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Europe et Union européenne - Page 1039

  • Bernard Larmes : « réguler les échanges agricoles à l'échelle mondiale »

    Bernard Lannes préside depuis le 9 décembre dernier la Coordination rurale, deuxième syndicat d'exploitants agricoles en France
    M & V : Bernard Lannes, le Salon de l'agriculture s'est tenu récemment et des responsables politiques de tous bords ont tenu à s'y montrer. Quelle est la situation de l'agriculture française aujourd'hui ?
    Les Français éprouvent à l'égard de l'agriculture un sentiment d'amour-répulsion. La fréquentation du salon montre qu'ils lui sont viscéralement attachés, mais ils sont parallèlement influencés par un courant de pensée qui les persuade que leur assiette est empoisonnée. Les agriculteurs sont en butte à des campagnes d'opinions qui les accusent de polluer et de déverser des pesticides sur leurs champs, et ils sont considérés comme des pestiférés. Ce débat masque en réalité une véritable guerre commerciale : les semenciers et les fabricants des produits phytosanitaires appartiennent aux mêmes groupes et ont mis en place des variétés de plantes moins nombreuses, mais qui sont de véritables « formules 1 » et nécessitent l'emploi de ce type de produits. Si l'on cesse de les utiliser, il faudra, pour produire autant, réintroduire davantage de variétés.
    Est-il indispensable de produire autant ?
    Oui, car nous consommons plus que nous ne produisons et risquons d'être bientôt confrontés à une pénurie alimentaire planétaire. Voilà cinq ans, on estimait que 250000 personnes mouraient de faim - ou de malnutrition - chaque jour dans le monde ; aujourd'hui, on approche du million. La courbe du stock d'alimentation à l'échelle mondiale est descendue à 60 jours, alors que la FAO (l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, ndlr) fixe la limite de sécurité à 110 jours. La spéculation en joue et aggrave ce phénomène.
    Par quels mécanismes ?
    90 % de la production sont consommés sur les aires géographiques de production. Le marché mondial est un marché d'excédents qui porte sur les 10 % restants. Or on se fixe, pour établir les prix, sur ce cours mondial qui ne signifie rien et l'on a supprimé les instruments de régulation. Voilà encore dix ans, en cas de surproduction, l'Etat intervenait en achetant à l'agriculteur sa production à un prix rémunérateur, stockait ces produits dans des greniers et attendait une année de manque pour les revendre. Ce mécanisme a longtemps permis d'ajuster la production au marché. Or, aujourd'hui, en Europe, on ne finance plus les stocks et l'on vit au jour le jour. Les spéculateurs en profitent d'autant plus qu'il suffit de 2 % de surproduction ou de sous-production pour que les prix s'écroulent ou flambent. Il est indispensable de réguler les échanges agricoles à l'échelle mondiale et de partager les richesses. Ainsi, sur la viande - secteur en difficulté -, des accords avaient été passés voilà deux ans avec le Mercosur, autrement dit les pays d'Amérique du Sud : l'Europe avait importé 700000 tonnes de viande. C'est le principe de l'écluse : chacun ne prend que ce dont il a besoin, afin d'éviter de saturer le marché.
    Vous êtes donc favorable aux quotas ?
    Oui, parce qu'ils autorisent la régulation. Si l'on considère par exemple le cas des producteurs laitiers, l'Europe a assoupli les quotas depuis deux ans sous la pression des industriels, ce qui a provoqué l'effondrement des prix : de 330/350 euros les 1000 litres en moyenne voilà quelques années - ce qui couvrait juste les coûts de production sans tenir compte de la rémunération de l'agriculteur -, le cours est tombé à 280 euros en 2009 avant de remonter aujourd'hui à 310 euros... Nous allons tenter de changer la donne à la faveur de la contractualisation qui se met en place, mais c'est à l'échelle européenne que le problème doit être réglé. La Coordination rurale milite pour une politique agricole commune garantissant des prix à la fois rémunérateurs pour les agriculteurs et équitables pour les consommateurs - la chute des prix ne profitant qu'à l'industrie agro-alimentaire. Mais la majorité des 27 pays membres de l'Union souhaite que les prix agricoles restent bas. Et les quotas seront supprimés en 2 015...
    L'Europe est-elle autosuffisante ?
    Non. Pour jouir d'une autonomie alimentaire, il lui manque une surface agricole utile égale à la superficie de la France. Sa balance commerciale agricole est déficitaire : elle importe plus qu'elle n'exporte-même si la FNSEA prétend le contraire pour soutenir les intérêts de l'industrie agro-alimentaire, avec laquelle elle a partie liée.
    On oppose parfois la qualité et la quantité, le bio et l'agriculture intensive, dont l'élevage en batterie est devenu le symbole. Que pensez-vous de ces types d'agricultures ?
    Le bio correspond à l'idéal alimentaire des Français, mais il ne peut être qu'une niche de production : nous sommes en situation de pénurie et la généralisation du bio ne ferait que l'aggraver. Par ailleurs, ces produits coûtent cher ; j'élève moi-même dans le Gers des poulets à label, mais c'est le « poulet du dimanche », pas celui que l'on consomme quotidiennement... Or, il n'est pas possible d'avoir une alimentation « propre » réservée aux riches, et une alimentation dangereuse pour la santé pour les autres.
    Quant à l'agriculture intensive, les élevages en batterie que vous évoquiez ont prospéré en Bretagne parce que c'était un pays pauvre et doté de façades maritimes, donc idéal pour créer à bas prix de la matière première exportable. Aujourd'hui les élevages porcins n'y appartiennent plus aux agriculteurs, mais aux firmes industrielles. Il existait aussi des élevages de cochons dans le Gers, qui ont disparu (hormis ceux qui produisent des porcs fermiers), éliminés par la concurrence de l'élevage industriel breton. Or aujourd'hui, par la même logique, les éleveurs bretons sont à leur tour tués par les Chinois. Il en ira ainsi tant que le marché ne sera pas régulé.
    Nous pensons qu'il est possible de produire une bonne alimentation avec des moyens conventionnels, en évitant les dérives de l'intensif et en utilisant les désherbants avec modération. L'Europe possède les meilleures terres du monde, un climat favorable et ses paysans possèdent un vrai savoir-faire. Si la France est si belle, c'est parce que les agriculteurs s'accrochent et refusent de baisser les bras.
    Propos recueillis par Jean-Pierre Nomen  monde & vie 12 mars 2011

  • Angela Merkel impératrice

    Nous avons reçu les vœux du 31 décembre tardivement. Pas ceux du président de la République, qu'en bon patriote, nous avons observés en direct au soir du réveillon de la Saint-Sylvestre, mais ceux d'Angela Merkel.
    Ce fut comme une apparition. La chancelière était impériale. Angela Merkel a réussi un exercice parfait, que nous conseillons à Claude Sérillon, nouveau conseiller en communication de François Hollande, d'étudier. La chronique a retenu les prévisions pessimistes de la chancelière : « La crise est encore loin d'être surmontée. »

    Hommage à Charles De Gaulle et Konrad Adenauer

    Ce n'est pas ce que nous avons vu. Nous avons vu une chancelière régner sur une Allemagne apaisée, à neuf mois des élections générales.

