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France et politique française - Page 5044

  • La France lève son veto à l’ouverture d’un chapitre des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne

    BRUXELLES (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) - La France accepte d’ouvrir à Bruxelles un nouveau chapitre des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. En effet, Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères (ci-dessus),  a confirmé à son homologue turc Ahmet Davutoglu que la France allait lever son veto à l’ouverture des négociations sur la politique régionale.

    http://fr.novopress.info

  • L'indispensable Lien

    Numéro 49. Nous oublierons la table des matières pour l'instant et nous entrerons dans l'intimité du roi Louis XVIII par le truchement du comte de Corbière dont les Souvenirs de la Restauration sont analysés par Gérard de Villèle depuis deux numéros déjà. Dans cette troisième partie, on découvre le roi intelligent qui manqua à la monarchie en rupture de ban, un prince instruit, très au fait du peuple réel, sachant gérer une équipe ministérielle en débrayant quand nécessaire et parfaitement rompu au jeu d'une monarchie parlementaire comme si la dynastie de Bourbon n'avait fait que ça depuis longtemps, alors qu'il l'avait lui-même créée. La Charte octroyée en 1814 contre le projet constitutionnel du Sénat était évolutive pour gouverner au centre-droit, au grand dam du parti dévot d'aujourd'hui agrippé à la théocratie déléguée comme la moule au bouchot. Dans le Manuscrit inédit de Louis XVIII, cité par Corbière, le roi laisse apparaître un monarchiste convaincu que seules les circonstances tragiques de la Révolution et de l'Empire détourneront de la royauté de droit divin. S'il avait fait des représentations auprès de Miromesnil, garde des Sceaux, sur le danger de rappeler les parlements, il avait su quand vint son tour établir le "gouvernement représentatif" dont il se méfiait, comptant sans doute sur sa finesse de jugement, son autorité et un petit peu sur sa rouerie que Corbière nomme "piperie". Ce régime exigeait de minutieux réglages entre le président du Conseil et la Chambre. Il y parvint, démontrant sa viabilité.
    Ayant eu le pouvoir à l'époque des Etats-Généraux, il l'aurait appliqué à seulement deux réformes qui en auraient entraîné bien d'autres : l'égalité devant l'impôt et la révocation de l'ordonnance malheureuse de 1781 qui exigeait des quartiers de noblesse pour les brevets d'officiers de la Maison du Roi. Grâce à la Gallica nous avons le cahier de doléances de Louis XVIII lui-même, qui récrit celui de la Noblesse du Poitou.
    En voici le préambule (page 306 de l'édition de 1839):

    Aucune époque de la monarchie française n'a offert une circonstance aussi généralement importante que celle où nous nous trouvons. Les états-généraux sont convoqués, et nous touchons à leur ouverture. Travailler à rendre à l'antique et vénérable constitution de la France tout son éclat et toute sa pureté, présenter au roi les voeux de ses sujets pour la réforme des abus en tout genre et l'amélioration de toutes les parties de l'administration, combler un précipice effrayant que la déprédation dans les finances a creusé, et chercher les moyens les plus efficaces pour l'empêcher de se rouvrir, tels sont les grands objets qui doivent occuper cette assemblée. La noblesse du Poitou, pénétrée de respect et d'amour pour la personne sacrée du roi, jalouse de concourir à ses vues salutaires, et voulant surtout prouver à sa majesté sa soumission, n'a point balancé, etc... et Louis XVIII de critiquer le peu de respect de la noblesse poitevine à l'endroit du monarque, refaisant point par point les articles du cahier. Après avoir acté le pouvoir du peuple en ses états de consentir l'impôt, le roi fait la synthèse des premiers quinze ans de règne de son frère aîné qu'il place en tête de sa critique de la désinvolture des rédacteurs :

    SM Louis XVIII
    On ne remercie pas Louis XVI de n'avoir pas eu, depuis quinze ans qu'il est sur le trône, une pensée qui n'eût le bonheur de ses sujets pour objet; d'avoir toujours consulté l'opinion publique dans le choix de ses ministres; d'avoir aboli cette question préparatoire qui, ne faisant qu'ajouter aux tourmens des criminels une rigueur inutile, avait conduit tant d'innocens aux supplices; d'avoir achevé de détruire la servitude dans ses domaines; d'avoir constamment travaillé par son exemple à épurer les mœurs; d'avoir préféré, par le rétablissement des parlemens, la stricte justice au soutien de son autorité; d'avoir presque vidé les prisons d'état, qui, sous ses prédécesseurs, regorgeaient d'infortunés moins coupables qu'imprudens; d'avoir fait respecter sur toutes les mers le pavillon français, qui depuis si longtemps était avili; d'être économe pour lui-même, juste, humain. Voilà les traits sous lesquels il fallait le peindre ; et qui sait si une adresse de ce genre, bien faite et rappelée à propos, n'aurait pas empêché ce forfait qui coûtera des larmes de sang, non seulement à nous, ses malheureux témoins, mais à notre postérité la plus reculée? Voilà du moins ce qu'il fallait dire en tombant à ses genoux, à ce roi si bon, si aimant, si digne d'être aimé et qui se plaisait tant à l'être.

    D'une plume alerte avec des mots précis, il continue la critique du cahier dans de longs développements et nous nous arrêterons à l'article 6 réclamant des Etats-généraux périodiques. La critique pointue dévoile son aversion pour les parlements et décrit le caractère français qui s'en accommode si mal. Le texte du Poitou est celui-ci (p.317 et suite):

    Art. 6.- Nous chargeons nos députés de faire prescrire le retour périodique des états-généraux, ainsi que l'époque, forme de convocation, composition et tenue, observant, en général qu'il est avantageux qu'ils ne soient pas trop éloignés, et qu'il semble convenir aux circonstances que la prochaine époque soit très rapprochée.

