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France et politique française - Page 4336

  • L'ABCD de l'égalité : une utopie éducative

    Lu sur le site des enseignants pour l'enfance :

    "Première remarque, l’ABCD de l’égalité est une entreprise qui repose sur une conception restrictive de l’égalité des sexes. On pourra s’étonner, à la simple consultation du site internet qui lui est consacré, de n’y voir que des femmes. Celles-ci, pédagogues ou enseignantes, sont représentantes d’un féminisme unique, qui est le féminisme de genre. Ainsi, Claire Pontais, professeur agrégée d’EPS, est responsable d’une séquence intitulée « Danser : le Petit Chaperon rouge », qui a été recommandée par l’ A. R. G. E. F. (Association de Recherche sur le Genre en Éducation et Formation). De même, Geneviève Guilpain, professeur de philosophie qui explique dans une vidéo du site comment « former les enseignants à combattre les stéréotypes », se félicite, dans une interview donnée à l’association « Adéquations », d’ « aborder la question de genre dans la langue » et de poser à ses élèves la question qui suit : « Comment une langue genrée modèle-t-elle notre vision de la réalité ? » Enfin, Véronique Rouyer, interrogée par les promoteurs de l’ABCD au sujet de la « Construction de l’identité sexuée de l’enfant », a pu être auteur d’un ouvrage collectif intitulé Genre et socialisation de l’Enfance à l’âge adulte. Sans qu’il soit ici question de discuter de la pertinence de ces travaux, soulignons-en seulement la convergence idéologique : fondé sur une exclusivité des positionnements, l’ABCD de l’égalité, qui laissait espérer la possibilité d’une ouverture, laisse place à la réalité d’une fermeture. L’égalité promise en ce projet ouvre ses portes à un abécédaire de la partialité. [...]

    Deuxième point, le programme, qui se donne pour ambition de changer les mentalités, déroge à la vocation de l’institution scolaire. [...]

    Il est une chose enfin, sur laquelle nous aimerions conclure, à l’appui de l’expérience : l’ABCD de l’égalité, qui entend changer les consciences, est une chimère qui semble vouée à l’échec. Pour avoir participé à bien des projets de ce type, pour être entrés dans bien des expériences similaires, nous sommes en mesure d’affirmer qu’à l’école la vertu ne s’enseigne pas par des leçons, mais se montre par l’exemple. Quelque chose au contraire nous dit que, à vouloir empêcher la construction des identités par le discours, il est à parier que celle-ci ne s’établisse par des moyens détournés, qui seront autrement plus violents. Le petit garçon, qui se verra bousculé en son identité, ne sera-t-il pas tenté, quand l’adulte aura le dos tourné, de faire preuve comme il l’entend de sa virilité naissante ? La petite fille, dont on suspectera la féminité, n’éprouvera-t-elle pas le désir de se réfugier vers des stéréotypes caricaturaux et aliénants ? Vouloir éradiquer les repères qui construisent les personnes, c’est aussi prendre le risque de laisser à chacun d’imposer les siens par le fait de l’arbitraire. Égalitaire en sa visée, cet abécédaire inédit risque de susciter, dans les cours de nos écoles, bien des vocations de despotes. Ainsi, une égalité des sexes qui souhaiterait passer outre les archétypes aurait pour corollaire le retour d’un sexisme arrogant, endigué par nulle culture. « Le courage », écrivait Jaurès, « c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel. » Privilégiant l’un, sans tenir compte de l’autre, les promoteurs de l’ABCD de l’égalité risquent de faire naître, au sein même de notre école, de grandes déceptions, probable prélude à d’imprévisibles colères. [...]"

