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France et politique française - Page 4932

  • Manuel Valls vs Cardinal Barbarin : 0 - 1

    Quand le ministre de l'intérieur déverse son discours maçonnique sur la laïcité devant un parterre de responsables religieux, il n'apostrophe que l'archévêque du lieu, le cardinal Barbarin.

    Ce dernier lui répond en mettant en avant ses contradictions sur la Foi qu'il voudrait restreindre, comprimer à la fameuse sphère privée, comme s'il appartenait, soit dit en passant, à la République et à un ses ministres, fussent-ils en loges, de définir la Foi, son application et son étendue dans la vie des hommes.

    La réponse du Primat des Gaules.

    Lahire  http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • La famille est-elle un “fantasme” ?

    C’est la négation de la différenciation sexuelle qui est une chimère, pas la famille composée d’un homme et d’une femme.

    Dominique Bertinotti, ministre déléguée chargée de la Famille, a déclaré au Sénat le jeudi 4 avril : « La sexualité est désormais dissociée de la conjugalité et de la procréation. »

    Alors que la sénatrice Michelle Meunier, membre de la commission des Lois, affirmait en parlant du “mariage pour tous” : « Ce texte s’inscrit dans la devise de notre République. Il permet aux couples homosexuels de faire famille. Assumons-le. Il sort la famille du fantasme “une maman, un papa et un enfant”. […] Cette famille-là n’a jamais été universelle. […] De tout temps, des enfants ont été élevés par d’autres personnes que leurs père et mère. Ce qui pose problème, c’est cette famille idéalisée, “hétéro-patriarcale-blanche” de préférence de plus en plus éloignée des réalités. »

    Derrière ces discours pour le moins idéalistes, Dominique Bertinotti passe allégrement d’un fait sociologique, où des enfants naissent hors mariage, à une affirmation ontologique minimisant leur origine pour avaliser une “parenté” homosexuelle qui n’existe pas puisque les enfants sont issus d’un lien entre un homme et une femme. Elle fait d’un constat une norme structurelle.

    D’autre part, peut-on concevoir que la famille “une maman, un papa et un enfant” serait un “fantasme” ? A-t-on encore le sens des mots pour réfléchir ? C’est ici que nous pouvons comprendre que lorsqu’une société perd le sens de la différence sexuelle, elle perd le sens de la vérité des réalités. Nous y sommes quand on invente des droits incohérents.

    Au sens psychanalytique, un “fantasme” est l’expression d’un désir impossible et donc irréalisable, et le symptôme d’une autre scène inavouable et souvent transgressive. Or, il faut bien un homme et une femme et leur union la plus intime pour qu’au coeur de leur corps respectif et dans le meilleur des cas du corps conjugal, se conçoive une union et naisse un enfant. En affirmant un tel déni, la sénatrice dit le vrai fantasme qui est au coeur du “mariage” irréaliste qu’elle soutient : dans la relation de similitude et de miroir entre deux personnes de même sexe, se développe l’idée que chaque sexe pourrait se suffire à lui-même en réactivant le fantasme primaire de toute-puissance de l’autoengendrement. “Je me fais tout seul” ou encore “je produis un enfant en solitaire”. C’est le summum du narcissisme qui ne crée ni une relation d’altérité, ni un couple générationnel, mais qui transgresse la différence sexuelle !

    Il est difficile d’attribuer à un duo de personnes de même sexe les mêmes caractéristiques qu’à un couple formé par un homme et une femme alors que psychologiquement, socialement et symboliquement, ils ne les possèdent pas. On confond ici l’égalité en dignité de la personne avec l’égalité des situations et on fait l’impasse sur les distinctions nécessaires si l’on ne veut pas entretenir la confusion des pensées.

    La majorité des personnes homosexuelles ne souhaite ni se marier ni adopter des enfants, car ces personnes savent que cela ne « comblera pas leurs lacunes » (comme l’a dit, lors de la “manif pour tous” du 24 mars, Jean-Marc Veyron la Croix, maire socialiste de Chasselas). Et les Français le refusent à 56 % (sondage BFMTV-le Parisien du 11 avril) quand il s’agit de l’adoption des enfants (mariage et filiation sont liés même si on veut les séparer). Une minorité d’activistes et d’idéologues veulent pourtant obtenir l’un et l’autre comme une sorte de reconnaissance sociale en récupérant le symbole matrimonial pour apparaître “normaux” et avoir les mêmes droits, mais ils ne se marieront pas pour autant. Nous l’avons vu avec le pacs, plus de 93 % sont contractés par un homme et une femme. Et dans les pays où le “mariage” entre personnes de même sexe est permis, passé une période d’engouement, leur nombre s’est effondré.

    On nous affirme que “marier” les personnes de même sexe ne retire rien aux autres citoyens mais que le législateur donne de “nouveaux droits”. En fait, cela change tout puisque le code civil est modifié pour redéfinir le mariage et la filiation à partir des fantasmes de l’unisexualité et de l’autoengendrement en supprimant les termes qui renvoient à la différence sexuelle ! Une transgression majeure et délétère qui suscite déjà de nombreux ressentiments. La politique, c’est aussi savoir ne pas prendre des symboles pour des fantasmes.

