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social - Page 445

  • Droit du travail : Sarkozy en a rêvé, Hollande l’a fait

    Réforme du droit du travail : la gauche est aux manettes, et elle réussit à faire pire que la droite tout au long de son histoire.
    Si la droite, du temps où elle était au pouvoir, avait osé proposer ne serait-ce qu’une partie de ce que contient le projet de l’actuel gouvernement sur le travail, la gauche aurait sonné le tocsin de la révolte. Les grands esprits du PS auraient hurlé à la contre-révolution, à l’ultra-libéralisme, à l’imminence de la victoire des néo-conservateurs à la française, voire au retour de Vichy. Des appels à la mobilisation générale aurait été lancés, des cars affrétés, des slogans préparés, des banderoles dessinées, et l’on aurait défilé sur les grands boulevards au cri de : au secours, la droite revient !

    Manque de chance, c’est la gauche qui est aux manettes, et elle réussit à faire pire que la droite tout au long de son histoire. Sans doute n’était-ce pas prévu par ceux qui avaient imaginé cette délicieuse (et pertinente) vidéo à une époque où le PS était dans l’opposition et pouvait encore se réclamer des idéaux de gauche.

    Comme l’écrit Le Figaro, à propos de la bombe lancée contre le code du travail: « On voudrait y croire car même la droite n’est jamais allé aussi loin ».. Et le quotidien de Serge Dassault d’ajouter, à l’intention de qui vous savez : « A l’heure où ils rédigent leur programme, les candidats à la primaire doivent s’inspirer de ce bing bang. Si un président socialiste tente de se libérer de tabous, il serait bon qu’un prétendant républicain s’en débarrasse définitivement ». Traduction : la gauche a été capable de faire le sale boulot, soyez à la hauteur !

    Le journal Les Echos est arrivé à des conclusions similaires en constatant, non sans satisfaction, que Myriam El Khomry allait défendre « un texte qu’aurait pu – et dû – rédiger la droite » - un texte qui relève du « va-tout libéral ». Ce journal salue la réforme du licenciement « partie potentiellement la plus explosive », en soulignant avec les accents d’un Jean-Luc Mélenchon qu’il s’agit d’une rupture que « ni Nicolas Sarkozy ni Jacques Chirac n’avaient osé faire ».

    On comprend pourquoi l’ancien ministre Eric Woerth s’est montré enthousiaste, tout comme Pierre Gattaz. Ce dernier aurait eu mauvaise grâce à ne pas saluer un copié-collé de ses propres propositions, dont la philosophie est celle du dumping salarial et de la guerre des pauvres contre les pauvres.

    Voilà donc où aura mené la lente préparation des esprits, avec les mille et une déclarations sur le « coût du travail » et la prétendue « rigidité » du marché de l’emploi. Le couronnement aura été l’embrigadement de Robert Badinter, ex-ministre de la justice, digne représentant de la gauche morale, mobilisé pour porter le coup de grâce au code du travail devenu l’ennemi public numéro 1.

    On ainsi entendu de prétendus experts expliquer qu’il suffirait de dérèglementer et de laisser les patrons libres de licencier à leur guise pour créer des emplois par miracle, comme s’il fallait déchoir le travail de sa dignité. Si cela marchait, ça se saurait. Au fil des ans, la flexibilité s’est accrue, l’intérim et les CDD se sont multipliés, la précarité s’est aggravée. Résultat ? Le chômage n’a jamais été aussi élevé.

    En fait, le véritable frein est le vide des carnets de commande dans une économie qui tourne au ralenti et qui est gangrénée par la course à la rentabilité financière héritée de la mondialisation néo-libérale. Tant que la spéculation et la rente primeront sur l’investissement, l’emploi sera sacrifié, quand bien même offrirait-on au patronat une main d’œuvre taillable et corvéable à merci.

    Certes, on n’en pas là. Reste que le projet de loi de Myriam El Khomry, en l’état, représente l’un des pires reculs sociaux depuis la Libération. Il est l’équivalent du tournant blairiste en Grande-Bretagne ou de la potion Schröder en Allemagne. Dans les deux cas, la gauche social-démocrate est en ressortie essorée. On peut penser qu’il en sera de même en France, au grand profit de Marine Le Pen, laquelle peut continuer tranquillement sa cure de silence. D’autres font le travail pour elle en démolissant les consciences en même temps qu’ils détricotent un modèle social que les élites du business ont toujours voué aux gémonies.

    Pendant ce temps, on organise la farce des primaires au nom de la gauche éternelle. Plus approchera l’échéance de 2017, plus l’on entendra des appels pathétiques à se mobiliser pour résister au FN, ce diable que l’on ressort de la boîte à chaque échéance électorale pendant qu’on aménage son lit au jour le jour. On expliquera qu’il faut un candidat unique de la gauche, oubliant que le Hollandisme, cette machine à trahir le peuple, est le principal allié de l'extrême droite que l'on prétend combattre.

