Le recentrage du Front National et des Identitaires laisse un espace libre pour des groupes militants nationalistes ou identitaires qui cultivent un discours sans concession et qui veulent révolutionner les pratiques de la mouvance.
LA POLITIQUE A HORREUR DU VIDE
Un contexte favorable s'ouvre pour eux. L'absence de dynamisme et d'organisation de terrain du Front National de la Jeunesse ne lui permet plus d'être un pôle de regroupement pour la jeunesse nationaliste, et encore moins d'être l'aiguillon radical qu'il fut pour le parti dans les années 1990. De plus, il n'est pas certain que la "normalisation" de sa direction par Marine Le Pen lui laissera beaucoup d'autonomie.
Cette situation a profité, en partie, au Bloc Identitaire et surtout à sa branche jeune, « l'Autre Jeunesse ». Mais si l'implantation identitaire est forte auprès de jeunes souvent sans formation politique, le mouvement est jugé défavorablement par les plus radicaux des militants de base. Les liens avec Riposte Laïque et certains réseaux sionistes au nom de la lutte contre « l'islamisation de l'Europe » auront fait grincer beaucoup de dents.
Emerge donc en réaction une mouvance de groupes affinitaires dans plusieurs villes. Influencés à la fois par les expériences allemandes et italiennes des années 1990-2000, certains d'entre eux se définissent comme « nationalistes autonomes » et revendiquent « une rupture militante ».
LES EXPÉRIENCES ALLEMANDES ET ITALIENNES
Au tournant des années 2003-2004, une partie de la jeunesse nationaliste allemande décide de rompre avec le folklore de l'Extrême Droite d'Outre-Rhin. Sur la forme, il adopte le "look" des « Blacks Bloks » anarchistes qui faisaient alors parler d'eux à la suite des contre-sommets du G8. Ce style moderne et jeune permet très vite de regrouper une masse importante d'activistes dans l'ensemble de l'Allemagne et d'organiser des manifestations impressionnantes. Le phénomène déborde largement l'Extrême Gauche qui ne peut plus se targuer de contrôler la rue.
Sur le fond, les nationalistes autonomes se définissent comme partisans d'un « socialisme national » et se disent réfractaires à la mondialisation. Ils s'affirment nationalistes révolutionnaires et n'hésitent pas à mener campagne sur des thématiques sociales et anti-capitalistes qui rencontrent un écho particulier dans l'Est du pays.
L'idée d'autonomie est très importante pour cette mouvance. La constitution de groupes autonomes locaux formés sur le modèle de la "kameradschaft" ("camaraderie" militante) implique directement les militants dans l'organisation d'un réseau informel à l'échelle du pays. Malgré la répression de l'État allemand, il se développe constamment et lance des initiatives politiques et culturelles. Utilisant toute les ressources du net, il diffuse ses idées radicales dans une large frange de la jeunesse allemande qui n'avait jamais été touchée par les idées nationalistes. Anti-parlementaristes, les nationalistes autonomes sont plus ou moins cordiaux avec les partis « d'Extrême droite » nationaux même si la thématique de certaines de leurs actions, comme les manifestations d'hommages aux victimes du bombardement de Dresde, permet de créer l'unité. Le modèle allemand s'est largement exporté en Europe de l'Est. Il existe maintenant des "NA" en Russie, en Ukraine, en République Tchèque, en Hongrie... Le cas italien a déjà été abordé dans notre journal (voir l'article « Casapound, les fascistes du troisième millénaire » de Yann Kermadec en Janvier 2011). Mais nous pouvons ajouter que le succès de la Casa Pound a abouti à la création d'un nouvel esprit, créatif et militant, dans l'ensemble de l'Europe. C'est un phénomène majeur qu'il faut prendre en compte pour comprendre le désir d'action d'une nouvelle génération. Il est relayé par l'activité débordante du site Zentropa, l'un des meilleurs sites d'information politique et culturelle du net.
L'ALTERNATIVE MILITANTE EN FRANCE
Les nationalistes autonomes français se retrouvent dans plusieurs structures. Reprenant le modèle allemand, les « Nationalistes Autonomes » français se regroupent principalement dans l'Est de la France. En Lorraine, en Picardie, en Bourgogne, dans le Nord et la région parisienne, des actions communes sont menées sous ce sigle sans qu'une véritable structure ne vienne les encadrer. Ce réseau revendique cette forme de "non-organisation" : « La mouvance autonome n'existe qu'à travers l'investissement de ses membres ; elle est donc furtive et insaisissable mais possède un potentiel d'action considérable. Le terme autonome signifie que nous sommes indépendants des mouvements existants et que nous agissons au sein d'une "section" sans lien avec les autres groupes d'autonomes. Nos membres ne sont ni des adhérents ni des inscrits mais militent librement pour les causes qui leur sont chères. Nous pensons en effet qu 'au vu des dangers actuels, il est important de savoir mettre de côté les divergences doctrinales qui nous opposent afin de réagir en bloc face à certaines atteintes ».
Plus structuré, le groupe Vox Populi, basé à Tours, a fait le choix de l'action locale avant tout : « Nous sommes un mouvement strictement local. Ce choix de vouloir rester à l'échelle tourangelle a été fait dès la création de Vox Populi, il y a 16 mois. La première raison est simplement de pouvoir être présents à tout moment chez nous, avec nos voisins, nos collègues, nos camarades en agissant pour le bien-être des nôtres dans la cité. Il est évident qu'à l'heure où le rouleau compresseur de la mondialisation veut faire oublier aux habitants du globe d'où ils viennent et qui ils sont, la meilleure réponse à ce raz-de-marée global est de rester scellé à la terre qui nous a vu naître. C'est le premier moyen (simple) de ne pas oublier quel sang coule dans nos veines ».
