promet de sacrées batailles en perspectives.

    Alors il faut s’attendre à des faillites bancaires. Enfin, plus exactement à des “restructurations”, dont on sait comment elles se passent désormais : par la ponction des comptes des déposants, comme cela a été pratiqué une première fois à Chypre. Et comme cela est en train d’être formalisé par une directive européenne. Les Etats et les banques s’entendront pour faire porter la facture sur les épargnants, et tant pis pour eux. Les Etats sont trop endettés, les banques prennent trop de risques, mais c’est encore eux qui ont le pouvoir et il ne faut pas s’attendre à ce qu’ils payent le prix de leurs erreurs.

    Au moins nous voilà prévenus. Car cette déclaration est aussi un avertissement. Après Chypre, après la “suggestion” du FMI (de ponctionner 10% des comptes bancaires pour réduire la dette des Etats), voici l’autorité de contrôle des banques en Europe qui nous dit que de nombreuses banques sont en situation de faillite virtuelle. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas.

    GoldBroker.com

    http://fortune.fdesouche.com/334725-trop-de-banques-ont-survecu-la-crise-financiere-estime-le-president-de-lautorite-bancaire-europeenne

  • Ceux qui bravent les valeurs de la République hollandiste !

    Pour s’en être pris à un radar, une étudiante vient d’écoper de 6 mois de prison avec sursis et 175 h. de travail d'intérêt général.

    La France du bras-de-fer permanent : c’est l’impression que tout à chacun a ressenti tout au long de l’année et plus encore depuis la fin de l’été… Après les manifestations de la Manif pour tous – colossales mais pacifiques, contrairement à ce qu’ont tenté de faire croire Manuel Valls et Jean-Marc Ayrault – et, malheureusement, sans résultats ponctuels, ce sont celles des Bonnets rouges qui, elles, ont fait reculer le gouvernement. Par leur violence.

    En annonçant la suspension de l’impôt controversé, le gouvernement espérait calmer les esprits, mais sans doute échauffés par tant de promesses non-tenues, les émeutiers bretons ont tout de même tenus à détruire cinq de ces portiques tant honnis… et pour bien faire comprendre au gouvernement leur détermination, ont détruit les radars-rackets qui polluaient leurs routes : 48 au total pour cette seule région auxquels on peut ajouter ceux, incendiés, à Lacanau (Gironde), Sainte-Colombe-en-Bruilhois (Lot-et-Garonne) et Habas (Landes).
    « L’ensemble de ces dégradations représentent une facture pour l’État de plusieurs millions d’euros. Le coût moyen d’un radar est en effet de 30 000 euros », nous apprend TF1.

    Toucher ainsi l’État au portefeuille, c’est finalement lui rendre la pareille… à en croire Philippe Vénère, professeur de droit à l’université Paris-VIII, mais surtout ancien commissaire divisionnaire qui considère avoir été « placardisé » de 1992 à 1996 au tribunal de police de Paris, à traiter… les réclamations des conducteurs !

    Philippe Randa  la suite

  • À ceux qui critiquent le programme économique du FN…

    Avant l’euro, la France avait un solde commercial positif ; depuis l’instauration de l’euro, son solde commercial est très déficitaire.

    Il y a un bien joli tir de barrage en ce moment contre les prétendues « dérives marxisantes ou collectivistes » du FN. Le parti aurait tout faux sur le plan économique (il est vrai que c’est de plus en plus difficile de l’attaquer sur ses autres points…).

    Faux amis ou vrais adversaires, c’est la même rengaine : il faudrait condamner globalement les propositions du FN/RBM, qu’elles soient trop ou pas assez libérales – parfois même les deux, pensent certains.

    Pourtant, le constat dressé par Marine Le Pen sur l’euro est difficilement niable. La zone euro est instable et sous soins palliatifs : beaucoup de perdants et peu de gagnants. Cette « copropriété » ne tient plus que grâce à la volonté et les décisions monétaires d’un ancien employé de Goldman Sachs, expert en manipulation de comptes publics.

    Bruno Lemaire  Lire la suite...

  • Pour les agriculteurs, les manifestations de jeudi matin en Île-de-France ont été un succès

    PARIS (NOVOpress via Kiosque courtois) - On a compté, dès le petit matin, une douzaine de points de blocage et de barrages filtrants sur les accès autoroutiers et les nationales, notamment à l’ouest de Paris, et quelques convois de tracteurs sur les autoroutes. Lors de cette « Foll Journée », les agriculteurs ont surtout dénoncé le « matraquage fiscal » dont ils sont les victimes et l’excès de réglementations parfois contradictoires.

    A voir la taille des tracteurs, on peut se demander si ce sont seulement les « gros » qui ont manifesté.

    Pour un œil averti, la question n’est pas anecdotique ! En effet, les tracteurs vus sur les routes étaient loin de tous avoir le format des énormes machines des sous-traitants auxquels les céréaliers font souvent appel. Les médias du système, cherchant à semer la zizanie, ont insisté sur le fait que les manifestants étaient de « gros céréaliers » qui refusaient le rééquilibrage de la nouvelle Politique agricole commune (PAC) en faveur de l’élevage. Une analyse marxiste un peu simpliste.

