Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

France et politique française - Page 4334

  • Droit de vote des femmes : l'hypocrisie de la gauche républicaine

    Lu dans l'Action Française 2000 à propos du 70e anniversaire de l'instauration du droit de vote des femmes en 1944 par le GPRF (Gouvernement provisoire de la République français) :

    "En effet, des historiens comme Régine Pernoud et Jacques Heers ont bien montré que les droits des femmes en général (y compris en ce qui concerne le vote) étaient plus importants dans le Moyen Âge européen et chrétien qu'ils ne le seront par la suite avec la Renaissance et surtout avec la Révolution française et le code Napoléon. Les "progrès" dans la reprise du droit romain à l'époque moderne auront pour conséquence de faire de la femme une éternelle mineure.

    On oubliera aussi certainement de mentionner le fait qu'en France, au XXe siècle, l'extension du droit de vote aux femmes s'est fait plus tard qu'ailleurs en grande partie parce qu'une large fraction de la gauche s'y opposait, suspectant une trop grande emprise du clergé et de la "Réaction" sur l'esprit des Françaises !

    En ce qui nous concerne, nous raisonnons comme Maurras dans L'AF du 17 février 1917 alors que le débat occupait déjà les esprits (notamment parce que Maurice Barrès, pas vraiment un gauchiste ou un féministe, voulait octroyer le droit de vote aux veuves et aux mères des soldats morts pour la France) : « Nous ne sommes pas plus opposés au vote des femmes qu'au vote des hommesquand ils s'appliquent à des objectifs dont l'électeur et l'électrice peuvent connaître véritablement. Hors de là, c'est une noire fumisterie qui revêt quelquefois une couleur de sang, comme, par exemple, quand la loi ou la constitution raconte aux malheureux votants qu'ils sont les maîtres de la paix et de la guerre ou que leur suffrage peut arbitrer des intérêts généraux que, par position, ils ne sauraient même percevoir. »"

    Michel Janva

  • Martine Aubry perd la métropole de Lille

    Damien Castelain a été élu aujourd'hui président de Lille Métropole. Le maire de Lille, Martine Aubry, qui occupait ce poste depuis 2008, ne s'est même pas présentée, mettant fin à près d'un demi-siècle de domination socialiste.

    Maire de la petite commune de Péronne-en-Mélentois (environ 900 habitants) il a devancé avec 108 voix sur 175 exprimées le candidat de la droite et du centre, l'UMP Bernard Gérard (62 voix), et Eric Dillies (FN, 5 voix).

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2014/04/martine-aubry-perd-la-m%C3%A9tropole-de-lille.html

  • L'Affaire Aquilino Morelle ou le double discours du PS

    Cette affaire n'est pas seulement symptomatique du trafic d'influence. Elle est aussi caractéristique de l'hypocrisie mensongère d'une certaine classe politique. En 2010, il écrivait une tribune dans Libération (elle est accessible ici) :

    "Stupéfiés, accablés, révoltés, les Français assistent, à l’occasion de «l’affaire Bettencourt-Woerth», à la mise à nu d’une part constitutive de l’identité de la droite : la consanguinité du monde des «riches» et de celui des «puissants», le rapport incestueux entre le pouvoir et l’argent, le déni - d’un telcynisme qu’il tourne à la naïveté - de ce qu’est un conflit d’intérêt."

    Il aurait même pu écrire cette tribune en pensant à lui-même :

    "Ce qui rend la situation actuelle grosse de dangers pour le pouvoir, ce n’est pas le seul dévoilement de cette réalité, ni même que cette révélation intervienne alors que la crise économique et sociale est profonde, mais le fait que le pouvoir, tournant le dos à ses engagements, pratique une politique injuste et contraire aux promesses accordées."

     Et il précise :

    "La question de la compatibilité entre l’argent et la gauche renvoie ici à celle de la distance. En l’occurrence, la distance qu’il faut savoir mettre, lorsqu’on est un responsable politique de gauche, entre soi et l’argent - et ceux qui le détiennent. Cela ne signifie pas l’interdiction de vouloir progresser socialement, de chercher à mettre les siens à l’abri du besoin, ni même de s’enrichir. Pas davantage la condamnation du monde de l’entreprise, dont la finalité reste pourtant le profit. Cela veut dire que dans la relation, inévitable, que nous entretenons tous avec l’argent il faut savoir conserver une distance, la distance qui permet de rester libre. Libre de ses appréciations, de ses choix, de ses décisions."