La campagne contre la statut de « Dame Loire » aura permis de faire connaître Vox Populi dans toute la région. Louis Dubois, son porte-parole, déclarait en conclusion de « la marche de la fierté tourangelle » organisée par l'association : « Nous avons un boulevard devant nous ! À nous de savoir poser les bonnes pierres et construire les bons édifices qui reposent sur des fondements stables et intemporels. À nous de chasser la peur qui veut nous dissuader d'agir ! Votre pire ennemi c'est vous-mêmes mes amis, ce vieil homme qui tape à la porte de votre âme et dont vous écoutez trop souvent les mauvais conseils ! Fiers du passé mais les yeux fixés vers l'avenir, il nous faut dès aujourd'hui mettre nos différents dons au service d'une stratégie militante, en phase avec le réel... C'est avec nos voisins, nos camarades de classe, nos collègues que commence l'aventure ici et maintenant ! ». Au niveau idéologique, on remarquera qu'il est le groupe de cette mouvance le plus proche de l'héritage nationaliste et catholique traditionaliste.
Proche à l'origine des Identitaires, la Vlaams Huis (Maison Flamande) est devenue une force autonome et enracinée sur Lille. Ce local est un pôle important pour les activités culturelles et de formation sur le Nord de la France. Il tente de mettre en place un réseau de « Maisons du Peuple » ; sorte de base autonome durable pouvant être un point de ralliement pour les militants dans toute la France (des projets de ce type sont en cours à Lyon et dans l'Artois). Sur Paris, le Local de S. Ayoub participe de cette dynamique. En parallèle, il a relancé la mythique organisation nationaliste révolutionnaire des années 1980, Troisième Voie.
UNE CONTRE-CULTURE EN FORMATION ?
Plus largement, il existe des groupes encore informels ou en gestation comme à Rouen, Reims, Nancy, Lyon, Limoges. Un réseau autonome tente de se structurer grâce aux liens que des actions militantes ou culturelles peuvent créer. En effet, plusieurs projets lancés par cette mouvance rencontrent un large écho.
Au niveau "métapolitique", les radios web comme Méridien Zéro ou Europa Radio accroissent et modernisent la diffusion des idées dissidentes. Des activités sportives et de formation politique régulières font vivre la camaraderie. De plus, cette mouvance reçoit le soutien de l'équipe de la revue Réfléchir & Agir, qui ouvre largement ses colonnes à ses actions.
Il reste encore beaucoup de route à faire pour que cette mouvance devienne une réelle force. Elle devra se montrer intelligente face à la répression et aux pressions médiatiques. Gagner en maturité et affirmer sa différence théorique pour pouvoir incarner cette nécessaire rupture.
Monika BERCHVOK. Rivarol du 17 juin 2011
Les sites de référence en France :
Zentropa : < http://zentropa.splinder.com/ >
Les N-A français : < http:llwww.nationalistes-autonomes.tk/ >
Vox Populi : < http://voxpopuliturone.blog-spot.com >
MAS : < http://www.mas-org.com/ >
VLAAMS HUIS : < http://www.vlaams-huis.com >
Troisième Voie : < http://www.3emevoie.org/ >
Méridien Zéro : < http:llmeridienzero .hautet-fort.com/ >
Europa Radio : < http:lIeuroparadio.hautet-fort.com/ >
France et politique française - Page 5029
-
Les nationalistes autonomes en France : l'offensive
-
Polémistes et pamphlétaires français : Jules Vallès
Né en 1832 d'un père professeur et d'une mère, religieuse défroquée, à moitié folle, Jules Valiez (c'est son vrai nom) eut une enfance difficile qu'il évoqua dans sa trilogie romanesque L'Enfant, Le Bachelier et L'Insurgé. Son père alla jusqu'à le faire interner, à l'âge de 18 ans pour « aliénation mentale ». Il y a certes des façons plus équilibrantes de faire son entrée dans la vie. Très jeune, il s'engagea par ses écrits mais aussi par l'action. Républicain, sans doute, et socialiste, mais avant tout de ces gens qui s'insurgent. Il y a, comme le relève Pierre Dominique (Les polémistes français depuis 1789), de l'anarchiste en lui. Il se dresse contre l'État, contre l'uniforme aussi. Debout, derrière une barricade, symbolique ou non, avec un fusil ou une plume. Il participe aux événements révolutionnaires de 1848, crée un club qui a pour programme la suppression du baccalauréat, des examens, et la « liberté absolue de l'enfance ». C'est Mai-68, avant la lettre… Il s'oppose évidemment au coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte le 2 décembre 1851, et cherche à mobiliser les étudiants parisiens. Il tâta à plusieurs reprises de la prison sous l'empereur Napoléon III qui n'appréciait que modérément ses propos virulents. Il se présente en 1869 aux élections législatives, mais est battu. Son programme : « J'ai toujours été l'avocat des pauvres, je deviens le candidat du travail, je serai le député de la misère ! La misère ! Tant qu'il y aura un soldat, un bourreau, un prêtre, un gabelou, un rat-de-cave, un sergent de ville cru sur serment, un fonctionnaire irresponsable, un magistrat inamovible : tant qu 'il y aura tout cela à payer, peuple, tu seras misérable ! » En 1870, la guerre contre la Prusse est déclarée. Vallès se déclare “pacifiste” et est arrêté. Il appelle de ses vœux la Commune et réclame « la réquisition générale, le rationnement gratuit, l'attaque en masse ». Durant celle-ci, il en dénonce l'arbitraire. Partisan de la liberté de la presse “illimitée”, il proteste, comme Rochefort, contre la suppression par la Commune des journaux conservateurs. Il fait tout son possible pour empêcher l'exécution de l'archevêque de Paris et de ses compagnons. Vallès se bat cependant jusqu'au bout. Les Versaillais veulent sa peau. On fusille deux inconnus qu'on prend pour lui. Il s'enfuit à Bruxelles, où il rencontrera Séverine, militante d'extrême gauche et féministe, qui fut paradoxalement une grande amie de Drumont qui lui dédia un de ses livres. Séverine devint le disciple et la collaboratrice de Vallès.
