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élections - Page 687

  • Le clivage droite/gauche devrait voler en éclat

    Pour Eric Zemmour, le 1er tour des élections municipales est un succès pour le Front National :

    "Les municipales en France, depuis l'après-guerre, sont la matrice annonciatrice de ce qui va arriver ensuite: en 1947, c'est le RPF du général de Gaulle, en 1977 c'est le PS de Mitterrand et en 1983 ce sont les jeunes pousses de la chiraquie qui montent sur le devant de la scène.

    Si ce score aux municipales se confirme par une deuxième lame de fond aux européennes où le Front National ferait plus de 20%, on verra naitre une forme de tripartisme, certes déséquilibré, avec un FN avec peu d'élus, mais avec un très fort potentiel.

    En effet le FN est un parti, qui non seulement s'enracine, mais qui a un fort réservoir de voix. L' abstention, qui n'est plus le fait des pécheurs à la ligne mais qui devient un geste de protestation politique, est un vote frère du FN. Ce sont les jeunes et les classes populaires qui s'abstiennent le plus: l'abstention est la preuve d'une facture entre le peuple et les élites politiques et médiatiques, entre le bas et le haut, qui correspond au discours du FN. Il y a là un réservoir de voix énorme pour Marine Le Pen.

    [...] La IVème République tripartite, c'était la proportionnelle. Dans le scrutin majoritaire à deux tours, le destin du tripartisme, c'est forcèment le bipartisme. A partir du moment où le Front républicainest mort, nous allons vers un tripartisme très fragile, qui finira en bipartisme. Avec le front républicain, le FN n'a aucune chance. Sans le Front républicain -ce qui se passe aujourd'hui- il a des chances de gagner: à Béziers, Ménard va gagner. Et il y aura beaucoup de Béziers. Ça rappelle le schéma des années 1920-1930 en Angleterre où il y avait le vieil affrontement du XIXème siècle entre les Whigs et les Tories et, où, petit à petit à partir de la guerre de 1914, les travaillistes ont pris la place des Whigs, qui sont devenus résiduels dans le paysage politique. La leçon: le tripartisme est impossible dans un scrutin majoritaire. Dès lors nous avons trois hypothèses: soit le bipartisme actuel repousse les assauts du FN, soit l'UMP explose et le FN prend sa place, soir le PS se vide de ses électeurs et le FN prend sa place.

    On arriverait ainsi à un nouveau clivage, qui ne serait plus le clivage droite-gauche, mais une sorte de ligne «Juppé-Valls», libérale et européenne, contre des souverainistes sociaux…

    C'est ce que j'attends depuis 1992, c'est le clivage fondamental entre le oui et le non de Maastricht. Mais il faut rester prudent. La fin du clivage droite-gauche: ça fait 20 ans que j'annonce ça, et je me plante ! Cela peut continuer, mais idéologiquement, géographiquement (métropoles/ périurbains), sociologiquement (classes populaires/ élites) tout indique qu'il devrait voler en éclat."

    Michel Janva

  • Entre le PCD et Nathalie Kosciusko-Morizet, c’est fini !

    La nouvelle est tombée hier soir et a fait l’effet d’une bombe dans les équipes du PCD de Jean-Frédéric Poisson. Dans le XIIème arrondissement, la droite et le centre ont fusionné leurs listes pour augmenter leur chance de l’emporter et c’est ainsi que le nom de Franck Margain a disparu comme l’a annoncé exclusivement Valeurs Actuelles vers 20h. Le dépôt des listes était clôturé à 18h.

    L’ambiance est plutôt bizarre et en porte-à-faux depuis cette annonce. En effet Franck Margain dans un communiqué a annoncé que le dépôt de la nouvelle liste avait été invalidé malgré « la manœuvre peu élégante de Madame Kosciusko-Morizet » et qu’il serait donc bien candidat. Mais la colère ne semble pas tomber. Il faut rappeler que Franck Margain avait été un des candidats lors des primaires  et qu’il avait été fidèle à Nathalie Kosciusko-Morizet après sa victoire. Or cette dernière a agi totalement dans le dos de Franck Margain, qui l’a appris aux derniers moments sans avoir été averti. C’est dire le peu de considération qu’elle a pour le soutien du PCD lors de cette campagne municipale.