    Quand on perd la bataille des idées, on gagne rarement la bataille politique.
    notes Jack Dion, Directeur adjoint de la rédaction de Marianne
    source marianne.net ::lien

    http://www.voxnr.com/cc/politique/EuVVApyuVFJqcxYTtw.shtml

  • Les nouveaux socialistes, au service des ploutocrates

    En de mois de février 2016 où le Président turc, rompant avec une autre tradition kémaliste après avoir cassé l’orientation laïque de son pays, ose défier l’armée russe (a priori avec l’aval de l’hôte bizarre de la Maison Blanche), en ce même mois où une chaîne française de télévision publique diffuse des images de bombardements russes de précision en Syrie comme s’il s’agissait de bombardements de la coalition de l’OTAN, les socialistes français bravent tous les interdits traditionnels de leur Parti concernant le Droit du travail.
    Il est évident que la Loi sur les 35 heures payées 39 (40 en fait, puisqu’on était passé de 40 à 39 en 1981) a plombé lourdement les prix de revient des entreprises. Il suffisait, pour rendre une certaine compétitivité à l’industrie française, effectivement bien mal en point depuis l’entrée, dès 1981, dans la féerie globalo-mondialiste, de réintroduire la semaine de travail de 40 heures et de se libérer au moins partiellement, c’est-à-dire dans les secteurs menacés d’implosion, du carcan libre-échangiste.
    Non, les « socialistes » français ne veulent surtout pas de ces mesures de pur bon sens, de salut national, comme le seraient l’arrêt des prestations-chômage aux immigrés et l’institution de la préférence nationale en matière d’embauche… toutes idées défendues depuis plusieurs décennies par un mouvement jugé « démagogue » par les idéologues « de gauche ».
    Or, voici que les néo-socialistes, façon Hollande-Valls et consorts, sont en voie d’imposer – grâce au célébrissime art. constitutionnel 49-3 – une réforme du Droit du travail, qui est un cadeau, en grande partie illégitime, aux employeurs.
    Entendons-nous : toute mesure destinée à rendre de la puissance à l’industrie et à l’artisanat français sont bonnes, de façon à cesser les « délocalisations d’entreprises » et à diminuer enfin le chômage des Français de souche, étant entendu qu’en bonne logique aucun immigré ne devrait avoir un emploi en France tant qu’il y aurait un seul Français de souche au chômage... c’était la doctrine des Cachin, Thorez et Marchais, des Salengro et Jean Lebas. Mais cette doctrine, c’était avant… avant que les « socialistes de salons », que la « gauche caviar et champagne de grande marque » ne soient mis en selle par feu Mitterrand.
    Étonnante loi que celle proposée : on y laisse à l’appréciation des comités d’entreprise la fixation du temps de travail (jusqu’à 12 heures/jour), d’éventuelles réductions du salaire de base et même du tarif des heures supplémentaires, le retour aux 10 heures de travail quotidien pour les apprentis mineurs d’âge (une mesure qui annule des dispositions législatives prises avant la Grande Guerre en Allemagne, en France et même en Russie tsariste !), l’autorisation de procéder à « un plan social » (soit des licenciements sans faute d’employés) même dans les entreprises ne rencontrant pas de difficulté économique, l’autorisation de licencier un employé qui refuse la modification (acceptée par le comité d’entreprise) de son contrat de travail, prévu lors de son embauche.
    Toutes ces mesures étaient celles qui, durant l’entre-deux-guerres, étaient réclamées par les patronats les plus rétrogrades, celles qui définissaient « l’extrême-droite », la vraie, celle qui se moquait du peuple et de ses difficultés existentielles.
    À l’évidence, nos « chefs » n’ont plus de socialistes que la (fausse) appellation. Ils ne sont certes pas, des populistes, c’est-à-dire des hommes et des femmes soucieux des intérêts de la Nation. On savait déjà qu’ils agissaient pour ne pas fâcher leurs bienfaiteurs islamo-pétroliers. On sait désormais qu’ils travaillent pour les gros employeurs, en clair les multinationales qui régissent tout en tous pays… à l’exception des réfractaires chinois et russes, tant vilipendés.

    Docteur Bernard Plouvier

    http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2016/02/20/les-nouveaux-socialistes-au-service-des-ploutocrates-5762698.html

  • Le docteur Villermé et les esclaves du libéralisme :

    « C’est la Révolution, avec l’appui des forces financières, qui a créé la masse prolétarienne, en spoliant les corporations avec l’interdiction de les reconstituer, sous peine de mort » 

    P. Bécat

    La Révolution en détruisant le système social de l’Ancien régime livra le peuple aux puissances d’argent. L’interdiction de s’associer faisant suite à la destruction des corps de métiers et le vol de leurs biens servant à l’organisation sociale, créa le prolétariat. L’ère nouvelle vit des semaines de 10 jours, la suppression des dimanches et jours fériés avec à la clef, l’obligation du travail pour manger à partir de 5 ans, sans limite d’heure avec la nuit et sans distinction de sexe…
    Devant l’intolérable qui ne gênait pas les parvenus de 89, fidèles à l’enseignement évangélique, des royalistes sociaux se levèrent pour dénoncer et soulager leurs frères dans la misère et c’est leur histoire oubliée volontairement par la République que nous allons vous révéler… En 1936, le Front Populaire reprendra à son compte les revendications sociales des royalistes montant ainsi la validité et la cohérence de ces précurseurs qui avaient vu juste…
    Alphonse Karr déclarait : «Il suffit de quelques grelots au bonnet de la Liberté pour en faire le bonnet de la folie»