    Elle était rayonnante, vêtue de satin gris, toisant de sa chancellerie le bâtiment du Reichstag, incarnation de la démocratie parlementaire allemande. Le ton posé, avec un très léger sourire.

    D'aucuns reprochent à cette physicienne, fille de pasteur élevée en Allemagne de l'Est, de préférer les sciences dures aux sciences humaines, de manquer de conscience historique, à l'heure où la question européenne est posée.

    Angela Merkel travaille dur pour s'inscrire dans la tradition des pères de la République fédérale. Lors de ses vœux, elle s'est donc projetée cinquante ans en arrière : elle a cité Walter Bruch, l'inventeur allemand du téléviseur couleur Pal, qui ferrailla avec notre système Secam national ; elle s'est souvenue de Kennedy proclamant devant le mur de Berlin « Ich bin ein Berliner » ; elle a rendu hommage à Charles De Gaulle et Konrad Adenauer, qui scellèrent la réconciliation franco-allemande.

    Avant de briguer un troisième mandat, Angela Merkel veut se tailler une stature digne de ses grands prédécesseurs. Lors d'une rencontre en novembre 2012, avant d'aller recueillir le prix Nobel de la paix décerné à l'Union européenne, le « président normal » François Hollande avait fait la moue, expliquant qu'ils allaient recueillir un prix mérité par les héros d'hier, les Schuman, Monnet, Adenauer

    Angela Merkel exige toujours de la sueur et des larmes

    « Mais nous devons nous aussi être des héros », avait rétorqué Angela Merkel, qui géra pourtant très mal la crise de l'euro à ses débuts, refusant d'exclure une faillite des pays membres de l'union monétaire.

    Un bon héros doit souffrir, et Angela Merkel exige toujours de la sueur et des larmes. Dans ses vœux, elle n'a pas cité les efforts des Grecs et autres peuples latins d'Europe éprouvés par la crise de l'euro.

    Mais, avant de souhaiter à ses compatriotes « la bénédiction de Dieu », elle en a appelé au philosophe grec Démocrite (460-370 avant Jésus-Christ) : « Le courage est au début de l'action, le bonheur à la fin. »

    Pourtant, les Allemands, à écouter leur chancelière, sont près du bonheur. Pendant que la France se déchire, hier avec Nicolas Sarkozy, aujourd'hui entre partisans du 75 % et fuyards fiscaux, entre défenseurs du mariage gay et opposants catholiques, la chancelière incarne une nation unie.

    En Allemagne, le succès individuel est collectif

    Ce 31 décembre, Angela Merkel a dit un conte. Elle a expliqué comment un gamin d'Heidelberg avait été convaincu par les camarades de son équipe de football de ne pas décrocher de l'école : en Allemagne, le succès individuel est collectif.

    Et quel succès ! Le chômage est à son plus bas niveau depuis la réunification, il a été divisé par deux sous le mandat d'Angela Merkel et le pays a encore créé 416.000 emplois en 2012. Jamais autant d'Allemands n'ont eu un emploi.

    Le même soir, François Hollande tentait de convaincre ses concitoyens que le chômage, qui a augmenté dix-neuf mois de suite, refluerait enfin à la fin de l'année. Mais le bonheur d'Angela Merkel, cela se mérite.

    Pour le conserver, il faut persévérer dans l'effort. Sans attendre l'épiphanie, qui marque la rentrée politique allemande, le ministre des finances, Wolfgang Schäuble, a annoncé de nouvelles mesures d'économies.

    Rude partenaire pour François Hollande, qui espérait ne pas passer trop de temps en compagnie d'Angela Merkel. Dans la foulée de son élection, le président avait joué la carte du Parti social-démocrate (SPD), recevant en grande pompe à l'Elysée les trois dirigeants du parti, Sigmar Gabriel, Frank-Walter Steinmeier et Peer Steinbrück.

    Tous rêvaient alors de remplacer Angela Merkel. Les deux premiers ont jeté l'éponge : trop à gauche pour Gabriel, pas assez charismatique pour Steinmeier, qui a aussi renoncé pour des raisons privées.

    Plus populaire que jamais, aimée par sept Allemands sur dix

    À l'automne, l'ex-ministre des finances Peer Steinbrück fut désigné par défaut candidat à la chancellerie. Il fait depuis les délices de la presse, multipliant les faux pas : Angela Merkel a « un bonus féminin » dans la campagne électorale et le salaire du chancelier est trop faible, s'est plaint Peer Steinbrück, qui a gagné 1,25 million d'euros en discours et colloques divers depuis novembre 2009.

    La cote de Peer Steinbrück s'est ainsi tassée de dix points depuis qu'il a été intronisé candidat à la chancellerie. Angela Merkel est plus populaire que jamais, aimée par sept Allemands sur dix.

    En ce début d'année électorale, même au SPD, nul ne croit vraiment à la possibilité de déloger Angela Merkel de la chancellerie. Le pari SPD de François Hollande a déplu à Angela Merkel. Fortement. Et est perdant, du moins pour l'instant.

    Il va donc falloir faire semblant de s'aimer avec la chancelière. Les ministères des affaires étrangères français et allemand préparent un superbe bal des hypocrites à Berlin, les 21 et 22 janvier, pour le cinquantenaire du traité de l'Elysée.

    Une envie de franco-allemand

    Les populations auront droit aux flonflons habituels : conseil des ministres franco-allemand, discours d'Angela Merkel et de François Hollande au Reichstag. Le clou des festivités sera un concert à la Philharmonie de Berlin. Et c'est tout.