    Le PCD est très choqué. D’ailleurs c’est bien ce qu’il ressort du communiqué du président du PCD Jean-Frédéric Poisson qui considère que cette décision est humiliante : «  elle signale une absence totale de respect des personnes, incompatible avec l’exercice normal d’une responsabilité publique ». Du coup le parti a appelé à battre la liste du XIIème de Valérie Montandon et à ne pas soutenir les listes de NKM sur Paris;

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  • Les Français ont le sentiment que le débat politique ne les concerne pas

    Entretien avec Renaud Camus
    Au vu des résultats du premier tour des élections municipales ce dimanche, l’heure est au sauve-qui-peut du côté socialiste. Que devrait faire François Hollande selon vous ?
    Je ne sais pas, et malheureusement ça ne m’intéresse pas beaucoup. Je ne peux pas me mettre à sa place : nos objectifs sont rigoureusement opposés. Tout ce que je vois (mais cela, je le savais déjà avant son élection), c’est que tant qu’il est là, on perd un temps précieux pour le salut de la nation, son indépendance et son identité. La colonisation du territoire national se poursuit et même s’accélère, et non seulement il ne fait rien pour y mettre un terme, lui et son gouvernement y collaborent activement. Peut-être qu’un Manuel Valls Premier ministre ralentirait un peu cette course à l’abîme – je n’y crois guère. Je le vois plutôt comme un virtuel second Sarkozy, aussi inefficace que le premier contre le changement de peuple et de civilisation.
    On parle de « vote sanction » à l’encontre de la politique nationale : vous êtes d’accord ?
    Oui, bien sûr, mais à condition d’inclure, paradoxalement, l’abstention dans le vote sanction ; et d’ailleurs de considérer que l’expression est bien insuffisante. Plus ou moins consciemment, les Français ont le sentiment que le débat politique ne les concerne pas mais aussi, plus gravement encore, qu’il ne concerne pas la France, ni l’Europe, ni notre civilisation
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  • Quand l'UMP fusionne avec des listes de gauche

    Jean-Claude Gaudin, maire UMP sortant de Marseille, a fusionné l'une de ses listes, celle du 2e secteur, avec celle du maire guériniste du Panier, Lisette Narducci (PRG). Cela lui permettra de ravir ce secteur à la gauche. Le leader PS Patrick Mennucci dénonce «des accords de longue date» entre Gaudin et Guérini, une «alliance scélérate» avec un «partage des tâches». Dans ce secteur, le FN a réalisé 16%.

    Jean-Michel Baylet, patron du PRG, assure 

    «désavouer totalement cet accord contre-nature». «Je ne peux accepter que des PRG fusionnent avec l’UMP dont nous ne partageons absolument pas les valeurs. C’est d’autant plus condamnable que ce 2e secteur de Marseille n’est aucunement menacé par le Front national. Ceux qui ont passé cet accord seront sanctionnés par les instances de notre parti».

    Du côté de l'UMP, pas de réaction.

    Même alliance contre-nature à Blagnac (31), avec la fusion de la liste PRG/PS/PC avec celle de l'UMP (3e à 21,82 %) fait des remous (voir les résultats du 1er tour). Ces candidats s'allient contre le maire sortant, de gauche, arrivé en tête avec 37,98 % des voix.

    Michel Janva

  • Une majorité de sympathisants UMP et FN en faveur d'accords locaux

    Atlantico : Selon un sondage exclusif  Ifop pour Atlantico, les sympathisants UMP (55%) et FN (62%) souhaiteraient la mise en place d'accords électoraux aux scrutins locaux. Après une légère baisse de cette volonté de rapprochement chez les sympathisants UMP depuis la présidentielle de mai 2012, ce chiffre repart à la hausse en mars 2014, comment l'expliquer ?