    A quoi le roi répond dans un style très moderne à une situation qui ressemble à la nôtre (nous envoyons in extenso car ce texte est très riche):

    Cet article est si important qu'il exige d'être traité avec plus de méthode qu'un autre. J'y distinguerai le fond de la forme; et d'abord, sur le premier point, je regrette qu'on n'ait pas imprimé avec le procès-verbal des séances les opinions qui ont déterminé l'assemblée en faveur du retour périodique des états-généraux; cette connaissance m'aurait fort aidé dans la discussion que j'entreprends. Je tâcherai, néanmoins, de m'en passer.
    Les écrits qui avaient paru depuis plus de quarante ans avaient inspiré à presque tout le monde une sorte de vénération pour la constitution d'Angleterre; et la prospérité de ce pays, comparée avec l'état où se trouvait la France, n'avait pu qu'augmenter ce sentiment. Là, disait-on , se trouve la véritable liberté, celle qui est unie avec l'ordre; là, le monarque est vraiment le père de ses sujets, puisqu'il peut tout pour faire le bien et rien pour faire le mal; et c'est à son parlement, à cette admirable combinaison de pouvoirs, qui se balancent sans se croiser, que la Grande-Bretagne est redevable de sa félicité. Il faut donc tâcher de nous rapprocher le plus possible de son heureuse constitution. D'ailleurs, tant que le retour des états-généraux n'aura pas lieu à des époques fixes et invariables, l'autorité qui les craint saura l'éluder, et les abus qui vont être réformés renaîtront; les droits de la nation seront de nouveau méconnus et le peuple foulé; enfin les plaies de l'état se r'ouvriront d'une manière plus dangereuse et plus difficile à guérir. Le seul remède à ses maux est le retour périodique des états-généraux; les ministres, les favoris, les maîtresses, ayant toujours sous les yeux une époque redoutable pour eux, seront plus circonspects; les déprédations seront plus rares, la liberté individuelle plus respectée. Enfin, s'il y a du mal de fait dans l'intervalle d'une tenue d'états-généraux à l'autre, le remède en sera plus facile.
    le Poitou en ses châteaux
    Voilà sans doute les raisons qui déterminèrent les honnêtes gens à adopter cet article : je ne crois pas les avoir affaiblies. Mais sans vouloir les réfuter, je demanderai si l'on avait bien réfléchi aux dangers de cette mesure. Il existe, on ne peut le nier, des caractères de nation comme des caractères d'individus, et l'expérience de quinze siècles a démontré que, de tous les peuples, le français est le moins propre aux assemblées politiques. J'en appelle aux produits de tous les états-généraux; la raison en est triste à dire, mais elle n'en est pas moins réelle, c'est que le Français est naturellement féroce, toutes les émeutes populaires en font foi. Ce vice est tempéré en lui par sa légèreté naturelle; mais qu'on le force à raisonner, à réfléchir beaucoup, le remède disparaîtra, le mal seul restera. Vouloir des assemblées périodiques, c'est donc vouloir des troubles qui le soient aussi. Le premier effet sera sans doute de passer de la périodicité à la permanence, et alors il s'élèvera une lutte entre le pouvoir du roi et celui de l'assemblée, qui exposera l'état à des secousses continuelles (voilà en moins de quatre ans une révolution faite par le directoire et défaite par les conseils). La source de cette lutte est dans le coeur humain ; celui qui vient d'être revêtu d'un nouveau pouvoir désire toujours de l'augmenter; celui qui a vu diminuer le sien désire le recouvrer, et l'effet en doit être, ou la république ou le despotisme. Mais, dira-t-on, l'Angleterre se trouve bien de son parlement, pourquoi la France ne s'en trouverait-elle pas bien aussi ? Je répondrai d'abord que le caractère sérieux et réfléchi des Anglais leur ôte un danger que l'impétuosité des Français leur ferait courir; ensuite j'observerai que l'Angleterre est une île, que sa défense consiste dans sa marine, et que par conséquent elle peut se passer d'une armée de terre, au lieu que la France, qui a quatre cents lieues de frontières de Dunkerque à Antibes et plus de cent de Bayonne à Perpignan, ne peut s'en passer. Or, il est impossible que l'armée soit neutre dans la lutte dont je viens de parler; si elle se divise, le sang coulera par torrens; si elle passe tout entière d'un côté, il y aura une révolution. L'histoire d'Angleterre m'en fournit l'exemple. L'armée avait fondé la tyrannie de Gromwell, elle rétablit Charles II !
    Qu'on observe d'ailleurs que, depuis l'existence de la grande Charte jusqu'à la révolution, il a coulé plus de sang anglais dans les guerres civiles ou sur les échafauds, que dans les combats contre la France, l'Espagne et la Hollande, et que depuis cette dernière époque, on n'a pu faire marcher la constitution qu'en la violant sans cesse. Une inquiétude perpétuelle, des troubles, du sang répandu, un bouleversement général enfin; voilà quels seraient pour la France les fruits du retour périodique des états-généraux. Ces dangers ne doivent-ils pas faire renoncer aux avantages qu'on en peut retirer? Est-ce donc la peine d'innover? Oui, je le répète, quoi qu'en dise M. le chevalier de La Coudraye, ce retour périodique eût été une innovation; car le roi de France a le droit, par la constitution, de convoquer ou de ne pas convoquer, de prolonger ou de dissoudre à son gré l'assemblée des états-généraux; et ce droit si important est le plus beau fleuron de ma couronne; c'est lui qui fait que je suis le souverain de mes sujets, tandis que le roi d'Angleterre, qui peut à la vérité dissoudre son parlement , mais qui est obligé d'en convoquer sur-le-champ un autre, n'est que membre du souverain. J'aurai sujet d'en revenir sur ce point, lorsque j'en serai à l'article 13.
    Mais celui-ci [ndlr: le 6è] va bien plus loin encore que le retour périodique, puisqu'il enjoint aux députés de faire prescrire l'époque et forme de convocation, composition et tenue. L'époque rentre dans ce que je viens de dire, ainsi je n'en parlerai pas; je ne m'étendrai pas non plus sur l'observation qui termine l'article; je ferai seulement observer à mon tour que c'est un acheminement bien marqué de la périodicité à la permanence. La forme de convocation est bien connue; le roi adresse des lettres aux grands-baillifs ou grands-sénéchaux. Ceux-ci convoquent les trois ordres de leur bailliage ou sénéchaussée, et, dans cette assemblée, chacun des trois ordres, ou tous les trois ensemble, rédigent leurs cahiers (d'autant plus librement que, suivant la véritable forme, ces cahiers doivent demeurer secrets), et nomment leurs députés. Cette forme est bonne et il n'y a que la dangereuse manie des nouveautés qui puisse en désirer une autre. Quant à la composition des états-généraux, ce sont les députés librement élus des trois ordres et munis par eux de pouvoirs suffisans pour accorder ou refuser, consentir ou dissentir, qui forment l'assemblée. Faire prescrire quelque chose sur un point si bien prescrit, c'est encore vouloir innover. On dira peut-être que ces mots sont là pour obvier à l'avenir, à la double représentation du tiers-état, mais je ne le crois pas; outre que ce serait un pléonasme de parler en ce cas, et de la forme de la représentation, et de la composition, ce point est traité fort au long dans l'article 8. Enfin, si le mot tenue signifie la police intérieure de l'assemblée, c'est une minutie, et le plus sage eût été de laisser ce soin à chaque assemblée; mais s'il signifie la durée de la session, c'est un nouvel attentat à l'autorité royale.
    Voilà pour le fond ; j'ajouterai, relativement à la forme, que l'expression, faire prescrire, me semble tout-à-fait irrespectueuse. De trois choses l'une : ou le roi est le souverain, ou il l'est conjointement avec les états-généraux, ou enfin ce sont ces derniers qui le sont. Dans le premier cas, le retour périodique des états-généraux eût été une pure concession du roi, et il fallait l'obtenir; dans le second, le consentement du roi était nécessaire, c'était une affaire à traiter à l'amiable, et il fallait la faire régler. Dans le troisième, l'expression impérative, faire prescrire, pouvait être employée.
    Qu'on ne dise pas que je m'attache à des mots; les mots sont faits pour rendre les idées. Je n'y mettrais aucune importance dans une discussion privée; je ne les relèverais même pas dans une discussion publique, parce que l'orateur, emporté par la chaleur du discours, peut dire un mot pour l'autre; je dirai même plus, si je retrouvais ces mêmes cahiers, imprimés en 1789, j'y ferais peu d'attention. Mais quand je les vois reproduits au bout de dix ans, et présentés aux Français comme point de ralliement, et aux étrangers comme flambeau pour les éclairer sur nos malheurs, je scrute toutes les expressions, parce qu'il n'en est aucune qui ne soit importante; parce qu'un étranger qui ne sait que médiocrement notre langue s'attache au sens propre et ne soupçonne même pas le figuré; parce que la plupart des Français en agissent de même, et qu'ainsi les uns et les autres peuvent par des mots être entraînés, à l'égard de notre antique constitution, dans des erreurs d'autant plus dangereuses qu'ils accorderaient plus de confiance à l'ouvrage qui les y entraînerait.