Vallès avait la plume acerbe. Plus pamphlétaire que polémiste. Et parfois parfaitement injuste. Voilà ce qu'il écrit de Baudelaire : « Baudelaire sentait uniquement son orgueil fermenter et s'aigrir, mais il avait les entrailles pauvres et se tordait sans accoucher. […] Il n'était pas le poète d'un enfer terrible, mais le damné d'un enfer burlesque. Instruit de son infécondité par les douleurs secrètes de ses nuits solitaires, il essaya défaire croire, à force d'esprit, à son génie, et se dit qu'il pouvait paraître exceptionnel en semblant singulier ». Dans son journal, Le Cri du Peuple, dont le mot d'ordre est « La Sociale arrive, entendez-vous ! Elle arrive à pas de géant, apportant non la mort, mais le salut », Vallès mène de furieuses campagnes socialistes et anticolonialistes. À noter que Jacques Doriot créa, en 1940, un quotidien du Parti Populaire Français, destiné à s'adresser à la classe ouvrière, dont le titre était… Le Cri du Peuple. Vallès, ce réfractaire, ce révolté entendait se battre seul, « et sans numéro sur le képi ». Il vomissait Marx, déclarant : « Ne me parlez pas… des conceptions nuageuses et humanitaires de Marx... ». Il vomissait aussi et plus encore Gambetta qu'il appelle « le borgne sonore » : « Car la vulgarité même de Gambetta sert à sa vogue, la banalité de son fonds d'idées est l'engrais de son talent. […] il fait le soiffeur, le riboteur, le Gargantua et le Roquelaure. Il se crée autour de ses tapages et de ses orgies une légende. Ce mélange de libertinage soulard et de faconde tribunitienne emplit d'admiration […] les ratés du café de Madrid qui s'en vont en criant à la foule : “Hein ! est-ce un mâle !” » Et Vallès de conclure sa diatribe par « Cabotin, cabotin ! »
Vallès, épuisé par la maladie, meurt le 14 février 1885 en murmurant : « j'ai beaucoup souffert ». Il est accompagné au cimetière du Père-Lachaise par des dizaines de milliers de Parisiens et des survivants de la Commune.
R. S. RIVAROL 1er AVRIL 2011 -
Identité Nationale. Du sentiment à la conscience, de Jean-Michel Thouvenin
Extrait - « Il est hors de question de nous islamiser pour complaire à une immigration dont j’attends toujours qu’on me prouve qu’elle est une chance pour la France ».Entretien avec Jean-Michel Thouvenin, auteur de « Identité nationale. Du sentiment à la conscience » (éditions L’Æncre). Propos recueillis par Fabrice Dutilleul.Votre essai ne va pas manquer de faire grincer les dents. Pourquoi prendre le risque de relancer aujourd’hui un débat aussi controversé que l’identité nationale ?Parce que les Français sont restés sur leur faim en 2010, les bien-pensants s’étant violemment opposés à ce thème à même de froisser une certaine immigration dont on a coutume de ménager la susceptibilité ; et parce que la raison qui a suscité ce débat hier est plus que jamais d’actualité.Quelle est cette raison ?Le sentiment prégnant que notre identité s’étiole au moment où il faudrait qu’elle se renforce. Dans un contexte où les instances politiques et économiques internationales rongent peu à peu notre souveraineté, nous sommes en butte à une immigration de peuplement qui non seulement s’intègre mal, mais, qui plus est, impose progressivement ses coutumes, sa langue, sa morale, ses rites… grâce à notre lâcheté et à nos renoncements. Est-il acceptable de retirer toute nourriture à base de porc dans certains aliments et dans des cantines afin de ne pas heurter des « Français » récents ?Ne craignez-vous d’être taxé d’islamophobie et de xénophobie ?Les « bien-pensants » de tout poil ne manqueront pas de le faire. Mais ce n’est pas être islamophobe d’affirmer que l’islam ne fait pas partie des fondements de notre identité. Par ailleurs, moi je pose sincèrement la question de la place qui reviendra à l’islam dans l’identité de la France de demain. Ça, c’est un vrai sujet que l’on ne pourra bientôt plus occulter. Ce qui est sûr, en attendant, c’est qu’il est hors de question de nous islamiser pour complaire à une immigration dont j’attends toujours qu’on me prouve qu’elle est une « chance pour la France ».Votre livre accorde une place prépondérante à l’Histoire et à ce que vous appelez « la religion historique »… Qu’apportez-vous d’original au débat ?Je rappelle d’abord que l’on ne doit pas confondre une France millénaire avec la République. La première est chrétienne, la seconde est héritière d’une révolution régicide et déicide qui a voulu effacer totalement le passé. Or l’Histoire de son pays est un des fondements de l’identité d’une Nation. Donc, ne s’en référer qu’à la République était une erreur. Je profite de ce chapitre pour stigmatiser au passage la déchristianisation avec ses conséquences en termes de morale, d’éthique, de perte de repères.À cette occasion, vous dénoncez les délinquants, les profiteurs et les doctrinaires qui les défendent, non sans un humour parfois acerbe…On peut traiter de sujets sérieux sans se croire obligé d’être sinistre. Moi, je vis mes convictions et ma foi avec enthousiasme. Tant mieux si cela transparaît dans mes écrits !En ce qui concerne l’originalité de mon livre, j’explique que l’on a eu tort de définir l’identité nationale à partir des droits de l’homme, de la démocratie et de la laïcité. Si l’on peut à juste titre être fier de certaines valeurs, celles-ci restent universelles et n’ont pas vocation à fonder notre identité. La France n’est pas un agrégat d’idéologies et de concepts.D’où quelques formules percutantes…Je fais partie de ces Français qui sont exaspérés que les notions de droit et d’égalité soient magnifiées au point que l’on en fasse de nouvelles religions avec leurs cohortes d’intégristes et de fondamentalistes. Il en va d’ailleurs de même pour la laïcité ce qui, vous en conviendrez, est un comble !Votre dernier chapitre trahit votre amour passionné pour la Patrie. Changeant de style, vous allez jusqu’à écrire que la France, on peut l’aimer de façon « charnelle ». N’avez-vous pas l’impression d’aller trop loin ?Au diable les intellectuels glacés qui voudraient faire de la France un laboratoire à doctrines. « Du sentiment à la conscience », avons-nous choisi pour titre. Tout commence donc par de l’amour et de la fierté pour finir par une conscience collective chargée d’espoir. C’est avec cette appréhension des choses que l’on peut vraiment parler d’identité nationale.Identité nationale. Du sentiment à la consciencede Jean-Michel ThouveninPréface du général Henri Pinard Legry174 pages, 23 eurosÉditions L’ÆncreCollection « À nouveau siècle, nouveaux enjeux »dirigée par Philippe Randa. -
Et pourquoi pas Bainville dans La Pléiade ?.....