    C’est oublier que l’Île-de-France compte aussi de nombreuses exploitations maraîchères mises en difficulté par la hausse des charges.

    Une mobilisation des agriculteurs de «tout le bassin parisien» est prévue le 29 novembre.

    http://fr.novopress.info/146134/pour-les-agriculteurs-les-manifestations-de-jeudi-matin-en-ile-de-france-ont-ete-un-succes/#more-146134

  • [Éditorial] NOUS SOMMES TOUS DES BONNETS ROUGES

    Quo non descendet ? Jusqu’où ne descendra-t-il pas ? Alors que Louis XIV avait puni l’orgueil démesuré de son mauvais serviteur Fouquet, qui, pour son malheur, avait pris au mot la devise inscrite sur son blason — Quo non ascendet ? [1] —, c’est manifestement pour des raisons inverses que le peuple français veut punir François Hollande, président par défaut, dont l’incapacité à se hisser à la hauteur de sa fonction est devenue, comme on dit pudiquement, LE problème.

    Quelle gifle, tout de même ! Même l’ex-édile de Nantes fait mieux dans les sondages que l’ex-conseiller général de Corrèze. Décidément, les institutions de la Ve république ne sont plus ce qu’elles étaient : le premier ministre ne sert même plus de fusible au locataire de l’Elysée et chacun sent bien qu’un remaniement ministériel ne serait qu’un cautère sur une jambe de bois. De même l’annonce, ce mardi 19 novembre, par Ayrault, d’un grand débat fiscal a-t-il quelque chose de pitoyable, le moment étant trop bien choisi : il est si facile, en effet, de tenter de calmer la fronde populaire qui s’amplifie dans le pays par une annonce qui ne mange pas de pain, puisque ce débat sera évidemment sans effet sur un budget en fin d’examen parlementaire et donc sur la feuille d’impôts de l’année prochaine. Au mieux — souvenir d’une promesse électorale qui sent désormais le rance — pourrait-il produire des effets en 2015. Mais on sait déjà que, les règles européennes demeurant inchangées et les œillères socialistes identiques, la pression fiscale ne saurait baisser.

    2015 : cela paraît bien loin. Il y a, auparavant, les élections municipales, européennes et sénatoriales de 2014 : le pays légal ne pense qu’à ça, les uns espérant limiter la casse, les autres recueillir les fruits de leur opposition et refermer le plus tôt possible la parenthèse socialiste, voire la parenthèse Hollande — mais Sarkozy est bien resté cinq ans. Encore faut-il convaincre les Français qu’on est prêt. Or un autre sondage récent indique que, pour la majorité de nos compatriotes, la droite — UMP et FN réunis — ne ferait pas mieux que la gauche. Si tel est le cas, le peuple français n’a plus le choix qu’entre la résignation suicidaire ou la révolte.

    Il semble que les éléments les plus actifs de la population aient choisi la seconde : petits patrons, salariés, paysans, artisans, commerçants commencent à rejoindre une protestation née en Bretagne mais qui perd peu à peu son caractère local et historique pour devenir nationale. Les bonnets rouges essaiment dans toute la France, sans rencontrer aucune hostilité au sein de la population. Comme souvent, les plus actifs servent de porte-voix à ceux qui n’ont pas la possibilité de se joindre à eux. Cela avait été le cas lors des longues grèves de 1995. Telle est aujourd’hui la fonction des bonnets rouges, qui n’appartiennent à personne, notamment pas au maire divers gauche de Carhaix, Christian Troadec, qui, dépassé par le mouvement, a dénoncé, dans les cris spontanés de la foule le 11 novembre dernier sur le passage du président normal rentrant à l’Elysée, une indécente récupération du mouvement par l’horrifique extrême droite. Les grosses ficelles peuvent-elles encore servir ? Et suffit-il à ce membre de la majorité, complaisamment rejoint par les media, de cracher sur les patriotes pour les discréditer ? Les interpellations arbitraires qui les ont frappés, pour certains avant même le début de la cérémonie, pour le simple port, devenu illégal ?, d’un bonnet rouge — il était de même devenu illégal au printemps dernier de porter un vêtement de La Manif Pour Tous —, en dit long surtout sur la dérive autoritaire, voire l’arbitraire d’un système qui cherche à retarder au maximum le tournant historique qui se dessine. Parmi les patriotes interpellés, est-il besoin de souligner qu’il y a de nombreux militants d’Action française, dont trois attendent leur procès... pour des motifs imaginaires ?

