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05/08/2017

On en a pour cinq ans... au moins !

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Que faire avec la victoire inattendue d’Emmanuel Macron ? Comment la contestation de cette autorité, qui se veut décomplexée, peut-elle s’organiser ?

L’actualité politique a quelque chose de surréaliste et d'inquiétant quand on ne veut pas voir - à travers une analyse et des analogies historiques par exemple - que ce qui est en train de se passer n'est pas neuf. La nouvelle majorité macronienne représente simplement l'immense prestige du Marché et de ce qui touche au Marché dans les esprits. Il y a une explication au grand chambardement politique que je n'ai vu nulle part exprimée, sans doute parce qu'elle est trop simple, mais que je ne résiste pas à vous donner Auri sacra famés disaient les vieux Romains. Nous sommes tous fascinés par l'or et par ceux qui sont censés y toucher. DSK, en 2012, était donné vainqueur à 70 % des suffrages, avant que, sa popularité financière lui montant aux organes, il ne « s'amuse » à trousser une femme de chambre dans un hôtel new-yorkais. Macron n'a pas le côté obscur, le côté vieux satyre de DSK, ce côté obscur de la force, qui, avant son écart contre la pauvre Nafissatou, avait pu contribuer, pour une part inconsciente, à la popularité de l'ancien patron du FMI. Mais chez notre président jupitérien le côté « premier de classe chez les riches » a renforcé sa bonne étoile électorale ancien de la Banque Rotschild (voilà le sésame), il serait bien capable de tous nous enrichir (voilà le calcul). Il va « faire bouger les choses » et nous deviendrons tous riches. Et voilà la philosophie simple et efficace de tous les Marcheurs, même s'ils cherchent parfois à l'emballer plus joliment. Voilà en tout cas « l'opportunité » qui a permis à Emmanuel Macron de faire marcher les marcheurs et de l'emporter haut la main dans la compétition présidentielle. Voilà enfin qui a ouvert à son Parti, la République en marche, les portes de l'élection, en faisant élire des cruches avérées avec des scores de vedette.

Autour du Veau d'or

Cette naïveté face à l'Argent roi, elle est aussi chez les Américains élisant Trump le milliardaire, mais on ne la trouve jamais en Angleterre, parce que les Anglais savent trop bien, au cours de leur longue histoire, de quel esclavage l'Argent peut être le signe. En revanche, cette naïveté se trouve fréquemment chez les Latins, moins experts en métal jaune. Dans notre histoire de France, on entend encore le cri de Guizot « Enrichissez-vous », La monarchie censitaire louis-philipparde n'était pas assez poétique pour nos concitoyens. On l'a donc envoyé promener après dix-huit ans de loyaux services (1830-1848). Encore quelques années de fièvre républicaine, au cours desquelles les Français se seront donné des sensations en plantant partout sur le territoire des arbres de la liberté et en dansant autour, avec l'impression de la Fraternité retrouvée.. C'est finalement, dès 1851, Napoléon III qui siffle la fin de la récréation. Son refrain est le même que celui de Guizot « Enrichissez-vous ! ». Pendant presque 20 ans, l'Empereur tint les Français en haleine avec cette simple rengaine. Il est vrai d'ailleurs qu'il aura notablement enrichi son pays et que cette période de prospérité conservatrice aurait pu durer plus longtemps si le neveu de Bonaparte ne s'était pas pris pour un chef de guerre.

Il y a un autre épisode important dans l'histoire des riches en France, c'est le septennat de Valéry Giscard d'Estaing, entre 1974 et 1981. Ministre des Finances du général de Gaulle, il avait parfaitement compris que le temps béni des années 60 pouvait voir s'épanouir une nouvelle technocratie française et européenne, qui romprait en visière avec la politique trop nationale et trop personnelle du Général. Non sans raison, VGE se voyait rassemblant autour de lui « deux Français sur trois » selon le titre de son ouvrage programmatique. Le pire, c'est qu'il avait raison ce n'était pas impossible de rassembler deux Français sur trois autour du vieux slogan jamais mort Enrichissez-vous ! Le problème ? Qu'est-ce qui n'a pas marché ? Il me semble que c'est moins le snobisme de Valéry, qui aurait été répulsif, que son manque d'autorité. Il cultivait ostensiblement la volonté de se mettre sur le même plan que ceux qu'il devait gouverner, la maladresse avec laquelle il voulut jouer, avant l'heure, le rôle de président normal le perdit.

Emmanuel Macron ne veut pas apparaître lui, comme un Président normal. Un président people, peut-être, mais pas de confidences en série. Il a compris que le libéralisme qu'il a réussi à incarner, avait avant tout besoin d'autorité. Quelle autorité ? François Hoffman nous l'explique dans ce numéro, le président se déclare en faveur de la légalisation de l'état d'urgence, bientôt votée au Parlement. Il s'agit de faire entrer dans la loi ordinaire des mesures exceptionnelles que l’on avait prises en urgence pour se protéger du terrorisme. Le contrôle social - renseignement et intrusions dans la vie privée - va donc continuer à marquer nos vies quotidiennes de son emprise, que ce soit sur Internet ou dans les mille vérifications administratives auxquelles nous sommes astreints. Ce contrôle, mis en place par des technos, au fond des ministères, dont les ministres sont souvent des potiches inexpérimentées, reste en réalité parfaitement anonyme. Il ne peut être l'objet de revendications populaires, tant il est abstrait. Les progrès vertigineux de la technique et de la communication le rendent de plus en plus précis, comme ont pu s'en rendre compte à leurs dépens quatre membres du gouvernement Philippe I, qui ont dû démissionner en catastrophe, malgré qu'ils en aient eu.

La panoplie du Président

Ce contrôle social, dont chacun fait les frais d'une manière ou d'une autre, n'est pas la seule arme dans la panoplie du président jupitérien. Il est prêt à montrer son autorité, à engager sa personne pour telle cause, qu'il aura jugé importante. Particulièrement significative à cet égard, me semble être la nomination de Jean-Michel Blanquer. Ce juriste, ce haut-fonctionnaire, cet ancien recteur d'Académie n'est pas un techno comme les autres. Il a affaire en revanche à une administration qu'il connaît bien et que l'un de ses prédécesseurs avait appelé le Mammouth, se faisant fort de le dégraisser. Avec lui, selon la volonté du président, l'égalité dans la médiocrité n'est plus l'objectif premier à imposer au forceps, l'excellence redevient un objectif de l'Éducation nationale, non seulement l'excellence des classes bi-langues d'ailleurs, mais, ce qui est tout de même plus problématique encore, la culture, et la culture traditionnelle, celle que donne le latin et le grec (dont on va rétablir l'enseignement en dehors des sinistres EPI, actuellement prévues, ces unités d'enseignement ludiques et transdisciplinaires, imposées par Najat Belkacem). Qu'a pu faire le ministre en cinq semaines ? « On veut beaucoup travailler, avec la ministre de la culture [Françoise Nyssen, fondatrice des éditions Acte sud] sur la question du livre, la lecture c'est fondamental ». Ce souci ne reste pas purement verbal. Jean-Michel Blanquer, dans Le Parisien, fait l'éloge des Fables de La Fontaine « Elles nous disent quelque chose de la vie et elles sont éternelles ». Il ne s'agit pas d'en rester à un éloge qui demeurerait abstrait. Le ministre à décidé d'offrir les Fables de La Fontaine aux 150 000 élèves de CM2 dont s'occupe et que gère l'Éducation nationale (ils sont en réalité 700 000). Le geste a vraiment quelque chose de rafraîchissant. L'autorité peut (et doit) être mise au service de l'essentiel. Lorsque je dis que le Président Macron a compris la nécessité d'une autorité qu'il se déclare prêt à incarner, cela signifie, même dans des choses qui sont encore de l'ordre du symbole, une forme d'efficacité que nous n'avions pas observée depuis longtemps. Cette autorité neuve, toute libérale en son fond, ne nous dépêchons pas de la juger. Elle pourrait bien apporter à la France ces réformes que l'Allemagne a faite depuis dix ans et que nous n'avons toujours pas été capables de mettre en route. Hervé Bizien nous dit ici ce qu'il en est à propos de la fameuse loi travail, à nouveau sur le métier et que l'on n'appellera plus la loi El Khomri (après la cinglante défaite électorale de la donzelle dans le XVIIIe arrondissement de Paris), mais que l'on pourra nommer, pourquoi pas, de son vrai nom la loi Macron.

Pour une véritable opposition

Faut-il devenir macroniste pour autant ? Il importe au contraire, étant donné l'efficacité d'Emmanuel Macron, et parce qu'à l'évidence il ne fera pas que du mauvais en économie, de construire une véritable opposition antilibérale et civilisationnelle. Jean-Luc Mélenchon a tonitrué que l'opposition, c'était lui. Il n'est pas sûr qu'il parvienne à ses fins, tant ses réflexes de conducator d'extrême gauche sont encore bien présents. Il n'est pas sûr, par exemple, qu'une opposition systématique à toute simplification du Code du travail soit de bonne méthode pour incarner l'esprit de l'opposition anti-libérale auprès des Français. En outre, la présence parmi les députés « France insoumise » de Danielle Obono, cette française d'origine gabonaise, proche des indigènes de la République, qui vient de refuser à Alain Marschall sur RMC de dire « Vive la France », montre bien que le Parti de Jean-Luc Mélenchon n'en a pas fini avec la marginalité « Pourquoi vive la France ? Pourquoi ? Vous voulez que je me mette au garde à vous et que je chante la Marseillaise. Je ne me lève pas le matin en disant Vive la France. Vive la démocratie, oui... »

L'opposition sera donc nécessairement une opposition de droite. Inutile d'aller la chercher chez les Républicains, vu l'état de guerre interne dans lequel ils se trouvent enfermés. La guerre des chefs est telle que, parce que personne ne veut rouler pour personne, tous, sans doute, deviendront macron-compatibles, ou, comme on dit, « constructifs », au-delà des chiffres actuels du groupe parlementaire. Au Front national, la brillante élection de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont lui donne le bol d'air dont elle avait besoin pour survivre politiquement. Mais sa prestation catastrophique, lors du débat de la présidentielle, semble lui fermer tout destin national. On en est donc réduit à des incantations. Il faut que la droite renaisse et des Républicains et du Front national, nous expliquait Guillaume Bernard dans le dernier numéro. Il semble en tout cas que le nouveau Palais Bourbon, où les pointures ne sont pas légion, puisse être un espace dans lequel la contestation démocratique de quelques-uns, face à un autoritarisme libéral prévisible, puisse se faire entendre. Mais la Chambre des députés sert-elle encore la démocratie en France ? Une chose est sûre il y aura une opposition à Macron, elle ne sera pas de gauche étant donné le décès du PS. Elle sera antilibérale. Nous contribuerons à la penser pour la rendre audible.