Le 22 janvier 2010, Raphaël Stainville publiait, dans Le Figaro Magazine, un très intéressant article sur la collection de La Pléiade, justement nommée "bibliothèque de l'admiration" par André Malraux : le titre, bien choisi, en est Il était une fois... Sa Majesté La Pléiade....
Seul maître à bord, Antoine Gallimard -dit la légende, illisible ici-veille avec un soin tout particulier sur La Pléiade,le joyau brut des Éditions qu'il préside.Une réflexion, à la (re)lecture de cet article: cette bibliothèque de La Pléiade, si évidemment remarquable en tous points, et qu'on pourrait tout aussi bien - à la façon du dix-septième siècle - appeler bibliothèque de l'Honnête Homme; cette bibliothèque de La Pléiade, donc, pourquoi, et au nom de quoi, Jacques Bainville en est-il, et aussi en resterait-il, absent ?
Elégance de style, esprit de synthèse, intuitions pénétrantes : même si une pensée officielle a voulu punir Bainville, après 1945, et lui faire payer son appartenance à l'Action française et son amitié avec Charles Maurras et Léon Daudet, il n'en demeure pas moins que les qualités intrinsèques de Bainville sont celles de tant d'autres auteurs publiés par la Collection.
Une Collection qui n'a pas hésité, de toutes façons, à briser des tabous, puisqu'elle a, par exemple, "pléiadé" - pour reprendre son expression... - Louis-Ferdinand Céline.....
Stainville note, d'ailleurs, à la fin de son article, qu'Antoine Gallimard a publié des "textes difficiles", et qu'il a, "sans craindre la polémique"..."lancé un volume consacré à Drieu La Rochelle....
Alors ?.....
-
CARL LANG RÉÉLU A LA TÊTE DU PdF
Le 2ème Congrès du Parti de la France s’est déroulé avec succès à Enghien-les-Bains où près de 400 délégués venus de toutes les fédérations de France du PdF se sont retrouvés. Après un mot d’accueil de Réjane Guidon, conseillère municipale d’Enghien-les-Bains et déléguée départementale du PdF pour le Val d’Oise, Christian Baeckeroot a présenté l’ordre du jour et donné la parole à la trésorière du PdF pour son rapport financier puis au Président sortant, Carl Lang, pour son rapport moral au nom du Bureau Politique. Tous deux ont été approuvés à l’unanimité.
S’en est suivie l’élection du Président après la présentation des 3 candidats en lice par le doyen du Bureau Politique sortant Pierre Descaves. Carl Lang est très largement réélu.
Le Président réélu a fait la proposition à l’assemblée générale de valider l’élection des 67 candidats au Conseil national, cette mesure a été adoptée à l’unanimité (vous retrouverez sur le site du PdF la liste des membres du Conseil national très bientôt).
Après une table ronde consacrée aux élections municipales de 2014 animée par Thomas Joly, les membres du Conseil national se sont réunis pour élire les membres du nouveau Bureau Politique qui sont, par ordre alphabétique : Bernard Allain, Myriam Baeckeroot, Christian Baeckeroot, Michel Bayvet, Martial Bild, Michèle Carayon, Jean-Pierre Dellac, Jean-Marc Dénier, Aldric Derré, Pierre Descaves, Christophe Devillers, Jeanne Dumont, Jean-Claude Frappa, Réjane Guidon, Bruno Hirout, Roger Holeindre, Thomas Joly, Jean-Marie Lebraud, Martine Lehideux, Fernand Le Rachinel, Éliane Marco-Gimenez, Matthieu Mautin, Éric Pinel, Robert Ponge, Dominique Slabolepszy, Jean-Pierre Reveau, Jean Verdon.
Après un déjeuner libre, les participants ont pu assisté aux allocutions de Pierre Descaves sur la repentance gouvernementale, Bruno Hirout sur l’engagement de la jeunesse dans le combat national, Jeanne Dumont sur la défense de la vie, Christian Baeckeroot sur l’école et la formation professionnelle, Martine Lehideux sur la colonisation migratoire et l’islamisation de la France, Matthieu Mautin sur la sécurité et le retour à l’ordre public, Christophe Devillers sur la nécessité de l’implantation locale, Martial Bild sur la dénaturation du mariage et Roger Holeindre sur le réveil du sentiment patriotique.
Après la présentation du nouveau Bureau Politique par Thomas Joly, Carl Lang a clôturé ce 2ème Congrès par un discours détaillant le projet de reconquête nationale du Parti de la France.
Vous pourrez retrouver toutes ces interventions en vidéo d’ici peu.
Très motivés et ravis par cette journée politique et conviviale, les délégués du Parti de la France sont repartis les bras chargés d’affiches, de tracts et d’autocollants qui étaient à leur disposition.
A noter que la sécurité de la réunion était assurée par les membres du SEP dirigé par Jean-Pierre Dellac et la présence amicale à ce Congrès d’Yvan Bénédetti (Président de l’Œuvre Française), Jérôme Bourbon (directeur de Rivarol), Roland Hélie (directeur de Synthèse Nationale) et de Patrick Gofman (écrivain).
source Thomas Joly
Lire également Le Nouveau NH
-
Un 21 janvier de propositions monarchistes-sociales...
Ce lundi 21 janvier, je n’étais pas à la traditionnelle messe pour le repos de l’âme du roi Louis XVI à Paris mais en train de corriger des devoirs de géographie et de lire avec grand intérêt, en plus de la presse du jour, le livre de Stéphane Giocanti sur les Daudet. Qu’on ne se méprenne pas ! Il ne s’agit pas pour moi d’oublier cette date terrible du 21 janvier 1793 qui vit rouler la tête du roi au pied de la guillotine ni d’en minorer le souvenir, et je félicite mes amis rennais d’avoir rebaptisé symboliquement la passerelle Saint-Germain, au moins pour la journée, « pont Louis XVI », tout en y accrochant un superbe drapeau fleurdelysé visible une bonne partie du lundi.