    L'écho médiatique de l'événement va révéler une envie de franco-allemand, mais les deux dirigeants n'ont prévu aucune initiative politique majeure.

    Au contraire, on ronge son frein des deux côtés du Rhin : les Allemands méprisent ces Français qui décrochent économiquement, les Français crient à la volonté de puissance germanique.

    Les Allemands sont accusés de vouloir tuer Peugeot, de ne pas reconnaître la supériorité française dans les industries spatiales, météorologiques, etc.

    Angela Merkel est impériale, l'Allemagne un brin impérialiste, et la France sur le sentier inquiétant de la germanophobie.

    Arnaud Leparmentier
    lemonde.fr
    09.01.2013

    Correspondance Polémia – 13/01/2013

  • Banque Centrale Européenne : les opinions évoluent

    La principale objection formulée contre le rôle des Banques centrales nationales était qu'elles généraient de l'inflation. En effet, au cours des années 1970, et jusqu'au début des années 1980, l'inflation a flambé : l'augmentation des prix était générale et durable. Il y a notamment inflation quand la banque centrale émet trop de monnaie, des billets, par rapport à la quantité de biens introduits dans le circuit économique. On comprend en effet que « l'argent facile » et abondant qui permet et crée une demande active mais artificielle en comparaison d'une offre limitée tire les prix à la hausse. Une demande active et une offre limitée créant de l'inflation n'ont cependant pas de lien automatique avec l'excès de création monétaire. L'inflation peut évidemment avoir pour seule et autre cause l'augmentation des coûts de revient, les salaires augmentant plus vite que la productivité ou les constituants des coûts (matières premières, services, prix de l'énergie) étant en hausse brutale et rapide. De même, des éléments structurels liés à des choix politiques, par exemple la hausse des prix agricoles quelle qu'en soit la raison. À ces causes rationnelles peuvent s'ajouter des facteurs psychologiques irrationnels. Ne s'agissant pas d'un cours d'économie, nous n'en dirons pas plus. Quant aux effets de l'inflation ils sont multiples. Certains les trouvent abominables, d'autres les considèrent bénéfiques. On se souviendra que dans les années 1970 et au début des années 1980 l'inflation a fluctué en France entre deux points relativement bas, 5,7 %,en 1970 et 5,8 % en 1985, avec des pointes supérieures à 13 %. Mais, comme les salaires suivaient parce qu'il y avait le plein emploi, et même si les taux d'emprunt étaient élevés, l'acquisition de biens à crédit s'amortissait plus facilement, peu se plaignaient de cette situation. Depuis que l'inflation est très faible, que les salaires ne progressent pratiquement pas, voire diminuent, mais que les taux d'intérêt sont bien supérieurs à la hausse des salaires, la chanson est différente.

    LES EFFETS DE L'INFLATION
    Néanmoins, l'inflation présente de sérieuses et graves conséquences. Elle favorise les importations par rapport aux exportations, et les détenteurs de biens ou d'actifs par rapport aux détenteurs de monnaie. On a vu que les acquéreurs de biens immobiliers à crédit ont plutôt apprécié l'inflation aussi longtemps que les débiteurs ne se sont pas prémunis contre les effets de l'inflation en introduisant des clauses permettant d'adapter les taux d'intérêt en proportion de celle-ci. Lorsque l'émetteur de monnaie la crée ex nihilo, c'était le privilège des États, en donnant des instructions à la Banque centrale, la Banque de France pour notre pays, l'inflation ainsi générée peut être assimilée à un impôt inavoué, faussement indolore, qui affecte les détenteurs de monnaie puisqu'elle se dévalue, et diminue donc le pouvoir d'achat. Cette création de monnaie permettait à l'État de réduire sa dette tant pour la part détenue par les nationaux que par les étrangers, mais les conséquences ont apparu trop négatives pour l'économie. Aussi, certains États ont-ils renoncé à créer de la monnaie. Seule alors l'inflation ne tirant pas son origine de la création de monnaie, permet aux États qui ont renoncé à créer de la monnaie, en abandonnant le plus souvent leur souveraineté monétaire, le pouvoir de battre monnaie, de réduire le poids de leur dette. Pour autant, on retiendra cette définition de Jacques Rueff, qui au retour du général De Gaulle, présida un comité d'experts pour remettre de l'ordre dans les finances publiques : « l'inflation c'est de subventionner des dépenses qui ne rapportent rien avec de l'argent qui n'existe pas ». Mais il avait affirmé aussi dès 1949 : « L'Europe se fera par la monnaie ou ne se fera pas. » Comme quoi, même les plus grands esprits peuvent se tromper...