    Voila ! Certains de nos jeunes lecteurs découvriront dans cet extrait Louis XVIII que l'histoire officielle réduisit à son obésité et à la berline de Gand. Il eut fallu à son successeur plus de politique et moins de bel allant pour continuer l'œuvre d'intelligence. La fonction exige beaucoup plus qu'autrefois dans nos temps raisonneurs. Les mémoires de Corbière font en passant un sort au tempérament d'intriguant du duc de Chartres s'ouvrant à quiconque de ses supputations et calculs personnels pour un avenir meilleur. Et le ministre de l'intérieur, lucide, de commenter : Il n'y a pas loin de pareilles espérances à des manoeuvres pour les réaliser. Orléans, l'ennemi intérieur de toujours (?!).

    L'autre morceau de bravoure du lien légitimiste n°49 est la seconde partie du Jeanne d'Arc d'Yves-marie Adeline. C'est un texte puissant qui s'interroge et répond quant à la double mission de la Pucelle, sacrer le roi à Reims puis s'offrir en holocauste. Il est idiot de résumer la progression de l'auteur dans son raisonnement, ses intuitions, et avec la permission du Lien, je vous passe le cœur de sa conclusion :

    Jeanne est à l’entrée des Temps modernes ! Elle s’y enflamme comme cette colonne de feu¹ de l’Écriture, qui brûle devant le passage de la mer Rouge. Elle est la lumière à l’entrée de la nuit, pour qu’au plus profond de nos tribulations, nous nous rappelions qu’elle était là, à l’entrée ; qu’elle avait vécu une histoire sans exemple. Elle semble nous dire : « Ne perdez jamais l’espérance, ne vous laissez jamais troubler, pas même par la crise de la foi qui ébranle aujourd’hui notre Sainte Mère l’Église ! Souvenez-vous de moi, je n’étais rien, qu’une pauvre bergère analphabète. C’est pour cela que le Ciel m’avait choisie, pour montrer Sa puissance ; souvenez-vous par moi de la puissance infinie du Ciel ! ». Elle est là dans son épopée miraculeuse, et sa place apparemment insolite dans le déroulement de notre Histoire, n’a pas d’autre sens que celui de nous faire comprendre qu’à ce miracle immense, à l’entrée des Temps modernes, répondra un miracle de même ampleur… à la sortie. Quelque chose, ou quelqu’un, je ne sais, mais un évènement aussi extraordinaire qui nous  attend. Et c’était là le secret de Jeanne : elle ne s’adressait pas à d’autres siècles, mais seulement à notre époque. Autrefois, on pouvait penser que Jeanne restait incompréhensible. Mais aujourd’hui ? tandis que les ténèbres s’épaississent, et s’épaissiront encore ? Tandis que, dans quelque temps, la solitude et le désespoir seront nos derniers sentiments ? [...] Jeanne est cette colonne de feu dont la voix traverse les siècles, pour hanter notre mémoire de son épopée encore unique ; mais dont la lumière nous suit, nous accompagne dans l’espérance, jusqu’à une aube qui, un jour, se lèvera.