Mais le souvenir ne doit pas faire oublier le présent et la nécessité de l’avenir, de cet avenir « que tout esprit bien-né souhaite à sa patrie », selon la formule maurrassienne toujours d’actualité. Au-delà des commémorations, importantes et utiles piqûres de rappel historiques, il s’agit de réfléchir et peser sur les événements, que ceux-ci soient politiques ou sociaux, et il est vrai que les temps présents ne nous laissent guère nous reposer…
C’est le roi Louis XVI qui, le premier, employa l’expression « justice sociale », formule qui fut aussi, on le sait trop peu, le titre d’un petit périodique monarchiste inspiré par le comte de Paris dans les années trente du XXe siècle. Alors, pour rendre hommage de façon un peu originale au roi martyr, j’ai profité de ce jour particulier pour travailler à de nouvelles propositions monarchistes-sociales contre le chômage et la désindustrialisation : la mise en route de grands projets d’infrastructures comme la Grande gare centrale de Paris ; un programme de réhabilitation du bâti des communes rurales aujourd’hui menacées de désertification ; un grand projet de diffusion du télétravail dans les campagnes dites « profondes » mais aussi dans les autres… ; la reconstruction d’une grande marine destinée à la mise en valeur de notre Zone Economique Exclusive aujourd’hui sous-valorisée ; un programme de valorisation des potentialités énergétiques françaises, de l’éolien au solaire, de l’énergie houlomotrice aux algocarburants, de la petite hydraulique à l’énergie marémotrice, etc. ; la promotion d’une agriculture biologique de proximité et des « potagers sociaux » urbains et périurbains ; la formation dès le collège aux activités manuelles, qu’elles soient de réparation comme de création et de fabrication, aujourd’hui trop négligées ; etc.
Ce ne sont pas les idées qui manquent pour relancer l’emploi en France mais bien plutôt la volonté, en particulier politique, de rompre avec certaines (mauvaises) habitudes d’assistanat et de fatalisme : il est tellement plus facile de poursuivre sur la voie d’une société de consommation qui séduit et endort les populations plutôt que d’engager des réformes qui remettent le travail au centre de l’activité économique sans asservir les hommes au règne de l’Argent !
Ce 21 janvier, en mémoire de ce roi novateur et humaniste mais « trop humain » dans des temps de fer et de feu, j’ai essayé de montrer que, en cette malheureuse absence de roi et en l’espérance du prochain souverain, le royalisme n’était pas déploration mais proposition et action !
-
Le désert rural transformé en dépotoir urbain
Depuis des années nous dénonçons ici la transformation de nos campagnes en dépotoirs des villes alors que, surpeuplées et asphyxiées par l'immigration de masse, elles ne cessent de déverser leurs déchets dans le désert rural. Voici qu'en dix ans de 50 000 on est passé à 80 000 hectares de bonnes terres alluviales fermières détruites annuellement par le bétonnage péri-urbain, les autoroutes, voies TGV, aérodromes, villes nouvelles, zones commerciales géantes etc. Et que de fois n'avons-nous attiré l'attention sur le déversement dans les labours et les cultures des boues d'épuration municipales et industrielles, riches en azote et plus encore en métaux lourds, polluants organiques et organométalliques, résidus médicamenteux. Pratiques funestes et scandaleuses, malgré les mises en garde, que leurs auteurs justifient par l'absence de solution de rechange permettant de se défaire de ces encombrants déchets.
Dans le même registre nous nous sommes souvent élevés contre la multiplication en rase campagne de décharges domestiques poussées comme champignons à distance respectable des villes qui les alimentent. Outre les norias des bennes et semi-remorques qui défoncent les chemins de campagne, des milliers d'hectares sont transformés en bassins d'enfouissement. Sans doute les tapisse-t-on de bâches en plastique. Mais on peut bien penser qu'elles finiront par se dégrader et se percer, polluant les nappes phréatiques et les petits cours d'eau, affluents de rivières du de fleuves.
On continue à imputer aux éleveurs et à leurs nitrates les algues vertes quand il est démontré que celles-ci prospèrent d'abord dans les eaux hyper-phosphatées rejetées par les villes et les zones industrielles. Que dire encore de cette machine de mort qu'est l'élevage hors sol, responsable de pandémies, de virus immaîtrisables, et néanmoins indispensable aux sociétés surpeuplées dont ceux qui les nourrissent ont été réduits par vagues successives à une fraction infinitésimale de ce qu'exigerait le bon sens. Chaque rescapé des purges précédentes — appelons-les des PAC ou Politiques Agricoles Communes — devant produire plus pour satisfaire un marché en perpétuelle extension.
Il ne fait pas de doute que l'amiante fera à nouveau parler d'elle dans quelques décennies. Lorsque, dans l'indifférence générale, les milliers de tonnes d'Everite enterrées à l'insistance des préfectures qui ne savent pas quoi en faire, auront commencé à se dissoudre dans les sédiments humides et que leurs dangereuses poussières seront entraînées par les ruissellements. Bien entendu ce n'est pas sur les banlieues que pèse cette menace, mais dans les campagnes, de préférence loin des regards, en des lieux naturellement paisibles. Et on pourrait longtemps encore énumérer les nuisances et déprédations qu'année après année la mégapole dévoreuse d'espaces inflige à la ruralité sans rien lui offrir en retour des sacrifices consentis.