    LA MONNAIE AU POUVOIR DE LA TECHNOCRATIE
    C'est à l'exemple de l'Allemagne et de la Suisse dont les banques centrales sont constitutionnellement indépendantes du pouvoir politique, pays où l'inflation était maîtrisée, que l'idée est venue de retirer aux Etats le pouvoir de donner des instructions à leurs banques centrales, donc de les rendre indépendantes de ceux-ci pour la création de monnaie. Soyons bref, la nouveauté donna satisfaction du milieu des années 1980 à 2000. Mais on était passé de la démocratie - des élus se présentaient-tous les cinq, six ou sept ans aux élections et pouvaient être changés, - à la technocratie inamovible ou presque. À des fonctionnaires non élus, les politiques avaient abandonné le pouvoir régalien de battre monnaie. C'était d'autant plus aberrant qu'il était extrêmement difficile de définir les limites du pouvoir d'action délégué à la technocratie. Le pouvoir monétaire avait été abandonné à des fonctionnaires non élus. Ils pouvaient en toute irresponsabilité, sans mandats électoraux, mettre en œuvre leurs propres idées et conceptions politiques et économiques. Charles Gave, économiste français, président de l'Institut Turgot, "think-tank" libéral francophone, auteur de nombreux livres traitant de la situation économique, politique et financière de l'Europe, et plus particulièrement des causes de la catastrophique situation de la France, mais présentant aussi des solutions pour en sortir, vient d'écrire sur son blog au sujet de la BCE : « En Europe, le but de nos technocrates non élus (si bien représenté par Monsieur Trichet) est de consolider leur tout nouveau pouvoir régalien et de le mettre à l'abri de l'électeur national en le passant à l'échelle européenne, l'idée étant de créer une monnaie indépendante de ces pouvoirs élus et que seuls nos fonctionnaires non élus pourraient administrer et gérer, à l'abri des pressions des électorats. Chacun peut voir aujourd'hui que ce tout nouveau pouvoir a des tendances dictatoriales et entend bien soumettre les élus des nations indépendantes à ses lois d'airain, avec tous les dégâts collatéraux que chacun peut voir. Tous les gardes fous qui avaient été mis par les Allemands pour éviter cette dérive sont bien sûr en train de sauter les uns après les autres et nous nous retrouvons là aussi avec une dictature technocratique. Les années qui viennent vont donc être marquées par une lutte sans merci entre les banquiers centraux devenus fous de pouvoir, et les peuples. Il est de bon ton de condamner les élus et d'encenser les technocrates. Je me permets de ne pas être d'accord. Je peux me débarrasser par l'élection des élus qui m'indisposent alors que nul n'a pu nous débarrasser de Monsieur Trichet, responsable d'au moins 1 million de chômeurs en France depuis sa prise de contrôle d'abord de la politique monétaire en France, puis ayant échoué dans son pays, promu à la tête de la BCE. ». M. Gavé donne également des conseils, très généraux, et sommaires de placements pour ceux qui disposeraient d'avoirs, il ajoute donc : « Parallèlement il faut concentrer ses avoirs dans des pays où la banque centrale, tout en étant autonome ou indépendante, gère au profit des intérêts du pays et non pas en fonction des foucades de quelque fonctionnaire se prenant pour Napoléon ou Charlemagne et ayant un projet politique de création d'un État européen dont personne ne veut. Parmi ces pays, on trouve la Suède, le Danemark, la Norvège, la Grande-Bretagne, le Canada, l'Australie, Hong-Kong, Singapour et bien d'autres encore. » Il est probable que nombreux sont les membres de l'Institut Turgot qui, tel Claude Bébéar, créateur d'Axa, Paul Dubrule, cofondateur de la chaîne Novotel, coprésident du conseil de surveillance d'Accor, ancien sénateur UMP, exilé fiscal en Suisse en 2006, où il affirme économiser 2,3 millions d'euros d'impôts par an, ne partagent pas ses opinions, notamment sur l'Europe.

    LA MANIPULATION IDÉOLOGIQUE DES "THINK TANKS"
    Des voix se sont également élevées pour remettre à leur place les "think tanks". En fait d'experts indépendants qui expriment des avis argumentes, raisonnables et neutres, les membres de ces instituts sont des idéologues excessifs et intolérants, représentants de la pensée unique la plus conventionnelle. Leur priorité, leur rôle étant de déconsidérer et de faire passer pour des imbéciles ceux qui présentent dans leur programme la volonté de sortir de l'euro pour revenir au franc. Mme Le Pen et, dans une moindre mesure, Nicolas Dupont-Aignan étant la cible privilégiée et quasiment unique de leurs critiques. C'est, bien sûr, l'axe d'attaque autant du PS que de l'UMP à leur égard, comme si le bilan de l'économie française (dette, chômage, pauvreté, défit commercial) autorisaient leurs membres à plastronner, mais également des média et de journalistes qui s'autoproclament économistes, mais qui en réalité, comme des perroquets, sont la voix de leurs maîtres.
    Par exemple, sur le site LePoint.fr, le 4 février dernier, on pouvait lire sous le titre : Marine Le Pen, l'erreur économique, les commentaires suivants : « Marine Le Pen ferait sortir la France de l'OMC et de l'Union européenne, qui interdit d'augmenter sans discernement les droits de douane et de le faire à l'échelle nationale uniquement. Pas seulement par idéologie, (sic !) mais pour éviter que les autres pays ne prennent des mesures de rétorsion [....]. Ensuite le retour au franc. Dans l'esprit de Marine Le Pen, cela redonnerait de la compétitivité à la France par la dévaluation. Mais à quel prix ? (sic, on ne le saura pas, car le journaliste n'en sait rien). La candidate précise bien qu'il ne peut s'agir que d'une sortie de l'euro concertée avec les partenaires européens. Encore faut-il les convaincre de laisser tomber ce qu'ils ont eux-mêmes bâti : une monnaie qui réduit les coûts des échanges européens. (Où a-t-il été chercher ça ? L'euro "fort" a détruit ou affaibli l'industrie française et italienne au profit de l'Allemagne). Si l'euro disparaissait,  les entreprises étrangères, qui ont créé 30 000 emplois dans le pays en 2010, n'auraient plus forcément envie (sic) défaire de l'Hexagone leur porte d'entrée sur le marché européen [...]. À supposer que Marine Le Pen fasse preuve de persuasion et que la dette française soit convertie en francs, cela générerait une dépréciation de la monnaie de près de 10 % (selon les chiffres du FN). Avec, à la clé, de l'inflation importée [...]. Les gains attendus à l'exportation seraient donc plus que compensés par l'explosion du prix des importations. Les salariés réclameraient à cor et à cri des hausses de salaire, enclenchant par là même une spirale inflationniste destructrice pour la croissance. Les marchés craindraient, à tort ou à raison (sic !), de ne jamais être remboursés et fuiraient les titres de dette française. Marine Le Pen serait bien en peine de trouver les quelque180 milliards d'euros par an que la France emprunte chaque année sur les marchés pour refinancer sa dette et combler le déficit budgétaire. Les taux d'intérêt réclamés exploseraient et pousseraient la France au défaut de paiement pur et simple.
(Quel visionnaire, ce journaliste !) Alors, Marine Le Pen pense avoir trouvé une seconde parade : obliger la Banque de France à financer l'État à hauteur de 100 milliards d'euros par an pour se libérer enfin des marchés financiers et des intérêts qu'ils réclament. Ce qui revient à faire marcher la planche à billets et à renforcer la spirale inflationniste, avec le risque de faire du franc une monnaie de singe. » On appréciera la conclusion de cet article : « Car l'euro est une monnaie crédible, grâce à la lutte contre l'inflation poursuivie depuis des années par la BCE. Il en serait tout autrement pour le nouveau franc piloté par Marine Le Pen. » La BCE dont Charles Gave souligne la nuisance.
    Ce journaliste du Point a pris à son compte les excès de l'Institut Montaigne qui s'est décrédibilisé en publiant il y a quelques semaines une étude économique selon laquelle la sortie de l'euro serait une catastrophe. Un million d'emplois perdus - cela a été fait depuis 2007, sans sortir de l'euro - ; de 6 à 19 points de PIB en moins ; 500 milliards de dollars dilapidés... Sans rien démontrer. De "vrais" experts étrangers pensent au contraire que la France serait peu affectée, et même qu'elle en tirerait avantage. Voilà une manipulation, une fantaisie, une outrance reprise en boucle par les politiques, les média, les journalistes, les économistes aux ordres.
    Mais en ce qui nous concerne, sortir de l'Union européenne, abandonner l'euro, revenir au franc, redonner à la Banque de France, sous le contrôle des politiques - on parie sur leur compétence, leur indépendance, leur patriotisme - le pouvoir de créer de la monnaie en limitant toutefois l'inflation, et retrouver le privilège qui lui a été retiré en 1973 de prêter à l'État à taux nul ou faible pour les besoins des investissements de la nation, voilà le programme national garant de l'indépendance, de la souveraineté et de la prospérité de la France et des Français, qu'il faut promouvoir et appliquer.
    Pierre PERALDI Rivarol du 10 février 2012