    Tony Anatrella *  Valeurs actuelles

    (*) Tony Anatrella est l’auteur, sur le même sujet, du Règne de Narcisse (Presses de la Renaissance, et en livre audio Saint-Léger Productions) et de la Tentation de Capoue (Éditons Cujas).

  • Un nouveau mai 68 ?

    Commentateurs et journalistes s'interrogent devant le mouvement de résistance spirituelle qui prend forme. Quel rapport peut-on établir entre mai 68 et mai 2013 ?

    La réponse m'est apparue, lumineuse, en tombant sur cette remarque faite par le philosophe russe Nicolas Berdiaeff au début du XXe siècle :

    « Les utopies apparaissent comme bien plus réalisables qu’on ne le croyait autrefois. Et nous nous trouvons actuellement devant une question bien autrement angoissante : comment éviter leur réalisation définitive ?… Les utopies sont réalisables. La vie marche vers les utopies. Et peut-être un siècle nouveau commence-t-il, un siècle où les intellectuels et la classe cultivée rêveront aux moyens d’éviter les utopies et de retourner à une société non utopique moins « parfaite » et plus libre. »

    Les jeunes et moins jeunes citoyens qui se mobilisent aujourd'hui en déployant des trésors d'imagination ne le font pas pour communier fugitivement en une utopie où les désirs de l'homme se verraient affranchis de toute limite. A l’inverse, leur conscience crie – et c'est une bonne nouvelle que tant de consciences soient encore vives – à l'approche de l'ombre qui se profile derrière cette loi. L'ombre d'une distopie qui se caractérise par la négation de la complémentarité homme-femme, de la parenté et surtout par le développement de l'eugénisme et de la marchandisation de l'homme dans la mesure où les couples homosexuels, stériles par nature, demandent dès à présent, fort de leur nouveau statut, à pouvoir accéder aux techniques de procréation médicalement assistés. Huxley avait pressenti cette société monstrueuse à laquelle la rupture radicale entre la culture et la nature humaine conduit. Et ce n'est certes pas un hasard s'il a placé la phrase de Berdiaeff citée ci-dessus, en épigraphe de son Meilleur des mondes (1932), livre qui décrit une société dans laquelle la reproduction est devenue entièrement artificielle et où la seule évocation de la notion de parenté est considérée comme obscène.

    L'eugénisme est en marche. Il l’est déjà négativement depuis quelques années. Les personnes en devenir atteintes de trisomie sont presque totalement éliminée avant de naître. Toute une classe d'hommes est ainsi privée de venir à l'existence. La loi actuelle prépare l'ouverture d'un eugénisme positif avec la sélection des gamètes pour concevoir artificiellement les hommes en fonction du désir de couples stériles par nature. Lisez les reportages de grands journaux comme La Croix sur les banques de sperme danoises et les cliniques indiennes qui pratiquent la GPA. Discutez avec une personne qui a eu recours à ces techniques à l’étranger : derrière une belle histoire vous arriverez toujours au point où elle vous dira : « oui j’ai acheté du sperme, j'ai choisi celui récolté à côté d’un campus d’étudiants danois ». Le prix du sperme à l’étranger est aujourd'hui variable en fonction de l'anonymat ou non du donneur, et, dans le second cas, de son niveau de diplôme, de ses caractéristiques physiques et, probablement, implicitement, de la couleur de sa peau. On se demande pourquoi Harlem Désir et la cour européenne des droits de l’homme ne s’émeuvent pas de ce qui est déjà une réalité en Belgique, au Danemark ou dans le pays qui autorisent cela. Pour la GPA, il serait intéressant de savoir comment sont sélectionnées les femmes indiennes qui s’y plient : en fonction de leur corpulence et de leur dentition ? Il est vraie qu’une prétendue journaliste (en fait une militante de la cause lesbienne) qui fait trop parler d’elle pour la citer encore ici, déclarait déjà sur la matinale de France-Culture il y a quelques années que les femmes du tiers-monde gagneraient à porter des enfants (des femmes occidentales) plutôt qu’à devoir se prostituer. Les déclarations de Pierre Bergé sur la GPA ("Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l'usine, quelle différence ?") n'ont visiblement pas plus choqué le gratin médiatique et politique (la petite-amie du président de la République, Manuel Vals, Rama Yade, Roselyne Bachelot, Laurence Ferrari...) qui se sont précipités à la soirée demi-mondaine que le milliardaire qui a financé la campagne de François Hollande organisait pour défendre cette cause.

    Mai 68 et mai 2013 sont inverses dans leur motivation profonde, même si la générosité et la vitalité de la jeunesse peuvent s’y exprimer avec le même éclat. Mai 2013 ressort d’un feu plus intérieur, plus profond, dans un monde plus ténébreux. Puisse-t-il contribuer à éclairer des consciences ankylosées par la dispersion de l’attention, la désinformation, la surconsommation, la sexualité dégradée. Les temps qui viennent nous réservent des surprises. Le monde actuel ne tient que sur une gigantesque entreprise de suggestion. Ouvrez les yeux, vos yeux et ceux de vos proches, et il s'effondrera comme l'illusion qu'il est.