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    Atlantico : Selon un sondage exclusif  Ifop pour Atlantico, les sympathisants UMP (55%) et FN (62%) souhaiteraient la mise en place d'accords électoraux aux scrutins locaux. Après une légère baisse de cette volonté de rapprochement chez les sympathisants UMP depuis la présidentielle de mai 2012, ce chiffre repart à la hausse en mars 2014, comment l'expliquer ?
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  • Municipales: Spectaculaire progression du FN, gifle pour la gauche

    MUNICIPALES 2014 - Marqué par les affaires et le désaveu du gouvernement, ce scrutin voit la montée du Front national, qui pourrait emporter d’autres villes après Hénin-Beaumont…
    Le Front national a réalisé une spectaculaire progression dimanche au premier tour des municipales, marqué par une sanction de la gauche au pouvoir, sur fond d'impopularité record de l'exécutif qui a permis à la droite de progresser. Tour d’horizon des grands enseignements du premier tour.

    Le FN présent dans plus de cent triangulaires

    A Perpignan, Avignon, Forbach, Béziers, Fréjus, Tarascon, le FN est arrivé en tête du premier tour. Il est en mesure d'enregistrer d'autres victoires après celle d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) où Steeve Briois l'a emporté dimanche, permettant au parti de gagner pour la première fois une ville de plus de 10.000 habitants dès le premier tour. Au second tour, le parti devrait être présent dans plus d'une centaine de triangulaires.
    «C'était inespéré», a salué Marine Le Pen, qualifiant ce scrutin de «cru exceptionnel» marquant «la fin de la bipolarisation de la vie politique». L'autre grand gagnant du scrutin est l'abstention, qui atteignait à 1h du matin 38,62% sur plus de 22,5 millions de bulletins dépouillés, selon le ministère de l'Intérieur, soit le niveau le plus élevé jamais atteint pour ce scrutin.

    L’impact des affaires politiques

    Alors que la campagne a surtout été marquée par des affaires touchant la droite (écoutes Buisson, affaire Sarkozy/Herzog, attaques contre Copé), la gauche a subi de plein fouet les conséquences de l'impopularité d'un exécutif au plus bas dans les sondages, François Hollande restant, au bout de deux ans de mandat, le président de plus impopulaire de la Ve République. Le message envoyé par les électeurs au président de la République pourrait d'ailleurs le conduire à procéder à un remaniement gouvernemental plus large qu'il ne l'avait prévu, après le second tour.
    «Le Front était jusqu'ici un vote national, nous sommes en train de démontrer qu'il est aussi un vote local, un vote qui s'est enraciné», s'est félicité le vice-président du FN, Florian Philippot, qui a obtenu près de 36% à Forbach (Lorraine). Le FN a fait même une poussée dans l'Ouest, alors qu'il y était peu présent.

    Gifle pour la gauche

    Devant cette montée frontiste, la gauche s'est mobilisée sur son registre habituel : le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a appelé «les forces démocratiques et républicaines» à faire barrage au FN au second tour. Le porte-parole du PS, David Assouline, a reconnu une hausse «inquiétante» du parti d'extrême droite, tandis que Pierre Laurent, numéro un du PCF, parlait d'«une alerte pour la gauche tout entière» et Olivier Besancenot (NPA) d'un «système politicien carbonisé». «La gifle attendue est bien arrivée pour la gauche», a commenté le directeur de BVA, Gaël Sliman.
    Résultat spectaculaire: Niort a basculé à droite après près de 60 ans de gouvernance de la gauche, tandis que Strasbourg et Toulouse, villes que le PS avait enlevées à la droite en 2008, pourraient bien lui échapper. Même dans les villes que la gauche ne perd pas, l'hémorragie est souvent considérable : à Nantes, la candidate PS Johanna Rolland, adoubée par Jean-Marc Ayrault, perd 20 points par rapport à son mentor en 2008; à Lille, Martine Aubry en perd 12, à Lyon Gérard Collomb est en ballottage, alors qu'il était passé dès le premier tour la dernière fois.
    Il y a un «tassement incontestable mais pas l'effondrement que la droite espérait», a voulu relativiser Thierry Mandon, porte-parole des députés PS. Dans certaines villes, son parti maintient ses positions, comme à Bourg-en-Bresse, Rodez ou Aurillac.