    Acceptons-en l'augure.

    Le numéro 49 du Lien légitimiste vous offre les article suivants (20 pages):
    • Toujours la réalité... l'édito de Gérard de Villèle sur l'implication du prince Louis dans le débat social
    • La réalité contre la théorie (la Restauration par Corbière et GDV)
    • Le journal en bleu de Luc Boisnard, un vieux réac comme on les aime
    • Anatole France à La Béchellerie (1914-1924) par Marcel Le Goff et son aversion pour la République
    • Sur Jeanne... (Yves-Marie Adeline)
    • De la dénaturation du mariage à l'ultime transgression (Gérard de Villèle)
    • Sainte colère... de Nicolas Ferrial sur la propagande du gender
    • D'une réunion de la PSB lyonnaise au veto de la Reine en passant par le putsch d'Alger...

    LE LIEN LEGITIMISTE
    Petit-Prix
    37240 La Chapelle Blanche Saint Martin

    Abonnement à six numéros papier à 24€, électroniques à 10€ (dix euros!).

    Note (1): nos lecteurs du Maghreb feront l'analogie avec le Lotus ardent, le Sidrat al-Muntahā à l'entrée du 7ème Ciel, sauf que YMA parle ici d'un long purgatoire.
  • Sondage : Les journalistes sont à gauche et déconnectés des réalités

    Sondage réalisé du 7 au 16 février 2013 par l’« Observatoire des journalistes et de l’information médiatique » (OJIM). Les médias sont considérés comme peu ou pas indépendants (95%), influencés par leurs propriétaires (88%), les annonceurs (81%) alors que la liberté d’expression tend à se dégrader en France (85%).

    Les journalistes sont classés à gauche (47%) voire très à gauche (39%) et sont considérés comme éloignés des réalités (89%) ; leur manque de pluralisme idéologique nuit à leur indépendance (60%).¢

    Internet est plébiscité comme le média le plus indépendant (94%) et respectant le plus la liberté d’expression (75%).

    Pour répondre à la crise de la presse écrite il faut améliorer son contenu (13%) et (que l’éventail idéologique des journalistes soit davantage pluraliste (82%).
    Au total, que ce soit le Cevipof ou la Sofres pour La Croix, les résultats et enquêtes des instituts professionnels sont corroborés : le fossé se creuse entre d’un côté les médias traditionnels et les journalistes qui les produisent et d’un autre côté les lecteurs, auditeurs et téléspectateurs.

    http://www.francepresseinfos.com/

  • Pouvons-nous sortir de cette désespérance ?

    -Heureuse année 2013 ! Sans échéance électorale, elle pourrait nous offrir l'occasion de réfléchir. Et cette semaine je dois dire ma gratitude à deux conférenciers, et aux cercles qui les ont invités. D'une part, ce 19 février, Christian Saint-Étienne (1)⇓. s'exprimait sur le thème "Sortir de la spirale de la dette" devant une assemblée réunie par le PLD et l'Institut des Libertés, ce 21 février d'autre part Philippe Simonnot était lui-même l'invité de l'Institut Turgot pour présenter son éclairante et courageuse réflexion sur les nuisances du Code du travail (2)⇓.

    L'un comme l'autre, partant de points de vue certes différents, manifestent une commune consternation devant l'affaissement de la France ; ils pointent les mêmes carences qui nous préoccupent ici. Leurs propos, fort stimulants, m'ont permis de noter plein d'idées que je me ferais un devoir de développer à ma façon.

    L'urgence de ces questions ne découle pas seulement de la situation financière prévisible. La société civile doit en effet mettre à profit ce simple répit du calendrier. Notre confiance dans les capacités de réformes de la classe politique appelle de sérieuses réserves. Or, nous allons bientôt nous trouver replongés, que cela nous plaise ou non, dans la perspective assourdissante des scrutins successifs : élections municipales et européennes dès 2014, puis cantonales, régionales, fusionnées ou non, sénatoriales et enfin présidentielles de 2017 suivies du scrutin législatif, et précédées de primaires en 2016. (3)⇓.

    Or, actuellement, à droite comme à gauche, l'incohérence du gouvernement Hollande-Ayrault provoque un grand désarroi. Peut-être s'agit-il d'une stratégie profonde et subtile de Monsieur Normal. Peut-être nous trouvons-nous en présence des conséquences d'un décalque servile des astuces du mentor Mitterrand, maître calamiteux qu'on en vient presque à regretter. Peut-être, enfin, et disons-le : plus probablement encore, convient-il de parler, tout simplement d'incompétence, sinon d'ahurissement tant du chef de l'État que du chef du gouvernement.

    Dans les mois à venir, hélas, les Français vont être appelés à mesurer l'ampleur du recul national qui les frappe de plein fouet et dont l'incidence sur leur niveau de vie viendra inéluctablement.

    Désespérance plus encore que déchéance, cette situation nous amène à croire en l'homme providentiel, en son apparition voire même, pour certains, au retour de l'administration précédente.

    Saurons-nous, en majorité comprendre les quelques causes corrigibles de la catastrophe ? Saurons-nous dès lors y apporter les remèdes nécessaires ?

    On devrait se garder de tout pessimisme inutile : on doit donc se refuser à répondre obligatoirement "non" à cette double question. On ne devrait jamais insulter l'espérance, tant que l'on n'a pas entrepris tout ce que l'on peut pour en déjouer l'échec, pour éclairer les voies de salut, pour ouvrir les yeux de nos contemporains, co-contribuables et concitoyens.

    En revanche, une telle profession de foi s'écarte elle-même des optimismes béats et niais. Les peuples reçoivent le plus souvent les gouvernements qu'ils méritent. Les élites subissent les révolutions qu'elles ont appelées de leurs fautes. Les gens qui attendent l'arrivée de nouveaux prétendus sauveurs, innocemment propulsés par les gros médiats, s'exposent à ne récolter que l'ivraie qu'ils n'ont pas manifesté la lucidité d'arracher. Les exemples de l'Histoire récente ne devraient même pas se révéler nécessaires. Chacun en tient une part présente à l'esprit.