    Nous parlons de système parce que ce sont le pays légal dans toutes ses composantes, les représentants visibles de l’oligarchie apatride et les media, dont la servilité a décuplé par rapport au temps qu’on croyait révolu de l’ORTF, que vise une colère que le pouvoir et ses chiens de garde, devenus autistes, cherchent à calmer en traitant les Français globalement de ...racistes ! Diversion, que la prétendue montée du racisme dans un pays autrement préoccupé par la désindustrialisation, le chômage, la pauvreté galopante, l’insécurité et l’immigration ? Bien sûr, mais, comme dans le cas du mariage homosexuel, cette diversion en dit long sur ceux qui y recourent tout en représentant par elle-même un danger pour la cohésion sociale. C’est pourquoi il convient de la combattre avec la même énergie. On ne doit avoir de cesse — et l’Action française qui a toujours vu dans le racisme, à l’instar de Maurras, son plus vieil ennemi intellectuel, n’a en la matière de leçon à recevoir de personne — de dénoncer l’imposture d’un antiracisme qui vise à affaiblir la cohésion d’un peuple en diabolisant tout refus du multiculturalisme ou toute dénonciation du grand remplacement voulu par l’oligarchie. Et qui, surtout, en insultant les Français dans leur ensemble, vise à les discréditer à leurs propres yeux. Mais le pays réel n’est plus dupe et les sondages les plus catastrophiques pour le pouvoir ont suivi cette nauséabonde tentative de diversion.

    Enfermé dans leur bunker idéologique qui les coupe des sentiments réels de la population, pensant pouvoir encore déplacer des divisions devenues inexistantes — celles d’un soutien populaire à un régime décrédibilisé —, nos élites ont-elles mesuré l’ampleur de leur rejet par les Français ? Que nos « responsables » le deviennent enfin en lisant les rapports préfectoraux : ils se prépareront d’autant mieux à nous rendre prochainement des comptes sur des décennies de mensonges ...et de profits. L’état actuel du pays est de leur fait. Si nous sommes tous des « bonnets rouges », c’est parce que ce mouvement a transcendé, dès le départ, les divisions sociales et que la contestation fiscale s’ouvre progressivement sur une véritable prise de conscience par les forces vives du pays réel de l’impasse dans laquelle nous conduit le régime. L’avenir prochain dira si ce mouvement n’aura été qu’un signe avant-coureur ou l’acte premier de la révolte nécessaire.

    François Marcilhac - L’AF 2874

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Editorial-NOUS-SOMMES-TOUS-DES

  • Vers le centenaire de la Première hécatombe mondialiste du Capital conquérant : de la commémoration mensongère à la manipulation spectacliste...

    Texte rédigé par Francis Cousin, auteur de L'être contre l'avoir

    Août 1914-Novembre 1918:
    Consécration sanglante de la première boucherie capitaliste mondiale !

    Novembre 2013-Août 2014:
    Dé-voilement accompli du chaos spectaculaire de la dictature démocratique de la marchandise !


     « La Commune ne fut pas une révolution contre une forme quelconque de pouvoir d'État, légitime, constitutionnelle, républicaine ou impériale...Elle fut une révolution contre l'État comme tel, contre cet avorton monstrueux de la société ». Marx, Adresse sur la Commune, 1871

    « La guerre mondiale a placé la société devant l'alternative suivante : ou bien maintien du capitalisme, avec de nouvelles guerres et un rapide effondrement dans le chaos et l'anarchie ou bien abolition de l'exploitation capitaliste ». Rosa Luxemburg, Que Veut la Ligue Spartakiste ?

    Lorsque François Hollande simple VRP OTANISTE de la province hexagonale du gouvernement du spectacle mondial déclare depuis l'Elysée au début novembre 2013 que « cent ans plus tard, il nous revient d'aborder dans un esprit de réconciliation cette douloureuse question des fusillés », il convient de se souvenir, d'une part, que les sectes gouvernementalistes de la gauche du Capital ont, depuis les journées de juin 1848, toujours été à la pointe des massacres de l'ouvrier séditieux et, d'autre part, que c'est bien Albert Thomas, ministre socialiste de l'armement en 1916-1917, qui fut le grand organisateur de l'exploitation ouvrière en temps de guerre pendant que les Sembat, Blum et Cachin ne cessaient de promouvoir le théâtre d'intérêts de la "défense nationale" du négoce à tous crins.

    Quand le locataire de l'Elysée, simple marionnette pitoyable de la machination financière circulante, semble regretter que les perturbateurs et les mutins d'hier aient pu être fusillés alors que cela eut lieu avec la bénédiction de la nomenklatura ministérielle socialiste d'alors, celui-ci fait simplement acte de dénégation pathologique en ce sens qu'il fait là mine de récuser le passé pour mieux préparer et justifier le demain convulsif en ce moment ultra-crisique qui approche et où assurément et comme d'habitude les forces du progrès du dressage civilisationnel s'essayeront à passer par les armes les hommes récalcitrants et indisciplinables.

    Dans les années qui précédèrent le déclenchement de la Première Guerre mondiale de la marchandise totalitaire, Rosa Luxemburg multiplia les activités critiques et les participations radicales à de multiples débats publics, en un temps où les fractures fondamentales de l'histoire contemporaine étaient en train d'ostensiblement prouver que les représentants les plus officiels de la social-démocratie, du syndicalisme et de l'anarchisme se préparaient à participer au grand embrigadement militariste des duplicités affairistes de l'été 1914.