    Blaise Caillerez http://www.printempsfrancais.fr/

  • Forte mobilisation en vue pour le 26 mai

    Lu dans Le Figaro :

     

    "Selon le responsable des transports, «la mobilisation est déjà un cran au-dessus» par rapport à la manifestation du 24 mars. Treize rames de TGV sont affrétées (au lieu de 10), et les commandes de billets groupées se multiplient. «Pour les cars, on en est à exactement le même nombre que le jour du 24 mars, alors qu'il nous reste plus de deux semaines!, affirme Caroline, l'une des organisatrices. Quant à la solidarité interrégionale, elle est importante: le nombre de dons de gens qui n'ont pas les conditions physiques pour venir, ou qui résident à Paris et veulent parrainer un provincial, est lui aussi en augmentation.» Sur le site de la Manif pour tous affluent les propositions de logement, de covoiturage ou de garde d'enfants. [...]

    Pour la grande démonstration de force du 26 mai, les parcours qu'emprunteraient quatre cortèges sont encore à l'étude. «L'idée est d'investir Paris en venant de la porte de Saint-Cloud, de la porte d'Orléans, et aussi de l'est et du nord, évoque Caroline. Pour se retrouver soit aux Invalides, soit au Champ-de-Mars.» Et après la «Méga manif»? «Il n'y aura pas de pause, assure Ludovine de la Rochère. Tout l'été, nous proposerons de nouveaux types d'action sur les lieux de villégiature.»

    Michel Janva  http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Immigration les arguments fallacieux

    À force d'être martelés, des arguments faux finissent par apparaître comme des vérités.
    Pour tout ce qui concerne l'immigration, plusieurs arguments mensongers sont inlassablement répétés et, à force d'être martelés, finissent par devenir la vérité officielle pour la plupart des individus.
    Quels sont-ils ?
    1- La France a connu les trente glorieuses, années de forte croissance après-guerre jusqu'en 1974 grâce à l'immigration. Qu'en est-il réellement ? Après la Seconde Guerre mondiale, il est vrai que l'économie française a eu besoin d'une main-d'œuvre supplémentaire considérable.
    Les deux réservoirs immenses ont été :
    - L'exode rural : des millions de paysans français ont quitté nos campagnes pour aller dans les villes et sont devenus ouvriers ou autres et ont donc contribué à notre formidable expansion industrielle, l'agriculture, en se mécanisant, n'ayant plus besoin d'eux.
    - La main-d'œuvre féminine : avant, les femmes, dans leur grande majorité, ne travaillaient pas ou tout au moins leur travail n'était pas compté dans la production économique officielle. Des millions de femmes françaises, après la Seconde Guerre, sont entrées dans le marché du travail et ont donc contribué à notre développement économique des trente glorieuses.
    En comparaison, les dizaines de milliers d'immigrés non européens, présents sur notre sol durant ces années, ne constituèrent donc qu'un pourcentage très faible. Il était même possible de s'en passer en modernisant l'appareil productif. Au-delà de toutes les fariboles humanitaristes, le grand patronat a fait appel à eux pour peser sur les salaires (en situation de plein emploi, les salariés français étant en position de force, pour négocier leurs salaires). Il est donc paradoxal de constater que la gauche française actuelle, en ce qui concerne l'immigration, défende les intérêts du grand patronat contre les ouvriers français.
    Immigration et chômage !
    2 - la comparaison avec l'Allemagne.
    M. Fodé Sylla, président de SOS-Racisme, écrit dans le Figaro du 20 septembre 1995 :  « Aucune corrélation entre taux de chômage et population immigrée n'a jamais été démontré scientifiquement. »
    Pour démontrer cette affirmation, M. Sylla donne comme cas particulier un exemple (ce qui n'a jamais été une démonstration), et qui plus est un très mauvais exemple. 
    « L'Allemagne qui, ayant plus d'immigrés, et moins de chômage. »
    La comparaison entre ces deux pays est sans signification, puisque ces deux États ne comptabilisent pas les immigrés de la même façon.
    En Allemagne, qui pratique le droit du sang pour la nationalité, un Turc de la troisième génération peut encore compter comme immigré. En France, où règne le plus grand laxisme en ce qui concerne la naturalisation, le nombre d'immigrés est donc très sous-évalué par rapport à celui de l'Allemagne.
    À ceci, il faut ajouter que l'immigration actuelle en Allemagne est, dans sa grande majorité, européenne  (Europe centrale ou de l'Est) ce qui n'est pas le cas en France.
    3 - La France a toujours été un pays d'immigration et, d'ailleurs, celle-ci n'a pas changé en pourcentage depuis toujours.
    La population française a toujours  été globalement celto-germanique, depuis la Gaule jusqu'au milieu du XIXe siècle (ce qui fait plus de 2 000 ans), avec quelques lbères dans le Sud-Ouest, auxquels certains attribuèrent une origine slave. Les derniers arrivants furent les Normands au XIe siècle. Il a donc fallu attendre le XIXe siècle pour avoir l'arrivée des Belges et Italiens.
    Ensuite, vinrent, au XXe siècle, les Polonais, Espagnols, Portugais, quelques Russes et Allemands... Jusqu'à la seconde guerre mondiale et même un peu après (les années 60), la population française a donc été dans sa quasi totalité européenne. L'immigration non européenne et non chrétienne est très récente par rapport à notre histoire et n'a rien à voir avec les précédentes.
    La dernière mode est de parler des douze millions de Français qui auraient un ancêtre étranger. Mais cet ancêtre, justement, avait souvent Ia particularité d'être là avant la Seconde Guerre et, dans les statistiques, on mélange toutes les origines.
    Lorsqu'on compare les 6,5 % d'immigrés d'aujourd'hui avec les 0,5 % de 1931, on gomme toutes ces différences fondamentales, en plus des très nombreuses naturalisations qui masquent statistiquement la réalité sociale et sociologique.
    PAR PATRICE GROS-SUAUDEAU (Figaro)