    Il s'agit en effet d'une loi essentielle, logique, de l'action des hommes : aide-toi le ciel t'aidera.

    Beaucoup de Français aiment à raisonner par comparaison, concurrence ou consanguinité avec l'Allemagne et l'Angleterre. Ils admirent à juste titre l'efficacité germanique ou la pugnacité britannique, des qualités qui font souvent défaut à nos compatriotes. Mille fois d'accord, sans doute.

    Mais les situations actuellement plus enviables outre-Rhin comme outre-Manche ne doivent pas nous tromper : n'oublions pas, précisément le caractère récent de l'effondrement français. Dans les années 1970 la France pompidolienne pouvait sembler infiniment plus active, plus prospère, plus futuriste que l'Angleterre travailliste, engluée dans son Welfare State et sa décadence. Dans les années 1990, l'Allemagne réunifiée semblait à son tour plombée dans sa dénatalité, dans sa part d'héritage post-soviétique, ses idéologies gauchisantes, son chômage, etc.

    Si Margaret Thatcher à Londres, Gerhard Schröder à Berlin s'étaient enfermés dans les pessimismes structurels, dans les renoncements, ni Angela Merckel, ni David Cameron ne bénéficierait aujourd'hui de leurs indiscutables avantages comparatifs.

    JG Malliarakis http://www.insolent.fr/       

    Apostilles

    1. Christian Saint-Étienne "France état d'urgence" (éditions Odile Jacob).
    2. Ancien journaliste et docteur ès sciences économiques, Philippe Simonnot dirige l'Observatoire économique de la Méditerranée, l'Atelier de l'économie contemporaine, ainsi que le Séminaire monétaire de l'Institut Turgot. Il vient de publier "Chômeurs ou esclaves : le dilemme français." (Editions Pierre-Guillaume de Roux) Il interviendra le lundi 25 février dans le cadre du Café Liberté à 20 h 00 au café Le Horse Odéon, 16 carrefour de l'Odéon, 75006 Paris (M° Odéon).
    3. Je ne crois pas en oublier, puisque la sécurité sociale, dont les Finances dépassent et plombent celles de l'État central parisien se trouve administrée, sans aucun vote populaire des cotisants, en théorie par le ministère de la Santé, y compris s'agissant des retraites, mais en fait par la citadelle anonyme de Bercy. Cf. "La sécurité sociale et comment s'en sortir" par Georges Lane (Editions du Trident)
  • Mariage gay, PMA, GPA : l’avenir radieux pour tous

    Il serait temps que le peuple de gauche se pose quelques questions…

    Il est curieux de constater comment la gauche, fervente défenseur du mariage pour tous, abandonne la réflexion anthropologique à la droite et aux représentants des religions monothéistes.

    Pourtant, il serait bienvenu que des hommes et des femmes de gauche – mis à part Sylviane Agacinski et une poignée de députés – se posent de vraies questions sur ce projet. Pourquoi le fait de donner l’égalité du droit à fonder une famille, indépendamment de la différence biologique entre les sexes, serait un progrès ? La distinction féminin/masculin était jusqu’à présent, quels que soient les de gouvernements qui se sont succédés, le cœur et le fondement même de l’idée de famille et de filiation.

    Remettre en question les valeurs fondamentales de la vie de famille me heurte dans mes valeurs en tant que catholique et humaniste. Modifier par une loi des articles du Code civil sur les idées de paternité, de maternité et de filiation pour les remplacer par le « parent 1 » et le « parent 2 » était une aberration totale. D’ailleurs, ce projet a été abandonné au profit d’on-ne-sait quelle vague définition des parents. Qui le gouvernement a-t-il consulté pour se permettre de bouleverser un texte fondateur de notre démocratie et du fameux vivre-ensemble dont il se réclame si fort ? Pas le peuple en tout cas ! Comment le gouvernement peut-il affirmer que les homosexuels veulent tous se marier de manière traditionnelle, alors que dans leur combat, ils ont la plupart du temps lutté contre la « société bourgeoise » (le beau texte que Renaud Camus a publié à ce sujet dans Causeur est particulièrement drolatique et éloquent).

    Jacques Déniel - La suite sur Causeur

    http://www.actionfrancaise.net

  • Enquête sur la droite en France : Martin Peltier : «  Les hommes de droite sont des gardiens de la réalité »