Alain Hasso monde&vie 29 juin 2017

Zoom d’été : A la rencontre de Julien Rochedy

Loi de moralinisation

Une excellente tribune publiée dans Causeur le 

Si quelqu’un veut instaurer une dictature en France, qu’il s’y prenne entre le 20 juillet et le 15 août, il a toutes les chances d’y parvenir. Personne ne troublera ses vacances pour si peu. À l’exception d’un édito par-ci et d’une tribune par-là, nul ne s’est ému de la disposition scélérate adoptée par l’Assemblée dans la nuit de vendredi à samedi, avec le reste de la stupide loi « confiance ». 

Que dire, en effet, d’un texte par lequel les députés acceptent de se placer sous une tutelle infantilisante parce que le moloch de l’opinion exige de voir leurs notes de frais et que puisque je suis obligé de le faire pourquoi pas eux gnagnagna, et qui leur interdit de surcroît de travailler avec les personnes en lesquelles ils ont le plus confiance, parce que le Canard et Mediapart sont aux aguets ? Cette loi manifeste en vérité un consternant asservissement à l’air du temps et aux vaches sacrées d’une époque qui ne tolère plus que l’on ait quelque chose à cacher. On dira que, si les députés veulent se mettre à poil, c’est leur problème. Pardon, mais vu qu’ils me représentent, moi le peuple souverain, c’est un peu le mien.

Feu sur la liberté d’expression !

Toutefois, le plus scandaleux n’est pas cette nouvelle et grotesque avancée de la transparence, mais le forfait contre la liberté d’expression, donc, contre la démocratie, contenu dans l’article 1, de la loi, modifié au cours des débats par les amendements 572 et 621, dont Alain Jakubowicz, le patron de la Licra, tient absolument à faire savoir urbi et orbi qu’ils ont été inspirés par son association. Il s’agit en réalité d’un sucre lâché aux ultras, tous ceux qui entendent laver plus blanc que blanc (surtout le linge des autres), pour leur faire avaler l’abandon de l’exigence de casier judiciaire vierge pour tous les candidats, idée qui, en plus de son robespierrisme outrancier, montre la confiance que nous avons dans la capacité de rédemption de notre Justice, mais qui, semble-t-il n’était pas constitutionnelle, quel dommage.

La lettre écarlate vous suivra pendant dix ans

On pourra donc élire un repris de justice, sauf s’il a commis un de ces délits d’opinion que nos associations, bras armés et même dopés de la police de la pensée, se font un honneur de traquer et qu’elles appellent « dérapages ». Si le texte n’est pas modifié au cours des débats, toute condamnation pour diffamation ou injure à caractère racial, antisémite, homophobe ou témoignant d’une forme quelconque de discrimination, sera en effet assortie, sauf avis contraire du juge, d’une peine d’inéligibilité de dix ans. En gros, si vous avez fait des conneries, vous pouvez représenter le peuple souverain, mais si vous en avez dites ou écrites, pas de pardon, la lettre écarlate vous collera à la peau pendant dix ans, et, pour le tribunal médiatique, à perpétuité. On devrait s’interroger sur notre sensibilité croissante à ces délits qui se commettent la plume ou le micro à la main. Est-ce parce que nous ne sommes plus capables d’argumenter contre les idées qui nous déplaisent que nous cherchons à les faire disparaître par des pincements de nez ou, de plus en plus souvent, par des opérations d’intimidation judiciaire ?

Aux électeurs de choisir

Sur le plan des principes, cet article 1 est problématique à plusieurs titres. Tout d’abord, cela ne semble pas vraiment casher du point de vue de la séparation des pouvoirs. Les juges ne devraient intervenir dans le processus électoral en prononçant des peines d’inéligibilité que lorsque c’est indiscutablement légitime, par exemple pour empêcher un trafiquant de drogue de se présenter à une élection. Mais la règle devrait être que ce sont les électeurs qui choisissent. Une fois informés des turpitudes commises par un candidat, celui-ci ayant purgé sa peine ou acquitté sa dette, c’est à eux de décider. On peut trouver déplorable que Patrick Balkany soit réélu. On ne peut pas faire une loi pour obliger les gens à être intransigeants sur l’honnêteté passée de leurs élus.

L’Encyclopédie n’aurait jamais existé

Mais si l’affaire est grave, c’est parce qu’elle concerne la « libre communication des pensées et des opinions », que nous appelons communément liberté d’expression, et qui est, selon les rédacteurs de la Déclaration des droits de l’Homme, « un des droits les plus précieux de l’Homme ». Certes, cette liberté ne saurait être sans limites. Du reste, toute société se définit par ce qu’il n’est pas permis de dire. Seulement, sous l’influence conjointe du juge et du législateur, cette limite, en France, ne cesse d’être déplacée et le champ de la liberté restreint. Jamais les Encyclopédistes n’auraient existé dans ce climat de pudibonderie idéologique où on brandit son juge dès qu’on se sent offensé ou choqué. Cette République des chochottes et des susceptibles n’est pas seulement irrespirable politiquement, elle est intellectuellement désespérante car elle interdit tout véritable débat. (Pour avoir une idée de ce qu’on appelle « débat » aujourd’hui, il faut écouter la quotidienne de France Inter appelée « Le débat de midi », où il n’y a jamais, justement, l’ombre d’un débat car l’animatrice déroule le tapis rouge à tous les poncifs du moment sans jamais exprimer une once de distance ou de contradiction, on dirait un sketch sur le lavage de cerveau)

Embastiller les racistes ?

J’entends les protestations. Faut-il laisser des racistes en liberté ? Mais oui, et d’ailleurs c’est ce qu’on fait car à l’exception de quelques négationnistes multi-récidivistes, on n’embastille pas encore, en France pour les « crimes-pensée ». Et par ailleurs, interdire à Dieudonné ou à Le Pen de se présenter, c’est refuser le bénéfice de nos libertés à ceux qui ne pensent pas comme nous. Et c’est politiquement beaucoup plus dommageable politiquement que de les laisser prendre une raclée électorale. Ah oui, mais Hitler, dira-t-on encore. Pardon, mais au moment où Hitler arrive en tête aux élections, il est déjà trop tard. Et puis nous n’en avons pas en rayon.

La Licra et le CCIF arbitres des élégances

Ce qui rend l’article 1 beaucoup plus inquiétant encore, c’est le contexte dans lequel il est voté, alors que le mot racisme a aujourd’hui le dos si large qu’il permet de confondre toute personne qui aurait le culot de voir les différences culturelles autrement que pour les célébrer, et qu’il sert même à envelopper des propos du général de Gaulle repris par Nadine Morano. Ainsi a-t-on réussi, durant des années, à désigner comme tels tous ceux qui s’inquiétaient des flux migratoires (et il est vrai qu’il y avait des racistes parmi eux). Alors que cette inquiétude est partagée par 75 % des Français, il est plus difficile de la criminaliser. Aujourd’hui, des associations comme le Comité contre l’Islamophobie en France (CCIF) et ses supplétifs de la Licra, se font une spécialité de poursuivre tous ceux qui osent voir et décrire les méfaits de l’islam radical qui progresse sur notre territoire.

La gachette judiciaire facile

C’est ainsi que, en quelques mois, Pascal Bruckner, Georges Bensoussan, Eric Zemmour, Robert Ménard, pour ne citer que les plus connus, ont dû répondre de leurs propos devant les tribunaux. Rappelons que, dans le cas de Georges Bensoussan, poursuivi pour avoir évoqué l’antisémitisme répandu chez une partie des musulmans, c’est le Parquet, c’est-à-dire nous, qui a fait appel de la relaxe prononcée par le juge. Cela n’augure pas très bien de la façon dont la Justice aura à cœur de protéger nos libertés.

Le plus dingue est que tout cela soit passé comme un lettre à la poste. Dans les médias, les rares journalistes qui n’ont pas encore laissé leur place à des stagiaires en redemandent, bien sûr. C’est vrai, quand interdira-t-on d’élection tout homme ayant fait une blague grivoise ?

Les Insoumis soumis au politiquement correct

À l’Assemblée, les braillards habituels n’ont pas moufté. On ne s’étonnera pas de ce que les insoumis, qui sont aux avant-postes du politiquement correct, n’aient rien trouvé à redire. Les députés FN, pourtant visés par la loi, étaient de sortie. Seule Emmanuelle Ménard, (apparentée FN) est courageusement monté au créneau lors de la séance de mercredi, parlant d’une « épée de Damoclès au-dessus de la liberté d’expression » : « Vous ouvrez la porte à l’arbitraire, au chantage de ces associations qui multiplient les procès, les transformant en un véritable fonds de commerce. Adieu Voltaire, bonjour Torquemada ! Je le dis à mes collègues de la République en marche : attention à ne pas entacher vos débuts par un texte attentatoire à cette liberté d’expression qui est l’un des socles de notre démocratie. Attention à ne pas être toujours plus donneurs de leçons, plus moralisateurs, plus démagogues aussi. » Inutile de préciser qu’elle n’a guère été applaudie. Reste donc à espérer que les sénateurs (ou le Conseil constitutionnel) feront prévaloir le bon sens. Il ne s’agit pas d’un détail. Si cet article 1 est voté, nous nous habituerons à un nouvel appauvrissement du débat démocratique, déjà mis à mal par l’envahissement du conformisme.