    La publication de L'Accumulation du capital en 1913, prolongeant efficacement Réforme sociale ou révolution paru en 1899, provoqua des polémiques virulentes et permit ainsi de désigner ouvertement les endroits précis où résidaient les pires fusilleurs à venir du prolétariat, c'est à dire les professionnels de la défense réformiste de la condition salariale éternelle. La théorie de l'écroulement inévitable du capitalisme défendue par Rosa Luxemburg fit l'objet d'anathèmes virulents de la part de toutes les boutiques perpétuatrices de la misère prolétaire pendant que les courants maximalistes de l'émancipation humaine saluaient, eux, au contraire en Rosa Luxemburg l'une des interprètes les plus compétentes et les plus robustes de la Critique de l'économie politique positionnée par Marx pour l'émergence d'un monde sans argent ni Etat.

    A l'été 1914, la gauche du Capital ayant très rapidement fait tomber les masques de sa tartuferie, rejoignit évidemment massivement le camp de l'orgie guerrière et l'illusion du syndicalisme révolutionnaire s'évanouit, elle, promptement lorsque la CGT rallia officiellement l'Union sacrée du marché national de la sur-vie obligatoire. Ainsi de Maurras à Guesde en passant par Kropotkine, toute la matrice du développement aliénatoire en la totalité de ses cénacles domesticatoires appela les prolétaires du monde à aller périr la fleur au fusil sur les champs de bataille où allaient enfin pouvoir pleinement s'exalter les orages d'acier du feu commercial.

    A contre-courant du grand abêtissement fiévreux qui s'empara des vastes foules happées par la liberté moderne du droit à la tyrannie civile et militaire du suffrage universel du rendement, quelques groupes et personnalités rares en marge de tous les rackets politiques des divers arrangements du trafic et du change, autour de Malatesta, Nieuwenhuis et Liebknecht, entreprirent d'élaborer des lieux de résistance au pouvoir de plus en plus absolu du cosmopolitisme de la marchandise. C'est pourquoi Scheidemann premier chancelier de la République de Weimar et membre émérite du parti socialiste tout comme Ebert premier président du Reich ainsi que Gustav Noske ministre de la Guerre, purent réprimer intensivement la Commune de Berlin et lâcher les corps francs sur les émeutiers ouvriers qui furent ainsi massacrés en même temps que Rosa Luxemburg était, elle, exécutée en janvier 1919 sur claire décision réfléchie du parti socialiste du Capital.

    De la sorte, Rosa Luxemburg qui fut l'une des premières expressions critiques en temps réel de ce qui deviendrait la démence policière du capitalisme d'Etat bolchévique fut assassinée par les représentants expérimentés de la mollesse social-démocratique et quelques temps après, en mars 1921, c'est l'appareil capitaliste de l'étatisme léniniste, version simplement durcie du social-démocratisme, qui s'empressa de noyer dans le sang la Commune de Kronstadt. Le cycle du mensonge et du meurtre capitaliste était là significativement consommé dans cet opéra mythologique du triomphe de la fausse conscience où toutes les fractions de la gauche et de l'extrême gauche du Capital se prouvèrent toujours être le laboratoire de recherche de la marchandise destiné à ouvrir la voie à toutes les fourberies et répressions les plus vicieuses de la liberté despotique du profit.

    La grande immolation de 1914-1918, c'est d'abord 8 millions et demi de Français mobilisés, des millions de blessés et 1.400.000 tués sur l'autel des nécessités du profit. La manœuvre gouvernementale du spectacle hollandiste est simple, il s'agit de dénaturer la matérialité des faits afin de servir l'idéologie du mondialisme de la circulation marchande. D'abord, en jumelant le 70e anniversaire de 1944 et le 100e anniversaire de 1914 pour permettre à l'événement totémique le plus récent d'enclore légendairement le plus ancien tout en répétant jusqu'à plus soif la grand-messe du tabou antifasciste, paravent des obligations récitatives du despotisme du politiquement correct de toutes les servitudes et égorgements contemporains. Ensuite, en polarisant les commémorations sur le rôle des troupes coloniales, fonction relative lors du débarquement de Provence en 1944 (le nombre de tués Maghrébins des armées de la libération capitaliste entre 1943 et 1945 atteignit 18 300 et le nombre de tués parmi les Pieds-Noirs fut de 12 000 avec, en pourcentage, un taux de 10% pour les Pieds-Noirs et de 6% pour les Maghrébins) mais très marginale de 1914 à 1918 (5% des tués, soit un mort sur 20).

    Lorsque les gangs étatiques de la vie mutilée mettent en scène la commémoreration du centenaire de 1914, il va de soi que leur objet essentiel est d'occulter cette réalité fondamentale que les combattants de 1914, prolétaires des villes et des campagnes de la gauloiserie réfractaire en ses multiples souches de terre récalcitrante ; bretonnes et provençales, auvergnates et corses, champenoises et tourangelles, basques et périgourdines, languedociennes et savoyardes, normandes et picardes... ont délibérément été sacrifiées industriellement pour que l'argent continue à rapporter par le biais de la nécessaire disparition brutale du trop plein de marchandises meubles et humaines et du même coup par l'abattage de ce surcroit d'énergie ouvrière insubordonné qui avait tant insupporté la Troisième République maçonnique des droits de l'homme possédant.

