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l'information nationaliste - Page 7242

  • Henri IV : du bon roi au tyran

    À l'approche du cinquième centenaire de l'assassinat d'Henri IV, le 10 mai 1610, rééditions et nouveautés vont abonder en librairie. Toutes tendent à comprendre un paradoxe : comment le roi le plus populaire de l'histoire de France a-t-il pu être victime d'un "tyrannicide" ?

    La monumentale biographie que Jean-Pierre Babelon consacra au Béarnais en 1982 reparaît avec un appareil critique remis à jour tant est considérable la somme des études inspirées par l'homme et le règne. Elle n'a rien perdu de son importance ni de son intérêt. Une question la domine : eu égard à l'art de la communication du roi et de son entourage, l'image transmise à la postérité, et tellement familière, est-elle un reflet exact de la réalité, ou une savante fabrication destinée à influencer l'opinion, d'abord en sa faveur, puis dans le bien de la dynastie qu'il a fondée ? Le premier propos de Babelon est donc de faire le tri entre mythes et faits avérés, même si, très vite, la sympathie et l'admiration qu'il éprouve envers le Prince ne se cachent plus.

    Un prétendu sauvageon

    Une certitude s'impose : Jeanne d'Albret a tôt envisagé l'éventualité d'asseoir son fils sur le trône de France et l'image gracieuse de l'héritier de Navarre élevé en liberté parmi les paysans du Sud-Ouest, si elle n'est pas fausse et explique une part du caractère de Henri, ne doit pas occulter une autre facette de son personnage : tant par son père, Antoine de Bourbon, premier prince du sang, que par sa grand-mère maternelle, Marguerite d'Angoulême, soeur de François Ier, le prétendu sauvageon est un authentique Capétien qui sait rappeler combien il cousine de près avec les brillants Valois. Cependant, une partie de l'opinion, protestante, se rassure de savoir l'héritier potentiel étranger aux moeurs, supposées dissolues, de la Cour, et à l'influence de Catherine de Médicis, accusée d'avoir perverti la famille royale. Jeux de miroirs alternés en fonction des besoins du moment, de l'interlocuteur à séduire, des volontés de ses proches tant que Henri ne pourra s'en émanciper, des périls à éviter.

    Catholiques et huguenots ont également reproché au Prince ses palinodies religieuses, ses apostasies successives, ses fidélités variables, sans comprendre que le jeune homme, au demeurant profondément croyant, peinait à entrer dans la querelle à laquelle, en son for intérieur, il n'attachait pas une grande importance. En quoi il différait non seulement de sa redoutable mère, mais aussi de ses contemporains des deux bords. Ce que certains ne lui pardonnèrent pas, quoique ce soit son trait de caractère le plus royal, celui, précisément, qui, le hissant au dessus des factions, fit de lui le pacificateur et le réconciliateur magistral que la France, exsangue, attendait. Ce refus d'encourager les haines civiles, de trancher, de donner tort ou raison aux uns plutôt qu'aux autres ne pouvait qu'engendrer des rancoeurs plus ou moins ouvertes. Celles qui, année après année, armèrent le bras de plusieurs régicides manqués, avant de mettre un couteau dans la main de Ravaillac.

    Babelon ne laisse de côté aucun aspect de la personnalité royale ; surtout, il la resitue dans un contexte, un univers, dont Henri IV fut le produit, avant de s'en libérer, puis de le modeler à son image. Admirablement documenté, bien écrit, enthousiaste, son livre constitue une référence, agréable à lire de surcroît.

    Mauvais calcul amoureux

    Pourtant, à compter du printemps 1609, l'image du roi tend à se fissurer. La faute à la énième foucade d'un homme qui, jamais, ne sut réfréner ses instincts amoureux, au risque de ruiner ses meilleurs efforts politiques. À cinquante-sept ans, âge avancé pour l'époque, Henri s'éprend de Charlotte de Montmorency, tendron de quatorze ans. Les convenances exigeant, pour avoir Charlotte, de la marier d'abord, le roi rompt les fiançailles de la jeune fille avec son ami Bassompierre, qu'il ne veut pas cocufier, et lui fait épouser son neveu Condé ; homosexuel notoire, celui-ci ne sera pas un rival.

    Mauvais calcul... Condé, s'il n'est pas porté sur les femmes, ne veut pas jouer les maris complaisants. Il enlève son épouse et fuit avec elle à Bruxelles, chez l'archiduc Albert, frère de l'empereur d'Autriche, et l'archiduchesse Claire-Eugénie, fille du roi d'Espagne. Autrement dit, chez l'ennemi. Le vaudeville tourne à l'incident diplomatique. Pour récupérer Charlotte, sous prétexte d'intervenir dans la succession de Clèves, disputée entre principicules catholiques et protestants, Henri IV est prêt à envahir les Pays-Bas espagnols et à déclencher une guerre mal engagée. Folie mise en branle si un dément venu d'Angoulême n'avait, la veille du départ pour la frontière, frappé rue de La Ferronnerie...

    Tout a-t-il été dit sur les circonstance du crime ? Jean-Christian Petitfils, auteur de biographies bourboniennes qui, de Louis XIII à Louis XVI en passant par le Régent, font autorité, ne le pense pas. Selon lui, la solution à une énigme qui fit couler tant d'encre dormait dans les archives, si évidente que des générations de chercheurs, obnubilés par des pistes plus excitantes, sont passées sans les voir.