    Contre l'exploitation des enfants, en révolte contre la misère sociale :

    Louis René Villermé Né en 1782 et mort en 1863, fut dans les premiers royalistes à se battre pour la cause sociale après la Révolution. Il fut médecin et se pencha sur les problèmes de mortalité selon les conditions sociales et très vite, avec d’autres, il se rend compte que le machinisme était pour quelque chose. En 1837 à l’Académie des Sciences Morales et Politiques, il prononce un discours publique où les thèmes essentiels suivants furent abordés :

    - Une quantité considérable d’ouvriers sont dans un état réel de souffrance
    - Le travail est pénible, ils sont chargés de famille nombreuse
    - Le salaire est en dessous du nécessaire
    - Les vêtements sont hors d’état
    - Les logements sont humides et malsains
    - L’alimentation est grossière et insuffisante

    Contre la misère des enfants

    - Ils vivent dans un excès de travail et de misère
    - Chaque jour on les garde jusqu’à plus de 15h avec 13h de travail effectif
    - Les loyers sont trop élevés et ils vivent parfois très loin du travail ou pour venir il faut marcher 7km…
    - Certains enfants qui ont à peine 7 ans, d’autres moins « abrègent leurs sommeil et leur repos de tout le temps qu’ils doivent employer pour parcourir deux fois par jour cette longue et fatigante route »
    - Les enfants sont maigres, couverts de haillons. « sous leur vêtement rendu imperméable par l’huile des métiers tombée sur eux, le morceau de pain qui les doit nourrir jusqu’à leur retour »
    - Les lieux de travail sont souvent des pièces fermées ou il faut tenir debout pendant plus de 10 heures, « c’est une torture»
    - « Le remède…serait une loi qui fixerait un maximum à la durée journalière du travail »

    Dans la région Lilloise, il constatera, après avoir observé une soixantaine de métiers que les ouvriers vivent dans des conditions repoussantes, entassés dans des caves ou des greniers. Il passe en revue la Haute Normandie, la Marne, l’Aisne, les Ardennes avec les industries lainières, cotonnières et toutes ses observations sont soigneusement consignées. Certains horaires de travail vont jusqu’à 17 heures par jour ! Il continu dans la Vallée de la Somme, Lodève et Carcassonne, les industries de la soie. Dans les Cévennes ou il écrit en voyant les femmes : « Il serait difficile de se faire une idée de l’aspect sale, misérable, de la malpropreté de leurs mains, du mauvais état de santé de beaucoup d’entre elles et de l’odeur repoussante « sui generis» qui s’attache à leurs vêtements, infecte les ateliers.»

    Les doigts de ces pauvres femmes étaient devenus insensibles à cause des bassines d’eau bouillante des ateliers de tissus.

    - Il constate une grande mortalité infantile avec des enfants écrouelleux et de nombreux ouvriers dans les villes sont scrofuleux.
    - Il demande l’instruction pour les enfants
    - Il demande une loi interdisant le travail en dessous de 9 ans avec un travail graduelle selon les âges
    - Il demande l’interdiction du travail de nuit avant 15 ans
    - Il demande la nécessité d’un certificat médical
    - Il pose des questions sur la misère en faisant porter attention sur la mortalité, les maladies, la garde des enfants etc…
    - Il remet en cause le « Livret de travail » avec les avances sur salaire servant de moyen de pression sur les ouvriers
    - Il propose la création de caisses de secours pour les accidents du travail
    - Il porte l'attention sur les problèmes de sécurité des machines
    - Il propose des indemnités journalières
    - Il propose la création de caisses de maladie et de retraites
    - Il porte l'attention sur les locaux industriels et la salubrité

    Certaines de ses propositions aboutiront par la loi de 1841, signé par Louis-Philippe aux Tuileries. La durée de travail passait à 8 heures jusqu’à 12 ans et 12h de 12 à 16 ans. Le travail de nuit fut interdit avant 16 ans, le repos obligatoire, les jours fériés, 2 ans d’études primaires obligatoires avant l’usine avec des mesures de santé…

    L’Archevêque de Rouen dit alors : « Il fallut une loi de fer pour défendre de tuer les enfants au travail» Les débats furent houleux car le chimiste Gay Lussac s’y opposait en prétextant l’intrusion de l’Etat dans les industries, que l’on ne pourrait rien sur la salubrité et que tout cela serait un retour au St Simonisme. Le Comte de Tascher répliqua : « C’est quand on nous révèle une telle immoralité qu’on refuserait d’y pourvoir…le nerf de bœuf est placé en permanence sur les métiers dans certains ateliers. Et c’est en présence de telles abominations qu’on voudrait refuser au gouvernement le droit de les faire cesser » Il faudra attendre le vote à la Chambre des Députés le 29 décembre 1850.

    Souvenons-nous du docteur Villermé !