DES MILLIERS DE VACHES ABATTUES
Voici donc qu'un nouveau drame frappe l'agriculture et l'élevage. L'affaire dure depuis des mois et l'on peut s'étonner que les média, d'ordinaire si diserts en ce genre d'événement, lui aient consacré si peu d'importance. Le problème qui se pose, on l'a bien compris, c'est que dans le bourg de 1000 habitants qu'est Grez-en-Bouère, proche de Château-Gontier, au sud de la Mayenne, la moitié de la population vit de la terre et l'autre moitié est employée à l'usine Aprochim. Les intérêts des uns et des autres ne coïncidant pas forcément. Aprochim est spécialisé dans le traitement des déchets industriels dangereux, en particulier des polychlorobiphényles (PCB) hautement cancérigènes, génotoxiques, reconnus de surcroît comme perturbateurs endocriniens ayant des effets "féminisants", y compris sur les humains. Pendant plus de quarante ans ils ont été utilisés en France notamment dans les transformateurs électriques, condensateurs, isolateurs, fluides transporteurs jusqu'aux adhésifs, peintures, papiers et même fours à micro-ondes.
L'usine de Grez-en-Bouère appartient au groupe Chimirec qui clame son souci de protéger l'environnement et dont la « Charte de développement durable Chimirec » — ce qui en dit long sur les hypocrisies sémantiques dont on nous gave — insiste sur la devise du groupe : « Qualité, Sécurité, Environnement ». Sauf que les PCB, aussi désignés sous leur nom commercial de pyralènes, qui regroupent 209 molécules toutes plus toxiques les unes que les autres, ne furent interdits en France qu'en 1987 et se retrouvent partout dans la chaîne industrielle. Ce qui est d'autant plus grave qu'ils sont connus pour leur grande rémanence, pouvant être toxiques au moins pendant 2 700 ans pour certaines de ces molécules. De sorte que partout où elles ont été construites dans nos campagnes de telles usines sont de véritables bombes chimiques aux pouvoirs à terme dévastateurs pour l'environnement, l'agriculture et l'élevage. Quelles que soient par ailleurs les précautions prises.
Ce n'est pas d'aujourd'hui que les pollutions provoquées par les incinérateurs ou les usines de retraitement des dioxines et PCB déciment les cheptels. En 2002, à proximité de l'incinérateur de Cluny, dans la Saône-et-Loire, 200 vaches et chèvres furent euthanasiées. En 2008 à la suite d'un incendie qui se poursuivit durant 4 mois sur le site de Vitale-Recyclage — entreprise de broyage de bois de récupération — près de St-Cyprien (Loire), 42 communes et 26 fermes ayant été polluées aux PCB, à la dioxine et au furane, 2 000 vaches seront abattues. Et se souvient-on de l'incinérateur de Gilly qui continue à empoisonner la vallée d'Albertville ? Sur ordre du préfet il fut d'autorité fermé en octobre 2001. Entre 1973 et 1999 Michel Barnier était conseiller général de Savoie et de 1982 à 1999 il présida cette assemblée. Flamboyant et péremptoire défenseur de l'environnement, il est l'auteur de l'Atlas des Risques majeurs, paru en 1992. 365 fermes, furent dévastées par la catastrophe de Gilly, 2 300 tonnes de lait détruites, 7 000 bovins abattus et des milliers d'hectares infectés, peut-être pour des siècles.
Arrêtons là cette funeste recension.
ET QUI TE NOURRIRA ?
Au début de l'année 2011 donc des traces de PCB étaient trouvées dans du lait produit par un élevage voisin de l'usine de Grez. Sa direction persiste à nier toute responsabilité. Rien ne le prouve, tonne-t-elle. Pourtant un taux anormalement élevé de PCB, de furane et de dioxine a été trouvé dans des analyses sanguines effectuées sur des ouvriers dé Grez. Dans leur réfutation les responsables d'Aprochim se retranchent derrière « les efforts considérables faits en matière de sécurité et de protection du personnel ». Comme si cela pouvait être un gage de l'innocuité des travaux effectués. Et comme si l'entreprise n'était pas depuis des années l'objet de poursuites et d'accusations graves. Mais depuis quand a-t-on vu que quelques paysans puissent avoir raison des terroristes industriels qui s'installent parmi eux, justifiant par la création d'emplois la stérilisation de leurs terroirs ? En revanche ils ont pour eux média et lobbies dès lors qu'il s'agit, comme pour les algues vertes ou les nitrates, d'imputer à l'agriculture intensive leurs propres méfaits.
Non seulement dès le mois de juin la commercialisation du lait et de la viande produits par huit élevages situés à proximité du site était interdite, mais l'ordre d'abattre ces bêtes ne tardait pas à arriver. À ce jour plus de 300 d'entre elles ont été euthanasiées et brûlées. Les éleveurs, ruinés, sont une fois de plus victimes d'un environnement rural transformé en dépotoir par cette société chimico-industrielle urbaine qui n'a pas trouvé pour ses déchets toxiques d'autre solution que de les déverser dans le désert planifié par l'État.
On peut se lamenter sur ces superbes paysages peu à peu retournés à la lande et à la friche ou dévorés par le béton et le coaltar. Sur ces espaces ouverts où paissent de moins en moins d'animaux. On peut contempler avec désespoir cette culture multimillénaire dévastée par une société mégapolienne sans racines. Mais, qu'on ne s'y trompe pas, tout cela porte en germe une interrogation lancinante et qui va nourrir dans un avenir proche les multitudes qui enflent dans les villes ?
Petrus AGRICOLA Rivarol du 25 novembre 2011 -
Lyon : un forum nationaliste, la licra et un divin incendie !
Loué soit l’Eternel ! Le “Yatch Espace Saint Germain” a été fortement endommagé par un incendie hier matin ! Il faut dire que le bâtiment, situé à Saint Germain au Mont d’Or près de Lyon, appartient à une entreprise privée spécialisée dans la location de salles pour banquets, réunions, colloques… qui avait commercialement accepté d’acceuillir le Forum de la Nation samedi 16 février prochain.
Un Forum de la Nation villipendé par la LICRA (ligue internationnale contre le racisme et l’antisémitisme), l’officine subventionnée du racisme anti-français, anti-blanc et anti-chrétien dont les liens avec certain lobby qui n’existe pas ont si bien été mis en exergue par Anne Kling (cliquez ici) dans sa “France Licratisée”. Le bidule avait éructé un communiqué haineux le 6 février dernier par lequel il exigeait des “autorités” l’interdiction de cette manifestation que ses rares militants, fort réputés pour être aussi lâches et couards que rachitiques, avaient fort peu de chance de perturber (cliquez là). C’est peut-être parce que la Préfecture de Lyon a fait la sourde oreille que l’Eternel, probablement sollicité, a ravagé le démoniaque endroit de son feu purificateur.