    Journaliste, Martin Peltier vient de publier Qui instrumentalise l’Église ? aux éditions Godefroy de Bouillon.
    M & V : Martin Peltier, selon vous quelle est la différence entre l'homme de droite et l'homme de gauche ?
    Martin Peltier : Je répondrai un peu comme le sapeur Camembert : pour moi, l'homme de gauche est l'homme de gauche, et l'homme de droite est l'homme qui n'est pas de gauche ! La distinction entre la droite et la gauche est née en France pendant la Révolution, puis s'est beaucoup actualisée à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, à l'occasion de la guerre religieuse et scolaire lancée par les francs-maçons au début de la IIIe République. Cette distinction a été créée par la gauche, qui formate le paysage politique, moral et intellectuel en France depuis plus de 200 ans et dont la prise de pouvoir s'est appuyée sur une inversion fondamentale et complète des valeurs. Pour toute notre civilisation européenne et biblique, la droite a toujours figuré le côté du bien et la gauche, la « senestre », le côté du mal : quand on dit d'une personne qu'elle est gauche, par exemple, on signifie qu'elle est malhabile, qu'elle n'est pas « adroite » La Révolution a opéré une inversion symbolique extrêmement forte, en mettant le haut en bas et la droite à gauche. Du jour au lendemain, ce qui était réputé mauvais est devenu bon et vice-versa. Depuis, les nouveaux « bons », c'est-à-dire la gauche française et internationale, nous disent que tout ce qui n'est pas de gauche est mauvais.
    Les idées elles-mêmes évoluent et changent de bord, passant parfois de la gauche à la droite et réciproquement. Ce n'est donc pas sur elles que repose cette différence ?
    La distinction ne porte pas sur les idées, mais sur une posture morale et de pouvoir. Dans ce système qui s'est vraiment actualisé en 1900, la gauche s'arroge le pouvoir moral. Alors que la réalité avait toujours été considérée comme bonne et les élucubrations comme mauvaises, dans le système inversé inventé par la gauche c'est l’utopisme qui est réputé bon et la réalité qui est devenue mauvaise. L'histoire des idées, depuis maintenant 200 ans, accuse ce glissement général de la pensée vers l'Utopie, alors que le rappel à la réalité est dénoncé comme obscurantiste, réactionnaire, haineux, etc.
    On le voit bien avec le « mariage » homosexuel, qui a suscité une forte réaction qui s'appuie sur la réalité naturelle. L'idée même d'un ordre naturel n'est-elle pas une conception de droite ?
    Absolument. La distinction entre la droite et la gauche passe par le rapport à la réalité et à la nature. Précisons que la nature humaine dont nous parlons ici n'a rien à voir avec l'abstraction construite par les philosophes des Lumières ou par Rousseau. Le Saint Père a écrit de beaux textes sur l'ordre et le droit naturel. La frontière se situe entre, d'une part, ceux qui pensent que la volonté de l'homme, ses lumières, ses pulsions, son intelligence et les velléités de l'individu peuvent construire le monde; et d'autre part, ceux qui pensent que la nature, même si elle est imparfaite ou déchue, a été créée, donnée et que l'on ne peut rien faire si l'on ne part pas de ce donné réel. La gauche, c'est l'irréalisme, la folie érigée en devoir ; la droite, beaucoup plus modestement, tient compte de la réalité et essaye de s'en arranger.
    Nous vivons dons l'ère des tyrans
    Le mariage dit « pour tous » et l'idéologie du genre sont deux exemples très clairs de cette volonté de la gauche de construire le monde à partir du caprice de l'individu. C'est le caprice fait roi, selon le vieux mot romain : Hoc volo, sic jubeo, sit pro ratione voluntas(1). Nous vivons dans l'ère des tyrans : il suffit que je le veuille, que je l'ordonne et que ma volonté vous serve de raison. C'est leur volonté qui doit servir d'étalon au monde ! L'homme de droite, c'est celui qui refuse cet ahurissant diktat de la gauche.
    La mobilisation contre le « mariage » homosexuel montre que le sens de la réalité conduit une large fraction du peuple français à réagir contre le politiquement correct N'y a-t-il pas là une raison d'espérer ?
    Le peuple est en train de vociférer sur des sujets de société qui tiennent au fond, prennent aux tripes et sur lesquels il est compétent. Quand il refuse que l'on change la manière de vivre la famille, il a raison, il le sent et il gueule. De même, il a raison quand il refuse de disparaître de devenir un autre peuple, quand il rejette l’immigration-invasion. Dans le cadre de cette vocifération nécessaire, il est présent parce que vraiment concerné. Le peuple français ne veut pas des folies mortifères que lui propose la gauche. J'ajouterai pourtant à cette réflexion un codicille plus pessimiste : nous autres, hommes de droite, sommes des gardiens de la réalité - Maurras y insistait beaucoup, avec sa distinction entre le pays légal et le pays réel. Or aujourd'hui, l’utopisme est peut-être en train de l'emporter : si l'on considère sa composition, il faut convenir que le peuple français, avec toutes les folies qui lui ont été imposées depuis 30 ans, a changé de réalité. Ainsi, tenants de la réalité, nous sommes partiellement en décalage avec la réalité actuelle ce qui est le signe d'un éclatement général de la société.
    Le peuple a pu changer de réalité, mais il existe bien une vérité objective. N’est-ce pas finalement cette conviction qui différencie la droite de la gauche ?
    C'est en cela qu'à mon avis, nous, hommes de la droite catholique, possédons le « joker ». La réalité change, malheureusement, et les utopistes sont en train de la subvertir ; mais nous savons qu'il existe une vérité supérieure. Non seulement il y a des vérités de grâce et de foi, d'ordre supérieur, mais aussi une vérité de ce que sont historiquement la France et le peuple français nous fondant sur cette vérité de la France et du peuple français, nous pouvons refuser les dérives de la réalité qui nous sont mécaniquement imposées par les réformes induites par la gauche depuis 30 ans. Dans l'ordre politique, c’est la défense de la vérité française.
    Propos reçu par Eric Letty monde&vie février 2013
    I .Je le veux, je l'ordonne ; la raison, c'est ma volonté.
    Martin Peltier, Qui instrumentalise l’Église? comment certains lobbies tentent d'asservir Rome au politiquement correct, éditions Godefroy de Bouillon, 28 €.

  • Policiers tués sur le périphérique parisien : le chauffard aurait déjà été condamné six fois

    Policiers tués sur le périphérique parisien : le chauffard aurait déjà été condamné six fois

    PARIS (NOVOpress) – Nouveau drame de la société multiculturelle. Deux policiers de la BAC (Brigade anti-criminalité) engagés dans une course poursuite ont trouvé la mort jeudi matin au nord de Paris dans un accident de la circulation. Un troisième policier est dans le coma. Selon les premiers éléments de l’enquête, leur véhicule a été percuté par l’arrière.

    L’accident s’est produit vers 6 heures sur le périphérique intérieur entre la porte de Clignancourt et la porte de la Chapelle, provoquant un embouteillage monstre en région parisienne. Un Range Rover avait été pris en chasse au niveau de la porte Maillot en raison de multiples infractions au code de la route. Roulant à très vive allure sur le périphérique, les fuyards ont semé une première équipe de policiers avant de percuter une autre voiture de la BAC qui avait été alertée.