    Nous continuerons inlassablement à sortir la vérité des placards. A clamer dans l’obscurité d'une république vautrée dans les scandales ce que fut la misère du peuple depuis la destruction de l'ordre ancien. Pour l'honneur de ses femmes, des enfants et des hommes qui souffrir et sont morts parce que le libéralisme devait passer avant tout humanisme. Nous ne lâcherons rien, depuis que nous avons commencé à découvrir une voie de libération, une issue à une soi-disant crise. Notre travail basé sur l'empirisme et non sur le romantisme dirige nos conclusions vers l'image apaisante, voir écologique du royaume des lys...

    Frédéric Winkler

    http://www.royalismesocial.com/index.php?option=com_content&view=article&id=449:le-docteur-villerme-et-les-esclaves-du-liberalisme-&catid=62:docteur-villerme&Itemid=91

  • Les classes moyennes aspirent à un coup d’État

    Véronique Langlois et Xavier Charpentier viennent de terminer un travail consistant à mieux appréhender les maux actuels des classes moyennes. À la tête de FreeThinking (un laboratoire d’études quali-collaboratives [quésaco ? comme on dit chez moi]), du groupe Publicis, ils s’apprêtent à publier un travail qu’ils ont baptisé Dissonances. Quand les classes moyennes parlent de la France d’après le 11 janvier, deux ans avant 2017. Cette étude menée pendant la campagne des départementales a été entreprise auprès de 190 Français des classes moyennes. 
    On pourrait penser que le politiquement correct dans ces observations serait là encore une fois pour être l’arbre qui cache la forêt. Heureusement, il n’en est rien et si les deux auteurs prennent le maximum de précautions pour ne pas froisser la classe médiatico-politique, leurs révélations sont bel et bien le reflet de cette classe populaire de la société française d’aujourd’hui. 
    L’étude pointe trois « dissonances » majeures. 
    La première : entre ce que ces Français vivent, c’est-à-dire une aggravation de la situation de précarité avec une France qui continue de glisser dangereusement (et de façon irréversible pour certains) et le discours ambiant autour de la reprise économique qui serait là mais qu’ils ne ressentent pas et à laquelle ils ne croient pas. Devant la gravité de la situation qu’ils ont parfaitement intégrée, ils ne comprennent pas le manque de sérieux des élites caractérisé par un débat politique sans projets et concentré exclusivement sur quelques personnalités dans la seule perspective de 2017. Enfin, ils perçoivent un sentiment de déni de démocratie chez les parlementaires qui ne remplissent pas le mandat pour lequel ils ont été élus, allant même jusqu’à juger qu’ils sont carrément des obstacles aux changements urgents que la situation exige. 
    Vous me direz, il faut être Libé, le quotidien qui publie cette étude, pour, avec son bandeau sur les yeux, n’avoir pas vu et anticipé le fossé irréversible qui s’est creusé entre les fausses élites et le peuple. 
    La deuxième dissonance : nos compatriotes restent malgré tout optimistes et croient à « un projet qui rassemble les Français au-delà du religieux et du politique » mais, dans le même temps, ils précisent « qu’aujourd’hui ils n’en voient pas la couleur »
    La troisième : « pour la première fois très clairement, ils expriment le rêve d’un coup d’État citoyen et républicain », prévient Véronique Langlois. 
    Oui, vous avez bien lu : un coup d’État ! Les mots « citoyen » et « républicain » étant juste un écran appliqué pour ne pas pointer dans le camp du mal. 
    En conclusion, et comme il était facile de l’imaginer : « Les Français très ébranlés par les événements du mois de janvier considèrent que s’ils ont fait leur part du travail en descendant massivement dans la rue, la classe des dirigeants politiques, dirigeante, elle, n’a rien fait de concret. » 
    Qu’en termes élégants ces choses-là sont dites ! 
    J’avais, dans un article précédent, expliqué que nous allions vers une guerre civile, ou tout au moins vers une explosion de la société française. Pour écrire sur cette éventualité, je n’ai pas eu besoin d’une enquête prépayée par Publicis. Il suffisait simplement d’écouter les gens des rues, de nos cités et de nos villages
    Le plus révélateur, dans cette étude, est l’étonnement des médias devant le ras-le-bol des classes populaires. 

  • 10 000 SDF privés d’hébergement

    (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

    Ils sont 10 000 SDF à avoir composé le numéro d’urgence 115 au mois de janvier, et à ne pas avoir eu d’hébergement. Parmi eux, de nombreuses familles avec enfants.
    Pendant ce temps, le gouvernement se décarcasse pour loger les immigrés. Par exemple, un bourg fortifié d’Alsace, Ferrette, recevra prochainement 80 réfugiés qui seront logés pendant un an dans les locaux de l’ancienne gendarmerie et dans des appartements F3 et F4. Certains habitants irrités reprochent aux élus locaux de ne pas assez s’occuper de leurs pauvres à eux.

     

    http://fr.novopress.info/198475/10-000-sdf-prives-dhebergement/

  • Les campagnes en colère...