Jouer à la Résistance

On voit d’autant moins pourquoi les censeurs se gêneraient que l’opinion est comme anesthésiée. Il paraît que les Français sont accros à leur smartphone en vacances. Eh bien, ce n’est pas pour suivre les débats parlementaires. Nous adorons jouer à la Révolution, et plus encore à la Résistance. Mais nous ressemblons de plus en plus à ces veaux dont se moquait Mongénéral. Ou plus encore à ces hommes en bermudas dont Muray a montré qu’ils étaient l’avenir de l’espèce. Votez pour nous et laissez nous bronzer. Après tout, la police de la pensée ne fait pas de bruit de bottes.  • 

A Chalon-sur-Saône, interpellation d'un homme armé et équipé d'une fausse ceinture d'explosifs et tenant des propos terroristes

Bien sûr il s'agit d'un déséquilibré : 

"Un homme de 46 ans, armé d'un couteau et ceint d'une ceinture d'explosifs factice, a été interpellé et placé en garde à vue après avoir fait irruption dans une galerie marchande de Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire, a indiqué aujourd'hui une source proche de l'enquête.

Les faits se sont déroulés jeudi peu avant 20 heures dans une boutique Orange accueillie par l'enseigne Carrefour quand l'homme, "aux antécédents psychiatriques assez sérieux" et "connu de la justice pour consommation de stupéfiants", a "exercé des menaces" qui restaient encore à être évaluées par les enquêteurs.

"Des témoins ont fait plus ou moins référence à une demande d'argent pour soutenir une cause terroriste, sans véritables menaces de violence à l'égard des personnes présentes", a-t-on poursuivi de même source".

Lahire

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Raphaël Enthoven, Airbnb et la morale de l’esclave

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Quand on veut tuer son chien, plus besoin de dire qu’il a la rage : il suffit de le traiter de facho.

Dans un entretien donné à FigaroVox le 28 juillet dernier, Raphaël Enthoven considère que « notre époque est celle de la contamination de la vertu par le ressentiment ». Lecteur de Nietzsche et de sa morale de l’esclave, le professeur de philosophie passe les bons sentiments au détecteur de mensonges. Il en serait de la morale comme de ce masque impeccable qui dissimule un faciès vérolé : plus on l’exhibe, plus ce qu’il couvre semble vicié.

Pire, ce masque serait en plus accusateur : il disqualifie le contradicteur d’une pichenette moralisatrice. « La morale est aussi, désormais, l’arme de tous ceux qui, faute de déconstruire un argument, choisissent de le récuser en le présentant comme méchant », poursuit le professeur. Quand on veut tuer son chien, plus besoin de dire qu’il a la rage : il suffit de le traiter de facho.

Ainsi, la morale de grimage et le prêt-à-aimer ne serviraient en réalité qu’à alimenter l’esprit de revanche de groupes militants, animés par un ressentiment aigu à l’endroit d’un monde censé les avoir brimés. Pour Raphaël Enthoven, cette vertu trompeuse atteindrait son plus haut degré d’imposture avec l’idéologie antiraciste. À l’intérieur du milieu associatif, le professeur affirme :

« L’antique racisme s’est trouvé un puissant allié chez ceux qui croient lutter contre l’injustice en imposant l’injustice inverse, à l’image d’un antiracisme dévoyé qui culmine dans des réunions non-mixtes où les blancs sont exclus. La différence entre les deux intolérances, c’est que la seconde (grisée par le rêve d’un monde où la non-mixité deviendrait superflue, tant les gens s’aimeraient enfin) se vit comme un remède à la première, alors qu’elle est son reflet. »

Cependant, si la vertu est en effet bien souvent l’arme des revanchards, elle est surtout brandie par nos élites politiques et économiques à l’endroit desquels le professeur de philosophie semble d’une grande indulgence. La moraline, avant d’être le tour de passe-passe des humbles, est surtout la magnifique machine, savamment huilée, de l’hyper-classe mondialiste. Dans le milieu artistique, elle est le carton d’invitation qui ouvre au grand banquet. En politique, la promesse de la bienveillance de toute la classe journalistique. Dans la sphère économique, la face présentable du cynisme le plus crapuleux.

Ainsi, Emmanuel Marill, le directeur France de Airbnb, dont l’entreprise chasse les Français les plus modestes des centres villes en les privant de logement par la hausse des prix de l’immobilier locatif, se félicite de sa nouvelle plate-forme intitulée Open Homes. En effet, depuis le 20 juin dernier, la société américaine permet à des hôtes de mettre gratuitement à disposition des chambres pour héberger demandeurs d’asile et réfugiés en France et dans le monde. Alors qu’il est accusé d’une indécente optimisation fiscale, de concurrence déloyale et de l’épuisement de l’offre locative pour les étudiants et les travailleurs pauvres, le groupe jette à la face du monde, comme une bravade, sa vertu cosmopolite et sa morale solidaire, ouvrant grand aux migrations légales et illégales les portes des logements de France qu’il ferme aux Français les plus modestes. Histoire de se donner bonne conscience afin de mieux continuer son business pharaonique.

Raphaël Enthoven n’a pas tort lorsqu’il interroge la morale de l’esclave. Mais il ne faudrait pas oublier celle des maîtres. Par leurs grimaces philanthropiques, ils encaissent plus facilement les dividendes.

http://www.bvoltaire.fr/raphael-enthoven-airbnb-morale-de...

I-Média#162 -VERSION CORRIGÉE : L’Imposteur BHL entarté par le Monde diplo version corrigée

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Jean-Yves Le Gallou : la France renoue avec ses racines ancestrales [rediffusion]

Par Louis-Benoît Greffe, journaliste indépendant ♦ Le 3 février dernier, le théoricien de la réinformation Jean-Yves Le Gallou était en conférence à Nantes, à l’invitation du journal local Breizh Info. En marge de cette conférence, près de 400 personnes issues de l’ultra-gauche nantaise ont manifesté en usant de leurs techniques habituelles – tags nombreux, distributeurs bancaires, vitrines et voitures cassées, jets de projectiles divers sur les forces de l’ordre, etc… C’était d’ailleurs la première fois depuis la dernière guerre qu’il y avait une manifestation dirigée expressément contre un média à Nantes. Nous avons profité de l’occasion pour poser quelques questions à Jean-Yves Le Gallou.

La Pravda : Jean-Yves Le Gallou, dehors, les antifascistes se déchaînent contre votre venue à Nantes. Il est vrai que vos propos dans Breizh Info, où vous les traitez « d’idiots utiles, piétaille de la haute banque », ne sont pas faits pour les calmer.

Jean-Yves le Gallou : Je persiste, ce sont les idiots utiles du capitalisme, qui se battent pour un monde ouvert sans frontières, comme les banques.

Que pensez-vous de l’agitation aux USA et notamment autour du Visa Ban de Trump ? [mesure qui suspend les visas pour 90 jours pour les ressortissants de 7 pays arabes dont la Syrie, l’Iran, l’Irak ou encore le Yémen]

Trump a raison. Face à lui, il a Soros, qui finance, notamment, le Women’s march, mais aussi le réseau Refugee welcome. L’Internationale est désormais mondialiste et non communiste, mais face à celle-ci, il y a une Internationale patriote, puisque les sujets qui font débat sont à peu près tous les mêmes, quels que soient les pays.

Que pensez-vous de Trump ?

C’est un excellent politique, pour deux raisons : la première, il a gagné contre l’ensemble des médias – 194 des 200 grands médias U.S étaient contre lui – et par les réseaux sociaux ; la seconde, c’est qu’une fois élu, il applique son programme, ça fait bizarre.

Pensez-vous qu’en France, l’élan de la Manif pour Tous va continuer à imprimer sa marque à court ou moyen terme ?

Oui, sans doute, car il y a un réveil identitaire du catholicisme qui est indéniable. Et qui est double : à la fois décidé à défendre le catholicisme contre les attaques extérieures et à s’imposer au sein même de l’Eglise, qui a largement cédé aux idées de mai 68. En plus, la démographie joue en faveur de cette génération nouvelle, celle de 2013, contre la génération idéologiquement usée, au bout du rouleau, de 1968.

Quel est votre avis sur l’affaire Fillon, dite aussi Penelope-gate ?

Fillon est flingué par les médias et les juges, ce n’est pas une bonne nouvelle. Ce qui est significatif, c’est l’ampleur de l’emballement médiatique, bien qu’il n’y ait rien d’illégal et que les faits soient anciens. Autre chose, peu remarquée : les données sur Pénélope remontent bien avant 2009 et sont chiffrées, alors que les dossiers n’ont été numérisés qu’à partir de 2009. Tout cela implique que la source est officielle – tout au moins proche du ministère des Finances – et que l’auteur de la fuite n’a pas hésité à chercher dans les liasses de papier. Ce n’est pas Rachida Dati qui aura pu donner tant de précisions, quoi qu’on en dise.

Aujourd’hui, à votre avis, quelle est l’audience totale des médias de réinformation ?

Le rapport des forces reste favorable aux médias de propagande [mainstream], mais de relais en relais successifs, via la diffusion virale, les réseaux sociaux… Les médias de réinformation touchent aujourd’hui plusieurs millions de lecteurs. C’est significatif.

Jean-Yves Le Gallou - Propos recueillis par Louis Benoît Greffe - 10/02/2017

Source : Le monde vu par les auteurs/ Pravda France.com
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https://www.polemia.com/jean-yves-le-gallou-la-france-ren...

« Madame Hidalgo à Paris, un mélange d’inculture et d’idéologie »

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Entretien avec Alexandre Gady

Sous des prétextes écologiques, sociaux, culturels, touristiques, nos édiles bradent l’âme et l’histoire de la capitale au profit des marchands du temple. Heureusement, une poignée de Parigots résistent…

Causeur. Vous êtes président de Sites & Monuments, la plus ancienne association de défense du patrimoine, et à ce titre vous avez engagé de nombreuses procédures contre la Ville de Paris. Pour quelles raisons ?

Alexandre Gady. Notre rôle, en tant qu’association nationale reconnue d’utilité publique, est de défendre au mieux le patrimoine naturel et bâti, notre bien commun, et dans le cas où celui-ci serait menacé, d’intervenir. Nos combats s’inscrivent dans le droit fil d’un héritage et d’une expertise plus que centenaire, puisque l’association a été créée en 1901. C’est un des bienfaits du système démocratique : les citoyens veillent ainsi à la bonne marche des affaires de la cité. Et comme rien n’est parfait en ce bas monde, la Mairie de Paris commet parfois des erreurs : nous essayons donc de l’aider à faire mieux.

Agir signifie forcément se battre : de quels moyens disposez-vous ?