    Que Clemenceau, ait pu à la fois porter les surnoms de briseur de grèves et de Père la Victoire en dit long sur les amours incestueuses entre la guerre sociale et la guerre tout court et sur la manière toute particulière dont la pensée critique a un devoir de réflexion insurrectionnaire sur cette génération décimée de 1914.


    Ne laissons pas détourner ou enfouir le populicide du premier charnier impérialiste et refusons en premièrement le mémoricide. Les monuments aux morts des villes et villages les plus reculés viennent nous raconter la tragédie de tous ces prolétaires sacrifiés et ainsi jetés dans les batailles les plus sanguinaires de la valorisation capitaliste. Nous avons des devoirs pratiques et théoriques de lutte de classe à l'égard des prolétaires de 1914 : devoir de dénoncer la grande réécriture des événements; devoir de combattre le grand lessivage de la réalité historique ; devoir de refuser le grand changement démographique qui commença d'ailleurs comme par hasard au temps du premier flic de France tandis que confronté à la grève qui fit suite aux centaines de morts de la catastrophe de Courrières, les compagnies minières afin de limiter la force du mouvement social, donnaient les premiers coups de départ de l'immigration kabyle dans le Nord-Pas-de-Calais.

    En un cercle historique de près d'un siècle, le fétichisme historique de la marchandise qui dé-figure systématiquement l'histoire du vrai pour lui substituer partout le monde du réel inverti n'a pas cessé de poursuivre sa route pour persuader les êtres que leur seul avenir possible se nommait travail de l'avoir et qu'il n'y avait d'autre horizon que celui du paraître dans la société fétide du calcul, du décor et de l'échange.

    L'objectif essentiel du spectacle de la domination capitaliste est d'anéantir toute compréhension de ce qui fait l'être de l'histoire vivante de telle sorte que la dictature démocratique du marché puisse organiser avec magnificence la totale ignorance de tout ce qui ad-vient par la falsification complète de la totalité de ce qui s'est passé.

    Des millions de prolétaires de tous les pays d'Europe ont été exterminés entre 1914 et 1918 pour permettre au despotisme mondial de l'économie de résorber sa sur-production par un repartage militaire des marchés autorisant ainsi le nouveau monde américain du fétichisme financier à commencer à s'emparer d'une vieille Europe saignée à blanc.

    L'union-sacrée charognarde de toutes les factions politiques de la droite et de la gauche des échanges a ainsi clairement prouvé – par delà et contre les quelques groupes ouvriers radicaux qui refusèrent la grande tuerie impérialiste – que l'Etat est toujours le lieu central de l'esclavage et du mensonge et que les cimetières militaires de la guerre ne sont que la sordide continuation logique des usines salariales de la paix...

    Le mouvement ouvrier révolutionnaire fut détruit par l'action conjuguée du capitalisme bolchévique et de la domination enfin totalement pleinement réalisée de la souveraineté marchande, le premier étant l'expression encore archaïque de la fusion étatico-financière que la modernité économique de la seconde a enfin aujourd'hui entièrement accomplie comme aboutissement le plus spectaculaire du pouvoir absolu de l'argent.

    Le règne autocratique du marché démocratique du vendable omni-présent est la forme supérieure de la dictature puisque c'est la dictée insidieuse qui va au plus profond de l'intime en supprimant absolument tout ce qui n'est pas conforme aux intérêts de la criminologie organisée de l'usurpation chosifiante et de la mise en forme planétaire de l'ignorance et de l'idiotie qui la justifient.

    La science des légitimations de l'in-authentique pratiquée à profusion par le gouvernement du spectacle mondial de la marchandise implique un illusionnisme de masse, une manipulation permanente et une falsification obscurantiste forcenée qui font de la démocratie le diktat le plus impeccable du totalitarisme de la quantité, de l'impuissance et du contre-sens.

    La gauche du capital a toujours été ici le centre actif des ravages du déploiement social capitaliste. Souplesse social-démocratique et rigidité bolchévique correspondaient chacune antagoniquement mais complémentairement dans leurs sphères de nuisance respective aux conditions contre-révolutionnaires du développement vers la domination réalisée de la tyrannie de la valeur. Le mouvement ouvrier cadenacé politico-syndicalement fut ainsi l'expression de la mystification généralisée de la valeur se valorisant vers l'apogée de la raison pratique marchande.

    Toutes les organisations de gauche et leurs sous-fifres gauchistes (trotskistes, maoïstes et libertaires) qui constituent, de fait, l'extrême gauche de l'appareil idéologique et politique du capital n'ont jamais servi qu'à contenir, torpiller et détourner les luttes ouvrières. Dès lors, le mouvement ouvrier politico-syndical n'est rien d'autre que le conducteur réel du mouvement de perpétuation des prolétaires en tant que prolétaires, c'est à dire en tant que servile catégorie aliénée de l'économie politique.

    Ainsi, la gauche constitue la force d'encadrement et de discipline de la classe ouvrière qui permet que dans le couple travail-capital, ce soit l'activité domestiquée du travail qui se trouve finalement la plus active et qui, par la prison réformiste des duperies de la revendication, fasse sans cesse se reproduire son ennemi inséparable ; le Capital.