  • La Manif pour tous (bien) vue par la presse locale

    Retour sur trois articles sur les manifs de dimanche et lundi derniers.

    Toulouse : Pourquoi les anti-mariage pour tous ne désarment pas (La Dépêche).

    "Sous un beau soleil de printemps, la «Manif pour tous» a fait du bruit, hier à Toulouse, entre le Fer à Cheval et les allées Jean-Jaurès, en passant par Esquirol. Un cortège accompagné de deux énormes podiums musicaux qui crachaient de la musique techno, juchés sur des semi-remorques.

    Un déploiement de moyens impressionnant, avec 120 membres de service d'ordre, 50 membres du service accueil, qui a tranché avec la maigre contre-manifestation rassemblée place Esquirol (lire ci-dessous).

    6 000 personnes selon la police, 15 000 selon les organisateurs, ont défilé contre le Mariage pour tous. C'est la 6e action à Toulouse, et la 2e manifestation d'ampleur depuis le 17 novembre 2012".

    Montpellier : Le succès de la Manif Pour tous était un jeu d'enfants (Tout Montpellier).

    "Dans une ville gay-friendly comme Montpellier, les opposants au mariage pour tous ont montré leur conviction dans la défense du modèle familial traditionnel : un père + une mère... et des enfants. Démonstration du propos avec les familles présentes en masse. Ce qui donnait des airs de départ de colonie de vacances aux jardins du Peyrou. A quelques détails près.

    Les enfants tiennent des drapeaux ou des pancartes et commencent à entonner des slogans. C'est sans doute en faisant défiler les siens, parfois encore dans leur poussette, que l'on défend les intérêts des enfants".

    Hérouville : une élue témoigne sur la répréssion de la manif pour tous (La Manche libre)

    "Christine Bonnissent est maire-adjointe d'Hérouville Saint-Clair, en charge de l'éducation et de la petite enfance. Son communiqué de presse consacré à l'attitude de la police lors de la visite de George Pau-Langevin, ministre déléguée à la Réussite éducative, au collège lycée expérimental d'Hérouville le lundi 6 mai a fait couler beaucoup d'encre et... écrire beaucoup de tweets.

    Tendance Ouest a joint Christine Bonnissent par téléphone. Elle raconte ce qu'elle a vu et explique la raison pour laquelle elle a souhaité témoigner de cette "bousculade".

    Lahire  http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Démographie, valeurs, idéal : la modernité à l’épreuve du Katholik Park

    Rien n’agace plus notre système et sa police de la pensée que d’avoir crié trop tôt victoire ; et d’avoir pensé en avoir terminé avec un ennemi qui ne finit pas de renaître - puisqu’il fait des enfants avec amour et illustre le droit à la vie. C’est ennemi c’est le christianisme et il a des ventres qui ne sont pas à vendre mais à louanger. Et ce ventre fécond insupporte la Bête.

    J’ai déjà donné à méditer ces lignes de Paul Hazard ; le début du siècle dit des Lumières pensait aussi en avoir terminé avec son vieil ennemi. Et puis voilà...

    « Jamais sans doute les croyances sur lesquelles reposait la société ancienne n’ont subi pareil assaut, et en particulier le Christianisme. Swift, en 1717, se livre à un des accès d’ironie dont il est coutumier. Il est dangereux, écrit-il, il est imprudent, d’argumenter contre l’abolition du Christianisme, à une époque où tous les partis sont unanimement déterminés à l’anéantir, ainsi qu’ils le prouvent par leurs discours, leurs écrits, et leurs actes. »

    ***

    Une certaine Marie L., qui écrit un français de fast-food (le Nouvel Obs était pourtant le journal de Roland Barthes qui dans ses profondes "Mythologies" respectait son Eglise !) s’acharne ainsi le 3 mai contre cet ennemi qui n’en finit pas de renaître :

    « Dans une église bondée, les jeunes gens, moyenne d’âge 20-25 ans, s’agenouillent devant le saint sacrement comme les bigotes d’autrefois. L’encens brouille la vue, et le choeur entonne un chant latin repris par une assemblée sagement recueillie. Non, nous ne sommes pas chez les traditionalistes de la Fraternité Saint-Pie-X, mais à l’une des cérémonies dominicales destinées à la jeunesse francilienne. »

    On pourrait faire marquer à cette distraite journaliste que l’encens brouille moins la vue que les pots d’échappement et qu’aujourd’hui les douairières sont les anciennes soixante-huitardes ; ou que les rois, les chevaliers, les dames ou les croisés s’agenouillaient aussi devant le Saint-Sacrement, quel que fût leur jeune âge. Mais c’est peut-être aller trop vite en besogne. On va se faire reprocher les rois, les chevaliers et les croisés ! Et les dames en hennin, et les paysannes pèlerines !