Le pouvoir des associations est mince. Dans les années 1990, sous l’impulsion d’un jeune et brillant avocat, Olivier Chaslot (décédé en 2009), nous avons développé une activité alors rare dans les associations de défense du patrimoine, pour des raisons à la fois de moyens, mais aussi de culture : les procédures judiciaires.

Lire la suite sur Causeur

AU COURS DU MOIS D'AOUT : REDIFFUSIONS DE PLUSIEURS ÉMISSIONS

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Jeudi 3 août 2017 : rediffusion de l'émission du jeudi 20 avril (n°22) avec Patrick Parment, directeur du Journal du chaos, cliquez ici

Du nouveau sur Louis XVII (Au Coeur de l'Histoire)

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04/08/2017

Edmund Burke ou la Révolution démasquée

Burke naquit à Dublin en 1729 d'une mère catholique, issue d'une famille déclassée du comté de Code, à laquelle il sera très attaché et d'un père juriste anglican (sa sœur Juliana se convertira au catholicisme). Il fait des études dans une école quaker près de Dublin et, en 1744, intègre le Trinity Collège (protestant) où il créée, en 1747, un club étudiant portant son nom qui deviendra la « Collège Historical Society » qui existe encore de nos jours (c'est la pins ancienne association d'étudiants au monde) , il obtient sa licence l'année suivante et, en 1750, part à Londres effectuer des éludes de droit. Il devient avocat au Middle Temple mais quitte tout pour un voyage à travers l'Europe.

Son premier ouvrage (1756), Coup d'oeil sur les maux qu'a produit la civilisation, est une réponse parodique à celui sur l'élude de l'histoire du vicomte Balinbroke ; en 1757, il publie Recherche philosophique sur l'origine de nos idées du sublime et du beau (il a cette belle formule « la beauté est la promesse du bonheur ») lu à travers l'Europe qui lui confère la notoriété avec les éloges de Kant et de Diderot (la prévalence du sublime, qui a un pouvoir sur l'homme et peut le détruire, sur le beau marque le passage du néo-classicisme au romantisme). Il entreprend une Histoire de l'Angleterre qui restera inachevée (arrêtée en 1216...) et devient le rédacteur en chef (1758-89) de la revue The annual register qui analyse les événements du monde.

C'est à cette époque que débute sa carrière politique ; dès 1758, il devient un des dirigeants des whigs et, en 1760, suit en tant que secrétaire particulier Lord Halifax nommé vice-roi en Irlande. Il est élu à la Chambre des Communes en 1765 et, par ailleurs, devient secrétaire et ami du marquis de Rockingham : il lutte contre les abus de pouvoir du souverain (il veut limiter l'exécutif) et du Parlement ; selon lui « le penchant à conserver, le talent à améliorer, voilà les deux qualités qui me feraient juger de la bonté (capacité) d'un homme d’État ». Notons qu'en 1769 il est initié franc-maçon, c'est alors qu'il publie un pamphlet, L'état actuel de la Nation, et qu'il acquiert, à crédit, un immense domaine (avec collection d'œuvres d'art) prés de Beaconsfield qui grèvera longtemps ses finances (le pouvoir politique est, en effet, lié à la propriété comme ce sera le cas en France sous la Monarchie de Juillet).

À partir de 1770, il soutient les récriminations des colonies américaines et les catholiques irlandais persécutés, il dénonce aussi la corruption et les abus de la Compagnie des Indes orientales (Considérations sur la cause des mécontentements actuels). En 1774, il est élu député de Bristol (2e ville anglaise, alors) : il défend la démocratie représentative ; en 1780, il perd son siège et retrouve celui de Malton dont disposait librement son protecteur Rockingham. Il est appelé brièvement au Conseil privé (1782) et en 1786 attaque le gouverneur des Indes orientales. À partir de 1794, il abandonne la politique active.

C'est sa critique de la révolution française qui va le faire passer à la postérité. Déjà, il s’était rendu à Paris en 1773 et avait fréquenté les salons de Melle de Lespinasse, de Mme du Deffand et les idées des philosophes des Lumières l'avaient fort inquiété et il finit par éprouver pour ces dernières une profonde aversion (il ne voit en Rousseau qu'un faux prophète). Le déclenchement des troubles de 1789 suscite chez lui la réprobation et des écrits et discours anti-révolutionnaires et, ce, jusqu'à sa mort en 1797 C'est en 1790 qu'il rédige les Réflexions sur la révolution de France et dénonce les faux principes de celle-ci, cette œuvre va connaître un immense succès.

Il le fait au nom du libéralisme ; il la différencie des révolutions anglaises de 1688 (qui a, après la décapitation de Charles 1er et la dictature de Cromwell, rétabli la monarchie, la légitimant en liant les droits et libertés des sujets avec la Couronne) et américaines car elle est radicale, c'est un événement sans précédent, une rupture dans l'histoire et une menace pour l'ordre du monde. En France, c'est la révolution de la table rase : or, un peuple sans tradition n'est rien ! Il reproche aux États Généraux puis à l'Assemblée Nationale d'avoir détruit le passé au lieu de réformer, il considère que les institutions doivent imiter l'ordre de la nature (position proche de la "Politique" chez Bossuet). Il pense que refuser l'héritage des ancêtres, c'est se priver de leur expérience, des richesses accumulées à travers les siècles, il dit à propos des révolutionnaires « vous avez mal commencé parce que vous méprisez tout ce qui vous appartenait ». Il considère qu'aucune élection ne confère des compétences aux hommes qui en sont privés (voir les fous furieux qui composeront les assemblées révolutionnaires et les médiocres actuels) et s'en prend au Contrat social de Rousseau et à la croyance que de la volonté du plus grand nombre sortiraient la vérité et le bien commun ; or, souvent les foules s'abandonnent aux plus bas instincts et aux passions irrationnelles ce qui leur ôte toute légitimité.

L'état naturel n'est autre que la vie en société qui conduit à la civilisation. Une législation fondée sur des idées théoriques et intemporelles qui nient l'espace et le temps amène à la dictature de principes abstraite, ignorant l'histoire et détruisant le tissu social. En lieu et place du droit des gens (fondé sur le réel), la France a proclamé les droits de l'homme, fausse théorie des droits supposés de celui-ci. Burke pense qu'il faut préserver la hiérarchie sociale, modérer la démocratie et se conformer à la tradition ; il ne faut pas faire appel à la raison abstraite pour fonder une politique mais à une jurisprudence constitutionnelle issue des siècles précédents. Il n'existe pas de système universel découlant de la raison philosophique mais des constructions historiques propres à chaque peuple.
Or, la révolution française ignore la complexité de la nature humaine et celle de la société Condorcet pensait que la politique pouvait se réduire à un système quasi mathématique dans lequel on pourrait raisonner de façon déductive ! De même, l'égalité est un dogme absurde (les hommes naissent semblables mais pas égaux) et la démocratie ainsi fondée utopique elle nie les liens ancestraux et dissout les modes d'intégration de l'homme dans la société. Toutefois, Burke est opposé à l'absolutisme et au droit divin le peuple, selon lui, peut déposer un gouvernement coupable d'oppression (« le pouvoir arbitraire est une subversion de la justice naturelle, une violation des droits inhérents de l’humanité »). Les États Généraux auraient dû s'inspirer de la constitution anglaise de 1688 au lieu de refuser le bicamérisme et de fuir dans la démagogie (massacres dès 1789). Burke dénonce les attaques contre la monarchie (« on a vu les Français s'insurger contre un roi débonnaire et légitime avec plus de fureur dans l’action et de brutalité dans l’outrage qu'aucun peuple en rébellion n'en a jamais manifesté contre l'usurpateur le plus indigne et le tyran le plus sanguinaire »), la propriété privée, l'athéisme (qui conduira aux persécutions religieuses, au génocide vendéen et à l'absurde « culte de l'être suprême », or, la religion est la base de la société civile et il ajoute prophétiquement « si par malheur, les hommes venaient à se détacher du christianisme, des superstitions grossières et dégradantes viendraient le remplacer », les traditions et les préjugés (adhésion à des valeurs sans justification rationnelle mais nécessaires à l'ordre social, « les préjugés font de la vertu une habitude pour l'homme C'est le fond universel des nations et des époques »).

Tout ceci ne peut que mener au chaos ; une doctrine fondée sur les libertés (pour Burke « la liberté doit être limitée afin d'être possédée ») et les droits de l’homme peut justifier des mesures tyranniques car ces derniers ne sont pas concrets. Burke prédit que « la révolution ne peut que s'épuiser en une suite monstrueuse de crimes et d'événements grotesques, saturnales où l'horreur fascinante se dispute à la stupeur incrédule » ; dés 1790, il annonce la Terreur et sa loi des suspects (pour lui, « le pouvoir judiciaire doit être quelque chose d'extérieur à l’État, indépendant, créé pour résister à l'invocation arbitraire et pour induire la certitude et la stabilité des lois car de mauvaises lois sont la pire des tyrannies ») conséquence inéluctable de la révolution qui ne peut exister que dans la tyrannie, le terrorisme et la dictature... militaire (« un général populaire, armé de ses soldats, pourrait se rendre maître de votre assemblée, maître de votre république » ce qui se produira le 18 Brumaire 1799 avec Bonaparte). Pour lui, « l'âge de la chevalerie est passé. Celui des sophistes, des économistes, des calculateurs lui a succédé et la gloire de l'Europe est éteinte à jamais ! »

Après 1791, Burke se brouille avec ses amis et se retire dans sa propriété (on le nomme , alors, le « Cicéron anglais »). En 1792, il hébergea Augustin Barruel en exil à Londres et le félicita à propos de son Mémoire pour servir à l'histoire du jacobinisme bien que celui-ci soit anti-maçonnique. Il meurt en 1797 à 68 ans.

Son influence allait s'avérer considérable. Au début, les réactions tarent négatives (par exemple celle de Thomas Pâme)(1) mais les faits lui donnèrent raison (le parti whig de William Pitt se ralliera à la lutte contre le jacobinisme). Joseph de Maistre et Louis de Bonald s'en inspirèrent bien que Burke en diffère sur plusieurs points : ainsi, il n'y a pas chez lui de conception providentialiste de l'homme, pas de théocratie réactionnaire, pas de nostalgie de l'Ancien Régime et de l'absolutisme idéalisé. Des philosophes comme Kant et Hegel s'y réitéreront, des penseurs politiques tels Alexis de Tocqueville ou Taine (pour condamner l'idéalisme métaphysique de la révolution dans Origines de la France contemporaine) ou encore Sorel, Renan et Barrés. Au XXe siècle, Friedrich Hayek et Karl Popper . se serviront de ses réflexions pour élaborer la charte du conservatisme moderne ce qui prouve bien que Burke est le père de celui-ci et des penseurs libéraux.