    Les mystères d'un crime

    L'Assassinat d'Henri IV, mystères d'un crime, commence par un rappel haletant des faits, cerne Ravaillac, psychopathe en proie à des pulsions meurtrières obsédantes qui, plusieurs fois, est venu à Paris dans l'intention de tuer le roi. Il est difficile d'empêcher ces tueurs-là de passer à l'acte. Henri IV, qui a échappé à maints attentats, le sait, et s'en remet à la Providence. Mais la Providence va lui manquer... Alors que les signes prémonitoires inexplicables s'accumulent, le Roi court au devant de sa destinée, comme emporté par la fatalité.

    Mais tous ces signes sont-ils inexplicables ? Qui, depuis des mois, fait courir des prophéties alarmistes sur la mort du Béarnais ? Comment se fait-il qu'à l'étranger, le crime ait été annoncé une semaine avant d'être commis ? Pourquoi Ravaillac, halluciné nourri de discours incendiaires mais absolument ignorant du fonctionnement de l'État, a-t-il attendu le sacre de la reine, qui assurait la régence, donc la continuité des institutions, pour frapper, alors qu'il n'avait plus les moyens de rester à Paris ? Peut-on supposer que, menacé de mourir sans absolution, ce dévot ait menti et couvert ceux qui l'avaient poussé à l'acte ? Qui étaient les personnages avec lesquels des témoins le virent ? Et les cavaliers qui, le crime commis, tentèrent de le tuer ?

    Tyrannicide

    Petitfils reprend les faits, dissèque, éclaire, réexamine les pistes : complicité de Marie de Médicis, vengeance de l'ancienne favorite, Henriette d'Entragues, et de son amant Épernon, services secrets espagnols. Prouve qu'aucune ne tient la route. Les indices, en revanche, pointent dans une même direction et désignent un coupable que tous couvrirent, afin d'éviter les retombées catastrophiques d'une accusation portée contre lui. Hypothèse étayée, convaincante, qui donne sans doute le fin mot de l'énigme. Ravaillac se plaignit qu'on l'avait persuadé que son geste serait bien reçu, quand il suscita indignation et fureur. C'est qu'Henri IV n'entrait pas, selon l'opinion, dans la catégorie des tyrans contre lesquels la vengeance publique peut sévir. Ravaillac s'inscrivit dans un courant typique de l'époque, induit par les haines religieuses. Monique Cottret publie une intéressante étude, Tuer le Tyran ? Le tyrannicide dans l'Europe moderne, qui définit, avec une maestria époustouflante et une érudition jamais prise en défaut, les enjeux d'un débat sorti de la théorie pour gagner la rue, et inciter aux passages à l'acte.

    Les réticences de l'Église

    Au vrai, ce n'est pas saint Thomas d'Aquin, souvent cité mais mal compris, qui justifie le crime politique, l'Église restant plus que réticente. Mieux vaut chercher du côté des penseurs protestants, prêts à tout pour détrôner Marie Tudor ou Marie Stuart, coupables d'être des femmes, tare rédhibitoire qui s'effacera curieusement quand Elizabeth règnera sur l'Angleterre, mais surtout d'être fidèles à Rome. Les Espagnols, et la papauté, riposteront sur le même ton. Guillaume d'Orange, stathouder de Hollande, sera, en 1583, avant Henri III et Henri IV, la plus emblématique victime de cette frénésie, Philippe II ne se cachant pas d'avoir encouragé le geste. Cependant, les souverains régnants ne tarderont pas à comprendre le danger de ce jeu, et l'élasticité de la notion de tyran. Dès lors, la personne du roi deviendra, un temps, intouchable, les rancunes se focalisant sur des seconds rôles, commodes boucs émissaires. À moins que le "peuple" lui-même s'arroge le droit de condamner et de tuer : Charles Ier et Louis XVI en seront victimes, parce que la notion de tyran se sera confondue avec celle de roi...

    À ces crimes réels correspondent, dans l'imaginaire collectif, les défouloirs que sont théâtre, littérature, peinture. Monique Cottret explique la place tenue pendant deux siècles dans les arts par les figures emblématiques de Judith et de Brutus. Quand le trouble Lorenzaccio leur succédera sur la scène, le monde aura changé et l'idée même de tyrannicide perdu son sens.

    Anne Bernet L’ACTION FRANÇAISE 2000 du 15 octobre au 4 novembre 2009

    * Jean-Pierre Babelon : Henri IV ; Fayard, 1 105 p., 34 s.

    * Jean-Christian Petitfils : L'Assassinat d'Henri IV ; Perrin, 330 p., 20,90 s.

     

    * Monique Cottret : Tuer

  • Migrant : "Une fracture Est-Ouest à mur renversé", décrypte Éric Zemmour

  • Fidesprint, le site d’impression à bas prix des communautés chrétiennes

    3 questions aux concepteurs de fidesprint, le site d’impression à bas prix des communautés chrétiennes :

    Qu’est-ce que Fidesprint ?

    Capture d’écran 2015-09-04 à 21.10.42Fidesprint a été créé par un groupe de croyants, professionnels de l’impression et de la communication, afin d’aider les structures chrétiennes dans la réalisation de documents imprimés au meilleur coût. Nous avons en effet constaté que de nombreuses associations, communautés, paroisses, établissements scolaires, sont isolés ou trop petits pour obtenir les meilleurs prix et les meilleurs fournisseurs. L’objectif de Fidesprint est donc de les aider, en appliquant un principe simple : en groupant les commandes et en unissant nos forces nous serons plus efficaces.