    Michel Janva

  • Sur la notion d'élite

    e qu'on qualifie du terme d'élite, c'est la partie supérieure d'une communauté. En mathématiques, on utilise les termes de « max » ou de « sup » d'un ensemble donné, pour qualifier sa partie supérieure. L'erreur que commentent beaucoup, c'est de croire qu'une élite donnée soit transcendante. Autrement exprimé, qu'une élite donnée soit ainsi reconnue par tous, en tout lieu et à toute époque. Pour déterminer l'élite (partie supérieure) d'un ensemble, on doit disposer d'une relation d'ordre ainsi que d'une norme. Si la première ne pose problème (« < » et « > »), c'est la seconde qui fait toute la différence : c'est ainsi que selon la norme choisie, pour un même ensemble d'individus, l'élite sera différentes.
    Zidane comme Platini firent partie de l'élite. A condition bien sur de prendre pour norme la valeur footballistique. Cela ne signifie absolument que si on prend en considération une autre norme – l'intelligence par exemple – ces deux hommes en feraient nécessairement partie. L'élite dans le cadre de l'armée est constituée par les officiers et notamment les généraux. Là encore, cela ne signifie pas que ces derniers continuent de faire partie de l'élite si on prenait en compte d'autres critères.
    L'absence d'élite ne peut exister que dans le cadre d'une société totalement égalitaire. On peut par exemple prendre en considération certaines micro-sociétés comme celles postérieures à mai 68 tout en s'en réclamant. Il n'en reste pas moins que celle-ci achoppèrent sur les qualités humaines de ses membres. C'est ainsi que même en postulant l'égalité totale et parfaite que certains paramètres, notamment naturels, continuent d'être discriminant. Toujours afin d'imager, notre physique et je pense au visage, influence considérablement le rapport qu'autrui entretient avec nous. Donc, même si tous étaient habillés de la même façon, que les différences perdureraient.
    L'une des erreurs que je constate assez souvent à la lecture de la prose issue de la mouvance, est de considérer que la société actuelle qui caractérise la France d'aujourd'hui n'a pas d'élite. D'où l'introduction du terme de « pseudo-élite ». En fait, cette élite existe pourtant bien et se comporte en tant que telle. Le fait est que ceux qui ne la reconnaissent pas utilisent une autre norme et on donc une autre conception de l'élite. En aucun cas l'élite actuelle ne trahit : elle tisse sa toile avec les valeurs qui sont les siennes, toujours soucieuse de respecter son engagement envers la cause qu'elle s'est choisie.
    On sait aujourd'hui que certaines formations universitaires ouvrent grandes les portes du pouvoir. Ainsi Science po, l'Ena ou le droit. L'un des objectifs de l'Ena justement, est depuis sa fondation, de former des individus susceptibles d'occuper les plus hauts postes, dans la société de leur époque. On comprend alors très bien le ridicule à affirmer que les énarques trahissent : au contraire, ils font justement ce pour quoi ils ont été formés. Fonctionnaires bien souvent à très haut niveau, ils obéissent au même titre qu'ils dirigent.
    Dans les faits, chaque idéologie politique dispose de sa propre norme et ainsi, de sa propre élite. La question est de savoir s'il est possible de trouver une norme absolue, permettant de trouver une élite susceptible d'être consensuelle. On m'accordera bien volontiers que l'éthique et la vérité sont des valeurs spécifiquement humaines et indépendantes de l'espace comme du temps. On pourrait donc concevoir que pour appartenir à l'élite, même si on peut ajouter d'autres critères, il faille adhérer tant à l'éthique qu'à la vérité.
    Un aspect me semble presque certain : c'est que l'élite actuelle, n'est pas en phase avec ces valeurs...

    Philippe Delbauvre

    http://www.voxnr.com/cc/dt_autres/EuppkVElFpDkFtSvPm.shtml

  • Hausse de l'homophobie : et si les coupables n'étaient pas ceux qu'on croit ?

    FIGAROVOX/OPINION- Selon le rapport annuel de l'association SOS Homophobie, les actes homophobes ont augmenté fortement 2013. Pour Christian Combaz, les coupables ne sont pas à chercher dans les rangs de la Manif pour Tous.

    l a suffi de deux heures pour que la responsabilité de la recrudescence des agressions homophobes soit attribuée, par la quasi-totalité de la presse, à des habitants de Versailles et des beaux quartiers, dont l'influence sur le voyou de base ne fait aucun doute, surtout depuis qu'ils ont osé défiler contre le mariage gay.

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  • Alstom : les délires du court-termisme

    L’attitude, à courte vue, du président de la République le conduit droit dans un piège.

    L’affaire Alstom fait la une des journaux mais on n’en parlera sans doute plus dans quelques semaines. La position du président de la République est frappante : elle conditionne, en substance, son choix au problème du maintien de l’emploi, même si d’autres aspects tels que la sécurité énergétique sont évoqués : « La solution qui sera la plus favorable à l’emploi en France. »

    Polémia

    Puissance industrielle et souveraineté technologique

    Bien entendu cette préoccupation est parfaitement légitime d’un point de vue politique immédiat. Mais dans le long terme, période dont personne ne semble plus se soucier aujourd’hui, c’est le problème de la puissance industrielle et, compte tenu du caractère stratégique de l’activité d’Alstom, celui de la souveraineté technologique de la France et donc de l’Europe qui est posé. Or c’est le maintien de cette puissance et de cette souveraineté qui garantira les emplois de demain et, bien entendu, pas seulement les emplois mais l’indépendance même de l’Europe.

    Curieusement cette analyse est absente de la plupart des discours ou commentaires que nous entendons sur ce sujet.

    L’Allemagne relais de la puissance américaine en Europe

    Or ce qui se prépare, avec ce qu’il faut bien appeler le dépeçage d’Alstom, c’est l’accélération du démantèlement industriel de l’Europe, démantèlement auquel échappe, pour le moment, l’Allemagne, non pas seulement par ses vertus propres qui sont réelles dans le domaine industriel, mais aussi parce qu’elle est, plus qu’on ne le croit habituellement, le relais de la puissance américaine en Europe continentale. Cette position explique pourquoi la chancelière est si prompte à considérer comme clos le débat sur les écoutes de la NSA qui pourtant la visait directement et à s’empresser de soutenir l’Accord sur le Grand Marché transatlantique (TTIP). En effet, cet accord, grâce à l’unification des normes qu’il institue, au sein de ce vaste ensemble géoéconomique, va permettre à son pays de réexporter, demain, en Europe depuis les Etats-Unis dans d’excellentes conditions de « compétitivité » des produits manufacturés, automobiles notamment, en profitant des bas salaires pratiqués dans les Etats du Sud.

    Il s’agira, en quelque sorte, pour nos voisins allemands, d’appliquer, à partir de l’autre rive de l’Atlantique, une politique symétrique de celle qu’ils poursuivent avec le succès que l’on sait au sein de leur zone d’influence en Europe centrale.

