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France et politique française - Page 2412

  • Macron, un libéral à l’américaine

    Numériser.jpegEmmanuelle Gave est avocate. Fille de Charles Gave, l'économiste bien connu, elle est à l'origine de l'Institut des libertés, qui diffuse la pensée de son père. Libérale, elle comprend les Gilets jaunes et critique son homonyme Emmanuel Macron, pourtant réputé lui-même libéral  Elle vient d'annoncer sa participation à la liste de Nicolas Dupont-Aignan pour les élections européennes de 2019. Sa contribution au débat politique s'annonce d'ores et déjà de grande qualité. Jugez-en.

    ENTRETIEN avec l'abbé G de Tanoùarn

    Alors ça y est : vous vous lancez en politique ?

    C'est effectivement la première fois qu'avec Nicolas Dupont Aignan, je me lance dans la politique, sur le terrain. Cette décision est radicale. Mes deux filles ont seize et dix-sept ans, il faut que je les laisse voler de leurs propres ailes, elles n'ont plus besoin de moi. Je ne suis pas du tout une politicienne professionnelle, je viens de la vie civile. Mon envie en politique, c'est de représenter les gens normaux. Je viens d'une famille de serviteurs de l’État. Je veux être au service des gens, avec le pragmatisme d'une femme et les solutions que j'ai acquises par mon éducation libérale. Par ailleurs, le moment est particulier nous sommes à un tournant de l'histoire politique du pays, après avoir assisté à la captation judiciaire de François Fillon et à la montée artificielle de Macron.

    Captation judiciaire, qu'entendez-vous par là ?

    Avec ce Parquet National Financier, créé par François Hollande et qui ne dépend de personne, on s'oriente vers un certain gouvernement des juges, qui pour l'instant ne s'en est pris, il faut bien le constater, qu'à l'Opposition. Je ne suis pas une afficionada de Marine Le Pen, mais la manière dont, par décision de justice, deux millions d'euros alloués au Rassemblement national, ont été captés à la source, de façon préventive, avant tout jugement, cela relève clairement de la persécution politique. Il est toujours dangereux d'imaginer de telles juridictions, qui, qu'on le veuille ou non, fonctionnent comme des juridictions d'exception, en maîtrisant souverainement le temps de leur intervention.

    Et que pensez-vous rétrospectivement de l'ascension d'Emmanuel Macron ?

    Elle provient de la volonté d'un petit milieu d'oints du Seigneur, qui se sont choisis un champion à qui ils ont fait porter leurs couleurs. C'est la première fois qu'un président de la République est élu sans aucun mandat électoral. C'est un pur apparatchik. On a remplacé des énarques de 60 ans par un énarque de 40 ans, qui, depuis le début de son mandat apparaît souvent comme un amateur, en jouant d'une surcommunication (comme dans l'affaire des Gilets jaunes), en prenant des poses, en cultivant un maquillage facile, qui s'efface à la première occasion. Regardez l'un des derniers épisodes, il devait aller skier dans les Pyrénées, on le retrouve à Saint-Tropez, il n'a pas pu s'en empêcher. Ce qui est très frappant, c'est que malgré sa soi-disant pensée complexe ou peut-être à cause d'elle, parce qu'il ne sait pas choisir, il n'a aucune vision et il compense cette absence de vision par une morgue invraisemblable, une fatuité qu'avaient déjà remarqué les députés présents pour le vote des lois Macron et El Khomri, sous François Hollande. Il prend les gens pour des moins que rien. Je crois que le peuple l'emmerde. Regardez ses vœux il a dit « Je veux la vérité » et lui-même ne sait qu'entretenir le flou de l'affaire Benalla qui redémarre. « Je veux le respect ». Il ne respecte pas les Gilets jaunes, embastillant Eric Drouet sans motif légal et laissant se dérouler 800 gardes à vue, sans que ces 800 GAV ne débouchent sur une seule condamnation. Le régime du respect dont se vante notre Président est en réalité le régime de l'arbitraire dans de telles circonstances. En tant que mère de famille, j'ai été habituée à une vertu, l'exemplarité. En lieu et place, avec Emmanuel Macron, on a un système qui est aujourd'hui ce que Versailles représentait au moment où se déclenche la Révolution française.

    Vous parliez à l'instant de votre éducation libérale...  Vous faites allusion au rôle que vous jouez depuis plusieurs années auprès de votre père, Charles Gave, que nous avons reçu plusieurs fois ici à Monde&Vie. Vous êtes par exemple à l'origine de l'Institut des libertés ?

    Disons que ma première formation est juridique,  j'ai souhaité me donner ensuite cette éducation libérale, dans une acception humaniste, avec des analystes du passé comme Frédéric Bastiat, Alexis de Tocqueville ou Jean-Baptiste Say. Plus précisément aujourd'hui je suis monétariste de l'école de Milton Friedman et des Chicago boys. Friedman n'est pas mon dieu, mais il dit des choses très bien et d'abord cette intuition de bon sens qu'il martèle la croissance vient des entrepreneurs. Ils prennent des risques, c'est leur métier. Il faut les laisser travailler. Cela suppose d'empêcher la captation fiscale, pour que les entrepreneurs soient rémunérés à hauteur des dits risques. Cela suppose aussi que l'on ne pratique pas ce que Keynes appelle l'euthanasie du rentier, quand, dans un système donné, les petits épargnants se retrouvent avec des taux d'intérêts tellement bas que cela ne vaut plus la peine de mettre de côté quoi que ce soit. L'épargne n'est plus rétribuée, c'est la mort du petit épargnant. Mais, en même temps, ne nous leurrons pas, cela fait les affaires des très gros qui peuvent se permettre toutes les spéculations, Ils empruntent sans intérêt et vivent de leurs dettes, en rachetant leurs concurrents. L'un des spécialistes de ce système est Patrick Drahi, le patron de SFR qu'a tant aidé M. Macron et qui littéralement vit d'une dette de 50 milliards d'euros. C'est ce que l'on appelle le capitalisme de connivence, j'emprunte sans intérêts grâce à mes amis et je deviens un homme important que l'on respecte à hauteur de sa dette. Évidemment pour raisonner de cette façon, il faut être dans le très haut du panier.

    Avec cette finesse d'analyse, vous vous voyez au moins ministre de l'Économie ?