    La surprise du chef est là, en tout cas : le christianisme est là, bien jeune et combatif. Qui avait dit de laisser venir à lui les enfants ? Vous croyiez que c’était Walt Disney ? Les vendeurs de sucreries ?

    Puis vient l’aveu bien aigri de la plumitive non repentie ; il est difficile dans un journal de gauche de faire la différence entre le militant et l’informateur (mot bien choisi) :

    « On les croyait effacés, et de fait ils nous étaient devenus invisibles. Depuis six mois, on les découvre par centaines de milliers battant le pavé sans relâche contre le mariage gay, veillant à la lumière des bougies sur les Invalides, créant happening sur happening grâce à la force de leurs réseaux, formant le gros des troupes de ces défenseurs acharnés de la famille dite traditionnelle. »

    La famille dite traditionnelle : on appréciera... Pour le reste on appréciera l’usage sémantique incertain (tout cet article sent l’abribus, comme je l’ai déjà dit) du mot troupe, à ceci près qu’une troupe est là pour maintenir l’ordre PS ou pour exécuter de plus basses tâches encore, alors que cette communauté rassemblée accepte de se faire battre - et même coffrer. Pour des acharnés...

    On fait alors recours au témoignage crétin classique, celui qui depuis cent ans, a honte d’être chrétien et ne se revendique chrétien que pour dénoncer et criminaliser - courageusement, avec les médias et les puissants du jour - sa propre croyance.

    « C’est au contraire une vraie lame de fond, assure l’historienne Christine Pedotti, nouvelle rédactrice en chef de la revue "Témoignage chrétien". Ces jeunes militants, réactionnaires, obéissant à la hiérarchie ecclésiale, accros aux valeurs familiales et aux génuflexions, sont le nouveau visage de l’Eglise. Et le mariage pour tous leur a permis de réaliser l’"union sacrée". »

    C’est vrai : pourquoi réactionnaires, alors qu’ils pourraient être actionnaires, comme le fils à Fabius ? Pourquoi "militants", alors qu’ils sont croyants ? On fait des piges pour Orwell ? On aimera toujours ces faux savants, ces Trissotin déguisés en membres du clergé qui viennent s’affoler devant les médias de la montée des périls - c’est-à-dire la jeune catholicité ! Plus objectif, un expert penaud avoue d’une voix qu’on devine angoissée :

    « "Il y a effectivement une montée identitaire du catholicisme français. C’est une mutation historique majeure, portée par une jeunesse à la fois conservatrice et moderne, qui fait l’effet d’un continent exotique", observe le philosophe Marcel Gauchet. »

    Ils sont tellement modernes que la journaliste leur reproche d’utiliser Internet et d’avoir des blogs. Quel zèle, elle a vraiment peur de se faire renvoyer ! Blague à part, on retombe après sur une femme savante, qui ne sait comment, comme dans la pièce d’Ionesco, se débarrasser du cadavre - ou du prétendu tel :

    « Pour la soeur Nathalie Becquart, directrice du Service national pour l’Evangélisation des Jeunes et pour les Vocations à la Conférence des Evêques, "les comprendre revient à explorer la Papouasie pour un missionnaire". Les "cathos 2.0" possèdent en effet leurs propres codes, leurs revendications, leurs modes de communication - parfois ébouriffants. »

    La religion de Jésus une religion de papou ? Vraiment, ma soeur ? Mais alors nous sommes devenus enfin des bons sauvages ! Joie, joie ! Que ne recevons-nous alors le traitement qui va avec ! Horrifiée quand même cette Xavière, pas Tibéri, révèle des usages d’un autre temps : pour prier on se met à genoux. Sans rire :

    « Cette religieuse de 43 ans, appartenant à la congrégation des Xavières (version féminine des Jésuites), diplômée de HEC et ex-consultante en marketing et en communication, connaît pourtant bien son sujet. Ancienne responsable de l’aumônerie des étudiants de Créteil et accompagnatrice spirituelle, en cinq ans la soeur Nathalie a été frappée par la progression des pratiques, même auprès de jeunes issus de l’immigration et des quartiers populaires : "A la fin, ils étaient tous à genoux." »

    Sans commentaire. Mais qu’est-ce qu’on ne fera pas pour se faire bien dans les journaux tout de même... La femme savante de témoignage crétin reprend une plume du pas de l’oie, en insultant cette fois :