    Selon Le Parisien, le conducteur du 4 X 4 se nommerait Malamine Traoré. Il serait déjà impliqué « dans des vols et petits trafics de stupéfiants. Mais plus encore, il a déjà été condamné à six reprises pour des délits routiers, dont cinq fois sans permis. Il était en état d’ébriété et « en défaut de permis » au moment du drame. Il conduisait avec 1,4 gramme d’alcool par litre de sang (limite 0,5 gramme/litre de sang) », précise notre confrère. Le chauffard a été placé en garde à vue pour « homicide volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Le passager, Mehdi Bensassou, était encore plus alcoolisé que le conducteur, avec 1,6 gramme d’alcool par litre de sang.

    Crédit photo : PhOtOnQuAnTiQuE via Flickr (cc).

    http://fr.novopress.info

  • Assemblée : les socialistes font disparaître les Conseils Généraux

    Les Conseils Généraux après l'élection de 2011
    L'Assemblée nationale a adopté mercredi soir la création du scrutin majoritaire paritaire pour les départements, avec deux candidats par canton, un homme et une femme, dans le cadre d'un projet de loi du gouvernement sur les élections locales. Un nouveau dispositif, totalement inédit… et pour cause : 2 élus par canton, un système qui va déboucher sur la réduction de moitié du nombre de cantons pour conserver le même nombre d’élus !

    Les députés PS, majoritaires, ont voté pour. En revanche, à gauche, les élus Europe Écologie-Les Verts se sont abstenus et ceux de la Gauche démocrate et républicaine ont voté contre. À droite, UMP et UDI ont également voté contre.

    Ce projet, défendu par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, avait été rejeté par le Sénat en janvier. Il s'y était aussi heurté à l'hostilité de la droite et du centre, mais aussi à l'abstention, sur tout ou partie du texte, du Front de gauche et des écologistes, qui auraient préféré un scrutin proportionnel, ainsi que des Radicaux de gauche.
    Au nom de l'UMP, Guillaume Larrivé a affirmé que « ce scrutin va créer de la confusion et des situations d'inefficacité. Il crée aussi une situation cousue de fil blanc puisqu'il donne au gouvernement l'occasion de redessiner la carte cantonale avec des ciseaux dangereux pour la ruralité.
    « Je vous demande de surseoir à votre binôme pour que nous puissions trouver une solution alternative », a lancé de son côté l'UDI François Sauvadet, estimant que le gouvernement n'avait pas mené une véritable concertation sur son projet.
    Marc Dolez (Gauche démocrate et républicaine) a reproché à ce scrutin de ne pas comporter de proportionnelle, un argument repris par Paul Molac (EELV).
    Les députés se sont ensuite attaqués à l'article 3 du projet de loi, qui prévoit la réduction de moitié du nombre de cantons, afin de garder le même nombre d'élus départementaux.
    Ce que les socialistes présentent comme étant des réformes de progrès et de modernité ne sont, en fait, que du détricotage systématique de nos institutions. N’oublions pas que l’UE souhaitait la disparition de la structure « Conseil Général » au profit de la notion de « Pays ». En 1999 déjà, Jospin avait tenté de rayer cette structure d’un simple trait de plume, avec l’aval de Chirac. Il s’était alors heurté à une levée de bouclier des élus toutes tendances confondues.

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  • Tournées solidaires, rappel à l’ordre du don de soi – Par Marie, de Lille

    Tournées solidaires, rappel à l’ordre du don de soi – Par Marie, de Lille

    Depuis début janvier, les tournées de la « Génération Solidaire » ont été lancées simultanément dans plusieurs villes de France. J’ai aussitôt été séduite par cette idée. Lorsque l’on est jeune et un peu idéaliste, on a tendance à rêver de changer le monde. On voudrait se mettre dans la peau d’un de ces héros d’autrefois pour sauver son pays, aider son peuple. Hélas, bien souvent ces grands idéaux sont rattrapés par la routine du quotidien, et nos désirs de générosité s’étouffent parfois un peu vite dans nos activités incessantes de jeune gens du XXIe siècle.

    D’autres fois, ce sont l’impuissance et le découragement qui nous saisissent : que puis-je faire, moi, pauvre fille perdue dans cette métropole de plus de 1 million d’habitants, pour me rendre utile pour mon peuple ?

    Cette initiative des tournées solidaires est comme une piqûre de rappel : un peu de courage qu’on nous tend, pour nous rappeler que nous ne sommes pas seuls à vouloir agir positivement sur le monde qui nous entoure, et que d’autres peuvent avoir besoin de nous. C’est donc avec enthousiasme que je me lance dans l’aventure.

    Chaque soir, moi je sais où dormir…

    Bientôt, nous commençons nos premières tournées de solidarité, dans la froidure de l’hiver. Lille est sous la neige, il fait entre -5 et -10 degrés en ces débuts de soirée. Et nous savons que la nuit sera plus fraîche encore. Ces premières tentatives nous font aussitôt goûter à cette dureté de la condition des sans-abris. A sillonner ainsi les rues de notre ville, pendant des heures dans le froid glacial, nous comprenons un peu plus la détresse de ces gens abandonnés sur le trottoir. J’ai oublié mes gants, et lorsque je sers la nourriture, mes doigts sont gelés. Mais je sais bien que chaque soir, un endroit chaud m’attend. Et j’ai un peu honte lorsque je pense à ma petite vie si confortable, et à mes soucis coutumiers, qui sont bien peu de choses face aux difficultés des sans-abris. Ceux-ci vivent au jour le jour, et pensent avant tout à survivre aujourd’hui, sans avoir le temps de se préoccuper du lendemain.

    La plupart d’entre eux se réfugient dans la gare ou dans les stations de métro, en espérant y trouver un peu de chaleur. En nous voyant arriver, avec nos sacs de couvertures, notre soupe qui fume, et nos pulls jaunes sur lesquels est inscrit notre message « Génération solidaire ! », des sourires éclairent leurs visages, et cela nous réchauffe un peu le cœur. Nous discutons avec eux, simplement, comme si nous les connaissions depuis toujours, et nous découvrons de véritables drames humains ignorés de notre monde individualiste et donneur de leçons.