Il avait bien observé qu'au delà des bouleversements politiques considérables du temps « la plus importante de toutes les révolutions, c'est celle des sentiments y des mœurs et des opinions morales » (nous pouvons en témoigner en notre triste époque) et que, souvent, « pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des hommes de bien » (2). Cette couardise, cette lâcheté n'ont jamais été aussi prégnantes que de nos jours ! La démocratie est loin d'être garante des libertés, « la majorité des citoyens est capable d'exercer les plus cruelles oppressions sur la minorité » (les nationaux et RIVAROL peuvent en témoigner), quant à la religion « rien n'est aussi fatal (à celle-ci) que l'indifférence » (de nos jours, l’église conciliaire y a, hélas, bien contribué).

À travers sa critique implacable des faux principes de la Révolution de 1789 et de leurs funestes conséquences, Burke, un des grands penseurs politiques traditionnels, annonçait les maux qui sont les nôtres.

Bernard de Massanes Rivarol du 27 juillet 2017

1) Publiciste américain d'origine britannique (1737-1809) ; lutte pour l'indépendance des États-Unis, se réfugie en France, naturalisé français, nommé membre de la Convention (1792) est arrêté sous la Terreur puis retourne en Amérique.

2) Certains attribuent cette citation à John , Smart Mill.

Biblio. Burke : Réflexions sur la Révolution de France Coll Pluriel. Yves Chiron : Edmund Burke et la Révolution Française éd. Téqui 1987

22:09 Écrit par pat dans culture et histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

RFR - La Monarchie protectrice des travailleurs

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A quoi tient la renaissance de la puissanche chinoise ?

A quoi tient l'actuelle extraordinaire bonne fortune chinoise ? Quelles en sont les causes ?

On ne peut ici qu'effleurer cette question complexe, pourtant importante car la montée en puissance de la Chine constituera peut-être le plus grave problème que les Occidentaux auront à affronter, prochainement désormais.

La Chine s'est sortie non seulement de son terrible sous-développement séculaire mais aussi de cet abaissement qu'elle avait vécu à l'époque du système impérial finissant, des humiliantes concessions, des Seigneurs de la guerre, des désordres du Kuomintang ... Elle s'est encore sortie des soubresauts horriblement destructeurs du système maoïste après qu'il eut triomphé, dont la meurtrière révolution culturelle ne fut pas le moindre. Le film, Le dernier empereur, de Bernardo Bertolucci, retrace assez bien cette longue période troublée. 

Pour la Chine ruinée, humiliée, en partie éclatée, misérable, la bonne fortune n'allait pas de soi.

Comment l'a-t-elle conquise ? Quelles sont les causes de son prodigieux succès ?

Bien-sûr, il y a la taille de son territoire et la masse de sa population, dix fois supérieure à celle de la Russie et 5 fois à celle des Etats-Unis. Mais ces paramètres ne sont pas en soi gages de prospérité ni de succès. Ce peut même être l'inverse.

La réussite de la Chine nous paraît relever d'autres causes. En voici à notre avis les trois axes principaux :

1. La dictature de fer du Parti Communiste Chinois, en fait une oligarchie hiérarchique sans faiblesse qui tient uni et en ordre d’une main qui ne tremble pas l’immense et composite Empire du Milieu. L’argument peut choquer. Mais que deviendrait la Chine si le PCC venait à s’effondrer ? S’il lui prenait la fantaisie d’un Printemps chinois ? Peut-être serait-ce, selon la vieille expression, pain béni pour nous. Mais pour elle ?

2. Le nationalisme du peuple chinois et de ses dirigeants, qui, pas plus qu’il ne le fut dans les pays d’Europe de l’Est, ne fut jamais effacé, même au temps de Mao et de Chou en Lai, par l’internationalisme prolétarien. Combiné à l’incommensurable pragmatisme des Chinois, ce nationalisme est général, violent, avide de succès, de gains, et de puissance. Qui plus est, les connaisseurs nous disent qu’il se ressource désormais dans les plus pures traditions populaires aussi bien que philosophiques de la plus ancienne Chine. Bref, un composé que l’on peut se risquer à dire ravageur.

3. La faiblesse insigne des Occidentaux qui fut, pourrait-on dire, à l’opposé de la force que nous venons de décrire ; qui acceptèrent, de grand cœur, de se défausser sur la Chine, de leurs fonctions de production ; qui ont voulu, à la fois par lassitude, appétit de marges, idéologie universaliste, orgueil, lui concéder d’être l’atelier du monde. Ce qui a, hormis l’Allemagne et, à un moindre degré l’Italie, abouti à la destruction, comme on le constate aujourd’hui, de pans entiers de nos industries et a condamné les éléments par inclination productifs de nos populations, au chômage.

Rien n’est irréversible et la Chine n’est pas plus vouée au succès que nous à l’échec ou au déclin. Soyons au moins conscients de ce qui, par impéritie, nous est arrivé. Quant à la Chine, elle peut être aussi pour nous, dans une certaine mesure, à certains égards, un exemple utile.  

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La Chine construit un port de guerre à Djibouti

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CLASH à l'AN 4/08 Emmanuelle MÉNARD fait hurler l'assemblée en dénonçant l'article 1 !

Catastrophe économique au Venezuela ? Entre réalités et bobards…

À en croire les gazettes, l’expérience économique bolivarienne, portée à bout de bras par Hugo Chávez, serait donc catastrophique…

Vladimir Volkoff, qui s’y connaissait en matière de « désinformation » – c’est lui qui a forgé ce vocable -, aimait à dire que lorsqu’il y avait « unanimité médiatique », c’est que cette même « désinformation » n’était pas loin. Le défunt n’avait rien d’un gauchiste chevelu, étant à la fois chauve et royaliste, tendance trône et autel.

Voilà qui nous ramène donc au feuilleton vénézuélien. À en croire les gazettes, l’expérience économique bolivarienne, portée à bout de bras par Hugo Chávez, serait donc catastrophique ; la preuve par l’actuelle disette et une inflation battant des records. Indubitablement, tout cela est vrai aujourd’hui. Mais était-ce le cas hier ? Et les mêmes experts d’affirmer que la faute majeure d’Hugo Chávez consista à trop s’appuyer sur la manne pétrolière. Fort bien. Mais ses prédécesseurs procédaient-ils autrement ?

Là où ces deux politiques diffèrent, c’est que lorsque cette rente de situation ne profitait qu’à quelques oligarchies locales (blanches exclusivement), Chávez décida d’en faire aussi profiter le peuple (de race indienne, principalement). Pour ce faire, il lui fallait reprendre le contrôle de ce secteur éminemment stratégique, ainsi que quelques autres. Vincent Lapierre, auteur d’un passionnant Hugo Chávez, la patrie au cœur, s’en explique dans les colonnes de la dernière livraison du mensuel Éléments :

« Pour parvenir à récupérer le contrôle de la manne pétrolière, Chávez a dû affronter les plus grandes puissances de la planète, c’est même pour ces raisons qu’il a été renversé en 2002. Il a ensuite tenté de redistribuer cet argent, ce qu’il appelait “semer le pétrole”. Mais il a été confronté à des barrières institutionnelles lourdes à cause desquelles l’argent a été en partie gaspillé, dissipé à plusieurs niveaux de distribution. »

Et Vincent Lapierre de reconnaître sans ambages :

« Le grand échec de Chávez dans le domaine industriel est de ne pas être parvenu à sortir du modèle mono-exportateur de pétrole. Quand il est arrivé au pouvoir en 1998, il s’est trouvé à la tête d’un système dans lequel, depuis un siècle, tous les gouvernements, droite et gauche confondus, avaient fait le choix de se concentrer sur la ressource pétrolière. Il souhaitait sortir de cette dépendance, ce à quoi il ne parviendra pas»

Il est un fait qu’on ne saurait créer une classe moyenne de toutes pièces et susciter la naissance d’un tissu industriel de petites et moyennes entreprises d’un simple claquement de doigt.

Telle était pourtant l’ambition d’Hugo Chávez, rappelle Vincent Lapierre : « Le socialisme du XXIe siècle préconise la nationalisation des trusts qui commandent aux secteurs stratégiques de l’économie nationale tout en promouvant l’initiative privée à l’échelle des individus. Dans cette vision, il est important que l’État soit propriétaire des télécommunications, du secteur pétrolier ou de l’industrie lourde comme il est important que le boulanger soit propriétaire de son four à pain. On est donc plus proche d’une société de petits producteurs indépendants sur le mode de la théorie proudhonienne que d’un ultra-étatisme socialiste ! »Fondamentalement, le général de Gaulle ne raisonnait pas autrement…

Malgré cette réussite socio-économique en demi-teinte, les résultats furent néanmoins au rendez-vous. De 1998 à 2008, le taux de chômage passe de 11,3 % à 7,8 %, tandis que 2,9 millions de nouveaux emplois voient le jour, alors que la proportion d’emplois dans l’économie informelle tombe de 54,6 % à 48,2 %. Mieux : si l’on en croit le Center for Economic and Policy Research, laboratoire d’idées basé à Washington, le PIB corrigé de l’inflation double entre 2003 et 2008, soit une croissance annuelle de 13,5 %. Toujours selon les mêmes sources, cette croissance provient essentiellement du secteur non pétrolier, et le secteur privé a crû plus rapidement que le secteur public.

Vu des États-Unis, fidèles à leur traditionnelle doctrine Monroe, édictée en 1823, voulant que les États du Sud du Rio Grande ne puissent bénéficier de la moindre velléité d’indépendance politique, tout en étant relégués au niveau de vassaux dociles, tout cela était évidemment inacceptable. Axiome fort bien résumé par Noam Chomsky, l’un des plus grands intellectuels américains : « Washington est bouleversé par l’idée que les ressources du Venezuela puissent être utilisées pour les gens de ce pays. Les ressources de ce pays doivent être utilisées pour nous. »

Tout est dit.

http://www.bvoltaire.fr/catastrophe-economique-venezuela-...