    L’essentiel : le patrimoine scientifique, technologique et industriel

    Pour en revenir au sort d’Alstom, même si la solution qui consiste à créer un grand pôle européen de l’énergie est séduisante, il n’est pas certain que, dans ce cas précis, et surtout dans l’immédiat, la fusion avec Siemens soit nécessairement la meilleure solution. L’image ressassée par les médias de « l’Airbus de l’énergie » est trompeuse car les deux entreprises sont peu complémentaires et très différentes par la taille.

    L’essentiel dans ce dossier qui devrait alerter au premier chef les gouvernants c’est le maintien et le développement d’un patrimoine scientifique, technologique et industriel exceptionnel.

    Comme le rappelle Alain Cardon (http://www.europe-solidaire.org/), l’un de nos meilleurs spécialistes des technologies de pointe : « Ce qui est effarant dans cette politique présidentielle de soumission à la prédation financière étrangère est l’incapacité à comprendre ce qu’est la valeur du niveau de compétence mondiale d’Alstom, ce que sont ses brevets exceptionnels et l’extrême compétence de ses ingénieurs français en R&D, tout cela que l’on va perdre à jamais, définitivement, pour n’avoir strictement plus rien et en se sachant donc incapable de pouvoir recréer cette compétence. Perdre Alstom est la perte définitive d’un domaine de compétence, une perte absolument définitive que l’on ne pourra plus jamais retrouver » (Site Europe Solidaire).

     Jean-Claude Empereur 3/05/2014

    http://www.polemia.com/alstom-les-delires-du-court-termisme/

  • De Valls à Copé une même doctrine : « Laisser faire, laisser passer, laissez vous dépouiller »

    Promesses et annonces mirifiques sont le lot commun de tous les gouvernements, a fortiori quand ils sont en  difficulté, avant chaque consultation électorale d’importance.  L’actuel exécutif  mené par Manuel Valls   n’échappe pas à cette règlepour essayer  de retenir par le col un électorat qui le désavoue avec une ampleur  inégalée sous la cinquième république, deux ans seulement après l’élection du « champion » du PS avec le soutien des écolo-gauchistes et des trotsko-communistes rassemblés par  Jean-Luc Mélenchon.  Le Premier ministre, dans une dernière  tentative pour s’attirer la sympathie des catégories populaires,   a annoncé ce matin sur Europe 1  de nouvelles mesures fiscales. Elles devraient permettre a-t-il dit,   à 3 millions de Français, dont  1,8 million de ménages de sortir de l’impôt sur le revenu. Un  « cadeau »  chiffré à un milliard d’euros. Ce geste qui était décrit comme impossible avant la chute brutale des intentions de vote pour le PS dans les sondages, deviendrait donc réalité demain. Miracle des élections…

     Sous la pression engendrée par la dynamique nationale enregistrée dans les enquêtes d’opinion et vérifiée lors des municipales, le gouvernement sort également de son chapeauun vocabulaire emprunté au FN, celui du patriotisme économique dont Arnaud Montebourg se veut l’incarnation à la tête de son ministère.

     Le gouvernement vient donc de  publier un décret qui, en toute hypothèse, permettrait d‘empêcher   le rachat de sociétés stratégiques, puisque  ledit rachat  serait désormais  soumis à l’aval de l’Etat. Déjà en 2004 et 2005, sans oser aller jusqu’au bout de ce qui devrait être fait,   le gouvernement Raffarin  avait mis en place un dispositif équivalent. Il  soumettait à autorisation les investissements étrangers dans le domaine des jeux d’argent  et les secteurs plus sensibles  de la défense nationale et  des technologies de l’information.

     Un décret qui concernerait  Alstom, tendant à faire  faire oublier les couacs sur ce dossier, les analyses divergentes exprimées notamment par Ségolène Royal qui a fait part de ses préférences pour le dépeçage de cette entreprise française  par l’américain General Electricplutôt que par l’allemand Siemens, solution  qui a les faveurs du « patriote » Montebourg

     Le site d’Europe  1 précise qu’ « il faut faire attention aux mots. Le patriotisme économique, ce n’est pas du protectionnisme assure le gouvernement français ». Et ce d’ailleurs pour une raison bien simple c’est que le protectionnisme  est interdit par l’Europe bruxelloise.

     Or ce protectionnisme  intelligent prôné par le FN précise Bruno Gollnisch,  ce  n’est  pas l’interdiction de la  circulation des marchandises, des investissements (et des personnes), mais son  encadrement strict, au nom   la défense résolue   de nos  intérêts vitaux,  quand ceux-ci   sont menacés par un  dogme  ultra libre échangiste délirant, sacro-saint, élevé au rang de religion.

     Europe 1 indique encore  que  « la Commission européenne a mis jeudi Paris en garde contre toute tentation protectionnisteL’objectif de protéger les intérêts essentiels stratégiques dans chaque Etat membre est essentiel dès qu’il s’agit de sécurité ou ordre public. C’est clairement prévu dans le traité, a (…)  reconnu le commissaire chargé du Marché intérieur, le Français Michel BarnierMais nous devons vérifier si (cet objectif) est appliqué de manière proportionnée sinon cela reviendrait à du protectionnisme (…). « Si elle estime qu’il s’agit de protectionnisme, la Commission européenne peut alors décider de saisir la Cour de justice européenne (CJUE) et déposer un recours en manquement, pour faire annuler le décret ».