    Certains parlent de jacqueries quand ils évoquent la colère paysanne qui, ces jours derniers, éclate aux portes des villes, autour des centres commerciaux ou devant les préfectures et sous-préfectures du pays, et les mêmes croient se souvenir qu'elles ont précédées la Révolution française, ce qui n'est pas tout-à-fait exact, en définitive : en fait, c'est dans les débuts de cette Révolution que les paysans ont manifesté leur souhait d'un changement des règles rurales et la fin des anciens droits féodaux, dans un été marqué par la Grande Peur, mais, surtout, dans l'année 1793, lorsque la République voulut mobiliser tous les hommes valides pour aller faire une guerre que la Révolution avait désirée à défaut de pouvoir la faire seule... Si c'est la Vendée qui a marqué le plus les esprits, avec ce « peuple de géants », évoqué par Napoléon et par Victor Hugo, qui a défié l'ordre nouveau de Danton et Saint-Just, et tenu tête aux armées « bleues », c'est bien tout le monde paysan qui a souffert de la République belliciste qui lui a pris de nombreux bras pour les besoins de la guerre et lui a rendu nombre de cercueils.

    Aujourd'hui, les agriculteurs manifestent, victimes d'une guerre qui, pour n'en être pas militaire, fait des ravages dans nos campagnes, et se pare du nom de « mondialisation ». Il n'y a pas grand monde pour prendre la défense de ces manifestants au langage parfois vert, et je lis nombre de commentaires peu amènes sur la toile à leur encontre : « pollueurs », « assistés », « casseurs »... Cela ne correspond pas exactement à la complexité des réalités du monde agricole : qu'y a-t-il de commun entre le grand céréalier de la Beauce et le petit éleveur de porcs « bio » breton ? Entre un Beulin, patron très libéral d'une FNSEA de moins en moins considérée dans les campagnes, et un maraîcher du pays de Dol qui gagne à peine de quoi nourrir sa famille ?

    En fait, nombre de ces manifestants ont désormais compris le piège fatal de la société de « libre-échange » qui, en définitive, n'est qu'une loi de la jungle au bénéfice des grands groupes agroalimentaires et des actionnaires de ceux-ci, pour qui la fonction nourricière de l'agriculture passe après les profits qu'ils peuvent tirer de l'exploitation de la terre et de la sueur de ceux qui la travaillent.

    Sans doute faut-il désormais repenser l'agriculture et lui rendre la « mesure » que la société de consommation semble avoir définitivement oubliée : des exploitations à taille humaine, moins dépendantes de la mécanisation et d'une artificialisation qui, souvent, s'apparente à une « barbarisation » de la domestication des bêtes (ces usines à œufs, à lait ou à viande, entre autres) ou à une totale coupure avec les principes mêmes de la vie, végétale comme animale, sont plus utiles que cette ferme (sic!) des mille vaches que dénonce à juste titre Alain Finkielkraut...

    Refaire de nos campagnes des espaces de vie et de travail humain, et non les laisser devenir des déserts ruraux, est une nécessité que tout État digne de ce nom devrait comprendre et soutenir, ne serait-ce que pour combattre le chômage et le désœuvrement qui se répandent encore et toujours dans les villes et ses périphéries. Au regard de l'impuissance désolée d'un Stéphane Le Foll, je doute fortement que la République soit cet État-là...

    http://jean-philippechauvin.hautetfort.com/

  • Révolte des agriculteurs, est ce la faute de l’Europe ?

    (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

    Alors que des manifestations importantes d’agriculteurs se sont déroulées en Bretagne, on peut se demander ce que fait Stéphane Le Foll. Il n’a pas obtenu ce qu’il demandait lors du dernier conseil européen des ministres de l’Agriculture. L’Allemagne, qui concurrence fortement l’agriculture française avec ses fermes-usines, s’est opposée aux demandes françaises. Elle veut continuer à prendre des parts de marché à la France en ayant des règles sociales moins sévères.