  • Aux sources de l’islamisme allemand contemporain

    L’islamisme allemand contemporain trouve ses racines chez les volontaires musulmans levés contre l’URSS de Staline
    Depuis un discours controversé du Président fédéral Wulff, on discute de plus en plus intensément en Allemagne pour savoir si l’islam est propre à ce pays ou non. Les débatteurs ne sont à l’unisson que sur un point: l’islam est désormais présent en terre germanique. La même remarque vaut pour l’islamisme. Ce qui conduit tout naturellement à la question: comment l’islamisme est-il arrivé en Allemagne ?
    Vu l’immigration de plusieurs millions de Turcs musulmans, on peut supposer que l’islamisme présent aujourd’hui en terre allemande provient de cette vague migratoire. Toutefois, on doit bien constater que l’infiltration initiale d’un islamisme en Allemagne n’est pas un effet de l’immigration, après 1945, de travailleurs de confession musulmane. Deux livres publiés récemment le démontrent:
    Stefan MEINING,
    Eine Moschee in Deutschland. Nazis, Geheimdienste und der Aufstieg des politischen Islam im Westen, Verlag C. H. Beck, München, 2011, 316 pages, 19,95 euro.
    &
    Ian JOHNSON,
    Die vierte Moschee. Nazis, CIA und der islamische Fundamentalismus, Verlag Klett-Cotta, Stuttgart, 2011, 360 pages, 22,95 euro.
    Ces deux livres sont parus quasi simultanément, leurs titres se ressemblent fort et leurs couvertures également: ce qui pourrait faire penser à une action concertée. Cependant, à la lecture, on s’aperçoit quand même qu’il s’agit d’un hasard.
    Les deux ouvrages décrivent le même phénomène. Stefan Meining, rédacteur du magazine politique “Report München”, dépendant de l’ARD, se concentre sur la responsabilité des services allemands dans l’émergence de l’islamisme, tandis que Ian Johnson, Prix Pulitzer, met surtout l’accent sur celle des services secrets américains. La lecture de ces deux ouvrages nous donne une belle image d’ensemble et nous permet de constater, en plus, que l’islamophilie peut prendre de multiples visages. La direction nationale-socialiste —rien moins!— fut la première a faire venir délibérément en Allemagne des représentants de la haute hiérarchie de l’islam politique, à commencer par Hadj Mohammed Amin al-Husseini, Grand Mufti de Jérusalem et chef religieux de la communauté musulmane de Palestine. Le motif de cette démarche se trouve dans la ferme résolution de Hitler lui-même, de son Ministre des affaires de l’Est Alfred Rosenberg, ainsi que des chefs de la Wehrmacht et de la Waffen-SS, d’utiliser et d’engager l’islam comme arme secrète contre l’URSS. Dans le cadre de cette politique, plusieurs centaines de milliers de musulmans du Caucase et d’Asie centrale ont été, jusqu’en 1945, enrôlés dans des unités de volontaires comme la “Division SS musulmane Nouveau Turkestan”. Ces unités avaient tout naturellement besoin d’un accompagnement politique et religieux.
    La plupart de ces légionnaires musulmans, qui ont eu la chance, après la défaite de l’Allemagne, de ne pas avoir été rapatriés de force et d’avoir ainsi échapper à la mort par fusillade, se sont installés à Munich et ses environs. Parmi eux: quelques imams qui avaient auparavant servi dans les unités de la Wehrmacht ou de la Waffen-SS. Trois cents de ces “oubliés” fondèrent en 1953 la “Religiöse Gemeinschaft Islam” (“Communauté religieuse islamique”). Dès ce moment, le jeu a repris car le gouvernement fédéral allemand avait, lui aussi, l’intention d’utiliser à son profit les émigrants de confession musulmane. L’acteur principal de cette politique, côté allemand, fut le “Ministère fédéral des expulsés, réfugiés et victimes de la guerre”. A cette époque-là, ce ministère était placé sous la houlette de Theodor Oberländer (membre du parti “Gesamtdeutscher Block”/”Bund der Heimatvertriebenen und Entrechten” – “Bloc pour toute l’Allemagne”/”Ligue des Expulsés et Spoliés”). Pendant la guerre, Oberländer avait été le commandeur d’une unité spéciale de la Wehrmacht, la “Bergmann”, au sein de laquelle servaient d’assez nombreux volontaires musulmans venus du Caucase. L’objectif d’Oberländer était d’utiliser la “Religiöse Gemeinschaft Islam” pour faire éclater l’Union Soviétique en provoquant une révolte généralisée des peuples non russes, ce qui aurait entraîné, comme effet second, la réunification de l’Allemagne dans les frontières de 1937. C’est la raison pour laquelle, par l’entremise d’Oberländer, l’association musulmane de Munich a reçu le soutien financier du gouvernement fédéral allemand.