     Dans le passé, les garde-chiourmes bruxellois ne s’en sont pas privés. Et pour rappeler justement le cas Alstom, le gouvernement français avait  dû en 2003  arracher à la Commission européenne le droit d’aider ce fleuron français qui traversait une mauvaise passe. Un simple sursis, puisque les mêmes causes produisant les mêmes effets, le très périmé, défectueux et nuisible  logiciel européiste de l’UMP et du PS, sans même parler des très lourds handicaps générés par l’euro,  continue de porter  de  très mauvais coup à l’ensemble de nos entreprises.

     Bref les Etats de l’UE ont le droit  de se défendre selon les caciques de UMPS, mais mollement et avec un bras  attaché dans le dos,  et sans remettre en cause le dogme euromondialiste du « laisser faire, laisser passer, laissez-vous dépouiller ».

     «Laisser faire, laisser passer, laissez vous dépouiller ». Une formule que certains appliquent aussi à la gestion par Jean-François Copé de l’UMP. Après les révélations du Point en février, c’était au tour de Libération d’affirmer, documents à l’appui,  que  l’UMP aurait réglé près de 20 millions d’euros lors de la campagne présidentielle à des amis de M. Copé.  Entre autres joyeusetés, 12,7 millions d’euros versés pour l’organisation de «conventions thématiques» qui ont laissé des  souvenirs pour le moins confus  aux  intéressés. Voire pas de souvenirs du tout, comme l’affirme le député UMP Pierre Lellouche, crédité d’une intervention fantôme qu’il conteste formellement  et qui vient donc  de saisir son avocat…

     Les Français envahis, matraqués, pressurés, volés, dépossédés,  écœurés par les mensonges, la démagogie, les prévarications diverses et variées  des ripoublicains  qui passent leur temps à leur donner des leçons  de maintien européiste  et de bon goutantipopuliste,  doivent  se saisir du scrutin du 25 mai pour dire STOP.

     Le sondage  CSA-BFMTV-Nice Matin  publié hier   indique que nos compatriotes, du moins ceux  qui auront la sagesse, le civisme, l’intelligence de se déplacer pour faire entendre leur voix, seraient  25 % à voter pour les listes FN le 25 mai, en progression d’un point. L’UMP recueillerait   21 % (-1 point),  le PS  18 % (- 2 points),  l’attelage  UDI-MoDem  9 % (inchangé), Europe Écologie-Les Verts 8% (+ 1 point),  le Front de Gauche  6,5 % (- 1 point). Toutes les autres listes ne parviendraient pas à avoir d’élus, du fait de leur très faible score. Ce qui explique, notons-le au passage, les nombreux messages de soutien reçus ces dernières semaines  par le FN, émanant  d’électeurs souverainistes,   indiquant qu’ils renonceront à voter  pour les listes de M.  Dupont-Aignan afin de ne pas stériliser leur vote.

     Une enquête d’opinion qui, s’ajoutant aux révélations sur l’affaire Copé,  vient en tout cas corroborer les craintes du député UMP de Haute-Savoie Lionel Tardy.  Dans un entretien accordé au site Hexagones.fr, ce soutien de François Fillon, qui affirmait déjà en février que « tout le monde  savait » au sein de son parti  que des malversations financières étaient commises, prévoit  la disparition de l’UMP.

     « Je pense qu’il  (Copé, NDLR) traîne pas mal d’histoires avec Ziad Takieddine et toute la bande (…). Je pense qu’au mois de juin, l’UMP n’existera plus, donc il n’y a même pas besoin de la quitter (…). En juin vont se lancer les primaires et l’UMP deviendra une coquille vide. Chaque candidat va créer son micro parti pour avoir des financements et ils demanderont tous aux militants de donner leurs sous directement à leurs écuries plutôt qu’à l’UMP. Copé n’aura plus que sa centaine de millions de dettes pour pleurer ».

     Puissent les électeurs de la droite (de conviction), comme le souhaite Bruno Gollnisch,  en tirer eux aussi  les conséquences nécessaires d’ores et déjà à ces élections européennes !

    http://gollnisch.com/2014/05/16/valls-cope-meme-doctrine-laisser-faire-laisser-passer-laissez-depouiller/

  • [Entretien] Paul-Marie Coûteaux à L’AF : "Tous ceux qui ont le souci de la nation sont des interlocuteurs."

    Paul-Marie Coûteaux, à quelques jours des élections européennes et alors que les media ont fait un large écho à ses divergences avec Marine Le Pen, a accordé un long entretien à L’Action Française où il dit sa foi dans des "rassemblements autour d’une incarnation forte".

     

    L’AF 2886 - Les médias ont pris un malin plaisir à attiser vos dissensions avec Marine le Pen. Qu’en est il exactement ?

    PAul-Marie COÛTEAUX - On peut en effet parler de divergences de vues avec Marine le Pen -ou plutôt entre le Front National et le SIEL, car il me semble que je ne fais que refléter l’opinion médiane des membres de mon parti. Ces divergences ne sont pas anormales puisque, bien que nous soyons alliés, nous n’appartenons pas aux mêmes traditions politiques -c’est d’ailleurs tout l’intérêt, et le risque, de ce que nous tentons en lançant des passerelles entre des courants qui se sont trop longtemps ignorés, ou combattus...

    Que les journalistes s’intéressent à ces divergences n’est pas étonnant puisque, le SIEL étant le seul allié du FN, l’affaire a une certaine portée : la question est de savoir si le FN peut avoir un partenaire ou pas. L’aspect personnel compte beaucoup moins, la brouille entre Marine le Pen et moi-même n’étant qu’un épisode d’une amitié qui dure depuis douze ans, et qui en a connu bien d’autres... 