    Pour la gauche, espoirs déçus à Marseille, bonne chances à Paris

    Mais à Marseille, la ville devrait rester aux mains du «vieux lion» Jean-Claude Gaudin (UMP), qui arrive largement en tête devant le FN Stéphane Ravier, le candidat PS Patrick Mennucci n'arrivant qu'en troisième position dans cette cité sur laquelle les socialistes fondaient de grands espoirs.
    A Paris, la candidate UMP Nathalie Kosciusko-Morizet a fait mentir les pronostics en se classant en pole position sur l'ensemble de la capitale devant Anne Hidalgo (PS). NKM a jugé «le changement possible», «tout proche» après deux mandats de Bertrand Delanoë (PS). Mais mathématiquement la partie s'annonce des plus serrée pour l'ancienne porte-parole de Nicolas Sarkozy, Anne Hidalgo restant largement en mesure de l'emporter.

    L’équation des triangulaires

    La gauche risque aussi de perdre Amiens, Angers, Reims, Saint-Etienne et Laval. Au Havre, le maire sortant UMP, Edouard Philippe, est réélu dès le premier tour, comme Alain Juppé à Bordeaux ou Xavier Bertrand à Saint-Quentin (Aisne). Le président de l'UMP, Jean-François Copé, réélu dès dimanche à Meaux, a appelé les électeurs du FN à reporter leurs voix sur les candidats de son parti au second tour, estimant que «les conditions d'une grande victoire» de la droite étaient réunies.
    Mais cette éventuelle «vague bleue» dépend pour partie du nombre de triangulaires qui opposeront dimanche prochain gauche, droite et FN et d'éventuelles consignes de désistement pour faire barrage au FN. La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a d'ores et déjà prévenu que la majorité ferait «tout pour empêcher qu'un candidat FN emporte une municipalité». Le chef de file des sénateurs écologistes, Jean-Vincent Placé, a, lui aussi, défendu le front républicain pour contrer le FN.
    Pour l’UMP, pas d’alliances avec le FN ni de désistement en faveur de la gauche
    Mais l'UMP restera fidèle à sa ligne depuis 2011, le «ni PS, ni FN». «Nous nous sommes tous mis d'accord à l'UMP pour refuser toute alliance avec le Front national et refuser le front républicain», a annoncé Henri Guaino, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy et député des Yvelines. L'ex-Premier ministre UMP François Fillon a confirmé: «Aucun désistement» en faveur de la gauche, ni «alliance» avec le FN.
    La vice-présidente de l'UDI, Rama Yade, fidèle au mot d'ordre de son parti, a préconisé le front républicain dans les villes où le FN arrive en tête. A Pau, le président du MoDem, François Bayrou, arrive nettement en tête avec près de 42% des voix dans cette ville qu'il tente de conquérir pour la troisième fois. Son bras droit, Marielle de Sarnez, est élue dès le premier tour conseillère de Paris sur la liste du maire UMP du VIe arrondissement. Les écologistes ont des raisons de se réjouir, ayant franchi les 10% dans plusieurs grandes villes (Annecy, Valence notamment) et surtout devançant à Grenoble le dauphin désigné du maire sortant PS.
  • Enracinement local, victoire totale ?

    Une vague, c’est bien, mais encore faut-il avoir un surf solide pour pouvoir bien en profiter ! Depuis 1995 à Orange, Jacques Bompard a montré l’exemple d’une implantation locale réussie. Elu maire, puis conseiller général, puis député, Bompard s’est même payé le luxe d’étendre la « zone libérée » à d’autres communes du Vaucluse.