    « Dans une société d’incertitudes, les cathos de 2013 sont "en demande d’autorité", d’après Christine Pedotti. Ultralégitimistes, papophiles voire papolâtres, ils vomissent la génération 68, véritable figure repoussoir, coupable à leurs yeux de la déliquescence de l’Eglise. "Ils font même de l’obéissance le premier critère de leur foi, quitte à entrer en contradiction avec eux-mêmes quand ils se révèlent incapables de suivre les normes strictes de l’institution. Plutôt avoir tort soi-même que de réfuter la règle", explique l’intellectuelle. »

    Encore Mai 68, explique "l’intellectuelle"... est-ce que notre femme savante est capable par-delà son tissu d’aberrations de se souvenir d’un écrivain nommé Houellebecq par exemple, qui il y a quinze ans avait attaqué dans ses "Particules élémentaires" la collusion du capitalisme dérégulé et du libertarisme de Mai 68 ? A l’époque toute la gauche avait fait des bons de joie, le Nouvel Obs et les Inrocks les premiers ! Aujourd’hui on sait que c’est Apple et Goldman Sachs qui veulent cette loi et l’adoption pour tous. Sans oublier les fondés de pouvoir du PS, syndics de faillite de la France aux abois, et témoignage crétin, bien sûr ! On remarque aussi dans cet interview bas de gamme que l’interrogée s’interroge sur la notion d’obéissance, notion très étrangère selon elle au christianisme, comme celles - par exemple - de chasteté ou de pauvreté - à transmettre aux collectionneurs de montres, Ferrari et personnel de Sofitel.

    Après, on nous fait bien sûr le coup du modernisme, avec une métaphore pas très heureuse.

    « "Quand vous n’avez plus de colonne vertébrale, il vous faut une cuirasse, c’est le complexe du homard", résume le prêtre et sociologue Nicolas de Brémond d’Ars, qui regrette que face à eux les plus progressistes n’aient plus vraiment voix au chapitre. »

    Quel esprit de synthèse ! Quelle largeur d’esprit ! Les progressistes n’ont pas droit au chapitre ? On demande à voir, la télé et les médias leur sont ouverts que l’on sache ! Le seul problème est qu’il n’y a plus de modernistes. Quel intérêt d’être socialo et chrétien quand on peut être socialo ? C’est plus court, cela va droit au but. On se demande ce qu’il a sous sa cuirasse ce sociologue. Léon Bloy demandait des prêtres, la télé a des sociologues.

    ***

    Il faut ignorer la farce postmoderne du catho identitaire ; ne pas même l’évoquer. Le gros problème, que ne soulève pas cet article, et qui motive sa haine rance, c’est la natalité des catholiques, la natalité de ce Katholik Park fondé sur l’amour, notion aussi dépassée que la famille, l’autorité, l’obéissance, la tradition et tout le reste (on nous faisait déjà le coup à l’époque de Pierre Bayle). Et là, l’ennemi n’est pas content : il n’a pas d’enfants, ou peu, ou mal élevés, et il découvre même que le christianisme peut convertir les musulmans abhorrés par nos médias bien-aimés. Il peut bien sûr confisquer ces enfants, interdire comme en Angleterre les adoptions hétéros (au pays de Bentham et d’Huxley tout est toujours possible, y compris d’ailleurs le retour des combats de boxe pour petits), supprimer les allocations, décourager les vocations, faire fabriquer sur mesure des kit-kids en vente libre, et faire braire les médias.

    On pourrait enlever les enfants à leurs familles, comme dans certains länder allemands (les parents sont en prison pour résistance chrétienne aux programmes scolaires !), et leur laver le cerveau pour éviter le pire. Mais cela risque de ne pas suffire. Pensez au Québec : 80 000 colons sous Louis XV ; six millions de francophones au XXe siècle pour écouter le discours du général deux siècles plus tard. Dans un monde voué au génocide bienveillant et au contrôle des naissances, il y a de quoi faire bondir la machine à imprimer de la dette publique !

    La famille est le seul Etat qui crée et aime ses citoyens, dit Chesterton. C’est bien pourquoi le système veut la détruire. Mais rendez-vous dans cent ans et même avant. On verra si les bonnes âmes avec leur odeur de soufre pourront encore nous faire le coup de la sphère réac et catho qui répond enfin aux prophéties de Bernanos après la Guerre. Car la jeunesse de France se relève et elle en a assez de la vieillissante modernité.

    Et ce ventre fécond insupporte la Bête.

    Nicolas Bonnal http://www.france-courtoise.info

  • Hollande ne pèse pas lourd au sein de l’UE

    Un an après l'élection de François Hollande, la France peine à se faire entendre dans une Union européenne où, paradoxalement, son message sur la nécessité d'équilibrer réduction des déficits et relance de l'activité semble désormais largement partagé. Cause majeure : l’insignifiance d’un « président » prisonnier de l’imposture de sa campagne électorale.