    Restent nos divergences de vues. La première a porté sur la laïcité : le SIEL, ouvertement chrétien ( nous avons inscrit les "points non négociables de Benoît XVI" en tête de notre charte ) ne tient pas la laïcité pour une mise à l’écart de la religion, puisque les religions sont aussi des civilisations et que l’on ne peut vouloir reléguer la civilisation dans la "sphère privée", encore moins mettre en France toutes les civilisations sur le même pied, Nous croyons à la nécessité d’une sorte de préférence chrétienne et cette divergence de vues nous a séparés lors des différentes "manifs pour tous", aux cotés desquelles le SIEL s’est engagé -de même qu’il s’est engagé auprès du Printemps Français, du "Jour de la Colère", et des différents mouvements de jeunes qui ont éclos à la faveur du formidable renversement d’époque ouvert par les grandes manifs de 2013.

    Le souverainisme s’est trop longtemps présenté sous la forme d’une statocratie, alors que les questions de civilisation se sont faites de plus en plus aiguës et que ce n’est pas seulement la Nation et l’Etat qu’il faut sauver mais une certaine notion de l’Homme et je crois l’Humanité même de l’Homme. Ceci nous a conduits à ajouter une troisième terme au triptyque souverainiste : à côté de la souveraineté de la nation et de celle de l’Etat, nous avons aussi à défendre une souveraineté culturelle, entendue comme sauvegarde de l’originalité, donc des origines mêmes de la civilisation française qui sont grecques, chrétiennes, romaines et supposent le respect minimal d’une "nature des choses"...

    Mais le débat majeur porte sur la stratégie de conquête du pouvoir, et sur le rôle à nos yeux moteur que doit jouer le RBM ( "Rassemblement Bleu marine" ), qui fut lancé en décembre 2012 et qui reste hélas dans les limbes ; aucune manifestation publique, aucune réunion de ses administrateurs (sur sept, trois viennent du SIEL), aucune visibilité -à telle enseigne que, par exemple, les listes européennes se nomment FN et non plus RBM comme ce fut le cas pour lors des Législatives il y a deux ans. Je m’en inquiète, comme l’ont fait récemment de leur côté Gilbert Collard ou Robert Ménard : nous tenons d’autant moins à être assimilés au FN qu’il nous paraît impensable qu’un parti puisse conquérir seul le pouvoir (il y faut une majorité, dont le FN est assez loin...), encore moins qu’il puisse le restaurer et l’exercer dans sa plénitude, ce qu’exigent pourtant les très graves circonstances d’aujourd’hui. Rien ne peut plus se faire en France sans un large gouvernement de salut public doté d’une légitimité forte, donc d’une très vaste assise populaire, que seul assure le rassemblement de tous ceux qui placent la nation au coeur de leur projet. Il y en a parmi les royalistes, parmi les amis de Philippe de Villiers, ou ceux de Nicolas Dupont Aignan, mais aussi à l’UMP, et ailleurs, dans de petits groupes mobilisés sur tel ou tel sujet ( l’écologie, l’alimentation, la santé, l’éducation, l’immigration etc.) ou autour de personnalités, écrivains ou autres, auxquelles nous ne prêtons pas assez d’attention...

    Vous vous méfiez donc des partis... [...]

    La suite dans L’AF 2886

  • Hollande et Royal : les Thénardier de la politique ?

    On comprend qu’il l’ait « récupérée » : ces deux-là sont semblables. Sous leur air bonnasse – de gentil rondouillard pour lui et de dame patronnesse pour elle – ce sont deux monstres. D’égoïsme, de calcul carriériste, d’indifférence au monde. Franchement, s’ils ont fonctionné comme cela en famille, on plaint leurs quatre enfants.

    Ceux qui l’ont approché assurent qu’il ne dit jamais non. Pas vraiment oui non plus. Hors la baisse du chômage et le retour de la croissance qui se débine, il n’assure rien, ou alors pas grand chose. Multiplie les sourires, dit blanc à l’un et noir à l’autre. N’en fait qu’à sa tête, cloisonne, ment par omission.

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  • La souveraineté nationale, pilier d'une autre Europe

    Extrait du discours d'Aymeric Chauprade, prononcé mardi dernier au Chesnay :

    "Notre souveraineté, depuis 1500 ans, faisait de la fille aînée de l'Eglise, l'un des plus puissants pays du monde : un pays respecté, imité, aimé qui a perdu peu à peu le droit de gouverner son destin et de peser dans l’Histoire par lui-même. Le premier bilan que nous pouvons faire de l’Europe est celui de la dispersion à tous vents de notre souveraineté nationale : notre économie est partie à Bruxelles, notre monnaie à Francfort, notre Justice au Luxembourg, notre géopolitique à Washington…

    Evidemment, en cette période électorale, l’UMPS échafaude mille projets de nouvelle Europe…mais de quelle Europe ?Election européenne après élection européenne, traité après traité, l’UMPS a accompagné le même processus communautaire visant à nous déposséder de notre souveraineté, transformant nos régions en Lander gouvernés par des roitelets européistes dont la seule obsession est de détruire l'Etat-nation. L’UMP en campagne brandit l’étendard d'une Europe des nations alors même quele PPE, groupe auquel elle appartient au Parlement européen, vote depuis toujours 100% des transferts de souveraineté !