Manif de samedi à Chalon sur Saône (71) : changement du lieu de rassemblement

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Un communiqué de Thomas Joly (Parti de la France) :

Après avoir envisagé d'interdire notre manifestation, le Préfet de Saône-Et-Loire a accepté la proposition de notre Délégué départemental, Benjamin Lematte, de déplacer notre rassemblement place Thévenin afin d'éviter tout risque de confrontation avec les contre-manifestants d'extrême-gauche.

Même s'il peut paraître paradoxal que ce soit à nous de nous replier dans un autre lieu, saluons cette petite victoire en cette période où la plupart des manifestations patriotiques sont scandaleusement interdites par les services de l'État. Donc demain, rendez-vous à 14h place Thévenin à Chalon-sur-Saône (71) pour dire non à l'installation de migrants !

http://synthesenationale.hautetfort.com/

Marx et Tocqueville face au Mordor anglo-saxon

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par Nicolas Bonnal

Ex: http://www.dedefensa.org

C’est l’été et avec lui les marronniers de l’été : la liste des milliardaires de la répugnante revue Forbes reprise par les perroquets caquetants. On apprend en même temps que 30% des Allemands font la queue pour décrocher un deuxième boulot. Il y a trente ans Louis Althusser disait dans une revue marxiste qui l’interviewait que la misère que l’exploitation plutôt avait été déplacée : voyez des images industrielles de Chine, du Bengladesh et du Mexique pour vous distraire. Par ailleurs, « cet heureux temps n’est plus », comme dit Racine, et on trouve aujourd’hui de bonnes vieilles usines de misère en Europe. Pas de parti communiste, pas de revendications salariales, etc. Le capital a gagné.

Voyons d’où nous venons.

Voyageur impénitent, anglophile renommé, Tocqueville décrit ainsi les horreurs de la modernité émergente :

« Quelques-unes de ces rues sont pavées, mais le plus grand nombre présente un terrain inégal et fangeux, dans lequel s'enfonce le pied du passant ou le char du voyageur. Des tas d'ordures, des débris d'édifices, des flaques d'eau dormantes et croupies se montrent çà et là le long de la demeure des habitants ou sur la surface bosselée et trouée des places publiques. Nulle part n'a passé le niveau du géomètre et le cordeau de l'arpenteur. »

Après il en devient lyrique, poétique, certainement plus que Hugo avec ses misérables ; car il suffit de voir, pas de jouer au voyant, au pochetron humanitaire :

« Mais qui pourrait décrire l'intérieur de ces quartiers placés à l'écart, réceptacles du vice et de la misère, et qui enveloppent et serrent de leurs hideux replis les vastes palais de l'industrie ? Sur un terrain plus bas que le niveau du fleuve et domine de toutes parts par d'immenses ateliers, s'étend un terrain marécageux, que des fosses fangeux tracas de loin en loin ne sauraient dessécher ni assainir. Là aboutissent de petites rues tortueuses et étroites, que bordent des maisons d'un seul étage, dont les carreaux brisés annoncent de loin comme le dernier asile que puisse occuper l'homme entre la misère et la mort. Cependant les êtres infortunés qui occupent ces réduits excitent encore l'envie de quelques-uns de leurs semblables. Au-dessous de leurs misérables demeures, se trouve une rangée de caves à laquelle conduit un corridor demi-souterrain. Dans chacun de ces lieux humides et repoussants sont entasses pêle-mêle douze ou quinze créatures humaines. »

On est dans le Dante de Gustave Doré et la civilisation industrielle étend son ombre, son « aventure satanique » (retrouvez mon texte sur Drieu La Rochelle) qui ne finira jamais :

« Levez la tête, et tout autour de cette place, vous verrez s'élever les immenses palais de l'industrie. Vous entendez le bruit des fourneaux, les sifflements de la vapeur. Ces vastes demeures empêchent l'air et la lumière de pénétrer dans les demeures humaines qu'elles dominent ; elles les enveloppent d'un perpétuel brouillard ; ici est l'esclave, là est le maître; là, les richesses de quelques-uns ; ici, la misère du plus grand nombre ; là, les forces organisées d'une multitude produisent, au profit d'un seul, ce que la société n'avait pas encore su donner. »

C’est le Mordor au propre – au sale – et au figuré. Les troupes misérables sont innombrables et ont abandonné tout espérance, comme au début de la divine :

« Une épaisse et noire fumée couvre la cité. Le soleil paraît au travers comme un disque sans rayons. C'est au milieu de ce jour incomplet que s'agitent sans cesse 300.000 créatures humaines. »

De ce plomb on fait de l’or :

« C'est au milieu de ce cloaque infect que le plus grand fleuve de l'industrie humaine prend sa source et va féconder l'univers. De cet égout immonde, l'or pur s'écoule. C'est là que l'esprit humain se perfectionne et s'abrutit ; que la civilisation produit ses merveilles et que l'homme civilisé redevient presque sauvage. »

On fait de l’or de ces cloaques et de ce plomb parce que l’ordre nouveau britannique s’est établi et qu’il est fondé sur les « dark satanic mills » (on sait qu’elles ne sont pas littérales et contiennent une dimension anagogique, comme dit l’autre) et sur l’argent :

« L’argent est la vraie puissance. La richesse n’est donc pas devenue seulement en Angleterre un élément de considération, de plaisirs, de bonheur ; mais encore un élément, et on pourrait dire le seul élément du pouvoir, ce qui ne s’était jamais vu, à ce que je sache, chez aucune autre nation et dans aucun autre siècle. »

Les conséquences morales et planétaires de cette catastrophe :

« … toute l’âme humaine fut entraînée de ce côté. On a attribué à la richesse ce qui lui revient naturellement, et aussi ce qui ne lui revient pas… Dans tous les pays il semble malheureux de n’être pas riche. En Angleterre c’est un horrible malheur d’être pauvre. »

No comment, comme on dit aujourd’hui. Tout le monde rase les murs en redoutant de se faire remplacer par un robot.

Karl Marx écrivait quelques années après Tocqueville :

« De nos jours ces aspirations ont été de beaucoup dépassées, grâce à la concurrence cosmopolite... Il ne s'agit plus seulement de réduire les salaires anglais au niveau de ceux de l'Europe, mais de faire descendre, dans un avenir plus ou moins prochain, le niveau européen au niveau chinois. Voilà la perspective que M. Stapleton, membre du Parlement anglais, est venu dévoiler à ses électeurs dans une adresse sur le prix du travail dans l'avenir. « Si la Chine, dit-il, devient un grand pays manufacturier, je ne vois pas comment la population industrielle de l'Europe saurait soutenir la lutte sans descendre au niveau de ses concurrents. »

Ce qu’il y a de bien avec le capital, c’est qu’il ne se lasse jamais de frapper.

Sources

Tocqueville, Voyage en Angleterre, œuvres complètes, tome VIII, éditions Michel Lévy, 1865 (sur archive.org)

Marx – Le capital, livre I, section VI

Nicolas Bonnal – Comment les peuples sont devenus jetables (Amazon.fr)

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2017/08/02/m...

Zoom d’été : A la rencontre de Caroline Parmentier

16 août à Carnac : le Brexit

16-08 Yves Bot

Michel Janva

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

Caroline Galacteros : « Du bon usage des armes de la France »

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2111467064.jpgCaroline Galacteros a publié ces intéressantes réflexions sur le site de l'ASAF, l'Association de Soutien à l'Armée Française [25.07]. Nous ne pouvons que l'approuver, ayant, nous-mêmes, dans le même esprit, consacré de nombreux articles au sujet crucial dont il est ici question. LFAR  

Être un chef. Tout un programme. Mais surtout une exigence première, profonde : protéger les siens, ceux qui dépendent de vous, de vos choix, ceux qui remettent leur vie entre vos mains parce qu'ils ont confiance, vous respectent et savent que vous ne les livrerez pas légèrement à l'adversité et, pour commencer, à l'adversaire.

Pour un sous-officier ou un officier, il s'agit de protéger ses hommes, de les engager à bon escient et dûment équipés.

Pour un chef militaire et évidemment pour le premier d'entre eux, il s'agit de protéger nos armées de la pensée comptable et des raisonnements à courte vue de Bercy qui, depuis 30 ans, les met à nu impunément, tout en leur demandant toujours plus. Pour notre chef de l'État, chef des armées ès qualités, c'est encore protéger celles-ci pour leur permettre de remplir leur mission… de protection du peuple français et de la France dans toute l'ampleur et la diversité de ses intérêts matériels et immatériels. 

La loyauté du chef d'état-major des Armées envers le président de la République est totale et naturelle. Elle n'est pas à géométrie variable ni de nature politicienne, attachée à un homme ou un camp, mais bien plutôt à une fonction incarnée par un individu donné, choisi par les urnes à un moment donné.

Dans le cas de Pierre de Villiers, c'est la loyauté d'un soldat de grand prestige envers le dépositaire de la souveraineté populaire, quel qu'il soit. C'est cette loyauté qui lui a fait devoir d'informer les représentants du peuple, en l'espèce les membres de la commission des Forces armées de l'Assemblée nationale, de l'état réel de nos armées, et du caractère insoutenable d'une nouvelle salve de coupes budgétaires décidées par des technocrates inconscients du coup ainsi porté à la chair de la patrie pourtant si manifestement en danger. 

Dangereux coup de rabot 

Un énième coup de rabot arrivant après des annonces de gel et de surgel de lignes budgétaires, qui pourrait bien sonner le glas, après bientôt trente ans d'efforts financiers endurés sans mot dire, de notre efficacité opérationnelle ; donc in fine de la crédibilité militaire de la France et de celle du président qui l'incarne, notamment à travers la disposition et l'emploi éventuel de « l'outil militaire ».