    Alors écoutez, je suis peut-être une politique différente des autres, mais je n'ai pas du tout la prétention de penser que je saurais mieux gérer l'économie. Il faut des lois bien sûr, mais l'État stratège, cela n'a jamais fonctionné. Les plans de relance se sont effondrés les uns après les autres comme des châteaux de cartes. Les politiques qui croient faire de l'économie ne savent rien. Qu'ils laissent donc travailler les gens qui savent, les entrepreneurs. Il y a une violence légitime de l'État, elle doit exister, mais elle doit aussi rester d'ordre exceptionnel et toujours par délégation du peuple. C'est le problème que j'ai avec l'Europe, qui est une civilisation, mais qui n'est pas un peuple et qui ne peut pas être une économie.

    Je comprends que votre vision du libéralisme n'a rien à voir avec les pratiques de M. Macron... ni avec son européisme.

    Emmanuel Macron n'est pas un libéral à la française, mais à l'américaine « a libéral », un homme de gauche, un social-démocrate qui pratique le capitalisme de connivence, connivence pour les hommes de Davos et connivence par les hommes de Davos (qui sont les mêmes que ceux de Bruxelles). Leur idée c'est d'arriver à un monde sans nature où tout serait contractualisé. Il faut déstructurer ou comme on dit déconstruire nos lois et nos sociétés. Ces hommes de Davos rencontrent une double convergence, avec les anciens trotskistes d'une part de Jospin à Taubira, ils ont la même ambition déconstructrice, et convergence avec les écolos d'autre part, qui, eux aussi, se sont donné pour mission de reformater notre société. C'est l'image que donne aujourd'hui le Canada sous la houlette de Justin Trudeau, le « libéral », en fait un social-démocrate imbu de ce nouvel idéal déconstructeur. Cette nouvelle mentalité destructrice est particulièrement sensible dans les questions liées aux genres masculin et féminin et aux nouveaux genres, en particulier le genre indifférent. Au Canada, désormais, je dois respecter le genre indifférent. Je vois une fille mais, si je suis informée que, je dois à son sujet, employer les nouveaux pronoms indifférents, je commettrais « un crime de haine », sévèrement puni par la loi, si je m'abstenais de le faire. Une réalité aussi naturelle que le sexe devient un objet de contrat. Il n'y a plus de vrai ou de faux. L'individu peut faire plier toute réalité à sa guise. Mais surtout, on reconstruit un bien et un mal à travers ce prisme, tout redevient moral, il y a les gentils (qui acceptent ce contractualisme universel) et les méchants (ceux qui le refusent). On est gouverné selon cette nouvelle idée du bien et du mal.

    Pourquoi vous engager avec Nicolas Dupont-Aignan ? Croyez-vous encore dans ce serpent de mer qu'est l'union des droites ?

    En m'engageant à Debout la France, je montre que je crois plus en l'homme que dans le Parti. Comme on dit en anglais, NDA est « un homme qui a mis ses pieds là où sa bouche était ». Il a montré qu'il voulait l'union des droites en tendant la main à MLP. Il lui a fallu braver l'establishment politique pour faire cela. Comme l'a montré son attitude avec les GJ, il croit au peuple, il prend les intérêts de la France à cœur. Avec lui on économise les pensées d'appareil au profit d'impulsions authentiques, on est dans les commandos fusiliers marins plutôt que dans l'armée de terre. Il est vrai que les gens de droite ne sont pas d'accord sur tout. Bruno North du CNIP ou Jean-Frédéric Poisson, du PCD, tous deux participant aux amoureux de la France n'ont pas les mêmes idées sur tout. En tout cas, il y a un sujet sur lequel les droites sont toutes d'accord, jusqu'à Laurent Wauquiez, un sujet sur lequel nous faisons bloc avec Nicolas Dupont-Aignan, parce que nous sommes à la veille d'une nouvelle bataille de Constantinople, c'est de reprendre nos frontières. Nous pouvons faire l'union des droites et nous devons la faire contre le Pacte de Marrakech.

    monde&vie  17 janvier 2019

  • Incendie chez Ferrand: les enquêteurs s’interrogent sur une possible mise en scène

    Alors que le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand a déposé plainte pour dénoncer un acte grave après une tentative d’incendie à son domicile, les enquêteurs s’interrogent sur l’absence de revendication, en évoquant quelques zones d’ombre dans le dossier. 

    Dans l’affaire de l’incendie provoqué au domicile privé de Richard Ferrand, quelques zones d’ombre demeurent. Selon les informations du Journal du dimanche, les circonstances dans lesquelles le sinistre a eu lieu restent à élucider. Notamment la date, qui ne peut correspondre à celle du dépôt de plainte, vendredi dernier.

    «Ce n’est pas dans la journée de vendredi, ni dans la nuit précédente. Cela peut remonter à plusieurs jours», a indiqué le procureur de la République de Brest, Jean-Philippe Récappé, au JDD.

    Comme le note le procureur, «il n’y a aucune revendication, aucun signe sur les façades, comme on a pu le voir sur les permanences de certains députés depuis le début du mouvement des Gilets jaunes».

    «Si quelqu’un avait vraiment voulu que tout s’embrase, il lui suffisait de jeter la torche à travers la vitre», a-t-il précisé, en ajoutant que l’acte «ressemblait à une forme de menace ou d’intimidation».

    Richard Ferrand a été victime d’une tentative d’incendie de son domicile, à Motreff, dans le Finistère où il a été élu député, a annoncé vendredi soir l’Assemblée nationale dans un communiqué.

    Selon l’Assemblée, les gendarmes ont découvert sur place une couverture, un résidu de pneumatique et une torche artisanale imbibée de carburant. L’habitation n’a pas été détruite mais les fumées qui ont envahi l’intérieur semblent avoir provoqué des dégâts.

    Richard Ferrand, qui se trouvait à Rennes au moment des faits, a posté sur Twitter deux photos montrant l’étendue des dégâts.

    Plus tard, le président de l’Assemblée nationale a déposé plainte pour dénoncer un acte grave.