    L’islam politique a été une arme pendant la Guerre Froide
    Parallèlement aux tentatives ouest-allemandes d’enrôler l’association musulmane de Bavière, la CIA, et son organisation satellite, l’AMCOMLIB (“American Committee for Liberation from Bolshevism”) commencent, elles aussi, à s’intéresser aux exilés ex-soviétiques et musulmans de Munich et de sa grande banlieue. Or les Américains paient beaucoup mieux que les Allemands: les membres de la “Communauté Religieuse Musulmane”, fixés à Munich, vont progressivement se faire recruter pour agir dans le cadre de la guerre psychologique menée par les Etats-Unis. Ils vont commencer par une collaboration au micro de “Radio Liberty” où ils vitupèreront contre la politique soviétique à l’égard des nationalités et de la religion islamique. L’islam politique allemand s’est donc transformé en un instrument américain dans la Guerre Froide, chargé de “tordre le cou” au communisme athée, avec, pour corollaire, d’amener à une révision générale des conséquences de la seconde guerre mondiale.
    Les ex-légionnaires anti-soviétiques, qui se laisseront embrigader dans les services allemands ou américains, ne se présenteront pas, à l’époque, comme des fondamentalistes musulmans, à l’instar de ceux que nous connaissons aujourd’hui: ces anciens soldats de la Wehrmacht ou de la Waffen-SS s’étaient assimilés au mode de vie allemand; ils aimaient boire de l’alcool et se livrer à de joyeuses libations; leurs femmes et leurs filles ignoraient délibérément les prescriptions vestimentaires islamiques; toutes les autres consignes religieuses n’étaient pas davantage prises au pied de la lettre. Chose curieuse et digne d’être rappelée: c’est justement cette liberté par rapport aux prescrits rigoureux de la religion musulmane qui va provoquer une mutation décisive de la situation. Elle a eu lieu à l’occasion de la première “conférence islamique d’Allemagne”, tenue le 26 décembre 1958 dans la salle paroissiale catholique Saint-Paul à Munich.
    Lors de cette manifestation, pour la première fois, des étudiants très croyants et très rigoristes, venus des pays arabes, rencontrent les émigrés issus des régions islamisées de l’URSS. Au départ, il n’y a pas de confrontation directe entre les deux groupes: tous s’accordent pour que soit réalisé un premier objectif, celui de construire un lieu central de prière à Munich. Pour y parvenir, ils créent au début du mois de mars de l’année 1960, une “Commission pour la Construction de la Mosquée”. Le directeur de cette commission, que les participants ont élu, n’était pas un ancien légionnaire issu du Turkestan ou du Caucase mais l’Egyptien Said Ramadan, figure de proue du mouvement des “Frères musulmans” qui était aussi, à l’époque, secrétaire général du “Congrès islamique mondial”. La raison principale qui a justifié l’élection de Said Ramadan fut qu’on espérait qu’il ramènerait des subsides en provenance des pays arabes pour la construction de l’édifice religieux. C’est ce qu’il fit. Mais, simultanément, il entama une campagne de dénigrement des anciens légionnaires des armées allemandes, parce que leur mode de vie n’était plus “pur”, ce qui conduisit à leur marginalisation totale.
    Au bout de ce processus d’éviction, qui se situe en mars 1962, les protagonistes arabes d’une interprétation pseudo-traditionaliste et rigide de l’islam ont pris le contrôle de la Commission, qui, quelques mois plus tard, allait se dénommer “Islamische Gemeinschaft in Süddeutschland” (“Communauté Islamique d’Allemagne du Sud”). Depuis le 4 décembre 1982, elle s’appelle, en bout de course, “Islamische Gemeinschaft in Deutschland”. Depuis lors, l’organisation établie à Munich a servi de plaque tournante à un réseau islamiste qui n’a cessé de croître à la manière d’un rhizome sur tout le territoire de la République fédérale, sans que les autorités allemandes ne s’en alarment outre mesure.
    Celles-ci n’ont montré de l’intérêt pour ce réseau qu’à partir du 11 septembre 2001, lorsque le troisième président en fonction, le Syrien Ghaleb Himmat, fut soupçonné de terrorisme: d’après les renseignements fournis par le “Financial Crimes Enforcement Network”, une instance dépendant du Ministère américain des finances, il aurait fonctionné comme fournisseur de fonds pour al-Qaïda.
    Wolfgang KAUFMANN.
    (article paru dans “Junge Freiheit”, Berlin, n°35/2011; http://www.jungefreiheit.de ).
    par R.Steuckers

  • Pourquoi le Québec, l’Écosse, la Flandre et la Catalogne ne seraient-ils pas indépendants…

    C’est quand même Charles de Gaulle (ex-président français) qui s’est exclamé le 24 juillet 1967 à l’hôtel de ville de Montréal : « Vive le Québec libre ! »
    C’est aussi la communauté internationale qui a immédiatement reconnu l’indépendance du Monténégro après le référendum de mai 2006 et cela, selon le principe de l’autodétermination des peuples à disposer d’eux-mêmes.
     Que l’on se rappelle aussi en France du référendum le 8 février 1962 qui accorda l’indépendance à l’Algérie…
     Quant au Kosovo, partie de la Serbie depuis le XIIème siècle, il s’est proclamé unilatéralement indépendant le 17 février 2008 et a été légitimé par plusieurs États de l’Union européenne, dont la France, et par de nombreux autres États comme les USA.
    Ce pays, de 11.000 km2 et de 2,2 millions d’habitants aurait-il plus d’influence ou de poids économique que la Catalogne (32.000 km2 et 7,3 millions d’habitants), que la Flandre (13.000 km2 et 6,7 millions d’habitants) ou que le Québec (1.600.000 km2 et 8 millions d’habitants).
    Et ne parlons pas du PIB par habitant ! Kosovo = 2.700€ ; Monténégro = 3.000€ ; Malte = 20.000€ ; Québec = 26.000€ ; Ecosse = 28.000€ ; Catalogne = 31.000€ ; Flandre = 33.000€.
    Pourquoi encore refuser aux uns ce que l’on a accordé aux autres ?
    Ces régions qui aspirent à leur autonomie totale seraient-elles vouées aux abîmes si elles proclamaient leur souveraineté ?
    Est-ce que la désolation, la récession et les faillites ravageraient ces contrées dès leur indépendance ?
    Pourra-t-on encore longtemps affirmer que l’Écosse, la Catalogne, la Flandre ou le Québec n’ont aucune raison de se séparer d’un État centralisateur et omnipotent ? Que ces nations auraient moins de justification d’exister que des pays comme Malte, la Slovénie, la Macédoine ou le Monténégro ?