    Lorsqu’il a fallu défendre dans les médias le bilan des communes emportées par le FN en 1995, c’est d’ailleurs à Oran­ge que les responsables frontistes se sont référés. On imagine que cela a pu faire sourire le député-maire Jacques Bompard quand on sait de quelle manière il a claqué la porte du parti et la profonde inimitié qui l’oppose désormais à Jean-Marie Le Pen. Mais Marine et Marion, plus conciliantes que le Menhir sans doute, ont trouvé un terrain d’entente avec Bompard. Plusieurs candidats aux élections municipales ont ainsi bénéficié du soutien commun du Rassemblement Bleu Marine et de la Ligue du Sud (le petit parti local des bompardiens) et, dans le Vaucluse, chacun essaie de travailler en bonne intelligence. En attendant de pouvoir (re)prendre l’ascendant sans doute… « Politique d’abord » comme nous l’a enseigné Charles Maurras le vieux maître de Martigues !
    Avec sa réélection, à nouveau dès le premier tour, pour un quatrième man­dat, Jacques Bompard pourra sans doute toujours être cité en exemple par les différentes composantes de la droite nationale. Mais il n’en aura désormais plus le monopole.

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  • Chantage et vengeance : les voilà, leurs fameuses « valeurs républicaines » !

    On sait désormais ce que sont ces « valeurs républicaines » que la quasi-totalité de la classe politique ne cesse de jeter à la face du Front national…
    Ça y est, on sait désormais ce que sont ces omniprésentes « valeurs républicaines » que la quasi-totalité de la classe politique ne cesse de jeter à la face du Front national… On en arrivait à se demander si elles existaient vraiment…
    Tout d’abord, grâce à Olivier Py, directeur du festival d’Avignon, indigné par le succès du candidat frontiste Philippe Lottiaux (il a devancé d’une courte tête la candidate socialiste dimanche soir, lors du premier tour des élections municipales) : « 30 % au FN, je ne reconnais pas ma ville. »
    « Sa » ville, allons bon ! Comme étaient sans doute « ses » villes précédentes : Orléans, dont il était en 1997 le directeur du Centre dramatique national… ou encore Paris où il dirigeait le Théâtre national de l’Odéon en 2007 ! « Sa » ville, donc ! Comme « sa » conception du suffrage universel… et « ses valeurs républicaines » : « Je ne me vois pas travaillant avec une mairie Front national. Cela me semble tout à fait inimaginable […] Je n’envisage que deux solutions possibles : soit je démissionne et on nomme un nouveau directeur ; soit on délocalise le festival dans une autre ville. »
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  • La fin du socialisme municipal

    D'Antoine Vouillazère dans Minute :

    "[...] Au-delà du vote sanction contre la politique menée depuis près de deux ans par le gouvernement, c’est le « socialisme municipal » qui s’effondre, ce système à base de clientélisme qui faisait que, par-delà les aléas des scrutins intermédiaires, le Parti socialiste con servait ses bastions.

    Les résultats obtenus par la droite, UMP ou FN, dans les grandes villes, où le vote est le plus politisé, masquent en effet une autre réalité, bien plus profonde. Dans les communes de moins de 10000 habitants, où 80 % des électeurs ont voté en fonction de considérations locales, la gauche a subi des revers tout aussi cinglants comme si la colère avait, enfin, pris le pas sur la peur. [...] Or jusque-là, sur la « politique locale » ou ce qui en tenait lieu, la gauche (socialiste et communiste) avait un avantage certain, constitué de cadeaux en tout genre pour la population la plus défavorisée (ou qui prétend l’être), de discrets règlements de factures d’électricité ou de gaz sur le budget d’aide sociale – quand ce n’est pas le remboursement d’un train de pneus pour la voiture dont le malheureux, au chômage, ne peut se passer pour trouver un emploi… –, et d’emplois dans les différentes collectivités ou organismes publics ou parapublics. Facile, quand on détient la majorité dans la plupart des assemblées régionales, départementales et municipales, et par voie de conséquence dans tous les syndicats mixtes des rivières, des ordures ménagères, de l’électricité, etc. de se livrer à un traitement collectif du chômage avec l’argent de ceux qui payent des impôts… Et bien pratique pour se constituer une clientèle de redevables d’autant plus enclins à voter pour le bienfaiteur qu’ils n’avaient qu’une peur: qu’un successeur vienne faire le ménage en sabrant dans les sureffectifs qui constituent le lot commun des municipalités de gauche. Cette peur-là, qui assurait depuis les années 1970 des majorités toujours plus confortables à la gauche municipale, n’est plus.