    http://fr.novopress.info/198394/revolte-agriculteurs-ce-faute-leurope/

  • En Normandie, des agriculteurs pendent une vache sur la permanence d'un député

    Action choc des agriculteurs de la Coordination rurale, à Avranches, jeudi 4 février 2016. Pour inciter un député à agir, des éleveurs ont pendu une vache morte sur sa permanence.
    Face à l’absence de réponse et de solution, deux jours après une première action coup de poing, une trentaine d’agriculteurs se sont rassemblés dans la nuit du mercredi 3 au jeudi 4 février 2016, devant la permanence du député (Les Républicains) d’Avranches Guénaël Huet, pour y pendre une vache, morte depuis trois semaines. Une action choc, orchestrée par le président de la Coordination rurale, Yannick Bodin, pour alerter l’opinion sur le mal-êtr des agriculteurs.
    « Montrer la réalité des choses »
    Sur la page Facebook de la Coordination rurale de la Manche, des images qui choquent. Des commentaires offusqués d’internautes qui ne comprennent pas, qui s’insurgent. Mais devant ces opinions, parfois haineuses, Yannick Bodin, propriétaire de cette vache pendue, reste ferme, et déterminé à présenter la gravité de la crise agricole.
    « Nous avons eu deux suicides dans le secteur, et ça n’inquiète personne. Depuis des années nous sommes interrogés sur le sujet, et rien ne se fait. Aujourd’hui, cette image fait mal. Mais la vie d’un agriculteur compte-t-elle moins que la vie d’une bête ! »
    Face à la violence des mots, l’agriculteur rétorque en présentant la fulgurance de la crise qui s’abat sur le monde agricole. Une méthode marquante, qui a cependant eu ses effets sur les élus locaux.
    « Tous les politiques m’ont téléphoné. Le projet de loi de la Communauté rurale est arrivé à l’Assemblée nationale et au Sénat. La gauche comme la droite ont pris le sujet en main. »
    L’agriculteur désespéré a également rencontré le président du Département de la Manche, Philippe Bas. « Tout s’est déclenché aujourd’hui. »
    Toute action est critiquable
    Si l’action est contestable, Yannick Bodin a voulu poursuivre ses actes en suivant la même ligne dictée, deux jours plus tôt : ne pas faire de casse.
    « Je préfère ça aux actions qui coûtent une fortune. Une fortune qui aurait pu servir à sauver des agriculteurs au bord du suicide. Faut-il faire quatre millions d’euros de dégâts comme en Bretagne, s'attaquer aux CRS comme à Saint-Lô ? Toute action est critiquable, mais nous n’avons pas voulu prendre en otage les citoyens et consommateurs. »
    Yannick Bodin compte désormais sur l’action des élus. « Les politiques n’ont rien fait depuis 25 ans, je me bats à ma façon pour faire comprendre notre situation. »
    Pour le président du syndicat départemental, l’heure est désormais à la réflexion, sur le devenir de son exploitation agricole.
    « Je me donne encore six à huit semaines pour savoir quoi faire. Cette vache que nous avons pendue était morte depuis trois semaines. J’ai réfléchi longtemps avant d’agir. Mais elle montre aussi que nous n’avons même plus les moyens de soigner nos bêtes, comme les particuliers qui n’ont plus d’argent pour soigner leur animal de compagnie… »
    Une « récupération qui ne passe pas »
    Il reste à savoir désormais si les sensibilités de chacun resteront ancrées sur cette image violente, ou si le message des agriculteurs en détresse passera. Du côté du député Guénaël Huet, une plainte a été déposée, vendredi 5 février 2016, contre Yannick Bodin et la Coordination rurale.
    « J’apprécie moyennement la mise en scène macabre qui a été faite. Il y a des choses à ne pas faire. Mais ce que je désapprouve surtout, c’est la récupération d’un drame, le suicide d’un agriculteur que je connais, à des fins syndicales. »
    Ce dernier « n’accepte pas l’inscription accolée à la vitrine de sa permanence Député, tu as du sang sur les mains ». Rappelant son « soutien complet au monde agricole », il se dit sensible à la situation des agriculteurs en détresse, mais rejette catégoriquement « une récupération qui ne passe pas ».
    Chose que le représentant cantonal de la FDSEA de la Manche ne cautionne également pas. Dans un communiqué diffusé lundi 8 février 2016, Jean-Michel Debesne informe qu’il est « de notre devoir de réagir face à ces actes violents, en termes d’images et de symboles véhiculés par de syndicat minoritaire, qui salit la profession et utilise des tragédies privées pour faire passer des messages ».
    « Le moment choisi, les images choquantes et l’interprétation qui peuvent en être faite au-delà de notre milieu agricole, ne correspondent pas aux valeurs de la majorité des agriculteurs des citoyens. Notre syndicat ne partage pas les actes à la permanence du député. »
    Source

  • Vers un autre modèle d’agriculture français ?

    (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

    En France, chaque jour, 36 exploitations agricoles ferment…
    En dix ans, c’est plus d’un quart des exploitations agricoles qui a disparu. Sur les 10 prochaines années, notre agriculture perdra encore 9 % de ses 872 000 emplois actuels et 40 % des agriculteurs partiront à la retraite.

    Les agriculteurs doivent faire face à l’émergence d’un modèle industrialisé et financiarisé de l’agriculture…
    …qui ne favorise pas la sécurité de leur activité : délocalisation, spéculation sur les cours agricoles, revenus incertains… Alors que les paysans ont besoin de stabilité, pour penser à long terme et croire en l’avenir.

    Notre modèle agricole vit aussi une crise morale sans précédent :
    Tous les 2 jours, un agriculteur se suicide en France, selon l’Institut national de veille sanitaire. Une des raisons est l’incapacité de subsister par son travail. Toutes les filières d’élevage (lait, porc, viande) traversent depuis des mois une crise sans précédent. Les agriculteurs vendent leur production à perte… d’où les manifestations actuelles.

    Pourtant, les agriculteurs ont un grand défi dans l’avenir : nourrir sainement et durablement les Français
    On observe déjà les prémices d’un renouveau. L’agriculture française porte en elle l’image de la cuisine française basée sur la qualité et la diversité de ses produits.
    La diversification des cultures et des variétés est indispensable pour concilier productivité et durabilité. La France est déjà en bonne voie pour développer la part d’agriculture biologique, avec plus de 1,2 million d’hectares de surfaces, en progression de 5 % l’an. Enfin, avec l’INRA, premier organisme de recherche agronomique européen, l’agriculture française dispose d’un atout en termes d’innovation et de recherche.