    Assez d’hypocrisie : les Flamands, les Écossais, les Québécois et les Catalans méritent eux aussi leur souveraineté !

    http://www.francepresseinfos.com/

  • Le désert rural a bien été planifié par les Chambres d'Agriculture

    L'intervention, au dernier congrès de la Coordination Rurale, de François Lucas, son ancien président et aujourd'hui son vice-président, mérite une attention particulière. Il présenta en effet l'essentiel d'un rapport commandé par le ministère du Plan en 1988, peu diffusé par ses auteurs, et que des manifestants de la Coordination découvrirent lors d'une occupation un peu musclée des locaux de l'APC A, en septembre 1992. Pour Lucas s'y trouve développé en fait « le volet agricole du Xe Plan 1989/1992 » avec les lignes de force de ce qui deviendra la sinistre Politique Agricole Commune. Dans un premier temps le rapport fut transmis par le gouvernement français au Commissaire européen à l'Agriculture, Ray Me Sharry, lequel l'imposa aux autres pays européens pour en faire la PAC 1992. « Ses auteurs, explique-t-il, sont un agglomérat de hauts fonctionnaires de l'Agriculture et de très hauts dignitaires du syndicalisme agricole et de ses épiceries : Mutualité, Crédit Agricole, ANIA (Association nationale des Industries Alimentaires) etc. », avec en maître d'œuvre l'APC A, organe directeur des Chambres d'Agriculture, et son président d'alors, Louis Perrin. « Parmi ces personnalités, déguisées en agriculteurs, on trouve : Luc Guyau, ancien président de la FNSEA puis de l'APC A, actuel directeur du conseil de la FAO. Philippe Mangin, président du syndicat mastodonte qui représente les coopératives agricoles de France. Henri Jouve, président d'une des principales MSA, celle d'ArdècheIDrôme/Loire. Etc. »
    Ce rapport, « privilégiant par-dessus tout le choix d'une agriculture orientée vers le marché », aboutit le 23 décembre 1988 sur le bureau du ministre au Plan Lionel Stoléru, ancien président de la Chambre de Commerce France/Israël. On doit déjà à cet apparatchik UDF de triste mémoire les lois qui ouvrirent la France au déferlement migratoire, lorsque, entre 1978 et 1981 il était en charge du ministère des Travailleurs manuels et immigrés dans le gouvernement Barre 3.
    Ces lignes de force expliquent évidemment l'effondrement - planifié - d'une agriculture qui jusqu'à ce que l'Europe apparaisse avait été florissante.
    Parmi les plus décisives, celle qui consista à faire de « l'agrandissement des propriétés nécessaires à la compétitivité une nécessité », fut sans doute la plus nocive. Vingt-cinq ans plus tard et un millions de paysans en moins, elle est toujours d'actualité.
    Affirmant que les 2 ou 3 principaux pays producteurs suffiraient, à l'horizon 2000, pour nourrir l'ensemble de la population européenne, les auteurs du rapport, rappelons le, placés sous la tutelle des Chambres d'Agriculture, brandirent la menace d'une surproduction impliquant la nécessité structurelle d'exporter ainsi que celle de satisfaire les Industries Agro-Alimentaires (IAA) au risque que celles-ci n'aillent s'approvisionner ailleurs. On voit donc clairement esquissé le schéma global qui, un quart de siècle plus tard, a délibérément enchaîné les agriculteurs résiduels aux géants multinationaux et à la mondialisation agro-alimentaire placée sous le signe des exportations généralisées.
    La chose est d'autant plus scandaleuse, et François Lucas le fait très justement observer, que « la soi-disant surproduction européenne n'est qu'un excédent d'importations. L'Europe des Douze de cette époque-là manque de 7 millions d'hectares pour pouvoir être auto-suffisante ».
    D'où cette affirmation figurant dans le Rapport en page 53, à la fois aberrante et
    criminelle, surtout avec le recul des 25 dernières années : « L'Uruguay Round - qui précéda la dévastatrice OMC -,est à la fois une chance à saisir et un défi à relever si on veut mettre fin aux déséquilibres des marchés, abandonner une guerre commerciale stérile et asseoir l'avenir de l'agriculture sur des bases solides ». Bien entendu ces trois affirmations sont parfaitement oiseuses et ne sont que le résultat de la détestable politique mondialiste poursuivie depuis des décennies par les Eurocrates. Ce que souligne Lucas dans un commentaire judicieux : « Il faut se souvenir que, le 20 septembre 1986, François Guillaume, ministre de l'Agriculture et ex-président de la FNSEA a signé les Accords de Punta del Este qui lancent cet Uruguay Round responsable de tous nos maux ». On ajoutera ici que Guillaume, tiers-Mondiste et mondialiste actif, fut pendant 14 ans député gaulliste et haut responsable RPR, parti auquel il avait rigoureusement inféodé la FNSEA. Mais lui n'hésita pas, lorsque, à l'occasion des législatives de 1997, il fut très menacé sur sa gauche, à se rapprocher du Front National.
    François Lucas ne manque jamais une occasion de proclamer bien fort qu'il n'a pas les mêmes valeurs que le Front National. Espère-t-il rallier ainsi les suffrages, dont il a grandement besoin, d'électeurs qui pensent très exactement le contraire de ce qu'il dit ?
    Et c'est bien dommage parce qu'une partie de son discours ne peut que ravir la majorité des paysans. Surtout lorsqu'il martèle que « le credo des auteurs de ce rapport, c'est celui d'une agriculture compétitive qui ne retrouvera une raison d'exister que lorsqu'elle saura produire que le moins cher. En embrassant le mythe de la vocation exportatrice de l'agriculture européenne, ils ont empoisonné notre métier ». Nous ne pourrions mieux dire.
    P. A. Rivarol du 11 janvier 2013

  • Italie: pour Beppe Grillo, « Casapound, ça vaut mieux que Monti ! »

    ROME (NOVOpress) – Scandale en Italie après les déclarations de Beppe Grillo (photo), le très médiatique leader du mouvement « 5 Stelle »( 5 étoiles) parti populiste et « anti-système » qui occupe une place croissante dans la vie politique italienne.

    L’ancien comédien a en effet déclaré que « Casapound, ça vaut mieux que Monti » et que « un militant de Casapound pouvait entrer à 5 Stelle ».

     

    Ces phrases ont été prononcées à l’occasion d’un débat improvisé avec Simone Di Stefano le candidat de Casapound pour les élections régionales dans le Lazio. Les deux hommes politiques se sont en effet croisés devant le tribunal de Rome à l’occasion du dépôt des logos de leurs mouvements respectifs en vue de la campagne électorale.