    Source

    https://lesmoutonsrebelles.com/incendie-chez-ferrand-les-enqueteurs-sinterrogent-sur-une-possible-mise-en-scene/

  • Macron utilise son pseudo-débat pour faire sa campagne européenne et municipale

     
  • Acte XIII des Gilets jaunes : si la participation ne baisse pas, le mouvement peine à se structurer

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    FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) : 
    Ils avaient choisi les Champs-Élysées avec un détour par l’Assemblée nationale. Et il s’en est fallu de peu pour que les Gilets jaunes ne réussissent à rentrer au Palais Bourbon. Au cours de cette attaque contre une palissade de l’assemblée par les black-blocs, un manifestant a eu la main arrachée par l’explosion d’une grenade de désencerclement, une arme de guerre contenant 25 g de TNT et qui n’explose pas tout de suite. D’où la colère d’Alexis Corbière sur France Info, qui a appelé le ministre de l’Intérieur à la démission. Et plus tard, dans la soirée, un véhicule de Vigipirate a été incendié, toujours par des extrémistes de gauche, non loin de la tour Eiffel.

    Mais pourquoi l’Assemblée nationale ?

    Il est probable que le récent vote de la Loi « anticasseurs » y soit pour quelque chose. Perçue comme une atteinte à la liberté de manifester, elle a suscité des protestations dans tous les partis politiques, y compris dans le camp du parti du président : du jamais vu !

    Et quel bilan peut-on tirer de cette journée ?

    D’abord, une participation qui ne fléchit pas et une certaine constance dans les mots d’ordre : l’appel au référendum d’initiative citoyenne et l’appel à la démission de Macron. Et si, selon un sondage récent, 64% des Français soutiennent encore le mouvement des Gilets jaunes, celui-ci peine à se structurer et résiste à toutes les tentatives de récupération. Mais en contrepartie, aucun leader n’échappe aux feux des critiques : citons Frank Buhler de Debout la France, ou Benjamin Cauchy, leader des Gilets jaunes à Toulouse, qui n’ont plus accès aux plateaux de télévision. Citons aussi Ingrid Levavasseur qui a du mal à imposer sa liste Gilets jaunes aux futures élections européennes, ou encore Eric Drouet critiqué pour s’être entendu avec Besancenot à propos de l’appel à la grève de mardi dernier. Enfin, la rencontre en Italie entre Luigi di Maio, vice-président du conseil italien, et des co-listiers d’Ingrid Levavasseur, a suscité les protestations de Maxime Nicolle.

    https://fr.novopress.info/213570/acte-xiii-des-gilets-jaunes-si-la-participation-ne-baisse-pas-le-mouvement-peine-a-se-structurer/

  • IDÉES • GUERRE CULTURELLE, FAUT-IL DIABOLISER LA NOUVELLE DROITE ?

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    Alain de Benoist

    Entretien avec Édouard Chanot journaliste chez Sputnik

    4167031164.pngPublié dans Le bien commun* - N° 4 - février 2019

    Les lecteurs de Lafautearousseau liront, commenteront.

    Édouard Chanot est journaliste chez Sputnik. Il a mené l’enquête sur les idées de la Nouvelle Droite dans un reportage remarquable. Jeune journaliste, passionné de philosophie politique, il a accepté de répondre auBien Commun pour expliquer sa démarche. Un reportage intitulé : Guerre culturelle, Faut-il diaboliser la nouvelle droite ? Fidèle à la tradition d'Action française, Le Bien Commun discute avec toutes les intelligences.

    Alors que la nouvelle droite a ébranlé le débat intellectuel français, il y a maintenant quelques décennies, pourquoi leur avoir consacré un reportage ?

    La renaissance d'un mouvement, où tout du moins son retour, est en soi un phénomène assez rare et remarquable. La Nouvelle Droite ébranle de nouveau le débat, ne serait-ce que par les inimitiés qu’elle s’attire. Tout cela peut sembler marginal bien sûr – les intellectuels accompagnent ou expriment les bouleversements davantage qu’ils ne les provoquent… Mais quand même, quelquefois tiennent-ils des propos prémonitoires. Alors dans notre pays qui affectionne les polémiques et traverse une crise du sens, les intellos ont leur mot à dire et l’on ne perd jamais son temps à lire ceux de la nouvelle droite.

    1657940903.jpgEn fait, trop de contre-vérités, mêlant diabolisations calomnieuses et ignorances délibérées, circulent sur celle-ci. La palme revenant à Raphaël Glucksmann (Photo) , qui fit d’Alain de Benoist le père du poutinisme… Il est évidemment possible de critiquer la ND, mais dans ce cas faisons-le sans moralisme. Le philosophe Léo Strauss pensait en premier lieu nécessaire, pour saisir un penseur, de le comprendre tel qu'il se comprenait lui-même. Je suis journaliste, et non inquisiteur, j'ai tâché de faire de même. Il fallait traiter les Neo-droitiers honnêtement. J’espère y être parvenu.

    La pensée de la nouvelle droite put paraître hégémonique dans son camp lors de son apparition. En un temps d’hégémonie politique de la gauche ces questions étaient elles intéressantes d’un point de vue journalistique ?

    La ND était, me semble-t-il, plus avant-gardiste qu’elle n’était hégémonique à ses débuts. Elle a cherché à ouvrir des pistes à une droite dominante au début du siècle dernier, mais a été peu à peu brisée par ses défaites successives. Ses inspirations très nietzschéennes, son européisme, son néopaganisme, qui peuvent paraître étranges, exprimaient aussi l'air du temps New Age et la révolution sexuelle. Bien qu’elle prît le contre-pied du libéralisme conquérant à droite, elle a épousé son époque plus aisément que d'autres, qui rechignaient à abandonner des combats perdus.

    Aujourd’hui, l’hégémonie de la gauche est déjà fissurée – d’ailleurs, il me semble plus juste de qualifier de libérale libertaire la doxa hégémonique, ce qui revient à relativiser qu’elle soit purement de gauche. Dès lors, l’intérêt actuel de la ND devient plus évident : ses idées centrales remettent justement en cause cette doxa.

    578481466.jpgIl me semble aussi que la droite, au sens le plus large, a remporté trois grandes victoires conceptuelles et sémantiques depuis une décennie : d’abord, le concept d’identité, ensuite celui de grand remplacement et, plus récemment, celui de désignation de l’ennemi, à la suite des attaques dhihadistes. Deux des trois sont le fait de la ND et l’autre, vous le savez bien sûr, provient de Renaud Camus. Car c'est le GRECE qui a lancé le concept d’identité dans les années 70, et c’est Julien Freund et Alain de Benoist qui ont rendu Carl Schmitt et sa désignation de l’ennemi accessibles en France. On la retrouve désormais dans les essais de Zemmour ou de Buisson (Photo), pourtant étrangers au courant révolutionnaire conservateur germanique dont la ND est l’héritière.

