
Quand la vérité est condamnée parce qu’elle serait susceptible de provoquer la haine, on ne juge plus les faits mais l’intention qu’ils peuvent cacher, ce que certains philosophes appellent la pathologisation du réel : on ne conteste plus la vérité, on interdit de la dire. Elle devient suspecte car elle dérange, son potentiel émotionnel supplante sa qualité incontestable. Est-ce que l’on résout le problème ? Non, on l’invisibilise mais il demeure. La recherche de la vérité est théoriquement une constante de l’homme, cependant son expression se heurte très souvent à des murs, moraux, culturels, religieux, bref à un ensemble qui peut mettre en échec cette quête, quand bien même le bon sens réclamerait cet effort. Cette difficulté n’est pas le lot des époques lointaines. Ce serait même un système de cycle dans l’histoire de l’humanité, des périodes de censures laissent place à une liberté plus ou moins relâchée.