    A première vue Fidesprint est donc un imprimeur low cost, réservé aux structures chrétiennes. C’est en effet cela… Mais pas seulement ! Tout d’abordFidesprint n’est pas un imprimeur mais plutôt un groupement d’imprimeurs avec des spécialités différentes (offset, numérique, sérigraphie, impression sur tissus, affiches grand format… ) capables de répondre à tous les besoins des structures de toutes tailles. Fidesprint, c’est également un service. L’adhérent peut obtenir des devis en ligne ou par mail, généralement dans l’heure, grâce au formulaire sur le site. Il reçoit des conseils, sur les choix de papiers, de format et une aide pour la réalisation technique de ses documents. Les services, les conseils, l’optimisation de fichiers, les BAT numériques et la livraison sont gratuits. L’impression en elle même est évidemment payante, mais nous nous efforçons de proposer les tarifs les plus bas possibles. Pour cela nous appliquons deux méthodes : grouper les commandes et utiliser l’atelier le plus adapté à la demande. Il y a quelques semaines 5 paroisses nous ont demandé des flyers assez similaires mais dans des quantités différentes. Dans le même temps une association a commandé un dépliant dans le même papier. Tous ces produits ont été tirés en même temps, par le même opérateur, sur la même machine d’où une économie d’échelle importante. Les besoins peuvent être plus spécifiques. Dans ce cas, nous répartissons le travail en fonction de la demande. Un diocèse nous a commandé plusieurs milliers d’ouvrages sur papier Bible, avec une couverture plus épaisse sur papier couché. C’est un produit très classique mais qui fait intervenir deux type de machines. Pour optimiser la réalisation et réduire le coût nous avons donc tiré la couverture en amalgame et dans le même temps nous avons imprimé l’intérieur dans notre atelier spécialisé papier Bible. 

    Fidesprint peut répondre à toutes les demandes d’impression ?

    Oui ! Cela fait même partie de ses objectifs : répondre à tous les besoins d’impression pour toutes les structures chrétiennes quelle que soit leur taille. Les demandes peuvent être très diverses : une école nous a commandé cinq drapeaux, des carnets de tombola, des livrets de compétence, une banderole et des invitations pour ses journées d’amitié. Ce sont des produits très variés qui ne sont pas tirés sur les mêmes machines, ni dans les mêmes ateliers. Sans Fidesprint, l’école aurait perdu beaucoup de temps et d’argent. De nombreux produits sont en ligne et il est possible de les commander très simplement en téléchargeant  son fichier d’impression. Pour autant  Fidesprint n’est pas un “imprimeur online” classique. L’adhérent peut commander en ligne s’il le souhaite mais il préfère souvent avoir un contact direct par mail ou par téléphone avec le responsable de son dossier. Et le “catalogue” visible sur le site est très loin d’être exhaustif, Fidesprint répond et s’adapte à toutes les demandes ! Ainsi, une association nous a demandé de gérer la livraison de flyers et de livrets dans des quantités différentes sur quarante points de livraisons dans toute la France. En quelques jours, Fidesprint a imprimé puis réparti les documents sur ces quarante adresses.

    Et ça marche ?

    Dès le lancement, en avril dernier, nous avons été surpris par le nombre de contacts et l’engouement suscité par le site ! Fidesprint n’a bénéficié d’aucune publicité ou article de presse (vous êtes les premiers à en parler !). Par le simple bouche à oreille, sans aucune promotion, hormis l’envoi de mails à notre carnet d’adresse, nous avons reçu plusieurs centaines d’adhésions. Les commandes viennent aussi bien de petits groupes de scouts que de diocèses ou d’associations. Chaque jour (sauf le dimanche !) une dizaine de structures, nous demande des conseils, des devis ou passe commandes de produits très variés. Nous avons déjà reçu de nombreux mails et courriers de remerciements ! Il y avait donc bien un besoin et nous avons su y répondre.  Mais c’est loin d’être suffisant ! Pour assurer la pérennité du service il est nécessaire que  les communautés chrétiennes prennent l’habitude de consulter et de commander chez Fidesprint. Plus les commandes seront nombreuses, plus les prix seront réduits et plus Fidesprint sera efficace. C’est en étant unis et solidaires que nous serons forts !

    Michel Janva

  • Derrière la FNSEA et Manuel Valls, les agriculteurs cocus…

    Jeudi, 1500 tracteurs et 91 bus sont entrés dans Paris, soit par Issy soit par Ivry, comme chantait Reggiani… Trois jours à 35 km/heure sur l’autoroute pour rallier la capitale depuis leur cour de ferme. Et trois jours pour y retourner, la larme à l’œil et la rage au cœur.