    Vous faites intervenir Charles Gave en réponse aux arguments d’Alain de Benoist. La réponse libérale à ces arguments est de plus en plus minoritaire L’école libérale française est-elle encore partie prenante du débat intellectuel ?

    Grand paradoxe en effet : Charles Gave est une figure d’un libéralisme théoriquement pur et dur, classique et orthodoxe, mais libéralisme néanmoins minoritaire parmi les libéraux de nos jours. L’école libérale française est numériquement faible, sur le déclin, même si des personnalités comme Agnès Verdier-Molinié ou cet enfant gâté de Gaspard Koenig ont leurs ronds de serviette aux bonnes enseignes médiatiques. Mais au fond peu importe : le libéralisme ne s’impose pas en France par les intellectuels et le débat public hexagonal, il l’a perdu depuis belle lurette. A quoi bon débattre là, quand la classe dirigeante se forme dans les business schools et lit The Economist, avant de rejoindre les firmes américaines ou les institutions supranationales ? Tout cela est bien plus efficace pour modifier ouvertement les moeurs et les esprits des Français.

    On a souvent reproché à la nouvelle droite de cacher une critique racialiste derrière la dénonciation de l’idéologie du même. Cette critique vous semble-t-elle fondée ?

    Vous me contraignez là à un procès d’intention ! Cela étant dit, le discours caché de la ND est inconcevable : par définition, comme tous les -ismes, le racialisme circonscrit une cause première et unique de l'histoire humaine, en l’occurrence la race. Or, il suffit de lire les revues de la ND pour se rendre compte de son sens extrême des pluralités. Ses intérêts et ses perspectives sont innombrables. 

    Bien sûr, Alain de Benoist évoque le métissage dans cette idéologie du même. Mais cela fait quand même trois décennies qu’il se préoccupe bien peu des questions ethniques, même si l'on trouve une petite page sur les avancées génétiques dans Eléments. Je crois Alain de Benoist très honnête quand il critique l’ethnocentrisme, et il a eu une influence considérable à cet égard, en éloignant les efforts des intellos de la droite radicale vers d’autres problématiques, plus économiques ou philosophiques. 

    2329738766.jpgIndéniablement, un basculement s’est opéré dans les années 80 au sein de la mouvance, entre le racialisme (porté vers la hiérarchisation) et l'ethno-différentialisme, conséquence d’une lecture de Claude Levi-Strauss (Photo). Il n’y a donc rien de caché, et Jean-Yves Camus l’explique très bien dans le reportage [références ci-dessous ndlr], je vous laisserai donc l’écouter !

    Cela dit, je parierais que les questions ethniques reviendront peu à peu, sous la contrainte des circonstances. Certains le font déjà sur internet, en général avec maladresse, mais il est à la fois possible et souhaitable de traiter la question sérieusement. Peut-être les revues de la ND seront-elles en mesure de le faire et de montrer l’exemple… sans oublier ce qu’écrivait Spengler : « qui parle trop de race n’en a plus »

    Propos recueillis par Charles du Geai.
    Reportage à retrouver sur https://fr.sputniknews.com

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  • La crise économique en attente au purgatoire

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    Marc Rousset

    Doubler la dette mondiale en dix ans, depuis 2008, à 250.000 milliards de dollars n’a pas seulement doublé le risque de krach. Il a, en fait, augmenté de façon exponentielle par émission laxiste de monnaie et davantage de dettes.

    Bruxelles prévoit un coup de frein de la croissance en zone euro, de 1,9 % en 2018 à 1,3 % en 2019. C’est pour l’Italie, entrée en récession fin 2018, que le panorama s’est le plus assombri. La prévision de croissance, en 2019, est de seulement 0,2 % alors qu’elle était encore de 1,2 % en novembre 2018, suite aux incertitudes de la politique budgétaire du gouvernement populiste et à la hausse du coût des financements. Le déficit public annoncé de 2,04 % sera impossible à tenir. L’ouverture d’une procédure pour déficit excessif par la Commission de Bruxelles est probable.

    Mais c’est d’Allemagne que vient la surprise avec une chute de la croissance de 1,8 % à 1,1 % en raison de la faiblesse des exportations, de la consommation ainsi que du ralentissement de la production de voitures. L’Allemagne est très sensible au cycle industriel, au ralentissement mondial, aux nouvelles normes environnementales, à l’augmentation des salaires en cours, à l’épargne de précaution croissante des ménages.

    En France, Didier Migaud, président de la Cour des comptes, juge la situation préoccupante et demande à Macron de revoir sa copie. Le déficit public 2019 sera de 3,2 % en 2019 et non pas de 2,8 %, la croissance de 1,7 % au maximum, tandis que la facture pétrolière a creusé le déficit commercial à -59,9 milliards en 2018 et que seulement 106.100 emplois ont été créés dans le secteur privé, soit trois fois moins qu’en 2017.

    Le grand débat de Macron ne sert à rien : il faut d’abord arrêter l’immigration, avec un coût annuel insupportable de 70 milliards d’euros par an, et diminuer impérativement les dépenses publiques afin de diminuer les impôts pour tous, en « foutant la paix » aux riches, qui sont déjà suffisamment volés, taxés et dépossédés par un État incapable, mal organisé et obèse. Il ne faut donc surtout pas rétablir l’imbécile ISF, mais faire preuve de courage et s’attaquer aux véritables problèmes en amont (immigration, inéducation nationale, valeurs sociétales décadentes, dépenses publiques démentielles, libre-échange mondialiste) à l’origine de la crise existentielle ainsi que de l’appauvrissement des classes moyennes.

    Aux États-Unis, Jerome Powell, le président de la Fed, a capitulé pour plaire à Wall Street ainsi qu’à Trump. Le laxisme monétaire s’imposera en 2019 tant pour les taux que pour la politique monétaire d’assouplissement quantitatif. Certains économistes envisagent la stagflation et une baisse de la croissance à 2 % maximum pour le 3etrimestre, période propice aux krachs boursiers, avec le risque que les banques centrales dans le monde remplacent de plus en plus les obligations américaines par l’or, ce qui serait une source supplémentaire d’augmentation des taux d’intérêt et d’affaiblissement du dollar. Et les problèmes structurels demeurent : mauvaise qualité du système éducatif et des compétences professionnelles, hausse des inégalités et de la pauvreté suite à la relance keynésienne stupide de Trump à contretemps avec baisses d’impôts seulement pour les plus riches, trop d’emplois de services et de salaires faibles, rachats d’actions pour faire monter les cours par les entreprises qui n’investissent pas suffisamment…

    Le FMI et la Banque mondiale deviennent les derniers vestiges en crise de l’accord de Bretton Woods en 1945. De nombreux projets technocratiques vaseux de réforme sont envisagés alors qu’il suffirait de réévaluer le prix de l’or, seul étalon de référence, pour augmenter les liquidités internationales en faisant de l’euro, du yen et du yuan de nouvelles grandes devises internationales en plus du dollar.