    Quant à M. Dupont Aignant, qui voudrait nous faire croire qu'il est gaulliste, mais il est FAF : il appartient à la French American Foundation, club de politiques français tous partis confondus (excepté le Front national) formés aux Etats-Unis à appliquer les ordres de leurs maîtres. M. Dupont Aignant est tout sauf un gaulliste, c'est un supplétif de l'UMP, c'est, après le premier filet tendu qui est M. Guaino pour lequel j'ai bien plus d'estime, un deuxième filet qui sert à rattraper l'électeur de l'UMP, effrayé par l'européisme congénital de M. Lamassoure et qui serait tenté de devenir logique avec lui-même en ralliant enfin la vague Bleu Marine le 25 mai. La tâche de convaincre de son opposition au traité transatlantique tout en étant fils des programmes d'influence américaine en Europe, ne doit pas être aisée…

    Comment l’UMPS a-t-elle réussi à nous vendre cette construction européenne depuis des décennies? Au nom du mythe de l'Europe-puissance. Une grande majorité de Français y a longtemps cru, et beaucoup hélas croient encore qu'au bout de cette longue route, nous cueillerons l’Europe-puissance, protectrice des Etats-Unis, de l'Asie émergente, du nouveau monde et de ses nouvelles puissances économiques et géopolitiques. Mais il n’en est rien :sans souveraineté nationale, toute velléité de puissance reste un mirage inaccessible. A défaut de souveraineté économique, l’UMPS console les Français en faisant vibrer les cordes d’une plus grande démocratie. Or il est facile de constater que la courbe de l'abstention dans les nations en Europe, et en particulier en France, épouse la courbe du transfert de souveraineté vers l'Union européenne. Plus la souveraineté nationale est transférée vers Bruxelles, Francfort ou Washington, moins les Français votent!

    L’UMPS nous assène que l'avenir de la France est dans la Commission européenne ce qui devrait logiquement conduire les Français à voter massivement aux élections européennes or ils ne le font pas. Pourquoi ? Parce qu’il n'y a pas de souveraineté européenne.En lieu et place des souverainetés nationales perdues, c’est le vide absolu. Seul reste le pouvoir d'une technocratie au service d'une oligarchie financière américaine et européenne, qui loin de travailler au Bien commun européen, veille au grain de ses intérêts particuliers.

    Sur les 200 pays dans le monde, seuls les 28 de l'UE ont accepté cette folie de l'abandon de leur souveraineté au profit d'une élite mondialisée, affranchie de ses nations, ses identités, ses territoires et ses religions, pour vivre dans l'esclavage du Dieu Argent, en poussant les peuples à devenir esclaves de leurs pulsions consuméristes et sexuelles, déliés de leurs appartenances naturelles, la famille, la nation, le Divin.

    Alors, comme ultime argument l’UMPS assure que la souveraineté nationale créerait un isolement suicidaire dans notre nouvel ordre mondial, mais qu’en est-il des Etats-Unis, de la Corée du Sud, du Japon, de la Chine, de la Russie et tant d’autres ? Sont-ils isolés ?Au contraire de tout cela, nous devons rétablir des coopérations régionales et inter-étatiques flexibles, adaptées à la nouvelle Europe de demain : celle de la coopération des Etats aux intérêts de sous-groupes méditerranéens, danubiens, balkaniques, baltiques... Si demain la France retrouve sa souveraineté, elle aura les moyens de reconstruire sa puissance et la démocratie renaîtra de ses cendres : les Français, comprenant qu’ils ont de nouveau le pouvoir en main, voteront !"

    Michel Janva

  • Dossier : le « viol d’Évry » ou l’étrange traitement des faits divers

    15/05/2014 – via Ojim.fr – Il y a un mois s’est déroulé un fait divers particulièrement sordide et choquant, aussi bien en soi que par le silence dont il a été entouré dans les médias mainstream. Il pose à nouveau la question du traitement sélectif des « faits divers ».

    Dans la nuit du 29 au 30 mars dernier, une jeune fille de 18 ans sort du RER à Évry. C’est alors qu’elle est agressée par quatre adolescents âgés de 13 à 17 ans, dont trois sont de nationalité turque et le plus âgé de nationalité marocaine. Sous la menace d’un couteau, ceux-ci l’emmènent dans le parc de Courcouronnes où, après l’avoir dépouillée, ils la déshabillent, la frappent à coups de bâton (elle aura le nez et la mâchoire fracturés), puis la violent successivement et l’humilient de diverses manières. Elle est laissée en sang, à demi dénudée, après deux heures de calvaire, et récupérée par un automobiliste qui l’emmène immédiatement à l’hôpital. Grâce à la vidéosurveillance et au témoignage de la jeune fille, les coupables sont rapidement appréhendés et confondus par leur ADN. N’exprimant pas le moindre remords, ceux-ci affirmeront avoir agi ainsi « parce que les Français sont tous des fils de pute ». On aurait pu penser qu’un fait divers d’une telle monstruosité, allant jusqu’aux actes de barbarie, impliquant des mineurs dont deux ont à peine treize ans, se déroulant dans la commune de l’actuel Premier Ministre et comprenant un caractère aussi frontalement raciste, aurait un retentissement certain dans la sphère médiatique française. Il n’en fut rien. Seul François d’Orcival, dans Valeurs actuelles, relaya avec effroi l’affaire tandis que tous les autres médias se contentaient d’une brève tronquée de l’événement : on en avait en effet expurgé la dimension raciste, pourtant présentée par les auteurs eux-mêmes comme le mobile essentiel de leur acte. Mais nous sommes en 2014, si bien que cette censure un peu trop flagrante scandalisa les réseaux sociaux et donna lieu à un grand nombre d’articles dans la « réacosphère » (Boulevard VoltaireAtlantico24 heures actu). Au point queRue89 finit par publier un papier, non sur l’affaire elle-même, mais sur le « buzz » qu’elle avait provoquée sur le Net.