Il est donc peu probable que les “autorités” cherchent réellement à savoir qui a inspiré ou téléguidé le ou les incendiaires; mais on peut avoir la certitude que cela ne fera que renforcer la détermination de nos amis des Jeunesses nationalistes et de l’Oeuvre françaisetout comme celle de nos camarades européens de la Falange, du NPD ou de la Casapound invités au Forum. Les chiens ne continuent à mordre que s’ils sentent la peur : haut les coeurs !
Yves Darchicourt dans Synthèse nationale
-
“Journalistes ? Le mensonge est leur métier ” sera la devise des Bobards d’Or 2013
P…, 10 ans. P… ? Polémia, bien sûr ! Alors que le think tank identitaire fête ses dix ans mardi 12 février dans les salons de la Fondation Dosne à Paris, Nouvelles de France a rencontré Jean-Yves Le Gallou pour parler du passé, du présent et de l’avenir. En exclusivité, il évoque dans nos colonnes un projet d’école de journalisme alternatif.
Jean-Yves Le Gallou, quel bilan faites-vous des 10 ans de la Fondation Polémia ?
En 2002, Polémia a innové en étant l’un des premiers sites dissidents sur Internet. Nous avons été des pionniers. Nous nous réjouissons d’être aujourd’hui une étoile de bonne magnitude dans la vaste galaxie de la réinfosphère. Nous y occupons une place particulière : celle d’un site de réflexion, inscrit dans la durée, et produisant des textes de fond solidement argumentés et documentés.
Nos spécialités ? La bataille du vocabulaire (car les mots sont des armes) ; la défense des faits (sur l’immigration notamment où les études que nous publions font autorité) ; la démarche de la réinformation (sur la politique internationale notamment) et la délégitimation des médias dominants (que beaucoup ménagent et que nous attaquons sans peur et sans reproche).
Vos travaux commencent-ils à influencer certains décideurs ?
L’essentiel de notre diffusion se fait de manière virale. Par exemple le mot réinformation que nous avons créé avec Radio Courtoisie se trouve désormais partout.
Mais je peux aussi vous donner des exemples plus précis.
1° En juin 2012, les médias de l’oligarchie ont cherché à faire croire que la « droitisation » de l’UMP avait débouché sur un désastre électoral et que les sortants de la Droite populaire avaient réalisé les pires scores de l’UMP. Etienne Lahyre, l’un des contributeurs de Polémia, a montré, chiffres à l’appui, qu’il n’en était rien et qu’à situation électorale comparable (rapport de force Hollande/Sarkozy à la présidentielle), la Droite populaire s’était mieux maintenue que les autres courants de l’UMP. Cela a permis à Thierry Mariani et à ses amis de mieux résister à l’enfumage médiatique.
2° Dans son débat sur l’immigration face à Manuel Valls, Marine Le Pen a surpris son adversaire avec une citation de René Cassin, père de la Convention européenne des droits de l’homme, légitimant le principe de préférence nationale. C’est Pierre Milloz, un chercheur de Polémia, qui a trouvé cette arme de déstabilisation massive… à la Bibliothèque nationale.
A contrario, Henri Guaino a déploré sa « naïveté » lors des « printemps arabes ». Il lui aurait suffi de lire, dès janvier 2011 Polémia (et d’autre sites de la réinfosphère) pour savoir que les printemps arabes se transformeraient en hivers islamistes. Au demeurant, nul besoin d’être prophète pour éviter de se tromper : il suffit de ne pas céder aux emballements médiatiques et de faire preuve de discernement.
« Polémia va se lancer dans la recherche de fonds »
Pendant ces dix ans, la situation, sur le plan des idées défendues par la Fondation Polémia, s’est-elle améliorée ou, au contraire, s’est-elle aggravée ?
Améliorée et aggravée : les deux !
Dégradée d’un certain de vue, car les médias de l’oligarchie sont plus que jamais devenus de vulgaires organes de propagande. La déformation, la désinformation, la diabolisation, la novlangue, le mensonge statistique et le bobard sont le pain quotidien de leurs lecteurs, de leurs auditeurs ou de leurs spectateurs. « Journalistes ? Le mensonge est leur métier » telle est la devise de la quatrième cérémonie des Bobards d’Or qui aura lieu le mardi 19 mars prochain.
Fort heureusement, ces médias totalitaires ont perdu leur monopole. Depuis 10 ans, ce qui compte c’est le développement du PMA : le paysage médiatique alternatif. Blogs dissidents et réseaux sociaux permettent de se réinformer et d’échapper à La Tyrannie médiatique, titre d’un ouvrage que je viens de publier chez Via Romana.
Quels sont vos projets pour les dix ans à venir ?
Notre modèle économique d’origine était sain et simple : pas de papiers, peu de dépenses, peu de recettes.
Ceci étant, si – comme d’autres sites de la réinfosphère – Polémia veut se développer une certaine forme de professionnalisation est indispensable : pour l’évolution de notre site Internet, pour son rayonnement, pour la réussite de nos manifestations publiques (la journée de la réinformation, la cérémonie des Bobards d’Or), pour la réalisation de nouveaux projets (l’école de journalisme alternatif), des moyens financiers sont indispensables. Nous allons donc nous lancer dans la recherche de fonds.
Nos donateurs (et les donateurs pour d’autres projets) doivent savoir que leur argent sera doublement bien investi : d’abord parce qu’il rendra possible la réalisation de projets utiles ; ensuite parce qu’il permettra à de jeunes talents – qui ont naturellement besoin de faire vivre leur famille – de développer leur professionnalisme et de le mettre au service des causes qui leur sont cher.