    Mélange de colère devant la suffisance d’élus qui se croyaient inamovibles et de prise de conscience que la gabegie ne peut plus continuer. La gauche, totalement déconnectée du peuple au niveau national, l’est devenue aussi sur le plan municipal, au point de ne même plus faire campagne – voire de dénoncer ceux qui vont à la rencontre des habitants comme des « commerciaux »! –, au point de négliger, y compris en milieu rural ou périurbain, des quartiers périphériques où l’on n’a pas vu d’élu depuis, au mieux, la campagne électorale… de 2008.

    Dans la France de 2014, l’édile socialiste est devenu inaccessible. Vivant en centre ville. Retranchée derrière la secrétaire et les vitres teintées de sa voiture de fonction. Décidant de tout sans rien connaître d’autre que les avis des services techniques départementaux. Allant d’inauguration en vernissage et de réception à la préfecture en assemblée générale des associations. Et paradant, comme si c’était un but en soi d’être maire, une fin, un sommet de sa carrière, et non pas une simple délégation de pouvoirs qui implique bien plus de devoirs que de droits. Bref, des élus qui se servent avant de servir et dont la principale caractéristique est l’inertie, les deux composantes de la rente de situation. [...]"

    Michel Janva

  • Municipales 2014 - Acte 1

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    Le premier tour des élections municipales est toujours un temps politique intéressant car il permet de prendre une photo de la situation politique de notre pays.
    En effet, de nombreuses sensibilités y sont représentées allant de l’Église de la Sainte Consommation aux Identitaires en passant par les partis institutionnels.
    Il permet d’avoir une analyse plutôt fine sur la sociologie des communes et les dynamiques en cours.

    La première dynamique, c’est l’effondrement du PS. Seuls 2 Français sur 10 ont voté pour le parti du Président lors de ce premier tour. Quelle légitimité pour ce président et son gouvernement dans ses conditions ? Cette question est une vraie question et non un « relent nauséabond de populisme offensant la sacro-sainte démocratie ». Oui le PS n’est pas légitime, comme il ne l’était d’ailleurs pas en 2012 où il est passé « par défaut », par rejet de l’ancien président Sarkozy. Nous connaissons tous le PS, qui n’a de socialiste que le nom et dont la politique économique actuelle est la même que celle de l’UMP (avec quelques nuances). Le PS nous avait déjà fait le coup en 83 avec Pierre Mauroy qui avait initié le tournant libéral de la gauche, douchant l’optimisme de son camp.
    L’autre dynamique, c’est le retour en force de la droite, très probablement encouragée par la Manif pour tous, qui a (ré)activé le clivage droite/gauche, et qui a concerné un grand nombre de familles qui s‘inquiètent à juste titre de ce qu’on va apprendre à leurs enfants. Bien plus que le mariage homo en tant que tel, c’est la conception de la famille et ce qu’on apprend à nos enfants qui a produit un choc terrible dans la population. Certes il y a une déception de l’électorat de gauche, mais cela n’a pas conduit à faire monter, en réaction, l’extrême-gauche qui continue de s’effondrer lamentablement. Seules quelques vieilles municipalités « communistes » continuent de perdurer, mais pour combien de temps encore ? C’est donc la "droite" et le centre qui engrangent les voix. Même à Paris, souvent dépeinte comme une ville de « bobo cosmopolites », l’UMP arrive en tête, même à Toulouse, dépeinte comme une ville de « gauchistes », l’UMP arrive en tête. Cela ne présage rien du résultat final, mais c’est un signe.