    La gauche représentante du mouvement moderniste du Capital est ainsi l'avant-garde de la droite. La première trace pour la seconde les chemins les plus novateurs de la socialisation aliénatoire et aujourd'hui – dans la fusion idolâtre de l'économie et de la politique, les mafias de gauche et de droite ont fini par professionnellement se fondre et se confondre dans un magma excrémentiel fraternel tout entier soumis aux impératifs du gouvernement du spectacle mondialiste.

    Conformément à la place qui lui revenait dans la mise en scène des rapports de production de la servitude, l'union sacrée de 1914 ( reconduite de façon encore plus paranoïaque en 1939 puis en 1944!) permit de faire marcher le prolétariat européen tout droit à l'hécatombe afin qu'il se fasse massacrer avec enthousiasme pour résoudre la crise de sur-production d'alors et relever ainsi le taux de plus-value.

    Les crapules politiques de droite et leurs confrères, canailles de gauche, tous ensemble et en parfaits chiens de garde de la misère marchande organisèrent ainsi la mort de millions d'êtres humains, chair à travail cérémonieusement reconvertie en chair à canon...

    Et lorsqu'à la fin de cette guerre interminable qui allait consacrer le futur royaume du dollar, surgirent dans de nombreux pays d'Europe, des conseils ouvriers qui remirent en cause la marchandisation de l'humain, c'est bien entendu le Parti Social-Démocrate (liquidant les communards d'Allemagne !) et le Parti bolchévique (décimant les communards de Russie !) qui procédèrent au nettoyage capitaliste indispensable en planifiant de conserve l'exubérance sanguinaire par laquelle furent éliminés des millions d'insurgés de la vie...

    Et pendant des décennies, les héritiers de Lénine, passionnés de fordisme et bénis par les oligarques de Wall Street, ne cessèrent de tuer de mort lente ou de mort rapide des millions de prolétaires, simple matériel tragique pour l'accumulation capitaliste d'Etat.

    Le maintien de l'ordre capitaliste de l'abondance du faux, ayant régulièrement besoin pour aménager le territoire de ses crises de surproduction, d'enclencher de nouvelles redistributions des marchés, il était inévitable qu'un deuxième abattoir mondial fasse suite au premier. Le mouvement d'innovation technologique du bourrage de crâne allait donc faire là des prodiges jusqu'à rendre impossible toute pensée critique au-delà de quelques trop rares catacombes.

    Les experts universitaires et médiatiques de la falsification spectaculaire nous enseignent chaque jour que les seules paroles autorisées sont celles qui reproduisent et confirment le dire insipide de la tyrannie marchande.
    Le terrorisme d'Etat est aujourd'hui le pôle de recherches et d'intoxication stratégique le plus perfectionné du gouvernement du spectacle mondial. L'empire américain qui a gagné la deuxième tuerie mondiale résume là désormais parfaitement la décomposition et les contradictions sociales de la planète en son entier. Ayant asservi l'Europe et le Japon à sa sphère de commandement géo-politique, la Maison Blanche ne peut désormais tenter de neutraliser irrémédiablement leurs potentiels économiques que par la manipulation monétaire, l'infiltration secrète et la terreur de masse sous fausse bannière.

    A mesure que la crise financière du capital fictif, va révéler explosivement l'impossible rencontre entre l'illimité besoin du développement de la marchandise et l'incontournable limite des solvabilités réelles, l'empire du billet vert dont le déclin est dorénavant amplement établi, sera amené – pour essayer de préserver son hégémonie - à engager – dans tous les espaces de sa territorialité matérielle et symbolique - de vastes coups montés terroristes dont le 11 septembre n'était qu'un simple coup d'essai. Sur ce terrain, il a été possible dernièrement de voir apparaître de multiples manœuvres, magouilles et tripotages qui, grands ou plus petits, sont venus ici et ailleurs nous construire jusqu'en en France d'extra-ordinaires cinématographies comme celles notamment de l'incroyable et déconcertante affaire Merah puis celle tout aussi effarante et ténébreuse des deux Journalistes tués au Mali par Al-Qaïda au Maghreb islamique, fruit étatique souterrain des innombrables barbouzeries franco-algériennes...

    La deuxième mandature d'Obama à la Maison Blanche, après une première de totale insanité visible arraisonnée à tous les dicktats de la marchandise totalitaire et avec toute la notoriété de spectacle iconologique mise en scène vient dire ici qu'à bout de souffle, les mécanismes de légitimation de l'absolutisme du spécieux n'ont plus désormais pour seule plaidoyer envisageable que les mythologies pourtant de plus en plus essoufflées de la société dite métissée.

    Dorénavant, à l'heure où l'ordre américain vient tout à fait publiquement racoler dans les banlieues françaises pour organiser des voyages trans-atlantiques d'embrigadement culturel pour les leaders des quartiers positivement discriminés, le rêve yankee de la diversité capitaliste apparaît bien comme le pire opium du temps présent. L'actuelle domination spectaculaire achevée du hors sol de la marchandise omnipotente nous faisant résolument abêtis américains, il est naturellement légitime que nous ne cessions donc de nous enfoncer toujours davantage dans tous les déplorables dérangements propres à l'abjection du système des objets développé si schizophréniquement aux USA, de la drogue à la Mafia, du fast-food à la prolifération névrotique de tous les tribalismes et extravagances religieuses.