    « La France ne lâchera pas ses agriculteurs. Le désespoir, l’humiliation, la colère, nous les entendons. Et avec le gouvernement (…), nous y répondrons », leur a assuré le Premier ministre. Charles Péguy, si tu l’entends…

    Réforme en juillet au temps des moissons, réforme en septembre au temps des vendanges… et réforme en novembre, au temps des semis ? C’est à craindre, car les mesures annoncées hier par un Manuel Valls adressant aux éleveurs « un message d’amour » (sic) ne changeront pas grand chose ou souvent même rien du tout à leur sort. Le romantisme bucolique et les vers de mirliton ne font pas une politique, tout juste de minables calculs électoraux : différer pour mieux sauter, en espérant que d’autres sauteront à votre place une fois passées les élections…

    « Trois milliards d’euros en trois ans investis dans l’agriculture et l’élevage » a dit Manuel Valls. En réalité ce n’est rien d’autre que ce qui a été promis en juillet, un peu majoré : « année blanche » pour le remboursement des dettes des plus étranglés, prise en charge des intérêts d’emprunt et des cotisations sociales, moratoire sur les réglementations tatillonnes… En somme, il est urgent d’attendre. On verra – ou pas – après les élections.

    Un seul s’est félicité de ces accords « emportés de haute lutte » : c’est Xavier Beulin. Un seul aussi a été hué par une partie de la foule aux cris de « Vendu ! » ou « Démission ! » : c’est le même Xavier Beulin, patron de la FNSEA, syndicat qui tient dans ses mains les rênes de l’agriculture française depuis… 1964. D’un gouvernement à l’autre, en jouant à « je te tiens tu me tiens par la salopette… »

    Il est vrai qu’à regarder ce bonhomme qui dirige le syndicat depuis 2010, on se demande s’il est bien qualifié pour représenter les sous-smicards de la profession. En 2011, d’ailleurs, Isabelle Saporta dénonçait dans « Le livre noir de l’agriculture » l’entreprise de sape de ce syndicat « antipaysan » qu’est la FNSEA. Quant à son président, son fantastique parcours apporte à lui seul un brillant éclairage sur sa politique.

    Certes, Xavier Beulin connaît le métier, ayant repris à 18 ans la ferme paternelle au décès de son père. Mais à 56 ans aujourd’hui, c’est un gros céréalier et un businessman avisé. Il dirige toujours en Beauce, avec ses frères, une exploitation céréalière de 500 hectares qui fait du blé, du colza, du tournesol, de l’orge. Au moins il n’y fait pas du maïs pompeur d’eau… Mais il est aussi et surtout, depuis 15 ans, président du groupe Avril, géant de l’industrie agroalimentaire, numéro 1 français des huiles avec les marques Lesieur et Puget, producteur des œufs Mâtines, des marques Sopral, Terrial, Theseo, Novaol, Abera (viande de porc), Adonial, Expur… Il dirige également Sofiproteol, le « partenaire stratégique de l’agro-industrie et de l’agroalimentaire », dit sa pub, dont la filiale Farmor (Glon-Sanders), à Guingamp, importe des centaines de milliers de tonnes de poulets industriels brésiliens produits dans des conditions ignobles. Bref, comme le disait Périco Légasse dans une interview au Figaro (22/07) : « D’une main j’envoie mes éleveurs de volailles faire des actions commandos, d’une autre j’importe en masse ce qui les conduit à la ruine. »

    Entre biocarburants et aliments pour animaux vendus aux agriculteurs, le chiffre d’affaires du groupe Avril que dirige Xavier Beulin est de 7 milliards d’euros. Effectifs : 8.000 salariés. 

    Dernière précision : Xavier Beulin préside aussi le Grand Port Maritime de La Rochelle, qui est… le 2e port français pour l’exportation de céréales. Parce qu’on n’est jamais bien servi que par soi-même, c’est connu.

    Question : en quoi ce monsieur est-il qualifié pour représenter à la table des négociations des petits paysans à 1000 euros par mois pour 70 heures de travail semaine ??

    Marie Delarue

    source : Boulevard Voltaire :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EuuEuVVpyZjsihbhzF.shtml