    Évidemment, le phénomène incontournable, c’est l’augmentation de l’abstention, ce qui est assez marquant pour des municipales où beaucoup d’enjeux sont des enjeux locaux. Faut-il y voir un rejet des politiciens ? Ou le fait que l’offre n’était pas suffisante sur l’ensemble du territoire ? Dans certaines municipalités, il n’y avait qu’une seule liste, dans d’autres, les barons locaux étaient annoncés vainqueurs malgré la concurrence… Cette abstention n’est d’ailleurs pas une bonne chose. Alors que nous fêtons aujourd’hui l’anniversaire de la Commune de Paris, il faut rappeler que l’engagement local et communal est primordial. Si ce désengagement électoral se traduisait par d’autres formes d’engagement, il serait plus intéressant, mais la réalité c’est qu’il traduit surtout une dépolitisation de nos concitoyens. Quant à ceux qui pensent qu’il s‘agit d’une arme politique, ils se leurrent. Plus de 50% d’abstention à Lille, croyez-vous que ça empêche Aubry de dormir? Non au contraire, et sa position de "maire de Lille" lui donne même droit à des aspirations nationales. Combattre Aubry en restant chez soi ? La bonne blague.

    C’est surement cela qui explique la désormais fameuse « poussée » du FN/RBM qui a réussi à arriver en tête dans de nombreuses villes. Il ne faut pas la surestimer. On s’amusera d’ailleurs du caractère ultra ciblé géographiquement de ce vote. Les communes majoritairement FN étant entourées de communes où parfois le FN est totalement absent. Preuve que la politique de terrain fonctionne. En effet il n’y a guère de raisons objectives pour que deux communes voisines aient une distribution aussi différente du vote alors qu’elles subissent souvent les mêmes problèmes. Un bémol cependant, la situation locale peut influer, comme à Hénin-Beaumont avec les affaires judiciaires ou à Béziers* avec le bilan désastreux du maire sortant. Il n’empêche que cela est l’illustration qu’il est possible de s’imposer politiquement dans un contexte qui illustre la gabegie de nos gouvernants. Cependant, la route est encore longue, et quelques communes FN/RBM ne sont pas en mesure de changer radicalement la marche en avant de l'oligarchie.

    Autre élément important, la réussite des candidats médiatiques : Bayrou, Copé, Jacob, Wauquiez, Collard, Ménard, Philippot, Dupont-Aignan, Aubry, … tous arrivent en tête ou sont déjà élus. Les Français cherchent peut-être aussi à se rattacher à des personnalités. Et c’est surement le plus étonnant, car cela contredit l’idée de « sanction » de la classe politique puisque les principales figures sont en tête. Il faudra donc voir en quelle mesure il y a une sanction de la classe politique ou si ce n’est pas plutôt un basculement à droite qui se manifeste durablement. D’ailleurs, les résultats des candidats souverainistes et nationalistes sont plutôt bons, si l’on prend un spectre large allant de Dupont-Aignan à Benedetti en passant par les FN, RBM et Divers droite.

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    Le second tour réservera surement son lot de surprises, puisqu’il permettra de valider un grand nombre de stratégie de boutiquiers. En effet il nous permettra non seulement d'observer les secteurs où il y a une porosité entre l’UMP et le FN et ceux où, au contraire, l’UMP fait cause commune avec le PS, voire le PC, dans ce front républicain de carnaval. Pour notre part, nous appelons nos lecteurs à poursuivre leur vote par un engagement militant ou à traduire leur abstention en geste politique en aidant à la création d’une alternative populaire, nationale et sociale.

    Jean

    * à Béziers, Robert Ménard est soutenu par le FN, mais aussi par d'autres formations, comme DLR.

    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/