    Diversion ou symptôme ?

    Le traitement des faits divers a toujours été fondamentalement problématique pour les médias. Le sociologue Pierre Bourdieu est l’auteur de la formule selon laquelle le « fait divers fait diversion ». Remarquant que les médias, pour des raisons de concurrence et d’accroche commerciale sont naturellement attirés par le sensationnel, il mettait justement en garde contre le risque de surexposer certains faits en raison de leur impact émotionnel au détriment d’une analyse plus juste et rationnelle de la réalité. D’un autre côté, qu’est-ce que la réalité, sinon une collection de faits divers ? Toute la question réside donc dans la valeur symptomatique ou non que l’on accorde à un fait. Soit il n’est que le symptôme de l’éternelle violence des hommes et il témoigne simplement qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, et que les hommes tuent, volent, violent et se suicident depuis toujours – auquel cas, il est formalisé sous les espèces d’une simple brève dans la rubrique des « faits divers ». Soit il témoigne d’un phénomène inédit, ou globalement non perçu, et revêt alors une dimension révélatrice. De possible diversion du réel, il se fait au contraire surgissement brutal de celui-ci. Le viol d’une étudiante indienne dans un autobus, à Delhi, en décembre 2012, avait soulevé une immense émotion dans la population et entraîné une prise de conscience salutaire quant à la violence impunément faite aux femmes en Inde. À la suite de nombreuses mobilisations, de nouvelles lois avaient été votées pour lutter contre ce problème. Ainsi, le fait divers n’avait nullement « fait diversion » en ce cas, puisque c’était au contraire l’aphasie et l’accoutumance à l’insupportable qui laissaient ignorer des situations de souffrance scandaleuses. En 1955, l’assassinat du jeune adolescent noir Emmett Till allait être à l’origine du mouvement des droits civiques qui aboutirait à affranchir les Noirs américains d’une situation d’apartheid dans le « pays de la liberté ». On n’imagine guère, avec du recul, reprocher à ceux qui s’étaient scandalisés de la mort d’Emmett Till d’avoir donné dans le populisme et entretenu des tensions intercommunautaires au prétexte d’un simple fait divers ne traduisant rien de significatif.

    Statistiques ou populisme

    Mais l’attitude dominante de la gauche médiatique est de se méfier des faits divers à la suite de Bourdieu, et de préférer leur opposer la froide vérité des statistiques. Le « fait divers » serait intrinsèquement spectaculaire, trompeur et populiste, alors que les chiffres des sociologues permettraient de discerner les vrais contours de la réalité. C’est en tout cas l’argument fondamental du dernier livre d’Aymeric Caron. Le chroniqueur de Laurent Ruquier oppose dans Incorrect (Fayard) des lignes de chiffres aux prétendus fantasmes des rares journalistes estampillés « néo-réacs ». Pourtant, au risque de décevoir ce professionnel de la certitude autosatisfaite, les chiffres peuvent aussi bien faire diversion que les faits divers… La démographe Michèle Tribalat conteste par exemple, avec des travaux scientifiques très sérieux, la plupart des chiffres officiels sur l’immigration. Le chiffre est bien l’une des données les plus manipulables qui soient, surtout d’un point de vue sociologique où tout est question de critères et de grilles préalables. En somme, un chiffre ne s’interprète pas moins qu’un fait divers, et la prudence n’en est pas moins requise dans une condition que dans l’autre. Ceux qu’a cités Laurent Obertone dans La France Orange mécanique (Ring) n’ont par ailleurs jamais été démentis et dressaient un panorama pour le moins terrible de la progression de la violence en France ces trente dernières années. En outre, le travail de ce dernier a consisté à rassembler une multitude de faits divers particulièrement révélateurs de l’ensauvagement des rues (et des banlieues) françaises. On a pu par conséquent lui faire le procès de compiler de manière unilatérale des faits « sensationnels » dans le but d’éblouir la raison par l’émotion suscitée. C’est en effet le risque d’une telle entreprise, mais l’ignorance dans laquelle sont tenus de pareils phénomènes est, pour le coup, la marque d’un aveuglement certain.

    Transmutations ratées

    Surtout, les médias officiels ont beau jeu de ranger dédaigneusement en simples « faits divers » les événements qui pourraient contredire trop cruellement la doxa qu’ils défendent en leur refusant toute qualité symptomatique, et de mépriser d’emblée ceux qui voudraient recourir à un tel procédé. En effet, l’année écoulée a été en ce qui les concerne le théâtre de tentatives plus outrées les unes que les autres de transmuter en symptômes et en alertes de simples faits divers… Rappelons-le : l’affaire Méric n’a été que celaL’affaire Léonarda, pas autre chose. Quant à l’histoire de la banane offerte à Madame Taubira, de quoi s’agissait-il d’autre ? Que l’insulte d’une enfant de la Manif pour tous envers la garde des Sceaux ait été considérée comme relevant du racisme le plus stupide et le plus scandaleux, voilà qui s’entend parfaitement. Mais que ce fait divers trahisse pour autant, à la manière d’un symptôme éloquent, un regain inquiétant du racisme envers les Noirs en France – idée promue par tous les médias dominants – relève de la plus pure supercherie ! Un tel acte, tellement circonstancié et tellement marginal, n’avait aucune raison d’être considéré comme révélateur de quoi que ce soit. En tout cas, les trois faits divers que nous venons de citer, le premier censé accréditer le retour d’une menace fasciste, le second le retour de la déportation des Roms, le troisième, le déferlement de la haine anti Noirs, ont donné lieu à des prises de parole au plus haut sommet de l’état et à des couvertures médiatiques insensées. La jeune fille violée et torturée à Evry le mois dernier n’a quant à elle mérité que de brefs encarts escamotant les raisons de son supplice.