  • William Morris le refus de l’impérialisme

    Comme il l’a souvent déclaré ironiquement, c’est d’abord parce qu’il était vieux jeu et conservateur que William Morris dénonça la société industrielle de son temps et finit par rejoindre le mouvement ouvrier organisé. Notons que c’est son refus de l’impérialisme qui le rapproche à l’origine des milieux socialistes. En 1877, il devient secrétaire de l’Association de la question d’Orient, un petit groupe d’intellectuels qui s’opposait à la politique britannique dans les Balkans. Dans une conférence de 1880, il s’élève ainsi contre la prétention civilisatrice du colonialisme anglais : « Depuis que j’ai entendu parler de vin fabriqué sans jus de raisin, de toile de coton principalement à base de barytine ou de soie constitué à deux tiers de tripes, de couteaux dont la lame se tord ou se casse dès que vous tentez de couper quelque chose de plus dur que du beurre, et de tant d’autres mirifiques prodiges du commerce actuel, je commence à me demander si la civilisation n’a pas atteint un point de falsification tel que son expansion ne mérite plus d’être soutenue – en tout cas, s’il faut tuer un homme pour qu’il l’accepte, elle ne vaut sûrement plus grand-chose. »
         Cette critique du monde capitaliste, comme civilisation de la falsification et âge de l’ersatz, restera un leitmotiv de la pensée morrissienne. Sa conversion au socialisme ne fera jamais de Morris un matérialiste étroit ni un adorateur des forces productives. Au contraire de nombreux révolutionnaires de son temps qui cherchaient à accomplir les « promesses de l’industrie », il remit en question les finalités mêmes de la production matérielle. Il ne crut jamais au potentiel émancipateur du développement industriel. Comme l’écrit Victor Dupont, son biographe et traducteur, « sa haine de la civilisation moderne industrielle et capitaliste était telle qu’il ne concevait pas d’autres issues ni solution valable que la destruction totale du système par la révolte générale de ses principales victimes, c’est-à-dire la révolution prolétarienne. »
         En 1883, année de la mort de Karl Marx, William Morris adhère à laDemocratic Federation, organisation socialiste révolutionnaire dirigée par Hyndman, dont il se séparera un an plus tard pour fonder une Socialist League, plus conforme à son souci d’indépendance et son refus des bureaucraties. Il la représente en 1889 au congrès de la IIe Internationale et siège dans les rangs des marxistes, dont il apprécie la combativité militante. C’est à cette époque qu’il va déployer une activité de conférencier et d’essayiste révolutionnaire. De sa lecture du Capital en 1884, Morris retient la critique de la division capitaliste du travail et de l’aliénation, mais, en artiste et en poète, il récusera toujours les visions mécanicistes de l’histoire. Sa conception de la révolution est ancrée dans une reconnaissance des capacités des êtres humains à façonner leur avenir. L’homme n’est pas l’objet des desseins aveugle d’une parodie laïque de la Providence chrétienne. Le rôle d’un mouvement révolutionnaire n’est pas la soumission au sens de l’Histoire, mais la construction consciente des conditions de l’émancipation. S’il s’éloigne du spontanéisme des anarchistes, il s’en rapproche aussi par sa défense des petites communautés à la mesure de l’individu.
    Contre le culte du confort 
    On a pu reprocher à William Morris d’être un utopiste, et certains directeurs de la révolution moqueront son médiévalisme, son souci de défendre le beau et les plaisirs forcément « réactionnaires » de la vie campagnarde. A lire ses conférences et son utopie Les Nouvelles de Nulle part, on constate qu’il annonce souvent la critique écologiste de la croissance industrielle et qu’il entre en résonance avec les critiques de la vie aliénée par les situationnistes ou les groupes révolutionnaires hétérodoxes. Précurseur, Morris dénonce la soumission aux logiques de la machine, l’artificialisation du monde et l’idéologie productiviste. Il conteste ainsi les bases même de civilisation capitaliste, ses valeurs toutes matérielles et son culte du confort : « Certaines personnes pensent que ces conforts-là constituent l’essence même de la civilisation et que leur jouissance est ce qui sépare cette civilisation de la barbarie. S’il en est ainsi, adieu mes espoirs ! Je pensais que la civilisation signifiait conquête de la paix, de l’ordre et de la liberté, bonne entente entre les hommes, amour de la vérité et haine de l’injustice, en résumé une bonne vie nourrie de ces valeurs, libérée de la lâcheté et de la peur, mais riche en événements. Voilà comment je définis la civilisation et non par l’accumulation de sièges rembourrés et de coussins, de tapis et de gaz de ville, de viandes délicates et de boissons fines et, enfin, par des différences de plus en plus aiguës entre les classes ».
         Morris, comme plus tard George Orwell, ne sépare jamais la critique socialiste d’un souci d’élévation morale et d’une recherche de la « vie bonne ». Il est socialiste non parce qu’il rêverait d’une fin de l’histoire où s’établirait une société d’oisifs gravés par les produits de l’industrie, mais pour fonder une communauté d’hommes libre, responsables et créateurs de richesses durables. « L’utopie, écrit Miguel Abensour, nous permet d’aider à la naissance d’une raison élargie, suffisamment aventureuse pour se conforter à un mode de pensée sauvage qui marque les limites de la raison et en désigne les points aveugles. » 
    L’union de l’art et de la vie 
    William Morris ne s’est jamais laissé intimider par les dogmes de la pensée officielle de son époque, ce cercle de la raison qui est souvent une résignation à l’histoire telle qu’elle est imposée par les dominants. Dans les Nouvelles de Nulle part, son roman utopique écrit en 1890, il imagine une société de petits producteurs, où s’est réalisée l’union de l’art et de la vie, du travail et du plaisir, dans une société moléculaire fondée sur des coordinations locales de travailleurs.Les rivières ont été nettoyées et les grandes métropoles sont redevenues des villes à la mesure de l’homme. Les vêtements sont souvent de factures médiévales, mais on cultive les différences individuelles car la société socialiste n’est pas une caserne d’austères salariés. Publicité et modes ont disparu. Les logiques du don et la gratuité se sont substituées au commerce... 
         Le programme socialiste morrissien est aux antipodes du dirigisme que commencent à promouvoir de nombreux théoriciens révolutionnaires à la fin du XIXe siècle. Il plaide pour la relocalisation de l’économie et l’usage de techniques douces qui annonce la société conviviale, défendue par Ivan Illich ou Schumacher. 
         Mort en 1896, William Morris est redécouvert aujourd’hui par le mouvement de la décroissance et l’écologie radicale. La plupart de ses textes sont réédités. Ses conceptions artistiques intéressent à nouveau les historiens de l’art. Sa pensée politique, qui s’exprime à travers ses nombreuses conférences et son roman utopique, n’est pas systématique, et il serait donc difficile d’en tirer un programme d’action pour militants pressés. Mais par ses intuitions prémonitoires, et son refus de la fin marchande de l’histoire, il demeure un éveilleur. Son archéo-futurisme, où la critique sociale n’exclut pas la fidélité au passé, reste précieuse pour qui cherche à construire de vraies alternatives. 
    Olivier François pour Eléments n°151

  • « Démocratie : le Dieu qui a failli » par Hans Hermann Hoppe

    Le professeur d’économie Hans Hermann Hoppe est docteur de l’université de Francfort-sur-le-Main et senior fellow du Ludwig Von Mises Institute. Il a publié aux Etats-Unis « Democracy, the God that Failed » avec, en sous-titre, « The Economics and Politics of Monarchy, Democracy and Natural Order ».
    Ce livre, disponible aussi en allemand, étudie l’efficacité comparée de la monarchie et de la démocratie du point de vue de la science économique et à partir d’une analyse libertarienne.