    Le problème, c’est que suite aux manipulations pour faire baisser le cours de l’or face au dollar, aucune banque centrale ne publie, dans le monde, un audit complet de son or physique et de ses positions en produits dérivés. Le dernier audit aux États-Unis date de 1950 et de Gaulle avait déjà des doutes sur la réalité de l’or américain. La France va-t-elle aussi prêter, « swaper » et hypothéquer son or à la banque JP Morgan pour faire de Paris une place de marché importante de l’or ? La question se pose depuis la nomination, l’an passé, de l’européiste mondialiste Sylvie Goulard comme sous-gouverneur de la Banque de France.

    http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2019/02/11/la-crise-economique-en-attente-au-purgatoire-6128054.html

  • Permanences ou domiciles de parlementaires visés: les députés LREM paient leur trahison

    images.jpgJ’ai établi une petite liste chronologique des députés LREM menacés depuis le  17 novembre, jour où le mouvement Gilet jaune commença.
    Il y a un mois, j’évoquais la fin de la légitimité des institutions. Car des institutions qui ne sont plus reconnues par le peuple ne sont plus légitimes, on ne le répétera jamais assez. D’autant que les députés ne servent pas le  peuple qui les a élus  mais leurs seuls partis qui ne sont pas des représentants du peuple, cela conduisant aujourd’hui une bonne partie de nos élus à adopter des mesures opposées aux légitimes intérêts des Français.
    Je donnais alors quelques noms  de députés contestés et plus ou moins menacés. Aujourd’hui, leur nombre a sensiblement augmenté. J’en ai certainement oublié un certain nombre, mais la liste suivante montre que partout sur le territoire national, dans toutes les régions, du nord au sud et de l’est à l’ouest,  la contestation bat son plein. Le message est clair : « démissionnez, partez, foutez le camp, on ne veut plus de vous ». J’ai établi une petite liste chronologique des députés LREM menacés depuis le  17 novembre, jour où le mouvement Gilet jaune commença.
    Le 20 novembre  2017, il semble que ce soit  Carole Bureau-Bonnard, députée de l’Oise, qui ait été la première à se trouver contestée, lorsqu’une trentaine de Gilets jaunes vinrent scander devant son domicile  « Bonnard au placard ». On appréciera la rime.
    Deux jours après, le 22 novembre, Christophe Lejeune, député de Haute-Saône, crut sa dernière heure venue lorsqu’une vingtaine de Gilets jaunes tentèrent de forcer la porte de son domicile, finissant par la cadenasser.
    – Le même jour, Olivier Gaillard, député du Gard, eut le bonheur de voir devant sa permanence un cercueil avec la pancarte: « Macron, Gaillard, dehors ».
    – Le 23 novembre  Mireille Robert, députée de l’Aude, fut effrayée quand une quarantaine d’hommes casqués et cagoulés menaçants parvinrent à s’introduire chez elle.
    Pendant la nuit du 26 au 27 novembre à Carpentras, la permanence du député de la 3e circonscription du Vaucluse, Adrien Morenas, fut murée par des parpaings colmatés avec de la mousse expansive.
    Le lendemain 28 novembre, ce fut le  député de la Moselle, Ludovic Mendes, qui reçut un courrier d’insultes commençant par « Ludovic Mendes la petite pute de Macron ».
    Le 29 novembre, la députée LaREM de l’Eure,  Claire O’Petit,  raconta  que sa permanence de Vernon avait  été vandalisée à coups de masse après son passage sur LCI où elle critiqua les Gilets jaunes. « Mon discours n’a pas plu à certains et ils ont voulu se venger. Ce sont des actes inadmissibles ».  
    Le 2 décembre,  ce fut la députée vendéenne Patricia Gallerneau qui eut la mauvaise surprise de trouver une dizaine de poubelles déversées devant sa permanence de La Roche-sur-Yon.
    De son côté le 3 décembre  Florian Bachelier, député d’Ille-et-Vilaine  et premier questeur de l’Assemblée nationale, se plaignit  d’intimidations physiques : « vers 7 h 30 du matin,  je sortais de mon domicile à Rennes pour me rendre à ma permanence pour recevoir une nouvelle délégation de Gilets jaunes, quand un homme cagoulé posté devant chez moi me lance une mise en garde sans ambiguïté. Il me prévient que si je continue à défendre la politique d’Emmanuel Macron,  je prends des risques énormes. »
    Le même jour Élise Fajgeles, députée de la 5e circonscription de Paris, dit avoir reçu des menaces de mort  après avoir reconnu sur le plateau de CNews ignorer le montant du Smic.
    Le 5 décembre la députée de Paris Olivia Grégoire, compagne d’Emmanuel Valls, affirme avoir reçu par mail des messages d’une « violence incommensurable […] Ceux qui m’ont le plus touchée disaient que le fait que je n’aie pas d’enfant me disqualifiait en tant que parlementaire ».
    Ce même 5 décembre Matthieu Orphelin, député du Maine-et-Loire, aurait vu les numéros de téléphone de ses proches diffusés sur les réseaux sociaux.
    Le 6 décembre Émilie Chalas, députée de la 3e circonscription de l’Isère, aurait  annulé à la dernière minute une réunion publique après avoir été victime de menaces dites « sérieuses ».
    Le 7 décembre à Saint-Omer (Pas-de-Calais) le député Benoît Potterie a reçu dans son courrier une cartouche de fusil accompagnée d’un mot menaçant.
    Le 8 décembre la députée Jacqueline Dubois a vu sa voiture et celle de son époux s’enflammer devant leur domicile de Vézac (Dordogne).
    Le même jour c’est la permanence du député Marc Delatte, à Chauny (Aisne) qui a été vandalisée, et taguée avec les mots  « Démission FDP, Gilet jaujaune ».
    Dans la nuit de samedi 8 et dimanche 9 décembre, la permanence d’Anne-Laure Cattelot députée du Nord, fut également  vandalisée et taguée avec les mots « En marche racketteur », la députée se plaignant en outre que ce n’était pas la première fois. « J’ai déjà été victime d’intimidations et de menaces, lors des 80 km/h ».
    Le 15 décembre, le député de l’Eure Bruno Questel s’est plaint d’une tentative d’intimidation de 40 Gilets jaunes, de coups de feu tirés devant son domicile, et d’un cortège de  20 voitures défilant en klaxonnant.
    Dans la nuit du dimanche 30 au lundi 31 décembre, des inconnus s’en prirent  à la permanence du député de Gironde, Florent Boudié, dans le centre de Libourne, inscrivant à la peinture jaune fluo  « Bonne année islamo-collabo » .  
    Le 4 janvier le député de la Vienne Sacha Houlié annonça sur Twitter avoir porté plainte pour  dégradations commises sur sa permanence à Poitiers, avec  des inscriptions et de la paille déposée.
    Le même jour 4 janvier la députée de Paris Olivia Grégoire constata également des dégradations sur  sa permanence.
    Le 12 janvier, Élisabeth Toutut-Picard, députée de Haute-Garonne, Mickaël Nogal, député LREM de Haute-Garonne et Jean Terlié, député LREM du Tarn, se plaignirent de se sentir sans cesse menacés.
    Si l’on ajoute à cette liste non exhaustive les menaces pesant sur des ministres et un président honni de presque tous, on voit que le système est arrivé à sa fin, le dernier épisode concernant la maison de Ferrand qui aurait failli brûler.
    Certes nous ne pouvons personnellement cautionner des voies de fait, mais peut-être tous ces gens devraient-ils enfin écouter le peuple au lieu de le mépriser, de le maltraiter, et de vouloir ignorer que lorsqu’on ne fait plus qu’un repas tous les deux jours comme aux pires années du XIXe siècle pour pouvoir nourrir ses enfants (lisez ou relisez Jean Christophe, de Romain Rolland), lorsqu’on doit vivre en manteau ou en blouson dans des appartements glacials car on ne peut plus se chauffer, le coût de l’énergie étant déraisonnable, lorsqu’on laisse ses dents se gâter parce que les frais dentaires sont trop élevés, on ne s’étonnera pas de la haine que peuvent susciter les privilégiés d’un système qui a largement fait son temps.
    Louise Guersan pour ripostelaique.com