    La riche expression fallacieuse de « diversités culturelles » vient exprimer qu'il n'existe plus désormais en fait aucune autre culture autorisée que celle de la consommation autiste des échanges narcissiques du débilisme marchand totalement universalisé. La diffusion du spectacle des rituels de la réussite quantitative par le pouvoir de l'argent ne peut qu'uniformiser les spectateurs dans une égalisation planétaire de la soumission à la chosification. De la sorte, dans le spectacle psychotique de la réification mondialiste, la société de classes montre ostensiblement et très systématiquement qu'elle entend éliminer l'histoire. Et quoi donc de plus normal pour ce faire que la présence de tant d'immigrés dans l'hémisphère nord parce que la lutte des classes extrémiste qui y a existé pendant des siècles doit justement en dis-paraître.

    L'empire central du chaos de la pourriture capitaliste en ses progrès les plus ignobles dès lors qu'il est dirigé par un noir de théâtre obamique et loué par un supplétif hollandiste se voit ainsi transmuté oniriquement en un idéal suprême pour tous les domestiques du spectacle de l'artifice et de la farce. Obama, créature de commande de la finance mondialiste, s'est donc immédiatement empressé pour son second mandat, de promettre à ses créateurs qu'il ferait bien (encore et encore !) du Bush en pire et en plus grand afin que l'emprise américano-israélienne sur le monde aille avec lui encore toujours plus loin qu'avec son prédécesseur.

    Pendant ce temps, la classe capitaliste œuvre en Europe, pour déprécier de manière forcenée le coût du travail, en tentant d'annihiler l'inconscient collectif des restes de l'héritage communard...Elle transfert donc les entreprises ailleurs et elle dé-localise aussi et d'abord sur place ici en recourant massivement à l'armée industrielle de réserve analysée très pertinemment par Marx évoquant ainsi lumineusement le processus de transfert qui voit un « Yankee remplacé par trois Chinois... »

    Cette armée de réserve colorée, valeur suprême échangiste des rêves mélangistes du monde de la valeur, permet là une manœuvre décisive car les nouvelles populations entrantes sont par définition issues de temporalités non-critiques structurées autour d'une vision historique fermée. Il est donc relativement facile de les intégrer à la liberté du commerce de l'aliénation généralisée puisque l'immobilité de leur relation au monde trouve son répondant moderne dans le culte de l'apathie marchande et dans la passivité de l'enfermement consommatoire, unifiés dans un nouveau temps arrêté par l'éternel présent du fétichisme appropriateur.

    Quoi donc de plus normal qu'Obama, prix Nobel exceptionnel du spectacle de l'avoir et grand maton des mouroirs de Guantánamo, Gaza, Kaboul et Bagdad, nous explique applaudi par son vassal élyséen que le capitalisme de couleur est l'avenir du monde. Ils verrouillent de la sorte la serrure des leurres et mauvais tours hégémoniques du diktat mercantile et sont là la coqueluche persistante de tous les laquais du FMI, de l'OMC et du MEDEF puisque la régularisation des sans-papiers et l'africanisation de l'Europe offrent à la classe capitaliste ce grand remplacement de soumission à bon marché dont celle-ci a besoin à mesure qu'elle entend se débarrasser des vieilles contestations et insurrections ouvrières européennes qu'elle entend surtout ne jamais voir renaître...

    La boucherie de 14-18 a liquidé physiquement des millions de prolétaires pour que persiste le cycle d'abomination de l'exploitation humaine. L'idéologie immigrationniste persévérante à l'image d'un capitalisme américain de plus en plus déliquescent et de plus en plus toxique - en tant que stade supérieur d'élimination de la critique ouvrière radicale - entend éradiquer la possibilité même que cette exploitation soit contestée puisqu'au saint nom idéologique de l'économie politique multi-culturelle de la résignation, la liturgie anti-raciste interdit que l'on puisse critiquer les substitutions industrielles de population qu'échafaude la Sainte-Alliance du Capital pour faire disparaître le vieil esprit des traditions subversives européennes...

    L'anti-fascisme fut le cœur de la religion capitaliste du XX° siècle quand la domination en voie de pleine réalisation de la loi de la valeur rendit nécessaire à la fois de supprimer les formations sociales désuètes au regard des besoins de la pure dictature démocratique de l'argent et d'écraser les manifestations prolétaires les plus extrémistes comme celles des barricadiers impénitents de la Catalogne insoumise en 1937.

    L'anti-racisme est, lui, le centre de la religion capitaliste du XXI° siècle dés lors que la domination pleinement réalisée de la loi de la valeur commande de faire à la fois migrer la radicalité du prolétariat hors de sa propre histoire et de substituer aux banlieues ouvrières de la marchandise méprisée les quartiers bigarrés de la thune vénérée.