     

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  • Antoine Blanc de Saint-Bonnet (1815 - 1882)

    A prendre leur état civil, c'est de Le Play qu'il faudrait d'abord parler, puisque, né en 1806, il est de neuf ans l'aîné de Blanc e Saint-Bonnet. Mais, si nous prenons la chronologie de leur oeuvre, c'est au cadet qu'il faut donner le pas. Lorsque Le Play, publiera, en 1855, ses fameux Ouvriers Européens, il y aura déjà onze ans que l'ancien mousquetaire noir de Louis XVIII, M. de Salvandy, devenu Ministre de l'Instruction Publique de Louis-Philippe, a décoré de la Légion d'Honneur un jeune sociologue de 29 ans, pour un imposant ouvrage en trois volumes, De l'Unité Spirituelle, ou de la Société et de son But au delà du Temps. A vingt-cinq ans, ce provincial, en écrivant un opuscule intitulé : Notion de l'Homme tirée de la notion de Dieu, avait déjà annoncé quel problème ferait l'objet des réflexions, des études et des approfondissements de toute sa vie. C'est le problème de la Contre-Révolution. La Révolution est l'aboutissement logique d'une philosophie matérialiste qui veut voir en l'homme indéfiniment perfectible le Dieu de l'avenir ; pour combattre la Révolution et son oeuvre de mort, il faut opposer à cette philosophie la Théologie, qui nous enseigne que, depuis la faute d'Adam, l'Humanité est infirme et ne peut avancer qu'en s'appuyant sur son Rédempteur. « Voici le fait : il y eut une Chute, il y a le mal, il est au sein de l'homme. Il faut le préserver des suites et lui rendre le bien, ainsi que la vérité perdue. Il faut, à l'aide du secours divin, que l'homme remonte à l'état de vertu et de charité, qu'il aurait dû primitivement atteindre » (1).

    Antoine de Saint-Bonnet appartient à la bourgeoisie aisée. Celui qui a écrit : « Qu'est-ce que le bourgeois ? Un homme du peuple qui a économisé » sait fort bien que sa particule n'est là que pour le localiser, et, littéralement, le particulariser. Blanc est un patronyme assez commun ; pour éviter des confusions, Joseph Blanc, père d'Antoine, avait pris l'habitude de signer Blanc-Saint-Bonnet, du lieu dont sa famille était issue et où, en qualité d'homme d'affaires des moines de Savigny, il avait acquis une propriété. Plus tard, le tiret se transforma en particule. Ce Saint-Bonnet-le-Froid, qu'il ne faut pas confondre avec son homonyme du Velay, est un hameau des monts du Lyonnais, que l'on peut gagner, soit par Grézieu-la-Varenne, soit par Vaugneray, et qui n'est guère qu'à cinq lieues de Lyon. De ses 700 mètres d'altitude, on a une très belle vue sur les monts du Beaujolais au point où ils touchent au Forez. Le château, aujourd'hui mi-ferme, mi-auberge, voisinait avec une chapelle ruinée par la Révolution et reconstruite par le philosophe. C'est lui pareillement qui avait entouré la vieille demeure d'une forêt de sapins maintenant décimée. Antoine, né à Lyon le 28 janvier 1815, passera son enfance dans cette solitude. Plus tard, les étés ramèneront le collégien, puis l'étudiant, sous les frais ombrages de Saint-Bonnet ; plus tard encore, vers 1840, il en fera sa résidence principale. S'il est vrai - et c'est vrai - que l'homme, pétri du limon de la terre, garde l'empreinte des paysages que son enfance a aimés et qui restent le cadre de son activité, rien d'étonnant à ce que l'oeuvre de Blanc de Saint-Bonnet porte la marque de la puissante et austère majesté qui émane de la montagne et de la forêt. Ses parents le destinaient au notariat, mais il avait peu de penchant pour grossoyer des actes. La mort prématurée de son père lui donnera licence de se laisser aller à son goût pour les sciences politiques. Sans doute y fut-il aidé par l'impulsion qu'avait donnée à son esprit son professeur de philosophie, l'abbé Noirot, qui deviendra Inspecteur général de l'Instruction Publique et aidera plus tard Le Play à retrouver la pratique religieuse. Il faut bien que l'influence de ce prêtre ait été forte pour que l'homme qui devait proclamer en 1851 : la démocratie triomphe, et je viens combattre la démocratie, ait accepté en 1848 de solliciter les voix des électeurs lyonnais - vainement d'ailleurs! - sur la même liste que l'abbé Noirot et que son ami Victor de Laprade, en déclarant : « La République est la forme naturelle de la Société chrétienne ! »