    1/ La préférence pour l’immédiat (time preference), adversaire de la civilisation

    Tout individu préfère un bien présent à un bien futur, c’est la « préférence pour l’immédiat ». Plus elle est élevée, plus l’épargne et l’investissement seront réduits au profit de la consommation immédiate.

    Les enfants ont un taux élevé de préférence pour l’immédiat. Ce taux est d’autant plus élevé qu’ils sont moins éduqués. Selon Hoppe, les classes supérieures de la société (upper classes) sont les plus « adultes » car orientées vers le futur, l’autodiscipline, et elles sont capables de refuser une gratification immédiate au profit d’une satisfaction dans un futur lointain. Par contre, au bas de l’échelle sociale (lower classes) les individus sont souvent orientés vers le présent et l’hédonisme. Le futur n’est pas considéré comme quelque chose que l’on prépare mais comme une série d’événements extérieurs qui vous « tombent dessus ». Bref, davantage de gens impulsifs, imprévoyants, ne s’intéressant pas beaucoup à leur travail, prenant moins soin des choses, réparant moins leurs biens et souvent frappés par l’alcoolisme, la drogue et la délinquance. La cause de ces derniers phénomènes n’est pas, comme on le croit souvent, le chômage ou les faibles revenus. C’est au contraire les bas salaires et le chômage qui sont la conséquence d’un comportement déterminé par la préférence pour l’immédiat. Les non-économistes ignorent largement ce fait et expliquent la psychologie des individus par les conditions sociales, ce qui est simpliste car l’inverse est aussi vrai.

    L’épargne et l’investissement qui supposent une faible préférence pour l’immédiat sécrètent un processus de civilisation. A l’inverse, la violation des droits de propriété accroît la préférence pour l’immédiat chez la victime ; la forte préférence pour l’immédiat caractérise celui qui viole ces droits de propriété : le criminel ou l’Etat socialiste. Ce dernier peut le faire légalement grâce aux pouvoirs de légiférer et de taxer. C’est pourquoi l’Etat peut être aussi une menace pour la civilisation. Différentes sortes d’Etat mènent à différents degrés de civilisation. Naturellement, l’humanité cherche à accroître le capital et le stock de biens durables, ce qui suppose une vision à long terme (d’adulte). La décivilisation ou retour à la barbarie, c’est quand l’adulte devient enfant, le prévoyant devient le rêveur au jour le jour, le producteur devient un délinquant.

    A noter que le christianisme, avec les idées du Jugement dernier et la perspective de la vie éternelle, réduit la propension de l’homme à préférer l’immédiat. Pour cette raison, il est un facteur important de civilisation.


    2/ Qu’est ce que la monarchie ?

    Selon Hoppe, tout gouvernement commence à l’origine par être de petite taille. Or, on fait plus confiance à une personne que l’on connaît pour se protéger qu’à un anonyme : c’est pourquoi la monarchie est la forme de gouvernement originelle et la plus courante dans l’humanité historiquement parlant. Quand le gouvernement est l’objet d’une appropriation privée, on est en monarchie. Quand le gouvernement est « nationalisé » et appartient au public, on est en démocratie et le gouvernant est considéré comme un gérant au nom de tous. Comme les masses ou les majorités n’ont pas d’autorité naturelle, la démocratie ne naît pas comme la monarchie d’un processus d’émergence spontanée : elle est toujours le produit de la guerre ou de la révolution, donc de la violence.

    Le caractère essentiel de la monarchie est l’appropriation privée du gouvernement. Les ressources obtenues grâce au monopole du pouvoir sont possédées individuellement. Elles accroissent le capital du monarque et font l’objet d’héritage. Le roi peut vendre ses biens, licencier son gérant, etc. Il cherche à maximiser à la fois la valeur capitalistique de sa propriété et ses revenus courants. Il ne voudra pas accroître son revenu courant au risque de détruire son capital. La propriété privée conduit au calcul économique et développe la vision à long terme de ses intérêts. Le roi ne va pas taxer à mort ses sujets : l’Etat monarchique prélevait en moyenne 8 % de la richesse nationale du XIe au XIXe siècle. Le roi fait profiter de ses privilèges peu de gens (familles et amis) à la différence, comme nous le verrons, de la démocratie.

    Le peuple a une forte conscience d’être sujet : gouverné et gouvernants sont clairement identifiés, ce qui est une bonne chose car le roi doit donc faire attention à ne pas perdre sa légitimité par des excès. Le serment des premiers rois français disait : « Je vais honorer et protéger chacun de vous, maintenir les droits de chacun et maintenir la justice. » Le roi, en tant que propriétaire privé, ne peut détruire sans danger pour lui-même la propriété des autres ; il y a une solidarité. La monarchie modère aussi la politique étrangère : le mariage est préférable à la guerre pour accroître la propriété.