    Déni d’évidence

    Par l’entremise de Rue89, relayant le travail d’Arrêt sur Images, le pouvoir médiatique se justifie du non traitement de cette affaire : « Contacté par ASI, le procureur a relativisé ces informations. Il a commencé par dire : « Il est possible qu’à un moment donné, de tels propos aient été tenus [...]. » Mais il a ensuite précisé que le racisme n’avait pas été considéré comme le « motif du viol » et il a ajouté qu’il n’avait pas été retenu comme circonstance aggravante, comme l’expliquait Valeurs actuelles (même si la question sera peut-être soulevée au procès). En revanche, il y a bien mise en examen pour « viol avec torture et acte de barbarie ». Les agresseurs ont voulu « abîmer » la victime, le plus possible, avec des gestes dégradants. » Il y a en effet de quoi être rassuré et comprendre pourquoi une telle broutille ne méritait pas d’être traitée davantage que sur trois lignes… Le mobile raciste serait-il absent, la victime serait-elle de la même nationalité que ses tortionnaires, que ce « fait divers » serait toujours le symptôme d’une « évolution » sociétale terrifiante au regard de l’âge des bourreaux et de la sauvagerie de leurs actes. Quant au mobile raciste du viol, le procureur a beau relativiser et s’exprimer au conditionnel, il n’est nullement écarté. Sa prudence est simplement de mise durant l’instruction d’un procès mais elle n’est pas une dénégation apportée aux articles de la « réacosphère », à laquelle Arrêt sur Images semblerait vouloir clouer le bec par un coup de fil à un procureur tenu à la langue de bois. On aurait pu vouloir mettre en garde contre des conclusions hâtives (ce fut l’écueil cuisant de l’affaire Méric, en effet…), mais on prétend au lieu de cela contredire avec les arguments les plus spécieux qui soient et on ne démontre rien. Le faisceau de présomptions quant au mobile raciste du viol d’Évry est pourtant étoffé. D’abord car les agresseurs « l’auraient » – c’est-à-dire « l’ont » (qui aurait inventé ou suggéré cette éventualité ?) – déclaré eux-mêmes. Ensuite parce que ce mobile explique l’absence de remords (l’acte devient une manière de se faire justice contre une population abhorrée – la française). Enfin parce que le plus âgé des agresseurs, donc, dans les tranches d’âges en question, a priori, le leader de la bande, sortait justement de prison pour viol contre… le fils d’un policier. Alors soit les goûts sexuels du garçon sont fort éclectiques, soit, et c’est le plus probable, le viol est moins pour lui une pulsion sexuelle qu’une pulsion de haine et un moyen d’humilier l’ennemi : la France.

    Le zoom et le cache

    Si sur Rue89 on ne voit donc aucune raison de s’attarder sur le viol d’Évry, on est en revanche beaucoup plus prolixe lorsqu’il s’agit de démontrer la persistance du racisme dans le sens unilatéral où il est censé s’exercer. Ainsi de longues tribunes sont consacrées à mettre en relief l’horreur que représente, pour cette lycéenne maghrébine, d’avoir dû essuyer deux insultes racistes en six mois. Ailleurs, une jeune femme témoigne du malaise qui est le sien à l’écoute de plaisanteries douteuses. Comment ne pas instiller l’idée, par un tel traitement de l’information, qu’une insulte de lycéen lancée à une jeune Maghrébine, aussi regrettable et blessante soit-elle, mérite à peu près cent fois plus d’inquiéter l’opinion publique que le viol en série assorti de crachats, de coups de bâton et d’urine imposée à une Française, parce que celle-ci a eu le malheur de naître dans le pays que ses ancêtres ont construit ? Si les actes racistes contre les minorités bénéficient d’un « zoom médiatique » important et systématique, le racisme anti-blanc, ce racisme qui ne doit pas exister, est quant à lui dissimulé sous un cache sans qu’on s’encombre du moindre problème moral, ou même de la moindre nécessité de cohérence intellectuelle. Ce double traitement atteint, notamment avec le viol d’Évry, une disproportion délirante. Les chiffres et les faits divers ne sont qu’un matériau de base pour ceux qui sont censés nous informer. Les uns comme les autres sont manipulables à souhait. Mais le pouvoir médiatique paraît désormais traiter ce matériau comme une pâte élastique qu’il est possible de distordre en tout sens afin de l’enfoncer dans les moules idéologiques prévus à cet effet. Sauf que cette pratique n’est pas une pratique d’informateurs, mais de propagandistes, et même de propagandistes en fin de règne.

    http://fr.novopress.info/166534/dossier-viol-devry-letrange-traitement-faits-divers/