C’est ainsi que nous pourrons abattre le mur des médias : c’est cela notre objectif pour les dix ans qui viennent.
source Nouvelles de France
-
LA DEPENDANCE
Revoici la dépendance, qui revient en boucle, les politiciens de tous bords courant sans cesse après les calamités qu'ils créent eux-mêmes.
Le nombre des personnes dépendantes ne cesse de croître. Au début des années 2000, elles étaient quelques 700.000, mais elles devraient dépasser 1,6 million en 2040. L’Aide Personnalisée à l'Autonomie (APA) est, à l’heure actuelle, la principale source de financement pour 1,3 million de personnes : 560.000 en maison de retraite et 751.000 à leur domicile ou dans leur famille. La Sécurité sociale, pour la partie soins, les départements et les familles se partagent aujourd’hui la facture. En moyenne, le coût annuel d'une personne dépendante est évalué à 30.000 euros. Chacun d'entre nous peut être frappé à son tour ou épargné sans que personne ne puisse savoir qui sera frappé, qui sera épargné et à quel degré.
En bonne logique, le problème de la dépendance éventuelle devrait être régi par les épargnes individuelles jointes à la solidarité familiale. Mais c'est là que l'on rencontre les effets calamiteux des pouvoirs publics de toutes tendances qui, depuis longtemps, s'attaquent précisément à ces deux remèdes, pourtant nécessaires et suffisants.
Il y a d'abord la paupérisation générale du pays organisé ou admise cruellement par ces pouvoirs et qui se traduit en particulier par la difficulté de créer des épargnes suffisantes, à l'abri de l'ouragan fiscal et social. Quant aux offensives contre la famille, elles ne cessent de se développer, ce qui brise les possibilités de recours à cette institution fondamentale. Pis encore : à cause de ce double comportement public, chacun peut trouver des excuses pour renoncer à sa responsabilité personnelle et s'abandonner à la sollicitude trouée de l'intervention étatique.
LA FAUSSE SOLUTION DE L'ETATISME
C'est ainsi que l'on voit l'État s'avancer avec ses gros sabots pour prétendre corriger la calamité que lui-même a créé.
Il n'est, semble-t-il, plus beaucoup question de la création d'un cinquième pilier de la sécurité sociale, qui s'ajouterait aux quatre piliers existants : famille, accidents du travail, maladie, retraite : une telle création serait, certes, la faute à ne pas commettre et, néanmoins, le recul sur ce plan n'est peut être que provisoire.
La « sécu » est un monstre qui, par ses dimensions titanesques après des extensions successives, finit par absorber une large part de l'activité nationale ; le monstre, quels que soient les changements de statut depuis sa création, reste étroitement soumis à la dictature de syndicats dont la légitimité est plus que douteuse. Les résultats sont désastreux, avec, en particulier, la disparition de la responsabilité personnelle seule façon de gérer réellement les risques en tout genre. Depuis sa création la « sécu » traine, par nature, un déséquilibre financier que l'on appelle maintenant couramment le « trou de la sécu », dont une partie très visible est formée par les dérives de l'assurance-maladie ; ce « trou de la sécu », à lui seul, explique une grande partie de la paupérisation du peuple français, avec, notamment, le dépérissement des entreprises, seules créatrices de vraie richesse et alimentant par la force largement le monstre.
Depuis quelques temps, l'État s'avance sous d'autres formes que le cinquième pilier pour prétendument résoudre le problème.
Le Premier ministre a mis en route une parlotte avec quatre groupes de travail planchant sur le dossier. Le premier traite de la question "société et vieillissement", le deuxième de celle des "enjeux démographiques et financiers de la dépendance", le troisième de "l’accueil et de l’accompagnement des personnes âgées", et le quatrième de la "stratégie pour la couverture de la dépendance des personnes âgées".
DES IMPÔTS A PREVOIR
Il a été officiellement indiqué que le produit de ces réflexions aurait des conséquences sur le prochain projet de loi de finances tout en précisant que la dépendance serait un des "sujets de la présidentielle". L'accroissement de la CSG est provisoirement exclu : peu importe, finalement, les impôts qui seront prélevés, car l'essentiel est que la course aux milliards est engagé et il n'est question que d'augmentations d'impôts et de charges. On n'imagine pas l'immensité du tort créé, de la sorte, à tous les créateurs et dirigeants d'entreprise par le flou juridique et fiscal créé dans de telles parlottes : l'une des conséquences les plus dommageables est évidemment le retard dans les décisions éventuelles, personne ne sachant à l'avance qui sera frappé et comment.
Dans tout ce flou, interviennent les collectivités locales qui supportent pour l'essentiel l'APA et qui aimeraient bien en passer le fardeau à l'État. Elles n'ont pas complètement tort dans cet objectif, mais il faut rappeler que la paupérisation de la France vient pour une large part de ces collectivités locales et de l'enrichissement incroyable des élus de diverses sortes qui les manipulent à leur seul profit.
Pour couronner le tout, force est de reconnaître que les programmes des éventuels présidentiables pour 2012 sont les mêmes, quelles que soient les nuances apparentes : poursuite sans répit des dépenses publiques et particulièrement de celles qui conduisent à l'enrichissement personnel des prédateurs étatiques, déficit, endettement, impôts et charges. C'est clair, mais c'est ainsi.
LA RESPONSABILITE PERSONNELLE
Pour terminer, voici plusieurs constatations.
Tout système de subventions étatiques s'auto-alimente lui-même, beaucoup de personnes essayant de se glisser dans le système bureaucratique inventé pour l'occasion : c'est l'une des explications du succès de l'APA. La responsabilité personnelle est la seule façon de gérer les risques ; si elle s'exerçait librement, les épargnes accumulées en vue de l'avenir serviraient d'aliments aux entreprises et, par ricochet, la richesse se multiplierait. Des systèmes d'assurance, lesquels existent déjà, se développeraient davantage dans un cadre concurrentiel. Le tout déclencherait un cercle vertueux. Nous sommes, hélas, loin de ces perspectives dans la situation actuelle.
Il serait, cependant, encore tout à fait possible de changer, mais il faudrait à coup sur changer intégralement de classe politique et c'est la seule et vraie difficulté !
Michel de Poncins