    Au milieu des militants des deux mouvements et de nombreux journalistes, Beppe Grillo a également refusé de se définir comme « antifasciste » arguant que « c’était une problématique  qui ne l’intéressait pas ».

    Des propos qui ont immédiatement déclenché l’ire de l’extrême-gauche italienne dénonçant rageusement la « complaisance » de Beppe Grillo envers les « fascistes du troisième millénaire ».

    http://fr.novopress.info

  • Nigel Farage: l'euro est une dictature rampante et émergente.

  • L’Europe face à une vague de pauvreté généralisée

    Un Européen sur quatre est menacé de pauvreté ou d’exclusion sociale. Ce taux est en augmentation depuis l’année dernière. La crise, l’austérité mais aussi la flexibilisation du marché du travail figurent parmi les cause principales de l’aggravation de la situation.

     

    La pauvreté augmente en Europe. Près du quart de la population de l’Union européenne était menacée d’exclusion sociale en 2011. Ce sont les derniers chiffres de l’agence européenne de statistiques, Eurostat, datés de ce mois de décembre. Le taux de pauvreté a augmenté d’un point par rapport à 2010 et 120 millions d’Européens sont menacés aujourd’hui.

     

    Disparité entre les Etats

    L’indigence ne touche pas tous les Etats européens de la même manière. Les plus fortes proportions de population menacée se trouvent en Bulgarie avec 49%, puis en Roumanie et Lettonie avec 40%. La Grèce, violemment frappée par la crise arrive ensuite avec 31%. Les plus préservés sont la République tchèque, la Suède et les Pays-Bas. La France reste au milieu du classement avec 19,3% de sa population qui risque l’exclusion. Un chiffre stable par rapport à l’année précédente.

    « Pour 8 à 9% de la population, il y a un risque de privation matérielle sévère. Et 10% restent exclus du travail. C’est à dire qu’ils travaillent moins de 20% de leur temps. C’est une situation nouvelle, due à la crise et qui frappe dûrement les populations européennes. La crise crée des situations de pauvreté et notamment de chômage. Pratiquement 25 millions de chômeurs sont dans l’Union européenne. Et dans des pays très frappés par la crise comme la Grèce ou l’Espagne, le chômage atteint parfois les 40% et frappe tout spécialement les jeunes », explique Jean Dominique Giuliani, président de la fondation Robert-Schuman.

    Quand austérité rime avec pauvreté

    Et pour ces pays du sud de l’Europe, la situation devient extrêmement difficile. Beaucoup de familles ont du mal à joindre les deux bouts et les populations se plaignent de l’austérité tant prônée par l’Europe et la troïka (FMI, Commission et Banque centrale européennes)

    Fortement touché par la crise de la dette, le Portugal, par exemple, a enchaîné les plans d’austérité : réduction des salaires de la fonction publique, des retraites, augmentation des impôts directs et indirects. Et dans le même temps, le gouvernement a réduit ses dépenses sociales avec la diminution des indemnités de chômage, ou du revenu minimum qui tourne aujourd’hui autour des 600 euros.

    « La classe moyenne est très touchée et ces réductions de revenus frappent plus particulièrement les populations les plus vulnérables comme les familles monoparentales et les retraités. Mais il y a aussi une augmentation de la pauvreté auprès des travailleurs. On le voit beaucoup à travers les réseaux de solidarité comme les églises qui nous disent qu’il y a un nombre croissant de personnes et de familles qui cherchent des aides alimentaires ou scolaires… », témoigne Paula Bernardo, secrétaire générale adjointe du syndicat Union général pour les travailleurs.

    Grâce à sa politique d’austérité, le déficit portugais s’est réduit et atteint aujourd’hui 5,6% du produit intérieur brut (PIB) contre 6,7% l’année dernière. Mais l’objectif fixé par les bailleurs de fonds était de 5% en 2012, puis 4% l’année suivante. L’effort des Portugais semble encore loin d’être terminé.

    Les limites de la flexibilité

    L’austérité n’est pas le seul facteur de pauvreté. En témoigne la hausse radicale de la paupérisation en Allemagne. Ce pays souffre moins de la crise que l’Espagne, la Grèce ou le Portugal. Son taux de chômage reste nettement inférieur à celui de la France. Et pourtant, le taux de pauvreté allemand est supérieur. En ascension depuis 2005, il culmine aujourd’hui à près de 20%.

    Les lois Hartz, mises en place en 2005 pour lutter contre le chômage, ont fortement flexibilisé le marché du travail. Mais elles ont aussi paupérisé les chômeurs et les travailleurs fragiles. « Il n’y a pas de Smic en Allemagne. Le pays a fait de gros efforts de modération salariale. Entre le mileu des années 90 à 2005, la croissance des salaires allemands a été inférieure d’1% par rapport à celle de la France et s’est en plus accompagnée d’une augmentation des inégalités salariales. Depuis 2005, la situation s’est dégradée avec la baisse des indemnités chômage. Donc, même si le chômage a beaucoup baissé en Allemagne, le taux de pauvreté des chômeurs, lui, a beaucoup augmenté », analyse Guillaume Allègre, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques.

    67% des chômeurs allemands sont pauvres contre 37% en France. Aujourd’hui, l’Allemagne perçoit les limites de son modèle récent, fondé sur le développement d’une économie à bas salaires et aux emplois à faible coût, appelés là-bas mini-jobs. Plus de 7 millions d’Allemands disposent d’un mini-job, payé 400 euros par mois. Certains en cumulent plusieurs, d’autres les utilisent pour arrondir leurs fins de mois en complément d’un autre emploi principal. Mais jeunes, femmes et retraités restent les principaux bénéficiaires de ces contrats. « Le problème c’est aussi que la population allemande est vieillissante et qu’elle aura de plus en plus besoin d’aides sociales. Si le pays continue sur cette voie, bientôt on ne parlera plus du succès du modèle allemand mais de son échec », ajoute Guillaume Allègre.

    Les questions sociales devraient donc rester au coeur des préoccupations de l’Union européenne. Pourtant, les Etats membres divergent toujours sur le maintien de l’enveloppe consacrée à l’aide alimentaire européenne dans le budget 2014-2020.

    Rfi  http://fortune.fdesouche.com