  • Audiences télé : le grand désert du grand débat

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    Chaque diffusion du grand débat voit les directeurs des chaînes d’info sombrer un peu plus dans la désespérance. C’est indéniable, l’audience baisse à vue d’œil. Le téléspectateur se désintéresse. 700.000 volontaires devant BFM TV lors du lancement à Grand Bourgtheroulde ! Liesse dans les rédactions. Ruth Elkrief offre une tournée générale. Le Français aime son joli Président en chemise blanche ! La fin du gilet jaune est proche ! L’évangéliste de l’Élysée reprend la main !

    475.000 téléspectateurs pour la seconde séance. Allez, ils vont se reprendre. Peut-être la météo. Mais oui, ils vont revenir. Allez on y croit ! On se motive !

    270.000, lundi 4 février. Larmes et désespoir dans les couloirs. Moins de 140.000 sur LCI. Certains journalistes envisagent une reconversion. Le Temple du soleil, la scientologie… Il y a, çà et là, des orateurs qui savent captiver leur auditoire.

    Les rédactions n’osent imaginer les chiffres de la prochaine diffusion. Morosité d’autant plus forte que toute interruption publicitaire est impossible durant ces litanies présidentielles. Qui durent parfois plus de six heures ! Le désœuvrement s’installe dans les bureaux de BFM TV. On joue au Scrabble®, on tue le temps, dans un coin, Ruth Elkrief tricote un pull jacquard. Un rédacteur en chef consulte un livre de cuisine : « Comment rattraper une mayonnaise tombée aussi vite qu’elle est montée ? »

    Des créatifs proposent des solutions. Un quiz. Quelle était la couleur de la chemise blanche d’Emmanuel Macron lors du dernier grand débat ? Plus difficile : quelle est la couleur de la fumée qui s’échappe des interventions du Président ?

    Le coup d’éclat du grand débat semble bien parti pour se terminer dans l’indifférence générale. Des rencontres en catimini façon réunion Tupperware®. Du télé-achat. Diffusée tôt le matin, l’émission peut intéresser le consommateur à la recherche de solutions hermétiques. Sous l’aspect sportif, certains aventuriers ont tenté la traversée du grand débat en solitaire. Sans succès. Trop aride.

    Pour noyer le poisson, les communicants ont mis en place un aquarium. Emmanuel Macron est dedans, mais le poisson frétille ! Indemne. Les questions qui fâchent remontent inexorablement à la surface. Et nous voilà dans une émission animalière. Chaînes info, à vos programmes !

    Jany Leroy

    http://www.bvoltaire.fr/audiences-tele-le-grand-desert-du-grand-debat/

  • Le propulseur du Front national

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    Georges Feltin-Tracol Europe Maxima cliquez ici

    Depuis leur premier numéro au printemps 2014, les Cahiers d’histoire du nationalisme ont enfin pris leur vitesse de croisière avec la parution d’environ deux numéros par an. Ils oscillent entre un sujet spécifique (la croix celtique, le PFN, le MSI, le NSDAP…) et l’étude biographique d’une personnalité étrangère (Léon Degrelle, le général Mannerheim, le Canadien Adrien Arcand, le Britannique Mosley, l’Espagnol Ledesmas Ramos…) ou d’une figure française (Doriot, Pierre Drieu La Rochelle, Jean Mabire, Jean-Louis Tixier-Vignancour) cliquez là.

    Le n°2 des Cahiers d’histoire du nationalisme traitait de « François Duprat et le nationalisme-révolutionnaire ». En 2012, Nicolas Lebourg et Joseph Beauregard écrivaient chez Denoël François Duprat. L’homme qui inventa le Front national. Les Cahiers d’histoire du nationalismepoursuivent leur intérêt « archéologique » pour le Front national et évoquent à l’occasion des trente ans de sa disparition accidentelle en novembre 1988 Jean-Pierre Stirbois, l’« homme qui organisa et lança le FN » en tant que secrétaire général. C’est en effet sous son « septennat » que le Front national cessa d’être un groupuscule pour devenir l’un des principaux partis politiques français.