Depuis la professionnalisation, nos armées ont subi de plein fouet l'utopie délétère des « dividendes de la paix ». Elles se sont réformées, ont réduit puis réduit encore leurs formats opérationnels. Elles ont vu fondre leurs effectifs, vieillir leurs équipements, s'amoindrir constamment la protection de leurs soldats engagés au loin, tandis que le spectre des menaces et des théâtres de leur projection ne cessait, lui, de s’accroître, désavouant tragiquement des « Livres blancs » iréniques et inconséquents. Tandis aussi que le politique, de plus en plus impuissant ou défaillant au plan intérieur, voyant en cette institution loyale, structurée, dévouée, résiliente et courageuse, un vecteur spectaculaire inespéré et commode de démonstration d'autorité, en usait et abusait. 

La défausse du politique sur le militaire est allée trop loin, jusqu'à remplacer la définition et la mise en œuvre d'une politique étrangère cohérente et ambitieuse, toujours introuvable. Les résultats de ce double grand écart sont là. Nos armées sont aujourd'hui massivement engagées dans le monde aux avant-postes de la menace islamiste, mais aussi sur le territoire national, où l'on ne peut plus esquiver sans irresponsabilité l'anticipation de leur engagement potentiel en appui de forces de sécurité insuffisantes ou débordées par une éventuelle contestation communautaire intérieure sur fond de déstabilisation islamiste. 

Préserver l'essentiel 

On a donc sur-sollicité et sous-financé nos armées et elles se sont vaillamment mais trop longtemps sans doute exécutées, cherchant à « préserver l'essentiel », à trouver la martingale de « la juste suffisance », escomptant qu'on ne les affaiblirait pas jusqu'à devoir avouer qu'elles ne pouvaient plus remplir leur mission de protection de la France et des Français. Ce que précisément a dû reconnaître le général de Villiers, la mort dans l'âme. Un crève-cœur. 

L'arithmétique budgétaire, c'est sympa, c'est magique…, mais compter des soldats et des équipements comme des choux peut aboutir à bientôt devoir compter des «morts pour la France» bien légèrement consentis. Et qui rendra alors des comptes ?

Les politiques ? Que nenni !

Ce seront naturellement les chefs militaires car eux seuls connaissent le prix de la vie et ont conservé l'habitude d'assumer leurs actes et responsabilités. Et sans même parler des hommes, sait-on seulement dans les couloirs de notre ministère des Finances au cœur froid qu'il faut au bas mot dix ans pour retrouver une capacité opérationnelle sacrifiée d'un trait de plume par nos comptables nationaux ? 

Caprice présidentiel ? 

Mais au-delà du caprice présidentiel ou de l'autoritarisme confondu avec une démonstration d'autorité, la décision budgétaire du président traduit quelque chose d'infiniment plus grave : l'incompréhension manifeste d'une urgence qui devrait pourtant, toutes affaires cessantes, l'occuper et le préoccuper. La défense est, comme chacun sait, le premier devoir d'un État. Il faut enfin se résoudre à établir des priorités, à structurer une vision stratégique digne de ce nom, et à définir – d'autorité pour le coup – un périmètre du régalien incompressible, sanctuarisé, auquel doivent être affectées les ressources nécessaires à la manifestation d'une crédibilité de la France dans ses projections de puissance et d'influence.

Sinon, parler de leadership européen, de rang retrouvé, de grandeur et de valeurs n'a aucun sens, au moment même où nos partenaires allemands font une remontée budgétaire sensible en matière de défense, et alors que la menace islamiste et ses manifestations sanglantes, au-delà de reculs territoriaux actuels de l'organisation État islamique, sont en pleine explosion idéologique et numérique. 

Jupiter donc ? Pourquoi pas, après tout ? On a suffisamment souffert de la normalité pathétique. Mais Jupiter armé d'un foudre en bon état et qui fasse vraiment peur !

Le successeur de Pierre de Villiers est aussi un soldat de grande valeur, qui mêle bravoure, haut niveau de réflexion doctrinale, humanité et intelligence de situation. Gageons qu'il ne sera pas plus docile que son courageux prédécesseur qui se retire dans l'honneur, mais qu'il saura saisir l'opportunité de cette grave crise de confiance et de commandement pour convaincre notre jeune président qu'il est de son devoir, mais aussi de son intérêt, de protéger nos armées qui ne demandent qu'à être justement considérées et traitées pour servir et obéir avec cœur et panache.  

Caroline Galacteros 

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Trump : derrière le chaos, la victoire ? (3e partie)

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Poussant ses adversaires à la faute, feignant l’incompétence, voire le dérangement mental, il organise le chaos afin de brouiller les pistes.

Le rebelle a donc appris en six mois ce qu’un politicien ordinaire maîtrise après dix ans : poussant ses adversaires à la faute, feignant l’incompétence, voire le dérangement mental, il organise le chaos afin de brouiller les pistes. Le mois d’août porte les germes d’une renaissance possible.

Il lui faudra désamorcer le missile Mueller et institutionnaliser son mouvement populiste pour imposer son plan économique à un Congrès chaotique. Afin de satisfaire à ses obligations électorales : sécurité interne et externe, prospérité économique, déconstruction du « deep state »

Ainsi, ses coups de boutoir visant à « russifier » et « pénaliser » les actions de Hillary Clinton comme de Barack Obama, ses attaques du système judiciaire, ses menaces de punition des élus républicains lors des élections partielles de 2008 ont créé un contre-feu antidémocrate : les médias parlent soudainement moins de la collusion de Trump avec Poutine…

Trump est, de plus, servi par les circonstances avec deux affaires qui vont faire boule de neige :

D’abord, il apparaît que le sénateur McCain avait « trempé » dans le complot du très salace « dossier Trump » préparé par la firme Fusion GPS (d’abord pour les républicains, ensuite pour les démocrates). Un dossier repris en boucle des mois durant, « documentant » une vaste chaîne de collusions entre Trump, ses amis et Poutine. McCain serait-il faussaire ? Il a reconnu lui-même avoir transmis ce dossier au FBI (James Comey), suite à sa discussion à Londres sur ce dossier avec l’ambassadeur de Tony Blair à Moscou. Il se trouve maintenant impliqué – par les accusés – dans un procès en diffamation au Royaume-Uni (« John McCain faces questions in Trump-Russia dossier case »Miami Herald, 11 juillet).

Ensuite, le « piratage russe » du Parti démocrate (point de départ de la « poutinisation » de Trump) se voit compensé par une « connexion pakistanaise ». Madame Wasserman Schulz se trouve, en effet, prise dans un imbroglio suspect, ayant recruté (et surpayé) une famille entière d’Américano-Pakistanais qui se sont tous réfugiés au Pakistan après avoir transmis des fonds. Sauf un, arrêté à l’aéroport. Au-delà de fraudes de droit commun, le Daily Caller, puis le National Review, révèlent que les protagonistes avaient accès total aux informations confidentielles du parti comme des commissions du Congrès où siège Wasserman. Cela sème le doute sur les origines du piratage du parti…

Ces deux éléments affaiblissent la raison d’être de l’enquête du procureur Mueller, ami de Comey, lequel a illégalement fuité pour déclencher la nomination de Mueller.

Trump pourra bientôt se passer des républicains. Ils se sont ridiculisés dans la non-réforme du système de santé et risquent de faire de même en matière de réforme fiscale. Il sait qu’il y a un fort courant anti-Pelosi (cols bleus) chez les parlementaires démocrates. Tout s’aligne donc pour un roque : en proposant d’abord au Congrès la réforme des infrastructures (mille milliards de dollars), que veulent aussi les démocrates, et en créant un réflexe « Trump democrats »… avant de lancer les baisses d’impôts. Sans dépendre des républicains…

Alors, aux partielles de 2018 pourra enfin s’organiser une purge des caciques démocrates et républicains. Il aura enfin le pouvoir. D’où l’importance de l’actuelle purge du personnel de la Maison-Blanche. Car Trump n’a confiance que dans les généraux et les milliardaires pour réaliser son plan.

http://www.bvoltaire.fr/trump-derriere-chaos-victoire-3e-...

Soin des allergies.

À LA BAULE : DES MUSULMANS MENACENT DES JEUNES FEMMES ADEPTES DU MONOKINI SUR LA PLAGE... ILS SE FONT REMBARRER

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Source Breizh info cliquez ici

Bronzer les seins à l’air sur la plage de La Baule, en 2017, peut s’avérer risqué.  C’est la mésaventure qui est arrivée le mois dernier à deux femmes, agressées par des puritain(e)s venus d’ailleurs.

La première quinzaine de juillet a été chaude à La Baule, notamment sur la plage. Ainsi, un peu avant le quatorze juillet, deux femmes, des « Gauloises » qui bronzaient seins nus sur la plage – une pratique courante dans nos pays encore libres – se sont faites agresser par d’autres femmes, d’origine maghrébine.

Ces dernières, qui ne portaient pourtant par ailleurs aucun signe distinctif pouvant laisser penser à une appartenance à un islam rigoriste, vinrent ainsi les voir pour leur intimer de couvrir leur poitrine, prétextant que «cela ne se faisait pas ». Manque de chance, elles tombèrent pour le coup sur des femmes de caractère, qui les ont purement et simplement envoyées paître.

Insupportable pour ces ayatollahs du puritanisme, qui revinrent quelques instants plus tard avec leur compagnon respectif. Cette fois-ci, les menaces deviennent plus pressantes… mais c’était sans compter sur la solidarité communautaire qui s’est alors déclenchée autour des deux femmes agressées.

Plusieurs personnes assistant à la scène intimèrent alors aux agresseurs de partir, tandis que d’autres appelèrent les forces de l’ordre. Arrivées sur les lieux, celles-ci embarquèrent illico ces représentant(e)s de la police de la poitrine. « On est chez nous ! » rappellera à ces femmes et à leur compagnon un badaud sur la plage.

A Sisco (cliquez là) comme à La Baule, les revendications communautaires extra-européennes ne semblent pas être les bienvenues…

http://synthesenationale.hautetfort.com/

Le 14 juillet, mythes et réalités - Questions du public - Partie 3/3

06:34 Écrit par pat dans culture et histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

Trump : derrière le chaos, la victoire ? (2e partie)

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Les dix derniers jours de juillet ont été fertiles en contre-attaques trumpiennes, suivies de rebondissements intéressants.