    Michel Janva

  • Inverser la courbe du chômage ? Rien de plus simple !

    La délinquance ? Elle vient du chômage. Le rejet des « élites » ? Le chômage. La pauvreté ? Encore le chômage.   

    Selon Platon, les chefs de la cité bonne devaient détenir leur autorité de leur connaissance du Juste et du Bien. C’est, là, bien compliquer les choses. L’essentiel pour un dirigeant n’est pas la vertu, ni la connaissance du Bien et des fins dernières du politique : il s’agit d’inverser la courbe du chômage. Tous les problèmes de la France proviennent du chômage.

    Si les Français votent FN, c’est bien sûr par désespérance, et cette désespérance vient du chômage. La délinquance ? Elle vient du chômage. Le rejet des « élites » ? Le chômage. La pauvreté ? Encore le chômage. Bien sûr, il n’y a pas de travailleurs pauvres, ni d’instinct de violence et de domination. Et il est impensable, pour les technocrates hors-sol qui nous gouvernent, que certains puissent être, et de plus en plus, attachés à une entité millénaire comme la France, ou qu’ils puissent revendiquer une vraie souveraineté populaire. Le chômage est le père de tous nos maux. Il faut régler ça.

    Lire la suite

  • J-M Le Pen: "En 2002, nous n'étions pas prêts"

    Jean-Marie Le Pen, qui a accédé au second tour de la présidentielle en 2002, affirme dans un débat qui sera diffusé dimanche sur LCP que le FN n'était "pas prêt à prendre le pouvoir" à l'époque.
    Vous êtiez prêt à gouverner ? "Non, non, nous n'étions pas prêts à prendre le pouvoir. On peut être président de la République sans être prêt à prendre le pouvoir", nuance-t-il aussitôt, dans un débat avec une journaliste, le politologue Pascal Perrineau et le nouveau premier secrétaire du PSJean-Christophe Cambadélis.

    lire la suite

  • Vers l'abandon de la réforme sur les rythmes scolaires ?

    La réforme Peillon a suscité tellement d'opposition que benoît Hamon envisage, sans l'avouer, de l'abroger :

    "D'abord, il y a eu le terme «assouplissement», utilisé par Manuel Valls dans son discours de politique générale. Puis les précisions du ministre de l'Éducation, Benoît Hamon: ni retrait, ni report, un passage aux nouveaux rythmes en septembre 2014 pour les 83 % de communes restantes et des «expérimentations» «au cas par cas». La nuance sémantique ou l'art de revenir sur un décret décrié sans avoir l'air de capituler

    Dans une interview aux journaux du groupe Ebra, le 17 avril, Benoît Hamon explique que le décret Peillon du 26 janvier 2013 n'est pas caduc, mais qu'il publiera «un autre texte sous une dizaine de jours, en complément». Objectif: «tenir compte des expérimentations de qualité, qui poursuivent l'objectif de la réforme mais peinaient à s'inscrire dans le cadre du décret».S'agit-il d'un décret bis qui effacerait le précédent, ou d'un texte encadrant les conditions d'expérimentation? Les exceptions pourraient-elles finalement devenir la règle?

    «Le principe des neuf demi-journées (qui a scellé le retour du mercredi matin à l'école, NDLR) sera maintenu, mais je ne m'interdis rien», a ajouté le ministre. Est-ce à dire que la semaine de quatre jours sera possible? [...]"

    Et si on laissait la liberté de ces rythmes scolaires aux corps intermédiaires ? Ils sont très certainement plus compétents pour savoir ce qui est bon pour les élèves. 