    Le constructeur du FN

    En 1980, le FN de Jean-Marie Le Pen compte moins de 300 adhérents dans toute la France. L’élection en mai 1981 de François Mitterrand à la présidence de la République et la radicalisation droitière de l’opposition RPR – UDF vont permettre au FN de surgir sur la scène électorale. Comprenant la nouvelle donne, Jean-Marie Le Pen choisit dès juin 1981 Jean-Pierre Stirbois au poste de secrétaire général. Il remplace le national-libéral Pierre Gérard, véritable auteur de Droite et démocratie économique(1984). Cette désignation provoque le départ de la revue nationaliste issue d’Europe ActionMilitant, et des nationalistes-révolutionnaires fidèles à la mémoire de François Duprat. Aux élections cantonales de 1982, si le FN ne fait que 0,2 % au niveau national, certains de ses candidats dont Jean-Pierre Stirbois à Dreux-Ouest et un autre candidat à Grande Synthe (Nord) recueillent déjà respectivement 12,62 % et 13,30 % des voix exprimés.

    En devenant secrétaire général du FN, Jean-Pierre Stirbois a très tôt compris que son parti « manque cruellement de structures et de militants encadrés et formés, souligne François Monestier. […] Il se jette à corps perdu dans l’aventure et accomplit un travail remarquable avec des bouts de ficelle (p. 79) ». Il entend réussir trois objectifs précis. Il veut d’abord développer son imprimerie qui lui permet de faire vivre sa famille et qui représente un formidable outil militant à une époque où n’existent pas encore Internet et les réseaux sociaux. Son deuxième dessein vise à fortifier l’appareil frontiste. « Pour Jean-Pierre Stirbois, note Jean-François Touzé, il ne pouvait exister de réussite politique dans la durée sans organisation forte, sans structures solides, sans encadrement charpenté. Bien plus : sans appareil toutes les dérives tous les glissements politiques étaient possibles, voire probables. À l’inverse, avec une ossature ferme, toutes les stratégies et plus encore toutes les tactiques deviendraient envisageables dès lors qu’elles entraient dans le cadre de la conquête des pouvoirs, locaux comme nationaux, s’inscrivaient dans une perspective de relèvement national et étaient utiles pour atteindre les buts ultimes (pp. 97 – 98). » Il bénéficie du travail préparatoire de Victor Barthélemy (1906 – 1985). Ce proche de Maurice Bardèche, secrétaire général du PPF pendant la guerre, fut entre 1973 et 1975 le secrétaire administratif du Front avant d’en devenir le secrétaire général jusqu’en 1978. Il donna au mouvement frontiste des solides statuts largement inspirés de ceux du PCF et du PPF.

    Tout aussi important est son troisième but : l’implantation locale. Jean-Pierre Stirbois souhaite rompre avec une fâcheuse manie prise par les militants. « Après chaque élection, explique Franck Buleux, chaque candidat reprenait ses activités en attendant le prochain scrutin démocratique, sans labourer le terrain électoral, principe sine qua non de développement électoral (p. 15). » Non loin de la résidence secondaire des parents de son épouse Marie-France, il choisit la ville de Dreux en Eure-et-Loire qui, à l’orée des années 1980, préfigure déjà l’Hexagone de la décennie 2010… Dès les cantonales de 1979, il récolte 8,5 % des suffrages, soit l’un des meilleurs résultats du FN. En 1982, il améliore son audience et atteint même 20 % dans les bureaux de vote des quartiers populaires de Dreux. « Cette volonté de se construire un fief électoral est une évidence pour Jean-Pierre Stirbois qui va nouer de plus en plus de liens avec la droite néo-gaulliste drouaise dans le cadre de la préparation des élections municipales de mars 1983 (p. 17). »

    Pragmatisme tactique

    En fin tacticien et à un moment où la droite molle commence à s’élever contre tout rapprochement électoral avec le jeune FN, le secrétaire général frontiste prône une union des forces anti-socialo-communistes à la base, dans la commune. Il cherche à contrer « la diabolisation orchestrée par les adversaires du FN ou, plus exactement, il circonscrit cette diabolisation aux forces de gauche, écrit Franck Buleux. L’intérêt de cette stratégie est que la diabolisation initiée par la gauche s’applique à l’ensemble de la droite (ou presque) et perd ainsi de sa valeur (p. 25) ». Après bien des péripéties se déroule une élection municipale partielle de septembre 1983 à Dreux au cours de laquelle la liste FN récolte 16,70 % des suffrages. Malgré l’hostilité de la direction parisienne, la liste RPR fusionne avec celle du FN et chasse le dimanche suivant la municipalité socialiste. Le « tonnerre de Dreux » fait connaître le FN à la France entière. Le 13 février 1984, Jean-Marie Le Pen pulvérise l’audience d’Antenne 2 lors de l’émission « L’heure de vérité ». En juin, aux deuxièmes élections européennes, le FN remporte dix sièges et constitue avec les Italiens du MSI le groupe des Droites européennes.

    La médiatisation du FN et ses premiers succès électoraux entraînent un afflux d’adhésions. Il faut aussi s’occuper des premiers élus du mouvement. Aux cantonales de 1985, le FN décroche son premier conseiller général en la personne de Jean Roussel élu au scrutin majoritaire uninominal à deux tours dans un canton central de Marseille grâce à une double investiture FN – CNIP (Centre national des indépendants et paysans). Jean Roussel gardera le canton jusqu’en 1992. À la même époque commence la crise politique en Nouvelle-Calédonie. On oublie qu’avant 1989 et la victoire de l’atlantiste Charles de Chambrun à Saint-Gilles-du-Gard, le FN eut en 1983 sa première mairie à Thio sur le « Caillou » avec le ralliement de son maire, Roger Galliot. Perdant la mairie deux ans plus tard, Thio devient ensuite un bastion indépendantiste kanak inexpugnable…