    Du Fonds monétaire international (FMI) à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en passant par le G20, Washington et nombre d'économistes, les diagnostics se rejoignent: trop d'austérité pour réduire la dette des pays membres conduit l'Union européenne à la récession.¢ 
    Les Pays-Bas, État parmi les plus vertueux de l'UE, ont reporté d'un an le retour de leurs déficits publics à 3% du PIB. La Commission européenne s'est résignée à voir la France faire de même. La Banque centrale européenne a baissé jeudi ses taux d'intérêt. Même la chancelière allemande Angela Merkel admet que consolidation budgétaire et croissance doivent aller de pair.
    Les faits paraissent donc donner raison à retardement à un président français dont le message n'a guère eu de succès quand il le martelait au début de son mandat.
    "L'Europe, à l'époque, n'était pas prête à entendre ce genre de chose", estime l'économiste Jean Pisani-Ferry, ex-directeur du centre de réflexion bruxellois Bruegel.
    Pour Dominique Moïsi, de l'Institut français des relations internationales (Ifri), "le message sort renforcé mais le messager affaibli et cette contradiction est le problème majeur de la France".
    Le 6 mai 2012, le deuxième président socialiste de la Ve République est élu sur la base d'un programme dans lequel il promet de renégocier le nouveau pacte budgétaire européen pour y faire une place plus grande à la croissance et l'emploi.
    Il s'engage à défendre la création d'euro-obligations et un budget européen 2014-2020 au service de la croissance.
    Un engagement qui ne sera pas respecté puisque le pacte budgétaire européen adopté est le même que celui déjà « négocié » par Sarkozy.
    RAPPORT DE FORCES
    Très vite, cependant, le principe de réalité et un rapport de forces politiques à l'avantage de l'Allemagne et des pays budgétairement "vertueux" d'Europe du Nord s'imposent à lui.
    Dans un mémorandum adressé à ses partenaires, le successeur de Nicolas Sarkozy renvoie à 10 ans la création d'obligations européennes à laquelle Berlin est hostile.
    Le Conseil européen de juin 2012 adopte certes un plan de 120 milliards d'euros pour relancer les investissements et la croissance dans l'UE, en complément du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) signé le 2 mars 2012.
    Mais François Hollande doit se résoudre à faire voter ce pacte budgétaire par le Parlement français sans modification, au grand dam d'une partie de sa majorité, dont plusieurs dizaines d'élus s'abstiennent ou votent contre. Le volet croissance, en général jugé insuffisant, tarde, lui, à produire des effets.
    Pas plus que son prédécesseur de droite, le nouveau président français n'a réussi jusqu'à présent à faire avancer l'idée d'une taxe carbone aux frontières de l'UE.
    Et en février, il doit se résigner, face à une alliance germano-britannique de circonstance, à un budget pluriannuel européen inférieur aux ambitions initialement affichées, malgré le soutien d'un Parlement européen auquel il a promis quelques jours avant, à Strasbourg, de pousser les feux de l'intégration.
    "Sa contribution la plus marquante aura sans doute été de faire émerger et avancer le dossier de l'union bancaire", estime Jean Pisani-Ferry. Mais depuis l'accord de juin 2012, Berlin freine sa mise en œuvre des quatre fers.
    L'affaiblissement de la voix de la France est largement dû au décrochage de son économie, illustré par une croissance nulle et un chômage record, par rapport à une Allemagne que sa santé relative dans une Europe en crise place en position dominante.
    ALLIANCE AVORTÉE AVEC MONTI
    "Si la voix de François Hollande est un peu inaudible, c'est parce que la perception d'une France affaiblie gagne l'ensemble des pays européens, sinon le monde", estime Dominique Moïsi. "Il est le représentant d'un pays affaibli qui doute de lui-même."
    Cet affaiblissement n'est pas nouveau, souligne Jean Pisani-Ferry. "Sarkozy tentait de le masquer en collant à Merkel. Hollande a tenté d'y répondre en se rapprochant de Mario Monti et Mariano Rajoy", rappelle l'ex-directeur de Bruegel.
    Le prédécesseur de droite de François Hollande formait avec la chancelière allemande une sorte de G2, le "Merkozy", qui a orienté la politique de l'UE et de la zone euro cinq ans durant.
    François Hollande est loin d'afficher la même complicité, même s'il est passé au tutoiement public avec Angela Merkel lors du 50e anniversaire du traité de l'Élysée, en janvier à Berlin.
    Il a en revanche tenté de sortir du face à face exclusif avec Berlin en cherchant l'appui de l'Italie de Mario Monti et de l'Espagne de Mariano Rajoy -alliance qui a permis de sceller l'accord de juin sur l'union bancaire.
    Mais Mario Monti a été emporté par les soubresauts de la vie politique italienne et Mariano Rajoy s'avère un allié de peu de poids. En s'érigeant en « chef de file » des pays du sud de l'Europe du sud, François Hollande a en outre pris le risque de voir la France assimilée à ces "hommes malades" de l'UE.
    L'opération militaire française au Mali est pratiquement la seule fois où la France a eu une action internationale décisive depuis un an. Mais Paris n'a pas pu entraîner des partenaires européens dans cette intervention, ce qui peut également être interprété comme le signe d'une influence déclinante.
    AFFAIBLISSEMENT INTÉRIEUR
    Les analystes pointent d'autres facteurs, dont la chute vertigineuse de la cote du chef de l'État dans les sondages, comparée à la popularité exceptionnelle d'Angela Merkel.
    "D'abord, il y a l'affaiblissement du président à l'intérieur (...) On a l'impression qu'il ne fait pas le poids face à la chancelière allemande", souligne Dominique Moïsi.
    François Hollande souffre en matière de politique européenne comme dans d'autres domaines d'une image de dirigeant indécis et soucieux avant tout de ménager les équilibres de sa majorité.
    Sa faiblesse, estime le chercheur de l'Ifri, est de donner le sentiment d'être "assis entre deux chaises et (d'avoir) peur d'un côté des critiques de sa gauche et de l'autre des marchés".
    "Il y a un déficit de courage et un calcul politique qui l'empêchent de faire ce qu'il devrait et le fait arriver toujours en retard", ajoute, sévère, Dominique Moïsi.
    Ce calcul était manifeste dès la formation du gouvernement: ce sont deux chefs de file du "non" au projet de Constitution européenne en 2005, Laurent Fabius et Bernard Cazeneuve, qui ont été nommés ministres des Affaires étrangères et européennes.
    Le départ de Bernard Cazeneuve au Budget après la démission de Jérôme Cahuzac, emporté par le scandale de son compte suisse, en mars, n'a pas corrigé la donne: son successeur, Thierry Repentin, jusque-là chargé de la formation professionnelle, n'est pas connu pour sa connaissance des dossiers européens et n'aurait accepté qu'à reculons ses nouvelles responsabilités.
    Quant au ministre des Finances, Pierre Moscovici, dont les convictions européennes ne font aucun doute, il n'est pas jugé assez fort par des analystes comme Dominique Moïsi pour tenir tête, par exemple, à son homologue allemand Wolfgang Schäuble.
    SENTIMENT D'INFÉRIORITÉ
    Cet affaiblissement de la voix de la France nourrit un sentiment d'infériorité vis-à-vis de l'Allemagne et un discours très critique à l'encontre de Berlin et de l'UE dans une partie de la majorité et même du gouvernement.
    Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, a ainsi prôné la "confrontation" face à l'Allemagne et le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a invité le chef de l'État à "ouvrir les hostilités avec l'Union européenne" pour obtenir une réorientation de la politique de l'UE.
    Le Parti socialiste a pour sa part taxé Angela Merkel d'"égoïsme" dans un projet de texte, édulcoré par la suite mais qui n'en dénonce pas moins "l'intransigeance libérale de la droite allemande", sans nommer la chancelière.
    François Hollande, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et plusieurs ministres ont désavoué ces déclarations et protesté de la volonté de Paris de renforcer sa coopération avec Berlin, sans dissiper une impression de cacophonie.
    "La position de la France manque d'allant et de fermeté vis-à-vis de l'extérieur parce que le pays et la gauche sont profondément divisés à l'intérieur", souligne Jean Pisani-Ferry.
    Pour d'autres analystes, la France ne sera crédible que lorsqu'elle a aura redressé ses finances publiques et engagé des réformes susceptibles d'améliorer sa compétitivité.
    "C'est vrai que les Allemands ont une politique économique pas très favorable au reste de l'Europe", dit ainsi un grand patron, qui a requis l'anonymat. "Mais pour le dire et être écouté, il faut d'abord mettre de l'ordre chez soi."
    "Tant qu'il apparaîtra aux Allemands que la confrontation annoncée est un moyen pour les Français de ne pas régler leurs problèmes, la confrontation n'ira pas loin", ajoute-t-il.¢
  • L'ambition de François Fillon