    Michel Janva

  • Moi président: leur République exemplaire

    On se souvient de la litanie «Moi président» débité par François Hollande lors de son débat télévisé de second tour face à Nicolas Sarkozy. «Moi président de la République, il y aura un code de déontologie pour les ministres, qui ne pourraient pas rentrer dans un conflit d’intérêts» jurait-il. Vraiment ? Selon Médiapart pourtant, le docteur Aquilino Morelle, compagnon de Laurence Engel, directrice de cabinet d’Aurélie Filippetti, ancien de Euro RSCG, directeur de campagne d’Arnaud Montebourg lors de la dernière Primaire présidentielle socialiste, aurait mis les deux mains dans le pot de confiture. Ce fils de modestes immigrés espagnols, souvent cité comme exemple d’un pur produit de laméritocratie républicaine, «plume» et actuel conseiller politique du chef de l’Etat, est ainsi accusé d’avoir travaillé avec des laboratoires pharmaceutiques alors même qu’il était censé les contrôler en tant qu’inspecteur de l’Igas (Inspection générale des affaires sanitaires). Nous allons y revenir. Une nouvelle illustration (?) du double langage, du «faites ce que je dis mais ne  faites pas ce que je fais » si courant au sein de l’oligarchie, d’une caste au pouvoir  dont les happy few  se partagent places et prébendes.

     Ainsi,  comme l’ex patron de la CFDT, François Chérèque et l’inénarrable socialo-sarkozysteFadela Amara il y a quelques mois, l’écolo-gauchiste Dominique Voynet, vient d’être recasée  à l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales), confortable sinécure qui verse à ses membres un salaire brut annuel oscillant entre  70 000 à 120 000 euros. Ex député, ex sénatrice,  ancienne du gouvernement Jospin, ex maire de Montreuil, la nomination de Mme Voynet s’est faite  lors du conseil des ministres de ce mercredi sur  proposition du ministre des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine, et du ministre du TravailFrançois Rebsamen.

     Le socialiste Claude Bartolone, Président de l’Assemblée nationale,  n’a pas été tendre avec Dominique Voynet à l’annonce de cette nouvelle: « Elue ou parachutée tour à tour dans le Jura, au parlement européen, en Seine-Saint-Denis, puis défaite par les électeurs ou auto-démissionnée par certitude de l’être, Madame Voynet, si prompte à critiquer la violence du systèmerestera certainement silencieuse quant à la manière dont elle vient d’en profiter goulûment ».

     Une planque en or en attendant tranquillement la retraite certes, mais à qui la faute M. Bartolone ? Comme beaucoup de ses amis politiques, gageons que ce dernier a certainement compris l’effet désastreux que produit sur l’opinion ses exemples de juteux copinages. Au moment même d’ailleurs ou François Hollande «proposait» officiellement la nomination de l’ancien secrétaire général de l’Elysée, Pierre-René Lemas,  à la tête de laCaisse des dépôts et consignations (CDC), en remplacement de son successeur après du président  de la République, Jean-Pierre Jouyet.

    Pour en revenir à Aquilino Morelle, l’homme qui «collectionne les distinctions, les colères, les impatiences, les bouffées narcissiques » (Libération, du 9 novembre 1999),  le portrait qu’en brosse Médiapart, qui le décrit comme un «petit marquis» au Palais de l’Elysée, est tout bonnement affligeant et caricatural. Il illustre tellement le décalage entre le discours de lanomenklatura   et leurs actes,  entre la vie de cour des nababs du Système et la France d’en bas qu’on a parfois du mal à y croire.

     Selon l’enquête menée, M. Morelle, membre de  l’Inspection générale des affaires sanitaires, travaillerait  depuis 2007 pour le laboratoire  pharmaceutique Lundbeck. Ce qui est rigoureusement interdit par la loi qui stipule que «les fonctionnaires et agents non titulaires de droit public consacrent l’intégralité de leur activité professionnelle aux tâches qui leur sont confiées. Ils ne peuvent exercer à titre professionnel une activité privée lucrative, de quelque nature que ce soit».

     André Nutte, responsable de l’Igas au moment des faits a expliqué au micro de RTL qu’ «On ne peut pas avoir une mission d’inspection et de contrôle et apporter une prestation d’assistance à une entreprise qui fait partie du contrôle. On peut parler de conflit d’intérêt ou au moins évoquer la notion, c’est la moindre des choses».