    A l'heure où la mystique marchande s'est cristallisée dans le projet mondialiste obligatoire du salariat pluri-éthnique et de la jouissance par le magot, l'heure est bien à la mort programmée de l'ouvrier européen archaïque qui, lui et lui seul, a su dire massivement en sa longue histoire de lutte de classes radicale que la vraie vie n'a pas de prix et qu'il convient – pour re-trouver l'être vrai de l'humain – de balayer révolutionnairement l'assujettissement au salariat et à l'argent.

    Dés lors, en refus de la société marchande qui est toujours déshumanisation de l'homme et contre l'Etat, qui n'est partout et rien d'autre que le capital concentré en force d'oppression et de domination, il faut redire l'invariance subversive de ce qui permet l'émancipation humaine : l'émergence du vrai vivre de la communauté anti-marchande.

    Ainsi, comme on l'observe, et comme on l'a continuellement vu et revu et malgré les secondaires et grotesques conflits de chapelle, lorsqu'il il s'agit d'embrigader les prolétaires dans la mobilisation générale, les préparatifs de guerre, l'union sacrée idéologique ou militaire, les gauchistes comme tous les bolchéviques et les sociaux-démocrates se rejoignent en rigoureux serviteurs de la dictature démocratique du marché. Ils sont tous d'accord pour faire participer le prolétariat à la guerre impérialiste, à ses préparatifs et à ses pièges. Les uns dénoncent les autres, les autres dénoncent les uns, mais en réalité ils se retrouvent tous du côté... de l'artifice anti-raciste de l'actuelle guerre du Capital menée contre le prolétariat...

    En 1914-1918, c'est dans les tranchées que l'économie de la captivité alla écraser militairement le mouvement prolétarien combattant pour aller ensuite récidiver en plus grand et en plus fort à partir de l'an quarante, dans les bombardements stratégiques de l'incommensurable industrie démocratique de la mort pour tous... En 2013-2014, c'est le diktat de la charte capitaliste de la diversité qui exile le prolétariat indigène des vieilles combativités ancestrales hors de sa propre histoire pour qu'un nouveau salariat de bonne couleur et d'allégeance assurée vienne faire fructifier les grandes surfaces normalisées de la bêtise marchande.

    Contre la catastrophe capitaliste accélérée qui s'annonce, il convient d'agir exclusivement de manière organisée et consciente en comprenant que les polices de l'antiracisme d'Etat n'ont pour seul objet que de permettre le remplacement des grèves sauvages de jadis par l'immigration de marchandises humaines purement consommatoires.

    Si la colère ouvrière des usines quand elle déborde les chiens de gardes syndicaux fait trembler l'autocratie capitaliste, les troubles pro-marchands des banlieues rappellent toujours qu'il existe une profonde et allègre solidarité entre les appropriateurs glauques des bas-fonds et les hauts-fonds distingués du propriétarisme.

    Le sidérurgiste lorrain qui en mars 1979 brisait les vitrines boutiquières du Paris grand-commerçant en hurlant sa haine de la marchandise représente l'ennemi absolu du pouvoir de l'argent et c'est pourquoi ce dernier déteste celui-là alors même qu'il vénère le casseur black-beur ahuri du 9-3 qui fait de chacun de ses fric-fracs un hymne à l'idolâtrie du fric et du trafic.

    L'allogène marchandise humaine venue du Sud ou de l'Orient, façonnée par les temporalités stationnaires issues du despotisme oriental, n'a pour seul et pauvre dessein que de venir participer d'une manière ou d'une autre à la jubilation marchande des avidités spectaculaires du posséder et c'est la raison intéressée pour laquelle le système de l'acquérir l'adule pendant qu'il a en horreur le glaiseux et anachronique prolétaire de l'avant qui quand il s'emporte sait – et lui seul – conchier la pestilence des corruptions marchandes.

    L'anti-racisme totalitaire de la marchandise est là le pire produit du racisme car il vient essentiellement décréter que la lutte des classes doit être interdite lorsqu'elle ose incarner le maximalisme communard des prolétaires de l'histoire subversive européenne qui sont donc là condamnés à devoir sortir de la réalité puisque c'est seulement eux qui – depuis des siècles de combat et d'insurrection – ont clairement ciblé l'essence de la société du falsifiant spectaculaire. Mais par bonheur, cette gigantesque colère dé-sobéissante qui re-commence à monter risque de faire peut-être sentir dans peu, « ...nom de Dieu, Qu'la Commune n'est pas morte » !

    L'immigrationnisme n'est rien d'autre que le stade suprême de la libre circulation impérialiste de la marchandise !

    NON AU CARNAVAL DOMESTICATOIRE DES GRANDES GALERIES ALIENATOIRES DU METISSAGE MARCHAND !

    A BAS LA GUERRE ET A BAS LA PAIX, CES DEUX FACES COMPLEMENTAIRES DE L'ABJECTION CAPITALISTE !

    A BAS TOUTES LES UNIONS SACREES DU CAPITAL !

    L'Internationale, (novembre 2013- Août 2014)

    http://www.scriptoblog.com/index.php/Contacts/blog/actu-site-et-amis-du-site/1170-vers-le-centenaire-de-la-premiere-hecatombe-mondialiste-du-capital-conquerant-de-la-commemoration-mensongere-a-la-manipulation-spectacliste