    3/ La démocratie, un régime de gestion à courte vue

    Pour Hoppe, en contraste avec la modération interne et externe de la monarchie, le gouvernement nationalisé, propriété « publique », dit « démocratie », est porté sur l’excès. Le président d’une démocratie utilise l’appareil du gouvernement à son avantage mais il n’en est pas le propriétaire. Il possède l’usage des recettes de l’Etat mais non du capital. Il va donc maximiser le revenu courant en ignorant la détérioration du capital. Ne pouvant vendre les ressources de l’Etat, le calcul économique sur le marché devient impossible. Le gérant provisoire va essayer d’utiliser les ressources le plus vite possible : consommer tout de suite. Le roi n’a aucun intérêt à réduire le capital de son pays mais pour un président la modération n’a que des inconvénients. Elle l’empêche de profiter du pouvoir et les bons résultats à long terme ne profiteront qu’à son successeur électoral qui fut avant son concurrent.

    De plus, en république, le gouverné se croit gouvernant et est donc moins vigilant. Il tolère paradoxalement plus toutes sortes d’excès de pouvoirs. Pour Hoppe, la démocratisation n’est donc pas un progrès, pas plus que la nationalisation pour une entreprise. L’Etat va taxer, s’endetter et exproprier. Le poids de l’Etat dans l’économie passera de 20 % au XVIIIe siècle à 50 % au XXe. L’endettement notamment est favorisé car il frappera le gouvernement futur : or, il n’y a pas de solidarité en démocratie entre gouvernants successifs.

    En monarchie, le gouvernement ne crée pas la loi. Le roi est privilégié dans le cadre du droit privé général qui s’applique à tous. Par contre, le gouvernement public (démocratie) fait émerger un droit public orienté vers la redistribution. Le gérant démocratique ne craint pas que la redistribution ne réduise la productivité dans le futur ; il est confronté aux élections et à l’ouverture du gouvernement à tous. Cela le pousse à créer un welfare state socialiste. La démocratie est ainsi le premier pas vers un socialisme rendu inévitable par le mécanisme électoral qui repose sur la flatterie.

    L’inflation législative crée l’insécurité du droit. On respecte moins un droit qui change sans cesse. Le crime est relativisé. La sécurité sociale empêche les gens d’être prévoyants. Dès lors, la valeur économique du mariage, de la famille et des enfants baisse : ils sont moins utiles à la vieillesse. « Depuis l’arrivée de la démocratie, tous les indicateurs de dysfonctionnement familial augmentent » : baisse du nombre d’enfants, stagnation de la population de souche, augmentation des divorces, des familles monoparentales, des avortements.

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  • L'affaire des Mistral : "La France s'est inclinée devant le diktat de Washington"

    Lu ici : 

    "François Asselineau, président du Parti Union Populaire Républicaine, commentant l'aspect financier de cette affaire, a déclaré que le fait qu'il y avait une somme annoncée à l'euro près, n'est pas choquant en soi.

    "Ce qui est beaucoup plus choquant, c'est que nul ne sait ce que recouvre exactement ce montant et s'il est complet. En particulier, on ne sait pas si dans ce montant sont intègrés les frais de maintenance des bateaux qui depuis des mois croupissent à Saint-Nazaire, et cela nécessite des millions d'euros pour les maintenir en bon état. On ne sait pas non plus les coûts qui vont être occasionnés, par ce qu'on ne sait pas ce qu'on va faire de ces navires ensuite. Rembourser la Russie, c'est une chose, mais qu'en faire ensuite?", s'interroge-t-il.

    Dans la mesure où la Russie pourrait bloquer la vente de ces Mistral, on ne voit même pas d'acheteurs.

    "On a parlé de la Malaisie qui pourrait racheter, la Malaisie a démenti. On a parlé de l'Arabie Saoudite, de l'Egypte…Concrètement, pour l'instant il n'y a aucun acheteur", estime M. Asselineau. Selon lui, on ignore complètement combien de temps on va garder ces navires, si, même on pourrait un jour les revendre.

    "Si on les garde encore plusieurs mois ou plusieurs années, cela risque de nous coûter des sommes bien supérieures à ce qui est annoncé", souligne-t-il, en ajoutant que l'option consistant à démanteler ces navires est également très coûteuse.

    D'après lui, il faut ajouter à tout cela un coût supplémentaire qui ne se chiffre pas en euros: un coût en termes de crédibilité et également diplomatique. La parole de la France n'a pas été respectée. La France s'est inclinée devant le diktat de Washington. Monsieur Hollande porte une responsabilité écrasante dans cette affaire.

    M. Asselineau a déclaré qu'il fallait bien entendu livrer les navires à la Russie. "On a besoin d'entretenir les relations diplomatiques avec un pays qui doit être un grand ami de la France. Si nous ne livrons pas ces navires, c'est uniquement parce que Washington l'a exigé, ce qui est contraire à notre souci d'indépendance et de souveraineté nationale", a conclu le président de l'Union Populaire Républicaine".

    Lahire

  • Entretien avec Marion Maréchal Le Pen

    La presse n’en finit pas de se demander pourquoi Monseigneur Rey vous a invitée à l’Université d’été organisée par son diocèse, mais personne ne se demande pourquoi vous avez répondu favorablement à son invitation. Ce débat mêlant politique et religion était pour vous important ? Vous ne pensez donc pas, comme l’a dit votre tante en 2011, que « les curés devraient rester dans leur sacristie » ?