    La pauvreté, plus qu’un chiffre politique

    Nous rencontrons une femme enceinte de trois mois, et qui malgré ses nombreuses demandes n’obtient aucune aide. Un homme nous avoue qu’il ne veut pas aller dans les centres d’hébergement à cause de l’insécurité qui y règne : on l’y menace avec des cutters, pour lui prendre ses chaussures et le peu qu’il possède. Un autre jour, c’est avec un homme roué de coups que nous discutons. Je pourrais multiplier les exemples.

    Bien sûr, nous savions avant nos tournées que la pauvreté des gens de notre peuple était de plus en plus répandue, nous savions que l’insécurité était le lot quotidien des mendiants, et que beaucoup d’entre eux étaient des jeunes gens de moins de 30 ans. Les chiffres, les statistiques et les pourcentages nous l’ont dit. Mais lorsque l’on se retrouve face à des hommes et à des femmes de chair et d’os et qui souffrent, alors les chiffres prennent un tout autre sens. Et nous sommes révoltés du peu de moyens que nous possédons pour leur venir en aide, et de l’indifférence générale à leur égard. Tout ce que nous pouvons faire, c’est de continuer nos tournées. Et espérer que notre initiative réveillera d’autres générosités, prêtes à venir offrir leur solidarité à ceux qui sont dans le besoin !

    Marie de Lille http://fr.novopress.info

    Source : le webzine féminin Belle et Rebelle.

  • Ministre de la scoumoune productive

    Il y en a, décidément, pour qui la vie n’est pas un long ministère tranquille. Prenez Arnaud Montebourg, par exemple… Déjà, le nom de son ministère, créé spécialement pour lui, ne fait pas sérieux : « Ministère du redressement productif ». On pense aussitôt à une réclame pour valoriser les effets du viagra ! Surtout quand le malheureux en charge de la chose se fait larguer peu après par sa médiatique compagne Audrey Puylvar… Mauvaise pioche !

    Pour oublier ses déboires sentimentaux, rien ne vaut une déclaration de matamore, s’est-il dit… Pourquoi pas, alors, menacer le propriétaire indien du site Arcelor-Mittal de Florange dont la fermeture avait été annoncé comme inéluctable, faute de rentabilité, d’une nationalisation temporaire ? En voilà une idée qu’elle est bonne… pour se faire immédiatement renvoyer dans les cordes par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault ! Pas sérieux ? Non, pas possible ! Le pauvre Montebourg est le seul pour qui impossible est français !

    On démissionnerait pour moins que cela ! « On », peut-être, mais pas lui qui a encaissé « sans moufter », le torse raide dans sa marinière et la larme à l’œil.

    Tant qu’on est ministre, il y a de l’espoir, n’est-ce pas ?

    Mais c’est à croire qu’aucune humiliation ne lui sera épargnée ! Après celle d’un indien, notre ministricule vient d’essuyer celle d’un yankee !

    Le PDG américain de Titan International envisageait de reprendre l’usine de pneus Goodyear d’Amiens-Nord, elle aussi menacée de passer en mode inactive !

    Mais M. Taylor, PDG en question de Titan International, a écrit à notre Ministre décidément malchanceux, qu’il n’en était pas question. En cause, la « productivité »  de nos ouvriers, qualifiés par l’intéressé de « soi-disant ouvriers » : leur cadence de travail laisserait, paraît-il, à désirer… On ose le croire !

    « J’ai visité cette usine plusieurs fois. Les salariés français touchent des salaires élevés, mais ne travaillent que trois heures. Ils ont une heure pour leurs pauses et leur déjeuner, discutent pendant trois heures et travaillent trois heures (…) Je l’ai dit en face aux syndicalistes français. Ils m’ont répondu que c’était comme ça en France », écrit M. Taylor au ministre.

    Et de peur sans doute de ne pas être bien compris, le malotrus se fait encore plus lourd que nécessaire en précisant : « Monsieur, votre lettre signale que vous voulez que Titan démarre une discussion. Vous pensez que nous sommes si stupides que ça ? (…) Titan est celui qui a l’argent et le savoir-faire pour produire des pneus. Qu’a le syndicat fou ? Il a le gouvernement français. »

    Interrogé, le mis-en-ridicule a refusé de commenter cette lettre : « Je ne veux pas nuire aux intérêts de la France », a-t-il dit.

    La question serait plutôt : que pourrait-il bien répondre, sinon une grossièreté « réchaufée », puisque déjà passée à la postérité dans la bouche du général Cambronne… ou peut-être encore d’adapter la si élégante réplique de notre ancien président : « Casse-toi,  pauvre cow-boy ! » ?

    Une grossièreté, évidemment, si ça soulage sur l’instant, ça ne fait guère progresser la discussion… qui de toute façon, est close côté outre-atlantique.

    La question de la productivité de nos ouvriers syndiqués est un vaste débat sur lequel les avis seront sans doute aussi passionnés que partagés. Évitons pour l’heure de nous y engager.

    Concluons néanmoins qu’il est tout de même étonnant qu’à chaque fois qu’une entreprise française va mal, certains puissent se réjouir qu’un étranger – qatari, yankee ou autre – envisage d’en devenir propriétaire.

    À croire qu’il n’y a du bonheur qu’à ne plus rien posséder et à trimer pour les autres.

    « La propriété, c’est le vol », disait en son temps  Pierre-Joseph Proudhon, éminent sociologue, premier Français à se revendiquer comme « anarchiste »… et antisémite notoire à ses heures (ce qu’oublient nombre de citoyens « de gauche » contemporains qui ne manquent pas de célébrer l’intéressé comme une grande figure s’il en est ! Pourquoi pas !(1)

    En attendant, le Ministère d’Arnaud Montebourg est en passe de se voir sous peu rebaptisé « de la scoumoune productive » !

     P. Randa http://francephi.com

    Note

    (1) Pour ceux qui s’intéresserait à la question, je ne manque pas l’occasion de leur indiquer mon livre Les « Antisémites » de gauche (éditions de L’Æncre), co-écrit avec Roland Gaucher.