
Il est sept heures, à Buenos Aires, et la ville s’ébroue déjà comme une bête trop vive. J’ai pris place à la Confiteria Ideal, rue Suipacha, ce vieux décor de velours et de miroirs où l’on croit entendre encore le froissement des journaux d’avant la Grande Guerre, quand l’Argentine rêvait d’être une Europe plus jeune, plus riche, plus insolente. Un café noir, serré, presque rude, et, sur l’écran du téléphone, cette nouvelle venue de France qui vous coupe le souffle comme un mauvais coup de tramontane, un jeune homme, venu en protection des jeunes filles de Némésis, a été lynché par des « antifas » lors d’une manifestation pacifique autour de la venue d’une députée de la France insoumise à Sciences Po, à Lyon.