    Mediapart s’arrête aussi sur les privilèges exorbitants accordés à Morelle : deux chauffeurs personnels, entièrement à sa disposition, des secrétaires également  payés par les contribuables  qui géreraient  les conflits avec les locataires de ses  nombreux biens immobiliers, ses absences  du bureau pour des séances de «sauna, hammam ou gommage», sa consommation, à haute fréquence, de grands crus de la cave de l’Elysée, la venue régulière  d’un cireur de chaussures…

    Et le site d’affirmer encore que M. Morelle, ex plume de Lionel Jospin et qui écrit officiellement les discours de François Hollande depuis mai 2012,  utiliserait en réalité  un nègre pour les écrire, Paul Bernard. «Alerté, le président a fini par sortir le nègre des griffes du conseiller en décembre 2012», assure le site…

     Notons encore que M. Morelle comme François Hollande, Pierre Moscovici , Marisol Touraine, Arnaud Montebourg et Najat Vallaud-Belkacem ont été parrainés  pour devenir  des Young leaders. Le programme Young leaders a été « créé en 1981 dans le but de donner un nouveau souffle aux relations transatlantiques », c’est «l’un des programmes phares de la French-American Foundation (FAF)» (Atlantico). La FAF est sponsorisée, entre autres, par la banque Lazard de Mathieu Pigasse qui, heureux hasard, fut choisie en août 2012 par le gouvernement  pour conseiller l’État dans la création de la Banque publique d’investissement…

     La FAF a été créée en 1976 conjointement par les présidents Ford et Giscard d’Estaing. Un lobby atlanto-américain,  une structure  « fabriquant des agents d’influence de Washington, au terme d’un programme élaboré par une Fondation qui fut présidée un temps par le futur coordinateur des services secrets américains, John Negroponte,indiquions  nous sur notre site en mai 2012.

     Le quotidien Les échos  dans son édition du 16 janvier 2013 affirmait qu’Aquilino Morelle «estaujourd’hui une pièce maîtresse du dispositif élyséen : de gauche, foncièrement de gauche, plus à gauche que le président, il est à la fois son conseiller politique, sa plume (…)  et son porte-parole officieux. » 

     Il est  surtout aujourd’hui un  boulet supplémentaire pour le chantre démonétisé de la «république exemplaire» note Bruno Gollnisch. 

    http://gollnisch.com/2014/04/18/president-republique-exemplaire/

  • La gauche radicale et ses tabous

    A l’occasion de la sortie en décembre dernier du livre La gauche radicale et ses tabous (le Seuil), nous mettons à disposition ici, en libre circulation, une vidéo réalisée dans notre série des entretiens mutins (contre la pensée tiède).
    Dans cet entretien, Aurélien Bernier part d’un constat douloureux mais irréfutable : malgré le succès de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en 2012, c’est bien le Front National qui réussit le mieux aujourd’hui à capter le mécontentement populaire. Comme dans la plupart des pays d’Europe, la crise du capitalisme profite moins à la gauche radicale qu’à une mouvance nationaliste favorable au capitalisme. C’est ce paradoxe qui est analysé par l’auteur.
    Paralysé par la peur de "dire la même chose que Le Pen", le Front de gauche s’enferme dans trois contradictions. Il veut restaurer la souveraineté populaire mais ne défend plus la Nation, seule espace possible pour une réelle démocratie. Il lutte pour "une autre Europe", sociale et solidaire, mais n’assume pas la nécessaire rupture avec l’ordre juridique et monétaire européen. Il est anticapitaliste mais renonce au protectionnisme contre le libre échange mondialisé qui brise toutes les résistances.
    Souveraineté populaire et nationale, désobéissance européenne et protectionnisme : tels sont les trois sujets tabous dont la gauche radicale doit se ressaisir, au lieu de les abandonner au Front National qui a beau jeu de se présenter comme le seul protecteur du peuple français. Ce même Front National qui, dans les années 80, chantaient les louanges de Ronald Reagan et de l’ultralibéralisme...
    Aurélien Bernier, ancien dirigeant d’Attac et proche du Front de Gauche, collabore régulièrement au Monde Diplomatique. Il a notamment publié Le Climat, otage de la finance (2008), Désobéissons à l’Union européenne ! (2011) et Comment la mondialisation a tué l’écologie (2012), aux éditions Mille et Une Nuits.