    Fillon vote Fillon : Pendant le pont, la comédie continue

    François Fillon sera-t-il un jour président de la République ? En tout cas, lui semble croire en son étoile. Alors que les Français profitaient de deux jours de vacances, l’ancien premier ministre a trouvé deux directeurs de campagne pour lancer sa candidature à la prochaine échéance présidentielle.

    Franz-Olivier Giesbert, directeur du Point et réalisateur d’un documentaire sur le quinquennat Sarkozy, et l’empereur du Japon Akihito s’y sont prêtés de bonne grâce. Le premier adore le côté Raymond Barre de Fillon. Pour FOG, un type qui déclare la France en faillite ne peut pas être foncièrement mauvais. Le patron du Point et le député de Paris partagent un goût prononcé pour le modèle allemand et on ne serait pas étonné outre mesure qu’ils se prononcent de concert pour l’organisation d’une fête de la bière à Paris chaque mois d’octobre. Quant à l’empereur nippon, dont le pays regrette sans doute son grand ami Jacques Chirac, nul doute qu’il préfère Fillon, admirateur du Japon, à Nicolas Sarkozy. L’empire du Soleil Levant n’a pas oublié les propos du candidat Sarkozy dans un avion, où il fustigeait les « obèses gominés », pour se moquer de la passion sumotorie de Jacques Chirac. Il a donc décidé de décorer l’ex-premier ministre de la plus haute distinction japonaise, le cordon de l’Ordre du Soleil Levant. [...]

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