    Cette illusion, partagée alors par tant d'excellentes gens, se dissipera vite devant la leçon des événements. Il ne fut pas long à découvrir que la démagogie ruineuse sort inéluctablement de la démocratie, et qu'Alphonse Karr avait raison de dire « Il suffit de quelques grelots au bonnet de la Liberté pour en faire le bonnet de la Folie ». Trois ans après sa candide profession de foi démocratique, il publiera le fruit de ses réflexions dans son maître livre, La Restauration Française, à propos duquel Montalembert lui écrira : « Nul n'a vu de si haut ni plus loin que vous. » Quelques citations nous feront mesurer le cheminement de sa pensée « Vu l'état où le voltairianisme et les gouvernements ont mis les masses, la République, c'est la démocratie: la démocratie, c'est le socialisme; et le socialisme, c'est la démolition de l'homme. » ... « Le socialisme n'est que la religion de l'Envie. » ... « Par l'effet de sa chute, l'homme est à l'état d'envie. Quand le peuple entendit pour la première fois ces mots La propriété, c'est le vol, il a senti le raisonnement justificateur de ce qui sommeillait en lui depuis qu'il a perdu la roi. Et sa conscience ainsi faite, il a marché d'un trait dans la Révolution. » ... « Vous ne vouliez rien de divin, vous saurez ce que les moyens humains coûtent ! Vous vouliez l'institution à la place de la conscience, vous saurez ce que produit l'institution ! Payer dix militaires, quatre employés et deux mouchards où il n'y avait qu'à nourrir un prêtre, n'est pas le moyen de couvrir ses frais. » L'expérience des ateliers nationaux, ouverts par décrets du 25 février 1848, - et dont l'Assemblée Constituante dut ordonner la dissolution immédiate le 21 juin parce que leur inutilité n'en coûtait pas moins 150.000 francs par jour -, lui fait écrire :
    « Les hommes, dans leur méfiance, ont cru que le christianisme était faux. Ils ont dit : l'homme naît bon ; ils ont dit : il est ici bas pour jouir ; ils ont dit : la richesse est toute faite ; ils ont dit : tous y ont un égal droit ; ils ont dit : il faut égalité des salaires ; et l'on ouvrit les ateliers nationaux. Et qu'a fait l'homme bon ? Il a fait comme le sauvage, il s'est couché, déclarant que c'est à la Société de le nourrir. Si la méthode eût été générale, le pain manquant, il eût fallu, comme dans l'antiquité, forcer les bras au travail. Eh ! Nous y voilà donc... Ou le christianisme, ou l'esclavage. »
    Et ce raccourci étonnant qui contient toute la réfutation de l'utopie collectiviste : « Le socialisme suppose une immaculée conception de l'homme. » Si Jean-Jacques Rousseau avait raison ; si l'homme était naturellement bon ; si l'envie du bien d'autrui, ou de sa supériorité, n'habitait pas, dès sa tendre enfance, sa pensée ; si la paresse, sous l'euphémisme de loi du moindre effort, ne freinait pas d'ordinaire son activité ; si aucune convoitise, aucune violence, aucun désir de nuire à son prochain ne se trouvaient en germe dans son coeur, alors, évidemment, on pourrait imaginer une Société reposant sur le principe du collectivisme, autrement dit sur la mise en commun des efforts de chacun et sur la distribution des richesses créées par le travail de tous, entre chaque membre de la communauté, selon ses besoins. Malheureusement, l'homme n'est pas né sans tache.

    Tous les péchés capitaux sommeillent en lui, et justement tout l'art des meneurs de peuples consiste à faire concourir au bien commun les défauts mêmes de l'humanité, comme un habile navigateur sait utiliser les vents contraires pour aller de l'avant. Si l'homme est certain d'avoir ses besoins essentiels assurés par la collectivité, quelle que soit sa propre activité, il se laissera aller à sa nonchalance naturelle, et la paresse de chacun engendrera vite la misère de tous. Mais si vous mettez en jeu son égoïsme inné en promettant à l'effort accru une rétribution supplémentaire, la perspective de pouvoir satisfaire des convoitises nouvelles forcera au labeur son indolence native. Etre intéressé est, certes, un vilain défaut ; mais c'est un défaut que l'on peut faire servir à l'amélioration des conditions de vie d'un individu, d'une famille, voire d'une société. En transformant les « stakhanovistes » en une manière de héros civils au sort enviable, le régime bolcheviste reconnaît lui-même que l'esprit de vanité et de convoitise, stimulé par des avantages divers, est le plus efficace ressort d'une production intensifiée. Mais, du coup, les grands prêtres de la religion nouvelle ont renié le dogme fondamental de l'égalité entre les hommes et désavoué Rousseau : l'humanité n'est pas naturellement portée au bien. Et cela frappe de vanité toutes les Salentes bâties dans les nuées par tant de théoriciens socialistes. Cependant, il est des lieux qui s'en rapprochent. On voit ça et là de vastes demeures où, sans contrainte extérieure, des hommes et des femmes s'affairent à leurs travaux tout au long du jour, s'asseoient à la même table pour un frugal repas, et témoignent par leur visage calme et souriant que cette vie de labeur régulier, dont ils ne tirent aucun profit personnel, leur parait la plus belle du monde. Seulement ces hommes ou ces femmes, pour réaliser cet idéal collectiviste, ont dû se lier vis-à-vis d'eux-mêmes par un triple serment : renoncer à toute propriété personnelle, se refuser aux joies du foyer et des enfants qui le peupleraient, accepter d'avance et sans discussion les ordres du chef qu'ils auront choisi.

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