    Jean-Pierre Stirbois fut-il pour autant un tenant de l’« union des droites », lui qui pendant l’entre-deux-tours de la présidentielle de 1988 plaidait en Bureau politique pour un vote révolutionnaire en faveur de François Mitterrand ? On pourrait l’imaginer dans la conjoncture actuelle avec le risque élevé de faire des contre-sens magistraux ! Avant de soumettre par serment au B’nai B’rith en 1986, le RPR et l’UDF sont en 1983 – 1984 dans une vive opposition à François Mitterrand. Plusieurs laboratoires d’idées à forte inclination droitière (le Club de l’Horloge, les Clubs 89, etc.) les travaillent en interne. Le programme RPR – UDF des législatives de 1986 en matière d’immigration et de droit de la nationalité ferait pâlir de nos jours n’importe quel cacique du Rassemblement national en quête de la moindre onction de respectabilité médiatique. Pragmatique et favorable à des accords locaux avec l’opposition (l’accord de désistement réciproque pour le second tour des législatives de 1988 dans les Bouches-de-Rhône avec Jean-Claude Gaudin le prouve), Jean-Pierre Stirbois s’ouvre aussi aux « frères ennemis » nationalistes qui savent animer une section locale, diriger une fédération, répondre aux journalistes, rédiger un tract, organiser des manifestations et riposter aux attaques nombreuses d’autant que le FN manque cruellement de cadres expérimentés. Roland Hélie apporte son témoignage sur l’étonnante réconciliation entre le FN et un PFN (Parti des forces nouvelles) conscient que la dynamique électorale joue en faveur du seul mouvement frontiste. Suite à une rencontre fortuite à La Baule en septembre 1984 entre Jean-Pierre Stirbois et Roland Hélie, alors co-dirigeant du PFN rival, débute un processus de ralliement – intégration. « C’est ainsi, se rappelle-t-il, que, grâce à la clairvoyance de l’équipe dirigeante du parti et la bienveillance du secrétaire général du FN prit fin la lutte fratricide qui anesthésiait le camp national (p. 114). » À peine adhérents au FN, d’anciens militants du PFN dirigent aussitôt des fédérations départementales, se portent candidats aux diverses élections et sont même parfois élus ! Ce rapprochement suscite des deux côtés de vives réticences, y compris de Jean-Marie Le Pen lui-même avant qu’il ne convienne du bien-fondé de la démarche. Cela crée un précédent qui se renouvellera plusieurs fois, en particulier à l’égard d’anciens mégrétistes tels Steeve Briois en 2001. Jean-Pierre Stirbois partageait la même volonté que le premier PFN de Pascal Gauchon de permettre la coopération entre les droites. Le maire adjoint de Dreux, responsable de la sécurité, élu sur une liste RPR – FN ne pouvait pas condamner la présence pour les élections locales de militants du PFN sur les listes RPR…

    L’héritage solidariste

    En outre, sur le plan des idées, le secrétaire général du FN pouvait partager certaines analyses du PFN, lui rappelant son propre engagement solidariste. Lui même militant solidariste aux côtés de Jean-Pierre Stirbois, Francis Bergeron revient sur la première partie de la vie politique du jeune Stirbois. Héritier de l’activisme de l’OAS – Métro – Jeunes, le courant solidariste qui a placé tous ses espoirs (en vain !) en Pierre Sergent privilégie l’action anti-communiste aux idées malgré une floraison de périodiques imprimés. Pourquoi « le “ solidarisme ” au lieu du “ nationalisme ” ? Le trident au lieu de la croix celtique ? C’était un moyen, relève Francis Bergeron, pour ce groupuscule [le Mouvement Jeune Révolution], de créer une vraie et une nouvelle frontière avec l’extrême droite traditionnelle et, le plus souvent, honnie (p. 66) ». C’est le temps où s’affrontent dans une université d’Assas expurgée de ses étudiants gauchistes les solidaristes du GAJ (Groupe Action Jeunesse) aux nationalistes-révolutionnaires du GUD (Groupe Union Défense) ! Il reviendra au tournant des années 1970 – 1980 à Jean-Gilles Malliarakis d’inaugurer le tercérisme, à savoir la combinaison féconde du nationalisme-révolutionnaire et du solidarisme.

    Outre de multiples changements de nom, le « néo-solidarisme » activiste se caractérise par diverses scissions ainsi que par de nombreux départs. En septembre 1977, l’Union solidariste de Jean-Pierre Stirbois intègre le FN, ce qui indisposent François Duprat et ses GNR (Groupes nationalistes-révolutionnaires de base). Cette intégration mécontente aussi certains solidaristes. « Alain Boinet et Laurent Maréchaux, eux, ne se reconnaissent pas dans ce Front national, purement politique, qui repositionne, selon eux, le solidarisme vers l’extrême droite traditionnelle. Ils rejettent le soutien de Jean-Marie Le Pen et vont rompre tout lien avec le courant politique solidariste (pp. 70 – 71). »

    L’ayant connu par le truchement de son amie d’adolescence, Marie-France Stirbois, Alain de Benoist raconte que « Jean-Pierre Stirbois n’était pas passionnément intéressé par les idées. C’était un remarquable organisateur, un homme d’appareil, un politique à l’état pur (p. 53) ». Massimo Magliaro contredit en partie cette assertion. Il se souvient qu’au cours d’un repas pris à Capri, Jean-Pierre Stirbois et lui ne parlèrent « que de corporatisme. Des corporations de la Rome antique. De celle du Moyen Âge. Et puis du corporatisme fasciste, “ affaire classée ” après la Seconde Guerre mondiale (p. 117) ». « Nous nous sommes immédiatement trouvés en symbiose sur le thème de “ son ” solidarisme et de “ mon ” corporatisme, poursuit-il. Nous avions tous deux faits des parcours pour ainsi dire parallèles, caractérisés par une grande attention à l’égard des thèmes sociaux. Il était curieux, il me demandait souvent comment rendre actuelle et moderne une pensée, la pensée corporatiste, qui vient de très loin (p. 117). »

    Ce quinzième Cahiers d’histoire du nationalisme constitue un hommage vibrant à une personnalité marquante de la Droite nationale, populaire et sociale. Sans l’accident tragique qui lui coûta la vie, Jean-Pierre Stirbois aurait-il formé avec Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret un redoutable triumvirat capable de dynamiser le FN et de dynamiter la droite molle, soit obtenir une avancée décisive qui ne vient, trente ans plus tard, toujours pas ?

    • Franck Buleux (sous la direction de), Jean-Pierre Stirbois. De l’engagement solidariste à la percée du Front nationalCahiers d’histoire du nationalisme, n°15, Synthèse nationale, 2018, 156 p., 20 €. cliquez ici 

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