Trump était donc dans les cordes. Les dix derniers jours de juillet ont cependant été fertiles en contre-attaques trumpiennes, suivies de rebondissements intéressants :

1) Trump a commencé par inonder le marché de tweets précis sur les collusions démocrates de 2016, rappelant au passage que leurs actes, de nature pénale, n’avaient pas suscité la nomination d’un procureur spécial… Il a également enfoncé le clou sur les conflits d’intérêts du procureur spécial Mueller, encore, encore et encore…

2) Il a ensuite attaqué publiquement (et incroyablement) son ministre de la Justice, l’accusant, par sa récusation hâtive dans l’affaire russe, d’avoir perdu le contrôle d’un ministère de la Justice qui a nommé un tueur à gage : Mueller.

3) Il lui a ensuite reproché de ne pas suivre sur les affaires criminelles Clinton (connexions russes) et Obama (démasquage abusif et illégal des écoutes – on sait que la démission du général Flynn a été causée par la fuite d’une conversation « démasquée » avec l’ambassadeur russe).

4) Puis il a organisé une série de bains de foule, rappelant à tous (donc aux élus) que son soutien populaire est intact.

5) Ô surprise, voici que certains élus se réveillent, exigeant création de commissions d’enquête et nomination d’un procureur spécial sur l’ancien ministre de la Justice d’Obama, Loretta Lynch, et son directeur du FBI, James Comey.

6) Idem pour l’ancienne conseillère pour la sécurité nationale d’Obama, et d’autres, sur la question des « démasquages » des conversations écoutées.

7) Cependant, le ministre de la Justice Jeff Sessions annonce une prochaine conférence de presse sur l’état de l’enquête criminelle sur les « fuiteurs » au sein du gouvernement et des ministères. Traitera-t-il de Comey, qui a admis avoir fuité pour inciter à la nomination du procureur Mueller ?

8) Toujours est-il que le site Circa annonce que le responsable des affaires juridiques du FBI serait lui-même sujet à une enquête criminelle pour avoir transmis des informations à Reuters.

9) Mais il y a les fuites de la Maison-Blanche elle-même. Le spadassin Scaramucci, tout nouveau directeur de la communication de la Maison-Blanche, « exécute » le chef de cabinet de Trump, Reince Priebus, homme de l’establishment incapable de mettre de l’ordre dans les troupes, et soupçonné de fuites. Et tout aussi incapable de contrôler les parlementaires.

10) L’échec de la réforme du système de santé illustre ainsi la collusion des caciques républicains avec les lobbies de la Santé (assurance, industries pharmaceutiques et technologiques) hostiles à toute mise en concurrence. Trump en sort indemne dans les sondages. Il annonce alors que, si les parlementaires ne se remettent pas au travail sur le système de santé, il va couper leurs assurances médicales.

11) Puis il nomme le général Kelly comme chef de cabinet, celui-là même qui dirigeait avec succès le Homeland Security.

En troisième partie, nous prévoirons que Trump va couper avec l’establishment républicain, se reposant sur les généraux et les milliardaires. Nous reparlerons du « dossier Trump », préparé par Fusion GPS, et du rôle du sénateur McCain dans sa révélation, et nous postulerons que la récente affaire Wasserman-Awan pourrait bien renverser la théorie du piratage russe du serveur du Parti démocrate. Ce qui annihilerait un an de propagande… qui pourtant a mené à la démission de Flynn, la récusation de Sessions et la nomination de Mueller.

http://www.bvoltaire.fr/trump-derriere-chaos-victoire-2e-...

Emmanuel Macron est moins populaire que Trump

La cote de popularité d'Emmanuel Macron chute très lourdement, passant de 43% d'opinions à 36% en un mois. C'est moins que Donald Trump, qui oscille entre 36 et 40% d'opinions favorables.

Cet effondrement de 7 points conclu un mois de juillet riche en couacs pour le chef de l'État : baisse du budget de la Défense, départ du chef d'état-major des armées, baisse des APL, cacophonie à l'Assemblée, communication hasardeuse (la meuf is dead...)...

Les choses ne sont guère plus réjouissantes pour le Premier ministre Edouard Philippe, qui voit en effet sa cote baisser de 2% pour arriver à 37% d'opinions favorables, dépassant d'une courte tête celle du locataire de l'Elysée.

La baudruche des médias se dégonfle. Avec deux mois de retard hélas. 

Le Salon Beige

Chateaubriand [Au coeur de l'histoire]

05:46 Écrit par pat dans culture et histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

03/08/2017

La BCE prête à couler l’économie

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« La BCE toujours prête à soutenir l’économie », titre Le Figarodu 21 juillet. « Mario Draghi ne veut pas fermer trop tôt le robinet à liquidités. » L’ancien vice-président de Goldman Sachs Europe ne veut pas pénaliser ses amis banquiers qui ont fait n’importe quoi. Cette banque d’affaires américaine avait aidé la Grèce à dissimuler ses déficits.

La BCE laisse ses taux d’intérêt bas et continue son Quantitative Easing à raison de 60 milliards d’euros par mois (achats de titres – obligations d’État ou même actions – par la banque centrale afin de soutenir les cotes). Cela signifie que l’économie européenne est toujours sous perfusion et qu’elle ne va pas bien.

Une justification : « L’inflation n’est pas au niveau où nous voulons qu’elle soit. » Mario Draghi « est connu pour son audace en ayant ouvert les vannes monétaires ». Ce sont donc des dizaines de milliards d’euros qui sont créés chaque mois, indépendamment de toute création de richesses.

S’il suffisait d’imprimer des billets et de s’endetter pour que marche l’économie, ce serait à la portée de tous les États. En réalité, ce sont les productions de richesses qui déterminent la bonne santé d’une économie.

Nicolas Baverez, économiste libéral et pro-américain, nous prévient dans Le Figaro du 24 juillet : « Dix ans après la crise de 2007, la tempête n’est pas finie. » Il nous indique les causes du cataclysme : « Comme dans les années 1920, une économie de bulle immobilière et financière, des déséquilibres fondamentaux des échanges et des paiements mondiaux. »

Créer des bulles immobilières et financières, c’est exactement ce que font les banques centrales : la BCE, mais aussi la Fed, la Bank of England, la Bank of Japan et la Banque populaire de Chine. Les banques nous ont coûté 5.000 milliards d’argent public !

« Le stock des dettes s’est envolé pour dépasser 200.000 milliards de dollars […] créant un nouveau risque systémique. » Tout le système financier mondial risque de s’écrouler.

De financière et économique, la crise est devenue politique. Une vague populiste marquée par le désarroi identitaire, la peur de l’immigration et le sentiment croissant d’insécurité « qui nourrit la haine des élites et la défiance dans les institutions démocratiques ».

Pauvre Nicolas Baverez, qui ne voit pas que les institutions démocratiques et les médias sont aux mains d’une poignée de milliardaires, comme l’illustre l’élection de M. Macron !

Il envisage l’éclatement des bulles de dettes et l’effondrement du système des échanges internationaux. C’est ce à quoi rêvent les électeurs du Brexit et de Donald Trump. Les Anglo-Saxons nous ont apporté la mondialisation. Ce sont les premiers à la quitter. Ils ont de bonnes raisons : l’Asie est devenue le pôle qui progresse quand l’Occident accumule les dettes et les chômeurs. Quand les Français le comprendront-ils ?

http://www.bvoltaire.fr/bce-prete-a-couler-leconomie/

22:19 Écrit par pat | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

Le 14 juillet, mythes et réalités - Claire Colombi - Partie 2/3

Gare à la politique des sanctions ! Gare à l'engrenage des alliances !

 Premiers exercices navals russo-chinois en Baltique, théâtre de tensions Russie-Otan

L'idée que la prépondérance dite désormais inéluctable de l'économique sur le politique garantirait à l'avenir la paix et l'unité du monde, a fait long feu, naufrage. Comme on voudra. La fin de l'Histoire n'est plus au programme.

Même le postmoderne Macron l'a déclarée tragique dans son discours devant le Congrès. Et, naturellement, l'Histoire ne finit pas. Il y a quelques années, nous n'étions que quelques-uns - à vrai dire nous étions presque seuls - à rappeler ces permanences. Ceux qui les niaient hier, les reprennent aujourd'hui à leur compte, sans s'en sentir autrement gênés. Ne nous en plaignons pas. Le mouvement des idées est fait de tels retours depuis les lointains de l'Histoire.

Réarmement partout ; foyers de conflits - pour l'instant régionaux - en plusieurs points du globe ; menaces guerrières, manœuvres et contre-manœuvres : russes, américaines, chinoises, nord-coréennes ; sanctions croisées, expulsions réciproques massives de diplomates, etc. Ce sont là des mots mais surtout des réalités, qui ne font plus peur, qui deviennent même banales et qui pourtant rappellent furieusement notre dernière avant-guerre. Mots et réalités dont, en effet, on ne s'inquiète pas outre-mesure, quoique de sinistre mémoire. Et dont au moins quelques-uns savent à quoi tout cela peut préluder. Ainsi se pourrait-il que la génération qui monte ait à vivre, comme les précédentes, un nouveau conflit mondial.

Ainsi la guerre d’Espagne – dont la guerre syrienne pourrait bien être une sorte de réplique – comme les sanctions contre l’Italie, précédèrent la Seconde Guerre Mondiale.

Une autre idée devrait être présente à nos esprits - surtout à ceux de nos dirigeants - et c'est le risque de l'engrenage des alliances ; le risque d'un engagement automatique dans un conflit que nous n'approuverions pas, où nos intérêts ne seraient pas menacés, où, en fin de compte, nous devrions mourir pour d'autres. Par exemple en cas d’un inepte conflit américano-russe où nous n’aurions rien à défendre …Tout à perdre. Sans-doute est-ce le moment pour la France de se souvenir que par deux fois au siècle dernier, elle a été entraînée dans un conflit mondial par l'engrenage d’alliances dont elle avait négocié les conditions sans précaution ni prudence. C'est évidemment le cas de la guerre de 1914-1918, dont on a pu dire que personne ne l'avait réellement voulue ni décidée. Et qui fut un drame européen.

Que nous devions en toutes circonstances rester maîtres de nos engagements, devrait redevenir pour nous, dans les temps bellicistes qui s'annoncent et courent déjà, un impératif de survie.

Que cette considération devrait nous conduire à réviser les conditions de nos alliances est une évidence. Et ceci concerne en particulier notre appartenance, non pas à l'alliance américaine, mais en tout cas au moins au commandement intégré de l'OTAN. 

http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2017/08/01...