    J’ai été invitée il y a plusieurs semaines avant même d’être candidate aux régionales. Je n’ai pas hésité une seconde car ce sont des sujets qui m’intéressent au premier plan dans l’exercice même de mon mandat. Comment concilier efficacité politique et respect de la conscience chrétienne ? S’adapter est-il renoncer ? Bref, autant de questions dont la réponse est loin d’être évidente. Il m’apparaissait intéressant d’entendre les points de vue de ceux qui font de la politique autrement et ailleurs. De plus, comme aux Veilleurs ou à la Manif pour tous, je m’attendais à ce que ce débat soit une sorte de trêve partisane où l’on s’accorde plutôt sur ce que l’on a en commun. Chose rare en politique ! Malheureusement la présence médiatique a quelque peu perturbé cette ambiance et M.Mariton n’a pas manqué de glisser quelques piques politiciennes.

    Au delà de la polémique, quel accueil avez-vous reçu là-bas ?

    L’accueil fut excellent à la fois de la part des organisateurs, des intervenants ou du public. Une fois de plus j’ai constaté une profonde déconnexion entre l’indignation, l’agitation médiatique et le réel ressenti du terrain. Beaucoup de catholiques ont bien compris qu’il est impossible de justifier le rejet d’un parti qui représente près de 40 % des voix dans le Var au prétexte que son programme ne serait pas en adéquation avec la doctrine sociale de l’Église alors que sont invités des socialistes ou des ex-UMP qui ont voté, la plupart du temps main dans la main, les lois assouplissant la recherche sur l’embryon, banalisant l’avortement, l’euthanasie, légalisant le mariage et l’adoption homosexuelle, etc.

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  • Vers un nouvel ordre au Moyen-Orient ? La Russie serait prête à intervenir en Syrie

    D’un précédent article mercredi, intitulé Poutine, un homme à abattre? il ressortait que d’une part des opérations semblent préparer la déstabilisation de la Russie pour contrer « la politique indépendante inaugurée par Vladimir Poutine », et d’autre part que la Russie a les moyens de l’indépendance de sa politique, notamment du fait de sa supériorité technologique en matière d’armement, en effet: La Russie « a paralysé les forces US et françaises prêtes à intervenir contre la Syrie, en 2013, simplement par la neutralisation des systèmes missiles, radars et autres technologies de pointe sans lesquelles la force de frappe alliée se retrouve sourde et aveugle, incapable de diriger un missile sur une cible donnée, ou même de se protéger d’une attaque. »

    La mise en garde de Poutine  contre toute attaque de la Syrie par les USA début août, suivie des subtiles tractations par Sergeï Lavrov, le ministre de la diplomatie russe, pour une coalition anti-terroriste alternative à celle de la Coalition menée par l’Empire du chaos, sont autant d’éléments concordants qui semblaient indiquer la volonté d’une implication de la Russie dans le conflit de Syrie.  la Russie « n’entend pas abandonner la Syrie où sa marine dispose de la base de Tartous, » écrivions-nous mercredi, « même si les forces de Bachar el Assad semblent de plus en plus acculées vers Damas. Selon plusieurs sources, d’ailleurs, notamment une en provenance d’Israël, la Russie serait actuellement prête à s’impliquer directement auprès de Damas où elle aurait envoyé des avions et des hommes, contre l’Etat islamique. » 

    La coalition alternative proposée par Moscou devait être menée en coopération avec Damas, contrairement à la coalition occidentale qui prétend d’une part, lutter contre l’Etat islamique, mais  tout en soutenant entrainant et armant, d’autre part, les islamistes opposés à Bachar-el-Assad.

    En réalité lorsque les Yankees ont lancé leurs deux premiers et derniers missiles pour attaquer la Syrie en 2013, lesquels sont allés se perdre en mer, paralysés par les systèmes russes, les Américains ont compris qu’ils ne pouvaient pas mener une attaque frontale contre la Syrie, parce que les Russes les en empêcheraient; ils ont donc immédiatement trouvé la parade classique chez eux, ils ont mis sur pied l’Etat Islamique avec leurs complices du Moyen-Orient intéressés à la disparition de la Syrie.  En Afghanistan ils avaient mis sur pied contre les Russes, Al Qaida. Al-Qaïda qui s’était constituée à partir de l’organisation Maktab al-Khadamāt, durant la première guerre d’Afghanistan  contre l’ex-URSS. Autant d’organisations islamistes qui avancent sous faux drapeau et contre lesquels les oligarques américains prétendent se battre. De sorte que lorsque Moscou  s’implique pour trouver une solution pour anéantir l’Etat islamique, les Yankees sont un peu coincés: ils prétendent vouloir combattre l’EI, ils leur est donc difficile de dénier aux Russes de s’y employer.  Le porte-parole de la diplomatie américaine Mark Toner, répondant mercredi aux rumeurs sur une implication russe en Syrie a fait cette réponse sibylline: « Actuellement, environ 37 pays participent à la coalition qui lutte contre Daesh. Nous serions sensibles aux efforts de la Russie si elle était plus activement impliquée dans ces opérations ».  Nous ignorons si des efforts de la Russie en dehors « de la coalition » seraient appréciés de la même façon par Washington. Or, une intervention de la Russie, ne saurait se faire dans la cadre de la présente coalition menée par les USA.

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